Archives du blog

Ghouta: « de la terreur des bombardements vers celle de l’inconnu »

Une trentaine de militant.e.s suisses et d’activistes syrien.ne.s, étaient réunis vendredi 30.3.18 au soir sur la place de la Riponne à Lausanne, sous une pluie battante, pour manifester leur solidarité avec les gens de la Ghouta de l’est de Damas, affamés, trahis, massacrés et finalement, forcés à se déplacer, en majorité vers Idleb.

Cette manifestation faisait écho à de nombreuses manifestations similaires organisées à travers le monde, Paris, Londres, Rome, Bruxelles, Berlin, Malmö, etc. (voir Page Facebook pour les rassemblements du 30 mars et  la carte des manifestations qui ont eu lieu depuis le 22.02.2018 ).

Lors du rassemblement à Lausanne, un message adressé au Conseillé fédéral Ignazio Cassis et à la presse a été signé par les participants. FSD publie ici ce message.

Rassemblement avec des bougies à Lausanne le 30.03.2018

                                                               

Message au Conseiller fédéral I. Cassis et à la presse

Aujourd’hui al-Ghouta, demain Idleb

Al-Ghouta est massacrée par les aviations russes et syriennes depuis le 19.02.2018.

Des bombes au phosphore blanc et des armes chimiques sont régulièrement utilisées contre la population civile, en violation des traités internationaux.

Les populations locales appellent au secours.

Le régime mafieux et sanguinaire de Damas a déjà annoncé que le même scénario se répétera par la suite dans la province d’Idleb. Les bombardements se sont déjà intensifiés sur la campagne-nord de Hama et sur la campagne-sud d’Idleb.

Que fait la communauté internationale? Elle ne fait rien!

Que font les parties prenantes au conflit? Elles se partagent déjà la Syrie.

Que fait la Suisse? Elle ouvre un bureau d’assistance à Damas, qui ne servira au final que les intérêts d’Assad.

NOUS APPELONS LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A INTERVENIR.

Aujourd’hui le monde occidental est unanime dans sa condamnation de la Russie pour sa tentative d’assassinat supposée en Grande-Bretagne. Ce même monde occidental reste silencieux devant le massacre de plus de 1900 civils à la Ghouta en seulement 35 jours, effectué en large mesure avec des armes prohibées.

La Russie, qui pleure 64 morts en Sibérie occidentale, assassine en même temps plus de 1900 civils syriens à la Ghouta.

La Suisse, elle, reçoit en grande pompe le président de la Douma russe à Berne le 18.02.2018, lui qui est pourtant interdit de voyage en Europe.

 

La Russie de Poutine se vante aujourd’hui d’avoir expérimenté 200 types d’armements en Syrie. Elle est, plus que tout autre, partie prenante au conflit syrien. Elle n’a de ce fait aucun droit à voter au conseil de sécurité. Ses vetos sont illégitimes (art. 27 de la charte de l’ONU).

NOUS APPELONS CHACUN A BOYCOTTER LA RUSSIE.

Lausanne, le 30.03.2018

NOUS APPELONS LA SUISSE A SE MONTRER A LA HAUTEUR DE SES PRETENTIONS EN MATIERE DE DROITS HUMAINS ET A SE MONTRER PLUS FERME A L’ENCONTRE DE REGIMES QUI VIOLENT CES DROITS AU QUOTIDIEN.

“SHAKING HANDS WITH ASSASSINS IS COMPLICITY, NOT DIPLOMACY”

Lausanne, le 30.03.2018

 

Témoignage d’Ahmad de la Ghouta orientale, en déportation :

« Visages sombres dans le bus… Nous ne nous adressons pas la parole… A côté de moi se tient vieillard aux traits marqués… Il pleure … Je n’essaie pas de le consoler. Il sait qu’il ne reverra plus cet endroit, lui qui n’était probablement jamais sorti d’al-Ghouta plus de quelques jours d’affilée. Peut-être avait-il prié Dieu qu’il y soit enterré. Ses prières n’auront pas été exaucées. Il me se tourne vers moi et me dit: «Tu te dis que je suis triste parce que je quitte al-Ghouta? Non, mon fils, je suis triste parce que je ne sais pas où je me dirige. Je sors de sous les bombardements pour aller sous une tente, de la faim du siège vers celle du besoin, de la terreur des bombardements vers celle de l’inconnu ».

Et moi, je m’appelle Ahmad, j’ai peur, je sors de la Ghouta et je ne sais pas ce qui m’attend. »

…………

FSD

 

Publicités

“GO TO HELL”

“GO TO HELL”
C’est le message destiné à la communauté internationale que Firas Abdullah, activiste de la Ghouta,  a lancé hier soir sur sa page Facebook…

Photos de Firas Abdullah, Douma, al-Ghouta, le 19.03.2018

Mais que dire d’autre?
Après avoir entendu encore et encore les messages de détresse venant de familles terrées sans vivres dans les sous-sols de la Ghouta depuis un mois et assiégés et affamés depuis cinq ans…
Après avoir vu encore et encore M.M. Gutierres, De Mistura et d’ autres dignitaires des instances internationales distiller leur impuissance à différentes tribunes, au point de nous fatiguer…
Après avoir entendu encore et encore Nikki Haley, la représentante permanente des Etats Unis à l’ONU, s’interroger sur la conscience de la Russie, comme si les USA en avaient une…
Après avoir vu encore et encore les russes opposer leur veto à toutes les résolutions du conseil de sécurité, seul endroit il est vrai où on leur demande encore leur avis; un veto qui par contre bloque aussi toute action humanitaire.

Alors que la Charte des Nations Unies exclut la participation au vote du conseil de sécurité d’une nation elle-même impliquée dans le conflit sur lequel on vote (voir article 27 de la charte). ..Et que pourtant elle vote…

Cependant, les veto russes sont bien illégitimes (1) mais on préfère l’ignorer, parce qu’il faudrait alors agir…

Et agir, dans l’immédiat, ça veut dire assurer d’urgence la sécurité et les besoins de ceux qui sortiront de la Ghouta.

La révolution continue. Il n’y aura pas de paix en Syrie sans justice.

FSD

___

(1) Ibrahim MALKI, avocat des droits de l’homme à Alep jusqu’ à fin 2014, aujourd’hui réfugié à Zurich, s’est exprimé à ce sujet: “… En fait, l’article 27 de la charte des Nations Unis exige des membres du conseil de sécurité directement impliqués dans un conflit de s’abstenir de voter, les vetos systématiques des russes sur la Syrie n’ont donc aucune base légale…”

Syrie: 7 Ans et la Révolution Continue

Appel au rassemblement

Genève, place des Nations le 17.03.2018, de 15h30 à 17h00

Il y a sept ans que la révolution syrienne a débuté en mars 2011 par un soulèvement populaire pacifique réclamant la dignité, la liberté et la démocratie. Sept ans aussi que le boucher de Damas livre avec ses alliés russes et iraniens une guerre qui vise avant tout la population syrienne partout où une forme de société civile alternative au régime s’est développée.

Le bilan est aujourd’hui extrêmement lourd: un demi million de morts, deux millions de blessés, un demi million de détenus et de disparus, plus de 11,5 millions de réfugiés et déplacés internes, et la destruction des infrastructures (entre autres, les cliniques et hôpitaux) et des quartiers résidentiels dans de vastes régions. Si l’on y ajoute les 18 millions de membres de la diaspora syrienne qui ont quitté la Syrie avant la révolution, suite surtout aux exactions antérieures du régime syrien, on en conclut qu’une grande majorité de syriens ne sont plus derrière Assad.

Poutine serait lui paraît-il attaché à la stabilité du Moyen-orient et de la Syrie? C’est peu probable! Ce qui se passe aujourd’hui à la-Ghouta orientale, région de désescalade, tout comme ce qui s’est passé ailleurs en Syrie depuis 2012 montre bien que la coalition mafieuse Poutine-Assad a d’autres intentions:

– La politique d’Assad n’a jamais eu pour but de reprendre le contrôle des régions assiégées. Son but principal est de détruire ces régions, d’y exterminer les civils ou de les forcer à migrer vers d’autres régions pour faciliter un changement démographique et y implanter une population acquise à son régime mafieux.

Depuis le 10 mars, alors que les milices d’Assad et affidés sont entrées dans la Ghouta, les exécutions sommaires sytématiques y ont commencé.

– A aucun moment, Poutine n’a oeuvré au respect d’un cessez-le-feu, en fait il alterne entre de prétendues négociations à Moscou, Astana, ou Sotchi et la prétendue impossibilité de faire pression sur Assad sur place pour empêcher toute solution constructive avant la mise en place d’une configuration favorable à ses plans et accessoirement à ceux d’Assad. A Sotchi, les «chefs négociateurs» autour de Poutine sont: Rouhani, le président du régime répressif et réactionnaire de la République islamique d’Iran, dont les milices participent aux massacres en Syrie; et le dictateur Recep Tayyip Erdogan qui y poursuit son propre agenda  régional.

L’arrêt des bombardements sur al-Ghouta ne dépend aujourd’hui que de Poutine, que ce soit au sein de l’ONU où la Russie bloque toute tentative de résolution contraignante, ou sur place à al-Ghouta même, où Assad n’est que la marionnette de Poutine. Poutine est donc aujourd’hui le premier responsable des crimes de guerre commis contre des civils en Syrie en général, et à al-Ghouta en particulier.

Quant à la communauté internationale, elle cache sa lâcheté derrière une prétendue impossibilité d’intervenir légalement et des simulacres d’interventions humanitaires. De fait elle est devenue complice des crimes commis en Syrie. I.Malki, avocat des droits de l’homme à Alep jusqu’ à fin 2014, aujourd’hui réfugié à Zurich, s’est exprimé à ce sujet: “… En fait, l’article 27 de la charte des Nations Unis exige des membres du conseil de sécurité directement impliqués dans un conflit de s’abstenir de voter, les vetos systématiques des russes sur la Syrie n’ont donc aucune base légale…” (http://www.un.org/fr/sections/un-charter/chapter-v/index.html)

Soyez solidaires avec les civils de al-Ghouta orientale bombardés et massacrés chaque jour par l’aviation d’Assad et de Poutine.

Joignez-vous nombreux à notre rassemblement en solidarité avec le peuple syrien en révolte, qui revendique son droit à la vie, à la liberté et à la démocratie, ainsi que la justice, seule garante d’une paix durable.

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie en collaboration avec Solidarity Organisation for Syria

Soutenu par: Mouvement pour le Socialisme (MPS), alencontre.org

 

Que fait le bureau humanitaire suisse à Damas pour les civils d’al-Ghouta?

Depuis le 19 février, al-Ghouta orientale, assiégée et affamée, subit une intensification féroce de l’offensive militaire menée par le régime syrien et ses alliés russes et iraniens. Toutes sortes d’armes conventionnelles et interdites sont utilisées par l’aviation et par l’artillerie lourde. Al-Ghouta orientale, qui souffrait déjà de famine et de bombardements depuis 2013, vit actuellement des conditions humanitaires catastrophiques. Les civils et les services médicaux sont ciblés et l’intensité des bombardements ne permet pas aux populations de se déplacer pour chercher de quoi se nourrir.

Les Syriens de suisse qui assistent à ces crimes de guerre et contre l’Humanité  à al-Ghouta se demandent ce que fait ou fera le bureau humanitaire suisse qui se trouve à quelques km de cette région! Nous savons tous qu’il ne pourra rien faire par manque d’autorisation du régime criminel.

FSD et la communauté syrienne en Suisse ont alors adressé une lettre ouverte au Conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du DFAE, pour demander des actions effectives pour éviter à tout prix le déplacement forcé des 400’000 habitants d’al-Ghouta.

La lettre est reproduite ci-après.

—-

Photo prise à al-Ghouta le 22.02.2018

 

Monsieur le Conseiller fédéral,

Le communiqué de presse du DFAE du 21.12.2017 affirmait que le but du bureau humanitaire suisse à Damas serait d’assurer un accès humanitaire aux populations sinistrées, en particulier celle d’al-Ghouta. Nous nous demandons aujourd’hui quelles démarches ont été ou seront faites afin de venir en aide à la population d’al-Ghouta.

Cette région, assiégée et affamée par le régime Assad depuis 2013, subit actuellement une offensive militaire féroce menée par Assad et ses alliés russes et iraniens. Depuis l’intensification de l’offensive militaire qui a commencé le 19 février, l’accès aux soins médicaux à al-Ghouta est devenu quasi impossible après le ciblage des services médicaux par l’aviation, qui a conduit à leur arrêt total. Nous recevons chaque jour des témoignages de femmes[1], d’enfants[2] et d’activistes[3] sur place qui glacent le sang, et les Syriens de Suisse regardent horrifiés le massacre des leurs sans pouvoir leur venir en aide. Ces témoignages sont nombreux, et vu le peu d’espoir qui leur reste, les gens d’al-Ghouta parlent à visage découvert, et ne cachent plus leur nom, rien à voir avec les prétendus terroristes qu’Assad et Putine prétendent cibler.

Après l’adoption de la résolution du conseil de sécurité No 2401 du 24.02.2018, et un rapide examen du texte, nous sommes certains qu’elle sera contournée, elle l’est déjà, puis ira rejoindre les précédentes aux oubliettes. Elle comprend par ailleurs suffisamment de lacunes pour servir utilement à la mise en place du plan du régime, déjà annoncé par son représentant Jaffari, à savoir le même scénario à al-Ghouta que précédemment à Alep, en décembre 2017, soit l’extermination d’un grand nombre de civils avant de forcer le reste à se déplacer vers Idleb, où le même scénario se répétera une fois de plus. Les habitants d’al-Ghouta supplient la communauté internationale de tout faire pour empêcher une tellle issue, qui d’ailleurs est un crime contre l’humanité.

Rassemblement devant l’ONU à Genève le 23.02.2018

Le DFAE pourra-t-il aider les gens d’al-Ghouta dans les jours à venir à partir du bureau de Damas? Nous le souhaitons tellement. Mais en cas d’échec, il faudra bien constater que rien de positif ne pourra jamais se faire avec pour partenaire un régime barbare, criminel et totalement illégitime[4], qui vise à achever un changement démographique déjà largement commencé, par l’intermédiaire d’un génocide et du déplacement forcé des populations qui lui sont indésirables. Le régime Assad se sent fort avec le soutien militaire de la Russie et de l’Iran, et renforcé par le retour des pays occidentaux à Damas, la Suisse en tête. Mais un régime fantoche n’est pas forcément appelé à durer.

La détresse de la population syrienne sur place s’accentue chaque jour à cause de cette sale guerre menée contre les civils principalement. Si la Suisse souhaite vraiment apporter son aide pour soulager la population civile syrienne, elle serait certainement plus utile en oeuvrant pour stopper cette guerre. Ceci ne peut se faire qu’en agissant pour une réelle solution politique, exigeant que la justice passe[5], et qui permette aux Syriens d’avoir une vraie transition politique, sans le régime du boucher de Damas, pour construire leur futur Etat démocratique basé sur le principe de la citoyenneté pour tous. Aucune autre solution ne mettra fin à la violence, aucune autre solution ne permettra au peuple syrien de vivre dignement en Syrie. Ceci ne sera possible que si les pays occidentaux, y compris la Suisse, font passer la justice et les droits humains de la population syrienne devant leurs intérêts à court terme et font pression sur la Russie et l’Iran pour obtenir le départ du régime syrien, des élections libres et leur propre départ du territoire syrien.

La révolution syrienne continue.

Veuillez agréer, Monsieur le Conseiller fédéral, nos salutations les meilleures.

 FSD et 90 membres de la diaspora syrienne en Suisse ont signé la lettre

[1] https://www.theguardian.com/world/2018/feb/24/syria-eastern-ghouta-the-women-sharing-news-of-war

https://www.facebook.com/WomenNowforDev/videos/1380296635407577/?hc_ref=ARTSSgDxO7MkOZrqF-KX2cr4PcRtAvoLAYMk9PCsVxB-DB65UBhhfiEJchsA4neUzZU&pnref=story

https://www.facebook.com/nivin.hotary

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1795506950531632&id=100002170345981

[2] https://www.facebook.com/ong.syriacharity/videos/1765699186783922/

[3] Minute 23 :20 de la vidéo https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1795506950531632&id=100002170345981

https://www.facebook.com/ActForGhouta/posts/1860708250628345

[4] https://info.arte.tv/fr/bachar-el-assad-reelu-comme-prevu

[5] Le fait de mener à terme le dossier de Rifaat el-Assad serait un signal fort https://www.letemps.ch/suisse/un-procureur-crimes-guerre-claque-porte?utm_source=facebook&utm_medium=share&utm_campaign=article

https://trialinternational.org/fr/latest-post/affaire-rifaat-al-assad/

Commémoration du 4e anniversaire du massacre chimique à al-Ghouta de Damas

Rassemblement pacifique devant l’ONU à Genève

en mémoire des 1477 victimes du massacre chimique à al-Ghouta

mercredi le 30 août de 17h30 à 18h30

Quatre ans déjà et le crime continue. Photo de LVDS

Le mois d’août marque la commémoration du massacre chimique commis par le régime syrien à al-Ghouta de Damas le 21.08.2013. Ce dernier a fait plus de 1477 victimes dont plus de 400 enfants, et plus de 6000 blessés en une seule nuit. Cette nuit-là, 16 missiles chargés de gaz sarin se sont abattus sur dix localités de la région al-Ghouta de Damas. Les secouristes et les responsables media de la région qui se sont rendus sur les lieux de l’attaque pour secourir la population et documenter les faits ont été eux-mêmes blessés ou ont trouvé la mort. Suite à cette attaque, les armes chimiques auraient été supposément retirées de Syrie ; le dictateur à sa tête est lui resté à son poste et il continue à exterminer sa population à l’aide d’un large éventail d’armes, chimiques ou conventionnelles, notamment ce même gaz sarin utilisé le 4 avril 2017 à Khan-Cheikhoun dans la banlieue de Idleb. Depuis le massacre de al-Ghouta en août 2013, l’utilisation d’armes chimiques par le régime a été documentée 174 fois sans réaction effective de la communauté internationale, ceci malgré les résolutions 2118 et 2235 du conseil de sécurité. Six ans de barbarie et la communauté internationale continue à s’étonner à chaque nouveau massacre. Plus de la moitié de la population est aujourd’hui déplacée, plus d’un million souffrent d’un handicap à la suite de blessures, plus de 500’000 personnes ont trouvé la mort, tandis que les centres de détention entretiennent l’abomination qu’est la torture, et la communauté internationale se contente de s’étonner !!! Pire encore, cette communauté semble aujourd’hui oeuvrer pour rendre sa légitimité au régime Assad afin de le maintenir à la tête de la Syrie.

A l’occasion de cette commémoration, nous Syriennes et Syriens, dénonçons les bombardements des forces d’Assad et ses alliés qui continuent à sévir à al-Ghouta de Damas et ailleurs en Syrie, ceci malgré la désescalade officielle, organisée et surveillée par la Russie. Nous réaffirmons également notre refus du maintien du régime Assad, responsable des massacres chimiques et de bien d’autres crimes, dans le cadre de toute transition ou toute solution politique pour l’avenir de la Syrie. Nous rappelons également les revendications du peuple syrien, celles d’une paix juste, fondée sur le jugement de tous les responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, celles de liberté, de dignité et de démocratie, ceci dans le cadre d’un état de droit basé sur la citoyenneté.

Vive la révolution Syrienne et vive le peuple syrien qui fait face à une tyrannie hors norme et à toutes sortes d’interventions militaires étrangères sur le territoire syrien.

Organisé par: la diaspora syrienne avec l’initiative de FemmeS pour la Démocratie et Solidarity Organisation for Syria
Soutenu par: Mouvement pour le socialisme, http://www.alencontre.org, La Brèche et SolidaritéS

Venez habillés en jaune ou en noir si possible.

Pour plus d’information: https://www.facebook.com/events/1239222229540959/

… et les bombardements chimiques d’Assad continuent!

Chronique de la Syrie

En septembre 2013, le conseil de sécurité a adopté la résolution 2118 suite à l’attaque chimique des forces d’ Assad contre al-Ghouta qui a causé la mort de plus de 1400 adultes et enfants en une seule nuit. Cette résolution implique «  qu’en cas de non-respect de la présente résolution, y compris de transfert non autorisé ou d’emploi d’armes chimiques par quiconque en République arabe syrienne, le conseil imposera des mesures en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies ». Depuis cette date le régime Assad n’a jamais cessé d’utiliser le chlore contre les populations des régions qui ont échappé au contrôle du régime. Ceci a conduit à une nouvelle résolution 2209 le 6 mars 2015 qui cite clairement l’interdiction de l’utilisation du chlore et souligne « que les personnes responsables de l’utilisation comme arme de produits chimiques, y compris le chlore ou tout autre produit chimique toxique, doivent répondre de leurs actes ».
Dix jours plus tard, suite à la libération d’Idleb, Sermine a été ciblée avec des barils de chlore causant la mort d’ une famille de six personnes dont trois enfants en bas âge et des dizaines de cas d’étouffements. Depuis cette date, les barils de chlore lancés par les hélicoptères d’Assad (le seul a avoir le contrôle de l’aviation) sont régulièrement utilisés dans le silence absolu non seulement du conseil de sécurité mais du monde entier. Ce silence montre dans ce cas que ces résolutions ne vont pas au delà de la parole et restent des résolutions verbales sans aucun effet.
Le Réseau Syrien des Droits de l’Homme a publié le 20 avril un rapport documentant 87 violations de la résolution 2118 dont 15 violations depuis le 6 mars 2015 .
Actuellement, le nombre de ces attaques chimiques est en augmentation nette. Cette utilisation accrue du chlore est motivée par l’affaiblissement des forces du régime au sol, sa perte du contrôle de la région d’Idleb au nord du pays mais aussi et surtout par le silence continu de la communauté internationale vis-à-vis du non respect des résolutions de l’ONU. Aujourd’hui même deux villages du gouvernorat d’Idleb, Machmachane et Ein el-Souda, ont été ciblés par des barils de chlore provoquant des dizaines de blessés dont beaucoup de cas d’étouffements parmi les enfants (voir vidéo).

15.05.2015 Cas d'étouffements parmi les enfants (Machmachane - Idleb)

15.05.2015 – Des cas d’étouffements parmi les enfants (Machmachane – Idleb)

La grande crainte des Syriens est aujourd’hui de subir prochainement une deuxième attaque chimique de grande échelle, comme celle d’al-Ghouta !

FSD

Le terrorisme de Daech tout le monde en parle, le terrorisme d’Assad plus personne n’en parle

Contribution de FSD lors d’un séminaire à Zürich, le 11 octobre 2014

Actuellement et depuis la formation de la coalition internationale, les médias nationaux et internationaux parlent beaucoup de l’Etat Islamique (Daech selon l’acronyme arabe), de sa terreur et des frappes de la «coalition internationale». On a l’impression qu’il ne se passe plus rien, ailleurs, en Syrie.

Résumé de la situation en Syrie d’Assad actuellement :

Le régime-clan de Bachar al-Assad continue de bombarder les différentes régions de Syrie (gouvernorats de Alep, Idleb, Hama, Homs, Damas-Campagne et Damas, Daraa, al-Quneitra,…) en utilisant toutes sortes d’armes :

  • Barils explosifs (TNT avec fragments de métaux) qui causent beaucoup de destruction, font de nombreux blessé·e·s graves et multiplient les morts parmi les civils (partout Alep, Hama, Idleb, Homs, Damas-campagne, Daraa, al-Quneitra, etc.…). Ces engins de mort sont moins chers et de fabrication locale!
  • Missiles sol-sol. Ces missiles ont été utilisés depuis 2012 pour cibler Alep (au nord) depuis Damas (au sud). Actuellement ils sont toujours utilisés. Citons deux cas récents:

Le 8 octobre 2014, sur Al-Waer (quartier de Homs toujours assiégé), deux missiles sol-sol ont été lancés, l’un d’eux a touché un bâtiment d’habitation et a tué une dizaine de civils dont des enfants et plus de 40 personnes ont été blessées.;

Le 10 octobre 2014 al-Harra, à Daraa, a été ciblé par un missile sol-sol qui a tué une dizaine de personnes parmi les civils, dont des enfants.

  • Bombes à fragmentation. Ce genre de bombes cause beaucoup de dégâts et de victimes sans compter les dangers à plus long terme, car dispersés sur le sol les micro-explosifs blessent ou tuent des enfants qui les touchent ou des personnes qui marchent dessus. Le 10 octobre 2014 une bombe à fragmentation a été lancée dans la région d’Idleb.
  • Gaz, donc une arme chimique, continue à être utilisé à petite échelle, entre autres de la chlorine qui, formellement n’est pas incluse dans les «armes chimique». Tout indique qu’il reste des armes chimiques. Le 24 septembre, le lendemain des frappes de la «coalition internationale» (de fait, les Etats-Unis) en Syrie, Aadra (aux environs de Damas) a été touchée par du gaz mortel. Le 10 octobre, Handarate, quartier d’Alep, a été touché par du gaz mortel.
  • Mortiers et roquettes sont toujours utilisés… «sans modération»

Autres armes utilisées 

  • Les snipers, sont toujours en fonction et ce sont des tueurs professionnels.
  • Les Milices sectaires d’Assad et autres groupes étrangers sectaires sèment la terreur, comme le groupe libanais du Hezbollah, le groupe irakien d’Abou Fadl al-Abbas et les combattants des Gardiens de révolution envoyés par le pouvoir iranien.
  • Les enlèvements restent d’actualité.
  • Le siège des villes et des quartiers, la famine et les coupures d’eau. Nous citons ici particulièrement le camp al-Yarmouk, dans Damas, qui est privé d’eau depuis un certain temps. Ce quartier de Damas est initialement un camp de réfugié·e·s palestiniens qui s’est transformé, au cours des ans, en un quartier «urbain».
  • Les arrestations sont plus fréquentes que jamais. Le régime vise les activistes, leurs familles, les humanitaires, les journalistes. Il n’est pas rare de trouver des familles entières dans les centres de détention d’Assad. Prenons, ici, le cas de Racha: Racha, la trentaine, voulait fuir la Syrie pour mettre ses enfants à l’abri. Le 22 mai 2014, elle s’est rendue au bureau des passeports à Damas avec ses trois enfants pour obtenir les documents adéquats. L’aîné de ses enfants est né en 2010 et elle était enceinte de 7 mois. Elle a été arrêtée avec ses trois enfants ce jour-là ; et elle a donné naissance à des jumeaux en détention !
  • Le viol… est une arme de dégradation et d’humiliation terrible et est utilisée contre les femmes ainsi que contre des hommes…
  • La torture qui peut aller jusqu’à la mort. Citons ici le cas de Abdel Rahman FATWA, 26 an, vétérinaire, de Homs, mort sous la torture le 9 octobre après 3 mois de détention à Tartous. Avant lui, son frère Jamal, pharmacien, a subi le même sort en 2011.

Nous voudrions préciser que depuis la prétendue «réélection» de Bachar Assad (début juin, avec 88,7% des suffrages!) et le décret présidentiel d’amnistie générale qui s’en est suivi, 679 détenus ont trouvé la mort sous la torture … Donc, une «moyenne» de 5 par jour.

Il faut souligner un constat depuis le début de la formation de la «coalition», la violence du régime de Bachar al-Assad s’est beaucoup intensifiée.

Que pensent les Syriens de la situation actuelle?

Un journaliste a demandé quelle était la position des Syriens (vivant en Suisse) par rapport à ces frappes, mais aussi par rapport à Daech et ses exactions. La position des Syriens de Suisse n’est pas différente de celle des Syriens de l’intérieur ou d’ailleurs dans le monde. En une formule: «nous partageons la même amertume»

Bien que nous soyons absolument contre Daech et ses exactions, que nous dénonçons avec force, d’ailleurs nous n’avons pas arrêté d’organiser des mobilisations contre Daech et contre Assad depuis l’été 2013, nous ressentons aujourd’hui beaucoup d’amertume par rapport à l’intervention de la coalition emmenée par les Etats-Unis. Les raisons de notre amertume sont les suivantes, parce que la terreur d’Assad dépasse largement celle de Daech et malgré cela «on le laisse tranquille».

Nous constatons que tous les crimes contre l’Humanité, perpétrés largement et systématiquement par le régime syrien contre «sa» population, ne comptent absolument pas dans cette décision de frapper la Syrie. Même pas les 1500 morts par les armes chimiques à al-Ghouta!

D’ailleurs, Assad a assassiné plusieurs étrangers en Syrie sans aucune réaction de la part de la « communauté internationale ». Nous citons en particulier le cas du médecin anglais Dr. Abbas KHAN, chirurgien qui aidait à soigner les blessés à Alep, qui a été arrêté en novembre 2012 et exécuté par le régime en décembre 2013 dans un centre de détention à Damas. Avant lui l’assassinat des journalistes à Homs, le français Gilles Jaquier en janvier 2012, l’américaine Marie Colvin et le français Rémi Ochlik en fév. 2012, n’ont entraîné aucune réaction de ladite communauté internationale non plus. Douze journalistes étrangers ont trouvé la mort par les soins du régime Assad.

Il a suffi par contre que deux Américains, James Foley et Steven Sotloff, soient tués (de manière certes de plus inacceptable) par Daech pour motiver cette intervention, mais contre Daech seulement!

Personne n’a bougé pour protéger les civils en Syrie pendant plus de trois ans de répression sanglante avec aujourd’hui plus de 200000 morts! Nous avons l’impression que la communauté internationale ne «protège» que les individus de certaines nationalités (occidentales surtout) et reste impassible face aux massacres que subit tout un peuple. Mais aussi, il faudrait que le ou les criminels visés soient les bons… or on ne s’attaque qu’à Daech, mais pas au dictateur-assassin Bachar al-Assad et à son clan rapproché !

Quelques données chiffrées pour mesurer la gravité de la terreur d’Assad:

1°. Au cours du seul mois de septembre 2014, il y a eu 2’375 morts en Syrie dont 1707 civils tués à cause suite à la répression du régime Assad, dont 294 enfants. Alors que Daech a tué 350 personnes en Syrie en septembre, dont 120 civils.

Ceci pour dire que le nombre de victimes du terrorisme d’Etat, toléré par la communauté internationale, reste bien plus grand que celui de Daech.

Néanmoins, il est certain qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais terrorisme. Cette comparaison a pour seul objectif d’attirer l’attention sur le fait que le régime Assad est tout autant terroriste, et depuis fort longtemps, que Daech.

2°. Dans cette situation, on a l’impression que la stratégie de la coalition est d’affaiblir Daech et de maintenir la «crise» en Syrie avec une sorte d’alternative institutionnelle au sommet. Y –a-t-il un projet visant à affaiblir l’Armée Syrienne Libre (ASL) ou à la mettre dans une situation encore plus difficile tout en la «contrôlant» (avec deux bases dites d’entraînement au Qatar et en Arabie Saoudite…avec des délais mal définis ; et sous quelles conditions ?

L’intervention en Syrie a été présentée comme des frappes accompagnées d’aide aux combattants modérés sur le terrain. A Kobané (à la frontière avec la Turquie) les civils meurent aujourd’hui et les combattants kurdes manquent de balles ! Personne ne bouge pour leur venir en aide ! Les USA viennent de refuser d’appliquer une zone tampon sécurisée… Alors qu’il aurait fallu appliquer une zone d’exclusion aérienne sur la Syrie tout entière pour stopper la mort par les bombardements aériens !

4° «On» s’attaque à Daech et «on» laisse les autres groupes terroristes tranquilles… Combattre Daech seule et laisser tranquille tous les autres groupes terroristes chiites (Hezbollah, milices irakiennes et iraniennes) nous paraît très douteux! Si ce n’est parce que des relations avec le pouvoir iranien sont en marche du côté des Etats-Unis et de certains de leurs alliés.

En effet, l’effet de la présence de ces groupes chiites est de transformer la lutte des Syriens insurgés contre la dictature en une lutte sectaire, confessionnelle! Ceci risquerait fort de pousser certains Syriens et autres secteurs de la régions à se tourner vers l’extrémisme confessionnel… Ceci va certainement augmenter le déchirement au sein de la société syrienne et va aussi contribuer à ancrer l’extrémisme et à augmenter des actes de terrorisme, partout dans le monde, peut-être.

Le combat contre Daech augmente la souffrance de la population syrienne en premier lieu

Jusqu’à récemment, les civils syriens étaient les victimes du régime Assad et de ses alliés, mais aussi les victimes de Daech. Aujourd’hui, ils meurent aussi sous les missiles américains et leurs conséquences collatérales! Le premier jour des frappes, plusieurs cas de morts et de blessés ont été recensés parmi les civils (y compris des enfants), en Syrie.

Le 29 septembre 2014, la «coalition occidentale et arabe» a frappé une usine de Gaz et un stock de céréales à Deir Ezzor laissant les civils sans pain et sans combustible pour cuisiner! Nous n’avons pas entendu dire que des avions américains auraient parachuté de la nourriture pour les civils là-bas en Syrie comme ce fut le cas en Irak le 7 août 2014 – dans le Kurdistan, au nord de l’Irak.

Sans oublier que le fait d’oublier le terrorisme du régime Assad, encourage Assad à intensifier la violence et la répression contre sa population, ce qui est le cas aujourd’hui !

Bilan

Plus de morts, plus de blessés et plus de famine… sans espoir de voir enfin quelqu’un s’occuper de protéger les civils en Syrie contre un régime qui n’a jamais arrêté la terreur contre la population depuis plus de trois ans.

Cela ne peut qu’augmenter le ressentiment des Syriens contre les pouvoirs en place aux Etats-Unis et en Europe occidentale.

Craintes des Syriens

Nous ne savons pas ce qui se passe en coulisses. Après l’annonce par la coalition qu’elle ne collaborerait pas avec Assad, ce dernier a annoncé qu’il considérait ces frappes comme une agression.

Ensuite, Assad a tout soudainement déclaré qu’il soutenait les frappes occidentales. La «coalition» va-t-elle vraiment aider l’ASL («modérée») et les combattants kurdes syriens sur le terrain? On peut douter de cela quand on voit la politique du gouvernement de Turquie, plus soucieux de «contrôler les Kurdes» et de les frapper que de les aider (ne serait-ce qu’en laissant aller des forces kurdes aller se battre à Kobané). Obama a annoncé récemment que cette aide prendrait du temps (6 à 9 mois) dit-il, pour préparer l’ASL…Alors que l’ASL se bat sur deux fronts – contre Assad et contre Daech – depuis plus d’un an. Soit bien avant les frappes de la «coalition».

Que veulent les Syriens insurgés ?

Ce que nous souhaitons aujourd’hui c’est que la «communauté internationale» prenne enfin des mesures sérieuses pour mettre fin à toutes les formes de terrorisme en Syrie : celui du régime Assad, de Daech, d’Hezbollah, des milices iraniennes et irakiennes. Cela pour protéger les civils et mettre fin à ce bain de sang. Et ça commence par clouer l’aviation syrienne au sol et fournir un armement contre les avions, hélicoptère et les chars…

Terrorisme d’Assad et terrorisme de Daech, analogies et différences

Daech et le régime Assad, règnent par la terreur et la barbarie médiatisées. Tout le monde a vu ou entendu parler des vidéos de décapitation des journalistes occidentaux. Avant eux Daech a crucifié et décapité publiquement des Syriens qui s’opposaient à lui. Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux dont le but était de terroriser la population.

Avant Daech, Assad a organisé des massacres collectifs à l’arme blanche dans plusieurs localités en Syrie. Nous rappelons ici le premier massacre collectif en mai 2012 à al-Houla à Homs où des familles entières ont trouvé la mort. Le but est également de terroriser la population.

Dans les deux systèmes, un seul maître existe et est «adoré» (ou soumis à une adoration contrainte) comme s’il était un Dieu (Bachar pour le régime syrien et Baghdadi pour Daech). La population ne compte pas dans ces systèmes sauf peut-être pour y être soumise.

Ciblage des activistes, journalistes, médecins, humanitaires… pour empêcher toute forme d’activités constructives de la société civile.

Se dessine un objectif analgue : étouffer une révolution et détenir un pouvoir absolu !

Une grosse différence cependant entre ces deux formes de terrorisme

1° Assad terrorise principalement sa propre population. Si nécessaire, il n’hésite pas à tuer ceux qui, parmi les Occidentaux, aident la population syrienne… Cette forme de terrorisme est de moindre importance pour la «communauté internationale», ça se passe ailleurs, à la limite tout le monde s’en fiche. Tant qu’il ne s’agit pas «des nôtres»… Même si la durée de cette terreur dépasse les trois ans et demi…et la précédait sous d’autres formes moins visibles et moins amples.

Daech terrorise des populations sous son emprise (villes occupées, population qui ne se soumette pas à ses ordres), mais il suscite une crainte dans les pays occidentaux, et cela d’une façon très médiatisée.

Cette forme de terrorisme est beaucoup plus grave pour la «communauté internationale», car ça touche aussi, potentiellement, l’Occident !

C’est dans cette différence qu’Assad a trouvé dès le début les moyens de manipuler les opinions.

Stratégie et propagande d’Assad :

Etant conscient de cette différence importante, Assad a orienté sa machine de propagande dès le début des manifestations pacifiques pour s’acheminer vers la situation dans laquelle on se trouve aujourd’hui!

Il a accusé les manifestants d’être des salafistes (courant fondamentaliste, renvoyant au terme arabe salaf ; «ancêtre», «prédécesseur») dès la première manifestation en mars 2011. Afin de défigurer la révolution et de lui donner une couleur d’islamisme extrémiste. Cette propagande a été maintenue sans faille tout au long, même si elle n’avait aucune base sur le terrain au moins jusqu’à fin 2012,

Il a opté pour une répression violente, pas seulement contre les activistes, mais aussi contre leurs familles pour les pousser à prendre les armes, sachant que la résistance armée peut être plus facilement manipulée…

Malgré la violence, les manifestations sont restées pacifiques pendant six mois. Ensuite, les armes ont été utilisées d’abord pour protéger les manifestations et les lieux de protestation. Ensuite et suite à l’échec de la mission spéciale de l’ONU, conduite par l’ex-secrétaire général, Kofi Annan, en été 2012, l’offensive du régime a beaucoup augmenté. Il n’ y avait plus aucun choix possible de résistance pacifique.

Assad a annoncé à plusieurs reprises une amnistie générale… ceci depuis 2011. A chaque fois, il a libéré surtout des détenus islamistes fondamentalistes…

Il a ciblé particulièrement les journalistes, les activistes laïques, les Syriens et Syriennes, éduqués, cultivés et patriotiques qui pourraient aider à rassembler la population (ils ont disparu, ont été tués, détenus, ou été poussés à fuir…).

Mais également la violence et les massacres collectifs ont été orientés afin d’ attiser le sectarisme. Ces tueries ont ciblé particulièrement les sunnites, le plus probablement pour stimuler des réactions des islamistes.

Quelques points d’interrogation à propos de rapports entre Assad et Daech?

Ceux et celles qui connaissaient le rôle joué par Assad dans la manipulation d’al-Qaïda en Irak suite à la guerre américaine de 2003, peuvent cogiter sur son possible rôle dans le lancement de Daech en Syrie au printemps 2013.

Nous rappelons, ici, le cas de James Folley le premier journaliste décapité par Daech, ce qui a motivé (du point de vue de déclarations publiques) les frappes de la coalition.

James Foley a été détenu par le régime Assad dès novembre 2012, bien avant la naissance même de Daech (au printemps 2013). En mai 2013 encore, l’AFP a publié qu’il avait été enlevé par des milices pro-régimes et qu’il était entre les mains du service de renseignement à Damas. Et soudainement il se trouve entre les mains de Daech qui le décapite au moment même où Assad se propose comme partenaire pour la lutte contre le terrorisme. Une coïncidence. Ce dossier est bien évidemment connu des services d’intelligence des Etats-Unis.

Daech décapite d’une façon très médiatisée des journalistes et des humanitaires qui ne pouvaient pas rester immobiles et silencieux face à la catastrophe qui se passe en Syrie. Daech n’a jamais décapité un individu pro-régime d’Assad, jusqu’à tout récemment.

Ce qui est certain est que le régime ne s’en est jamais pris à Daech, et Daech ne s’en est jamais pris aux forces du régime, ceci jusqu’à la formation de la «coalition internationale». Tous deux s’attaquent, par contre, aux activistes et à l’ASL.

Aujourd’hui il est évident que les décapitations des journalistes ont soudé le monde entier dans une guerre anti-terroriste. Ainsi Assad et ses exactions ont été complètement oubliés. Et pire encore, peut-être même que la coalition cherchera-t-elle à l’avenir à collaborer avec lui dans le rôle du pompier pyromane, comme garant contre le terrorisme.

10659110_988981354461764_2744297260737711689_o

En conclusion, on ne peut pas s’attaquer aux symptômes du terrorisme seuls… j’entends par-là Daech, et mettre entre parenthèses, ignorer l’origine même du terrorisme dans la région – et particulièrement dans sa base syrienne, j’entends ici le régime mafieux et criminel d’Assad.

(11 octobre 2014, Zurich)

Le saviez-vous?

Mémoire de la Révolution

L’arrestation d’enfants de la ville de Deraa en mars 2011 par les forces de sécurité syriennes et leur torture a été l’élément déclencheur de la Révolution syrienne, alors que la Syrie vivait jusque là sous le joug militaire et sans partage des Assad depuis plus de 40 ans. Quel avait été le crime de ces enfants ? Avoir écrit des slogans politiques sur les murs de leur école.

Depuis le début de la Révolution en 2011, plus de 160’000 civils ont été tués, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Parmi ces morts se trouvent beaucoup de femmes, d’enfants, d’artistes, d’intellectuels ou encore de militants pacifiques. Des centaines de milliers de Syriens ont en outre été illégalement arrêtés et emprisonnés. Il est important de rappeler qu’être détenu en Syrie ne signifie pas uniquement être enfermé, mais est également synonyme de torture, menant dans de nombreux cas à une mort atroce.

On compte aujourd’hui plus de 10 millions de déplacés à l’intérieur de la Syrie et de réfugiés dans les pays voisins. La Syrie est ainsi devenue le premier pays mondial exportateur de réfugiés, alors que dans le passé, elle était le 2ème plus grand pays accueillant de réfugiés.

Les attaques chimiques du 21 août 2013 commises par les forces du régime Assad à El-Ghouta Orientale (Banlieue de Damas) sont certainement l’un des crimes de masse qui ont le plus choqué le monde. Cette nuit-là, plus de 6’000 personnes ont été affectées par ces bombardements. On dénombre plus de 1’722 morts, et des milliers d’autres ont, jusqu’à aujourd’hui, des séquelles physiques et psychologiques.

Sauvez les enfants en Syrie!

Sauvez les enfants en Syrie!

Ces attaques sont à ajouter à une liste de crime encore plus large. Le régime Assad n’a en effet pas cessé un seul jour de massacrer sa population en assiégeant et bombardant quotidiennement les villes syriennes. Cette même ville de Ghouta Orientale, qui avait été bombardée par le régime ce 21 août 2013, subit jusqu’au jour d’aujourd’hui un implacable siège militaire. La population civile y est privée d’un accès régulier aux soins, à la nourriture et à l’eau potable, et cela dans l’indifférence la plus générale. Aucune action concrète n’a en effet été prise pour venir en aide à la population civile et permettre à celle-ci de vivre dignement et en sécurité.

Notre message aujourd’hui est simple : Le peuple syrien continuera à lutter pour sa liberté, sa dignité et la justice. Le prix de la liberté est cher, mais le silence face à l’oppression est criminel. En ce jour de commémoration des attaques chimiques, nous demandons à ce que la communauté internationale prenne enfin ses responsabilités, au lieu de se poser en simple spectatrice du massacre du peuple syrien.

Saviez-vous que :

  • La Syrie est un berceau de l’Humanité vieux de plus de 12’000 ans
  • Pendant les années cinquante, la Syrie avait vécu des années de démocratie avant l’arrivée des régimes totalitaires.
  • Hafez Al Assad s’est saisi du pouvoir à travers un coup d’Etat et a transformé la Syrie en dictature militaire
  • Des dizaines de milliers de Syriens ont été tués par le régime Assad à la fin des années 1970, début des années 1980. Le principal massacre a eu lieu à Hama en 1982
  • En mars 2011, les Syriens se sont soulevés contre le régime de Bashar Al Assad après des décennies de terreur
  • Les Syriens ont manifesté pacifiquement pendant 6 mois, mais ils ont été réprimés dans le sang.
  • Le premier mouvement armé de la Révolution syrienne a été initié par des soldats et officiers syriens ayant déserté l’Armée syrienne après avoir refusé de tirer sur les manifestants pacifiques. Cela a donné naissance à « l’Armée Syrienne Libre » (ASL)
  • Le groupe extrémiste nommé « L’Etat islamique » (EI) ne représente pas les révolutionnaires syriens et n’a pas opposé de résistance réelle aux forces du régime Assad
  • Toutes les minutes, une famille syrienne est forcée de fuir
  • Toutes les 10 minutes, un Syrien est tué
  • Selon l’ONU, plus de la moitié des réfugiés ont moins de 18 ans

Le 20.08.2014, une nouvelle attaque au chlore a eu lieu à Jobar (Damas)!

Par Syrian Voices

Un an après les crimes de masse en Syrie avec les armes chimiques le criminel est encore appelé « Monsieur Le Président » et le crime se poursuit !

Mémoire de la Révolution

Un an après les massacres avec les armes chimiques à al-Gouta (Damas), nous re-publions l’article de FSD de septembre 2013.

Un an déjà et le crime continue!

Un an déjà et le crime continue!

Soyons du bon côté de l’histoire

Vous êtes nombreux à manifester en masse à tous les coins de rues à travers le monde depuis l’annonce d’une possible intervention internationale en Syrie, et quand je vous y vois tous, j’ai envie de hurler…!
Où étiez-vous quand le régime syrien torturait des enfants de 10 ans, pour finir par renvoyer leurs corps en morceaux à leurs parents ? Où étiez-vous quand il a répondu aux manifestations pacifiques et aux demandes de réformes à coups de snipers et de tanks ?
Où étiez-vous quand il a commencé à bombarder volontairement les zones civiles ? Et au lancement du premier missile balistique, d’une puissance telle qu’il a réduit à néant tout un bloc d’immeubles? Avez-vous réagi aux massacres à l’arme blanche, quand les milices du régime exterminaient la population d’un quartier entier, massacres qu’on pourrait qualifier de nettoyages ethniques ?
Et où étiez-vous quand, le 21 août 2013, le régime Assad a gazé la population d’Al Ghouta, lançant une trentaine de missiles, faisant plus de 1500 morts et 10’000 blessés dont plus d’un tiers d’enfants ?

J’étais, moi, dans les rues à dénoncer le régime syrien et l’indifférence de la communauté internationale et je peux vous assurer les syriens s’y trouvaient seuls. Quel droit avez-vous dès lors de protester contre une intervention en Syrie ? N’y avait-il pas déjà une « guerre » en Syrie ? Il fallait vous insurger avant!

On ne veut pas voir d’intervention internationale en Syrie, alors que l’Iran et le Hezbollah y ont mis les pieds depuis des lustres, travaillant main dans la main avec le régime. On critique l’impérialisme américain mais quand il s’agit de l’armement du régime syrien par les russes, on ne pipe mot. De fait, la réponse internationale a été longtemps attendue, en vain.

Une intervention aurait été, à l’époque, très facile à mettre en place, et déjà légitime. Dès le début du soulèvement la réponse du régime aux demandes du peuple a été plus que démesurée. On ne tire pas à balle réelle sur des manifestants, on ne sort pas les tanks. Se débarrasser du régime aurait été à la fois facile et justifié. Quelques mois plus tard, on aurait eu besoin de couloirs humanitaires et d’une zone d’exclusion aérienne. Il aurait fallu armer les rebelles (alias: des déserteurs et des civils) afin qu’ils puissent se défendre contre le régime à armes égales. Cela aurait probablement suffi à mettre fin au bain de sang. Mais ça n’était pas dans les intérêts des Etats-Unis. Ils soutenaient, et soutiennent encore, les intérêts d’Israël, qui eux correspondent a un affaiblissement de la Syrie. C’est à dire ni opposition ni régime, mais bien le conflit. En étudiant les arrivées d’armes a l’opposition, on découvre qu’elles ne se font qu’au compte-goutte, et dépendent de l’évolution de la situation sur le terrain, sans doute pour garder un équilibre vital au prolongement du conflit. (Beaucoup des armes promises et tant attendues ne sont du reste jamais arrivées).

Puis, presque deux ans après le début du conflit, les brigades islamistes ont débarqué, officiellement affiliées a Al-Qaïda. La communauté internationale les a alors utilisées comme excuse pour ne plus intervenir dans les affaires syriennes de peur d’armer les « mauvais rebelles ». Il a ensuite été prouvé que ces milices étaient en fait financées par le régime syrien. Pour en revenir à la-dite intervention à venir, sachez qui ni l’ONU ni les Etats-Unis n’interviendraient s’ils avaient le choix. Personne n’a d’intérêt aujourd’hui à une intervention importante en Syrie, sinon elle aurait déjà eu lieu et le conflit aurait pris fin. La vérité c’est qu’ils ne l’ont pas, ce choix. Parce que, s’ils n’interviennent pas maintenant, alors les conventions de Genève et le Protocole de Genève interdisant l’usage des armes chimiques ne sont que des mots vides de sens auxquels les gouvernements n’ont aucune obligation de se tenir.

Mais ne vous méprenez pas, ces frappes aériennes ne sont pas faites pour aider l’opposition, elles ne changeront en rien le rapport de force actuel. Elles ont pour unique but de punir le vilain garçon qui a poussé le bouchon (la ligne rouge en l’occurrence) trop loin. C’est la raison pour laquelle la liste des cibles avait été communiquée, pour éviter un risque de réponse sur Israël, risque que personne n’oserait prendre. Risque d’ailleurs bien réel puisque le Hezbollah a annoncé en retirant ses troupes que si les frappes modifiaient un tant soit peu l’équilibre de la situation, ils déclareraient la guerre à Israël. On remarquera aussi que le massacre en question a eu lieu il y a déjà deux semaines, et que les acteurs comme l’Angleterre se retirent peu à peu. Alors que les frappes se font attendre la probabilité d’une intervention diminue chaque jour.

Dormez donc sur vos deux oreilles, il n’y aura pas plus de guerre en Syrie qu’il n’y en a déjà, éventuellement quelques frappes sanguinaires de plus. Mais s’il y a une chose dont vous pouvez être sûrs, c’est que, quoi qu’il arrive, la seule victime de l’histoire sera le peuple syrien, et que c’est bien le seul qui n’y a pas son mot à dire.

Leila
Membre de FemmeS pour la Démocratie

Al-Ghouta, où va-t-on?

Un poème écrit par Julie, une jeune des FSD, et récité  lors du rassemblement devant l’ONU le 6 septembre:

Je suis ici pour dire que je ne comprends pas
Je ne comprends pas pourquoi il n’y a que nous, ici et là
A protester contre le massacre d’Al-Ghouta…

A protester contre le massacre d’Al-Ghouta
Alors que cette fois
L’ONU était à deux pas
Les inspecteurs dans leur hôtel 5 étoiles
Qui n’ont même pas fait de constat…

Qui étaient là, mais là pourquoi ?
Pour faire joli apparemment
Puisqu’Assad a pu tuer tous ces gens
Sans même verser une goutte de sang
Puisqu’il a pu tuer tous ces gens
Alors qu’ils dormaient tranquillement, naïvement
Dans leurs lits…

En une nuit…
En une nuit plus sont partis qu’aucun autre jour avant et depuis
Sans provoquer de réaction, de compassion
Internationale…

On ne leur a rien demandé
Ils ne se sont jamais réveillés
Et c’est vrai
Que certains l’attendaient
Cette mort tant espérée
Qui est venue les délivrer
De leur cauchemar quotidien.

Mais trop d’enfants,
Trop d’enfants au mauvais endroit au mauvais moment
Qui n’ont pas eu leur mot à dire quant à leur avenir…
Leur avenir volé
Par des gaz irréguliers
Utilisés simplement pour tuer.

Et je voudrais qu’on m’explique
Où sont passés les politiques ?
Puisqu’ils n’ont d’autres thématiques
A la bouche que les groupes islamiques
Et que bien cachés derrière leur veto
Ils nous ont tourné le dos
Tandis que sur leur jeu d’échec ils avancent leurs pions
Sans même penser à la population
Mais juste à l’intérêt des nations…

Et pendant ce temps-là
Des gens meurent, des gens pleurent, d’autres attendent un revirement
Qui ne saurait tarder
Mais qui risque d’arriver
Trop tard, pour changer…

Mais où va-t-on ?
Où va-t-on dans un monde où seul l’Occident peut prétendre à l’objectivité ?
Dans un monde où les enfants se réveillent seulement pour réaliser
Que leurs cauchemars n’étaient autres que la réalité ?
Dans un monde où la neutralité
Est un luxe que seuls peuvent se permettre les non-persécutés
Et où l’engagement est troqué contre des virées, des soirées, du divertissement en quantité…
Où va-t-on lorsque les plus favorisés
Ferment les yeux pour ne pas être heurtés, choqués, désillusionnés
Et les ouvrent uniquement
Lorsqu’ils sont finalement touchés personnellement
Par cette violence qui perdure depuis bien trop longtemps maintenant…

Je suis fatiguée
Fatiguée d’expliquer
Pourquoi la mort d’un seul bébé
C’est déjà trop cher payé
Pour un pays où quotidiennement
Les habitants
Sont tués, torturés, violés, arrêtés
Et où la liberté d’expression
Est presque une conspiration
Pour faire croire au bon fonctionnement
D’un pays géo-politiquement
Trop intéressant…

Alors que faire maintenant ?
Que faire quand tout ce qu’on attend
C’est que finalement
Le reste du monde voie
L’humanité là-bas…
Le reste du monde voie
Le même humain, ici et là.

———————-

http://www.youtube.com/watch?v=aiZN97vRtuk&feature=youtu.be

Ecrit par Julie de FSD (FemmeS pour la Démocratie)