Archives de Catégorie: Femmes de la Révolution

Le Régime Assad C’est ça: 7

« Les tortionnaires tapaient la tête d’un détenu contre le sol comme si c’était une balle qu’ils faisaient rebondir par terre. Soudainement on a entendu un râle suivi d’un silence et ensuite les voix des geôliers qui disaient: c’est fini, c’est fini, l’animal est mort. » dit Lola

Une fenêtre sur la souffrance des femmes syriennes dans les prisons d’Assad

Film documentaire du site Zaman Alwasl, .

Traduit de l’arabe par FSD. 2e partie de la traduction des témoignages du film.

Les arrestations arbitraires:

Début 2011, lorsque les Syrien.ne.s sont sorti.e.s dans les rues pour manifester pacifiquement et réclamer des réformes démocratiques, les autorités ont répliqué par la force et par une répression constamment croissante, avec des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et la torture. Selon le Réseau Euro-Méditerranéen pour les Droits de l’Homme (REMDH) des milliers de femmes ont alors été arrêtées et beaucoup parmi elles se trouvent aujourd’hui encore en détention.

Selon le REMDH, le niveau de ciblage des femmes en Syrie a atteint l’un des pires niveaux dans le monde.

(Voir la suite de l’introduction et la 1ère partie du témoignage…..)

Selon le REMDH, le niveau de ciblage des femmes en Syrie a atteint l’un des pires niveaux dans le monde.

Témoignages, 2e partie

Témoignage de l’ancienne détenue Aïcha

Aïcha, enseignante. Elle s’est fait arrêter dans sa maison, à Alep. La raison de l’arrestation était son activisme sur Facebook et son soutien aux manifestations. Sa détention a duré 12 mois. Elle a été détenue par les Moukhabarat de la sécurité militaire à Alep, ensuite elle a été transférée à la branche des Moukhabarat nommée « Palestine » à Damas avant d’arriver à la prison centrale de Aadra.

Cause de sa détention: Active sur Facebook en soutien aux manifestations. Durée: 12 mois de détention

L’injustice:

« Ils n’ont aucune pitié. Les cellules de la prison étaient pleines. Certain.e.s  détenu.e.s n’avaient jamais eu la moindre activité politique… personne n’était épargné de la détention. Il y avait même de vieilles femmes, certaines avaient même perdu la raison et n’avaient déjà plus de mémoire, mais il y avait aussi des hommes d’ âge avancé. La torture sans merci n’épargnait personne. On entendait la voix d’ hommes de tous âge, soumis à la torture, qui perdaient parfois conscience, alors un médecin arrivait pour leur administrer une injection pour les ramener au monde des vivants pour qu’ils puissent encore être torturés. »

« Et la misère a commencé… on peut dire que c’était le début de la mort que l’on continue à vivre aujourd’hui. On m’accusait d’être activiste sur facebook et c’était la raison de la torture que j’ai subi. Avec la torture ont commencé les questions, l’humiliation et l’injustice. Cette injustice qui n’a pas de pareil sur cette terre et je pense qu’elle a même dépassé celle vécue sous le règne d’Hitler. J’ai passé 19 jours de détention dans la prison des Moukhabarat de la sécurité militaire à Alep. Nous y avons vu toutes les sortes d’injustice et ce que nous n’avons pas vu de nos yeux nous l’avons entendu avec nos oreilles. Toutes les nuits ils sortaient les corps des détenus décédés emballés dans des couvertures noires

« Les opérations de torture se font en continu jour et nuit. Nous, on pouvait voir tous les jours les détenus suspendus par leurs poignets tout le long du couloir de la prison des Moukhabarat de la sécurité militaire à Alep. »

A la prison de la branche des Moukhabarat “ Palestine”:

« Un matin vers 05:00, nous avons été transférés en bus, les yeux bandés et les bras menottés, de la prison des Moukhabarat de la sécurité militaire à Alep, vers une destination inconnue de nous. On était trois femmes et environ 60 hommes. Pendant tout le trajet on recevait des coups de toute part et les crachats des gardiens qui fumaient et éteignaient leurs cigarettes sur nos corps. J’ai fini par me laisser tomber au sol du bus tellement j’étais épuisée. Durant le voyage, le bus s’est arrêté à Hama et on a appris qu’on allait y passer un jour à la prison des Moukhabarat de la sécurité militaire de Hama. L’endroit était horrible, c’est dans des toilettes que nous, les 3 femmes, avons dû rester. » 

«27 jours plus tard on a repris la route vers l’inconnu. C’est une sensation pénible de ne pas savoir vers quelle destination on est emmené, vers quel abattoir ou vers quelle exécution, on ne le savait pas. Il n’y a pas de mots pour décrire le sentiment qu’on a. On a été transféré cette fois dans une voiture sécurisée. En arrivant, on a su qu’on a été emmenés vers la prison de la branche « Palestine » à Damas. Là on a commencé une nouvelle vie et une nouvelle période de torture malgré le fait que, vu les rapports politiques nous concernant, on était soumises à moins de pression que d’autres femmes. En arrivant, on a vu des cadavres en décomposition et les odeurs qu’ils dégageaient. L’odeur du sang était omniprésente jour et nuit et on entendait continuellement les voix des officiers en cours d’interrogatoires. A chaque fois qu’un détenu torturé criait et appelait Dieu à l’aide, on redoublait la torture. On entendait dire que cette branche était appelée la branche oubliée parce que certains détenus étaient délaissés jusqu’à ce que la mort les emporte. Cette idée en soi nous horrifiait. Nous avons été tellement tabassées, torturées psychologiquement et physiquement, même la douche était utilisée pour nous torturer. Trois d’entre nous ont été tellement tabassées et torturées qu’elles ont perdu la mémoire. L’une d’entre elles l’a récupérée 15 jours plus tard mais pour les deux autres ça a duré plus longtemps.»

« Le cas le plus difficile que j’ai vu c’était une jeune femme de 18 ans qui était avec nous. Cette femme était enceinte lorsqu’elle s’est fait arrêter, mais elle ne le savait pas encore. C’était une personne simple d’esprit qui ne réfléchit pas beaucoup. Un matin où nous allions à la salle de bain, elle a vu qu’il y avait une fenêtre en haut du mûr. Elle a essayé de grimper juste pour voir le ciel dont elle rêvait après une longue période de détention sans voir ni le ciel, ni la lumière et sans air frais non plus. En essayant de grimper, elle est tombée et cela lui a provoqué des saignements vaginaux. Dans de tel cas, normalement, on appelle un médecin ou bien on la transfère à l’hôpital mais à la branche « Palestine » tout ça n’existe pas. Elle a fait une fausse couche sans aucune aide, sauf celle des autres détenues qui ont tenté de l’entourer. Elle semblait en état d’agonie suite à la souffrance extrême qu’elle endurait. Elle a passé toute la journée dans cet état et lorsqu’un geôlier passait, il lui crachait dessus et lui souhaitait la mort. On le suppliait d’appeler un médecin pour elle, mais sans résultat. Finalement elle s’en est sortie malgré le fait que le foetus était déjà dans son 3e mois. Ce qui s’est passé ce jpur là nous a peinées encore davantage, surtout le fait de voir l’absence de toute volonté d’apporter une aide médicale chez les geôliers et leur mépris de la vie des détenues.

La situation la plus dure que j’ai vécue moi-même, c’était lorsque je suis entrée dans un état très proche d’une perte de conscience. Je ne pouvais plus résister à l’épuisement physique, ni aux cris de la torture, à l’odeur du sang, ou même au fait de marcher sur le sang des détenus qui était partout sur le sol. Alors j’ai perdu tout désir de rester en vie. Lorsque finalement j’ai perdu complètement conscience, les autres femmes ont appelé le geôlier qui m’a sortie dans le couloir en me menaçant de coups pour me réveiller. J’ai été abandonnée dans le couloir et j’étais glacée car on était en février. Finalement, il y a eu une personne, soi-disant un infirmier, qui a tenté de me prendre la pression mais sans succès, car elle était très basse. Cet homme est resté à côté de moi en essayant de me parler jusqu’à ce que je puisse ouvrir les yeux. J’ai passé les trois mois là-bas sans avoir la force de faire quoique ce soit… j’étais comme inconsciente. D’ailleurs, toutes les détenues là-bas sont amenées à prendre des positions physiquement très difficiles pour les articulations, en particulier les genoux, au point que nous nous demandions si nous serions encore capable de marcher une fois libérées. Nous avions de sérieux doutes à ce sujet ».

La prison centrale de Aadra

« Finalement l’officier responsable de mon interrogatoire a signé la décision de me laisser sortir à cause de mon état de santé. J’ai cru que j’allais enfin rentrer à la maison. J’ai été surprise de constater mon transfert, avec d’autres femmes, au tribunal des affaires de terrorisme. Ensuite nous avons été attribuées à la prison de Aadra, en dépôt, en attendant la suite. »

Le coût de la liberté

« Actuellement, nous sommes en Turquie et nous avons beaucoup de peine et de difficultés psychologiques. On ne peut pas oublier que les autres détenu.e.s sont toujours dans les cellules dans les sous-sols des Moukhabarat et font face à la torture. La seule chose qu’on peut faire c’est de prier pour leur liberté. »

« Nous nous sommes rangées du côté de ce qui est juste, mais nous n’avons eu personne pour nous soutenir »

« Nous continuons à attendre la libération des autres détenu.e.s qui se trouvent dans les prisons et dans les geôles des Moukhabarat où l’oppression et l’injustice n’a pas de fin. Aucune détenue ne pourra dormir tranquille avant la libération du dernier détenu des geôles du régime Assad. On prie pour qu’ils soient libérés enfin comme nous l’avons été, mais aussi qu’il trouvent une l’aide adéquate à leur sortie. Nous avons tout perdu, mais nous n’avons pas perdu notre bataille pour la vérité et pour ce qui est juste et nous y sommes attachées pour l’avenir de notre pays. Nous continuons à espérer de trouver du soutien pour y arriver finalement. »

Lola al-Agha, mariée et mère de quatre enfants. Elle s’est faite arrêter deux fois, la première elle a été accusée de prendre part aux manifestations et la deuxième suite à l’arrestation de son mari. Elle a passé trois ans en détention. Lors de sa détention elle a été d’abord arrêtée par les Moukhabarat de l’armée de l’air à Alep, ensuite par les Moukhabarat de la sécurité militaire, elle a ensuite été transférée à la branche des Moukhabarat nommée « Palestine » à Damas avant d’arriver à la prison centrale de Aadra.

Lola, mariée et mère de 4 enfants.

L’injustice:

« J’ai demandé à mes voisins s’ils avaient vu mon mari, ils m’ont dit que les Moukhabarat politiques sont venu le prendre le lendemain. Mon mari n’est pas un opposant ni quelqu’un qui dit ce qu’il pense. Il s’occupait juste de ses propres affaires » 

« Le jour de mon arrestation il y avait beaucoup de jeunes hommes arrêtés là-bas et à chaque fois qu’on était amenée à sortir de la cellule on sentait l’odeur forte du sang, ce qui me provoquait à chaque fois une nausée. Avec cette odeur il y avait le sang répandu un peu partour sur les murs des couloirs et sur le sol. On nous donnait des couvertures pleine de vers des cadavres en décomposition et on était obligé.e.s de se couvrir avec. La souffrance psychologique dépassait de loin celle du corps. Tous les jours on attendait son tour pour mourir. On se réveillait avec les cris des hommes torturés lors des interrogatoires. Un jour nous nous sommes réveillées avec les bruits de la torture d’un homme. Les tortionnaires tapaient sa tête contre le sol comme si c’était une balle qu’ils faisaient rebondir par terre. Soudainement on a entendu un râle suivi d’un silence et ensuite les voix des geôliers qui disaient: c’est fini, c’est fini, l’animal est mort. ».

La prison de la branche des Moukhabarat nommée Palestine:

« On a été transférées à la prison des Moukhabarat « Palestine » à Damas. Celui qui y entre peut être considéré comme disparu et pour celui qui en sort c’est comme s’il venait de renaître. En y arrivant je me suis retrouvée dans une pièce ou il y avait 31 femmes »

« J’y suis restée trois mois sans que quiconque ne me demande qui j’étais, ceci me pesait beaucoup.  D’autres femmes sont restées six mois sans que personne ne s’adresse à elles. On se sentait comme oubliées. On pensait qu’on allait y rester à vie. La branche Palestine est synonyme de mort, celui qui en sort, il renaît. »

La prison de Aadra:

« Trois mois plus tard j’ai quitté le siège des Moukhabarat « Palestine » et j’ai été transférée à la prison de Aadra. En arrivant j’ai retrouvé les femmes qui avaient été détenues avec moi dans la branche de « Palestine » et qui en étaient sorties deux mois plus tôt. Nous pensions qu’elles avaient été libérées et qu’elles  étaient rentrées chez elles et j’ai été très surprise de les voir encore en prison à Aadra. Elles étaient toujours en attente d’être appelées devant le juge. Là j’ai pensé que la prison allait être notre vie pour toujours et que notre libération faisait partie de l’impossible et que nous allions être transférées perpétuellement d’un lieu de détention à un autre. »

« 17 jours plus tard j’ai été appelée à comparaître devant le juge. C’était une femme nommée Khouloud , connue pour ses jugements et  l’impossibilité d’être reconnu.e « innocent.e » et d’être « libéré.e » , pour tous les opposant.e.s au régime. Elle a décidé de m’arrêter et j’ai alors passé un an dans la prison de Aadra. Ensuite, il y a eu un changement de juge qui a ordonné ma libération sous caution. Cette caution a été payé et je me préparais à sortir lorsque l’officier de la prison m’a informée que j’étais demandée par la branche des Moukhabarat de la sécurité politique. »

« Le lendemain j’ai été envoyée à la branche de la sécurité politique, l’accueil y fût une pure humiliation et plein d’insultes. » 

Mariam, femme d’intérieur, mariée et mère de deux enfants. Elle s’est faite arrêter lorsqu’elle quittait sa maison suite à la mort de son mari, ciblé par un sniper en essayant d’acheter du pain. La seule cause de son arrestation est qu’elle est une habitante de Daraya. Elle est restée en détention 18 mois. Pendant sa détention elle est passée par les Moukhabarat de l’armée de l’air à l’aéroport militaire de Mazzeh à Damas, par la branche des Moukhabarat des Missions, la branche des Moukhabarat de région avant d’arriver à la prison centrale de Aadra.

Elle s’est faite arrêter en quittant sa maison suite à la mort de son mari par une balle d’un tireur d’élite du régime alors qu’il essayait d’acheter du pain pour sa famille.

L’injustice:

« Là-bas il y avait un homme près de moi, la cinquantaine. Il était assis sur un tronc d’arbre, les bras attachés derrière lui, un sac en plastique noir couvrait sa tête et ses jambes étaient plongées dans une bac rouge plein d’eau. Un homme se tenait à côté de lui avec un câble électrique à la main. De temps en temps, ce dernier plongeait le bout du câble dans l’eau , et là on entendait les hurlements du prisonnier. J’ai assisté à ce spectacle pendant 4 minutes avant que les geôliers ne demandent à leur chef, dans un bureau adjacent, s’il fallait me faire entrer moi d’abord ou bien cet homme torturé. Il leur a répondu: « Amenez-moi d’abord cet homme pour que j’en finisse ». Ils ont trainé le détenu vers le bureau et je pouvais entendre même leurs respirations avant d’entendre les coups qui s’abattaient sur lui. Ces coups étaient tellement forts qu’on pouvait difficilement croire que c’est un humain qui les recevait et non pas un mur. L’homme hurlait de douleur et j’entendais le chef lui demander de reconnaître ce qu’il a fait et lui jurant n’avoir rien fait et n’avoir aucune information à donner. Le chef ordonnat à l’un de ses hommes d’aller chercher le bâton pointu en disant: « Je vais l’empaler pour le forcer à reconnaître les choses! ». Depuis cet instant j’étais à l’écoute du moindre bruit pour savoir si ce que j’entendais était vraiment réel et je priais Dieu, le coeur serré, car j’avais trop peur pour cet homme. Je les ai entendu les apporter le pieu qu’ils ont emmené dans le bureau et ensuite j’ai entendu un cri perçant qui ne ressemblait en rien à un cri humain, un cri indescriptible suivi d’un silence. Le chef a ordonné que cet homme soit ramené dans sa cellule. Ils l’ont trainé comme si c’était un sac poubelle et ils sont passés devant moi… je les ai vu traîner cet homme ensanglanté. »

« Trois hommes se sont mis à me battre avec des tuyaux en plastique dur de couleur verte. Je leur ai demandé la raison de ces coups et ils m’ont répondu « Tu viens de Daraya et tu demandes pourquoi? ». J’ai dit que je n’était pas la seule femme de Daraya à devoir porter les soucis de cette ville. Le responsable de l’interrogatoire a demandé à l’un de ses hommes d’aller chercher un chalumeau en disant: « Ces gens ont la grosse tête et il faut les écraser pour qu’ils comprennent». Lorsque j’ai entendu le bruit fait par la bonbonne de gaz en entrant dans la pièce je leur ai dit que je voulais bien tout reconnaître. Cependant je ne savais vraiment pas ce que j’allais leur dire, je voulais juste éviter d’être brûlée. On m’a demandé des informations concernant mon mari, ils voulaient savoir avec quel groupe il était. Je leur ai dit qu’il n’avait rien à faire avec les groupes armés et que c’était ça la stricte réalité, qu’il était allé ce jour là nous chercher du pain. Je me suis mise à jurer au nom de Dieu. Il m’a dit qu’il fallait laisser Dieu de côté sinon il irait le descendre sur terre. Finalement il a demandé à ses hommes de me suspendre par les poignets. Pour moi être suspendue était moins terrifiant que la brûlure. Deux hommes m’ont trainée vers une pièce, m’ont approchée près du mûr et ils m’ont tordue les bras derrière mon dos avec beaucoup de force en essayant de joindre mes deux mains, mais ils n’ont pas pu. L’un d’eux a dit au responsable: «Monsieur, ses bras sont courts, on n’arrive pas à les joindre ». Le responsable leur a alors ordonné de me les casser si nécessaire. Ils se sont mis à deux à tordre mes bras et ils ont attaché mes poignets derrière mon dos avec une attache en plastique. J’avais un bandeau sur les yeux, je ne pouvais rien voir mais j’entendais le bruit du dispositif qui tournait pour me soulever par mes poignets. Ce faisant j’ai basculé, la tête en bas et mon corps en-dessus. J’ai senti mes bras s’arracher de mon corps. Là j’ai commencé à pleurer et à hurler de douleur en les suppliant de me relâcher. Le responsable de l’interrogatoire a ordonné à ses hommes de me laisser comme ça. ».

………

Postface de l’éditeur:

– Les arrestations ne datent pas de 2011 et la détention n’était pas juste un moyen pour faire face aux protestations. La détention est l’une des pratiques principales qui constituent la nature du régime Assad. Tout le monde sait qu’il y a 13 branches de Moukhabarat en Syrie et chaque branche a sa ou ses prisons. Certaines de ces prisons sont connues et d’autres sont secrètes, certaines sont connues sous un numéro et d’autres par un nom, mais elles sont toutes très actives depuis le début des années du pouvoir de la famille Assad.

– La prison de Aadra est censée être une prison civile mais elle ne diffère pas beaucoup des prisons des branches des Moukhabarat. Toutes ces prisons sont des lieux de détention qui ne sont soumis à aucun pouvoir judiciaire réel et ne respectent aucune loi ou règlement.

– L’arrivée à la prison de Aadra pour les cas de droit commun pourrait être un pas vers la lumière mais il n’est pas toujours certain qu’il mènerait à la liberté. Ceux qui ont acheminé une détenue vers Aadra sont capables de la faire disparaître à nouveau.

– La plupart des prisons des Moukhabarat se trouvent dans les sous-sol, elles sont dépourvues de fenêtres, leurs mûrs sont épais, l’air y est très humide, le sol est imprégné de sang et de larmes et sa poussière n’est rien d’autre que des âmes des détenu.e.s mort.e.s en silence.

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Naissance d’un Mouvement Politique Féminin Syrien de l’opposition

Depuis le 15 mars 2011, les femmes ont participé activement à la révolution syrienne à tous les niveaux et dans tous les domaines. Toutefois elles n’ont pas réussi à s’imposer au sein de l’opposition à la hauteur de cette participation, ceci malgré leur implication politique depuis 2011.
Pour forcer le passage et prendre une part active dans l’opposition aujourd’hui, mais également dans la période transitoire et dans l’avenir de la Syrie, une trentaine de femmes, activistes et politiciennes syriennes, opposantes au régime dictatorial Assad ont lancé le premier mouvement politique féminin syrien qui a conclu son assemblée constitutive à Paris le 24 octobre 2017. Un pas porteur d’espoir pour les femmes mais également pour la future Syrie, car le respect des droits des femmes est nécessaire pour une Syrie démocratique basée sur la citoyenneté. Bien entendu ce mouvement construit sa vision de l’avenir de la Syrie en se basant sur le respect des droits des femmes et en oeuvrant pour garantir leur participation sur la scène politique.

FSD publie ci-après une traduction des conclusions de l’assemblée constitutive du Mouvement Politique Féminin Syrien.

 

La Vision:

L’établissement d’un Etat démocratique pluraliste basé sur le principe de la citoyenneté égalitaire, sans aucune discrimination basée sur le genre, la race, la religion, la communauté, la région ou sur n’importe quelle autre appartenance. Un Etat de droit qui offre l’égalité entre les hommes et les femmes par une constitution garantissant les droits des femmes, pour l’élimination de la discrimination des femmes dans tous les domaines, politique, légal, économique, social et culturel, en conformité avec toutes les conventions et les traités internationaux des droits humains et en particulier la convention CEDAW.

Qui sommes-nous?

Nous sommes des femmes politiques et activistes syriennes qui s’opposent à la tyrannie et réclament la liberté, la justice et la dignité pour tous les citoyens en Syrie. Nous sommes des syriennes qui défendent les droits des femmes dans notre pays. Nous appartenons à différents milieux intellectuels et politiques et à tous les segments de la société syrienne. Nous sommes un mouvement inclusif des femmes syriennes, avec leurs diverses compétences et expériences, qui articule les revendications des Syrien.ne.s croyant aux mêmes principes pour le respect des droits des femmes, pour l’égalité et pour l’importance de l’engagement des femmes et leur participation active dans tous les aspects de la vie et dans toute structure décisionnelle pour la future Syrie.

Principes:

  1. L’engagement à une transformation radicale de la structure de l’Etat, d’un régime autoritaire à un Etat démocratique pluraliste.
  2. L’engagement à une solution politique et pacifique pour la Syrie.
  3. La représentation des femmes avec au moins 30% des sièges dans tous les centres de décisions.
  4. Les négociations doivent respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme; elles doivent se référer à la Déclaration de Genève de 2012, aux résolutions 2118 (2013), 2254 (2015) du Conseil de sécurité et à toutes les résolutions relatives à la Syrie, ainsi qu’à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies ( 2000).
  5. Le jugement des responsables de crimes et la justice transitionnelle font partie intégrante de la transition politique. Tous ceux qui ont une responsabilité dans le bain de sang du peuple syrien doivent être traduits en justice afin que la Syrie puisse parvenir à une paix globale, juste et durable.
  6. L’articulation des priorités et des revendications du peuple syrien en donnant la priorité aux dossiers humanitaires et politiques suivants:
    – La protection des civils contre tous les actes de violence;
    – La libération des détenu.e.s et la divulgation du sort des disparu.e.s;
    – La levée de tous les sièges et la garantie d’un accès humanitaire continu et sans entrave à toutes les zones dans le besoin;
    – Le retour volontaire et digne des personnes déplacées et des réfugiés dans leurs régions.
  7. Le MPFS est conscient de l’importance de la question kurde en Syrie et il reconnaît qu’aucune solution globale ne peut être trouvée sans un arrangement garantissant les droits de tous.
  8. La période de transition sera régie par des principes constitutionnels respectant les droits des femmes, qui serviront de base pour l’établissement de la constitution permanente garantissant l’intégrité territoriale de la Syrie en tant que terre et peuple, sa souveraineté, son indépendance, l’Etat de droit, la passation régulière du pouvoir, la séparation des pouvoirs, les droits humains et l’égalité de tous les citoyens.
  9. L’assurance de la protection de la diversité dans la société et l’élimination de la discrimination sous toutes ses formes.
  10. Rien de tout cela ne peut être accompli tant qu’Assad et les symboles de son régime restent au pouvoir.

PLAN DE TRAVAIL

Le Mouvement Politique Féminin Syrien est un mouvement à long terme qui sera mis en oeuvre en trois phases:

PHASE 1: CONTEXTE ACTUEL

  1. Établir une présence réelle sur le terrain en Syrie, dans les pays de refuge voisins et dans la diaspora.
  2. Élaborer une stratégie pour renforcer et approfondir les liens du MPFS avec les femmes syriennes à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie, les organisations féminines syriennes, les organisations syriennes des droits de l’homme et les conseils locaux, afin d’intégrer leurs revendications dans les processus politiques et mettre en lumière leurs activités auprès de la communauté internationale.
  3. Des réunions régulières du MPFS (tous les trois ou quatre mois) visant à accroître le nombre de ses membres comprenant, en particulier, des jeunes femmes politiquement indépendantes, des membres de la société civile syrienne et des représentantes d’organisations féminines.
  4. Sensibiliser en particulier les personnes déplacées et les communautés de réfugiés à l’importance de la participation politique des femmes à tous les niveaux.
  5. Campagnes médiatiques et plaidoyer pour obtenir le soutien des Syrien.ne.s et de la communauté internationale.
  6. Fixer un quota minimal de 30% pour la représentation des femmes dans toutes les délégations et les négociations relatives à l’avenir de la Syrie.
  7. Fournir une perspective sensible au genre sur tous les dossiers importants pour la Syrie, y compris: la constitution, le gouvernement transitoire, la justice transitionnelle, les détenu.e.s / les disparu.e.s forcé.e.s, le retour volontaire et digne des réfugié.e.s, le rétablissement précoce et la reconstruction, l’éducation, les médias et la santé.

PHASE 2: TRANSITION

  1. Atteindre 30% de représentation des femmes dans le gouvernement transitoire, les institutions et les entités de prise de décisions.
  2. Appliquer la vision du MPFS à toutes les décisions relatives aux dossiers de la phase transitoire et à leur réalisation sur le terrain.
  3. Participer à l’organe constitutif qui rédigera la constitution permanente pour la future Syrie.
  4. Participer à la mise en œuvre de mécanismes de justice transitionnelle sensibles au genre.
  5. Travailler continuellement avec toutes les catégories de la société syrienne et s’engager avec eux afin de soutenir une constitution qui garantit les droits des femmes.

PHASE 3: FUTURE SYRIE

  1. Cette phase débute avec un référendum sur la constitution permanente du pays, le MPFS oeuvrera pour sa sensibilité au genre.
  2. Participer aux comités chargés d’harmoniser les lois avec la constitution.
  3. Assurer 30% de représentation des femmes à tous les postes de prise de décisions, dans le but d’atteindre la pleine égalité.
  4. Développer des stratégies systématiques pour transformer la culture dominante qui tolère la discrimination sociale, promouvoir la paix civile, répandre une culture de non-violence, et lutter contre le terrorisme.
  5. Inclure dans tous les plans et les stratégies nationaux des mécanismes garantissant la participation effective des femmes dans tous les aspects de la vie, y compris des actions positives conçues pour renforcer cette participation.

La révolution de la dignité, pour atteindre la liberté, la justice et l’égalité, continue!

 

Hommage à Fadwa Suleimane, révolutionnaire syrienne d’un courage exceptionnel

Hommage à Fadwa Suleimane à Genève le 30.08.2017,.Un passage de son poème Dans l’obscurité éblouissante a été lu à cette occasion sur la place des Nations devant l’ONU.

 

Fadwa Suleimane, héroïne de la révolution syrienne pacifique, femme d’un courage hors pair, qui s’est toujours dite appartenir à l’Humanité et au pacifisme seuls, s’est éteinte le 17 août 2017, alors qu’elle luttait contre sa maladie depuis plusieurs mois.

Fadwa avait organisé des manifestations à Damas même dès le début de la révolution, puis elle a rejoint les manifestations à Homs assiégée pour démanteler par sa simple présence le Mythe du régime Assad qui visait à donner un visage fondamentaliste aux manifestants de Homs. Fadwa, femme alaouite, a été accueillie à bras ouverts à Homs où elle a animé de nombreuses manifestations avec al-Sarout. Suite à ces actions, sa vie étant en danger en Syrie, elle s’est exilée en France en 2012, mais elle a toujours porté en elle la souffrance de tout un peuple meurtri. Elle a poursuivi ses actions de militante  jusqu’au bout, sa dernière  interview date du 31 juillet 2017, deux semaines avant sa disparition.

Les funérailles de Fadwa ont eu lieu dans la région parisienne le 23 août et son corps a été enterré loin de sa patrie la Syrie (vidéo de ses funérailles en arabe et en français ici ).

Fadwa Suleimane restera pour toujours dans la mémoire du peuple syrien et de sa révolution.

 

 

Conférence: Deux femmes réfugiées témoignent

A l’occasion de la journée internationale de la femme et du 5e anniversaire de la révolution syrienne, FSD collabore avec Amnesty International, Section suisse, pour l’organisation d’une conférence qui aura lieu dans plusieurs villes suisses entre le 7 et le 12 mars 2016.

A Lausanne,

le 7 mars à 17h15, Université de Lausanne, Amphimax, salle 415

A Genève,

le 11 mars à 18h30, Université de Genève, Uni Mail, salle MS150

A Berne,

un rassemblement  le 12 mars de 16h00 à la place Münsterplatz

Il y aura également des conférences à Bâle, à Zürich et à Berne

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Avec Raneem Ma'touq et Amal Nasr

Avec Raneem Ma’touq et Amal Nasr

Plus de 250’000 mort·e·s, des milliers de personnes torturées, plus de quatre millions de réfugié·e·s contraint·e·s de prendre la fuite et 6,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Le conflit syrien a créé la plus grande crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

A l’occasion de la Journée internationale de la femme et cinq ans après le début du conflit en Syrie, Amnesty International donne la parole à deux femmes syriennes qui ont dû fuir les atrocités de la guerre. Raneem Ma’touq et Amal Nasr reviendront sur les causes de l’exil de millions de Syrien·ne·s et raconteront leurs combats pour les droits humains, notamment pour les droits des femmes.

Raneem Ma’touq est une jeune étudiante ayant participé aux manifestations pacifiques en 2011. Elle a été emprisonnée pendant plusieurs mois en raison de son engagement militant et a perdu toute trace de son père, célèbre avocat des droits humains kidnappé en 2013. Elle a trouvé refuge en Allemagne.

Amal Nasr est une militante féministe depuis les années 1990. Elle s’engageait pour les droits des femmes en Syrie avec différentes organisations avant d’être, elle aussi, incarcérée. Elle vit désormais en Suisse depuis un peu plus d’un an, d’où elle continue son engagement pour les droits des femmes syriennes.

ENTRÉE GRATUITE. TRADUCTION ARABE-FRANÇAIS ASSURÉE.

Evénement organisé avec le soutien de l’UNIL, FemmeS pour la Democratie, Terre des femmes, CODAP, Vivre Ensemble, ELISA et Solidarité sans frontières.

Soumission ou Famine!

Chronique de la Syrie

La famine est l’une des armes choisies par la dictature syrienne pour opprimer la population dans les régions assiégées. Affamer les civils est une méthode de torture qui conduit à la mort de nombreux  enfants, vieillards, femmes et hommes en Syrie… C’est une arme qui laisse indifférente la communauté internationale alors même qu’elle constitue un crime flagrant contre l’humanité. L’ONU négocie avec la dictature pour acheminer de la nourriture;  les faits sont donc là, à la vue de tous… Le slogan qui résume cette politique de famine a même été affiché par le régime Assad sur les murs qui entourent les régions assiégées: Soumission ou famine !

FSD publie ici une déclaration d’un groupe de femmes syriennes qui font une grève de la faim qui doit durer sept jours, en solidarité avec les régions assiégées. 

Genève, ONU, 25.04.2014

‪#‎Break_Hunger_Siege‬
‪#‎Madaya‬

We, a group of independent Syrian women, announce a hunger strike in solidarity with those besieged in Madaya. For 200 days, the Assad regime and its ally Hezbollah have prevented food, medicine and basic needs from entering Madaya in contravention of international agreements and laws as well as all UN Security Council resolutions related to the situation in Syria. Most recently, the Security Council passed resolution 2254 calling in paragraph 12 “on the parties to immediately allow humanitarian agencies rapid, safe and unhindered access throughout Syria by most direct routes, allow immediate, humanitarian assistance to reach all people in need, in particular in all besieged and hard-to-reach areas . . .”
Currently, more than 600,000 civilians languish in areas under siege in Syria, 40,000 of whom are in Madaya and face certain death by starvation with each passing day. Human rights groups have documented dozens of deaths as a result of starvation and thousands of cases of malnourishment in Madaya. Indeed, the Assad regime has persisted in its policy of “Submit or Starve” since 2012 starting first in Moudamiya, then Ghouta, Yarmouk Camp, Deir Ezzor city and most recently in Madaya. As a result of this policy, hundreds have starved to death in Syria in the past three years without any international human rights body or organization taking an initiative to stop or criminalize the regime’s starvation tactics.
Despite the regime’s ongoing “Submit or Starve” policy, the UN and international community has failed to take action to prevent the starvation of civilians in Syria. Rather, they have appeased the regime by merely negotiating limited ceasefires that bring in minimal aid or force civilians to forever leave their homes and towns in order to receive aid and medical treatment. This policy of appeasement is an absolute disgrace and a shameful defeat to the values that confront evil and barbarism. Never should the infringement of human rights be used as a political bargaining chip. It is obligatory on the international community to force the Assad regime to abide by international agreements that prohibit starvation as a weapon of war.
This statement is a general call to all humans of conscience to participate in a week-long hunger strike starting Saturday, 9 January 2016 in solidarity with the people of Madaya and all those besieged in Syria. Our hunger strike is a demand on the international community and the United Nations to carry out their responsibilities and pressure the Assad regime and its allies to immediately lift the crippling sieges in Syria and comply with the UN Security Council resolutions. In the interim, we demand the immediate deliverance of humanitarian assistance to those under siege and the removal of all landmines planted around Madaya and other besieged areas to allow for the safe passage of civilians. Last, we demand that the Assad regime and its allies be held to criminal account for committing these heinous war crimes and crimes against humanity against the Syrian people.
#Break_Hunger_Siege
#Madaya

https://www.facebook.com/events/442731272583385/permalink/442756512580861/

Pour la Femme Syrienne, appel à la solidarité

A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés le 20 juin, plusieurs organisations ont lancé un appel à la solidarité avec les femmes syriennes réfugiées, déplacées et victimes de la répression. Ces femmes portent aujourd’hui le plus lourd fardeau dans cette guerre en Syrie, elles restent pourtant l’espoir d’un avenir meilleur en Syrie, mais leur voix ne se fait pas entendre.

Quelques chiffres et remarques les concernant :

  • Aujourd’hui plus de 2 millions de femmes et de jeunes filles sont des réfugiées dans le monde,
  • Plus de 150’000 femmes réfugiées sont cheffes de famille et luttent pour leur survie.
  • 4 millions sont des déplacées internes en Syrie.
  • 19’000 femmes syriennes ont trouvé la mort, en moyenne 13 femmes sont tuées chaque jour depuis 4 ans!
  • Les raids aériens avec bombardements de barils d’explosifs menés par le régime syrien constituent la première cause de mortalité et la plus grande menace pour la vie et le mouvement des femmes aujourd’hui en Syrie.
  • Plus de 6’500 femmes syriennes sont détenues dans les prisons du régime syrien et subissent de multiples formes de viols et de violences sexuelles…
  • Dans les territoires sous contrôle de Daech les femmes sont privées de leur liberté, les jeunes filles sont forcées de se marier…

Pour_La_femme_Syrienne

Nous réclamons:

  • L’application immédiate de la résolution N° 2139 du 22 Février 2014 du Conseil de Sécurité, voté à l’unanimité, qui interdit formellement l’utilisation de barils explosifs.
  • Une forte pression internationale sur le régime syrien afin de libérer immédiatement toutes les femmes syriennes détenues mais également tous les enfants détenus.
  • Un soutien mondial aux organisations de la société civile qui aident les femmes dans des zones contrôlées par des extrémistes religieux.
  • L’augmentation de la présence des femmes syriennes au sein des partis politiques de l’opposition d’une façon efficace afin qu’elles puissent faire entendre leur point de vue et leur vision sur l’avenir de la Syrie

Pourquoi faut-il aider les femmes syriennes ?

cit.”Les femmes réfugiées syriennes sont ce qui tient cette société brisée debout. Leur force est extraordinaire, mais elles souffrent seules. Leur voix est un appel à l’aide et à la protection qui ne peut être ignoré “. Angélina Jolie, envoyée spéciale du UNHCR.

Les signataires

ASSOCIATION UNION POUR LA DÉMOCRATIE- France

ASSOCIATION WOMEN NOW FOR DEVELOPPEMENT- France

KURDISH FUTURE MOVEMENT IN SYRIA

REVIVRE- France

FEMMES POUR LA DÉMOCRATIE-Suisse

SOURIA HOURIA- France

LIGUE INTERNATIONALE DES FEMMES POUR LA PAIX ET LA LIBERTÉ

PARTENIA 2000-France

SYRIAN DEMOCRATIC UNION -GAZIANTEP-Turquie

SYRIAN WOME’S NETWORK-GAZIANTEP-Turquie

MNBAR AL CHAM- Turquie

ASSOCIATION BARADA- Turquie

Plus de détail sur la mobilisation de Paris:

 https://www.facebook.com/events/868130236574301/

FSD

C’est pour cette raison que j’ai dessiné la Martyre Rehab Alellawi

Rehab Alellawi, née en 1989, arrêtée le 15 janvier 2013, est morte sous la torture ou exécutée par le régime syrien dans les mois qui ont suivi son arrestation. 
Rehab était étudiante en Génie Civil à l’université de Damas lors de son arrestation. Elle avait participé aux manifestations pacifiques et elle avait été très active dans l’aide humanitaire des déplacés internes et des anciens détenus et leurs familles. 
La photo de son corps a paru parmi les photos de César (un ancien photographe de trois centres de détention de Damas, qui a fait défection en été 2013, et qui a fui la Syrie en emportant avec lui les photos de 11’000 morts sous la torture) qui ont été publiées sur une page spéciale de Facebook « Stand with Caesar: Stop Bashar al-Assad’s Killing Machine« .   
Le frère de Rehab, Aassem, avait été arrêté en mai 2011 et personne ne sait s’il est vivant ou si, lui aussi, fait partie des milliers de morts sous la torture.
Rehab Alellawi, étudiante universitaire arrêtée le 15.01.2013 et morte sous la torture

Rehab Alellawi, étudiante universitaire arrêtée le 15.01.2013 et morte sous la torture

Article de Lama Shammas, publié sur le site Zamane al-Wassel,  le 6 avril 2015, traduit de l’arabe par FSD:

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« L’Artiste Batoul Mohamad dit : C’est pour cette raison que j’ai dessiné la Martyre Rehab Alellawi »

« J’allais me coucher lorsque j’ai vu sa photo et lu son histoire. J’ai alors ressenti le besoin de mettre toute ma tristesse et ma colère sur le papier. Rehab Alellawi m’a frappée d’insomnie, j’ai donc pris un papier et un fusain. Publier la photo de son corps inerte ne me semblait pas adéquat pour préserver sa dignité et par égard pour sa famille dans le chagrin. J’ai voulu parler d’elle d’une façon symbolique pour aborder sa cause et celle des autres détenus qui ont subi le même sort avant elle, tout en respectant leur deuil». Ainsi parle Batoul MOHAMAD qui a retrouvé son envie de dessiner en voyant la photo de Rehab. et se décrit comme une artiste que la vie a éloigné de l’art, et que cette photo a replongé dedans.

La photo du corps de Rehab et son visage dessiné par Batoul. Source le site Zamane al-Wassel

La photo du corps de Rehab et son visage dessiné par Batoul. Source le site Zamane al-Wassel

Ce qui console Batoul c’est qu’un ami commun lui a transmis la reconnaissance de la mère de Rehab. Cette mère qui ne supporte pas de regarder la photo du corps de sa fille et qui préfère la voir dans le dessin de Batoul.
Batoul se confie à Zamane al-Wassel : « Lorsque j’ai vu la photo du corps de Rehab je me suis demandée et si c’était ma sœur ou une parente ou bien une amie proche ? Et si j’étais moi à sa place ? Quelles émotions ont envahi sa mère et sa famille quand ils ont vu la photo de son corps après deux ans de détention? Combien de Rehab se trouvent actuellement dans les sous-sols (des centres de détention en Syrie) et dont nous ignorons tout ? ». Elle décrit les sentiments qu’elle a éprouvés en regardant la photo du visage de Rehab après sa mort, pour le reproduire en dessin : « regarder le visage d’un martyr provoque un mélange de sentiments de tristesse, de colère, d’impuissance, de fracture et de fierté et c’est ce mélange que j’ai essayé d’exprimer dans ce dessin».
Batoul raconte que Rehab lui aurait confié lorsqu’elle dessinait son visage inerte que sa souffrance et celle des autres détenus mériteraient que cette révolution aboutisse en contre-partie. Et elle continue : « Rehab est le miroir qui reflète notre propre impuissance et notre manquement à notre devoir. Elle est une sonnette d’alarme qui nous invite à nous unir pour ceux qui sacrifient leur liberté, leurs rêves et leurs âmes pour notre liberté et nos rêves ».

«La démocratie est inéluctable»

Article de Aline Andrey, paru le 1er avril 2015 dans l’Evénement Syndical, n° 14-15

Pour la militante syrienne Nahed Badawia, la révolution vaincra. ’est surtout une affaire de temps…

Au lendemain d’une conférence à l’Université de Lausanne sur la situation en Syrie, 4 ans après le début de la révolution et de la guerre, nous rencontrons Nahed Badawia au Buffet de la gare, juste avant qu’elle ne monte dans le TGV pour rentrer chez elle, à Paris. C’est dans la Ville Lumière qu’elle a trouvé refuge en février 2013, après avoir dû quitter Damas. Le vol de son ordinateur portable dans son appartement, qu’elle pense être le fait des sbires du régime, lui fait l’effet d’un déclic. Car, les menaces, elle les vivait dans son cœur et dans sa chair depuis longtemps…

Nahed Badawia incarne le courage et le désir de liberté de tout un peuple.

Nahed Badawia incarne le courage et le désir de liberté de tout un peuple.

Malgré son militantisme, elle poursuit sa carrière d’ingénieure civile. Un métier qui sied à cette scientifique qui rit lorsqu’on s’étonne de sa profession, a priori si masculine. «Il y avait moins de femmes, c’est sûr, mais je n’étais ni la première, ni la seule.» Elle s’excuse pour son français, pourtant remarquable après moins de deux ans dans le pays de Molière. «Exprimer sa personnalité en langue étrangère, c’est très difficile. Car ce n’est pas que la langue, chaque mot transmet l’éducation, les pensées, la culture…»

Une vie de combats

Nahed Badawia hésite. Cet article pourrait-il porter préjudice à ses recherches d’emploi? «En arrivant, j’ai cru que j’allais travailler tout de suite. Je parle anglais, français, arabe, je connais les nouveaux logiciels… J’ai postulé une centaine de fois. Sans succès. Je sais que mon âge est aussi un frein», relève celle qui comptabilise 57 ans d’expérience de vie. Et quelle vie!

Son militantisme est né dans les années 80. «J’ai choisi le camp des opposants de gauche. Car il y avait aussi des partis de gauche prorégime.» Dès lors, elle n’aura de cesse de s’engager pour la démocratie en Syrie et l’émancipation des femmes. Dès les années 2000, elle écrit régulièrement des articles politiques pour des sites d’opposition. Passionnée du féminisme de la 3e vague qui «reconnaît la diversité et améliore l’idée de la démocratie», elle écrit un livre sur la question: «Sortir de l’isolement», qui sera publié en 2013 à Beyrouth.

Entre-temps, le printemps arabe bouleverse le monde. «C’est magnifique de voir un peuple qui refuse la dictature. Quand le peuple syrien a vu le courage des Tunisiens, il a commencé à bouger. A la chute de Ben Ali, puis de Moubarak, on a dansé en Syrie…», raconte-t-elle avec joie. Elle ajoute: «Les prisonniers d’opinion ont aussi réagi en entamant une grève de la faim pour exiger leur libération.» En solidarité avec les grévistes, Nahed Badawia signe, le 11 mars 2011, une pétition lancée par des intellectuels et des activistes. «Le 16 mars, devant le Ministère de l’intérieur sur la place Marjeh à Damas, nous étions plus de 500 personnes à réclamer la libération des prisonniers politiques… Trente-trois d’entre nous ont été arrêtés.»

De l’espoir…

Quatre ans plus tard, des estimations dénombrent quelque 150 000 morts et des millions de déplacés. Et pourtant Nahed Ba- dawia ne perd pas espoir. «Le processus est long. Il a fallu 100 ans pour que la Révolution française porte ses fruits, mais, en cette ère moderne, celle des pays arabes sera plus rapide. C’est un processus historique. La démocratie est inéluctable, même si la dictature est revenue en Egypte. Les nouvelles générations savent qu’elles peuvent changer leur avenir. Avant il n’y avait même pas l’idée d’un changement pos- sible. Nous sommes tristes, mais nous avons espoir.»

Pour elle, le problème de la Syrie est avant tout international. «En ce moment, Bachar ne contrôle plus tout le pays. Le peuple syrien est pris en otage entre les pouvoirs régionaux et internationaux. Chacun a envoyé ses sbires (Daesh, Hezbollah, etc.). Le conflit entre eux se fait sur notre sang», dénonce-t-elle. «Sinon, la révolution syrienne aurait vaincu depuis longtemps.»

Sensibiliser les jeunes

«Après la chute d’Assad, il fau- dra que la communauté internationale garantisse la paix en Syrie pour un ou deux ans afin de donner le droit au peuple de s’exprimer dans les urnes pour choisir son avenir. Vous savez, tous les peuples sont contre les extrémismes.» La scientifique dessine un schéma pour illustrer ce propos, et raconte sa honte récente d’avoir demandé à un Libyen, s’il y avait beaucoup d’islamistes extrémistes en Lybie. «Il a été choqué. Et je me suis rendu compte que je posais la même question que celle qu’on me pose tout le temps sur mon pays. Tous les peuples rêvent de liberté.»

En Europe, Nahed Badawia continue de militer en donnant des conférences, et en intervenant dans des écoles aussi. «Il faut sensibiliser les jeunes. Ce sont

eux qui seront au pouvoir bientôt. Et qui seront nos futurs partenaires dans la troisième république démocrate syrienne…»

Aline Andrey

 

 

 

Violences à l’égard des femmes en Syrie, 5e partie, Témoignage de Kenda

Genève, 25.11.2014
A l’occasion de la journée internationale de l’ONU pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes une conférence spéciale sur la violence contre la femme en Syrie devait avoir lieu à l’ONU le 25 novembre à 10h00 du matin. Les intervenants prévus étaient Noura AL-AMEER, vice-présidente de la coalition nationale syrienne et responsable du dossier des droits humains, Tarek KURDI juriste syrien en droit international et trois anciennes détenues : Alaa, Kenda et Eman. La conférence devait dénoncer les violences que subit la femme syrienne de la part du régime Assad et de l’Etat Islamique (Daesh). Seule Noura Al-Ameer a pu se rendre à Genève, Alaa a elle été retenue à l’aéroport d’Istanbul et les trois autres intervenants n’ont pas pu obtenir de visa. Pour cette raison, la conférence à l’ONU a dû être annulée. FemmeS pour la Démocratie (FSD) a maintenu la conférence publique organisée le même soir, avec la présence de Noura Al-Ameer. Conférence soutenue par Amnesty International- Groupe Uni Genève, Mouvement pour le Socialisme (MPS), site alencontre.org, SolidaritéS Genève.
FSD publie ici les interventions de cette soirée en 5 parties:
1. Intervention de Noura Al-Ameer; 2. Intervention de Tarek Kurdi, par skype; 3. Témoignage de Alaa, lu ; 4. Témoignage de Eman, lu ; 5. Témoignage de Kenda, lu.

Partie 5/5

Kenda, ancienne détenue, de Damas, 28 ans,

Kenda est une activiste dans la société civile et le mouvement de la paix. Elle a été arrêtée durant 2 mois suite à l’événement « les mariées de la liberté ». Elle a été libérée dans le cadre de l’échange avec des détenus iraniens intervenu le 9 janvier 2013.

«C’est parce que nous chantions la paix que nous avons été conduites dans les cellules de l’obscurité.

Notre crime : nous avons mis des robes blanches de jeunes mariées et nous avons eu l’audace de porter, dans le souk de Damas, des banderoles demandant l’arrêt des violences, de la tuerie, et des interventions militaires. Notre mariage s’est terminé dans un centre de détention, dans une pièce simple de 2×3 mètres où l’on a regroupé 24 femmes de différentes régions de Syrie .

Les jeunes mariées de la liberté, Damas.

Les mariées de la liberté, Damas, novembre 2012.

Chacune de ces femmes a une histoire qui témoigne de sa patience et résume l’inhumanité de ce régime répressif et rancunier .

Je vous raconte mon expérience dans le centre de détention. Dans ce lieu, la dignité, l’humanité et toutes les valeurs morales de l’homme sont violées .

Je n’oublierai jamais les cris de Nawal de Homs, torturée pour qu’elle avoue un crime qu’elle n’a pas perpétré de ses mains. Je n’oublierai jamais les cris de Oum Ali et de Oum Ismail et de beaucoup d’autres femmes torturées.

J’ai passé dans ce centre de détention les jours les plus difficiles que j’ai pu vivre.

Dans ce lieu, ta patience et ta force sont mises à l’épreuve. J’aurai beaucoup à dire sur le comportement des geôliers et des interrogateurs, mais je vais vous le résumer : le traitement était très mauvais et sans aucune limite. L’unique mode de communication était la violence et la torture. J’ai vu de mes propres yeux beaucoup de femmes se faire torturer de différentes manières, telles que le câble électrique, le tuyau, la roue et bien d’autres méthodes, puisqu’ils en imaginaient continuellement de nouvelles; sans parler de leur langage fait d’insultes et de blasphèmes, utilisant les phrases les plus grossières.

Dans le centre de détention, tu oublies les fondements de ton humanité. Ce dont nous avons le plus souffert c’est d’entendre les voix des autres torturés, de voir le sang et des lambeaux de peau sur les murs, de sentir l’odeur du sang, de voir les restes des bâtons cassés (nommés par les geôliers “Al-Akhader BRAHIMI” parce que c’est un bâton en plastique de couleur verte et Akhdar signifie vert en arabe).

Souvent nous nous effondrions en pleurs, en entendant les cris de douleur derrière la porte de notre cellule. La pire des tortures c’est d’entendre les voix des autres torturés.

Nous avons passés des jours que je n’oublierai jamais. Nous avons souffert des poux sur la tête et sur le corps, qui se nichaient dans les habits, et nous avons souffert de différentes maladies telles que la grippe, la bronchite, l’empoisonnement, les infections urinaires , etc..

Nous étions affamées, nous attendions la nourritures avec impatience, jusqu’à recevoir un morceau de patate dur comme un caillou.

Nous avions besoin de serviettes hygiéniques pendant les menstruations, et les gardes ne nous les donnaient pas. Nous souffrions encore plus quand nous avions besoin de médicaments à cause des maladies contractées et ils nous privaient de médicaments comme punition supplémentaire.

Deux mois plus tard, nous avons appris que nous allions sortir à cause d’une amnistie ordonnée par Bachar al-Assad. Une fois sorties, nous avons été étonnées d’apprendre que nous avions été libérées suite a un échange de 48 détenus iraniens contre 2060 détenus ( hommes et femmes ) de toute la Syrie.

Je crois que ce régime a montré au monde entier tous ses crimes et ses oppressions.

Nous les femmes Syriennes nous méritons la paix et la liberté, et nous aspirons à ce que notre parole libre atteigne tout humain qui apprécie cette parole et sa signification.

Rendez justice à la femme syrienne qui subit les violences de ce régime, cette femme est le symbole de la patience et de la paix. »

FSD

Lire aussi les quatre premières partie de cet article:

Partie 1/5

Partie 2/5

Partie 3/5

Partie 4/5

Violences à l’égard des femmes en Syrie, 4e partie, Témoignage d’Eman

Genève, 25.11.2014
A l’occasion de la journée internationale de l’ONU pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes une conférence spéciale sur la violence contre la femme en Syrie devait avoir lieu à l’ONU le 25 novembre à 10h00 du matin. Les intervenants prévus étaient Noura AL-AMEER, vice-présidente de la coalition nationale syrienne et responsable du dossier des droits humains, Tarek KURDI juriste syrien en droit international et trois anciennes détenues : Alaa, Kenda  et Eman. La conférence devait dénoncer les violences que subit la femme syrienne de la part du régime Assad et de l’Etat Islamique (Daesh). Seule Noura Al-Ameer a pu se rendre à Genève, Alaa a elle été retenue à l’aéroport d’Istanbul et les trois autres intervenants n’ont pas pu obtenir de visa. Pour cette raison, la conférence à l’ONU a dû être annulée. FemmeS pour la Démocratie (FSD) a maintenu la conférence publique organisée le même soir, avec la présence de Noura Al-Ameer. Conférence soutenue par Amnesty International- Groupe Uni Genève, Mouvement pour le Socialisme (MPS), site alencontre.org, SolidaritéS Genève.
FSD publie ici les interventions de cette soirée en 5 parties:
1. Intervention de Noura Al-Ameer; 2. Intervention de Tarek Kurdi, par skype; 3. Témoignage de Alaa, lu ; 4. Témoignage de Eman, lu ; 5. Témoignage de Kenda, lu.

Partie 4/5

Eman, ancienne détenue, de Homs, 30 ans,
“Je me suis impliquée dans la révolution syrienne depuis son début, dans l’action civile et dans les manifestations pacifiques qui ont eu lieu dans le quartier d’al-Khaldia à Homs.
J’ai travaillé dans le domaine des soins médicaux et j’ai participé aux efforts d’aide à la population. J’ai participé à la distribution d’habits, de nourriture et d’argent aux déplacés, aux familles pauvres et aux familles de détenus et de martyrs.
J’ai été arrêtée une première fois le 24 juin 2012 pour une période de 3mois par les Chabbiha (connus actuellement comme “armée de défense nationale”), qui sont en fait des groupes de mercenaires dont le rôle est de réprimer les manifestations civiles pacifiques.
On nous a emmenées vers des destinations et des maisons dédiées spécifiquement à l’emprisonnement des femmes, on ne nous a pas emprisonnées dans les prisons du régime ou dans les centres de détention des services secrets. Les buts de notre détention étaient, comme les gardiens nous l’ont dit, de nous échanger contre rançon, de nous échanger contre d’autres kidnappées, ou de nous violer.
Pendant notre détention nous avons été torturées physiquement et psychologiquement d’une manière inimaginable, que je n’avais jamais pensé pouvoir exister.
Les gardiens utilisaient l’électricité, le harcèlement sexuel, ils nous brulaient le corps avec des cigarettes et de l’eau bouillante. On nous frappait aussi avec des câbles électriques et des tuyaux. Ils ont coupé nos cheveux, ils nous ont violées collectivement et à répétition. Ils ont aussi tenté plusieurs fois de nous noyer dans l’eau. Par deux fois j’ai eu de forts saignements vaginaux. J’étais très effrayée par les voix et les cris des autres détenues qui étaient continuellement et violemment torturées.

Violences atroces dans les centres de détention pour les femmes enlevées par les Chabbiha.

Violences atroces dans les centres de détention pour les femmes enlevées par les Chabbiha.

Ils ont tué notre humanité, nous avons perdu la volonté de vivre, nous appelions la mort chaque jour. J’ai vu des femmes brutalement déshabillées et violées. Les gardiens les violaient devant nous et les battaient violemment, pour certaines jusqu’à la mort. On laissait alors leur corps dans la même cellule pendant un jour, avec pour conséquence que beaucoup d’entre nous ont tenté de se suicider.
Les gardiens étaient de vrais monstres assoiffés de sang, de revanche et de volonté de tuer. Ils nous donnaient juste assez de nourriture pour ne pas mourir dans la journée.
Des maladies sont apparues parmi les détenues à cause des infections et des blessures laissées sans soins, les poux et la saleté s’ajoutant à l’eau et aux aliments contaminés que consommions ont dégradé notre santé et provoqué de nombreuses entérites.
Lorsqu’on m’a relâchée on m’a mise dans un conteneur d’ordures.
J’ai été arrêtée pour la seconde fois le 3 février 2013 par des brigades armées sectaires non-syriennes, et détenue pendant 10 jours, au cours desquels on m’a volé toutes mes affaires, et l’on m’a battue et fouettée avec des câbles métalliques. »

FSD

Lire aussi les trois premières partie de cet article:

Partie 1/5

Partie 2/5

Partie 3/5