Archives de Catégorie: Chronique de la Syrie

Syrie: Quelle légitimité de la commission constitutionnelle ?

Alors que la commission constitutionnelle pour la Syrie se réunissait pour la première fois à Genève le 30.10.2019, une quarantaine d’opposants se sont réunis devant l’ONU pour rappeler que le peuple syrien s’est soulevé, à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie, non pas pour demander une nouvelle constitution mais pour établir une démocratie, sans le régime Assad.

              A Genève devant le siège de l’ONU le 30.10.2019.

Les raisons sont nombreuses pour rejeter la démarche de l’ONU et contester la légitimité de cette commission, et les orateurs se sont succédés pour les énumérer:
– La formation de cette commission constitutionnelle contourne la transition politique et la formation d’un organe directeur transitoire. Le temps perdu à Genève ne servira qu’à permettre au régime et à ses amis d’achever le massacre d’Idlib.
– La légitimité de cette commission est douteuse. La constitution doit être écrite par un organe librement élu, or les Syrien.ne.s ont exprimé leur rejet de ce projet de constitution.

– Le groupe représentant la société civile dans la commission comprend des individus de l’intérieur de la Syrie qui ne sont pas indépendants du régime, et des individus qui n’ont pas les qualifications nécessaires pour participer à la discussion de textes constitutionnels.

– Cette intervention de l’ONU dans le dossier syrien ne fera que renforcer la « pseudo-légitimité » du régime Assad et fermera la porte à la justice transitionnelle.

De plus,
– L’adoption à 75% d’un texte constitutionnel fondé sur le droit international et les droits de l’homme est très contestable.
– L’échec de la Constitution de Bremer en Irak et des Accords de Taëf au Liban devrait servir de leçon. La commission constitutionnelle qui se réunit actuellement à Genève est parrainée par les trois pays qui gèrent la guerre contre les civils syriens, à savoir: la Russie de Poutine, l’Iran de Khameneï et la Turquie d’Erdogan, au détriment des Syrien.ne.s et cela n’est pas acceptable.

Pour une discussion approfondie, voir la pétition initiée par Anwar al-Bounni, ancien détenu et avocat syrien oeuvrant pour traduire les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en justice (en arabe, en anglais et en français):

https://secure.avaaz.org/ar/community_petitions/_byn_lljn_ldstwry_khyn_llthwr_lswry/?tVMatab&fbclid=IwAR2ybT7-PmRGSaphtkJUb3DgAmvgdlKcVC1LYp5lMCL99dqUF7dOCz5_2Z8

Syrie: Changement du Régime, pas de la Constitution!

« Oui à une transition sans le régime Assad.

Non à un leurre de constitution avec Assad » 

Le 30 septembre, l’envoyé spécial de l’ONU sur la Syrie a annoncé le lancement de la commission constitutionnelle le 30 octobre à Genève sous l’égide de l’ONU. Cette annonce intervient alors qu’un silence international assourdissant continue de régner malgré l’intensification barbare des bombardements sur le nord-ouest de la Syrie (région d’Idlib) depuis fin avril 2019. Les Civils qui y avaient trouvé refuge sont venus de toute les régions révoltées de la Syrie et sont les premières cibles de l’aviation d’Assad et de son soutien Poutine.

La nomination de cette commission constituante est le fruit de manipulations de Poutine, qui cherche à gagner du temps pour exterminer les civils d’Idlib ou les chasser de Syrie; Poutine qui se présente comme  le soutien à la modification de la constitution en Syrie, comme premier pas vers la dite solution politique. Cette constitution n’a cependant pas d’autre but que de redonner une légitimité au régime criminel d’Assad. 

Vendredi 4 octobre, les manifestations du nord-ouest syrien (région d’Idlib) ont dénoncé ces manoeuvres,  rappelant que le peuple syrien s’est soulevé pour changer le régime mafieux d’Assad et non pas pour changer la constitution!Le but reste d’initier une période de transition sans le régime criminel Assad, qui doit être traduit en justice, pour acheminer la Syrie vers un Etat de droit démocratique, basé sur la citoyenneté pour tou.te.s les Syrien.ne.s.

Manifestation du peuple Syrien à Bannech au nord-ouest syrien le 4 octobre 2019, pour contester la commission constituante.

Pour faire entendre la voix de ces manifestants de l’intérieur auprès de la communauté internationale et de l’ONU qui parrainent la dite commission constituante, Femmes Syriennes pour la Démocratie organise un rassemblement pacifique devant l’ONU, le 30 octobre, jour de l’ouverture des réunions de cette commission à Genève, de 17h00 à 18h00.

Ami.e.s de la démocratie et de la liberté, venez nombreuses et nombreux vous joindre à nous pour dénoncer ces manoeuvres et exprimer notre solidarité avec les civils syriens, seule menace effective au régime Assad, civils qui avaient mis en place une gestion démocratique, rappelons le, dans tous les lieux qui avaient échappé au contrôle du régime.

Rassemblement organisé par:FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration de Solidarity Convoy for Syria et de la diaspora syrienne en Suisse.

Soutenu par:Mouvement pour le socialisme ; le site alencontre.org; le Cercle La Brèche-Unil, Cercle Rosa Luxemburg

Sauvez Idlib! Appel de l’ancien maire d’Alep, en grève de la faim

Alors que le régime syrien et son allié russe bombardent sans relâche hôpitaux, écoles, marchés, boulangeries et autres objectifs civils dans la région d’Idlib en Syrie, Brita Hagi Hassan, ancien maire d’Alep élu démocratiquement, aujourd’hui réfugié forcé en France, engage une grève de la faim depuis le 08.06.2019. Il  lance un appel à l’aide, ci-après, aux responsables politiques et humanitaires, et à l’opinion publique pour faire pression, afin que cesse le massacre, et que l’aide soit apportée aux populations civiles, qui ne trouvent d’autre abri que les oliviers près de la frontière turque hermétiquement fermée.

Les oliviers comme seul abri des Civils d’Idlib

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les représentants des peuples du monde libre,

Mesdames et Messieurs les représentants des organisations de la société civile,

Mesdames et Messieurs les responsables des médias, les penseurs et leaders d’opinion soucieux des causes justes,

Plus de huit ans se sont passés,  dans le silence assourdissant de la communauté internationale, depuis le début de la tuerie organisée par le régime d’Assad en Syrie, en réponse au soulèvement du peuple syrien pour la liberté, la dignité et les droits les plus élémentaires. Pourtant les exactions criminelles de plus en plus féroces du régime Assad, de ses alliés russes et iraniens et de leurs milices sectaires contre la population syrienne, ont été largement documentées dans de nombreux rapports d’organismes internationaux reposant sur des sources d’information particulièrement fiables.

Aujourd’hui les Syriens sont les victimes d’innombrables crimes contre l’Humanité et crimes de guerre. Ces Syriens réfugiés dans leur propre pays subissent encore des bombardements barbares, des disparitions forcées dans les geôles du régime et la mort sous la torture dans leurs sous-sols obscurs. Ces crimes, les plus brutaux et les plus laids de notre histoire moderne et contemporaine équivalent aujourd’hui à un véritable génocide.

En dépit des atrocités et des brutalités subies, ces Syriens gardent leurs aspirations à la liberté et à la dignité. Mais ils tiennent également à une solution politique fondée en priorité sur l’application de la loi internationale, capable de garantir l’exécution des résolutions de l’ONU et de faire en sorte  que les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité répondent de leurs actes devant la justice.

Je fais ici appel à toutes les institutions concernées pour qu’elles assument leurs responsabilités face à la tragédie exceptionnelle que vit le peuple syrien. Je fais également appel à elles pour qu’elles jouent  un rôle à la mesure de la responsabilité historique, morale et juridique que leur impose cette tragédie. Elles doivent ainsi mettre en oeuvre le principe de “la responsabilité de protéger” tel qu’il a été entériné par le Sommet Mondial de 2005 des chefs d’Etats et de gouvernements. Cet objectif pourrait être réalisé en appliquant les principes suivants:

1. Une résolution contraignante du Conseil de sécurité devrait  placer les prisons et les centres de détention syriens sous le contrôle de l’ONU et veiller  au respect de cette obligation par le régime syrien. Les organisations internationales et humanitaires ainsi que les commissions de défense des droits de l’homme devraient être en mesure d’être informées et d’informer à tout moment sur les conditions de détention des détenus. Des mesures sérieuses et immédiates devraient  contraindre le régime Assad à appliquer les clauses 12,13,14 de la résolution du Conseil de sécurité n ° 2254 de 2015, à procéder à la libération des détenus et à révéler le sort des victimes des disparitions forcées.

2.  Une intervention directe devrait être lancée  pour sauver les Civils de la région d’Idlib, conformément au principe de « la responsabilité de protéger » et pour empêcher le régime de continuer à bombarder et à détruire les habitations et les infrastructures, et à commettre des massacres, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre contre les Civils.

3.  Le parachutage de tentes, de couvertures, de denrées alimentaires et l’apport de toute aide essentielle à la survie dans les zones assiégées et sinistrées.

4.   La réactivation des efforts entrepris pour aboutir à une solution politique à Genève, du fait qu’il a été prouvé que la voie tracée par Astana n’a conduit qu’à davantage de crimes de guerre commis par le régime et ses alliés russes et iraniens. Cette solution politique doit obligatoirement mener à une transition sans le régime Assad.

5. Le placement de la Syrie sous administration internationale intérimaire en adoptant une résolution contraignante du Conseil de sécurité en vertu du chapitre VII.

6. L’activation de la justice pour mettre fin à l’impunité pour les crimes commis par le régime Assad et ses alliés, en particulier pour l’utilisation d’armes chimiques et de barils d’explosifs, ceci conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

7. La mise en place d’une protection juridique pour les réfugiés syriens, conformément à la Charte des Nations Unies et à la Convention de Genève de 1951 relative aux réfugiés, et l’empêchement de leur retour forcé en Syrie, tant que de graves risques pour leur vie et pour leurs libertés fondamentales subsistent.

La protection du peuple syrien contre le terrorisme du régime et de ses alliés russes et iraniens, en particulier les milices sectaires de la garde de la révolution iranienne, qui est classée parmi les organisations terroristes, est une étape incontournable de la guerre contre le terrorisme dans la région.

Aujourd’hui, il incombe au monde libre et aux organisations onusiennes et humanitaires concernées d’intervenir pour mettre fin aux massacres et aux violations des droits du peuple syrien. Ce peuple qui partage avec ce monde les mêmes valeurs et les mêmes objectifs humanistes, le même rêve d’un avenir de paix, de justice, de fraternité, de rejet de l’extrémisme et de la culture de la haine, un monde qui respecte et garantit les aspirations des peuples à la liberté et à la dignité.

En espérant avoir su vous convaincre de l’importance d’apporter sans délai aux civils syriens l’assistance dont ils ont urgemment besoin, je vous prie de recevoir, Mesdames et Messieurs, l’assurance de ma considération distinguée.

Brita Hagi Hassan, ex-maire d’Alep                                                                                                                       14.06.2019

Co-signataires:

– Achawi Sabater-Bono Béatrice

– Aeberhard Marilune, Suisse

– Aebi Jania, Suisse

– Arigoni Simona, Suisse

– Baroffio Françoise 

– Benitez Carmen

– Bertholet Marc, Suisse

– Binz Philippe, Suisse

– Blanchard C. 

– Bolognini Luigi, Suisse

– Branquino Tiago, Suisse

– Breton Frédéric, France

– Brunet Michèle, Suisse

– Brunn Marc

– Buchli Ruth, Suisse

– Buckel Milena, Suisse

– Carlucci-Barbezat Stéphanie

– Comba Fabienne 

– Conte Salvatore, Suisse 

– Corcelle Stéphane, France

– Déjardin Cindy 

– Ding Licchelli Catherine, Suisse

– Dupasquier Ingrid, Suisse

– Dutruy Gilbert

– Freeman Géraldine, Suisse

– Guex Sébastien, Suisse

– Gygax David, Suisse

– Jeandé François, Suisse

– Jelk-Peila Andrée

– Joliat Françoise, Suisse

– Jobin Claire, Suisse

– Juillard Michel, Suisse

– Kämpf Gabriela, Suisse

– Laurain Christine

– Lepori Angelica, Suisse

– Lopreno Dario, Suisse

– Mardirossian ELza 

– Marquis Jean-François, Suisse

– Metz Benoît 

– Miserez Lucine, Suisse

– Molo Romolo, Suisse

– Naciri Yamama, Suisse

– Nino Magali, Suisse

– Parriaux Olivier, Suisse

– Picut Josyane, FRANCE

– Pocar Serge

– Poinsignon Claire A., France

– Poney Marc

– Pronzini Matteo, Suisse

– Renk Hans-Peter, Suisse

– Sapin Hélène, Suisse

– Schnyder Cédric, Suisse

– Steiner Annick 

– Stitelmann Magali, Suisse

– Studer Eric, Suisse

– Thomas Marie-Laure

– Touilloux Brice

– Udry Charles-André, Suisse

– Vogt Karin, Suisse

– Zimmermann Wajd, Suisse

Sauvez les Civils à Idlib, dernier espace de survie

Revenons brièvement sur les étapes de la déportation des Syriens depuis le début de la révolution en mars 2011: 

  • En 2012 Baba-Amr, quartier assiégé à Homs, a été bombardé par le régime Assad, les civils ont été déportés et aussitôt ciblés sur le chemin de l’exode…
  • En 2013 Al-Qusseir, ville assiégée de la région de Homs, a été bombardée par le régime Assad et le Hezbollah, les civils ont été déportés et aussitôt ciblés sur le chemin de l’exode…
  • En 2014 la ville de Homs (14 quartiers), assiégée et affamée, a été bombardée par le régime Assad et ses alliés, les civils ont été déportés, cette fois vers la campagne-nord  de Homs ou vers Idlib…
  • Dès 2014, Idlib a accueilli les déportés de toutes les régions syriennes de protestation… 
  • Rappelons-nous aussi des bombardements barbares sur Alep en 2016, cette fois avec l’aide de l’aviation russe, et les civils ont été une fois de plus déportés vers Idlib
  • Ensuite ça a été le tour de la campagne-nord de Homs, d’al-Waer à Homs, d’al-Ghouta et des villes de la région de Damas…
  • Finalement Daraa a subi le même sort…
  • Même des réfugiés de Ersal au Liban ont été déportés vers Idlib.

Depuis 8 ans, le monde entier assiste en silence aux massacres perpétrés par Assad et ses alliés, avec toujours le même prétexte, écraser les extrémistes, d’ailleurs souvent préalablement libérés et cofinancés par le régime. Cependant Assad et Poutine ciblent spécialement les civils, seul vrai danger pour leur longévité, parce qu’ils représentent la démocratie. Et ce  silence complice, Assad et Poutine, tous deux criminels de guerre, le considèrent comme un permis de tuer en toute impunité.

Aujourd’hui l’aviation russe et celle d’Assad bombardent Idlib pour essayer d’en finir avec la révolution. Plus de 3,5 millions de Syriens habitent cette région surpeuplée. Avec une frontière hermétiquement fermée les civils ne trouvent plus où aller… sauf à l’ombre des oliviers près de la frontière avec la Turquie.

Genève le 08.06.2019

En seulement 6 semaines de bombardements le Réseau Syrien des Droits de l’Homme a documenté:

  • Plus de 340 civils tués,
  • plus de 932 civils blessés, 
  • plus de 29 attaques contre des institutions médicales,
  • plus de 15 attaques contre des centres des casques blancs,
  • plus de 58 attaques contre des écoles,
  • plus 8 attaques contre des marchés.

Genève le 08.06.2019

Des familles entières ont été décimées… 

Une mère reçoit ce qui reste de ses enfants dans un carton…

Un père de 4 enfants perd trois de ses enfants: deux jumelles de 4 ans et un garçon de 9 ans avec sa mère en un seul instant… et sa fille ainée de 14 ans est dans un état grave.

Cette énorme injustice qui dure depuis 8 ans marquera à jamais les générations futures en Syrie… Elle débordera aussi inévitablement sur le reste du monde!

Les Syriens continuent à revendiquer une solution politique, à Genève et non pas en Russie, qui mette fin à la violence et garantisse une transition sans les criminels du régime Assad et sans les factions extrémistes pour permettre aux Syrien.ne.s d’acheminer leur pays vers un Etat de droit, démocratique, et basé sur la citoyenneté de tous. C’est la seule solution pour retrouver une paix juste en Syrie et une véritable humanité dans le monde.

Vive la Révolution syrienne, elle est dans nos coeurs.

Le Régime Assad C’est ça: 8

« Majed al-Assami avait été touché par un coup de feu et il portait des signes de torture sur son corps, subies peu avant sa mort. »

Aucun activiste de la révolution syrienne ne sera en sécurité en Syrie sous le régime Assad!

Les activistes de la révolution syrienne sont aujourd’hui persécutés en Syrie. Toutes les régions qui ont vécu des protestations fortes dès le début de la révolution en 2011 sont passées par une période de siège, de famine, puis de bombardements intensifs qui ont conduit à leur destruction et plus tard au retour du contrôle du régime syrien. Quant aux habitants de ces régions, en particulier les activistes, ils ont dû choisir entre la déportation vers le nord syrien et le danger constant en faisant le choix de rester chez soi. Ce dernier choix signifie le passage par une procédure de « régularisation sécuritaire », auprès des Moukhabarat, qui ne garantit en rien leur sauvegarde immédiate ou à plus long terme. La déportation, pour ceux qui l’ont choisie, les a conduits elle à revivre l’intensification des bombardements dans le nord syrien (Idlib), sans ignorer les conditions de vie atroces dans le nord. Ceci a conduit plusieurs activistes à reprendre contact avec des personnalités de leur région natale pour faire la procédure de régularisation et retourner vivre chez eux. En arrivant chez eux, ils se sont faits arrêter ou bien assassiner. Ce fut le cas de Samer Sayasneh, l’un des enfants de Daraa qui avaient été arrêtés par les Moukhabarat en février 2011 pour avoir déclenché l’étincelle de la révolution, qui s’est fait arrêté à Damas récemment sur le chemin du retour. Ce même destin a déjà été celui de plusieurs activistes de la région de Homs et d’autres régions. C’est aussi le cas actuellement des déplacés internes du camp assiégé al-Roukban qui ont accepté de retourner chez eux pour fuir la famine imposée au camp. 

Ceux qui avaient fait le choix de rester chez eux et donc de passer par une procédure de « régularisation sécuritaire » n’ont pas eu plus de chance. Ce fut le cas très récent de l’activiste Majed al-Assami qui est resté chez lui dans la région de Daraa depuis juillet 2018 et qui vient d’être assassiné.

FSD a choisi de traduire un article à ce sujet publié dans le site d’information almodon.com.

Majed al-Assami, source de la photo

 

Daraa: le régime est accusé de l’assassinat de l’activiste en média

Majed al-Assami

Article de almodon.com, publié le 16.04.2019, traduit de l’arabe par FSD.

Des militants de l’opposition ont accusé, ce mardi (16.04.2019), le régime syrien d’avoir assassiné Majed al-Assami, activiste médiatique de premier plan, à Daraa, en dépit d’une « régularisation » de sa situation, ceci en dépit de l’accord de réconciliation qui a été agréé dans le gouvernorat de Daraa.

Des pages locales des réseaux sociaux de Daraa ont indiqué que ses parents ont retrouvé lundi dernier le corps d’al-Assami sur la route reliant les villes de Yadoudeh et de Muzayrib à Daraa-campagne, après sa disparition il y a quelques jours alors qu’il se dirigeait vers la ville de Tafs. Tandis que d’autres activistes ont déclaré qu’al-Assami ne se cachait pas, et qu’ il a été arrêté par les forces du régime à un barrage routier dans la campagne de Daraa.

Les médias de l’opposition ont rapporté qu’al-Assami a été touché par un coup de feu et que son corps montrait des signes de torture subie peu avant sa mort. Les activistes syriens ont déclaré que les circonstances de la disparition d’al-Assami, typiques de la manière des forces du régime de liquider les activistes, ne laisse aucun de doutes quant à la responsabilité du régime dans sa mort.

Al-Assami, originaire de Dael à l’ouest de Daraa, a contribué à la révolution syrienne dans plusieurs domaines. Il a documenté et porté la voix des enfants en souffrance dans les camps des déplacés internes et il a été actif dans l’aide humanitaire pour ces enfants par le biais des organisations avec lesquelles il travaillait. Il a aussi été membre du conseil local de Dael pendant la période qui a précédé la mainmise du régime sur Daraa à la fin du mois de juillet 2018. Il a ensuite choisi de ne pas accepter le déplacement forcé vers le nord et il est resté chez lui jusqu’à son assassinat.

En 2016, il avait été kidnappé par Daech qui contrôlait le bassin du camp de Yarmouk. Il a été libéré quatre mois plus tard avec six autres détenus, ceci à la suite de négociations entre l’armée syrienne libre et Daech.

Les assassinats et les arrestations d’anciens activistes se multiplient dans les zones de « réconciliation » depuis le retour du contrôle du régime dans ces zones. Les promesses des Russes pour la sauvegarde de tous les habitants qui auront passé par la procédure de « régularisation sécuritaire » sont restées sans effet aucun. Certains d’entre eux ont fini par quitter ces zones pour rejoindre le nord de la Syrie ou les pays voisins.

La manipulation russe autour du retour des réfugiés syriens

En parallèle avec les déclarations répétitives de Poutine pour le retour des réfugiés syriens en Syrie, l’aviation Russe vient de recommencer une offensive militaire contre les civils de la région du nord syrien (Idlib, la campagne de Hama et d’Alep) en soutien à l’aviation d’Assad. Les civils du nord de la Syrie comprennent aujourd’hui, en plus de la population locale, tous ceux qui ont déjà subi un déplacement forcé en Syrie (de Homs, Darayya, al-Ghouta de Damas, Yarmouk, Alep, Deir-Ezzor, etc. et même une partie des réfugiés de la Bekka- Ersal au Liban) suite aux bombardements russo-assadiens, excepté pour ceux de la Bekka qui se sont fait prétendument rapatrier… les civils de cette région du nord comptent aujourd’hui plus de 5 millions dont au moins la moitié sont des déplacés forcés!

11.08.2018 L’hôpital de Mo’arat-Alno’man à Idlib sous les feux de l’aviation militaire
                             (Sources: Mo’arat Media Center)

 

Poutine en Syrie s’était déjà donné le rôle de l’homme de guerre, de garant de paix et de négociateur de paix, aujourd’hui il se présente en bienfaiteur soucieux des réfugiés syriens. Pour les Syriens Poutine n’est qu’un criminel de guerre, occupant de leur pays, soutien fidèle et correcteur d’image d’Assad, le dictateur mafieux et le plus grand criminel de guerre de notre temps. Poutine, tout comme Assad, est un menteur dont les actes sont à l’opposé de ses paroles… Ceux qui se ressemblent s’assemblent…

Dans un article en arabe, Anwar al-Bounni, ancien détenu d’opinion, avocat, activiste pour les droits de l’homme et directeur du centre syrien pour les études et la recherche légales, revient sur ces déclarations récentes de Poutine et analyse les buts recherchés et la faisabilité de ce prétendu retour. FSD a choisi de le traduire en français et de le publier ici.

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Poutine en Syrie

 

La manipulation russe autour du retour des réfugiés syriens

Anwar al-Bouni

10 août 2018

Article traduit de l’arabe https://www.alaraby.co.uk/opinion/2018/8/9/التلاعب-الروسي-وعودة-اللاجئين-السوريين-1

 

Quel est le but du petit jeu russe qui consiste à soulever maintenant la question du retour des réfugiés syriens  et en lui donnant la priorité? La Russie entend-elle vraiment que les réfugiés retournent en Syrie? 

– Le premier but est d’envoyer un message interne aux Russes, pour les rassurer  et leur dire que le temps de la guerre et des pertes est révolu, qu’il n’ya plus lieu de s’inquiéter de l’augmentation des pertes humaines et matérielles russes dorénavant et que le moment des récoltes est proche. 

– Le deuxième but, c’est de déclarer la victoire et la fin de la guerre, et d’annoncer que les choses ont commencé à se stabiliser, en posant le cadre politique pour la réhabilitation du régime Assad pour diriger la Syrie. 

– Le troisième,  c’est de profiter de la préoccupation des pays accueillant les réfugiés syriens, en particulier des pays voisins, concernant la situation des réfugiés et de la grande pression qu’ils exercent sur leurs sociétés et sur leurs économies respectives, ceci dans le but de les pousser à traiter directement avec le régime syrien. C’est donc un message direct à leur intention pour leur dire de renvoyer les réfugiés en Syrie, où la Russie, le régime Assad et l’Iran assureront leur extermination, résolvant ainsi leurs problèmes liés aux réfugiés pour de bon.

– Le quatrième, c’est de motiver l’Europe, qui se préoccupe fortement de la présence de ces réfugiés sur son territoire, à financer la reconstruction de la Syrie, permettant ainsi aux entreprises russes, qui ont déjà signé des contrats avec le régime syrien, d’en tirer profit et de commencer enfin à récupérer la fortune dépensée militairement en Syrie. 

– Et le but final est de faire en sorte que soit abandonné complètement tout processus qui touche aux négociations, aux règlements de crise ou de modification de la structure du régime. Ceci implique pratiquement l’oubli du processus de Genève et même son annulation totale, mais aussi l’abandon des résolutions internationales émises antérieurement; car la situation du conflit syrien, telle qu’elle est présentée par les Russes, aura été résolue et aura pris fin. Les pourparlers d’ASTANA n’ont eux déjà plus aucun sens, surtout que ce processus est une pure fabrication russe. Les résultats très maigres issus de la dernière réunion confirment d’ailleurs que ces pourparlers n’ont aucune signification ou valeur.

La manipulation russe peut-elle fonctionner? C’est impossible, seul un esprit malade pourrait croire en une telle illusion. Le petit jeu des russes ignore les lois internationales qui interdisent le retour forcé des réfugiés dans leurs pays. Bien que le système des lois internationales se soit effondré complètement et qu’on l’a ignoré entièrement dans le cas du dossier syrien, la négligence du droit international fera des pays qui prennent part à une telle manipulation un partenaire officiel du crime de génocide. Ces pays en porteraient alors le fardeau et pourraient être poursuivis en justice. Le jeu russe passe aussi sous silence la volonté du régime Assad de ne pas permettre  le retour des réfugiés dans les zones sous son contrôle, afin de ne pas être confronté à des problèmes sécuritaires ou économiques.

La position du régime est claire sur la question du retour des réfugiés du Liban, il a imposé l’établissement de listes pour approbation des réfugiés qui souhaitent rentrer et il a refusé le retour d’un grand nombre d’entre eux. D’ailleurs, la Russie n’a pas abordé la question du lieu d’accueil pour leur retour, car de larges régions de la Syrie restent hors du contrôle du régime Assad; Ce sont les zones qui ont eu de grandes vagues d’exode, comme Alep, Raqqa, Deir-Ezzor, Hasaka et d’autres. La Russie a aussi ignoré la destruction étendue des habitations de ces réfugiés, l’absence des services et d’alimentation en eau potable, en électricité et de tout système économique capable de les absorber, en particulier dans les zones lourdement dévastées, comme les faubourgs de Damas, Homs et Alep. Même les réfugiés qui sont dans les camps au Liban ou en Jordanie, pour la plupart d’entre eux, ne souhaitent pas retourner en Syrie pour vivre dans une tente sur les décombres de leurs maisons détruites et sous la menace permanente d’arrestation,  sans aucune assistance, alors qu’en Jordanie, au Liban ou en Turquie ils reçoivent au moins de l’aide humanitaire et profitent d’un peu de liberté, au moins pour exprimer leur opinion, ou essayer de se rendre dans d’autres pays pour demander l’asile; cette possibilité devient invraisemblable en cas de retour en Syrie.

Le jeu russe néglige aussi  la question fondamentale de la sécurité des réfugiés. Comment les réfugiés pourraient-ils accepter de retourner vivre, et vivre en sécurité en Syrie, alors que et le régime sécuritaire continue de contrôler tous les aspects de la vie en Syrie? Les lois protégeant les éléments des services de « sécurité », de l’armée et de la police contre les poursuites pour les crimes qu’ils commettent continuent de s’appliquer, leur permettant de commettre leurs crimes contre les Syriens sans aucun moyen de dissuasion. En même temps, des dizaines de milliers de détenus ont disparu  dans les geôles du régime et on ignore tout de leurs sorts. Récemment, le régime a finalement annoncé que beaucoup parmi eux sont morts en détention en émettant des documents certifiant leur décès ou bien en informant directement leurs parents.

Qui veillera sur la sécurité des Syriens et garantira qu’ils ne sont pas molestés en cas de retour en Syrie? On connaît  le triste sort de tous ceux qui   ont signé les accords de réconciliation avec le régime dans la campagne de Damas et la région de Deraa, et comment ils ont été ensuite maltraités, arrêtés et même tués, dans l’impunité totale, ceci malgré et avec la présence du « garant » russe sur le terrain.

La manipulation russe est complètement transparente. Malheureusement certains Syriens soi-disants opposants au régime, et également certains pays, se laisseront  prendre au jeu, alors que la Russie elle-même, comme tout le monde, sait bien que seule une transition politique complète permettrait un retour effectif et la réinstallation digne des réfugiés syriens dans leur pays. Une telle transition doit oeuvrer pour un changement du régime tyrannique et criminel, pour le jugement des responsables des crimes commis et pour le changement du mécanisme légal actuel qui fait du service de « sécurité » la seule institution qui détient le pouvoir réel assurant ainsi l’impunité des criminels. Aucun retour des réfugiés ne sera possible sans qu’ils ne puissent se sentir en sécurité. Ils ne pourront pas retourner vivre sous le règne de celui qui a tué leurs enfants dans les prisons, sous des barils d’explosifs, les bombardements de l’aviation ou les armes chimiques, et ils ne pourront pas cohabiter avec lui. Ils ne reviendront pas non plus avec pour “garant”un autre meurtrier, un criminel qui a contribué à la mort de leurs enfants et à la destruction de leurs maisons avec les bombardements de son aviation. Les réfugiés ne retourneront pas non plus  vivre sous l’influence de milices sectaires, qui imposent leur idéologie, sunnite ou chiite. Ils ne retourneront pas non plus sous le contrôle d’un projet idéologique chiite qui tente de contrôler la région et de relier l’Iran à la Méditerranée. 

Les réfugiés ne peuvent retourner que pour résister à ces projets et à cette occupation, s’ils en ont la possibilité et l’espace nécessaire. De cela  le régime criminel et ses partenaires les plus criminels, la Russie et l’Iran, en sont certains. Par conséquent, ils sont bien placés pour savoir que leur jeu ne fonctionnera pas et que le retour des réfugiés, dont ils parlent, déclencherait une nouvelle résistance contre eux pour les expulser et les tenir responsables de leurs actes.

Après Alep,… la Ghouta et Idlib

Chronique de la Syrie

Depuis le 4 février 2018 l’offensive sur Idlib s’est intensifiée. Planifiée depuis longtemps, elle a pour but d’éradiquer ce qu’il reste de société civile en Syrie, afin de supprimer toute alternative démocratique à la dictature du boucher de Damas associé au petit tsar de Russie.

Après avoir forcé le déplacement de l’ensemble des populations insoumises vers la province Idlib, la Russie, l’Iran et Assad procèdent maintenant à leur extermination systématique à l’aide de toutes sortes d’armes non conventionnelles, entre autres chimiques. Leur préférence, comme d’habitude, est le bombardement des hôpitaux. Huit raids sur l’hôpital de Ma’arat al-Numan (1) la nuit du 4 au 5 février ont conduit à son arrêt complet. Dans cet hôpital des nouveaux-nés ont été touchés dans leurs couveuses, et les blessés transférés suite aux bombardements de Kafranbel ont été touchés aussi. Il faut noter qu’au total 4 hôpitaux (2), une banque de sang  et 4 centres médicaux ont été ciblés dans la région d’Idlib, la nuit du 4 au 5 février 2018. Plusieurs localités ont vécu l’enfer des bombardements cette nuit là: Saraqeb, Kafranbel, Ma’arat al-Numan et la ville d’Idlib, sans oublier la région de la Ghouta de Damas qui subit le même sort; généralement les victimes sont des populations civiles vulnérables, des enfants, des femmes et des blessés. Rien ne semble plus noble, et bien sûr moins dangereux, à l’armée russe que de s’attaquer aux femmes, aux enfants et aux blessés, de préférence depuis les airs.

Une école ciblée la nuit du 4 au 5 février au napalm, par l’aviation russe, dans la province d’Idlib.
Source: https://www.facebook.com/syrianpresscenter/posts/2085111071731493

La Russie semble avoir oublié qu’arrivée en fanfare en Afghanistan elle en est repartie en sacs plastiques.

Il y a aujourd’hui plus de trois millions de personnes menacées dans la province d’Idlib, dont une grande partie sont des populations civiles déplacées. Peut-on attendre quelque chose de la communauté internationale? On peut en douter. Quand les USA se contentent de rendre la Russie responsable de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie et que la France se borne à constater: Assad est là! Mieux vaut ne compter que sur soi.

Par solidarité avec les populations agressées:

Nous appelons à un boycott total sur l’ensemble des produits et services en provenance de Russie et d’Iran.

FSD

  1. https://www.facebook.com/moaz.Alshami.shada/videos/1981962398722695/
  2. L’hôpital de la ville d’Idlibe bombardé avec le chlore: https://www.facebook.com/sultan.hussan.54/ videos/575240122811313/

Les Syriens Patriotes et Révolutionnaires disent « Non à Sotchi »

Chronique de la Syrie

Suite à l’annonce par la Russie de la tenue de la conférence de Sotchi pour le dialogue national syrien, le 30 janvier 2018, une conférence sans frontières a été organisée le 20 janvier rassemblant des Syriens de l’intérieur ou en exil pour unifier leur position concernant Sotchi. Cette conférence a eu lieu simultanément dans 32 villes à travers le monde, dont 11 localités en Syrie, avec son centre à Paris. Une diffusion centralisée simultanée a été effectuée sur Facebook. Le but de cette conférence sans frontières était d’envoyer un message clair « Les Syriens disent Non à Sotchi! » au comité de négociation, aux Russes et à la communauté internationale. FSD publie ci-après le communiqué final de cette conférence.

Voici quelques photos de cette conférence sans frontières (source: page Facebook de la SNRC):

Plus de détails de la conférence, en particulier pour la partie qui a eu lieu à Paris, se trouvent dans l’article ici.

 

Communiqué final du Forum des Syriens Patriotes et Révolutionnaires

Alors que le peuple syrien a tout sacrifié depuis sept ans, pour obtenir son droit légitime à la liberté, la dignité et la justice, la Russie, l’une des causes de notre malheur, organise une conférence à la fin du mois de janvier 2018 dans la ville balnéaire de Sotchi, pour un soidisant « dialogue national syrien ». Le véritable objectif de cette conférence est de réhabiliter le régime d’al-Assad. Quelques réformes constitutionnelles sans consistance seront offertes à un régime qui n’a jamais respecté aucune constitution. Sur cette base, des élections seront organisées qui permettront à Bachar al-Assad de se représenter pour un nouveau mandat au lieu d’être traduit devant une cour de justice internationale pour répondre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dont il est responsable.

Ces crimes sont documentés par l’ONU et des organisations internationales des Droits de l’Homme, en particulier concernant l’utilisation de l’arme chimique. La conférence de Sotchi cherchera à confisquer le dossier syrien, jusqu’à présent sous la supervision de l’ONU, pour le mettre aux mains de l’alliance irano-russe. Ses promoteurs comptent ainsi contourner la résolution 2254 du Conseil de Sécurité. Cette dernière avait été votée suivant les dispositions du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 qui prévoit une transition politique dirigée par un organe de consensus disposant des pleins pouvoirs.

L’opposition syrienne doit faire face à des défis et dangers qui menacent l’avenir de la Syrie occupée par des pays étrangers et spoliée par des milices dont les objectifs extrémistes et terroristes sont en totale contradiction avec les raisons pour lesquelles le peuple syrien s’est soulevé. Confronté à cette situation, quand les forces de l’opposition syrienne se trouvent affaiblies et dépendantes d’intérêts étrangers, il devient impératif de revenir aux fondamentaux de la Révolution et à ses valeurs.

Les participants de la rencontre se sont donc mis d’accord sur les points suivants :

D’abord, ils déclarent leur opposition à la conférence de Sotchi et à tout ce qui en découlera. Ils affirment que ceux qui y participent ne représentent ni le peuple syrien ni les institutions de la Révolution Syrienne. Dès maintenant, les représentants de cette dernière annoncent qu’ils vont former un front révolutionnaire national contre ladite conférence, ou toute autre la suivant avec l’intention de réhabiliter le régime d’Assad, de le soustraire aux résolutions onusiennes et de légitimer la présence de forces d’occupation sur le sol syrien. Par conséquent, le 20 janvier 2018, les Syriens qui se sont mobilisés contre la conférence de Sotchi ont déclaré retirer le privilège de représenter la Révolution à toute personne ou organisation prenant part à cette conférence. Enfin, ils décrètent :

Soutenir la poursuite de leur combat pour un changement réclamé par les Syriens et basé sur les fondements de la Révolution. Ces fondements sont la fin de la tyrannie d’Assad, l’édification de l’État de droit, l’instauration de l’égalité des citoyens et la mise sur pied d’un système politique démocratique et pluraliste, d’autant plus nécessaires que l’esprit de la Révolution a subi de graves atteintes.

Appeler à la tenue d’une conférence des forces révolutionnaires. Celle-ci sera suivie d’une table ronde, sous l’égide de l’ONU, pour entamer un dialogue national avec toutes les organisations syriennes qui acceptent de s’engager dans ce processus.

Créer un Comité de suivi et des relations extérieures chargé de communiquer avec les institutions concernées de la communauté internationale au sujet du déficit de représentativité des groupes, personnes et autorités présents à la conférence de Sotchi. De la nécessité, finalement, pour la stabilité de la Syrie, de la région et du reste du monde, de donner la priorité aux aspirations et souhaits du peuple syrien sur les intérêts étrangers conflictuels qui se manifestent.

Soutenir un processus juridique visant à mettre en place une justice de transition présentant des garanties de légalité et d’équitabilité pour punir tous les crimes commis contre le peuple syrien.

Exiger de la communauté internationale la mise en œuvre de moyens efficaces pour mettre un terme aux attaques délibérées contre les civils, pour lever le siège des zones assiégées, pour ouvrir des couloirs humanitaires et pour faire parvenir les aides nécessaires. Enfin, pour obtenir la libération des détenus du régime d’Assad et enquêter sur le sort des disparus, ce conformément aux résolutions de l’ONU.

Exiger de la communauté internationale qu’elle fasse pression sur les Etats concernés pour obtenir le retrait des troupes et forces étrangères. Pour, qu’en outre, la responsabilité des Etats soit clairement reconnue pour les crimes, cas de torture et actions génocidaires dont les troupes envoyées par eux en Syrie se sont rendues coupables. Enfin, pour que le principe des réparations financières soit institué et confirmé.

Raqqa: Libération ou nouvelle occupation?

Avec la « libération » récente de Raqqa de l’organisation Daech, les Syriens qui ont porté la révolution syrienne savent que cette dite libération cache en fait une nouvelle occupation. Beaucoup de médias occidentaux précisent que cette libération a été effectuée par la coalition arabo-kurde appelée FDS (Force Démocratiques Syriennes) alors que cette coalition n’est qu’une manipulation de la réalité que personne ne souhaite reconnaître. FDS est une milice composée essentiellement par des forces kurdes du parti PYD, créée par Salih Muslim pour brouiller les cartes et étendre son pouvoir sur d’autres régions arabes en Syrie. Tout de suite après cette dite libération la place principale de Raqqa a été le lieu d’une célébration des nouveaux maîtres des lieux, les combattants kurdes portants les drapeaux des forces kurdes et un énorme portrait d’Ocalan, le chef du PKK, qui est Kurde de Turquie et qui n’a rien à voir avec la Syrie et encore moins avec Raqua dont la population est arabe! Donc le nom de cette milice est déjà une tromperie et sa présence à Raqqa est une nouvelle occupation.

L’importance de Raqqa vient de son emplacement sur l’Euphrate où se trouve le barrage le plus important en Syrie, et qui constitue une importante source pour l’alimentation en eau et en électricité.
Raqqa restera-t-elle sous occupation kurde ou bien sera-t-elle utilisée comme carte de négociation avec le régime fantoche de Damas en vue d’une future séparation des Kurdes syriens?
Dans tous les cas Raqqa est encore loin d’être vraiment libérée!
Il est important de noter que les habitants de Raqqa auront payé un prix très élevé pour cette dite libération qui aura fait au moins 1800 victimes parmi les civils et aura provoqué le déplacement forcé d’au moins 450’000 civils, selon Raqqa is being slaughtered.

FDS célébrant la dite-libération de Raqqa avec les drapeaux des forces kurdes et le grand portrait d’Ocalan, chef du PKK!

 

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article relatif à l’avenir de Raqqa publié sur le site Jeroun le 18 octobre 2017.

 

Washington ne soutiendra pas le projet de FDS à Raqua: s’agit-il d’un abandon de ses alliés ou bien d’une manoeuvre?
Article publié le 18 octobre 2017 sur le site geroun.net

 

Un responsable américain a déclaré: « Washington ne peut soutenir un projet politique du Parti PYD et de son bras militaire FDS pour étendre leur pouvoir sur Raqqa et dans l’ensemble de cette région du pays ». Il a ajouté que son pays ne soutiendra pas les projets de FDS et de Salih Muslim pour une auto-gouvernance. », selon l’agence Reuters.

Les déclarations américaines sont arrivées quelques heures après la libération de la ville de Raqqa dans le nord-est du pays de l’organisation Daech, et suite à l’entrée des combattants des FDS, soutenus par les Etats-Unis, dans le centre-ville. Ceci a soulevé de nombreux questionnements sur l’avenir de la ville à majorité arabe et sur la forme de gouvernance à venir à court et à long terme, sous l’autorité incarnée de facto par les forces militaires qui s’y trouvent actuellement.

Le chef du département des médias de la coalition de l’opposition syrienne, Ahmad Ramadan, a déclaré à cet égard: « Tout au long de la dernière période, la communication n’a pas cessé entre la coalition, les Américains et les Européens pour discuter de l’avenir de Raqqa après Daech et une rencontre a été convenue fin octobre à ce sujet à Istanbul. Des délégués de Washington et de l’Union européenne se réuniront avec des représentants de la Coalition de l’opposition syrienne et du conseil local élu de la ville de Raqqa ».
Ramadan a ajouté que « FDS a formé un conseil sur mesure qui comprend certains représentants des tribus arabes. Nous avons proposé la formation d’une administration intérimaire, suivie par des élections locales dans un espace de temps de quelques mois, permettant à la population de Raqqa de choisir leurs dirigeants locaux eux-mêmes, et donc l’exclusion des FDS parce qu’il n’y a aucune raison pour qu’ils restent à Raqqa. D’ailleurs je pense que les Américains partagent aussi l’idée que Raqqa ne fait pas partie d’un projet ou des ambitions des FDS. ».

Le responsable américain a mentionné dans ses commentaires cités par Reuters que « Washington ne soutiendra pas de processus éducatif dans Raqqa, à moins qu’il n’adopte l’une des formes utilisées dans le programme de l’Etat syrien », soulignant que les Etats-Unis « ne soutiendront pas une entité sécessionniste, ceci est déjà décidé » a-t-il dit.
D’autres parties de l’opposition syrienne ont vu dans cette déclaration une dimension politique, qui indiquerait la possibilité que les Américains acceptent le retour du régime syrien à Raqqa, même si cela se fait conjointement avec FDS, dans le cadre d’un effort de réhabilitation du régime Assad.

Pour sa part, Ramadan a nié cette possibilité et a dit: « Je ne pense pas que la déclaration ait une dimension politique dans ce sens, mais elle porte un signal que Washington n’accepterait pas un pouvoir imposé par FDS sur Raqqa, surtout que les Américains affirment qu’ils soutiennent les institutions capables de former le noyau d’un Etat en Syrie, et FDS est assez loin de là; au contraire FDS recherche à former un état alternatif et complètement séparé de l’Etat syrien, tant au niveau de l’éducation et de la gestion que des services «
Il a ajouté que « la coalition et ses institutions ne permettront en aucun cas que FDS contrôle l’avenir de Raqqa », soulignant que de grands efforts sont en cours pour que Raqua soit sous l’autorité du gouvernement syrien provisoire de l’opposition » , précisant que « toute administration Imposée aux habitants de la ville ne sera pas reconnue. »

Une source spéciale a confié à Geroun: »Les déclarations du responsable américain ne sont rien de plus qu’une manœuvre, qui vise à rassurer les Arabes dans Raqqa et les exhorter à s’engager dans un projet commun de gouvernance locale avec FDS ». Elle a ajouté:  » Les Etats Unis sont le plus grand soutien à FDS qui représente l’un des pilier de la politique américaine dans la région. C’est une question stratégique pour les États-Unis, en particulier à la lumière de la concurrence avec Moscou, d’ailleurs les deux parties ont discuté des outils pour mettre en œuvre leurs projets sur le terrain. Je pense donc que les Américains essaient de pousser les tribus arabes à s’engager dans une opération conjointe avec FDS, qui aura tout le pouvoir et les Arabes ne seront que de simples outils de mise en œuvre. »
Notre source a souligné:  »Malgré l’escalade médiatique récente de la Russie contre Washington, en particulier dans le cas de Raqqa, Moscou ne jouera aucun rôle dans l’avenir de la ville car elle est déjà occupée par le partage du pouvoir à Deir-Ezzor. C’est pourquoi elle évitera tout problème concernant Raqqa, qui pourrait entraver les accords avec Washington sur la zone la plus importante, à savoir Deir-Ezzor et ses environs ».
Bassam Quwatli, membre du groupe de travail pour la Syrie, a déclaré à son tour, dans une interview donnée à Geroun: « Les déclarations américaines ne peuvent être interprétées qu’en termes d’une sorte de fuite en avant, vers la réalité qui a été créée par eux-même. Signification: pas besoin d’aller loin dans le soutien de Washington à un projet séparatiste de FDS, parce que ce sont les Etats Unis qui ont créé cette réalité, et FDS contrôle pratiquement de nombreuses régions où les Kurdes ne sont pas majoritaires ».

Il a exprimé sa conviction que « les Américains vont essayer de créer un projet de gestion conjointe entre FDS et les Arabes, où FDS aura le contrôle de sa politique, de sa sécurité et de son administration, mais il convient de mentionner ici que ce projet dépendra de l’acceptation des autres parties à s’engager dans un tel projet, et de la capacité des Américains à les convaincre de le faire. ».

Par M. Ch.

Syrian Day Of Rage… La Révolution Continue!

De nombreuses mobilisations ont été organisées  à travers le monde samedi 14 octobre pour exprimer la rage contre la violence et la tuerie qui continuent en Syrie. Des manifestations ont eu lieu dans une vingtaine de localités sous contrôle de l’opposition à l’intérieur de la Syrie et aussi à l’extérieur:

Allemagne (Berlin, Stuttgart, Dresde, Ravensburg), France (Paris, Lyon, Metz, Strasbourg, Angers, Rennes), Pays Bas (La Haye), Turquie (Ankara, Istanbul, Gaziantep), USA (Washington, New York), Suède (Stockholm), GB (Londres, Manchester), Irlande (Dublin), Autriche (Vienne), Roumanie (Bucharest), Pologne (Varsovie) et en Suisse à Genève.
Une centaine de photos de ces manifestations peuvent être visionnées en utilisant le lien:
 
Mobilisation à Genève, Syrian Day Of rage, 14.10.2017
FSD