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Enlèvement du Père Paolo Dall’Oglio, un an déjà

Rassemblement de solidarité avec le Père Paolo Dall’Oglio
et tous les détenus de Syrie

Lausanne, 7 août 2014, rendez-vous place de la Riponne à 17h30

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  • Dans la nuit du 27 au 28 juillet 2014, le régime dictatorial syrien de Bachar el-Assad déversait des barils de TNT sur Chaar, un quartier rebelle d’Alep: au moins neuf civils dont trois enfants sont tués. Tous les jours depuis plus de trois ans, la tragique liste des victimes de ce régime ne cesse de s’allonger. Tués, blessés, emprisonnés, torturés, kidnappés par les services du régime et ses alliés du moment dont Daech, contraints à l’exil intérieur et à l’exil dans les pays voisins, ces persécutés se comptent par millions.
  • Le 29 juillet 2013 – il y a un an – le Père Paolo Dall’Oglio a été enlevé en Syrie par Daech (Etat islamique en Irak et au Levant- EIIL). Depuis lors, sa voix nous accompagne, au milieu d’un silence qu’impose, aujourd’hui, ladite communauté internationale sur cette disparition et sur les ténèbres dans lesquelles est plongée la majorité de celles et ceux qui constituent le peuple de Syrie.
  • Paolo Dall’Oglio, engagé dans le dialogue islamo-chrétien, animait le monastère de Mar Moussa en Syrie. Dès mars 2011, il prit parti pour la révolution syrienne. Dans son dernier ouvrage La rage et la lumière, il révélait les racines de cet engagement : «La tragédie de Hama en 1982, ses dizaines de milliers de morts, dans le plus grand silence occidental, a été l’objet de questions qui m’ont taraudé: à quel titre et pour quelles missions avais-je demandé un permis de résidence en Syrie à ce même régime qui exerçait sur son propre peuple une dictature féroce?» En février 1982, le régime d’Hafez el-Assad – père de l’autocrate Bachar – bombardait la ville de Hama, rebelle, faisant des milliers de morts. Déjà les grandes puissances se taisaient au nom de la «stabilité régionale». Les membres des Frères musulmans n’étaient pas des êtres humains. Paolo Dall’Oglio n’a pu l’accepter. Voilà la raison pour laquelle il écrivait, peu de temps avant sa disparition : «La Oumma humaine devrait porter les angoisses et les blessures de la Oumma musulmane, avec plus de miséricorde, de solidarité, car nous sommes tous embarqués sur cette planète fragile. Ne pas porter le poids des uns des autres rend la vie de chacun insupportablement lourde.» A sa façon, Paolo Dall’Oglio, dans cette partie du monde, exprimait son option préférentielle pour tous les opprimés et les exploités, sans exception.
  • En suivant cette voie – sa voie – il ne pouvait que prendre parti pour la révolution qui commença en mars 2011 en Syrie. Il nous laissait en effet ce message : «Je me suis rangé du côté de la révolution, au point de justifier l’autodéfense armée de ce peuple trahi et abandonné par l’opinion publique.» En juillet 2013 – après avoir été expulsé par le régime de Bachar el-Assad en juin 2012 – il décida de faire un nouveau voyage en Syrie. Tout d’abord, car il croyait «à la force de la prière en situation… toute notre tradition sémitique locale, juive, chrétienne et musulmane témoigne de cette expérience que la prière force les événements, tord le bras du destin, dévie la trajectoire du malheur». Ensuite, «car le massacre, surtout des civils, enfants, femmes, vieillards restés à la maison, montre le désir de se débarrasser radicalement de l’autre, de nettoyer la terre de sa présence, de couper et de tarir sa descendance».
  • Paolo Dall’Oglio n’a pas disparu pour nous. Il nous habite, car il enseigne par ses actes et sa parole un choix qui s’impose à tous et toutes. Epouser avec conviction et raison les espoirs qui se logent aujourd’hui dans le cœur de millions de Syriennes et Syriens, des espoirs qui brisent le silence construit par les dominants qui n’ont que mépris pour les majorités dites silencieuses quand elles se rebellent et optent pour leur émancipation, dans toutes ses dimensions. Sur ce chemin, la révolution pour une Syrie libre, juste et démocratique est la première étape nécessaire pour qu’un peuple martyr et toujours en lutte recouvre sa dignité. Un peuple qui comprendrait immédiatement ce que disait le 22 juillet 2014 un Palestinien de Gaza : «Nous avons reçu des tracts pour évacuer, il y a quelques jours, mais je ne m’attendais pas à un tel carnage. C’est comme si nous étions à Alep.» Une unité profonde soude les aspirations et les attentes du peuple syrien rebelle et du peuple palestinien, comme des peuples de toute une région. L’Occident a voulu assigner ces peuples à une prétendue «servitude volontaire» qui légitimait les dictatures. Cela pour faire oublier le despotisme colonial et les services rendus par ces autocraties.

Paolo Dall’Oglio rejetait ces mystifications, ces mensonges. Il nous le répète sous des modalités que chacune et chacun se doivent de bâtir dans un combat partagé.

Rassemblement organisé par FemmeS pour la Démocratie et soutenu par Mouvement pour le Socialisme (MPS) et SolidaritéS.

Terrorisme d’Etat toléré en Syrie?

Chronique de la Syrie

Les barils explosifs d’Assad continuent à tomber sur Alep mais aussi dans d’autres régions de Syrie. Et pourtant le silence continue à régner autour des crimes d’Assad. On se demande toujours pourquoi ?!

La nuit du 17 au 18 juin, alors que les déplacés syriens du camps d’Ash-Shajarah dormaient, les forces d’Assad ont lancé deux barils sur ce camp qui accueille trois cents familles de déplacés syriens qui ont fui la région de Daraa et qui sont en majorité des enfants, femmes et vieillards. Ces barils ont tué et blessé des dizaines de civils dont beaucoup d’enfants qui attendaient de pouvoir rejoindre la Jordanie pour se mettre à l’abri. Comment appelle-t-on un tel acte barbare mené par l’Etat qui est censé protéger sa population ? N’est-ce pas du terrorisme? Et le régime syrien n’est-il pas alors un Etat terroriste ?

Après le bombardement du camp Ash-Shajara

Après le bombardement du camp Ash-Shajara

La ville d’Ash-Shajarah se trouve par ailleurs dans un triangle territorial entre les frontières syriennes, jordaniennes et le Golan occupé par Israël. Une interdiction de survol de ce triangle est convenue entre Israël et la Syrie par mesure de sécurité. Or cette nuit là les hélicoptères d’Assad ont survolé cette région sans être ni repérés ni attaqués par Israël, Israël serait-il complice? de terrorisme sur des réfugiés? !

Actuellement, les medias occidentaux parlent de terrorisme en évoquant les extrémistes islamistes de l’Etat Islamique de l’Irak et du Levant (EIIL); mais personne ne parle du terrorisme d’Etat en Syrie ! Est-ce que par définition le terrorisme serait tout acte qui pourrait menacer les intérêts occidentaux et leurs alliés (dont Israël) exclusivement ? Est-ce que la définition du terroriste implique qu’il soit islamiste ?

Depuis trois ans le régime syrien détruit son propre pays, bombarde les civils par toute sorte de bombes y compris, et aujourd’hui encore, chimiques, autorise le pillage contre une seule communauté, autorise le viol des femmes, massacre les civils et chasse les citoyens du pays pour en importer d’autres afin d’introduire un changement démographique, affame sa population et utilise les moyens les plus effroyables pour torturer les détenus d’opinion, les travailleurs humanitaires et le personnel médical en détention!

Toutes ces exactions qui ont fait l’objet de dizaines de rapports des organisations des droits de l’homme et qui constituent les crimes de masse les plus importants depuis la 2e guerre mondiale, n’ont suscité aucune action sérieuse de la communauté internationale pour mettre fin à la barbarie de l’Etat syrien.

Aujourd’hui, on entend Obama annoncer être prêt à intervenir en Irak pour stopper le terrorisme des islamistes de l’EIIL. Dans ce cas ci, il n’ y a plus aucun besoin d’une décision du conseil de sécurité, ni semble-t-il de consultation du Congrès américain, comme c’était le cas pour une éventuelle action pour protéger le peuple syrien !

Les USA sont prêts à intervenir pour sauver un dictateur pourri mais refusent de le faire, même un petit peu, pour sauver tout un peuple pris en otage par un malade fou furieux qui prétend ramener l’ordre dans son pays en assassinant femmes, enfants et vieillards dans les camps de réfugiés!

FSD

 

La révolution continue!

A l’occasion du rassemblement à Lausanne, le 03.06.2014, pour dire non à la farce électorale en Syrie, la radio suisse romande à interviewé notre invité François Burgat, politologue spécialiste du Moyen-Orient.

Dans la presse Suisse:

Article de l’ATS paru dans l’Hebdo et Swissinfo.

Article dans le 24Heures

Lors du rassemblement, il y a eu plusieurs interventions. Nous publions ici celle de FSD.

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En Syrie Le régime célèbre aujourd’hui le semblant d’une démocratie dans un pays dévasté par une guerre menée par un dictateur sanguinaire contre sa population… une population qui continue à revendiquer liberté, dignité et démocratie.

 Les Syriens de l’intérieur craignent cette journée… ils ont peur de tout ce qui peut se passer… Sortir de la maison ou pas… aller voter ou pas… chaque choix pourrait avoir des conséquences sur leurs vies…

De quelles élections démocratiques parle-t-on lorsque les barils explosifs de l’aviation de l’armée assadienne continuent à détruire Alep mais aussi la vie de ses habitants ?

J’aimerais ici partager avec vous l’histoire d’un enfant d’Alep qui s’appelle Moustafa Arab. A l’âge de 10 ans Mousatafa, comme bcp d’enfants syriens aujourd’hui, travaillait pour permettre à sa famille de se nourrir. Moustafa allait tous les jours vendre des biscuits dans les rues d’Alep. Le 30 mai, alors que Bachar Assad se préparait à célébrer sa future élection comme président, l’un des aviateurs de son armée lançait les barils de la mort sur Alep… ce jour là le baril a touché Moustafa et a mis fin à sa vie.

 De quelle élections démocratiques parle-t-on lorsqu’on décompte plus de 330 morts sous la torture pendant le seul mois de mai, le mois des campagnes présidentielles bidons…

J’aimerais vous raconter l’histoire d’une jeune fille de Daraa, Ni’ma al-Qadiri qui s’était fait arrêtée en novembre dernier à l’âge de 16 ans lorsqu’elle passait un barrage de sécurité à Inkhel. Ni’ma a été alors torturée à mort et son corps a été rendu à sa famille en mai alors que Bachar Assad préparait sa future élection à la tête du pays sensé protéger ces enfants.

Aujourd’hui 9’000 enfants se trouvent tjs en détention et risque le sort de Ni’ma aujourd’hui et celui de Hamza al-Khatib en mai 2011.

Rappelons-le, 4,5 millions d’enfants syriens sont devenus réfugiés ou déplacés et dont la majorité a interrompu sa scolarité voir n’en a jamais eu.

De quelle élections démocratiques parle-t-on lorsqu’à Homs commence le pillage juste après le départ des révolutionnaires… Le pillage par les Shabbiha de toute une ville détruite à 85%, ceci sous le nez des habitants qui sont pressés de voir leurs maisons. Le pillage est organisé par les milices du régime alors que Bachar Assad préparait sa future élection à la tête de ce pays qu’il a détruit.

Je vous raconte l’histoire de d’une jeune femme et son père qui sont allés voir dans quel état se trouvait leur maison. Soudain ils voient arriver une camionette dans la rue et un groupe d’hommes en descend et arrive devant la maison du voisin. Ils commencent par démonter la porte et l’emporter. Elle leur demande d’arrêter ce vol. La réponse est qu’ils sont un groupe de déminage… lorsque le groupe finit le soit disant déminage, la maison est complètement pillée. Même les files électriques sont arrachés !

 J’aimerais juste poser une question à nos amis suisses:

Accepteriez-vous un président de votre pays qui le bombarde et le détruit ?

Accepteriez-vous un président de votre pays qui fait arrêter et torturer les enfants en toute impunité ?

 Accepteriez-vous un président de votre pays qui encourage le pillage organisé en toute impunité ?

 Assad est juste un assassin mafieux qui a donné les clés de la Syrie à l’Iran et à la Russie avec la bénédiction de la communauté internationale par son inaction… Le seul endroit ou il a sa place c’est la prison. Une court spéciale peut-être formée par une convention de seulement deux pays… qu’attend le monde occidental pour agir ?

Les Syriens continuent leur révolution malgré et contre tous… Vive le peuple syrien, vive la révolution…

Depuis Lausanne, la Révolution Continue!

Depuis Lausanne, la Révolution Continue!

FSD

 

 

 

 

 

 

NON à la farce électorale du régime dictatorial et sanguinaire de Bachar al-Assad

Rassemblement et conférence de presse avec la participation de François Burgat

3 juin 2014, à 14h00, devant la Cathédrale de Lausanne

  • Le 15 mars 2011, le peuple syrien est sorti dans la rue pour revendiquer la liberté et la dignité, cela dans la foulée des soulèvements populaires dans la région. Durant quelque six mois des manifestations pacifiques ont eu lieu dans beaucoup de régions de Syrie, du nord au sud et de l’ouest à l’est. La réponse du régime Assad – co-propriétaire du pays – a été de réprimer ces manifestations par ses services de «sécurité», ses milices, son armée. Arrestations et tortures se sont multipliées. Après six mois, une résistance armée a vu le jour, d’abord pour protéger les manifestant·e·s et plus tard pour libérer le pays d’une dictature installée depuis 40 ans. La révolution a progressivement pris le contrôle de près de 50% des territoires, cela malgré son manque d’armement et de ressources matérielles et financières.
  • Assad, après avoir perdu beaucoup de soldats de l’armée régulière suite aux désertions, a dû faire appel à des mercenaires étrangers pour renforcer ses forces de répression: le Hezbollah libanais; l’unité al-Qods, branche des «gardiens de la révolution» d’Iran chargé d’opérations en dehors de l’Iran, et des milliers de «gardiens de la révolution»; ainsi que des forces militaires issues d’Irak et placées, de fait, sous la protection du gouvernement de Nouri al-Maliki. En outre, la Russie de Poutine a assuré non seulement l’entretien des hélicoptères et des avions de chasse, mais n’a cessé de livrer – jusqu’à maintenant – des quantités d’armes et de munitions. Parallèlement, la Russie utilisait son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU – avec l’appui du gouvernement chinois – en vue de défendre le régime Assad et de renforcer ses intérêts ainsi que son pouvoir de négociation au plan international.
  • Très rapidement, après mars 2011, Bachar al-Assad a utilisé des islamistes – que son régime avait emprisonnés et réprimés – pour faire diversion. En cela, il continuait sa politique de division confessionnelle qui a toujours été un instrument du pouvoir. Actuellement, les forces djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), ayant les pires traits d’un système répressif, ont établi avec le régime Assad une sorte de «paix des bourreaux et des cimetières».
  • Les révolutionnaires ont demandé une aide matérielle et en armes pour défendre le processus révolutionnaire. Aucune aide d’importance ne leur est parvenue de la part desdites démocraties occidentales. Dans ce contexte, des régimes «pétroliers» et hyperconservateurs du Golfe, dans leurs propres intérêts géopolitiques et pour transformer cette révolution populaire en guerre confessionnelle, ont appuyé et organisé des forces militaires fondamentalistes qui s’opposent aux objectifs de la révolution et s’attaquent aux révolutionnaires. Ces groupes fondamentalistes ont donné une tonalité islamiste à des secteurs de la lutte militaire contre le régime d’Assad, ce qui a été utilisé par des puissances occidentales pour justifier leur refus d’aide effective aux combattants anti-dictatoriaux.
  • Le régime Assad a systématiquement utilisé l’aviation et des armes lourdes pour bombarder les régions au centre des protestations, détruisant des quartiers, des villages et des villes entières. Les hôpitaux et les infrastructures médicales sont la cible des attaques, un fait presque sans précédent dans l’histoire. Il n’a pas hésité à utiliser les armes chimiques à al-Ghouta en août dernier, tuant plus de 1’500 civils. Il continue aujourd’hui à utiliser le chlore dans les environs de Hama. Il a assiégé et affamé plusieurs régions pour faire s’agenouiller les révolutionnaires. Il tente même de repeupler des quartiers d’Homs avec des «chiites étrangers» : une politique «démographique» qui s’ajoute à celle du dépeuplement par bombardements.
  • Tout cela dans le silence assourdissant – qui dure depuis trois ans – de la communauté internationale! L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a constaté que le régime Assad disposait encore de 8% du stock relevé des armes chimiques. Pourquoi le régime s’en débarrasserait-il maintenant? Il sait, par l’expérience, qu’il peut les utiliser, sans trop de risques.
  • Jusqu’à aujourd’hui, cette répression barbare a eu comme conséquences: plus de 200’000 morts dont plus de 15’000 sous la torture, plus de 500’000 blessés, 350’000 détenus et disparus dont 9’000 enfants détenus, 9 millions (40% de la population) ont perdu leur logement et sont soit déplacés, soit réfugiés. Le pays est aujourd’hui complètement dévasté par les actions de ce régime dictatorial sanguinaire qui l’a entraîné dans un gouffre!
  • Malgré cette destruction d’un pays et le crime de masse contre la population, la révolution de la dignité, sous diverses formes, continue. Ce courage et cette volonté doivent être reconnus et soutenus. Or, le régime Assad – qui n’a jamais organisé d’élections démocratiques durant des décennies – prétend organiser une élection présidentielle, avec un candidat, Bachar, et deux pantins. Une farce électorale criminelle qui devrait faire passer le dictateur pour un démocrate, un pays dévasté pour un pays construit (avec la diffusion télévisée de quelques images du centre de Damas), un peuple torturé, déplacé, réfugié, meurtri, affamé, pour un ensemble d’électeurs réjouis! Une mystification que peu de dictatures – de Hitler à Staline – n’ont égalée.
  • L’histoire nous a enseigné que ce genre de crime camouflé doit être dénoncé et montré pour ce qu’il est: la forfaiture d’un dictateur gangster.
"This is my achievements, vote me !"

« This is my achievements, vote me ! »

Dès lors, venez nombreux vous joindre à nous, ce 3 juin 2014, pour affirmer haut et fort que la révolution syrienne continuera jusqu’à la chute de cette dictature sanguinaire et que la Syrie s’acheminera vers un Etat démocratique qui respecte les droits de toutes les Syriennes et de tous les Syriens quelles que soient leurs appartenances communautaire, ethnique ou politique.

Organisé par : FemmeS pour la Démocratie, Zürich Coordination Committee, Campagne #Non, Campagne #Eléctions du Sang, Campagne #SOS Syria, Forum politique Saba Barada, Mouvement de la jeunesse de la future Syrie, Muwatana (bureau de l’Europe), Mouvement Kurde de l’Avenir.

Soutenu par : Mouvement pour socialisme (MPS), SolidaritéS.

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Comment organiser une élection présidentielle démocratique jouée d’avance ?

« Le résultat de l’élection présidentielle qui se déroulera en Syrie le 3 juin est déjà connu.
En dépit du bilan plus que calamiteux de la deuxième partie de son second mandat qui a débuté en 2007 – … – Bachar al-Assad sera réélu.

S’il daigne faire campagne, il mettra en avant les slogans qu’il se plaît à ressasser alors qu’ils ne convainquent plus guère que deux catégories de personnes : ses adorateurs inconditionnels, les menhebbakjis, qui ont montré que leur amour exclusif pour le chef de l’Etat, résumé dans la formule « Bachar ou nous brûlons le pays », pouvait les conduire aux pires atrocités ; et ceux qui, méprisant les aspirations à la liberté et à la dignité qui ont jeté les Syriens dans les rues en mars 2011, contribuent en Occident à accréditer l’idée que l’héritier de Hafez al-Assad reste un réformateur, un promoteur de la laïcité, un protecteur des minorités, un ennemi du terrorisme, un rempart contre le djihadisme, bref un moindre mal face à une montée du radicalisme religieux en Syrie délibérément exagérée… dont le président candidat est en réalité le premier responsable. », Ignace Leverrier, ancien diplomate, publié en date du 7 mai 2014 sur son blog Un Œil sur la Syrie.

Un «victoire» d’Assad payé par le peuple syrien

«C’est une victoire symbolique très forte pour Bachar al-Assad, mais c’est un champ de ruines que reconquiert Bachar al-Assad, une ville qui a subi des années de pilonnage et de bombardements. Il faut savoir que les résistants ne contrôlaient qu’un périmètre de 2 kilomètres carrés sur les 40 de la ville. Il est hallucinant qu’une armée aussi dotée en armements russes et aussi assistée en conseillers iraniens et en combattants chiites du Hezbollah libanais ait pris autant de temps pour arriver à ce résultat, obtenu par les armes et par la faim. Ce n’est pas une victoire dans les règles de «l’art militaire», c’est un affamement systématique de combattants qui sortent en larmes. Ils sont sous-alimentés. Certains d’entre eux ne supportent même pas les premiers légumes qu’on leur donne à manger, ils doivent attendre plusieurs jours avant de pouvoir se sustenter de nourritures plus substantielles. Effectivement, comme toujours avec Bachar al-Assad, c’est une victoire à la Pyrrhus dont le peuple syrien paie le prix.», Jean-Pierre Filiu, le 9 mai 2014, sur France culture. Jean-Pierre Filiu, professeur des universités à Science Po Paris. Son dernier ouvrage: Je vous écris d’Alep. Au cœur de la Syrie en révolution. (Denoël, novembre 2013)

Une mascarade indécente

« Depuis l’arrivée au pouvoir du clan Assad,  jamais une élection, ni locale ni a fortiori “présidentielle” n’a le moins du monde affecté  le rapport de force au sein de l’Etat;  ni même  permis à une opposition crédible ne serait -ce que d’énoncer publiquement ses exigences.

Il est parfaitement malséant de considérer qu’il pourrait, le 3 juin prochain, en être autrement. Toutes celles et tous ceux qui, de bonne foi,  entendent aider la population syrienne, la région et le monde, à sortir d’une guerre meurtrière ne sauraient donc considérer l’épisode électoral de la communication du dictateur syrien pour autre chose que ce qu’il est : une mascarade indécente. », François Burgat, politologue spécialiste du Moyen-Orient.

FSD

DES EXCUSES ? NON MERCI !!!

Chronique de la Syrie

Actuellement, on parle de la commémoration pour les 20 ans du génocide Rwandais, où 800’000 personnes ont péri en l’espace de 3 mois… Et la communauté internationale y participe. L’ONU dit sa honte que les efforts n’aient pas été plus grands pour empêcher le génocide et les puissances mondiales adressent leurs EXCUSES aux Rwandais!!!

Le génocide qui se passe en Syrie sous les yeux de tous aboutira-il juste à des EXCUSES dans 20 ans?

Le peuple syrien préfère mille fois que la communauté internationale stoppe les massacres pour sauver des vies… quant aux EXCUSES ce sera trop tard et franchement inutile.

Toujours la famine

Hier un appel à l’aide urgent a été lancé par les habitants de Homs assiégée et d’al-Waer à cause du manque de nourriture et de médicaments. Les gens sont affamés à Homs et ils meurent de maladies banales mal-soignées et de faim.

Rappelons-le, actuellement 250’000 milles personnes souffrent de famine imposée par le régime dans les quartiers et villes assiégés. Plus de 150 Syriens y sont déjà morts de faim, à notre époque !

Certains veulent toujours croire à la version du régime qui sème le doute sur sa propre responsabilité dans la faim en Syrie. Toutefois, aucun doute ne pourra être émis quant à la torture à mort dans les centres de détention du régime Assad. Alors parlons-en…

La torture à mort

Pendant le mois de mars dernier à lui seul, 176 Syriens sont morts sous la torture selon le réseau syrien des droits de l’homme.

Les enfants arrêtés n’échappent pas à cette horrible méthode de tuer, rappelons-nous de Hamza al-Khatib.

En été 2013 un Syrien appelé « César », travaillant pour les services de renseignements syriens, a fui la Syrie en emportant avec lui son stock de 55’000 photos de 11’000 personnes mortes sous la torture depuis le début de la révolution. Ces photos ont été transmises à l’opposition syrienne. Tout le monde est aujourd’hui au courant de l’horreur dans les prisons syriennes et personne ne réagit.

Les barils de la mort

Une autre méthode de tuer, qui n’appartient qu’au régime Assad, c’est le lâché de barils, qui continue à détruire Alep et à y tuer et blesser les civils.

Plus de 500’000 de syriens sont blessés à cause des bombardements à l’arme lourde à travers la Syrie!

Les civils à Alep

Les civils à Alep

Toute l’horreur continue en Syrie et nous n’entendons même plus d’indignation. L’ONU préfère-t-elle attendre le temps venu pour des EXCUSES ?

 FSD

Appel au rassemblement à Genève pour rappeler les exigences du peuple Syrien

Appel au rassemblement pour rappeler les exigences du peuple Syrien

Place des Nations, Genève, le lundi 10 février à 17h30

A l’occasion de la reprise des pourparlers entre le régime syrien et l’opposition dans le cadre de Genève II, nous appelons à des rassemblements réguliers, sur la place des Nations, pour faire entendre la voix du peuple syrien. La mobilisation de la rue doit se poursuivre en soutien aux négociations sur la base des revendications légitimes du peuple et permettre ainsi de mettre fin à la souffrance extrême de la population civile après presque 3 années de lutte.

Quels effets pour Genève II ?

Depuis le début de la conférence de paix de Genève II, les arrestations et les offensives meurtrières sur les populations civiles de la part du régime mafieux d’ Assad se sont multipliées. A titre d’exemple :

  • Entre le 21 janvier et le 6 février, 149 barils sont tombés sur les civils à Alep tuant plus de 440 personnes dont 167 enfants et 72 femmes. 1’500 familles ont dû ainsi fuir Alep et prendre le chemin de l’exode !
  • Darayya, le centre du mouvement de protestation pacifique aux environs de Damas, n’a pas échappé aux barils pendant la conférence de paix de Genève !
  • La mort sous la torture continue: Wissam, fils de l’opposant de longue date Fayez Sara, a perdu la vie  sous la torture après avoir passé deux mois en détention. Il n’y avait aucune raison apparente pour son arrestation et il faisait parti de la communauté chrétienne. Le régime Assad protecteur des Chrétiens en Syrie ?!
  • Le 7.2.2014, 80 des 2’500 civils de la vieille ville de Homs assiégée ont été évacués vers d’autres quartiers de Homs sans aucune garantie pour leur sécurité. La dernière aide partielle aux quartiers assiégés de Homs a eu lieu le 3 novembre 2012. Les bombardements du régime ont repris vers minuit.
  • Le 8.2.2014, les bombardements du régime sur Homs assiégée continuent et les Shabbiha tentent d’empêcher l’entrée de l’aide humanitaire à Homs. Les roquettes ont ciblé le lieu où la délégation de l’ONU attendait pour entrer à Homs, et aussi celui de leur passage après leur entrée.
  • Le 9.2.2014, Omar Tillaoui de Homs dit: «Aide humanitaire teintée de sang pour le 2e jour consécutif. Tir intensif de la part des Shabbiha se trouvant au barrage de sécurité al-Lazina qui cible les voitures de l’ONU… Il pleut des mortiers dans cette région aujourd’hui. Homs est en danger ! »
  • Depuis début février, 32 personnes ont été arrêtées lors de la distribution de l’aide humanitaire au camp al-Yarmouk.

Nous,  Syriens et  Syriennes, nous exigeons:

  • La levée du siège de toutes les régions assiégées et affamées.
  • L’arrêt des bombardements par l’artillerie, l’aviation et les missiles sol/sol sur les quartiers et villages, bombardements qui continuent à décimer dramatiquement les civils, chaque jour.
    L’organisation des secours aux blessés et traumatisés et la reconstruction des structures de soins.
    Une aide massive immédiate aux réfugié·e·s dans les pays voisins et à l’intérieur de la Syrie, avec pour objectif  leur réinsertion volontaire dans leur pays.
  • La démission du président/dictateur Bashar Al Assad et de toutes les personnes à tous les niveaux de l’Etat ayant du sang sur les mains afin de mettre en place un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes de l’opposition, en vue d’organiser des élections libres et démocratiques pour une véritable assemblée constituante.
  • La libération des prisonniers politiques, activistes, journalistes, civils et combattants de la révolution (dont les femmes et les enfants) détenus dans les geôles du régime tyrannique des Assad, et celles de l’Etat Islamique de l’Irak et du Levant.
  • Le jugement des criminels de guerres et de la répression sanglante du règne des Assad sur le pays depuis 40 ans, par une cour de justice compétente et indépendante.
  • La reconstruction du pays dans le respect des populations, de l’environnement et de la culture locale et la création des conditions pour un retour des déplacé·e·s chez eux en toute sécurité.

Au cas où les négociations avec le régime tyrannique de Bachar devaient ne pas aboutir, le peuple n’aura malheureusement d’autre choix que de poursuivre sa lutte avec force et conviction, même au prix des souffrances exorbitantes actuelles, pour construire une Syrie respectueuse de ses citoyens. Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la Révolution syrienne.

Les Syriens appellent au boycott des jeux de Sotchi !

Poutine est complice des crimes contre l’humanité en Syrie !

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Comité d’organisation des Mobilisations autour de Genève II

C’est à à ce peuple, à son courage que nous rendons hommage

Discours de Camilla Mina, représentante du Cercle de la brèche et du MPS, lors du rassemblement du 24 janvier devant l’ONU-Genève 2.

http://cerclelabreche.wordpress.com/2014/01/24/syrie-un-soutien-sans-conditions-a-laction-revolutionnaire-du-peuple/

Chères amies, chers amis,

Depuis trois ans, une large majorité du peuple syrien s’est soulevé contre une dictature au pouvoir depuis des décennies. Ce soulèvement, cette révolution se voulait pacifique. Elle a dû s’armer pour défendre la population. Elle a dû s’armer aussi pour tenter de réduire des souffrances endurées depuis fort longtemps par une population contrôlées par des milices criminelles.

La lutte du peuple syrien contre le pouvoir dictatorial est une partie intégrante des luttes démocratiques et sociales qui marquent toute la région.

Ils sont nombreux ceux qui font tout pour censurer cet élément fondamental, en utilisant, ici, une islamophobie rampante.

Dès les premiers jours, il était donc du devoir

  • de toutes celles et ceux qui affirment l’importance des droits démocratiques et de leur extension maximale;
  • de tous ceux et de toutes celles qui affirment la nécessité de faire converger droits démocratiques et justice sociale de soutenir, sans condition, politiquement et matériellement, la volonté comme l’action révolutionnaire du peuple syrien.

C’est ce que le MPS, modestement, s’est efforcé de faire, sans déploiement de drapeaux.

Comme mouvement agissant dans un pays impérialiste, il ne nous appartient pas de «donner des leçons» (entre guillemets) à ceux et celles qui luttent et souffrent en Syrie, dans les camps de réfugiés internes ou externe, dans l’exil où que ce soit.

Par contre, il est de notre devoir de diffuser et de défendre les revendications qui sont à la base du manifeste qui a appelé à ce rassemblement. Ces revendications ont été mises en avant par des Syriennes et des Syriens.

Ce sont ces revendications qui donnent son véritable sens à notre solidarité collective. Une solidarité avec des objectifs qui répondent à des besoins et à des exigences de la population syrienne.

Pour répondre à ces besoins essentiels, il faut que cette dictature dégage. Ne serait-ce que pour mettre fin : aux décision d’affamer des populations ; aux bombardements avec des barils de TNT de la population civile ; à la tuerie de médecins qui soignent des blessés ; à l’exécution de milliers et de milliers de femmes et d’hommes, prisonniers politiques.

Or, Bashar se présente déjà comme son propre successeur, lors de ce qu’il ose appeler des élections! A Montreux, le 22 janvier, Walid Mouallem, le ministre des Affaires étrangères, s’est permis de répéter un bobard honteux et cynique : le pouvoir des Assad ne serait contesté que par une conspiration terroriste étrangère! Une fable qu’une certaine gauche, tout aussi cynique, reprend malheureusment.

Dès lors, le chiffre deux qui accompagne le nom de cette conférence – dite de «Genève deux» – devrait inspirer un deuxième souffle au mouvement de solidarité.

Car, il n’est pas du tout sûr que les auto-proclamés «amis de la Syrie» n’aient pas comme but principal d’assurer la permanence d’un pouvoir imposant son «autorité» contre la volonté d’un peuple qui ne cesse de résister pour instaurer et reconstruire une société démocratique, pluraliste et visant  à répondre aux impératifs d’une justice sociale.

C’est à à ce peuple, à son courage que nous rendons hommage. C’est aux Syriennes et Syriens présents ici que nous nous joignons.

Merci.

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Genève II- Plus meurtrier que jamais

Chronique de la Syrie

Le mois de décembre 2013 a coûté la vie à plus de 3’000 Syriens dont environ 600 enfants. Mais ces derniers jours n’ont pas été plus cléments, au contraire, les crimes contre l’Humanité se multiplient dans le silence assourdissant de la communauté internationale. D’ailleurs l’ONU vient d’annoncer qu’elle arrêtait de compter les morts en Syrie, parce que c’était trop compliqué !!! Il est vrai que depuis des mois le compteur s’était arrêté à 100’000 morts… Quelle insulte à la vie humaine et aux Syriens en particulier.

On ne peut que constater les innombrables crimes contre l’humanité du régime Assad qui intensifie chaque jour la violence contre sa population, cela en toute tranquillité :

  • Suite à la famine imposée sur les quartiers sud de Damas des dizaines de morts ont été signalées, spécialement au camp palestinien al-Yarmouk. Apparemment le régime syrien aurait donné son accord pour laisser sortir 4’000 civils de ces quartiers pour faire semblant de répondre aux appels au secours du camp. L’armée assadienne leur aurait donné comme instruction de passer par le barrage de sécurité qui sépare Yelda d’al-Houjeira. Lorsqu’ils y sont arrivés le 5 janvier 2014, ils ont été confrontés à des milices irakiennes qui les attendaient pour les exterminer… 1’200 civils ont été emmenés en bus vers une destination inconnue et leur sort est désormais incertain, des centaines ont été exécutés sauvagement sur place, à l’arme blanche ou brûlés vifs, d’autres ont été agressés et contraints à retourner à leurs quartiers affamés, dont une majorité de femmes et d’enfants. Actuellement, les Syriens craignent davantage les milices chiites irakiennes, iraniennes et libanaises que les shabbiha du régime Assad !!!
  • Douma, qui subit le même sort qu’Alep avec des bombardements de barils explosifs, qui ne distinguent ni enfants, ni femmes, ni vieillards, ni hommes ou soldats. Voici un témoignage de Douma du 7 janvier 2014 : « Quatre raids aériens en moins d’une heure ont frappé une ville qui compte plus de 250’000 habitants, dont la plupart sont des femmes et des enfants… Suite à ces raids des blessés et des morts sont ensevelis sous les décombres. Les habitants s’entre-aident pour en sortir les survivants et l’on entend le cri  « Allahu Akbar » à chaque survivant sauvé. Par contre à chaque corps inerte ou corps déchiqueté de femme ou d’enfant on voit les regards meurtris et des larmes de douleur… Mais un visage d’enfant attire mon regard : je vois un enfant sur un lit de soins d’urgence, qui a à peine cinq ans, couvert de la poussière blanche des décombres et dont on ne voit plus que les yeux en larmes. Il semble être oublié par les autres qui sont occupés à soigner d’autres blessés. Soudain, il saute de son lit et il sort par la porte du local de soin où il se trouve, à l’étonnement des autres qui le suivent du regard. Il court vers une petite fille de trois ans qui vient d’être emmenée après avoir été extraite des décombres elle aussi… Il a reconnu sa sœur ! Les deux petits se prennent dans les bras et se mettent à sangloter. On s’est tous mis à pleurer avec eux… Dieu seul est avec nous ».

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  • Les arrestations s’intensifient en Syrie et touchent essentiellement les travailleurs de l’aide humanitaire, de l’aide médicale et du soutien psychologique, les activistes pacifiques, les penseurs et toute personne qui pourrait œuvrer pour une future Syrie démocratique. A titre d’exemple, le psychiatre Jalal Naoufal, de la communauté druze, s’est fait arrêter à Damas le 7 janvier 2014, 3e arrestation depuis le début de la révolution. Le Dr Nofal travaillait avec le croissant rouge à Damas et il est très actif pour former des activistes à accueillir la douleur des Syriens. Et l’activiste politique (de gauche) Alice Mfarrej qui a été arrêtée le 30 décembre 2013 pour la 2e fois depuis le début de la révolution. Alice était connue pour son engagement pacifique et son opposition sans faille à la résistance armée. Elle est mère de deux enfants

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Il semble que l’Occident ait vendu la Syrie à la Russie en contrepartie du pétrole de la Lybie. Ce qui explique le silence des Occidentaux, les soi-disant « Amis de la Syrie ». Aujourd’hui et après le contrat que les Russes ont signé avec Assad pour mettre la main sur le gaz dans la zone syrienne de la Méditerranée, la langue russe devient langue étrangère officielle dans les écoles syriennes. Quelques centaines d’enseignants russes prendront le chemin de la Syrie pour y accomplir cette mission.

 Ce qui se passe en Syrie aujourd’hui est une honte pour l’Humanité toute entière ; elle prouve que la politique internationale défend les criminels et les mafieux par intérêt financier et se partage le pouvoir au détriment des droits humains et plus simplement de la vie humaine … Nous invitons l’ONU à fermer boutique car la Syrie a apporté la preuve qu’elle est au mieux inutile et au pire au service de la mafia politique. Genève II aura été plus sanglant encore que toutes les tentatives précédentes lancées par la ligue arabe ou bien les médiateurs de l’ONU pour trouver une solution politique au bain de sang en Syrie.

FSD, 09.01.2014

Réveillon spécial pour les Syriens…

Chronique de la Syrie

Réveillon spécial pour les Syriens… avec bombes, balles, scuds et mortiers du régime

Alors que le monde entier fêtait le réveillon avec des feux d’artifices, les Syriens ont eu droit à un réveillon d’une extrême violence. Pendant toute la nuit des obus de mortiers sont tombés aléatoirement sur Homs, et un scud a été lancé sur al-Waer, le quartier des déplacés. Dans plusieurs régions en Syrie, les forces du régime ont enchaîné des tirs en continu juste pour semer la terreur parmi les civils.

Image de Basma Souria

Image de Basma Souris

L’année 2013 aura apporté aux Syriens plus de morts, plus de terreur, plus d’arrestations, plus de famine, plus de destructions et surtout plus de lâcheté et de fourberie de la part de la communauté internationale… En 2013, le nombre de morts et celui de déplacés internes a triplé, le nombre de réfugiés a quintuplé… Pendant cette année les Syriens ont aussi vu une nouvelle forme de mort apparaître, la mort par famine suite aux sièges imposés par le régime dans certaines régions.

 La fin de l’année aura été particulièrement sanglante, exemples :

  • Les massacres de civils à al-Nabek et Yabroud autour de l’autoroute Homs-Damas depuis le 8 décembre. Ces massacres, perpétrés par les forces du régime et ses alliés, ont passé sous silence parce que «justifiés» par la sécurisation du transport des armes chimiques… Les enfants de al-Nabek étaient-ils dangereux pour ce transport ?! On laisse tuer des civils syriens sur la route de passage de ces armes chimiques pour éviter qu’Assad ne tue les civils en Syrie avec ces mêmes armes… qu’on nous explique!
  • Les barils explosifs qui tombent sur 39 quartiers d’Alep depuis le 15 décembre provoquant plus de 600 morts parmi les civils (sans compter ceux dont les corps sont restés sous les décombres), plus de 2’000 blessés, 300 bâtiments résidentiels détruits. Les marchés et les sorties d’écoles sont particulièrement ciblés alors qu’Assad justifie cette opération par la lutte contre les terroristes ! Vraiment ? Comment peut-on alors expliquer que les régions sous contrôle de l’Etat d’Irak et du Levant (EIIL), terroristes présumés, sont les seules régions épargnées ? Les habitants d’Alep prient aujourd’hui pour que le temps soit pluvieux et tempétueux pour avoir un peu de répit.
  • La famine imposée par le régime syrien a emporté plus de 25 personnes du camp palestinien al-Yarmouk aux environs de Damas, ceci depuis début novembre dernier… Une mort lente qui suit un état de famine qui n’est rien d’autre qu’une méthode de torture collective.   
  • Les médecins continuent à être ciblés en Syrie, par le régime et par le groupe de djihadistes qu’il a lui-même créé, l’ EIIL, leur crime: apporter des soins aux blessés !!! Un chirurgien anglais, A. Khan, 32 ans, a trouvé la mort dans les prisons du régime après une année de détention et de tortures, à cause du travail humanitaire qu’il a voulu offrir aux blessés syriens, le gouvernement anglais s’en est à peine offusqué. L’EIIL fait de même, en arrêtant les médecins qui subissent les mêmes tortures, conduisant le plus souvent à la mort, comme cela a été le cas pour le jeune médecin d’ Alep, Houssein Suleiman, 28 ans, dont le corps mutilé vient d’être rendu à sa famille.  

 Il est évident qu’Assad a reçu des assurances et une nouvelle légitimité de la communauté internationale depuis qu’il est devenu le partenaire officiel de l’ONU pour la destruction des armes chimiques, mais aussi pour l’aide humanitaire à tous les Syriens. Ces assurances, renforcées par les préparatifs de Genève II, expliquent le silence de la communauté internationale face aux crimes contre l’humanité en Syrie et en particulier celui de la Grande Bretagne pour l’assassinat du Dr A. Khan. Mais cela ne les légitime pas, la communauté internationale et l’ONU sont aujourd’hui complices de crimes contre l’humanité en Syrie.

 Y-a-t-il de l’espoir pour que la souffrance du peuple syrien s’arrête et qu’il obtienne justice suite à la conférence de Genève II ? Sûrement pas! Peut-être que certaines puissances arriveront à y satisfaire leurs intérêts régionaux, mais en tout cas pas le peuple syrien, en fait ses intérêts à lui ne sont même pas à l’agenda.

Cette injustice qui se perpétue depuis trois ans aura immanquablement des conséquences néfastes dans le monde entier si rien n’est fait aujourd’hui pour y mettre un terme immédiatement.

 FSD, 02.01.2014

« Assad ou les islamistes », ce discours est dépassé

Chronique de la Syrie

Depuis le 15.12.13, Alep subi de nombreux bombardements avec des barils d’explosifs, tous les jours. Plus de 200 morts dont 60 enfants, de très nombreux blessés et 12 quartiers ciblés. Contrairement à ce que l’on prétend ce type de bombardement est assez précis et la population ciblée est bien la population civile, c’est une violation grave des droits humains et la communauté internationale le sait, elle est coupable de non-assistance délibérée à personnes en danger.

La révolution pacifique populaire syrienne a conduit à la libération de 50% du territoire avant d’être manipulée, trahie et finalement détournée en conflit régional, ce qui permet aujourd’hui à de nombreux pays de venir y prêcher leur justice et y défendre leur intérêts: qui des ventes d’armes, la Russie, qui des territoires, Israël, Turquie, qui des influences, Iran, Arabie, Qatar, USA etc.

On aime dire aujourd’hui « Assad ou les islamistes », ce discours fait le bonheur des débats télévisés entre « pseudo-experts ». Mais ce discours est dépassé. Le choix est aujourd’hui entre Assad, les islamistes et les « partisans” d’Assad (Russie, USA, Israël, Iran, Turquie, les pays du Golf), bref tous ceux qui profitent d’une manière ou d’une autre de sa présence, de sa lâcheté ou de sa cupidité d’une part, et vingt millions de syriens victimes de cette situation d’autre part. Ce qui réjouit particulièrement certains pays voisins est évidemment de voir un ennemi suffisamment stupide pour détruire sa propre population et ses propres infrastructures.

On se souvient des suites de l’assassinat d’Hariri au Liban. Un aboiement des USA a suffit a chasser Assad du Liban. Plus récemment, un autre aboiement  a suffit à régler la question des armes chimiques. Quand on est face à un individu qui aime tant la déculottée on en profite. Un aboiement de plus: plus d’aviation, un de plus: des couloirs humanitaires, un de plus: plus d’Assad. Mais on ne le fait pas, parce qu’on ne le veut pas! On prétend vouloir une solution politique, Genève 2.

Que va-t-on faire à Genève 2? Certainement pas chercher une solution aux souffrances des syriens. On va juste organiser une nouvelle mascarade de solution qui n’aura pas d’autre but que de régler quelques intérêts régionaux aux dépens des syriens, exactement comme l’accord Kerry-Lavrov-Assad et probablement pour le plus grand bénéfice d’Assad.

En fait, il suffit de lire le dernier communiqué de Reuters sur ce sujet pour comprendre que Genève 2 n’a plus d’autre but que de promouvoir Assad du poste de gardien du Golan à celui d’exterminateur des idées démocratiques régionales pour le plus grand bonheur de l’ethnocratie voisine.

Reste la question humanitaire. Les syriens sont victimes par destruction délibérée d’abord, victimes par manque d’aide humanitaire internationale ensuite, grâce au discours en vogue, qui les diabolise : « Assad ou les islamistes »…bien sûr!

On le savait, mais il est toujours important de le redire: le 15.12.13 Al Arabiya  a rapporté que les fonds gelés en Europe sont en fait mis à disposition pour l’aide humanitaire en Syrie.

L’aide humanitaire officielle comme chacun le sait passe par le régime syrien, c’est vrai pour les fonds gelés, c’est vrai pour le CICR, c’est vrai pour l’ONU. La part qui atteint les populations en détresse, très faible, correspond à ce que le régime doit sacrifier pour pouvoir prendre une photo d’un représentant du gouvernement, parfois Assad lui-même, en train de la distribuer, à diffuser largement dans les medias ensuite. Mais ça s’arrête là.

Ce  même 15.12.13 l’ONU a envoyé un premier avion d’aide humanitaire en Syrie, à Qamishlo, en région kurde. N’est-il pas étrange que cet avion soit envoyé précisément là ou Assad déploie en ce moment de gros efforts pour fidéliser la population, afin de motiver les Kurdes à lui apporter leur soutien ou au moins leur neutralité. Une région relativement peu touchée en outre. Nos contacts sur place viennent d’ailleurs de nous informer que l’aide est bien arrivée mais n’a certainement pas été distribuée à ceux qui en ont le plus besoin. Il est donc vraisemblable qu’elle était destinée au PYD, sympathisant du régime.

La Suisse a elle déjà versé plus de 50 millions d’aide à la Syrie [1] depuis le début du conflit. Compte tenu du fait que cette aide suit les filières officielles, 2/3 au moins de cette aide va aller dans les poches du régime, au bout du compte il restera 1.- CHF par syrien déplacé et par an: un franc!

A l’aide!

Chaque franc que vous nous envoyez sera suivi jusqu’à sa destination finale et donné de main à main. Aidez-nous!

FSD


[1] Communique personnel du DFAE 10.12.13 à FSD