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L’UNIL organise un colloque sur Palmyre, qui se veut scientifique et apolitique ! mais l’est-il vraiment ?

Les 16 et 17 décembre se tiendra à l’UNIL le Colloque international de Lausanne sur Palmyre. Colloque organisé par l’Institut d’archéologie et des sciences de l’Antiquité de l’UNIL, avec le soutien financier du DFAE, entre autres, et qui se veut scientifique et apolitique!?

Chacun sait que le régime syrien est le principal responsable des destructions infligées à Palmyre. Malgré cela, on remarque parmi les participants plusieurs organisations internationales comme l’UNESCO et l’ICCROM, la fondation ALIPH (pour accorder des subventions?), l’Office Fédéral de la Culture (pour octroyer des financements?); mais aussi des personnalités politiques: comme la conseillère d’état Cesla Amarelle, et, cerise sur le gâteau, la présence d’une délégation de trois personnes du régime syrien qui représentent la Direction Générale des Antiquités et des Musées (DGAM), une institution du régime qui veille à diffuser sa propagande. Ceci annonce-t-il une future collaboration avec le régime Assad? Et malgré tout ce colloque se veut apolitique? Apolitique, vraiment?

Communiqué de la Coordination de Palmyre en mai 2016

Un communiqué de la Coordination révolutionnaire de Palmyre le 22.03.2016  « Russia is destroying our city and civilisation »

Education et droits humains?

La présence de l’UNESCO nous donne à réfléchir. Sur son site web on peut lire « La vision fondatrice de l’UNESCO est née en réponse à une guerre mondiale marquée par des violences racistes et antisémites. 70 ans après et de nombreuses luttes de libération plus tard, le mandat de l’UNESCO est plus pertinent que jamais. La diversité culturelle est attaquée et de nouvelles formes d’intolérance, de rejet des faits scientifiques et de menaces à la liberté d’expression menacent la paix et les droits humains. Le devoir de l’UNESCO est de réaffirmer les missions humanistes de l’éducation, de la science et de la culture. ».

Il n’est plus à prouver aujourd’hui que la moitié du peuple syrien a dû quitter sa maison et son chez soi pour fuir les arrestations arbitraires, la torture, la répression, le recrutement forcé dans l’armée criminelle du régime, et les bombardements aériens du régime et des russes. Cette moitié de la population syrienne a soit dû fuir la Syrie, soit dû subir un déplacement interne (la région d’Idlib compte à elle seule actuellement quelques trois millions de civils qui risquent leur vie quotidiennement sous les bombardements et sous le regard indifférent et silencieux du monde entier). Il est reconnu également que c’est la population sunnite qui a subi, plus particulièrement, des massacres répétitifs commis par les forces et milices pro-régime, avec le silence complice de toutes les organisations onusiennes. Il semble donc évident que la Syrie d’Assad est aujourd’hui le cimetière des droits humains (voir le rapport d’Amnesty International sur la prison de Saidnaya en Syrie intitulé « Abattoir Humain ») et la tombe de la liberté d’expression. La répression militaire du régime a obligé la population qui s’est soulevée massivement depuis 2011 au déplacement forcé dans le nord syrien dans le but d’un changement démographique de la population. Ce qui se passe en Syrie n’a jamais été une guerre civile, mais bien une guerre du régime contre la population civile qui avait osé réclamer le respect de ses droits fondamentaux, reconnus universellement par l’ONU et pour tous les humains!

Alors on est en droit de se demander ce qu’est devenue la mission de l’UNESCO? Qu’est devenue sa mission humaniste d’éducation alors que les écoles sont systématiquement ciblées dans le nord syrien (74 écoles pendant les six premiers mois de 2019 selon l’UNICEF), deux millions d’enfants (un tiers des enfants syriens de l’intérieur) ne sont plus scolarisés en plus des 800’000 enfants non scolarisés dans les pays voisins de la Syrie.

Tandis que l’avenir des enfants syriens est en grand danger, l’UNESCO vient discuter du financement de la protection des pierres à Palmyre, avec la collaboration du régime syrien, responsable de la grande majorité de ces crimes?

Le saviez-vous?

La chute de Palmyre entre les mains de Daech et ensuite sa reprise par l’armée d’Assad faisait partie d’une stratégie russo-assadienne!

Le régime Assad fait croire au monde entier que c’est Daech qui est responsable de la destruction partielle du patrimoine archéologique à Palmyre, alors que la responsabilité principale en revient au régime syrien qui a facilité la chute de Palmyre entre les mains de Daech. Mohamad Taha, archéologue et habitant de Palmyre avant sa fuite de Syrie, dit dans une interview datée du 24 mars 2016: « Ce qui se passe maintenant dans la ville de Palmyre n’a pas commencé hier, cela dure depuis plus d’un mois. Les bombardements de l’aviation, les missiles, y compris des missiles Scud et des bombes à sous-munitions bombardent continuellement Palmyre depuis un mois. En commun accord avec la Russie, le régime syrien a décidé de récupérer la ville après l’avoir remise à Daech il y a trois cent sept jours. Le but est d’envoyer le message qu’il est capable de récupérer des territoires, de vaincre Daech, et de protéger le patrimoine syrien, dont les antiquités de Palmyre, qui constituent une partie importante du patrimoine de l’humanité. Rien n’est plus faux, car le régime a contribué lui même a détruire Palmyre la ville antique et Daech n’a fait que compléter la destruction ensuite. Aujourd’hui les batailles que le régime mène avec l’artillerie lourde et les chars se déroulent au coeur de la ville antique, et se concentrent maintenant dans la vallée des tombes. Tout ce qui n’avait pas été pillé ou détruit auparavant est pillé et détruit en ce moment même. »

Un Ex-responsable du régime syrien à Palmyre a quant à lui fait défection début 2016 et il a donné des détails sur les relations entre le régime Assad et Daech.

Le régime Assad n’a jamais ciblé Daech lorsque Daech s’est installé à Raqqa, pourquoi?

Le régime Assad et l’aviation russe ont ciblé les civils à Alep mais ne se sont jamais attaqués à Daech, pourquoi?

Daech a avant tout détruit la prison de Palmyre où un massacre collectif a eu lieu en juin 1980, effectué sous les ordres de Rifaat Assad (oncle de Bachar Assad, propriétaire et résident occasionnel à Genève), peut-être pour effacer les preuves de ce crime ignoble contre l’humanité?

FSD

Témoignage: Pillage du Musée de Palmyre avant l’arrivée de Daech

FSD traduit un témoignage de l’arabe concernant le Musée de Palmyre avant l’arrivée de Daech.

Source: Publication du 20.09.2015 sur le site Souriyati http://www.souriyati.com/2015/09/20/22019.html

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Un témoin oculaire raconte le pillage du musée de Palmyre avant l’arrivée de Daech.
Lorsque s’allient les mafias des antiquités, le régime et la « sécurité »…

Zenobie-Palmyre

Cette histoire n’est pas une histoire imaginaire. Elle n’est pas étrange pour ceux qui sont des professionnels de la corruption, ni pour une administration qui a recruté tous les voleurs et ceux qui possèdent un passé criminel, afin de menacer tous ceux qui se dressent contre leur corruption. Ce régime criminel les a recrutés, leur a assuré l’impunité et les a envoyés répandre le chaos, la corruption et le vol.
Des ordres oraux ont été donnés et des communications ont eu lieu avec le Musée de Palmyre dans le but de vider le musée, y apporter des caisses de munitions vides, trier les meilleures pièces et ensuite les emballer dans des sacs en tissu et les entasser dans les caisses. Toute cette opération s’est faite d’une façon anarchique et absurde sans aucun enregistrement ni documents certifiant la livraison, ni inventaire. Quant aux caisses, elles n’ont pas été scellées avec de la cire rouge. Un travail de pillage pratiqué professionnellement avec la bénédiction de la mafia de l’archéologie. Une mise en scène ridicule a été effectuée au Musée de Palmyre sous le couvert de l’obscurité: des statues antiques se sont faites voler et transporter par des véhicules militaires et le musée s’est fait piller et vider de façon systématique, en l’ absence totale de commission de supervision et de toute liste descriptive des pièces transportées et sans que leur destination ne soit mentionnée. Un tel comportement n’est pas étranger à une telle Direction qui emploie des criminels, qui a vendu des sites archéologiques, pillé les musées, vendu l’histoire et la civilisation syrienne.
Avec le début des affrontements dans la ville de Palmyre et la propagation de nouvelles sur la fuite des éléments de la branche du désert du service de renseignement, certains officiers et membres des services de renseignement se sont rassemblés devant le Musée de Palmyre avec des camions de transport. Ils y sont entrés en présence de deux responsables du musée et là il y a eu un semblant de bagarre entre ces derniers et les éléments de la sécurité pour la sélection des pièces importantes du musée … Et des cris des éléments de sécurité ont été entendus demandant de ne pas transporter les pièces qui présentent la moindre égratignure… Le transport de ces pièces antiques s’est fait sans aucun dossier ou pièce qui porte la signature des responsables! Tous les registres de ces pièces sont restés sur-place, exposés à la destruction.
Les registres et les cartes définissant chaque pièce sont restées à Palmyre dans les dépôts du musée, alors que les pièces antiques étaient dans les véhicules des services de renseignement en compagnie du conservateur du musée et deux employés Ahmad Al-Taha et Ahmad Al-Farjan. Les camions ont pris la route de Homs où les deux employés ont été déposés, alors que les camions s’orientaient vers une destination inconnue. Si vraiment ce transport avait comme objectif de conserver ces pièces, on n’aurait pas utilisé cette méthode qui présente tous les signes de l’illégalité: absence de commission de supervision et de toute documentation, à la va-vite, comme des voleurs.
Le Directeur général des antiquités, rusé, a alors fait appel au monde entier pour protéger les antiquités de Palmyre en affirmant que les pièces du musée ont été placées en sécurité. S’il était honnête pourquoi ne pas avoir présenté les registres de transport ni mentionné les pièces transportées. Il faudrait savoir qui sont les responsables d’un tel transfert d’antiquités, les services de renseignement ou bien la Direction de l’archéologie? Pourquoi les registres sont-ils restés à Palmyre? Pourquoi il n’y a aucune documentation du transport? Pourquoi les deux employés ont-ils été ramenés à Palmyre?
Le résultat est là, le musée de Palmyre a été pillé sous le regard de tous, témoins du crime organisé et du vol de l’un des plus importants musées syriens par des mains qui ont détruit les antiquités syriennes et qui sont des professionnels du mensonge et du faux, afin de détruire et de piller l’histoire et la civilisation du peuple syrien et de la dépouiller de son identité de grande civilisation.
Archéologue Omar al-Bounyeh