Archives Mensuelles: octobre 2019

Syrie: Quelle légitimité de la commission constitutionnelle ?

Alors que la commission constitutionnelle pour la Syrie se réunissait pour la première fois à Genève le 30.10.2019, une quarantaine d’opposants se sont réunis devant l’ONU pour rappeler que le peuple syrien s’est soulevé, à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie, non pas pour demander une nouvelle constitution mais pour établir une démocratie, sans le régime Assad.

              A Genève devant le siège de l’ONU le 30.10.2019.

Les raisons sont nombreuses pour rejeter la démarche de l’ONU et contester la légitimité de cette commission, et les orateurs se sont succédés pour les énumérer:
– La formation de cette commission constitutionnelle contourne la transition politique et la formation d’un organe directeur transitoire. Le temps perdu à Genève ne servira qu’à permettre au régime et à ses amis d’achever le massacre d’Idlib.
– La légitimité de cette commission est douteuse. La constitution doit être écrite par un organe librement élu, or les Syrien.ne.s ont exprimé leur rejet de ce projet de constitution.

– Le groupe représentant la société civile dans la commission comprend des individus de l’intérieur de la Syrie qui ne sont pas indépendants du régime, et des individus qui n’ont pas les qualifications nécessaires pour participer à la discussion de textes constitutionnels.

– Cette intervention de l’ONU dans le dossier syrien ne fera que renforcer la « pseudo-légitimité » du régime Assad et fermera la porte à la justice transitionnelle.

De plus,
– L’adoption à 75% d’un texte constitutionnel fondé sur le droit international et les droits de l’homme est très contestable.
– L’échec de la Constitution de Bremer en Irak et des Accords de Taëf au Liban devrait servir de leçon. La commission constitutionnelle qui se réunit actuellement à Genève est parrainée par les trois pays qui gèrent la guerre contre les civils syriens, à savoir: la Russie de Poutine, l’Iran de Khameneï et la Turquie d’Erdogan, au détriment des Syrien.ne.s et cela n’est pas acceptable.

Pour une discussion approfondie, voir la pétition initiée par Anwar al-Bounni, ancien détenu et avocat syrien oeuvrant pour traduire les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en justice (en arabe, en anglais et en français):

https://secure.avaaz.org/ar/community_petitions/_byn_lljn_ldstwry_khyn_llthwr_lswry/?tVMatab&fbclid=IwAR2ybT7-PmRGSaphtkJUb3DgAmvgdlKcVC1LYp5lMCL99dqUF7dOCz5_2Z8

Syrie: Changement du Régime, pas de la Constitution!

« Oui à une transition sans le régime Assad.

Non à un leurre de constitution avec Assad » 

Le 30 septembre, l’envoyé spécial de l’ONU sur la Syrie a annoncé le lancement de la commission constitutionnelle le 30 octobre à Genève sous l’égide de l’ONU. Cette annonce intervient alors qu’un silence international assourdissant continue de régner malgré l’intensification barbare des bombardements sur le nord-ouest de la Syrie (région d’Idlib) depuis fin avril 2019. Les Civils qui y avaient trouvé refuge sont venus de toute les régions révoltées de la Syrie et sont les premières cibles de l’aviation d’Assad et de son soutien Poutine.

La nomination de cette commission constituante est le fruit de manipulations de Poutine, qui cherche à gagner du temps pour exterminer les civils d’Idlib ou les chasser de Syrie; Poutine qui se présente comme  le soutien à la modification de la constitution en Syrie, comme premier pas vers la dite solution politique. Cette constitution n’a cependant pas d’autre but que de redonner une légitimité au régime criminel d’Assad. 

Vendredi 4 octobre, les manifestations du nord-ouest syrien (région d’Idlib) ont dénoncé ces manoeuvres,  rappelant que le peuple syrien s’est soulevé pour changer le régime mafieux d’Assad et non pas pour changer la constitution!Le but reste d’initier une période de transition sans le régime criminel Assad, qui doit être traduit en justice, pour acheminer la Syrie vers un Etat de droit démocratique, basé sur la citoyenneté pour tou.te.s les Syrien.ne.s.

Manifestation du peuple Syrien à Bannech au nord-ouest syrien le 4 octobre 2019, pour contester la commission constituante.

Pour faire entendre la voix de ces manifestants de l’intérieur auprès de la communauté internationale et de l’ONU qui parrainent la dite commission constituante, Femmes Syriennes pour la Démocratie organise un rassemblement pacifique devant l’ONU, le 30 octobre, jour de l’ouverture des réunions de cette commission à Genève, de 17h00 à 18h00.

Ami.e.s de la démocratie et de la liberté, venez nombreuses et nombreux vous joindre à nous pour dénoncer ces manoeuvres et exprimer notre solidarité avec les civils syriens, seule menace effective au régime Assad, civils qui avaient mis en place une gestion démocratique, rappelons le, dans tous les lieux qui avaient échappé au contrôle du régime.

Rassemblement organisé par:FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration de Solidarity Convoy for Syria et de la diaspora syrienne en Suisse.

Soutenu par:Mouvement pour le socialisme ; le site alencontre.org; le Cercle La Brèche-Unil, Cercle Rosa Luxemburg