Indignons-nous? Une politique occidentale de nains pour une Syrie chaque jour plus héroïque

Avec un témoignage d’une femme syrienne de l’ASL traduit de l’arabe par FSD.

Après avoir écrasé Al Qusseir les troupes d’Assad, composées aujourd’hui principalement d’un petit noyau soit fidèle soit craignant de faire défection, de conseillers russes, de troupes iraniennes, irakiennes et de milices d’assassins du Hezbollah, mènent une nouvelle offensive militaire contre 14 quartiers « rebels » de Homs assiégés depuis plus de 400 jours. Cependant elles n’épargnent pas pour autant les autres quartiers, sous contrôle du régime, qui abritent de nombreuses familles qui ont fui les affrontements antérieurs et les bombardements des zones assiégées. Le 18 juillet un bâtiment scolaire abritant 250 familles a été la cible d’un raid aérien (https://www.facebook.com/photo.php?fbid=633004300058238&set=a.466753073350029.108653.466691033356233&type=1&theater).

Les massacres des civils continuent aussi aux alentours de Homs, comme au village de Hasswieh où il n’y avait pas trace de combattants « rebels », des groupes de l’armée régulière par contre y étaient présents, avec juste quelques femmes et enfants, assassinés le 14.07.13, de sang froid (http://zamanalwsl.net/readNews.php?id=39748).

Le 21.07.2013, la dernière famille de Al-Bayda, près de Banias sur la côte, a été massacrée de sang froid,3 hommes, 4 femmes et 6 enfants (https://www.facebook.com/TartousFreeds/posts/547636908618073).

Le même jour, des armes chimiques ont été utilisées, une fois de plus, dans le camp palestinien Al-Yarmouk aux environs de Damas (https://www.facebook.com/photo.php?fbid=696959120330483&set=a.368076126552119.107837.368049216554810&type=1&theater).

Les bombardements sont quotidiens à Homs, Alep, Damas-campagne et ailleurs en Syrie, le génocide des sunnites est en marche, dans l’indifférence de la communauté internationale, qui demandait hier l’exclusion des jihadistes de l’opposition et, aujourd’hui que leur exclusion est en cours, crie à la division de l’opposition pour justifier son inaction.

Le complot international se précise, la Syrie doit être affaiblie, autant que faire se peut, pour pouvoir être divisée. Israël vend déjà le pétrole du Golan occupé aux USA (http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130221.OBS9672/feu-vert-d-israel-a-l-exploitation-du-petrole-sur-le-golan.html). Les kurdes syriens, sous le contrôle du PYD, ont annoncé la formation d’un état séparé (http://all4syria.info/Archive/89856), avec la bénédiction du régime certainement, demain les Druzes et pourquoi pas un état palestinien aux dépens de la Syrie… Ces jours, des dizaines de milliers  d’Iraniens et d’Irakiens chïtes sont naturalisés rapidement et installés dans le sud de la Syrie, ceci dans le but de modifier la démographie de la région … on devine pourquoi.

Alors que la politique mondiale est gouvernée par des nains, la révolution syrienne voit des jeunes dépasser leur destin pour écrire celui de la Syrie.

Témoignage d’une femme syrienne Alma

(https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=TX95rEHBGqo,

Interview par Souriia Al-Cha’eb « La Syrie du peuple », durée 15 minutes),

traduction de l’arabe par FSD:

00:00:00 Commentatrice:

La lumière de la lune envie la lumière des yeux de cette femme …

00:00:20 Alma 00:20 :

J’étais employée dans une compagnie privée et je travaillais comme secrétaire. J’habitais avec ma famille… je suis mère de cinq enfants. Je n’aime pas le régime Assad dans sa totalité et ceci depuis le début des évènements… vous avez certainement entendu parler de ce qu’il s’était passé à Hama du temps de Assad père. Cette mémoire s’est transmise aux générations suivantes.

00:00:50Commentatrice :

Ni le temps ni les circonstances n’ont limité la volonté d’une femme dont l’amour pour son pays a dépassé celui qu’elle éprouvait pour ses proches. ..

00:01:08 Alma :

Certains jeunes de la société pour laquelle je travaillais à A’arbin, région de Damas, ont décidé de se réunir et de soutenir la révolution. A travers nos réunions, nous avons décidé de soutenir les autres quartiers de Damas. Nous avons alors essayé de leur amener des munitions et des armes. J’étais la personne qui assurait cette mission car au début les femmes n’étaient pas fouillées par les Moukhabarat (services de renseignement syriens)

Avec la volonté on peut y arriver… J’ai essayé en vain de recruter d’autres filles pour l’ASL mais le courage leur manquait. Peut-être que nos coutumes les freinaient. Pour moi, la femme doit être présente aux côtés de l’homme dans tous les domaines. Que de compliments de la part des combattants ! Ils me disaient « Que Dieu te protège » ou « Que Dieu bénisse la mère qui t’a portée ». Jamais aucun mauvais commentaire…

Je rentrais à pieds quand un taxi s’est arrêté et un jeune homme m’a proposé de faire un bout du chemin en taxi avec eux. J’ai accepté. En arrivant entre Zamalka et A’arbin, il y avait un barrage de sécurité provisoire. Des officiers des Moukhabarat Alaouites y contrôlaient les cartes d’identité des hommes. A l’époque, ils ne contrôlaient pas les femmes. Alors, je suis restée silencieuse. Ils ont fait descendre du taxi le jeune homme… il n’avait même pas 17 ans. « Tu participes aux manifestations?! » et ils ont commencé à le battre. Je n’ai pas supporté ça, alors je suis sortie de la voiture. Le chauffeur du taxi n’intervenait pas. J’ai dit à l’officier « Pourquoi tu le frappes? Il est encore jeune, considère-le comme ton fils ». J’ai essayé de tirer le garçon par derrière, alors ils ont commencé à nous frapper tous les deux. L’officier a insulté ma mère, alors je l’ai giflé et les coups se sont mis à me tomber dessus de toutes parts…Ils nous ont mis dans le coffre tous les deux et nous ont amenés au siège des Moukhabarat de l’Armée de l’Air à Harasta.

Je suis restée en détention 38 jours, ma famille n’avait aucune nouvelle de moi

00:05:00 Commentatrice (images de torture):

Chaque heure passée en détention est une révolution en soi : torture et actes criminels sont infligés par des individus au comportement déviant qui semblent friands de sang humain. Mais cette fois Alma a échappé au pire, elle a été libérée.

00:05:25 Alma:

Je suis sortie de la prison brisée. Ce que j’ai vu à l’intérieur de la prison est indescriptible.Les détenus subissent la torture, des coups, des blessures à l’arme blanche, la suspension par les poignets à des fils métalliques… Les traces sont encore visibles sur mes poignets. Tout ce que tu peux imaginer comme torture nous l’avons vu en détention….

00:06:29 Alma:

J’ai rejoint un groupe. Je savais utiliser les armes et j’ai appris à utiliser un fusil. Le groupe effectuait surtout des descentes aux barrages de sécurité et s’occupait des snipers. Au début, ma tâche se limitait au chargement des armes des combattants. Notre groupe avait aussi des missions humanitaires. Nous nous chargions de distribuer des denrées alimentaires et du lait pour enfants aux civils qui s’abritaient dans les sous-sols pendant les périodes de bombardement. Aussi nous nous occupions de trouver des médicaments et de les passer à ceux qui en avaient besoin. Ensuite, j’ai eu l’idée d’installer un hôpital de fortune dans notre zone d’ activité, car le transfert des blessés de notre région à un hôpital d’une zone voisine était souvent une cause supplémentaire de décès des blessés. J’avais encore des bijoux en or que j’ai vendu et avec la contribution d’autres jeunes nous avons pu l’installer.

00:08:09 Alma:

Pendant la dernière descente, je voulais me venger de l’officier Mohammad Rahmoun qui était responsable du centre de détention pendant la période de mon arrestation. J’avais l’impression que son seul but était de me torturer. C’était au siège de la sécurité de l’armée de l’air. Alors nous avons coordonné l’opération avec les révolutionnaires de Zamalka, Hammouriyeh et Douma. Le jour J, nous avons fait la prière de Al-Icheh (la nuit) et nous avons crié Allahou-Akbar… c’était très émouvant, nous savions que nous allions à notre mort, car le but était le Siège de la Sécurité de l’Armée de l’Air!!!

00:10:20 Alma cachant ses larmes:

Lorsque deux membres des Moukhabarat, qui étaient jeunes, sont arrivés sur moi, j’étais habillée en militaire et j’avais le visage caché sous une cagoule. J’avais l’air d’un homme. Ils ont commencé à me frapper sur la tête, alors je suis tombée à genoux. J’ai essayé de ne pas crier pour ne pas montrer que j’étais une femme. Je savais que ce serait pire s’ils s’en rendaient compte, car il ne supportent pas de voir les femmes se joindre au mouvement de protestation. J’étais la seule qui ait pris les armes avec les hommes à Damas. J’ai senti les 2 ou 3 premiers coups… ensuite, je n’ai plus rien senti. Je me suis réveillée à l’hôpital. Les combattants de l’ASL avaient fini la bataille et m’avait amenée à l’hôpital.

00:12:16 Alma:

Ne sachant pas que j’étais recherchée, un groupe de l’ASL (de Jober, pas mon groupe) m’ont fait admettre dans un hôpital à Damas. J’ai été admise dans les soins intensifs mais j’ai été enchaînée pendant 50 jours… paralysée mais aussi enchaînée ! J’étais assistée pour la respiration aussi. Ensuite,  les combattants de l’ASL m’ont fait fuir de l’hôpital et j’ai été transférée dans un hôpital dans notre région sous un faux nom où j’ai complété cette période de soins. Ils m’ont ensuite fait sortir de la Syrie, je me trouve aujourd’hui en Jordanie.

00:13:30 Médecin:

Nous avons pris connaissance de son cas il y a un mois. Elle se faisait soigner dans un hôpital à Amman. Elle y est restée 40 jours et a été renvoyée lorsqu’elle n’avait plus droit à l’aide financière accordée par une source anonyme. Elle souffrait d’une blessure à la 5e vertèbre de la nuque, qui a paralysé la moitié du bas de son corps et sa main droite. Nous l’avons reçue dans cet hôpital sous la surveillance de l’Association de la Syrie pour l’Aide Humanitaire et le Développement. Nous avons été surpris par son mauvais état général, psychique et sanitaire.

00:14:16 Commentatrice:

Après que certains aient profité d’elle, en tant que blessée syrienne, pour obtenir de l’argent pour eux-mêmes, elle s’est retrouvée seule au bord de la route. D’autres personnes, honnêtes, l’ont recueillie et l’ont transférée à cet hôpital via l’association pour y trouver de la compassion et des soins, loin des commerçants du sang.

Une autre interview de Alma, rédigée en anglais, peut être consultée à l’adresse:

http://www.theatlantic.com/international/archive/2013/06/take-your-portion-a-victim-speaks-out-about-rape-in-syria/276979/

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Publié le 24/07/2013, dans Femmes de la Révolution. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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