Archives de Catégorie: Chronique de la Syrie

Le Régime Assad C’est ça: 8

« Majed al-Assami avait été touché par un coup de feu et il portait des signes de torture sur son corps, subies peu avant sa mort. »

Aucun activiste de la révolution syrienne ne sera en sécurité en Syrie sous le régime Assad!

Les activistes de la révolution syrienne sont aujourd’hui persécutés en Syrie. Toutes les régions qui ont vécu des protestations fortes dès le début de la révolution en 2011 sont passées par une période de siège, de famine, puis de bombardements intensifs qui ont conduit à leur destruction et plus tard au retour du contrôle du régime syrien. Quant aux habitants de ces régions, en particulier les activistes, ils ont dû choisir entre la déportation vers le nord syrien et le danger constant en faisant le choix de rester chez soi. Ce dernier choix signifie le passage par une procédure de « régularisation sécuritaire », auprès des Moukhabarat, qui ne garantit en rien leur sauvegarde immédiate ou à plus long terme. La déportation, pour ceux qui l’ont choisie, les a conduits elle à revivre l’intensification des bombardements dans le nord syrien (Idlib), sans ignorer les conditions de vie atroces dans le nord. Ceci a conduit plusieurs activistes à reprendre contact avec des personnalités de leur région natale pour faire la procédure de régularisation et retourner vivre chez eux. En arrivant chez eux, ils se sont faits arrêter ou bien assassiner. Ce fut le cas de Samer Sayasneh, l’un des enfants de Daraa qui avaient été arrêtés par les Moukhabarat en février 2011 pour avoir déclenché l’étincelle de la révolution, qui s’est fait arrêté à Damas récemment sur le chemin du retour. Ce même destin a déjà été celui de plusieurs activistes de la région de Homs et d’autres régions. C’est aussi le cas actuellement des déplacés internes du camp assiégé al-Roukban qui ont accepté de retourner chez eux pour fuir la famine imposée au camp. 

Ceux qui avaient fait le choix de rester chez eux et donc de passer par une procédure de « régularisation sécuritaire » n’ont pas eu plus de chance. Ce fut le cas très récent de l’activiste Majed al-Assami qui est resté chez lui dans la région de Daraa depuis juillet 2018 et qui vient d’être assassiné.

FSD a choisi de traduire un article à ce sujet publié dans le site d’information almodon.com.

Majed al-Assami, source de la photo

 

Daraa: le régime est accusé de l’assassinat de l’activiste en média

Majed al-Assami

Article de almodon.com, publié le 16.04.2019, traduit de l’arabe par FSD.

Des militants de l’opposition ont accusé, ce mardi (16.04.2019), le régime syrien d’avoir assassiné Majed al-Assami, activiste médiatique de premier plan, à Daraa, en dépit d’une « régularisation » de sa situation, ceci en dépit de l’accord de réconciliation qui a été agréé dans le gouvernorat de Daraa.

Des pages locales des réseaux sociaux de Daraa ont indiqué que ses parents ont retrouvé lundi dernier le corps d’al-Assami sur la route reliant les villes de Yadoudeh et de Muzayrib à Daraa-campagne, après sa disparition il y a quelques jours alors qu’il se dirigeait vers la ville de Tafs. Tandis que d’autres activistes ont déclaré qu’al-Assami ne se cachait pas, et qu’ il a été arrêté par les forces du régime à un barrage routier dans la campagne de Daraa.

Les médias de l’opposition ont rapporté qu’al-Assami a été touché par un coup de feu et que son corps montrait des signes de torture subie peu avant sa mort. Les activistes syriens ont déclaré que les circonstances de la disparition d’al-Assami, typiques de la manière des forces du régime de liquider les activistes, ne laisse aucun de doutes quant à la responsabilité du régime dans sa mort.

Al-Assami, originaire de Dael à l’ouest de Daraa, a contribué à la révolution syrienne dans plusieurs domaines. Il a documenté et porté la voix des enfants en souffrance dans les camps des déplacés internes et il a été actif dans l’aide humanitaire pour ces enfants par le biais des organisations avec lesquelles il travaillait. Il a aussi été membre du conseil local de Dael pendant la période qui a précédé la mainmise du régime sur Daraa à la fin du mois de juillet 2018. Il a ensuite choisi de ne pas accepter le déplacement forcé vers le nord et il est resté chez lui jusqu’à son assassinat.

En 2016, il avait été kidnappé par Daech qui contrôlait le bassin du camp de Yarmouk. Il a été libéré quatre mois plus tard avec six autres détenus, ceci à la suite de négociations entre l’armée syrienne libre et Daech.

Les assassinats et les arrestations d’anciens activistes se multiplient dans les zones de « réconciliation » depuis le retour du contrôle du régime dans ces zones. Les promesses des Russes pour la sauvegarde de tous les habitants qui auront passé par la procédure de « régularisation sécuritaire » sont restées sans effet aucun. Certains d’entre eux ont fini par quitter ces zones pour rejoindre le nord de la Syrie ou les pays voisins.

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La manipulation russe autour du retour des réfugiés syriens

En parallèle avec les déclarations répétitives de Poutine pour le retour des réfugiés syriens en Syrie, l’aviation Russe vient de recommencer une offensive militaire contre les civils de la région du nord syrien (Idlib, la campagne de Hama et d’Alep) en soutien à l’aviation d’Assad. Les civils du nord de la Syrie comprennent aujourd’hui, en plus de la population locale, tous ceux qui ont déjà subi un déplacement forcé en Syrie (de Homs, Darayya, al-Ghouta de Damas, Yarmouk, Alep, Deir-Ezzor, etc. et même une partie des réfugiés de la Bekka- Ersal au Liban) suite aux bombardements russo-assadiens, excepté pour ceux de la Bekka qui se sont fait prétendument rapatrier… les civils de cette région du nord comptent aujourd’hui plus de 5 millions dont au moins la moitié sont des déplacés forcés!

11.08.2018 L’hôpital de Mo’arat-Alno’man à Idlib sous les feux de l’aviation militaire
                             (Sources: Mo’arat Media Center)

 

Poutine en Syrie s’était déjà donné le rôle de l’homme de guerre, de garant de paix et de négociateur de paix, aujourd’hui il se présente en bienfaiteur soucieux des réfugiés syriens. Pour les Syriens Poutine n’est qu’un criminel de guerre, occupant de leur pays, soutien fidèle et correcteur d’image d’Assad, le dictateur mafieux et le plus grand criminel de guerre de notre temps. Poutine, tout comme Assad, est un menteur dont les actes sont à l’opposé de ses paroles… Ceux qui se ressemblent s’assemblent…

Dans un article en arabe, Anwar al-Bounni, ancien détenu d’opinion, avocat, activiste pour les droits de l’homme et directeur du centre syrien pour les études et la recherche légales, revient sur ces déclarations récentes de Poutine et analyse les buts recherchés et la faisabilité de ce prétendu retour. FSD a choisi de le traduire en français et de le publier ici.

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Poutine en Syrie

 

La manipulation russe autour du retour des réfugiés syriens

Anwar al-Bouni

10 août 2018

Article traduit de l’arabe https://www.alaraby.co.uk/opinion/2018/8/9/التلاعب-الروسي-وعودة-اللاجئين-السوريين-1

 

Quel est le but du petit jeu russe qui consiste à soulever maintenant la question du retour des réfugiés syriens  et en lui donnant la priorité? La Russie entend-elle vraiment que les réfugiés retournent en Syrie? 

– Le premier but est d’envoyer un message interne aux Russes, pour les rassurer  et leur dire que le temps de la guerre et des pertes est révolu, qu’il n’ya plus lieu de s’inquiéter de l’augmentation des pertes humaines et matérielles russes dorénavant et que le moment des récoltes est proche. 

– Le deuxième but, c’est de déclarer la victoire et la fin de la guerre, et d’annoncer que les choses ont commencé à se stabiliser, en posant le cadre politique pour la réhabilitation du régime Assad pour diriger la Syrie. 

– Le troisième,  c’est de profiter de la préoccupation des pays accueillant les réfugiés syriens, en particulier des pays voisins, concernant la situation des réfugiés et de la grande pression qu’ils exercent sur leurs sociétés et sur leurs économies respectives, ceci dans le but de les pousser à traiter directement avec le régime syrien. C’est donc un message direct à leur intention pour leur dire de renvoyer les réfugiés en Syrie, où la Russie, le régime Assad et l’Iran assureront leur extermination, résolvant ainsi leurs problèmes liés aux réfugiés pour de bon.

– Le quatrième, c’est de motiver l’Europe, qui se préoccupe fortement de la présence de ces réfugiés sur son territoire, à financer la reconstruction de la Syrie, permettant ainsi aux entreprises russes, qui ont déjà signé des contrats avec le régime syrien, d’en tirer profit et de commencer enfin à récupérer la fortune dépensée militairement en Syrie. 

– Et le but final est de faire en sorte que soit abandonné complètement tout processus qui touche aux négociations, aux règlements de crise ou de modification de la structure du régime. Ceci implique pratiquement l’oubli du processus de Genève et même son annulation totale, mais aussi l’abandon des résolutions internationales émises antérieurement; car la situation du conflit syrien, telle qu’elle est présentée par les Russes, aura été résolue et aura pris fin. Les pourparlers d’ASTANA n’ont eux déjà plus aucun sens, surtout que ce processus est une pure fabrication russe. Les résultats très maigres issus de la dernière réunion confirment d’ailleurs que ces pourparlers n’ont aucune signification ou valeur.

La manipulation russe peut-elle fonctionner? C’est impossible, seul un esprit malade pourrait croire en une telle illusion. Le petit jeu des russes ignore les lois internationales qui interdisent le retour forcé des réfugiés dans leurs pays. Bien que le système des lois internationales se soit effondré complètement et qu’on l’a ignoré entièrement dans le cas du dossier syrien, la négligence du droit international fera des pays qui prennent part à une telle manipulation un partenaire officiel du crime de génocide. Ces pays en porteraient alors le fardeau et pourraient être poursuivis en justice. Le jeu russe passe aussi sous silence la volonté du régime Assad de ne pas permettre  le retour des réfugiés dans les zones sous son contrôle, afin de ne pas être confronté à des problèmes sécuritaires ou économiques.

La position du régime est claire sur la question du retour des réfugiés du Liban, il a imposé l’établissement de listes pour approbation des réfugiés qui souhaitent rentrer et il a refusé le retour d’un grand nombre d’entre eux. D’ailleurs, la Russie n’a pas abordé la question du lieu d’accueil pour leur retour, car de larges régions de la Syrie restent hors du contrôle du régime Assad; Ce sont les zones qui ont eu de grandes vagues d’exode, comme Alep, Raqqa, Deir-Ezzor, Hasaka et d’autres. La Russie a aussi ignoré la destruction étendue des habitations de ces réfugiés, l’absence des services et d’alimentation en eau potable, en électricité et de tout système économique capable de les absorber, en particulier dans les zones lourdement dévastées, comme les faubourgs de Damas, Homs et Alep. Même les réfugiés qui sont dans les camps au Liban ou en Jordanie, pour la plupart d’entre eux, ne souhaitent pas retourner en Syrie pour vivre dans une tente sur les décombres de leurs maisons détruites et sous la menace permanente d’arrestation,  sans aucune assistance, alors qu’en Jordanie, au Liban ou en Turquie ils reçoivent au moins de l’aide humanitaire et profitent d’un peu de liberté, au moins pour exprimer leur opinion, ou essayer de se rendre dans d’autres pays pour demander l’asile; cette possibilité devient invraisemblable en cas de retour en Syrie.

Le jeu russe néglige aussi  la question fondamentale de la sécurité des réfugiés. Comment les réfugiés pourraient-ils accepter de retourner vivre, et vivre en sécurité en Syrie, alors que et le régime sécuritaire continue de contrôler tous les aspects de la vie en Syrie? Les lois protégeant les éléments des services de « sécurité », de l’armée et de la police contre les poursuites pour les crimes qu’ils commettent continuent de s’appliquer, leur permettant de commettre leurs crimes contre les Syriens sans aucun moyen de dissuasion. En même temps, des dizaines de milliers de détenus ont disparu  dans les geôles du régime et on ignore tout de leurs sorts. Récemment, le régime a finalement annoncé que beaucoup parmi eux sont morts en détention en émettant des documents certifiant leur décès ou bien en informant directement leurs parents.

Qui veillera sur la sécurité des Syriens et garantira qu’ils ne sont pas molestés en cas de retour en Syrie? On connaît  le triste sort de tous ceux qui   ont signé les accords de réconciliation avec le régime dans la campagne de Damas et la région de Deraa, et comment ils ont été ensuite maltraités, arrêtés et même tués, dans l’impunité totale, ceci malgré et avec la présence du « garant » russe sur le terrain.

La manipulation russe est complètement transparente. Malheureusement certains Syriens soi-disants opposants au régime, et également certains pays, se laisseront  prendre au jeu, alors que la Russie elle-même, comme tout le monde, sait bien que seule une transition politique complète permettrait un retour effectif et la réinstallation digne des réfugiés syriens dans leur pays. Une telle transition doit oeuvrer pour un changement du régime tyrannique et criminel, pour le jugement des responsables des crimes commis et pour le changement du mécanisme légal actuel qui fait du service de « sécurité » la seule institution qui détient le pouvoir réel assurant ainsi l’impunité des criminels. Aucun retour des réfugiés ne sera possible sans qu’ils ne puissent se sentir en sécurité. Ils ne pourront pas retourner vivre sous le règne de celui qui a tué leurs enfants dans les prisons, sous des barils d’explosifs, les bombardements de l’aviation ou les armes chimiques, et ils ne pourront pas cohabiter avec lui. Ils ne reviendront pas non plus avec pour “garant”un autre meurtrier, un criminel qui a contribué à la mort de leurs enfants et à la destruction de leurs maisons avec les bombardements de son aviation. Les réfugiés ne retourneront pas non plus  vivre sous l’influence de milices sectaires, qui imposent leur idéologie, sunnite ou chiite. Ils ne retourneront pas non plus sous le contrôle d’un projet idéologique chiite qui tente de contrôler la région et de relier l’Iran à la Méditerranée. 

Les réfugiés ne peuvent retourner que pour résister à ces projets et à cette occupation, s’ils en ont la possibilité et l’espace nécessaire. De cela  le régime criminel et ses partenaires les plus criminels, la Russie et l’Iran, en sont certains. Par conséquent, ils sont bien placés pour savoir que leur jeu ne fonctionnera pas et que le retour des réfugiés, dont ils parlent, déclencherait une nouvelle résistance contre eux pour les expulser et les tenir responsables de leurs actes.

Après Alep,… la Ghouta et Idlib

Chronique de la Syrie

Depuis le 4 février 2018 l’offensive sur Idlib s’est intensifiée. Planifiée depuis longtemps, elle a pour but d’éradiquer ce qu’il reste de société civile en Syrie, afin de supprimer toute alternative démocratique à la dictature du boucher de Damas associé au petit tsar de Russie.

Après avoir forcé le déplacement de l’ensemble des populations insoumises vers la province Idlib, la Russie, l’Iran et Assad procèdent maintenant à leur extermination systématique à l’aide de toutes sortes d’armes non conventionnelles, entre autres chimiques. Leur préférence, comme d’habitude, est le bombardement des hôpitaux. Huit raids sur l’hôpital de Ma’arat al-Numan (1) la nuit du 4 au 5 février ont conduit à son arrêt complet. Dans cet hôpital des nouveaux-nés ont été touchés dans leurs couveuses, et les blessés transférés suite aux bombardements de Kafranbel ont été touchés aussi. Il faut noter qu’au total 4 hôpitaux (2), une banque de sang  et 4 centres médicaux ont été ciblés dans la région d’Idlib, la nuit du 4 au 5 février 2018. Plusieurs localités ont vécu l’enfer des bombardements cette nuit là: Saraqeb, Kafranbel, Ma’arat al-Numan et la ville d’Idlib, sans oublier la région de la Ghouta de Damas qui subit le même sort; généralement les victimes sont des populations civiles vulnérables, des enfants, des femmes et des blessés. Rien ne semble plus noble, et bien sûr moins dangereux, à l’armée russe que de s’attaquer aux femmes, aux enfants et aux blessés, de préférence depuis les airs.

Une école ciblée la nuit du 4 au 5 février au napalm, par l’aviation russe, dans la province d’Idlib.
Source: https://www.facebook.com/syrianpresscenter/posts/2085111071731493

La Russie semble avoir oublié qu’arrivée en fanfare en Afghanistan elle en est repartie en sacs plastiques.

Il y a aujourd’hui plus de trois millions de personnes menacées dans la province d’Idlib, dont une grande partie sont des populations civiles déplacées. Peut-on attendre quelque chose de la communauté internationale? On peut en douter. Quand les USA se contentent de rendre la Russie responsable de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie et que la France se borne à constater: Assad est là! Mieux vaut ne compter que sur soi.

Par solidarité avec les populations agressées:

Nous appelons à un boycott total sur l’ensemble des produits et services en provenance de Russie et d’Iran.

FSD

  1. https://www.facebook.com/moaz.Alshami.shada/videos/1981962398722695/
  2. L’hôpital de la ville d’Idlibe bombardé avec le chlore: https://www.facebook.com/sultan.hussan.54/ videos/575240122811313/

Les Syriens Patriotes et Révolutionnaires disent « Non à Sotchi »

Chronique de la Syrie

Suite à l’annonce par la Russie de la tenue de la conférence de Sotchi pour le dialogue national syrien, le 30 janvier 2018, une conférence sans frontières a été organisée le 20 janvier rassemblant des Syriens de l’intérieur ou en exil pour unifier leur position concernant Sotchi. Cette conférence a eu lieu simultanément dans 32 villes à travers le monde, dont 11 localités en Syrie, avec son centre à Paris. Une diffusion centralisée simultanée a été effectuée sur Facebook. Le but de cette conférence sans frontières était d’envoyer un message clair « Les Syriens disent Non à Sotchi! » au comité de négociation, aux Russes et à la communauté internationale. FSD publie ci-après le communiqué final de cette conférence.

Voici quelques photos de cette conférence sans frontières (source: page Facebook de la SNRC):

Plus de détails de la conférence, en particulier pour la partie qui a eu lieu à Paris, se trouvent dans l’article ici.

 

Communiqué final du Forum des Syriens Patriotes et Révolutionnaires

Alors que le peuple syrien a tout sacrifié depuis sept ans, pour obtenir son droit légitime à la liberté, la dignité et la justice, la Russie, l’une des causes de notre malheur, organise une conférence à la fin du mois de janvier 2018 dans la ville balnéaire de Sotchi, pour un soidisant « dialogue national syrien ». Le véritable objectif de cette conférence est de réhabiliter le régime d’al-Assad. Quelques réformes constitutionnelles sans consistance seront offertes à un régime qui n’a jamais respecté aucune constitution. Sur cette base, des élections seront organisées qui permettront à Bachar al-Assad de se représenter pour un nouveau mandat au lieu d’être traduit devant une cour de justice internationale pour répondre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dont il est responsable.

Ces crimes sont documentés par l’ONU et des organisations internationales des Droits de l’Homme, en particulier concernant l’utilisation de l’arme chimique. La conférence de Sotchi cherchera à confisquer le dossier syrien, jusqu’à présent sous la supervision de l’ONU, pour le mettre aux mains de l’alliance irano-russe. Ses promoteurs comptent ainsi contourner la résolution 2254 du Conseil de Sécurité. Cette dernière avait été votée suivant les dispositions du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 qui prévoit une transition politique dirigée par un organe de consensus disposant des pleins pouvoirs.

L’opposition syrienne doit faire face à des défis et dangers qui menacent l’avenir de la Syrie occupée par des pays étrangers et spoliée par des milices dont les objectifs extrémistes et terroristes sont en totale contradiction avec les raisons pour lesquelles le peuple syrien s’est soulevé. Confronté à cette situation, quand les forces de l’opposition syrienne se trouvent affaiblies et dépendantes d’intérêts étrangers, il devient impératif de revenir aux fondamentaux de la Révolution et à ses valeurs.

Les participants de la rencontre se sont donc mis d’accord sur les points suivants :

D’abord, ils déclarent leur opposition à la conférence de Sotchi et à tout ce qui en découlera. Ils affirment que ceux qui y participent ne représentent ni le peuple syrien ni les institutions de la Révolution Syrienne. Dès maintenant, les représentants de cette dernière annoncent qu’ils vont former un front révolutionnaire national contre ladite conférence, ou toute autre la suivant avec l’intention de réhabiliter le régime d’Assad, de le soustraire aux résolutions onusiennes et de légitimer la présence de forces d’occupation sur le sol syrien. Par conséquent, le 20 janvier 2018, les Syriens qui se sont mobilisés contre la conférence de Sotchi ont déclaré retirer le privilège de représenter la Révolution à toute personne ou organisation prenant part à cette conférence. Enfin, ils décrètent :

Soutenir la poursuite de leur combat pour un changement réclamé par les Syriens et basé sur les fondements de la Révolution. Ces fondements sont la fin de la tyrannie d’Assad, l’édification de l’État de droit, l’instauration de l’égalité des citoyens et la mise sur pied d’un système politique démocratique et pluraliste, d’autant plus nécessaires que l’esprit de la Révolution a subi de graves atteintes.

Appeler à la tenue d’une conférence des forces révolutionnaires. Celle-ci sera suivie d’une table ronde, sous l’égide de l’ONU, pour entamer un dialogue national avec toutes les organisations syriennes qui acceptent de s’engager dans ce processus.

Créer un Comité de suivi et des relations extérieures chargé de communiquer avec les institutions concernées de la communauté internationale au sujet du déficit de représentativité des groupes, personnes et autorités présents à la conférence de Sotchi. De la nécessité, finalement, pour la stabilité de la Syrie, de la région et du reste du monde, de donner la priorité aux aspirations et souhaits du peuple syrien sur les intérêts étrangers conflictuels qui se manifestent.

Soutenir un processus juridique visant à mettre en place une justice de transition présentant des garanties de légalité et d’équitabilité pour punir tous les crimes commis contre le peuple syrien.

Exiger de la communauté internationale la mise en œuvre de moyens efficaces pour mettre un terme aux attaques délibérées contre les civils, pour lever le siège des zones assiégées, pour ouvrir des couloirs humanitaires et pour faire parvenir les aides nécessaires. Enfin, pour obtenir la libération des détenus du régime d’Assad et enquêter sur le sort des disparus, ce conformément aux résolutions de l’ONU.

Exiger de la communauté internationale qu’elle fasse pression sur les Etats concernés pour obtenir le retrait des troupes et forces étrangères. Pour, qu’en outre, la responsabilité des Etats soit clairement reconnue pour les crimes, cas de torture et actions génocidaires dont les troupes envoyées par eux en Syrie se sont rendues coupables. Enfin, pour que le principe des réparations financières soit institué et confirmé.

Raqqa: Libération ou nouvelle occupation?

Avec la « libération » récente de Raqqa de l’organisation Daech, les Syriens qui ont porté la révolution syrienne savent que cette dite libération cache en fait une nouvelle occupation. Beaucoup de médias occidentaux précisent que cette libération a été effectuée par la coalition arabo-kurde appelée FDS (Force Démocratiques Syriennes) alors que cette coalition n’est qu’une manipulation de la réalité que personne ne souhaite reconnaître. FDS est une milice composée essentiellement par des forces kurdes du parti PYD, créée par Salih Muslim pour brouiller les cartes et étendre son pouvoir sur d’autres régions arabes en Syrie. Tout de suite après cette dite libération la place principale de Raqqa a été le lieu d’une célébration des nouveaux maîtres des lieux, les combattants kurdes portants les drapeaux des forces kurdes et un énorme portrait d’Ocalan, le chef du PKK, qui est Kurde de Turquie et qui n’a rien à voir avec la Syrie et encore moins avec Raqua dont la population est arabe! Donc le nom de cette milice est déjà une tromperie et sa présence à Raqqa est une nouvelle occupation.

L’importance de Raqqa vient de son emplacement sur l’Euphrate où se trouve le barrage le plus important en Syrie, et qui constitue une importante source pour l’alimentation en eau et en électricité.
Raqqa restera-t-elle sous occupation kurde ou bien sera-t-elle utilisée comme carte de négociation avec le régime fantoche de Damas en vue d’une future séparation des Kurdes syriens?
Dans tous les cas Raqqa est encore loin d’être vraiment libérée!
Il est important de noter que les habitants de Raqqa auront payé un prix très élevé pour cette dite libération qui aura fait au moins 1800 victimes parmi les civils et aura provoqué le déplacement forcé d’au moins 450’000 civils, selon Raqqa is being slaughtered.

FDS célébrant la dite-libération de Raqqa avec les drapeaux des forces kurdes et le grand portrait d’Ocalan, chef du PKK!

 

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article relatif à l’avenir de Raqqa publié sur le site Jeroun le 18 octobre 2017.

 

Washington ne soutiendra pas le projet de FDS à Raqua: s’agit-il d’un abandon de ses alliés ou bien d’une manoeuvre?
Article publié le 18 octobre 2017 sur le site geroun.net

 

Un responsable américain a déclaré: « Washington ne peut soutenir un projet politique du Parti PYD et de son bras militaire FDS pour étendre leur pouvoir sur Raqqa et dans l’ensemble de cette région du pays ». Il a ajouté que son pays ne soutiendra pas les projets de FDS et de Salih Muslim pour une auto-gouvernance. », selon l’agence Reuters.

Les déclarations américaines sont arrivées quelques heures après la libération de la ville de Raqqa dans le nord-est du pays de l’organisation Daech, et suite à l’entrée des combattants des FDS, soutenus par les Etats-Unis, dans le centre-ville. Ceci a soulevé de nombreux questionnements sur l’avenir de la ville à majorité arabe et sur la forme de gouvernance à venir à court et à long terme, sous l’autorité incarnée de facto par les forces militaires qui s’y trouvent actuellement.

Le chef du département des médias de la coalition de l’opposition syrienne, Ahmad Ramadan, a déclaré à cet égard: « Tout au long de la dernière période, la communication n’a pas cessé entre la coalition, les Américains et les Européens pour discuter de l’avenir de Raqqa après Daech et une rencontre a été convenue fin octobre à ce sujet à Istanbul. Des délégués de Washington et de l’Union européenne se réuniront avec des représentants de la Coalition de l’opposition syrienne et du conseil local élu de la ville de Raqqa ».
Ramadan a ajouté que « FDS a formé un conseil sur mesure qui comprend certains représentants des tribus arabes. Nous avons proposé la formation d’une administration intérimaire, suivie par des élections locales dans un espace de temps de quelques mois, permettant à la population de Raqqa de choisir leurs dirigeants locaux eux-mêmes, et donc l’exclusion des FDS parce qu’il n’y a aucune raison pour qu’ils restent à Raqqa. D’ailleurs je pense que les Américains partagent aussi l’idée que Raqqa ne fait pas partie d’un projet ou des ambitions des FDS. ».

Le responsable américain a mentionné dans ses commentaires cités par Reuters que « Washington ne soutiendra pas de processus éducatif dans Raqqa, à moins qu’il n’adopte l’une des formes utilisées dans le programme de l’Etat syrien », soulignant que les Etats-Unis « ne soutiendront pas une entité sécessionniste, ceci est déjà décidé » a-t-il dit.
D’autres parties de l’opposition syrienne ont vu dans cette déclaration une dimension politique, qui indiquerait la possibilité que les Américains acceptent le retour du régime syrien à Raqqa, même si cela se fait conjointement avec FDS, dans le cadre d’un effort de réhabilitation du régime Assad.

Pour sa part, Ramadan a nié cette possibilité et a dit: « Je ne pense pas que la déclaration ait une dimension politique dans ce sens, mais elle porte un signal que Washington n’accepterait pas un pouvoir imposé par FDS sur Raqqa, surtout que les Américains affirment qu’ils soutiennent les institutions capables de former le noyau d’un Etat en Syrie, et FDS est assez loin de là; au contraire FDS recherche à former un état alternatif et complètement séparé de l’Etat syrien, tant au niveau de l’éducation et de la gestion que des services «
Il a ajouté que « la coalition et ses institutions ne permettront en aucun cas que FDS contrôle l’avenir de Raqqa », soulignant que de grands efforts sont en cours pour que Raqua soit sous l’autorité du gouvernement syrien provisoire de l’opposition » , précisant que « toute administration Imposée aux habitants de la ville ne sera pas reconnue. »

Une source spéciale a confié à Geroun: »Les déclarations du responsable américain ne sont rien de plus qu’une manœuvre, qui vise à rassurer les Arabes dans Raqqa et les exhorter à s’engager dans un projet commun de gouvernance locale avec FDS ». Elle a ajouté:  » Les Etats Unis sont le plus grand soutien à FDS qui représente l’un des pilier de la politique américaine dans la région. C’est une question stratégique pour les États-Unis, en particulier à la lumière de la concurrence avec Moscou, d’ailleurs les deux parties ont discuté des outils pour mettre en œuvre leurs projets sur le terrain. Je pense donc que les Américains essaient de pousser les tribus arabes à s’engager dans une opération conjointe avec FDS, qui aura tout le pouvoir et les Arabes ne seront que de simples outils de mise en œuvre. »
Notre source a souligné:  »Malgré l’escalade médiatique récente de la Russie contre Washington, en particulier dans le cas de Raqqa, Moscou ne jouera aucun rôle dans l’avenir de la ville car elle est déjà occupée par le partage du pouvoir à Deir-Ezzor. C’est pourquoi elle évitera tout problème concernant Raqqa, qui pourrait entraver les accords avec Washington sur la zone la plus importante, à savoir Deir-Ezzor et ses environs ».
Bassam Quwatli, membre du groupe de travail pour la Syrie, a déclaré à son tour, dans une interview donnée à Geroun: « Les déclarations américaines ne peuvent être interprétées qu’en termes d’une sorte de fuite en avant, vers la réalité qui a été créée par eux-même. Signification: pas besoin d’aller loin dans le soutien de Washington à un projet séparatiste de FDS, parce que ce sont les Etats Unis qui ont créé cette réalité, et FDS contrôle pratiquement de nombreuses régions où les Kurdes ne sont pas majoritaires ».

Il a exprimé sa conviction que « les Américains vont essayer de créer un projet de gestion conjointe entre FDS et les Arabes, où FDS aura le contrôle de sa politique, de sa sécurité et de son administration, mais il convient de mentionner ici que ce projet dépendra de l’acceptation des autres parties à s’engager dans un tel projet, et de la capacité des Américains à les convaincre de le faire. ».

Par M. Ch.

Syrian Day Of Rage… La Révolution Continue!

De nombreuses mobilisations ont été organisées  à travers le monde samedi 14 octobre pour exprimer la rage contre la violence et la tuerie qui continuent en Syrie. Des manifestations ont eu lieu dans une vingtaine de localités sous contrôle de l’opposition à l’intérieur de la Syrie et aussi à l’extérieur:

Allemagne (Berlin, Stuttgart, Dresde, Ravensburg), France (Paris, Lyon, Metz, Strasbourg, Angers, Rennes), Pays Bas (La Haye), Turquie (Ankara, Istanbul, Gaziantep), USA (Washington, New York), Suède (Stockholm), GB (Londres, Manchester), Irlande (Dublin), Autriche (Vienne), Roumanie (Bucharest), Pologne (Varsovie) et en Suisse à Genève.
Une centaine de photos de ces manifestations peuvent être visionnées en utilisant le lien:
 
Mobilisation à Genève, Syrian Day Of rage, 14.10.2017
FSD

Après Alep-Est: Idlib; Quand donc cessera-t-on de croire aux mensonges des Russes (3/3)

Chronique de la Syrie

Il y a environ une année le régime syrien et la Russie intensifiaient les bombardements sur Alep-Est, ce qui a conduit quelques mois plus tard à la chute de cette ville, suite sans doute à un accord non révélé avec la Trquie. Depuis, les Syriens dénoncent le déplacement forcé des populations en révolte de plusieurs régions de la Syrie vers Idlib (Homs, Darayya, al-Muaaddamyat, Zabadani, Alep-Est, Wadi Barada, al-Waer, etc.) et craignent leur extermination prochaine.

Depuis le 19 septembre, et malgré les accords d’Astana mi-septembre 2017, l’aviation russe mène une offensive contre la région d’Idlib et le nord de la région de Hama.Tout comme l’offensive à Alep-Est, l’aviation cible les civils, les hôpitaux, les écoles, les boulangeries, les centres des casques blancs! La nuit du 29 au 30 septembre 50 raides ont frappé la ville d’Armanaz à Idlib et le nombre de victimes ne cesse d’augmentez (voir le post du Réseau Syrien des Droits de l’Homme).

Après Alep-Est, c’est bien Idlib, où est réunie aujourd’hui toute  la population en révolte venant de toute la Syrie, qui subit la foudre d’Assad et de la Russie… Le massacre des civils continue et le silence de la communauté internationale aussi!

« Tout le monde négocie le sang des Syriens, ce n’est en aucun cas pour arrêter le sang de couler », Ma’arat-Elnoeman, 29.09.2017, Syrian Revolution Network

 

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article du site d’information Enab-Baladi, publié le 29.09.2017 à 11:00.

Partie 3

Bombardement d’Idlib suite à la rencontre d’Erdogan et Poutine

Le lendemain de la rencontre entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine, l’aviation militaire russe a continué son offensive contre les zones contrôlées par l’opposition dans les régions d’Idlib et de Hama.

Selon l’e site d’information d’Enab-Baladi, l’aviation russe a ciblé ce matin, vendredi 29 septembre, les environs de la ville d’Al-Shagar, la périphérie de Ghassaniya et la ville de Bdama dans la campagne de Jisr al-Shughur.

Pour sa part, «Idlib Media Center», par l’intermédiaire de «Facebook», a rapporté que l’aviation russe a attaqué les environs de la ville de Marzita dans la campagne méridionale d’Idlib, la ville de Tabayek près de Mohmbal dans la campagne ouest d’Idlib et la périphérie de la ville de Bara dans la campagne d’Idlib.

Deux femmes et un enfant ont été tués et d’autres ont été blessés pendant la nuit en raison du bombardement aérien de la ville d’al-Tamanah dans la campagne-sud d’Idlib, par des bombes à sous-munitions.

L’aviation russe a intensifié les raids sur la ville d’Idlib et son gouvernerat, dans le cadre de la campagne militaire lancée sur la région depuis le 19 septembre, causant victimes et blessés.

Le bombardement se poursuit après que le président turc Recep Tayyip Erdogan ait rencontré son homologue russe, Vladimir Poutine, qui visite Ankara pour discuter de la question syrienne et Idlib en particulier.

Les Syriens comptaient sur cette réunion pour voir un arrêt des bombardements, en conformité avec l’accord d’Astana sur les régions de désescalade.

Osama Abu Zeid, le conseiller juridique de l’armée libre, a indiqué, citant ses sources, que la réunion a abouti à un accord pour arrêter les bombardements depuis la nuit d’hier (du 28 au 29.9.17).

Cependant, les deux présidents ont parlé brièvement lors de leur conférence de presse hier soir de la ville d’Idlib et ont souligné l’importance de discuter les zones de désescalade en Syrie, en particulier à Idlib, sans préciser le contenu de la discussion et s’ils sont parvenus à un accord.

Le ministère russe de la Défense a nié que son aviation bombardait les quartiers résidentiels de la ville d’Idlib et de ses environs, qui ont conduit à des dizaines de morts parmi les civils.

Igor Konashnikov,  porte-parole du ministère, a déclaré hier  « Les avions russes ne ciblent que les bases terroristes, leur artillerie et leurs dépôts de munitions, ceci après avoir localisé leurs emplacements à l’aide de drones. ».

Lire aussi:

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (1/3)

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (2/3)

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (2/3)

Chronique de la Syrie

Il y a environ une année le régime syrien et la Russie intensifiaient les bombardements sur Alep-Est, ce qui a conduit quelques mois plus tard à la chute de cette ville, suite sans doute à un accord non révélé avec la Trquie. Depuis, les Syriens dénoncent le déplacement forcé des populations en révolte de plusieurs régions de la Syrie vers Idlib (Homs, Darayya, al-Muaaddamyat, Zabadani, Alep-Est, Wadi Barada, al-Waer, etc.) et craignent leur extermination prochaine.

Depuis le 19 septembre, et malgré les accords d’Astana mi-septembre 2017, l’aviation russe mène une offensive contre la région d’Idlib et le nord de la région de Hama.Tout comme l’offensive à Alep-Est, l’aviation cible les civils, les hôpitaux, les écoles, les boulangeries, les centres des casques blancs! L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme documente 38 enfants et 29 femmes parmi les civils qui ont perdu la vie depuis.

Après Alep-Est, c’est bien Idlib, où est réunie aujourd’hui toute  la population en révolte venant de toute la Syrie, qui subit la foudre d’Assad et de la Russie… Le massacre des civils continue et le silence de la communauté internationale aussi!

Bombardement de la ville de Jisr-Alshugur.

Partie 2:

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article du site d’information Aleppo Media Center publié le 27.09.2017

500 victimes entre martyrs et blessés c’est le bilan des 9 derniers jours de bombardements continus des campagnes d’Idlib et de Hama

Aleppo Media Center
Mercredi, le 27.09.2017

Pour la deuxième semaine consécutive l’offensive de l’aviation du régime syrien et celle des forces d’occupation russes ciblent les zones résidentielles et les centres des services publics dans les campagnes d’Idlib et de Hama. Ce mercredi, l’aviation a effectué une série de raids aériens sur la ville de Jisr-Alshugur dans la campagne d’Idlib et nous n’avons encore aucune information concernant les pertes de civils et les blessés.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a documenté 500 cas de morts et de blessés parmi les civils, ceci pendant ces seuls neuf jours d’ offensive militaire. Ces frappes aériennes ont détruit de nombreux centres des services publics dans les régions ciblées, en particulier les hôpitaux, les centres médicaux et ceux de la défense civile.

L’Observatoire a ajouté que le nombre de raids ciblant les campagnes d’Idlib et de Hama effectués depuis le 19 septembre a atteint 1300 raids aériens. Il a aussi souligné que la plupart des martyrs étaient des femmes et des enfants de moins de 18 ans.

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Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (1/3)

Après Alep-Est: Idlib; Quand donc cessera-t-on de croire aux mensonges des Russes (3/3)

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (1/3)

Chronique de la Syrie

Il y a environ une année le régime syrien et la Russie intensifiaient les bombardements sur Alep-Est, ce qui a conduit quelques mois plus tard à la chute de cette ville, suite sans doute à un accord non révélé avec la Trquie. Depuis, les Syriens dénoncent le déplacement forcé des populations en révolte de plusieurs régions de la Syrie vers Idlib (Homs, Darayya, al-Muaaddamyat, Zabadani, Alep-Est, Wadi Barada, al-Waer, etc.) et craignent leur extermination prochaine.

Depuis le 19 septembre, et malgré les accords d’Astana mi-septembre 2017, l’aviation russe mène une offensive contre la région d’Idlib et le nord de la région de Hama.Tout comme l’offensive à Alep-Est, l’aviation cible les civils, les hôpitaux (5 sont détruits), les écoles (4 sont détruites), les boulangeries, les centres des casques blancs (3 sont détruits)! Le Syrian Press Center documente depuis 117 morts dont 22 enfants et 22 femmes.

Avec la fermeture de la frontière avec la Turquie, les habitants de Jisr-Alshugur à Idlib, qui tentent de fuir les bombardements, n’ont aucune échappatoire. Ils en sont réduits à s’abriter comme ils le peuvent dans les rues des régions moins exposées (de sources privées).

Après Alep-Est, c’est bien Idlib, où est réunie aujourd’hui toute  la population en révolte venant de toute la Syrie, qui subit la foudre d’Assad et de la Russie… Le massacre des civils continue et le silence de la communauté internationale aussi!

 

Suite aux bombardements de la ville de Jisr-Alshugur à Idlib, le 26 septembre 2017

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article publié sur le site d’information Geroun.

Partie 1:

Idlib … L’escalade russe a pour but de contrecarrer les accords d’Astana

25 septembre 2017
Geroun – Manar Abdel Razzaq

Bassam Quwatli, activiste politique, pense que « l’escalade russe dans Idlib vise à déjouer les décisions d’Astana ». Il a déclaré à Geroun: « Je ne pense pas que les actions militaires des Russes à Idlib se prolongeront, c’est juste une tentative de prouver que la Russie possède toutes les cartes sur le terrain ».
Quwatli n’exclut pas non plus «une coordination entre l’Iran et Hayat Tahrir al-Sham (Jabhat al-Nosra) pour faire échouer Astana», et il a souligné que «il est dans l’intérêt de l’Iran de poursuivre le conflit afin de compléter son contrôle sur le terrain et obtenir un changement démographique effectif».

Le régime et ses alliés russes ont intensifié les raids aériens sur différentes parties de la campagne d’Idlib et de la campagne nord de Hama. Les activistes ont documenté environ 300 raids aériens sur ces régions au cours de la semaine dernière, des dizaines de civils ont été tués ou blessés et un certain nombre d’installations médicales et civiles ont été détruites.

Dans le même contexte, le porte-parole militaire du groupe (Ahrar al-Sham) a déclaré que «la retour des bombardements sur Idlib n’est pas nouveau, car le but c’est de compléter ce que le régime avait commencé dans diverses villes syriennes». Il a dit à Geroun: «Les bombardements russes étaient prévisibles dès le début, car tous ceux qui sont engagés dans la révolution ont été déplacés à Idlib jusqu’à ce qu’elle devienne le réservoir humain de la révolution».

Il a ajouté:  « Ils intensifient les bombardements des hôpitaux, des écoles, des boulangeries et de tous ce qui est au service de la vie des civils ». il a souligné la tentative des Russes de « prouver via l’intensification des bombardements » leur déclaration répétée à maintes reprises que « le destin d’Idlib sera comme celui de Raqa et Moussoul », ceci afin d’intimider le reste de la société couvant la révolution pour la forcer à accepter n’importe quelle décision imposée de l’extérieur du pays. »

Fares Beyush, un chef de l’armée libre, a déclaré: « Je ne pense pas que les Russes aient besoin d’une justification pour bombarder. Ils justifient les bombardements d’Idlib, aujourd’hui, par la présence d’al-Nosra, qu’ils ne bombardent aucun quartier général de ce groupe. Ils utilisent sa présence comme prétexte comme ils avaient utilisé Daech auparavant».

Beyush pense que le but des opérations militaires des Russes dans Idlib est « politique, et non pas militaire », et donc il s’attend à ce que «les bombardements prennent fin sous peu, pour faire respecter Astana». En ce qui concerne le rôle des factions pour exercer une pression à travers les États garants d’Astana, pour arrêter les bombardements, il a déclaré: « Il n’y a pas de rôle à jouer pour les Syriens (régime-révolution) » et il a souligné que « ce qui se passe sur le terrain c’est la pression qu’exercent certains pays sur d’autres pays, mais c’est notre peuple qui en paie le prix. »

Les bombardements ont atteint le siège de certaines factions qui avaient participé à la conférence d’Astana 6, parmi eux Jeish al-Nasr et Feilaq al-Sham. Lors du bombardement du siège de Feilaq al-Sham, dans le district de Tal-Mardikh à Idlib, environ 50 éléments ont été tués et d’autres ont été blessés. Quatre autres éléments de Jeish al-Nasr ont été tués lors du bombardement de la campagne nord de Hama.

Le major Samer Alewi, l’un des chefs de Jeish al-Nasr, a reconnu le meurtre de quatre combattants du groupe dans une attaque russe sur son quartier général dans la campagne du nord de Hama. Il a confié à Geroun: « Nous avons informé la partie garante (turque) de cette violation, avec pour seule réponse : nous en informerons le niveau supérieur et nous vous tiendrons informés. Aucune information ne nous est parvenue depuis ».

Dans le même contexte, Feilaq al-Sham a annoncé la mort de dizaines d’éléments dans les raids russes qui ont ciblé son siège à Tal-Mardikh à Idlib samedi dernier. Idris Raad, l’un de leurs chefs a confié à Geroun: « Le bombardement russe n’est pas surprenant, la politique de la Russie, depuis son intervention en Syrie, est basée sur le crime et l’assassinat « .

Il a souligné que la participation des factions de l’opposition à Astana, « ne signifie, en aucune façon, considérer la Russie comme un pays ami ou neutre ; c’est un pays impliqué dans le sang syrien depuis trois ans, et c’est un partenaire du régime Assad dans ses crimes contre le peuple syrien. »

Le sort de la province d’Idlib reste inconnu, car l’escalade russe ne pourrait être freinée que par une action militaire turque, attendue à Idlib, ce que semble confirmer le rassemblement continu de forces turques à la frontière.

Lire aussi:

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (2/3)

Après Alep-Est: Idlib; Quand donc cessera-t-on de croire aux mensonges des Russes (3/3)

Alep ne se rendra pas!

Chronique de la Syrie

L’intensification barbare des bombardements à Alep, menés par les forces du régime et par l’aviation russe, est sans précédent. En cinq jours seulement (du 15 au 20 novembre), Assad et ses alliés russes ont ciblé:

8 hôpitaux, 3 centres des casques blancs, 6 écoles, deux boulangeries, 3 centres de services, 3 associations d’aide humanitaire, ainsi que 500 immeubles résidentiels. En cinq jours plus de 300 civils sont morts, plus de 1’000 personnes ont été blessées. En cinq jours, les habitants d’Alep ont subi, entre autres, 1’180 raides aériens, 70 missiles sol-sol, 8 barils chargés de gaz mortel. Les gens à Alep assiégée attendent leur tour pour mourir et ceux qui échapperont à la mort sous les bombes attendront de mourir affamés ou bien de manque de soins médicaux.

 

Leningrade 1941

 Leningrad 1941 (Photo: http://peterswalk.com/wwii.html)

Le 20 novembre le conseil local d’Alep libre et assiégée a lancé un appel à la communauté internationale, à l’ONU et aux organisations pour les droits humains pour demander:

  • l’arrêt immédiat des bombardements sur Alep et la protection des civils,
  • la création des corridors humanitaires sous la direction de l’ONU pour acheminer des médicaments, de la nourriture et des combustibles,
  • l’organisation immédiate du lancement de l’aide humanitaire depuis le ciel en attendant l’instauration des corridors humanitaires,
  • des sanctions contre le régime syrien pour avoir bombardé les convois humanitaires à Alep assiégée et pour avoir empêché tout acheminement d’aide humanitaire.

Mais l’intensification des bombardements aériens ne se limite pas à Alep, elle touche également Idleb, les faubourgs de Homs et al-Ghouta de Damas.

Honte à la dite communauté internationale toute entière de regarder ces crimes et ce génocide en Syrie dans un silence assourdissant! « Never again »? Ce n’est que de l’hypocrisie et l’ONU devrait fermer boutique pour avoir failli à ses responsabilités en Syrie!

 FSD