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UNE NOUVELLE « LEGITIMITE » POUR ASSAD?

Chronique de la Syrie

Fort de sa nouvelle pseudo-légitimité, Bachar Al-Assad innove pour le 4e anniversaire de la révolution: des barils chimiques pour les enfants de Sarmine (Idleb), après ceux d’al-Ghouta (Damas) en août 2013.

La nuit du 16 au 17 mars, à l’occasion du 4e anniversaire de la révolution syrienne, Assad a envoyé un cadeau spécial vers le nord de la Syrie, en territoire libéré de son contrôle: un bombardement par l’aviation militaire avec utilisation de barils d’explosifs avec des gaz mortels sur les régions d’Idleb (Sarmine et Salqine). Le nombre de blessés à Sarmine est d’environ cent personnes dont des enfants et une famille entière a déjà trouvé la mort (les parents avec trois enfants en bas âge et la grand-mère). Ce nombre est susceptible d’augmenter dans les heures qui suivent. A Salqine, on ne rapporte pas de blessés pour l’instant.

Attaques chimiques du régime syrien sur Sarmine le 17 mars 2015.

Attaques chimiques du régime syrien sur Sarmine le 17 mars 2015.

Suite à la déclaration de John Kerry le 15 mars, Assad s’est manifestement senti protégé et donc à l’abri de la justice. Pour tester cette protection nouvellement annoncée, il a utilisé une fois encore les armes chimiques à Idleb. Aujourd’hui, il est sans aucun doute prêt à exterminer toute la population des régions qui ont échappé à son contrôle pour étouffer la révolution et récupérer le pouvoir sur tout le territoire syrien.

Nous adressons donc ce message à tous les politiques, diplomates et parlementaires des pays occidentaux qui se disent partisans de la liberté et des droits de l’homme : « Si vous allez à Damas pour serrer la main du dictateur criminel qui a les mains souillées du sang syrien, sachez que vos mains en seront tâchées pour toujours. Vous deviendriez ainsi complices de crimes contre l’humanité ! ».

Témoignage de l’intérieur :

« J’espère que ces photos ne dérangent pas trop ceux qui œuvrent à l’élimination du peuple syrien en silence et sans scandale. Je vous jure que ces enfants ne sont pas des terroristes, ne sont pas contre “la résistance à Israël”, ne sont pas des partisans de Daech (ISIS). Je publie leurs photos ici en souvenir d’eux, car ils nous ont quitté pour toujours. Je ne sais pas si le fait de les tuer par gaz mortel apporte une solution ou si cela représente une victoire militaire définitive… si c’était le cas alors la paix soit sur leurs âmes, car leur mort serait justifiée pour mettre fin au « complot contre le régime »…

Je n’ai aucun espoir que la conscience humaine se réveille, je n’appelle pas non plus à la vengeance. Celui qui les a tués est lui aussi un être humain comme nous et il a des enfants comme ces enfants et je n’accepterais pas que ses enfants payent le prix de sa colère contre nous… nous n’avons que la patience et nous ne disons que ce qui satisfait Dieu.

Mais excusez-nous car nous avons perdu la raison et ne soyez pas surpris de voir une augmentation sensible du nombre de Syriens qui meurent des effets secondaires de cette oppression, parce que mourir d’une crise cardiaque est mille fois plus simple qu’une mort lente mille fois par jour.

J’adresse mes condoléances aux syriens du gouvernorat d’Idleb, à Sarmine, Qumeinas, Kafr-Takharim et Salqine et à chaque mère qui a perdu un fils ou un frère, un mari, un père ou qui a perdu toute sa famille d’un coup… Nous n’avons de soutien que Dieu. »

Autres liens :

Rapport détaillé du centre Insane pour la documentation

https://www.facebook.com/video.php?v=456660464486975

https://www.facebook.com/sarmeeen.cor

http://www.thesyriannetwork.net/2015/03/17/10155496031460732/

https://www.facebook.com/pages/%D8%AA%D9%86%D8%B3%D9%8A%D9%82%D9%8A%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AB%D9%88%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D9%81%D9%8A-%D9%82%D9%85%D9%8A%D9%86%D8%A7%D8%B3-%D8%A7%D8%AF%D9%84%D8%A8/383670811698551

FSD

Enlèvement du Père Paolo Dall’Oglio, un an déjà

Rassemblement de solidarité avec le Père Paolo Dall’Oglio
et tous les détenus de Syrie

Lausanne, 7 août 2014, rendez-vous place de la Riponne à 17h30

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  • Dans la nuit du 27 au 28 juillet 2014, le régime dictatorial syrien de Bachar el-Assad déversait des barils de TNT sur Chaar, un quartier rebelle d’Alep: au moins neuf civils dont trois enfants sont tués. Tous les jours depuis plus de trois ans, la tragique liste des victimes de ce régime ne cesse de s’allonger. Tués, blessés, emprisonnés, torturés, kidnappés par les services du régime et ses alliés du moment dont Daech, contraints à l’exil intérieur et à l’exil dans les pays voisins, ces persécutés se comptent par millions.
  • Le 29 juillet 2013 – il y a un an – le Père Paolo Dall’Oglio a été enlevé en Syrie par Daech (Etat islamique en Irak et au Levant- EIIL). Depuis lors, sa voix nous accompagne, au milieu d’un silence qu’impose, aujourd’hui, ladite communauté internationale sur cette disparition et sur les ténèbres dans lesquelles est plongée la majorité de celles et ceux qui constituent le peuple de Syrie.
  • Paolo Dall’Oglio, engagé dans le dialogue islamo-chrétien, animait le monastère de Mar Moussa en Syrie. Dès mars 2011, il prit parti pour la révolution syrienne. Dans son dernier ouvrage La rage et la lumière, il révélait les racines de cet engagement : «La tragédie de Hama en 1982, ses dizaines de milliers de morts, dans le plus grand silence occidental, a été l’objet de questions qui m’ont taraudé: à quel titre et pour quelles missions avais-je demandé un permis de résidence en Syrie à ce même régime qui exerçait sur son propre peuple une dictature féroce?» En février 1982, le régime d’Hafez el-Assad – père de l’autocrate Bachar – bombardait la ville de Hama, rebelle, faisant des milliers de morts. Déjà les grandes puissances se taisaient au nom de la «stabilité régionale». Les membres des Frères musulmans n’étaient pas des êtres humains. Paolo Dall’Oglio n’a pu l’accepter. Voilà la raison pour laquelle il écrivait, peu de temps avant sa disparition : «La Oumma humaine devrait porter les angoisses et les blessures de la Oumma musulmane, avec plus de miséricorde, de solidarité, car nous sommes tous embarqués sur cette planète fragile. Ne pas porter le poids des uns des autres rend la vie de chacun insupportablement lourde.» A sa façon, Paolo Dall’Oglio, dans cette partie du monde, exprimait son option préférentielle pour tous les opprimés et les exploités, sans exception.
  • En suivant cette voie – sa voie – il ne pouvait que prendre parti pour la révolution qui commença en mars 2011 en Syrie. Il nous laissait en effet ce message : «Je me suis rangé du côté de la révolution, au point de justifier l’autodéfense armée de ce peuple trahi et abandonné par l’opinion publique.» En juillet 2013 – après avoir été expulsé par le régime de Bachar el-Assad en juin 2012 – il décida de faire un nouveau voyage en Syrie. Tout d’abord, car il croyait «à la force de la prière en situation… toute notre tradition sémitique locale, juive, chrétienne et musulmane témoigne de cette expérience que la prière force les événements, tord le bras du destin, dévie la trajectoire du malheur». Ensuite, «car le massacre, surtout des civils, enfants, femmes, vieillards restés à la maison, montre le désir de se débarrasser radicalement de l’autre, de nettoyer la terre de sa présence, de couper et de tarir sa descendance».
  • Paolo Dall’Oglio n’a pas disparu pour nous. Il nous habite, car il enseigne par ses actes et sa parole un choix qui s’impose à tous et toutes. Epouser avec conviction et raison les espoirs qui se logent aujourd’hui dans le cœur de millions de Syriennes et Syriens, des espoirs qui brisent le silence construit par les dominants qui n’ont que mépris pour les majorités dites silencieuses quand elles se rebellent et optent pour leur émancipation, dans toutes ses dimensions. Sur ce chemin, la révolution pour une Syrie libre, juste et démocratique est la première étape nécessaire pour qu’un peuple martyr et toujours en lutte recouvre sa dignité. Un peuple qui comprendrait immédiatement ce que disait le 22 juillet 2014 un Palestinien de Gaza : «Nous avons reçu des tracts pour évacuer, il y a quelques jours, mais je ne m’attendais pas à un tel carnage. C’est comme si nous étions à Alep.» Une unité profonde soude les aspirations et les attentes du peuple syrien rebelle et du peuple palestinien, comme des peuples de toute une région. L’Occident a voulu assigner ces peuples à une prétendue «servitude volontaire» qui légitimait les dictatures. Cela pour faire oublier le despotisme colonial et les services rendus par ces autocraties.

Paolo Dall’Oglio rejetait ces mystifications, ces mensonges. Il nous le répète sous des modalités que chacune et chacun se doivent de bâtir dans un combat partagé.

Rassemblement organisé par FemmeS pour la Démocratie et soutenu par Mouvement pour le Socialisme (MPS) et SolidaritéS.

DES EXCUSES ? NON MERCI !!!

Chronique de la Syrie

Actuellement, on parle de la commémoration pour les 20 ans du génocide Rwandais, où 800’000 personnes ont péri en l’espace de 3 mois… Et la communauté internationale y participe. L’ONU dit sa honte que les efforts n’aient pas été plus grands pour empêcher le génocide et les puissances mondiales adressent leurs EXCUSES aux Rwandais!!!

Le génocide qui se passe en Syrie sous les yeux de tous aboutira-il juste à des EXCUSES dans 20 ans?

Le peuple syrien préfère mille fois que la communauté internationale stoppe les massacres pour sauver des vies… quant aux EXCUSES ce sera trop tard et franchement inutile.

Toujours la famine

Hier un appel à l’aide urgent a été lancé par les habitants de Homs assiégée et d’al-Waer à cause du manque de nourriture et de médicaments. Les gens sont affamés à Homs et ils meurent de maladies banales mal-soignées et de faim.

Rappelons-le, actuellement 250’000 milles personnes souffrent de famine imposée par le régime dans les quartiers et villes assiégés. Plus de 150 Syriens y sont déjà morts de faim, à notre époque !

Certains veulent toujours croire à la version du régime qui sème le doute sur sa propre responsabilité dans la faim en Syrie. Toutefois, aucun doute ne pourra être émis quant à la torture à mort dans les centres de détention du régime Assad. Alors parlons-en…

La torture à mort

Pendant le mois de mars dernier à lui seul, 176 Syriens sont morts sous la torture selon le réseau syrien des droits de l’homme.

Les enfants arrêtés n’échappent pas à cette horrible méthode de tuer, rappelons-nous de Hamza al-Khatib.

En été 2013 un Syrien appelé « César », travaillant pour les services de renseignements syriens, a fui la Syrie en emportant avec lui son stock de 55’000 photos de 11’000 personnes mortes sous la torture depuis le début de la révolution. Ces photos ont été transmises à l’opposition syrienne. Tout le monde est aujourd’hui au courant de l’horreur dans les prisons syriennes et personne ne réagit.

Les barils de la mort

Une autre méthode de tuer, qui n’appartient qu’au régime Assad, c’est le lâché de barils, qui continue à détruire Alep et à y tuer et blesser les civils.

Plus de 500’000 de syriens sont blessés à cause des bombardements à l’arme lourde à travers la Syrie!

Les civils à Alep

Les civils à Alep

Toute l’horreur continue en Syrie et nous n’entendons même plus d’indignation. L’ONU préfère-t-elle attendre le temps venu pour des EXCUSES ?

 FSD

L’hommage au plus grand homme de notre époque par le plus petit

Chronique de la Syrie

Assad « le chimique » salue à sa manière la mort de Mandela en gazant un quartier de al-Nabek

Le 05.12.2013 une nouvelle attaque chimique a frappé la population d’un quartier de al-Nabek touchant sept personnes qui sont actuellement privées de toute possibilité de soins médicaux.

Cela indique que toutes les armes chimiques n’ont pas été recensées. Assad recommence les attaques à petite échelle, comme précédemment à Homs, Alep et Damas.  Il sait qu’à cette échelle la communauté internationale ne réagira pas, on pourra même accuser l’opposition d’avoir volé l’arme chimique. La diplomatie internationale avalera cela sans sourciller. Peut-être même que nous verrons Assad aux funérailles de Mandela avec beaucoup d’autres petits, qui sait? Chacun ira y lire son mot pour gagner sa part d’immortalité. Quel intérêt y aurait-il à s’émouvoir de la mort de quelques syriens de plus? Après tout on ne leur a pas demandé de se soulever…pour la liberté, la dignité, la démocratie et la justice sociale? C’est quoi ces valeurs?…N’importe quoi!

A nos sœurs et frères de al-Nabek (130 mille civils assiégés depuis 18 jours).

FSD