Archives Mensuelles: avril 2017

Après Alep-Est, la Russie bombarde les hôpitaux d’Idlib

Depuis début avril, l’aviation russe intensifie les bombardements sur Idlib et cible en particulier les hôpitaux et les ambulances. Après Alep-Est, c’est le tour d’Idlib?

FSD traduit un article de l’arabe publié sur le site du Syrian Press Center.

                 

Hôpitaux et ambulances sont ciblés à Idlib, avril 2016

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La Russie multiplie les crimes de guerre en Syrie, quelle est la position de l’ONU face à ça?

Source: Syrian Press Center

Article de Samer ACHKAR, publié le 27.04.2017

Il n’y a pas que les armes chimiques qui tuent les civils dans les zones libérées, mais aussi les différents types d’ armes classiques.

La Russie, principal allié du régime syrien et sa complice dans la tuerie des Syriens, a annoncé après la frappe américaine de l’aéroport militaire syrien al-Choeirate qu’elle continuerait son soutien militaire au régime. Effectivement, les raids aériens se sont intensifiés dans les zones libérées du nord depuis le 6 avril 2017, ciblant en particulier des installations médicales vitales et les organisations d’aide d’urgence, ceci pour empêcher les habitants d’accéder aux soins médicaux après que l’ aviation ait commis les pires massacres contre eux.

Pour punir les civils des zones libérées suite à la frappe américaine, la Russie a complété sa politique de destruction de toutes les structures sanitaires dans ces zones, pour ensuite massacrer les civils qui se trouvent alors sans aucun moyen de sauver leurs blessés. Cette politique russe constitue ainsi l’une des plus graves violations du droit international et l’un des crimes de guerre les plus odieux. Apparemment ces crimes n’arrivent même pas à secouer la conscience ensommeillée de la communauté internationale!

Dans une déclaration spéciale pour le Syrian Press Center concernant les derniers développements dans les violations internationales de la Russie en Syrie, « Ahmed Aldbeis » Directeur du centre médical al-Salama de l’UOSSM, a déclaré:
« La situation médicale en Syrie se dirige vers une catastrophe humanitaire en raison du ciblage systématique des hôpitaux et des centres médicaux, ainsi que des réseaux d’ambulances. Plus de 500 milles personnes ont déjà été privées de services médicaux en raison du ciblage des hôpitaux et des points médicaux qui a conduit à l’arrêt complet des services de 8 hôpitaux à Hama et à Idlib au cours de ce seul mois d’Avril ». Ajoutant à cela « l’escalade militaire russe constitue un crime contre l’humanité, car les raids russes ciblent exactement les centres de santé qui fournissent des services médicaux aux citoyens en général. Ce genre de service constitue l’un des droits de l’homme les plus basiques dans les circonstances les plus difficiles. »

L’ intensification des bombardements russes dans les zones libérées a commencé au début de ce mois d’avril avec le ciblage de l’hôpital central de la ville de Maart-al-Nou’man qui a conduit à l’arrêt des services de cet hôpital qui traitait plus de 8000 cas médicaux par mois. Ensuite c’est l’hôpital al-Rahma dans la ville de Khan Shaikhoun qui a été ciblé juste après le massacre chimique qui a eu lieu dans cette ville le 4 avril. Ce même hôpital a été la cible des bombardements russes une nouvelle fois le 16 avril, ce qui a conduit à l’arrêt complet de ses services. Le 17 avril c’est l’hôpital al-Ikhlass dans le village Shannan au Mont al-Zaouia qui a également été la cible des avions russes. Le 23 avril c’est le centre hospitalier de Hama, près du village Abdeen dans la région sud d’Idlib-campagne, qui a été ciblé avec des bombes anti-bunker. Ensuite ce fût le tour de l’hôpital Walid Hassino pour la chirurgie, à Kafr Takharim, près de la frontière turque. Le ciblage de ce dernier hôpital a eu lieu une heure après le massacre d’ al-Doeila, localité située à proximité de cet hôpital, dans le but de priver les blessés d’accès aux soins.

Le jeudi 27 avril, l’aviation russe a visé l’hôpital Al-Lataminah dans la campagne nord de Hama, ainsi que l’hôpital universitaire situé à l’est de la ville de Maart-al-Nou’man conduisant ainsi à l’ arrêt définitif de leurs services. Trois des blessés en cours de traitement à l’hôpital universitaire ont trouvé la mort, dont une petite fille.

Le ciblage des hôpitaux et des civils n’a pas semblé suffisant à l’aviation russe qui a visé, jeudi 27 avril, les ambulances de plusieurs organisations médicales « SAMS », « SEMA » et « CHAM » lorsqu’elles étaient en mission de sauvetage dans la ville de Maar-Zita pour évacuer les victimes du massacre commis par des avions russes, le matin même, contre les camps de la ville. Plusieurs ambulanciers paramédicaux et conducteurs ont trouvé la mort ou ont été blessés, dont on connaît à ce jour: Yusuf SUTL, Saleh RAHMOUN de “SAMS”, Majid Al-«Omar, Abou Omar SULEIMAN de « CHAM ».

Aldbeis ajoute:
« Nous, en tant qu’organisations humanitaires dans le domaine médical actives à l’intérieur de la Syrie, nous veillons à documenter les violations commises et nous transmettons nos rapports aux Nations Unies et aux organisations internationales concernées, qui, à leur tour les transmettent aux organes décisionnels au sein de la communauté internationale, mais malheureusement sans aucun résultat. Car il n’y a toujours aucune décision, de la part de la communauté internationale, qui est en mesure de stopper les exactions de la Russie et ses violations des droits de l’homme en Syrie ».

Ainsi, tous les massacres commis par l’aviation russe contre les Syriens depuis le début de son intervention militaire en Septembre 2015 échappent à de toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU grâce au droit de veto de la Russie. Aujourd’hui, le monde tout entier reste les bras croisés devant la politique d’exactions russe dans les provinces d’Idlib et de Hama, qui vise à supprimer toutes les installations vitales au service des habitants, tout comme elle l’avait fait auparavant à Alep-Est, région voisine d’Idlib, à la fin de l’année 2016!

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De l’implication probable du régime syrien et du Croissant Rouge syrien dans l’explosion d’une voiture piégée à Al-Rachidine le 15.4.2017

Le 15.04.2017, l’explosion d’une voiture piégée dans la région d’Al-Rachidine à l’ouest d’Alep, qui est sous contrôle de l’opposition, a conduit à la mort de plus de cent vingt cinq personnes, dont plus de 60 enfants, parmi les habitants des deux localités chiites de la région d’Idleb, Kafraya et al-Fouaa, en déplacement forcé vers les régions du régime. Ce déplacement, forcé, se faisait en contre-partie du déplacement forcé des habitants de deux localités soulevées de la région de Damas, Madaya et al-Zabadani, qui devaient eux rejoindre Idleb, région sous contrôle de l’opposition. Les deux convois devaient obligatoirement passer par la région al-Rachidine. Plusieurs journalistes libres, activistes et combattants de l’opposition étaient dès lors présents lors de l’ explosion et les témoignages sur les détails sont nombreux. Les civils blessés ont été soignés par les équipes médicales présentes dans les régions libérées du régime syrien.
Le régime a d’emblée accusé le groupe armé d’Ahrar Al-Cham qui a démenti aussitôt. Certains sites web avancent que Hai’at Tahrir Al-Cham (Jabhat al-Nosra) serait à l’origine de l’explosion. On notera toutefois que plusieurs membres de ce groupe extrémiste étaient présents à l’endroit de l’explosion et que certains y ont perdu la vie.
Zamane al-Wassel (un site d’information de l’opposition) a de son côté publié des témoignages des survivants de l’explosion de ces deux localités (Kafraya et al-Fouaa) qui concordent avec les informations des journalistes et activistes présents. Selon ces informations, la voiture piégée serait l’une des voitures du convoi humanitaire qui a été organisé en collaboration avec le Croissant Rouge à Alep (région sous contrôle du régime). Sur les réseaux sociaux l’émoi des journalistes et des activistes présents est visible et les photos montrent leur implication pour secourir les blessés. Une interview avec l’un d’eux a paru sur le site de CNN. De même, les combattants de l’opposition présents sur les lieux ont largement participé aux opérations de sauvetage.
Plus étonnant est le comportement des membres du Croissant Rouge. On se serait attendu à ce qu’ils restent sur les lieux et participent au sauvetage, mais pas du tout. Selon un activiste de terrain, ils auraient fui les lieux juste avant l’explosion et ils auraient attendu 30 minutes avant de quitter leur abri (témoignage audio  de l’activiste Fead Abo Rass en arabe) .

 

                                Photo de l’activiste Fead Abo Rass avant l’explosion

 

                                  Photo de l’activiste Fead Abo Rass après l’explosion

S’y ajoute le fait que les pages officielles du régime sur la toile avaient annoncé l’envoi de convois en collaboration avec le Croissant Rouge pour acheminer de l’aide humanitaire aux civils de Kafraya et al-Foua en route pour leur destination finale, comme pour attirer le chaland. Bizarrement, ces annonces ont disparus immédiatement après l’explosion (voir l’article de alsouria.net). Ceci ne peut qu’inciter à la réflexion: le régime serait-il la main invisible de l’explosion, pour remettre en avant le prétendu « terrorisme » dans les régions libérées?

Remarquons que depuis le début de la révolution le régime syrien ne cesse de multiplier les mensonges et les manipulations pour tenter de faire avorter la révolution syrienne.

Cet événement jette aussi un nouveau doute sur la neutralité de certains chapitres du Croissant Rouge Arabe Syrien (CRAS). Nous invitons le lecteur intéressé à consulter l’article traduit par FSD à ce sujet (Le Croissant Rouge et le régime Assad).

Le Croissant Rouge et le régime Assad

Bien des doutes planent sur la relation entre le Croissant Rouge Arabe Syrien, qui devrait rester complètement neutre, et le gouvernement syrien. Il est intéressant de rappeler ici la déclaration de Peter Maurer -Président du CICR- à Swissinfo à ce sujet, en 2012 suite à sa visite à Damas :
«Le Croissant-rouge est peut-être à Damas plus proche du gouvernement, il peut être ailleurs plus proche des besoins de la population. Le dialogue entretenu depuis deux ans a permis d’établir une situation de confiance et dans des endroits nous pouvons agir seul, sans accompagnateur du Croissant Rouge syrien. Mais rien n’est parfait. ».
Il est aussi intéressant de mentionner le témoignage de Majd al-Dik, ancien membre du Croissant Rouge à Douma et auteur du livre « A l’Est de Damas », à ce sujet:
« Les groupes humanitaires basés à Damas ne parviennent pas à traverser ces lignes. Ils sont obligés de passer par le Croissant Rouge, inféodé au régime. Son bureau à Douma a été fermé le jour même où les révolutionnaires ont pris la ville. Certains volontaires sont cependant restés pour respecter leur serment. Mais ils ne reçoivent plus de médicaments. Le dernier convoi qui leur était destiné a été bombardé par le régime. »
A Homs, au début de la révolution, le Croissant Rouge répondait en effet aux besoins de la population, spécialement pour apporter les secours médicaux aux blessés, en conséquence plusieurs ambulances ont essuyé des tirs des forces du régime, par exemple l’ambulance ciblée à al-Hamidyeh le 07.09.2011 qui a conduit au décès du secouriste Hakam Drak-Sibai.

Pour apporter d’autres témoignages à ce sujet, FSD a traduit de l’arabe un article publié sur le site alsouria.net, site proche de la révolution syrienne.

Le 27 décembre 2016, Khaled Hboubati, un homme d’affaire proche du régime et externe à l’organisation, a été nommé comme président du CRAS pour remplacer Dr Abd al-Rahman Attar. Pour pouvoir effectuer cette nomination le règlement interne de l’organisation a dû être modifié en dernière minute, une méthode qui n’est pas sans ressemblance avec la nomination de Bachar al-Assad.

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Bras invisible des Moukhabarat en Syrie, à l’intérieur du Croissant Rouge:

comment la direction de l’organisation contribue à l’arrestation des déplacés

Par Karam Mansour, article du 09.11.2016

Source en arabe: alsouria.net

Camion d’aide humanitaire du CRAS dans une région sous le contrôle du régime

Wissam (24 ans), un des volontaires du Croissant Rouge Arabe Syrien (CRAS), entre à l’Hôtel Carlton à Damas pour suivre une session de formation pour le programme Concorde pour l’archivage des données. Cette formation est organisée par le CRAS à l’intention de ses bénévoles.

L’atelier a été suivi par des bénévoles et des employés de l’organisation dans la capitale syrienne. Les participants y apprenaient comment utiliser les formulaires du programme pour l’archivage des données, comment enregistrer les informations concernant les bénéficiaires de l’aide humanitaire et celles des volontaires, ainsi que les méthodes de stockage des données et comment les envoyer aux sections concernées.

Ces ateliers de formation d’une semaine sont organisés dans les hôtels les plus luxueux de Damas et ils sont offerts aux bénévoles du CRAS. Ils sont supportés financièrement par le CRAS. La gestion de ces ateliers a soulevé et soulève encore beaucoup de questions aussi bien sur leur importance, que sur la nécessité de les organiser dans ces hôtels luxueux.

« ALSOURIA.net » à Damas a interrogé un certain nombre de participants à ces ateliers, dit Amani (pseudonyme): “le CRAS organise ces cours régulièrement, ceci constitue un bénéfice pour beaucoup de bénévoles qui séjournent alors dans l’hôtel le plus luxueux de la capitale qui leur offre les meilleurs services et tout cela à la charge du CRAS, de sorte que ces cours sont devenus un outil de favoritisme et il faut être pistonné pour y accéder, surtout avec la crise économique qui sévit en Syrie « .

Elle ajoute: «Tous les volontaires sont en lice pour une place dans ces cours et l’intérêt de la formation n’est pas le premier objectif, qui est de passer une semaine complète aux frais du CRAS dans l’hôtel le plus luxueux de la capitale. »

Buts cachés
Wissam s’étonne que ces cours aient lieu dans des endroits de luxe qui coûtent environ mille dollars par jour pour la location des salles de formation, tandis que les salles des locaux du CRAS, qui sont entièrement équipées pour accueillir ce genre de conférences et de cours, restent inutilisées.

« ALSOURIA.net » a mené une enquête pour comprendre le mécanisme de l’organisation de ces ateliers, et la raison de faire la formation des volontaires à l’extérieur des locaux du CRAS, ceci malgré la misère terrible dont souffre le pays. Lors de cette enquête des sources spéciales du CRAS ont affirmé que plusieurs raisons sont à l’origine de ces choix organisationnels:
“L’organisation de ces ateliers en dehors des locaux du CRAS nécessite l’approbation de la direction pour chaque bénévole. Ainsi la direction peut refuser la participation à certains de ces bénévoles. Selon des informations croisées provenant de plusieurs bénévoles, ces ateliers sont utilisés comme couverture pour un grand nombre d’opérations de détournements de fonds, afin de ne pas éveiller les soupçons.”

Selon des sources privées, qui ont informé « ALSOURIA.net» et qui ont demandé l’anonymat pour leur sécurité, un appel d’offres a été lancé pour l’achat d’un programme pour archiver les données du CRAS et c’est la société Concord qui a été finalement sélectionnée pour le fournir.
Certaines informations indiquent que Abd al-Rahman Attar, responsable du CRAS, détient 60% de la société « Concord » qui contribue au traitement des données et à l’archivage du CRAS. Ces informations ont été suivies par d’autres, confiées par des membres du CRAS, affirmant que a plupart de ces ateliers ont lieu à l’Hôtel Carlton, qui appartient à Attar.

Le programme fourni par Concord est distribué à toutes les branches et à tous les points du CRAS en Syrie, en plus des dispensaires mobiles exploités par le CRAS dans les zones rurales qui se trouvent sous le contrôle du régime.

Informations pour le « service de renseignement »
Jamal, 28 ans, ambulancier paramédical dans un dispensaire mobile du CRAS à Damas-campagne, qui se déplace dans un certain nombre de villes et de régions qui sont sous le contrôle du régime, dit: «On nous a demandé depuis le début de l’année d’enregistrer toutes les données nous concernant (adresse, études, n° de téléphone et degré de formation) via le programme Concorde ».

Il ajoute « il a aussi été demandé aux volontaires de conserver des données précises sur les bénéficiaires des services du CRAS, ainsi que de recueillir suffisamment d’informations sur toutes les familles que nous visitons, dont le nombre de membres de la famille, leurs allées et venues, les zones qu’ils ont fuit et le travail de chacun d’entre eux. »

Jamal conclut: «Dorénavant toutes les informations sur les personnes déplacées sont stockées sur ce programme, et tandis que beaucoup de familles ne divulguent pas d’informations précises aux institutions sécuritaires, ni aux agents du recensement officiel par crainte de poursuites sécuritaires, elles donnent très volontiers tous les détails de leur vie aux bénévoles du CRAS, afin d’obtenir de l’aide humanitaire.  »

Nous avons poursuivi nos recherches qui nous ont conduits au service des données et des statistiques au sein du CRAS. Nous avons alors découvert que l’ensemble de ces données sont stockées sur les serveurs de l’organisation et ensuite stockées dans une section spéciale appartenant aux services de sécurité , à disposition en cas de demande d’information.
Des informations croisées à partir de plusieurs sources parmi les membres du CRAS indiquent que de nombreuses arrestations des employés/ bénévoles du CRAS ont eu lieu. En effet, les forces de sécurité du régime surveillent l’activité du bénévole avant de l’ arrêter pendant une mission qui lui a été confiée, ceci en utilisant les données enregistrées par le CRAS.

« ALSOURIA.net » a rencontré trois des volontaires qui avaient démissionné à cause de l’intrusion des forces de sécurité dans le travail du CRAS et de la mainmise de ces forces sur toutes les données recueillies par l’organisation, qui devraient rester la propriété de l’organisation, qui prétend être une organisation neutre, indépendante et impartiale dans son travail.

Le dysfonctionnement du CRAS dans les régions sous le contrôle du régime ne se limite pas aux arrestations rendues possibles par les données mises à disposition des services de renseignement. Il s’y ajoute également les circulaires internes émises par Abd al-Rahman Attar interdisant de donner des certificats de travail et d’expérience aux volontaires du CRAS sans l’approbation personnelle et préalable d’Attar, privant ainsi des centaines de personnes de certificats d’expérience, alors qu’ils se sont portés volontaires pour des motifs humanitaires. Ces personnes finissent par renoncer à leur engagement humanitaire au sein du CRAS à cause de l’intrusion de l’organisme sécuritaire.

Restrictions autour des bénévoles
Ahmed, 28 ans, dit à « ALSOURIA.net»: Je me suis engagé au CRAS à Damas depuis 2011 car je désirais aider les personnes touchées, qui sont dans le besoin, qui ont commencé à quitter leurs villes ou leurs villages suite à la répression violente du régime. Trois mois après, j’ai été renvoyé car mon compte Facebook a été surveillé et mes écrits sur mon mur ont été photographiés, et j’ai donc été accusé de ne pas être neutre ».

Il ajoute: «Mon renvoi de l’organisation a conduit à ce que mon nom figure sur les listes noires du CRAS. Pour cette raison l’organisation n’a pas voulu émettre des certificats pour les cours que j’ai suivi, ni pour mes activités. Je n’ai même pas pu obtenir une attestation qui certifie l’expérience développée pendant mon bénévolat, pour des raisons « sécuritaires » liées à mon avis politique. »

Le magazine britannique « New Internationalist » avait d’ailleurs critiqué de son côté l’étroite relation entre la tête du CRAS, Abd al-Rahman Attar, et la tête du régime de Bachar al-Assad. Par ailleurs, certains membres de la commission parlementaire britannique sur les affaires syriennes ont demandé à leur gouvernement de procéder à un « examen sérieux » des moyens utilisés pour acheminer l’aide humanitaire en Syrie.

La famille du président du CRAS, Abd al-Rahman Attar, possède des intérêts et d’énormes monopoles économiques en Syrie, en commençant par le secteur pharmaceutique, les services bancaires et le tourisme, et dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie.

La famille Attar détient également des agences commerciales et industrielles, représentant les intérêts d’ entreprises et de banques non-syriennes, comme « Novartis » et «Roche » de l’industrie pharmaceutique suisse, les banques « Bemo » et « la Syrie et le Golfe », la compagnie « United Insurance » et de nombreuses entreprises de change.

Attar représente également le groupe hôtelier Carlton, la compagnie aérienne Alitalia, Sony Ericsson, et IBM pour la technologie.

Le magazine britannique avait souligné que « un tel succès commercial en Syrie ne peut provenir que d’opérations illégales, mais qu’une relation très forte doit exister entre les commerçants et l’Etat pour en assurer le succès. »

Le magazine avait cité également des militants syriens au Canada qui avaient accusé Attar, qui détient d’ailleurs la citoyenneté canadienne, d’avoir permis aux services de renseignement syriens d’utiliser ses locaux commerciaux comme centres pour torturer des détenus syriens.

Le CRAS a fermement démenti ces «allégations» et a dit que ces dernières « offensent les équipes de volontaires du Croissant-Rouge qui fournissent une aide humanitaire à tous les Syriens quelle que soit leur religion, leur appartenance ethnique et leur appartenance politique.