Archives Mensuelles: janvier 2014

Les nôtres meurent un peu plus chaque jour

Discours de FSD lors du rassemblement du 24 janvier 2014 à Genève, par Leila

Alors que des négociations prennent place quant à l’avenir du people syrien, personne ne semble plus oublié que ce dernier. On nous parle de stabilité, d’intérêts régionaux, de lutte anti-terroriste ; on nous parle de compromis quand les conditions pourtant faible de la participation de l’opposition n’ont pas été remplies et que les nôtres meurent un peu plus chaque jour.

Pendant que le monde “civilisé” célébrait la nouvelle année à coups de feux d’artifices c’est à coups de mortiers et de tirs que Homs a passé la nuit. Les armées se sont tellement déchaînées que le lendemain n’a plus vu de bombardements du tout, et pour cause, ils avaient fini tous les stocks de munitions ! La Syrie ne manque pas de vivre, du moins pas pour l’instant, et pourtant les gens y meurent de faim tous les jours dans les régions assiégées par le régime. Il y a quelques jours encore, les forces de Assad suspendaient du pain dans le quartier assiégé de Yarmouk, et tiraient au sniper sur toute personne n’en approchant. C’est le comble de la mauvaise foi que d’accueillir ces bouchers dans des 5 étoiles pour négocier le futur du pays même qu’ils sont en train de détruire, tout en menaçant l’opposition de cesser toute aide humanitaire s’ils n’y participent pas. Ils jouent avec la vie des Syriens excités comme des gosses devant leurs jeux vidéos, visant volontairement les ventres des femmes enceintes et bombardant les écoles.

Les gouvernements sont parfaitement au courant de la situation en Syrie, et ils ont le pouvoir de faire pression pour obtenir ce qu’ils veulent du régime, la seule conclusion possible c’est que personne ne veut de démocratie en Syrie et que Genève 2 n’est qu’une énorme mascarade dont les syriens sont les seules victimes.

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C’est à à ce peuple, à son courage que nous rendons hommage

Discours de Camilla Mina, représentante du Cercle de la brèche et du MPS, lors du rassemblement du 24 janvier devant l’ONU-Genève 2.

http://cerclelabreche.wordpress.com/2014/01/24/syrie-un-soutien-sans-conditions-a-laction-revolutionnaire-du-peuple/

Chères amies, chers amis,

Depuis trois ans, une large majorité du peuple syrien s’est soulevé contre une dictature au pouvoir depuis des décennies. Ce soulèvement, cette révolution se voulait pacifique. Elle a dû s’armer pour défendre la population. Elle a dû s’armer aussi pour tenter de réduire des souffrances endurées depuis fort longtemps par une population contrôlées par des milices criminelles.

La lutte du peuple syrien contre le pouvoir dictatorial est une partie intégrante des luttes démocratiques et sociales qui marquent toute la région.

Ils sont nombreux ceux qui font tout pour censurer cet élément fondamental, en utilisant, ici, une islamophobie rampante.

Dès les premiers jours, il était donc du devoir

  • de toutes celles et ceux qui affirment l’importance des droits démocratiques et de leur extension maximale;
  • de tous ceux et de toutes celles qui affirment la nécessité de faire converger droits démocratiques et justice sociale de soutenir, sans condition, politiquement et matériellement, la volonté comme l’action révolutionnaire du peuple syrien.

C’est ce que le MPS, modestement, s’est efforcé de faire, sans déploiement de drapeaux.

Comme mouvement agissant dans un pays impérialiste, il ne nous appartient pas de «donner des leçons» (entre guillemets) à ceux et celles qui luttent et souffrent en Syrie, dans les camps de réfugiés internes ou externe, dans l’exil où que ce soit.

Par contre, il est de notre devoir de diffuser et de défendre les revendications qui sont à la base du manifeste qui a appelé à ce rassemblement. Ces revendications ont été mises en avant par des Syriennes et des Syriens.

Ce sont ces revendications qui donnent son véritable sens à notre solidarité collective. Une solidarité avec des objectifs qui répondent à des besoins et à des exigences de la population syrienne.

Pour répondre à ces besoins essentiels, il faut que cette dictature dégage. Ne serait-ce que pour mettre fin : aux décision d’affamer des populations ; aux bombardements avec des barils de TNT de la population civile ; à la tuerie de médecins qui soignent des blessés ; à l’exécution de milliers et de milliers de femmes et d’hommes, prisonniers politiques.

Or, Bashar se présente déjà comme son propre successeur, lors de ce qu’il ose appeler des élections! A Montreux, le 22 janvier, Walid Mouallem, le ministre des Affaires étrangères, s’est permis de répéter un bobard honteux et cynique : le pouvoir des Assad ne serait contesté que par une conspiration terroriste étrangère! Une fable qu’une certaine gauche, tout aussi cynique, reprend malheureusment.

Dès lors, le chiffre deux qui accompagne le nom de cette conférence – dite de «Genève deux» – devrait inspirer un deuxième souffle au mouvement de solidarité.

Car, il n’est pas du tout sûr que les auto-proclamés «amis de la Syrie» n’aient pas comme but principal d’assurer la permanence d’un pouvoir imposant son «autorité» contre la volonté d’un peuple qui ne cesse de résister pour instaurer et reconstruire une société démocratique, pluraliste et visant  à répondre aux impératifs d’une justice sociale.

C’est à à ce peuple, à son courage que nous rendons hommage. C’est aux Syriennes et Syriens présents ici que nous nous joignons.

Merci.

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Genève 2, les conférences de paix ?!

Genève 2, les conférences de paix…

Genève 2, les conférences de paix ?!

Mais parlons-en de Genève 2 puisqu’on y est !

Genève 2, c’est la plus grande farce de notre époque

C’est les puissants qui font du troc

De la vie des Syriens…

C’est les puissants qui font du troc,

Puisque c’est par la menace, par le chantage,

Qu’ils ont convaincu l’opposition

De se rendre à ce dîner de cons

Alors même qu’ils annonçaient que

S’ils ne venaient pas

C’est sur l’aide humanitaire qu’ils devraient faire une croix…

Quand la vie humaine n’est plus qu’un argument

Je me pose des questions sur la légitimité

De ces gens

A parler

D’une solution politique pour la Syrie…

Je me pose des questions sur la légitimité

De ces gens

A parler

D’un nouveau gouvernement

Alors même qu’ils suggèrent de laisser la possibilité

A Assad de se représenter Aux prochaines élections…

Dîner de cons, disais-je…

Tueur en série, tueur en Syrie

C’est du pareil au même

C’est au TPI qu’ils appartiennent

Et non pas à la tête d’un pays

Quand l’opposition se voit contrainte de venir

Alors qu’aucune des conditions posées n’a été remplie

Juste pour ne pas laisser dire des âneries

Alors que les gens meurent de faim à Homs assiégée,

Au camp Al Yarmouk, à Muaaddamiya, et j’en oublie

Quand l’opposition se voit contrainte de venir

Alors que des enfants sont toujours enfermés, torturés, violés

Alors que les prisonniers d’opinions n’ont pas été relâchés

Alors qu’Alep se fait bombarder quotidiennement, et que l’armée

Y va avec des barryls de TNT

Parce qu’à quoi bon s’appliquer ?

Ils ne valent même pas de vraies bombes, ces gens-là…

Si l’opposition doit venir plaider sa cause tant bien que mal

Rappeler les raisons du soulèvement, rappeler que

La révolution était d’abord pacifique, et que

La population ne voulait tout d’abord que des réformes, et que

La réponse a été bombardement sur bombardement, et alle sur balle

Rappeler que

L’armement était non seulement nécessaire mais légitime…

Si l’opposition doit se défendre alors que le régime

N’a de limite que les armes chimiques

Et n’a pas à se justifier pour les bombardements, les tortures, la destruction

Le meurtre de la population…

Alors je ne sais plus que penser.

Je ne comprends pas pourquoi

La délégation du régime a encore de la légitimité

Ni pourquoi On tient encore à les écouter…

Ils se cacheront derrière des allégations

Ils diront que

C’est eux qui combattent le terrorisme en Syrie

Mais quel terrorisme ?

Celui qui est apparu après qu’Assad

A libéré les criminels ?

Celui qui est apparu alors qu’Assad

Créait assez d’instabilité dans le pays

Pour que tout un chacun puisse y entrer sans souci

Et se battre pour une cause

Qui diffère de celle

Pour laquelle

La population s’est soulevée…

Assad, Al Qaïda, c’est du pareil au même

C’est l’appât du pouvoir qui les traîne

Et le peuple n’a pas son mot à dire…

Genève 2, c’est du temps de gagné

Pour qu’un instant on puisse arrêter de compter

Les morts sur le terrains…

Ici, un mort de plus, un mort de moins…

Genève 2, c’est tout sauf le choix des Syriens.

Poème de Julie

https://www.youtube.com/watch?v=B_93gYSRyd4

GENEVE 2 Rassemblement pour faire entendre la voix du peuple syrien

Rassemblement à Genève, Places des Nations, le 24.01.2014, à 16h30, arrivée des délégations de Syriens et Syriennes opposants au régime Assad à 15h30.

A l’occasion de la Conférence Internationale Genève 2 qui réunira le régime syrien et certaines forces de l’opposition, ainsi que leurs alliés et soutiens respectifs au Palais des Nations en cette fin janvier 2014, nous appelons à un rassemblement pour faire entendre la voix du peuple syrien en lutte. Ses revendications légitimes doivent constituer la base des négociations qui permettront de mettre fin à la souffrance extrême de la population civile, après presque 3 années de lutte.

En effet, la réunion dite de Genève 2 se doit d’aboutir à la défense des aspirations du peuple syrien à la liberté, à la dignité, à la démocratie et à la justice sociale. Cela à l’abri des intérêts et manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré, par leurs positions respectives durant ces 3 années, leur indifférence au sort des Syriens et des Syriennes, ainsi que leur attachement exclusif à leurs intérêts stratégiques régionaux, comme à ceux du régime Assad, aussi bien sur le terrain que dans les couloirs de l’ONU.

Nous rappelons que l’enjeu de Genève 2 ne peut être un quelconque et inacceptable arrangement de partage du pouvoir entre factions du régime et ses affiliés ou faux-vrais opposants. L’enjeu doit bel et bien être la chute de ce régime illégitime, de ce pouvoir mafieux et tyrannique, ce qui implique la victoire de la lutte de libération face à un clan qui règne sans partage, d’une main de fer depuis près de 40 ans, sur ce pays et sa population.

L’enjeu est donc l’instauration des droits élémentaires des citoyens et citoyennes, dans le cadre d’un Etat démocratique, libre et souverain, rassemblant l’ensemble de la population sur un pied d’égalité, hommes et femmes, sans discrimination d’origine religieuse, ethnique et linguistique.

Nous, Syriens et Syriennes, nous exigeons:

• La levée du siège de toutes les régions assiégées et affamées.

• L’arrêt des bombardements par l’artillerie, l’aviation et les missiles sol/sol sur les quartiers et villages, bombardements qui continuent de décimer dramatiquement les civils, chaque jour.

• L’organisation des secours aux blessés et traumatisés et la reconstruction des structures de soins.

• Une aide massive immédiate aux réfugié·e·s dans les pays voisins et à l’intérieur de la Syrie, avec l’objectif de leur réinsertion volontaire dans leur pays.

• La démission du président/dictateur Bashar Al Assad et de toutes les personnes à tous les niveaux de l’Etat ayant du sang sur les mains afin de mettre en place un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes de l’opposition, en vue d’organiser des élections libres et démocratiques pour une véritable assemblée constituante.

• La libération des prisonniers politiques, activistes, journalistes, civils et combattants de la révolution (dont les femmes et les enfants) détenus dans les geôles du régime tyrannique des Assad, comme de celles de l’Etat Islamique de l’Irak et du Levant.

• Le jugement des criminels de guerres et de la répression sanglante du règne des Assad sur le pays depuis 40 ans, par une cour de justice compétente et indépendante.

• La reconstruction du pays dans le respect des populations, de l’environnement et de la culture locale et la création des conditions pour un retour des déplacé·e·s chez eux en toute sécurité.

Au cas où les négociations avec le régime tyrannique de Bashar ne devaient pas aboutir, le peuple n’aura malheureusement d’autre choix que de poursuivre sa lutte avec force et conviction, même au prix des souffrances exorbitantes actuelles, pour construire une Syrie respectueuse de ses citoyens.

Hommage aux victimes de la tyrannie.

Vive la Révolution syrienne.

Organisé par : FemmeS Pour la Démocratie, Help Syrians, Association of Human Rights and Civil Society, SyriAid, Collectif Jasmin, Coordination Committee to support the Syrian Revolution in Zürich, Citoyenneté (Mwatana), Ila Souria, Collectif Urgence Solidarité Syrie, Courant de la Gauche révolutionnaire en Syrie, Souria Houria, Zaytoon, Le comité de coordination de Paris pour le soutien à la révolution syrienne

Soutenu par : SolidaritéS, Mouvement Pour le Socialisme, Alternatives Vevey, Fondation pour l’Entre-Connaissance, ACOR SOS Racisme, Luc Recordon (Conseiller aux Etats, Vaud, Suisse), Josef Lang (Vice-président des Verts Suisse et Comité GSSA-Berne)

Genève II- Plus meurtrier que jamais

Chronique de la Syrie

Le mois de décembre 2013 a coûté la vie à plus de 3’000 Syriens dont environ 600 enfants. Mais ces derniers jours n’ont pas été plus cléments, au contraire, les crimes contre l’Humanité se multiplient dans le silence assourdissant de la communauté internationale. D’ailleurs l’ONU vient d’annoncer qu’elle arrêtait de compter les morts en Syrie, parce que c’était trop compliqué !!! Il est vrai que depuis des mois le compteur s’était arrêté à 100’000 morts… Quelle insulte à la vie humaine et aux Syriens en particulier.

On ne peut que constater les innombrables crimes contre l’humanité du régime Assad qui intensifie chaque jour la violence contre sa population, cela en toute tranquillité :

  • Suite à la famine imposée sur les quartiers sud de Damas des dizaines de morts ont été signalées, spécialement au camp palestinien al-Yarmouk. Apparemment le régime syrien aurait donné son accord pour laisser sortir 4’000 civils de ces quartiers pour faire semblant de répondre aux appels au secours du camp. L’armée assadienne leur aurait donné comme instruction de passer par le barrage de sécurité qui sépare Yelda d’al-Houjeira. Lorsqu’ils y sont arrivés le 5 janvier 2014, ils ont été confrontés à des milices irakiennes qui les attendaient pour les exterminer… 1’200 civils ont été emmenés en bus vers une destination inconnue et leur sort est désormais incertain, des centaines ont été exécutés sauvagement sur place, à l’arme blanche ou brûlés vifs, d’autres ont été agressés et contraints à retourner à leurs quartiers affamés, dont une majorité de femmes et d’enfants. Actuellement, les Syriens craignent davantage les milices chiites irakiennes, iraniennes et libanaises que les shabbiha du régime Assad !!!
  • Douma, qui subit le même sort qu’Alep avec des bombardements de barils explosifs, qui ne distinguent ni enfants, ni femmes, ni vieillards, ni hommes ou soldats. Voici un témoignage de Douma du 7 janvier 2014 : « Quatre raids aériens en moins d’une heure ont frappé une ville qui compte plus de 250’000 habitants, dont la plupart sont des femmes et des enfants… Suite à ces raids des blessés et des morts sont ensevelis sous les décombres. Les habitants s’entre-aident pour en sortir les survivants et l’on entend le cri  « Allahu Akbar » à chaque survivant sauvé. Par contre à chaque corps inerte ou corps déchiqueté de femme ou d’enfant on voit les regards meurtris et des larmes de douleur… Mais un visage d’enfant attire mon regard : je vois un enfant sur un lit de soins d’urgence, qui a à peine cinq ans, couvert de la poussière blanche des décombres et dont on ne voit plus que les yeux en larmes. Il semble être oublié par les autres qui sont occupés à soigner d’autres blessés. Soudain, il saute de son lit et il sort par la porte du local de soin où il se trouve, à l’étonnement des autres qui le suivent du regard. Il court vers une petite fille de trois ans qui vient d’être emmenée après avoir été extraite des décombres elle aussi… Il a reconnu sa sœur ! Les deux petits se prennent dans les bras et se mettent à sangloter. On s’est tous mis à pleurer avec eux… Dieu seul est avec nous ».

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  • Les arrestations s’intensifient en Syrie et touchent essentiellement les travailleurs de l’aide humanitaire, de l’aide médicale et du soutien psychologique, les activistes pacifiques, les penseurs et toute personne qui pourrait œuvrer pour une future Syrie démocratique. A titre d’exemple, le psychiatre Jalal Naoufal, de la communauté druze, s’est fait arrêter à Damas le 7 janvier 2014, 3e arrestation depuis le début de la révolution. Le Dr Nofal travaillait avec le croissant rouge à Damas et il est très actif pour former des activistes à accueillir la douleur des Syriens. Et l’activiste politique (de gauche) Alice Mfarrej qui a été arrêtée le 30 décembre 2013 pour la 2e fois depuis le début de la révolution. Alice était connue pour son engagement pacifique et son opposition sans faille à la résistance armée. Elle est mère de deux enfants

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Il semble que l’Occident ait vendu la Syrie à la Russie en contrepartie du pétrole de la Lybie. Ce qui explique le silence des Occidentaux, les soi-disant « Amis de la Syrie ». Aujourd’hui et après le contrat que les Russes ont signé avec Assad pour mettre la main sur le gaz dans la zone syrienne de la Méditerranée, la langue russe devient langue étrangère officielle dans les écoles syriennes. Quelques centaines d’enseignants russes prendront le chemin de la Syrie pour y accomplir cette mission.

 Ce qui se passe en Syrie aujourd’hui est une honte pour l’Humanité toute entière ; elle prouve que la politique internationale défend les criminels et les mafieux par intérêt financier et se partage le pouvoir au détriment des droits humains et plus simplement de la vie humaine … Nous invitons l’ONU à fermer boutique car la Syrie a apporté la preuve qu’elle est au mieux inutile et au pire au service de la mafia politique. Genève II aura été plus sanglant encore que toutes les tentatives précédentes lancées par la ligue arabe ou bien les médiateurs de l’ONU pour trouver une solution politique au bain de sang en Syrie.

FSD, 09.01.2014

Réveillon spécial pour les Syriens…

Chronique de la Syrie

Réveillon spécial pour les Syriens… avec bombes, balles, scuds et mortiers du régime

Alors que le monde entier fêtait le réveillon avec des feux d’artifices, les Syriens ont eu droit à un réveillon d’une extrême violence. Pendant toute la nuit des obus de mortiers sont tombés aléatoirement sur Homs, et un scud a été lancé sur al-Waer, le quartier des déplacés. Dans plusieurs régions en Syrie, les forces du régime ont enchaîné des tirs en continu juste pour semer la terreur parmi les civils.

Image de Basma Souria

Image de Basma Souris

L’année 2013 aura apporté aux Syriens plus de morts, plus de terreur, plus d’arrestations, plus de famine, plus de destructions et surtout plus de lâcheté et de fourberie de la part de la communauté internationale… En 2013, le nombre de morts et celui de déplacés internes a triplé, le nombre de réfugiés a quintuplé… Pendant cette année les Syriens ont aussi vu une nouvelle forme de mort apparaître, la mort par famine suite aux sièges imposés par le régime dans certaines régions.

 La fin de l’année aura été particulièrement sanglante, exemples :

  • Les massacres de civils à al-Nabek et Yabroud autour de l’autoroute Homs-Damas depuis le 8 décembre. Ces massacres, perpétrés par les forces du régime et ses alliés, ont passé sous silence parce que «justifiés» par la sécurisation du transport des armes chimiques… Les enfants de al-Nabek étaient-ils dangereux pour ce transport ?! On laisse tuer des civils syriens sur la route de passage de ces armes chimiques pour éviter qu’Assad ne tue les civils en Syrie avec ces mêmes armes… qu’on nous explique!
  • Les barils explosifs qui tombent sur 39 quartiers d’Alep depuis le 15 décembre provoquant plus de 600 morts parmi les civils (sans compter ceux dont les corps sont restés sous les décombres), plus de 2’000 blessés, 300 bâtiments résidentiels détruits. Les marchés et les sorties d’écoles sont particulièrement ciblés alors qu’Assad justifie cette opération par la lutte contre les terroristes ! Vraiment ? Comment peut-on alors expliquer que les régions sous contrôle de l’Etat d’Irak et du Levant (EIIL), terroristes présumés, sont les seules régions épargnées ? Les habitants d’Alep prient aujourd’hui pour que le temps soit pluvieux et tempétueux pour avoir un peu de répit.
  • La famine imposée par le régime syrien a emporté plus de 25 personnes du camp palestinien al-Yarmouk aux environs de Damas, ceci depuis début novembre dernier… Une mort lente qui suit un état de famine qui n’est rien d’autre qu’une méthode de torture collective.   
  • Les médecins continuent à être ciblés en Syrie, par le régime et par le groupe de djihadistes qu’il a lui-même créé, l’ EIIL, leur crime: apporter des soins aux blessés !!! Un chirurgien anglais, A. Khan, 32 ans, a trouvé la mort dans les prisons du régime après une année de détention et de tortures, à cause du travail humanitaire qu’il a voulu offrir aux blessés syriens, le gouvernement anglais s’en est à peine offusqué. L’EIIL fait de même, en arrêtant les médecins qui subissent les mêmes tortures, conduisant le plus souvent à la mort, comme cela a été le cas pour le jeune médecin d’ Alep, Houssein Suleiman, 28 ans, dont le corps mutilé vient d’être rendu à sa famille.  

 Il est évident qu’Assad a reçu des assurances et une nouvelle légitimité de la communauté internationale depuis qu’il est devenu le partenaire officiel de l’ONU pour la destruction des armes chimiques, mais aussi pour l’aide humanitaire à tous les Syriens. Ces assurances, renforcées par les préparatifs de Genève II, expliquent le silence de la communauté internationale face aux crimes contre l’humanité en Syrie et en particulier celui de la Grande Bretagne pour l’assassinat du Dr A. Khan. Mais cela ne les légitime pas, la communauté internationale et l’ONU sont aujourd’hui complices de crimes contre l’humanité en Syrie.

 Y-a-t-il de l’espoir pour que la souffrance du peuple syrien s’arrête et qu’il obtienne justice suite à la conférence de Genève II ? Sûrement pas! Peut-être que certaines puissances arriveront à y satisfaire leurs intérêts régionaux, mais en tout cas pas le peuple syrien, en fait ses intérêts à lui ne sont même pas à l’agenda.

Cette injustice qui se perpétue depuis trois ans aura immanquablement des conséquences néfastes dans le monde entier si rien n’est fait aujourd’hui pour y mettre un terme immédiatement.

 FSD, 02.01.2014

New Year’s Eve’s thoughts on Syria… par Leila A. S.

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