Témoignage d’Idlib: « Nous avons besoin de dormir avec nos enfants, ne serait-ce qu’une demi-heure, au calme »

Un cessez-le-feu dans la région d’Idlib, convenu entre la Russie et la Turquie, est entré en vigueur dans la nuit du 11 au 12 janvier. Le calme n’a pas duré longtemps, car le régime syrien et ses alliés ont violé le cessez-le-feu dès le 15 janvier. Ce jour là l’aviation a bombardé un marché dans la ville d’Idlib tuant 19 civils et en blessant au moins 65. Le Réseau Syrien des Droits de l’Homme a documenté 28 civils tués entre le 12 et le 17 janvier, dont 7 enfants.

Les témoignages des civils de cette région qui nous parviennent racontent l’horreur que vit la population condamnée à subir toutes sortes de violence.

FSD a traduit de l’arabe des extraits du témoignage d’un habitant de Sarmin reçu avant le cessez-le-feu.

(Source: article de Hicham Louaï, publié sur le site Rasseef 22 le 08.01.2020)

Témoignage:

Abd al-Rahman Muhamad, journaliste de terrain vivant à un kilomètre de la ville de Sarmin (région d’Idlib), raconte lors d’une interview avec Raseef 2: 

« Notre quotidien a beaucoup changé. La mort d’une personne est devenue un événement habituel. Le silence est le maître-mot, personne ne dit rien. On en a ras-le-bol de la mort et du sang qui coule et cela devient de plus en plus normal. Mon père a été tué devant moi et nous n’avons pas retrouvé la moindre partie de son corps déchiqueté tellement le bombardement avait été violent. ».

Il ajoute: « Au cours de cette semaine, j’ai failli être tué cinq fois. Quand je pars au travail je ne sais pas si je reverrai mes enfants encore une fois. L’intensité de la peur qu’on vit est indescriptible. Tout le monde s’est habitué à voir la destruction tout autour de lui. Si une demi-heure s’écoule sans bombardement nous sommes surpris et nous nous demandons: pourquoi n’ont-ils pas bombardé?! Nous n’attendons plus rien ni de la communauté internationale, ni des dirigeants arabes, agents de l’Occident. Nous resterons à Idlib, et nous n’en sortirons qu’une fois morts. ».

Il conclut: « Nos têtes sont fatiguées à force de réfléchir non-stop et de raconter. Il est important pour moi de raconter au monde entier ce qui se passe à Idlib, mais nous sommes fatigués et nous avons besoin de nous reposer et de dormir avec nos enfants, ne serait-ce qu’une demi-heure, au calme.« .

Publié le 17/01/2020, dans Chronique de la Syrie, FSD, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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