Archives Mensuelles: février 2018

Que fait le bureau humanitaire suisse à Damas pour les civils d’al-Ghouta?

Depuis le 19 février, al-Ghouta orientale, assiégée et affamée, subit une intensification féroce de l’offensive militaire menée par le régime syrien et ses alliés russes et iraniens. Toutes sortes d’armes conventionnelles et interdites sont utilisées par l’aviation et par l’artillerie lourde. Al-Ghouta orientale, qui souffrait déjà de famine et de bombardements depuis 2013, vit actuellement des conditions humanitaires catastrophiques. Les civils et les services médicaux sont ciblés et l’intensité des bombardements ne permet pas aux populations de se déplacer pour chercher de quoi se nourrir.

Les Syriens de suisse qui assistent à ces crimes de guerre et contre l’Humanité  à al-Ghouta se demandent ce que fait ou fera le bureau humanitaire suisse qui se trouve à quelques km de cette région! Nous savons tous qu’il ne pourra rien faire par manque d’autorisation du régime criminel.

FSD et la communauté syrienne en Suisse ont alors adressé une lettre ouverte au Conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du DFAE, pour demander des actions effectives pour éviter à tout prix le déplacement forcé des 400’000 habitants d’al-Ghouta.

La lettre est reproduite ci-après.

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Photo prise à al-Ghouta le 22.02.2018

 

Monsieur le Conseiller fédéral,

Le communiqué de presse du DFAE du 21.12.2017 affirmait que le but du bureau humanitaire suisse à Damas serait d’assurer un accès humanitaire aux populations sinistrées, en particulier celle d’al-Ghouta. Nous nous demandons aujourd’hui quelles démarches ont été ou seront faites afin de venir en aide à la population d’al-Ghouta.

Cette région, assiégée et affamée par le régime Assad depuis 2013, subit actuellement une offensive militaire féroce menée par Assad et ses alliés russes et iraniens. Depuis l’intensification de l’offensive militaire qui a commencé le 19 février, l’accès aux soins médicaux à al-Ghouta est devenu quasi impossible après le ciblage des services médicaux par l’aviation, qui a conduit à leur arrêt total. Nous recevons chaque jour des témoignages de femmes[1], d’enfants[2] et d’activistes[3] sur place qui glacent le sang, et les Syriens de Suisse regardent horrifiés le massacre des leurs sans pouvoir leur venir en aide. Ces témoignages sont nombreux, et vu le peu d’espoir qui leur reste, les gens d’al-Ghouta parlent à visage découvert, et ne cachent plus leur nom, rien à voir avec les prétendus terroristes qu’Assad et Putine prétendent cibler.

Après l’adoption de la résolution du conseil de sécurité No 2401 du 24.02.2018, et un rapide examen du texte, nous sommes certains qu’elle sera contournée, elle l’est déjà, puis ira rejoindre les précédentes aux oubliettes. Elle comprend par ailleurs suffisamment de lacunes pour servir utilement à la mise en place du plan du régime, déjà annoncé par son représentant Jaffari, à savoir le même scénario à al-Ghouta que précédemment à Alep, en décembre 2017, soit l’extermination d’un grand nombre de civils avant de forcer le reste à se déplacer vers Idleb, où le même scénario se répétera une fois de plus. Les habitants d’al-Ghouta supplient la communauté internationale de tout faire pour empêcher une tellle issue, qui d’ailleurs est un crime contre l’humanité.

Rassemblement devant l’ONU à Genève le 23.02.2018

Le DFAE pourra-t-il aider les gens d’al-Ghouta dans les jours à venir à partir du bureau de Damas? Nous le souhaitons tellement. Mais en cas d’échec, il faudra bien constater que rien de positif ne pourra jamais se faire avec pour partenaire un régime barbare, criminel et totalement illégitime[4], qui vise à achever un changement démographique déjà largement commencé, par l’intermédiaire d’un génocide et du déplacement forcé des populations qui lui sont indésirables. Le régime Assad se sent fort avec le soutien militaire de la Russie et de l’Iran, et renforcé par le retour des pays occidentaux à Damas, la Suisse en tête. Mais un régime fantoche n’est pas forcément appelé à durer.

La détresse de la population syrienne sur place s’accentue chaque jour à cause de cette sale guerre menée contre les civils principalement. Si la Suisse souhaite vraiment apporter son aide pour soulager la population civile syrienne, elle serait certainement plus utile en oeuvrant pour stopper cette guerre. Ceci ne peut se faire qu’en agissant pour une réelle solution politique, exigeant que la justice passe[5], et qui permette aux Syriens d’avoir une vraie transition politique, sans le régime du boucher de Damas, pour construire leur futur Etat démocratique basé sur le principe de la citoyenneté pour tous. Aucune autre solution ne mettra fin à la violence, aucune autre solution ne permettra au peuple syrien de vivre dignement en Syrie. Ceci ne sera possible que si les pays occidentaux, y compris la Suisse, font passer la justice et les droits humains de la population syrienne devant leurs intérêts à court terme et font pression sur la Russie et l’Iran pour obtenir le départ du régime syrien, des élections libres et leur propre départ du territoire syrien.

La révolution syrienne continue.

Veuillez agréer, Monsieur le Conseiller fédéral, nos salutations les meilleures.

 FSD et 90 membres de la diaspora syrienne en Suisse ont signé la lettre

[1] https://www.theguardian.com/world/2018/feb/24/syria-eastern-ghouta-the-women-sharing-news-of-war

https://www.facebook.com/WomenNowforDev/videos/1380296635407577/?hc_ref=ARTSSgDxO7MkOZrqF-KX2cr4PcRtAvoLAYMk9PCsVxB-DB65UBhhfiEJchsA4neUzZU&pnref=story

https://www.facebook.com/nivin.hotary

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1795506950531632&id=100002170345981

[2] https://www.facebook.com/ong.syriacharity/videos/1765699186783922/

[3] Minute 23 :20 de la vidéo https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1795506950531632&id=100002170345981

https://www.facebook.com/ActForGhouta/posts/1860708250628345

[4] https://info.arte.tv/fr/bachar-el-assad-reelu-comme-prevu

[5] Le fait de mener à terme le dossier de Rifaat el-Assad serait un signal fort https://www.letemps.ch/suisse/un-procureur-crimes-guerre-claque-porte?utm_source=facebook&utm_medium=share&utm_campaign=article

https://trialinternational.org/fr/latest-post/affaire-rifaat-al-assad/

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Save Ghouta, Save Syria 

#SaveGhouta & #SaveSyria  était le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 23.02.2018, devant l’ONU à Genève, qui a réuni plus de cent personnes. Une vingtaine de rassemblements semblables ont eu lieu dans plusieurs villes en Europe et aux USA depuis le 19 février 2018. Plusieurs militants et militantes suisses mais également algériens se sont joints au rassemblement à Genève. Plusieurs réfugié.e.s syrien.ne.s de la Ghouta de Damas sont venu.e.s apporter leur témoignage. Une intervention de l’activiste Mou’ayad Muhiddine de l’intérieur de la Ghouta a été diffusée et traduite en français. Un témoignage de Nivin, qui est toujours résidente de la Ghouta, a été lu et traduit en français. Nivin raconte l’enfer de la vie quotidienne des civils pendant cette offensive militaire barbare qui est menée par Assad et ses alliés contre la population civile. Elle finit son témoignage par un appel à tous ceux qui l’entendent que tout doit être fait pour éviter le déplacement forcé des civils de la Ghouta. ( La vidéo de ce témoignage )

 

                                  Place des Nations, 23.02.2018

Mou’ayad Muhiddine dit que cette offensive est la pire et la plus violente que subit la Ghouta de Damas depuis le début de la révolution. Actuellement la Ghouta est bombardée par des lance-roquettes, par des barils d’explosifs, par l’aviation militaire, par des missiles au phosphore blanc. Des massacres ont été commis dans les villes et villages de la Ghouta, comme hier à Misraba et ce matin à Hammouriyeh, Zamalka et Douma. Des familles entières sont enterrées sous les décombres de leus bâtiments d’habitation. Il n’y a plus aucun endroit sûr à la Ghouta aujourd’hui. Il fait un bilan des morts et des attaques sur la Ghouta entre le 19 et le 22 février 2018:
– 334 martyrs dont 44 femmes et 57 enfants;
– 1700 blessés dont 443 femmes et 544 enfants;
– 338 raids aériens, 169 barils d’explosif lancés par les hélicoptères, 98 missiles sol-sol, 34 missiles au phosphores blanc, 5 missiles à sous-munitions et plus de 2800 obus;
Concernant la situation des civils, les résidents ne peuvent pas quitter les sous-sols où ils essaient de trouver refuge (il ne s’agit pas d’ abris ni d’ endroits équipés, simplement des caves). Ils n’osent même pas sortir pour chercher de quoi nourrir leurs enfants. Il n’y a aucune activité de la société civile et les institutions sont incapable de faire quoi que ce soit avec ce niveau de violence, de bombardements et de destruction.
En ce qui concerne le côté médical, 9 services médicaux sont hors service parce qu’ils sont ciblés par l’aviation militaire.
Il lance un appel pour soutenir la Ghouta et tout faire pour arrêter le bain de sang commis par le boucher de Damas.
Vous pouvez trouver cette intervention avec sa traduction dans la vidéo ici.

                          Genève 23.02.2018

Le cri d’une fillette de 10 ans environ lancé depuis la Ghouta a également été diffusé sur la place des Nations et traduit en français. Elle se demandait pourquoi Assad les bombarde et pourquoi il doivent vivre cet enfer sans que quiconque intervienne pour arrêter ce carnage. Elle invite tout le monde à imaginer que ses propres enfants soient à la place des enfants de la Ghouta. Elle finit par demander à Dieu de punir Assad pour ses crimes ( vidéo )

Les activistes qui ont pris la parole ont dénoncé l’intensification sans précédent de l’offensive militaire barbare des forces russes et de celles d’Assad dans les régions de la Ghouta de Damas. Ils ont affirmé que ce qui se passe à la Ghouta de Damas n’est pas une guerre mais un génocide et une action d’extermination de tous les civils dans cette région symbole de la révolution et seule alternative démocratique à Assad. Ils ont dénoncé la clémence de la communauté internationale envers les criminels de guerre qui mènent le génocide à al-Ghouta en particulier et en Syrie en général.
Ils ont rappelé qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad, ni avec la Russie, ni avec l’Iran comme garants de la paix en Syrie alors qu’ils sont eux-deux des pays agresseurs et même envahisseurs;
– qu’Il n’y a pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
La solidarité du peuple algérien a été exprimée et la position du gouvernement algérien, mais aussi des gouvernements arabes en général a été dénoncée.
Ils ont aussi appelé au boycott de la Russie, pays agresseur de la population syrienne.

                    Genève, 23.02.2018

Le rassemblement s’est terminé par les chants de la révolution.

FSD

STOP aux massacres en Syrie

« STOP aux massacres en Syrie! » était le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 10.02.2018, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une soixantaine de personnes. Une dizaine de rassemblements semblables ont eu lieu dans plusieurs villes en Europe et aux USA entre le 9 et le 11 février 2018. Plusieurs militants et militantes suisses et français se sont joints au rassemblement à Genève. Plusieurs personnalités syriennes sont venues de France pour y participer, Brita Hagi Hassan, ancien maire d’Alep-Est, Akram Al Ahmad, journaliste d’Idleb, de passage en France, et Bachar,  ancien détenu du régime Assad qui a passé quatre ans en détention et qui vient d’arriver en France.

Rassemblement devant l’ONU à Genève, le 10.02.2018

Les activistes qui ont pris la parole ont dénoncé l’intensification de l’offensive militaire des forces russes et de celles d’Assad dans les régions d’Idleb et de la Ghouta de Damas et ils ont appelé au boycott de la RussieIls ont dénoncé en particulier l’utilisation à répétition des armes chimiques, violant à maintes reprises les résolutions 2118, 2209 et 2235.

Ils ont rappelé qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad, ni avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix en Syrie alors qu’ils sont eux-deux des pays agresseurs et même envahisseurs;

– que toutes les interventions militaires étrangères sont condamnables y compris celle de la Turquie à Afrin et que les civils arabes et kurdes sont les principales victimes de ces interventions;

– qu’Il n’y a pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. 

 

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie, à la libération des détenus, à la levée des sièges et au départ de toutes les forces étrangères en Syrie, pour rendre possible une solution politique réelle et sérieuse.

Akram Al Ahmad, a parlé de la situation catastrophique à Idleb et du déplacement interne des habitants de Mua’arat Al-Nu’man et de Saraqeb, cette dernière ville qui a subi un bombardement avec du chlore toxique il y a moins d’une semaine. Il a dénoncé le ciblage par l’aviation russe et celle d’Assad des infrastructures, des installations médicales et des quartiers résidentiels. Il a également exprimé les craintes de la population d’Idleb suite aux manoeuvres du régime syrien pour laisser Daesh s’infiltrer à l’intérieur d’Idleb, ce qui laisse présager une action militaire semblable à celle de Raqqa qui a laissé cette dernière en ruine. Il a expliqué cette offensive barbare de la Russie comme étant une réaction primaire à l’échec de la conférence de Sotchi  boycottée par l’opposition.

Brita Hagi Hassan a  insisté sur la violation des résolutions du conseil de sécurité relatives à l’utilisation des armes chimiques:

« Tout le monde sait que le régime criminel d’Assad avait commis le massacre chimique dans al-Ghouta de Damas qui a coûté la vie à 1400 personnes en dix minutes. La majorité des victimes étaient des femmes et des enfants. Les armes chimiques ont été utilisées à répétition depuis cette date. Plus de 100 civils ont trouvé la mort à Khan Sheikun suite à l’utilisation de gaz sarin en avril 2017. 

Il y a quelques jours, la ville de Saraqeb à Idleb a été bombardée avec du Chlore gazeux. Dans le même contexte, les armes chimiques ont été utilisées plus de 150 fois au cours des années précédentes (depuis 2013). ». Il a aussi dénoncé les manoeuvres de l’ONU en vue de contourner ses propres résolutions (2118, 2254) afin de réhabiliter le dictateur criminel pour le maintenir à la tête de la Syrie. 

Vous pouvez trouver ces deux interventions avec leur traduction dans la vidéo:

https://www.facebook.com/eljazayeri/videos/1780148892067438/

Une transmission en direct par internet de l’intervention d’Abu Shadi, un activiste de l’intérieur de la Ghouta assiégée, a été effectuée pendant le rassemblement. Il a exprimé les craintes des habitants d’al-Ghouta relatives à un futur massacre chimique semblable de celui d’août 2013. Cette crainte vient du silence de la communauté internationale face à l’utilisation répétitive des armes chimiques à plus petite échelle,  qui rappelle les circonstances qui ont précédé le massacre de 2013. Son intervention peut être écoutée dans la vidéo (min 13:22):

https://www.facebook.com/hamidikaiss/videos/1461942057265588/

Bachar, ancien détenu et ressortissant de la Ghouta de Damas a finalement pris la parole pour dire qu’il travaillait dans l’aide humanitaire lorsqu’il s’est fait arrêter avec ses amis activistes. Il a dit être le seul survivant du groupe. Il a finalement enlevé son bonnet pour montrer à la foule les séquelles des tortures subies en détention soit: l’arrachement complet du cuir chevelu sur le dessus de son crâne, une blessure monstrueuse!

Le rassemblement s’est terminé par les chants de la révolution.

Plusieurs médias suisses étaient présentes.

FSD et CAA

Après Alep,… la Ghouta et Idlib

Chronique de la Syrie

Depuis le 4 février 2018 l’offensive sur Idlib s’est intensifiée. Planifiée depuis longtemps, elle a pour but d’éradiquer ce qu’il reste de société civile en Syrie, afin de supprimer toute alternative démocratique à la dictature du boucher de Damas associé au petit tsar de Russie.

Après avoir forcé le déplacement de l’ensemble des populations insoumises vers la province Idlib, la Russie, l’Iran et Assad procèdent maintenant à leur extermination systématique à l’aide de toutes sortes d’armes non conventionnelles, entre autres chimiques. Leur préférence, comme d’habitude, est le bombardement des hôpitaux. Huit raids sur l’hôpital de Ma’arat al-Numan (1) la nuit du 4 au 5 février ont conduit à son arrêt complet. Dans cet hôpital des nouveaux-nés ont été touchés dans leurs couveuses, et les blessés transférés suite aux bombardements de Kafranbel ont été touchés aussi. Il faut noter qu’au total 4 hôpitaux (2), une banque de sang  et 4 centres médicaux ont été ciblés dans la région d’Idlib, la nuit du 4 au 5 février 2018. Plusieurs localités ont vécu l’enfer des bombardements cette nuit là: Saraqeb, Kafranbel, Ma’arat al-Numan et la ville d’Idlib, sans oublier la région de la Ghouta de Damas qui subit le même sort; généralement les victimes sont des populations civiles vulnérables, des enfants, des femmes et des blessés. Rien ne semble plus noble, et bien sûr moins dangereux, à l’armée russe que de s’attaquer aux femmes, aux enfants et aux blessés, de préférence depuis les airs.

Une école ciblée la nuit du 4 au 5 février au napalm, par l’aviation russe, dans la province d’Idlib.
Source: https://www.facebook.com/syrianpresscenter/posts/2085111071731493

La Russie semble avoir oublié qu’arrivée en fanfare en Afghanistan elle en est repartie en sacs plastiques.

Il y a aujourd’hui plus de trois millions de personnes menacées dans la province d’Idlib, dont une grande partie sont des populations civiles déplacées. Peut-on attendre quelque chose de la communauté internationale? On peut en douter. Quand les USA se contentent de rendre la Russie responsable de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie et que la France se borne à constater: Assad est là! Mieux vaut ne compter que sur soi.

Par solidarité avec les populations agressées:

Nous appelons à un boycott total sur l’ensemble des produits et services en provenance de Russie et d’Iran.

FSD

  1. https://www.facebook.com/moaz.Alshami.shada/videos/1981962398722695/
  2. L’hôpital de la ville d’Idlibe bombardé avec le chlore: https://www.facebook.com/sultan.hussan.54/ videos/575240122811313/