Archives du blog

Regards sur 10 ans de Révolution syrienne

« Regards sur 10 ans de Révolution syrienne, de 2011 à 2021 »

Une visio-conférence-débat avec Ziad Majed et Leïla Vignal, qui aura lieu sur Zoom et Facebook Live, le 25 mars 2021 à 20:00.

Manifestations pacifiques à Darayya (Damas) en 2011.

 Le printemps arabe a commencé en Tunisie en décembre 2010, puis éclaté dans plusieurs pays arabes. Le 15 mars 2011 le peuple syrien a rejoint le mouvement révolutionnaire pacifique de la région pour revendiquer liberté, dignité, démocratie et justice sociale. Le régime syrien a riposté en réprimant dans le sang les manifestations pacifiques et toute autre forme de résistance. Cette répression, toujours active après dix ans, a transformé la révolution en une guerre et conduit à la destruction massive des villes et villages, à l’occupation du pays et au déplacement forcé des populations civiles, à plus de 500’000 morts et 148’000 détenu.e.s ou disparu.e.s forcé.e.s.

Pour parler de cette révolution contre le régime Assad, du conflit syrien et de la situation et ses enjeux aujourd’hui, nous avons invité Ziad Majed et Leïla Vignal qui répondront également à vos questions.

Leïla Vignal est Maîtresse de conférences en géographie à l’université Rennes-2, spécialiste du Moyen Orient, autrice de plusieurs articles et essais relatifs à la Syrie et d’un livre à paraître prochainement (War-torn. The Unmaking of Syria (2011-2021), chez Hurst Publishers), sur le thème des destructions et reconstructions, de l’économie de guerre et des changements démographiques en Syrie. 

Ziad Majed est un politologue franco-libanais, professeur à l’université américaine de Paris, auteur et co-auteur de plusieurs livres dont deux sur la Syrie: « La Révolution orpheline » (2014) et « Dans la tête de Bachar Al-Assad » (2018).

Pour plus d’information: https://www.facebook.com/events/430473658202078/

Organisée par le Cercle de la Brèche et les Femmes Syriennes pour la Démocratie. 
Soutenue par le Mouvement pour le socialisme

« Le Conseil du Peuple » en Syrie: Une institution cosmétique au seul service d’un régime totalitaire

Article de Youssef Kaddoura, publié en arabe sur le site de Jusoor for Studies  le 18 juillet 2020.

Extraits traduits de l’arabe par FSD.

Introduction

Le conseil du peuple a perdu ce qui lui restait d’influence sur la scène politique syrienne contemporaine dès les premiers moments du coup d’État militaire de Hafez al-Assad le 16 novembre 1970, lorsque ses chars ont encerclé le parlement et ont mis fin au règne de Noureddine al-Atassi.

Cependant, le régime Assad a maintenu la façade du conseil mais l’a exonéré de ses fonctions, ceci afin de poursuivre un certain nombre d’objectifs. Le régime tenait en effet à organiser ses élections législatives périodiques, même dans les circonstances exceptionnelles que le pays a traversées ces dernières années. Les élections de 2012, par exemple, se sont déroulées à un moment où le gouvernement contrôlait moins de la moitié du territoire syrien, tandis que les élections de 2016 se sont déroulées sur moins des deux tiers du territoire syrien, une situation similaire aux élections de 2020.

En maintenant la forme du conseil, le régime montre son empressement à se cramponner à l’image d’un État doté d’une autorité législative, semblable à celle des états démocratiques.

Depuis qu’Assad père a pris les rênes du pouvoir en Syrie, la composition du conseil du peuple reflète cependant le régime totalitaire imposé aux Syriens. Le parti Baas a la majorité des sièges du conseil, tandis que le peu de sièges restants sont occupés par des partis affiliés à l’autorité, qui relèvent du «Front national progressiste» comprenant – aux côtés du parti Baas – neuf partis socialistes et communistes, en plus de la Fédération générale des syndicats et de l’Union générale des paysans.

Le régime a codifié le contrôle du parti Baas sur le conseil du peuple et sur le reste des institutions de l’État en imposant l’article 8 dans la constitution de 1973, qui stipule que «le parti socialiste arabe Baas est le principal parti de la société et de l’État, et dirige un front national progressiste qui unifie les masses du peuple et les met au service des objectifs de la nation arabe».

La révolution syrienne du printemps 2011 a poussé le régime à adopter certaines dispositions par lesquelles il a tenté de calmer la rue en révolution. Au huitième mois de la même année, il a promulgué la loi des partis qui autorise le multipartisme conformément au décret no 100 de 2011. En vertu de cette loi, un certain nombre de partis ont été autorisés, tous des copies semblables aux partis déjà présents dans le Front national progressiste, et tous des partis fictifs qui n’existent pas vraiment dans la rue.

Le régime a également édité une nouvelle constitution en 2012 et le changement le plus important par rapport à la constitution précédente a été l’abolition de l’article 8, ce qui signifie que le parti Baas n’est plus théoriquement le principal parti de l’État et de la société. L’article 8 a été remplacé par un nouvel article qui parle de pluralisme politique et stipule que le régime politique de l’État est basé sur le « principe du pluralisme politique et que le pouvoir s’exerce démocratiquement par le vote», et que les partis politiques et les rassemblements électoraux autorisés contribuent à « la vie politique nationale et doivent respecter les principes de souveraineté nationale et de démocratie».

Assad: accomplissements pour une Syrie « démocratique »… Source

 

Élections du Conseil après 2011

Après 2011, le conseil du peuple a connu trois cycles électoraux, le premier en 2012 (qui devait d’abord avoir lieu en 2011), le deuxième en 2016 et le troisième en juillet 2020 (qui a été reporté deux fois en raison des circonstances causées par la propagation du virus corona).

Les élections de 2012 ont été les plus tendues et les plus sensibles pour le régime, car elles se sont déroulées au plus fort de la révolution contre le régime Assad et avec la majeure partie du territoire syrien hors de son contrôle. C’était aussi la première élection après l’approbation de la loi sur les partis et l’adoption de la constitution amendée.

En conséquence, la période électorale a été témoin d’une forte prolifération sécuritaire et militaire dans les zones contrôlées par le régime, et les activités électorales ont été considérablement réduites. Ces élections ont également permis à l’opposition de cibler le semblant de système électoral d’une manière jamais vue auparavant. Les photos et les banderoles des candidats, auxquelles le régime tient tant pour conserver l’apparence d’un processus électoral ont été saccagées  comme jamais dans les élections précédentes. Des milliers de Syriens ont participé, pour la première fois, à des campagnes d’opposition parallèles à travers leurs comptes dans les nouveaux médias, principalement du fait de l’effondrement du mur de la peur que le système de sécurité avait érigé au cours des quarante dernières années, une situation qui a par la suite accompagné tous les événements « électoraux » à venir.

Les résultats des élections annoncés début mai 2012 ont montré l’effet limité de la loi sur les partis et même du changement de constitution, le parti Baas conservant son contrôle sur le parlement, bien qu’il soit accompagné de faux-semblants de nouveaux « partis » opportunément constitués depuis quelques mois seulement.

Les élections de 2016 ont vu apparaître un amendement à la loi électorale, selon lequel les membres de l’armée et de la police étaient autorisés à voter. Le nombre de candidats à ces élections est alors passé à environ 11 000 contre environ 7 000 lors des élections précédentes.

Composition du conseil

Notons également qu’en 2016, le conseil du peuple comprenait un certain nombre de chefs des milices constituées après 2011, qui ont ensuite été incorporées à la Cinquième Légion, ou transformées en sociétés de « sécurité ». Le conseil comprenait alors vingt des chefs de milices, ou personnes travaillant dans le cadre d’organes offrant leurs services de soutien aux milices (1).

On comprend mieux la stratégie du régime en observant qu’il choisit les membres du conseil du peuple parmi ceux auxquels il veut offrir une forme de récompense pour services rendus, ou une promotion sociale, d’autant que la plupart d’entre eux sont issus de milieux sociaux et éducatifs modestes.

Outre les chefs des milices, le conseil comprend aussi un certain nombre d’agents de l’armée, de la sécurité et de la police, parfois à la retraite,…

La société syrienne connaissant bien la manière dont les membres du conseil sont choisis, le choix de ses membres est devenu un moyen de distinction destiné  à pointer leur importance et leur proximité aux services de sécurité. Cela se traduit par une influence accrue de chaque membre qu’il peut ensuite exploiter dans son propre cercle d’hommes d’affaires, d’artistes, de journalistes, d’athlètes ou de religieux.

Le conseil comprend aussi un certain nombre de sièges permanents réservés aux chefs de clans, car l’État peut ainsi contrôler l’équilibre entre ces clans, la nomination des chefs de clans et les clivages internes au sein même de chaque clan.

Élections 2020

Comme ce fut le cas lors des élections de 2012 et 2016, les élections  de 2020 ne se déroulent que sur environ deux tiers du territoire syrien. Vu le grand nombre d’acteurs internationaux présents à l’intérieur de la Syrie, l’aspect formel et l’importance politique de la mise en œuvre de ces élections étaient essentiels.

A travers ces élections le régime cherche avant tout à perpétuer son image de continuité vis-à-vis de l’extérieur, et à repenser sa carte interne, que ce soit en supprimant ceux dont les positions ont changé au cours des années précédentes, comme les alliés de Rami Makhlouf dans le secteur économique, ou en introduisant de nouveaux visages, hommes d’affaires ou politiciens à qualifier en vue de la prochaine étape.

Résumé

Un examen de la composition du conseil du peuple et du rôle qu’il a joué historiquement montre que, pendant le règne du parti Baas, il n’a été qu’une institution du régime, au  rôle cosmétique, à destination de l’étranger,  permettant au régime de parler de ladite démocratie populaire et de participer aux organismes internationaux liés aux parlements.

Au plan interne, le conseil représente un outil officiel pour distribuer des quotas et des bonus dans les différents secteurs, des clans, du  clergé, des hommes d’affaires et des artistes , et aux chefs des milices;  il est également perçu comme un outil pour valoriser des personnalités loyales au régime et en faire des leaders locaux capables d’influencer leurs secteurs respectifs ou leur environnement social.

Le conseil a aussi pour rôle de compléter l’apparence de légitimité juridique du régime, afin de donner l’image d’un état basé sur des institutions « crédibles » qui adoptent les lois et les législations conformément aux principes généralement acceptés. Bien que le régime lui-même ait ridiculisé ce rôle lorsqu’il était sous la pression du temps, comme cela s’est produit lorsque la constitution a été modifiée après la mort de Hafez al-Assad, et que le régime a été contraint de demander au conseil de faire ce changement en quelques minutes!

Dans un tel cadre, l’organisation d’ élections, à la date prévue est un objectif essentiel en soi pour le régime. En effet depuis 2011, le régime tente de faire croire que c’est toujours le parti qui contrôle réellement la Syrie, qu’il s’agisse du contrôle du territoire, alors qu’il n’en contrôle pas plus des deux tiers maintenant, ou de la capacité décisionnelle de Damas, aujourd’hui répartie entre la Russie et l’Iran, alors que le régime n’a plus qu’une influence marginale.

Le parapluie du conseil du peuple revêt aussi une grande importance pour les alliés du régime, qui y voient un point d’entrée pour tenter d’inclure l’opposition dans une «forme améliorée» du régime. Il est à noter que les alliés du régime à Moscou et à Téhéran utilisent largement cette approche dans tous leurs dialogues ou messages adressés à l’opposition au sens large.

Le fait que la communauté internationale compte sur les élections comme point d’entrée pour un changement à venir en Syrie n’est cependant pas réaliste tant que les forces de sécurité restent dans leur rôle actuel. En l’état, ceci signifie que le processus électoral dans son ensemble n’a pas la moindre forme d’intégrité, et le discours relatif au « panier électoral » (2) perd tout son sens en dehors d’une réforme de l’appareil sécuritaire et judiciaire. C’est ce dernier élément que les alliés du régime tentent à tout prix de sortir du cercle d’étude, car il est l’appareil déterminant de la survie du régime qu’ils soutiennent. Cet appareil-là constitue le guide réel de l’Etat et de la société au sein du régime Assad. Changer cet appareil entraînerait automatiquement le changement du régime lui-même.


(1) Une liste avec les noms de ces vingt membres du conseil est incluse dans l’article original en arabe (https://www.jusoor.co/public/details/مجلس-الشعب-في-سورية-مؤسسة-تجميلية-لنظام-شمولي/730/ar?fbclid=IwAR1Dpe2rk5N_Qud6iykBUz-4WwcmRKJcoU1-rg7rAomFu0GcP-CfepHBzaE).

(2) Dans le cadre des pourparler pour la paix en Syrie, l’émissaire de l’ONU pour la Syrie a proposé la notion de quatre « paniers » à négocier indépendamment les uns des autres dont le « panier électoral » et le « panier sécuritaire et judiciaire ».

La vérité sur la Syrie, à Deraa

La situation humanitaire dans le sud de la Syrie devient de plus en plus insupportable depuis le 19 juin 2018, début de la campagne militaire barbare menée par les forces d’Assad et de ses alliés et appuyée par l’aviation russe de Poutine. Le rapport du RSDH du 01 juillet mentionnait que le nombre de déplacés internes fuyant les bombardements et l’entrée des forces d’Assad et ses alliés dans la région de Daraa était d’environ 200’000. Aujourd’hui le porte parole de l’UNHCR a annoncé que le nombre des déplacés internes a déjà atteint 270’000 en raison de l’intensification des bombardements. Des familles entières se retrouvent livrées à elles-mêmes sans aucune structure d’aide ni abri, dans un contexte très hostile, la région est désertique et l’été est brûlant. Ils s’orientent vers les frontières de la Syrie avec la Jordanie et avec le Golan occupé, et ces frontières sont fermées devant eux!… 

Etrangement. les organisations internationales d’aide humanitaire avaient déjà annoncé il y a quelques jours que tout est prêt pour venir en aide à cette population, mais en attente de l’autorisation du régime syrien, qui attaque cette même population!

Il est difficile de comprendre cette logique… l’aide humanitaire a toujours servi d’arme au régime Assad,  qui affame et cible les civils dans toutes les régions assiégés de Syrie. Il semble évident qu’il est inutile d’attendre une autorisation humanitaire d’un tel régime et de répéter encore et encore des approches qui ont toujours  failli depuis 2011 à Homs, au camps Yarmouk, à Mo’addamyeh, à la Ghouta orientale, à Alep-Est et dans les autres régions de la Syrie. Aujourd’hui on recommence à Daraa! Pourtant les organisations d’aide impliquées ont des centres en Jordanie et pourraient facilement suppléer aux besoins de ces familles par la Jordanie!

C’est d’ailleurs ce que tentent de faire, et ils sont les seuls, les civils jordaniens. Seuls à  s’organiser pour acheminer de l’eau et du pain et  pour lancer une campagne «Ouvrir la frontière », la leur (rassurons l’Europe), alors que le reste du monde continue à regarder les crimes contre l’Humanité en Syrie dans un silence assourdissant, voire compatissant avec le régime Assad.

La seule solution possible en Syrie exige  de mettre une réelle pression sur Poutine pour que la Syrie puisse enfin se débarrasser du régime mafieux d’Assad et s’acheminer vers une Syrie nouvelle, démocratique et basée sur la citoyenneté pour tous. Pour y parvenir, nous appelons au boycott de la Russie.

Nous partageons, ci-après, le communiqué de presse du 02 juillet 2018 du collectif Pour une Syrie Libre et Démocratique à Paris.

FSD

—————————

« Les forces de Bachar Al Assad, soutenues par l’aviation russe, ont lancé le 19 juin 2018 une offensive sur la région de Dera’a. Cinq hôpitaux ont déjà été mis hors d’usage, et près de 200 civils ont été tués dans ces attaques.

Cette région de Dera’a, où vivent quelque 750 000 civils, fait pourtant l’objet depuis 2017 d’un cessez-le-feu négocié par la Russie et les États-Unis. Le « lâchage américain » face à l’offensive meurtrière dans une zone de « désescalade », est un véritable coup de poignard dans le dos des rebelles modérés et une complicité de fait avec V. Poutine.

N’oublions pas que Dera’a est un symbole : la révolte pacifique du peuple syrien est partie de cette ville du sud dont les habitants étaient descendus dans la rue pour dénoncer les tortures infligées à des enfants ayant écrit sur des murs des appels à la liberté.

Tandis que le dernier Conseil Européen nous a donné l’image pitoyable de dirigeants tétanisés par une prétendue « submersion migratoire », à Dera’a, avec l’offensive des forces de Bachar Al Assad appuyée par les bombardements des avions de V. Poutine, plus de 120 000 syriens en 72 heures ont été jetés sur les chemins de l’exode.

Par leur inaction vis-à-vis du régime de Bachar Al Assad et de ses alliés, les dirigeants européens sont ainsi dans l’hypocrisie la plus totale ; ils devront, si la situation perdure, prendre en charge des centaines de milliers de réfugiés que la Jordanie et la Turquie ne sont plus en capacité d’accueillir. L’Europe prendra-t-elle en charge les nouveaux réfugiés syriens de Dera’a, vu ses manœuvres actuelles pour ne pas appliquer la Convention de Genève ? En outre, la reprise de la région par Assad risque d’empêcher un grand nombre de réfugiés de rentrer chez eux.

Après Alep, Douma, et maintenant Dera’a, les dirigeants des puissances occidentales par leur inaction et leur renoncement, ont-ils conscience qu’ils sont en train de désespérer des millions de Syriens qui croyaient à la démocratie et à la liberté après 48 années de dictature du clan Assad ?

Daech en Syrie va peut-être finir par être vaincu. Mais sans une ultime prise de conscience de la part des puissances occidentales, sans leur volonté que soit appliquée la Résolution 2254 du Conseil de Sécurité de l’ONU organisant une transition politique, tout est malheureusement en germe pour que l’intolérance, la vengeance aveugle aillent de pair avec la barbarie du régime Assad pour des années encore. »

Contact : collectif.psld@gmail.com

6 ans… la Révolution Syrienne Continue!

Appel au Rassemblement

Genève, place des Nations

jeudi 23 mars 2017, 17h30-16h30

A l’occasion du 6e anniversaire de la révolution syrienne et avec la reprise des négociations de Genève 4 pour la paix, qui réunissent les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien depuis le 23 février 2017, nous appelons à la mobilisation pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes, pour réaffirmer leurs revendications légitimes. 


Evolution depuis l’échec de Genève II et Genève III :
– Le déplacement forcé des populations des régions assiégées (régions soulevées depuis 2011) s’étend et devient une politique qui œuvre pour un changement démographique en Syrie. Les populations de ces régions sont poussées à fuir le pays ou transférées de force vers Idleb (au nord), avec la bénédiction de l’ONU. Après Darayya en septembre 2016, l’intensification des bombardements barbares russes en décembre a conduit à la destruction d’Alep-Est et au déplacement forcé de ses habitants vers Idleb. En janvier 2017 ce fut le tour de Wadi Barada (région de Damas) et récemment celui du quartier al-Waer à Homs.
– Un accord de cessez-le-feu, orchestré par la Russie, a été signé avec l’approbation de l’Iran et de la Turquie, fin décembre 2016. Ce cessez-le-feu n’a pas empêché les bombardements sur Wadi Barada et ensuite sur al-Waer qui ont conduit au déplacement forcé des populations. D’autres régions en Syrie continuent à subir les bombardements du régime syrien et de ses alliés et en particulier Idleb!.
Les crimes commis contre les civils continuent en Syrie et le silence de la communauté internationale continue lui aussi.
Quel bilan et quelle solution?
Plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 450’000 morts, plus de 1’000’000 de blessés, plus de 325’000 arrestations et disparitions forcées, plus de 12’000 morts sous la torture documentées, et environ 13’000 exécutions sommaires dans la prison de Saydnaya seule (selon le rapport récent d’Amnesty International). Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice et le jugement des responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre peuvent aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.
Les pourparlers de paix de Genève 4 doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré au cours des six dernières années leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne sert que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.
Le défi consiste à établir et garantir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie et démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, droits basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.
Nous Syriens exigeons:
• Le départ immédiat du dictateur criminel Bachar Al Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
• La fin du siège, de la famine imposée et des déplacements forcés dans toutes les régions assiégées.
• La fin effective de tous les bombardements sur les quartiers et villages.
• Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrie et la fin de toutes les interventions étrangères, en particulier russe, iranienne.
• La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté détenus dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé en Syrie.
• L’arrestation et le jugement de ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre ou de crimes contre l’Humanité au cours des 40 dernières années.
• La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.
Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Al-Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.
Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne!
Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration du Collectif des Amis d’Alep, Conseil national kurde, Mouatana, Solidarity Organisation for Syria, Syrian Christians for Peace, Souria Houria
Soutenu par: Mouvement pour le socialisme (MPS), alencontre.org, le Cercle La brèche, SolidaritéS

Pas de Paix durable sans jugement des responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité

Appel à un rassemblement pour faire entendre la voix des civils syriens

Genève, place des Nations, jeudi 23.2.2017 de 17h00-18h00

et un rassemblement samedi 25 (15h00-16h30)

1601138_618160658256920_235463545_n

        Justice d’abord! Photo de Genève II

A l’occasion des négociations de Genève IV pour la paix, qui réuniront les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien en février 2017, nous appelons à la mobilisation pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes en lutte, pour réaffirmer leurs revendications légitimes qui doivent être la base des négociations.

Evolution depuis l’échec de Genève II et Genève III :

–    Le déplacement forcé des populations des régions assiégées (régions soulevées depuis 2011) s’étend et devient une politique qui œuvre pour un changement démographique en Syrie. Les populations de ces régions sont poussées à fuir le pays ou transférées de force vers Idleb (au nord), avec la bénédiction de l’ONU. Après Darayya en septembre 2016, l’intensification des bombardements barbares russes en décembre a conduit à la destruction d’Alep-Est et au déplacement forcé de ses habitants vers Idleb. En janvier 2017 ce fut le tour de Wadi Barada (région de Damas).

–    Un accord de cessez-le-feu, orchestré par la Russie, a été signé avec l’approbation de l’Iran et de la Turquie, fin décembre 2016. Aujourd’hui et malgré le cessez-le-feu, les bombardements sur Wadi Barada ont conduit au déplacement forcé de sa population vers Idleb fin janvier, la Russie continue à bombarder Idleb !  et d’autres régions en Syrie continuent à subir les bombardements du régime syrien et de ses alliés.

Les crimes commis contre les civils continuent en Syrie et le silence de la communauté internationale continue lui aussi.

Quel bilan et quelle solution?

Plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 450’000 morts, plus de 1’000’000 de blessés, plus de 325’000 arrestations et disparitions forcées, plus de 12’000 morts sous la torture documentées, et environ 13’000 exécutions sommaires dans la prison de Saydnaya seule (selon le rapport récent d’Amnesty International). Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice et le jugement des responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre peuvent aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.

Les pourparlers de paix de Genève 4 doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré au cours des six dernières années leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne sert que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.

Le défi consiste à établir et garantir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie et démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, droits basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.

Nous Syriens exigeons: 

  • Le départ immédiat du dictateur criminel Bachar Al Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
  • La fin du siège, de la famine imposée et des déplacements forcés dans toutes les régions assiégées.
  • La fin effective de tous les bombardements sur les quartiers et villages.
  • Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrieet la fin de toutes les interventions étrangères, en particulier russe, iranienne.
  • La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté détenus dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé en Syrie.
  • L’arrestation et le jugement de ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre ou de crimes contrel’Humanité au cours des 40 dernières années.
  • La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.

Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Al-Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.

Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne!

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration de …

Soutenu par: Mouvement pour le socialisme (MPS), alencontre.org, le Cercle La brèche,

Forum L’Autre Genève, programme et expositions

Forum L’Autre Genève

Syrie. Pour la liberté, la démocratie, la paix et la justice sociale

La parole à des représentant.e.s de la société civile de Syrie

Vendredi 27 mai dès 19h15 documentaires, à 20h15 Forum
Samedi 28 mai, workshops dès 10h45, séance de clôture à 19h15

Avec deux expositions samedi le 28 mai:

« Au coeur de la machine de mort syrienne » (Photos de César)

Tableaux du caricaturiste Hani Abbas « La souffrance des détenus »

Organisé par le site alencontre.org, Editions Page 2, FemmeS pour la Démocratie

UneAG

La «situation en Syrie», pour l’essentiel, est traitée sous l’éclairage de négociations internationales et régionales. A tel point que le dessein du clan Assad de «rendre invisible le peuple syrien» est souvent atteint.

L’Autre Genève se veut une contribution visant à contrecarrer à la fois l’ignorance et l’indifférence face aux combats d’une population asservie, depuis longtemps, par une dictature implacable. Ses multiples luttes traduisent une profonde aspiration à la liberté, à la dignité, à la justice sociale et à une paix consolidée par le jugement des responsables de crimes ayant peu de précédents.

Quelque 400’000 morts; plus de 325’000 de détenus et de disparus. Des millions de réfugié·e·s ont fui les bombardements du régime. Et, depuis octobre 2015, ceux de l’aviation russe. S’y ajoutent celles et ceux qui veulent échapper aux pires forfaits de Daech.

Le refus par les diverses forces de l’opposition démocratique d’une prétendue transition démocratique sous la présidence de Bachar el-Assad est validé par la pratique passée et présente du régime Assad, ainsi que de ses alliés régionaux et internationaux. Et pourtant c’est une «solution de ce genre» qui se dessine lors de prétendues négociations à Genève, placées sous l’égide de l’ONU et des Etats impliqués dans le conflit, sans prendre en compte la volonté du peuple syrien.

L’Autre Genève va permettre à des Syriennes et Syriens – de générations et de sensibilités politiques et culturelles différentes – d’exprimer les raisons de leur engagement à la fois contre la barbarie de Bachar el-Assad et contre celle du soi-disant Etat islamique.

Dès l’instauration d’une trêve relative, le 27 février 2016, dans de nombreuses villes et bourgades, la population, épuisée, est descendue dans la rue, avec des drapeaux de la révolution pour exiger la paix et le départ de Bachar, comme de l’EI et de forces analogues.

Devant ce peuple, tu n’as pas d’autres alternatives que le départ
« Devant ce peuple, tu n’as pas d’autres alternatives que le départ »
Le combat de la population syrienne retrouvait sa visibilité. La riposte du pouvoir fut immédiate: bombarder ces villes et bourgades, souvent assiégées et condamnées à la famine. La dictature voulait rendre inaudible et insaisissable cette fraction d’une population martyrisée qui clame, encore et toujours, des idéaux affirmés dès mars 2011, et même avant.

Les combattant·e·s de la révolution syrienne initiée en 2011 se sont vu refuser l’armement défensif nécessaire pour faire face à un régime dont la force militaire a pour fonction de mater et terroriser la population et d’assurer la perpétuation de sa mainmise sur le pays. L’impasse des affrontements militaires favorisa les interventions multiples de puissances internationales et régionales, visant chacune ses propres buts. Le désastre irakien, issu de l’intervention américaine en 2003, avait amorcé la redistribution des cartes dans la région. Il en résulta, en quelque sorte, une expropriation des buts essentiels – anti-dictatoriaux et démocratiques – de la majorité de la population de Syrie.

L’Autre Genève s’inscrit contre «l’indifférence qui œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre.» (Gramsci) L’Autre Genève doit faire écho à toutes les actions et toutes les voix de ceux et celles qui, en Syrie, dans les innombrables camps de réfugiés et en exil, perpétuent des idéaux devant bouleverser une situation que les dominants présentent comme une fatalité.

Les intervenants sont:

Intervenants

Ces voix et ces actions seront présentes le vendredi 27 mai et le samedi 28 mai à Genève. Le programme détaillé peut être téléchargé ici:

Programme détaillé.

A moins que ce soit voulu…

Chronique de la Syrie

Ce qui se passe à Alep aujourd’hui est scandaleux.

Quand le gouvernement syrien bombarde les populations civiles dans son propre pays il n’est pas “légitime”, il est assassin. Qu’il soit assisté par la Russie pour le faire n’a rien de surprenant.
Putin applique en Syrie ce qu’il a appris en Tchétchenie, l’assassinat systématique des populations civiles, femmes et enfants si possible, hôspitalisés de préférence. Nabot “tsar” présidant une économie incapable de produire autre chose que ce qu’on trouve dans son sous-sol, ou de l’armement, il aspire sans doute a devenir une star du musée Tussaud, (à l’étage des “serial killers”). Sait-il seulement à quelle fin il bombarde? Probablement pas! Lavrov disait récemment qu’il ne voyait pas pourquoi les bombardements s’arrêteraient, peut-être faudrait-il le lui dire?… des civils, des femmes, des enfants, des vieux, les droits humains…

Est-ce que la communauté internationale objecte?. Non! Sans doute Ban Ki-moon “feels concerned”, comme d’habitude. Sans doute Obama va-t-il nous gratifier d’un nouveau discours sur ce qu’il ne va pas faire, répertoire inépuisable de Mr. “empty talk”, gendarme du monde auto-proclamé, mais “quand ça m’arrange”, au service d’Israel, qui voit d’un bon oeil l’écrasement du peuple syrien, qui accessoirement occulte celui du peuple palestinien.

ça a été dit, répété et plus que prouvé, le régime Assad et ses associés russes, iraniens, Hezbollah et autres milices, sont responsables de plus de 90% des morts civiles en Syrie. Le régime Assad est le concepteur, co-créateur, actuellement principal partenaire commercial de Daesh, et son fournisseur d’armements. Courir après Daesh dans ces conditions, sans se préoccuper du régime, relève du fantasme, à moins que ce soit voulu? Et c’est une question pertinente. Tous les intervenants du conflit disposant d’aviation (Assad, Russie, Iran, la coalition internationale) auraient pu empêcher Daesh d’accéder à Palmyre en mai 2015 et d’en repartir en mars 2016. Personne ne l’a fait, personne ne l’a même tenté. Seules les populations civiles qui fuyaient Palmyre ont été bombardées, et pas par Daesh, par l’aviation russe.

Tant que la communauté internationale accordera la moindre légitimité à des “leaders” comme Assad, Putin et bien d’autres, que ce soit par conviction ou par raison diplomatique, le seul avenir possible pour cette civilisation sera mafieux: enrichissement personnel aux dépens de l’état (le premier signe), extermination des opposants, clientélisme, corruption, etc.

Le remède est pourtant simple, il faut aider la démocratie. Le peuple syrien s’est exprimé clairement, il y a cinq ans déjà, il l’a fait à nouveau dès le début de la trêve, le 27 février 2016, en descendant dans la rue, et son drapeau est vert, blanc, et noir.

"Devant ce peuple, tu n'as pas d'autre alternative que le départ", Panneau de Kafranbel en mars 2016!

« Devant ce peuple, tu n’as pas d’autre alternative que le départ », Panneau de Kafranbel en mars 2016!

Pour eux, et pour nous, commençons par établir une “no-fly zone”, cela dissuadera bien plus de syriens de venir en Europe que toutes les barrières de barbelés, et la démocratie viendra, tôt ou tard, elle a déjà cinq ans de retard, à cause de nous, la communauté internationale, qui ne fait rien.

FSD

Genève: Syrie « Pourparlers de Paix » pourquoi et pour qui?

Appel à un rassemblement pour faire entendre la voix du peuple syrien

Genève, place de nations, le vendredi 29.1.2016 de 15h30 – 17h30

avec un stand de 11h00 à 17h30 le vendredi 29 et le samedi 30 janvier 2016

Le Peuple veut

Recommençons l’histoire dès le début:                       « Le peuple veut la chute du régime« 

A l’occasion des pourparlers de paix de Genève, qui réuniront les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien en Janvier 2016, nous appelons à un rassemblement pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes en lutte, pour réaffirmer leurs revendications légitimes qui doivent être à la base des négociations pour mettre fin à la souffrance extrême de la population civile, après près de cinq années de lutte.

Depuis l’échec des pourparlers de Genève II, la situation en Syrie ne cesse de se détériorer, avec l’augmentation des interventions militaires, qui a conduit à de nombreuses victimes parmi les civils, et récemment l’intervention de la Russie, en coordination avec Israël, et avec le consentement tacite de la communauté internationale, contre les civils syriens et l’opposition armée.

Plus de la moitié de la population a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 300’000 morts, plus de 300’000 arrestations et disparitions forcées, plus de dix milles morts sous la torture, plus de 500’000 blessés. À l’heure actuelle, 600’000 civils souffrent de famine dans les zones assiégées. Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice peut aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.

En effet, les pourparlers de paix de Genève doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré, par leurs actions et leurs positions respectives au cours des cinq dernières années, leur indifférence à la situation difficile du peuple syrien, et leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne garantit que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, à la fois sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.

Nous appelons à séparer les questions humanitaires des négociations et à les traiter enfin sur la base des lois internationales.

Le défi est donc d’établir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie, démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.

Nous Syriens exigeons:

  • Un départ immédiat du dictateur Bachar Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
  • La fin du siège de toutes les régions assiégées et affamées.
  • La fin des bombardements par l’artillerie, l’aviation et les missiles sur les quartiers et villages, bombardements qui continuent à tuer des civils en masse et chaque jour.
  • Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrie et la fin de l’intervention russe en Syrie.
  • L’organisation de l’aide médicale et la reconstruction des services de santé.
  • Une aide massive aux réfugiés dans les pays voisins et au sein de la Syrie, en vue de leur réinsertion volontaire dans leur pays d’origine.
  • La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté qui sont emprisonnés dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé.
  • L’arrestation des criminels de guerre et des personnes en charge de la répression sanglante durant le règne des Assad sur le pays pendant 40 ans, et leur jugement par un tribunal compétent et indépendant.
  • La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.

Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.

Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne !

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration du Réseau des FemmeS Syriennes, Collectif des Amis d’Alep, Mouatana (citoyenneté), Conseil national kurde, Zaytoon, The Syrian American Council « SAC.

Soutenu par: Mouvement pour le socialisme/Bewegung für Sozialism (MPS/BFS), alencontre.org, le Cercle La brèche, SolidaritéS.

«La démocratie est inéluctable»

Article de Aline Andrey, paru le 1er avril 2015 dans l’Evénement Syndical, n° 14-15

Pour la militante syrienne Nahed Badawia, la révolution vaincra. ’est surtout une affaire de temps…

Au lendemain d’une conférence à l’Université de Lausanne sur la situation en Syrie, 4 ans après le début de la révolution et de la guerre, nous rencontrons Nahed Badawia au Buffet de la gare, juste avant qu’elle ne monte dans le TGV pour rentrer chez elle, à Paris. C’est dans la Ville Lumière qu’elle a trouvé refuge en février 2013, après avoir dû quitter Damas. Le vol de son ordinateur portable dans son appartement, qu’elle pense être le fait des sbires du régime, lui fait l’effet d’un déclic. Car, les menaces, elle les vivait dans son cœur et dans sa chair depuis longtemps…

Nahed Badawia incarne le courage et le désir de liberté de tout un peuple.

Nahed Badawia incarne le courage et le désir de liberté de tout un peuple.

Malgré son militantisme, elle poursuit sa carrière d’ingénieure civile. Un métier qui sied à cette scientifique qui rit lorsqu’on s’étonne de sa profession, a priori si masculine. «Il y avait moins de femmes, c’est sûr, mais je n’étais ni la première, ni la seule.» Elle s’excuse pour son français, pourtant remarquable après moins de deux ans dans le pays de Molière. «Exprimer sa personnalité en langue étrangère, c’est très difficile. Car ce n’est pas que la langue, chaque mot transmet l’éducation, les pensées, la culture…»

Une vie de combats

Nahed Badawia hésite. Cet article pourrait-il porter préjudice à ses recherches d’emploi? «En arrivant, j’ai cru que j’allais travailler tout de suite. Je parle anglais, français, arabe, je connais les nouveaux logiciels… J’ai postulé une centaine de fois. Sans succès. Je sais que mon âge est aussi un frein», relève celle qui comptabilise 57 ans d’expérience de vie. Et quelle vie!

Son militantisme est né dans les années 80. «J’ai choisi le camp des opposants de gauche. Car il y avait aussi des partis de gauche prorégime.» Dès lors, elle n’aura de cesse de s’engager pour la démocratie en Syrie et l’émancipation des femmes. Dès les années 2000, elle écrit régulièrement des articles politiques pour des sites d’opposition. Passionnée du féminisme de la 3e vague qui «reconnaît la diversité et améliore l’idée de la démocratie», elle écrit un livre sur la question: «Sortir de l’isolement», qui sera publié en 2013 à Beyrouth.

Entre-temps, le printemps arabe bouleverse le monde. «C’est magnifique de voir un peuple qui refuse la dictature. Quand le peuple syrien a vu le courage des Tunisiens, il a commencé à bouger. A la chute de Ben Ali, puis de Moubarak, on a dansé en Syrie…», raconte-t-elle avec joie. Elle ajoute: «Les prisonniers d’opinion ont aussi réagi en entamant une grève de la faim pour exiger leur libération.» En solidarité avec les grévistes, Nahed Badawia signe, le 11 mars 2011, une pétition lancée par des intellectuels et des activistes. «Le 16 mars, devant le Ministère de l’intérieur sur la place Marjeh à Damas, nous étions plus de 500 personnes à réclamer la libération des prisonniers politiques… Trente-trois d’entre nous ont été arrêtés.»

De l’espoir…

Quatre ans plus tard, des estimations dénombrent quelque 150 000 morts et des millions de déplacés. Et pourtant Nahed Ba- dawia ne perd pas espoir. «Le processus est long. Il a fallu 100 ans pour que la Révolution française porte ses fruits, mais, en cette ère moderne, celle des pays arabes sera plus rapide. C’est un processus historique. La démocratie est inéluctable, même si la dictature est revenue en Egypte. Les nouvelles générations savent qu’elles peuvent changer leur avenir. Avant il n’y avait même pas l’idée d’un changement pos- sible. Nous sommes tristes, mais nous avons espoir.»

Pour elle, le problème de la Syrie est avant tout international. «En ce moment, Bachar ne contrôle plus tout le pays. Le peuple syrien est pris en otage entre les pouvoirs régionaux et internationaux. Chacun a envoyé ses sbires (Daesh, Hezbollah, etc.). Le conflit entre eux se fait sur notre sang», dénonce-t-elle. «Sinon, la révolution syrienne aurait vaincu depuis longtemps.»

Sensibiliser les jeunes

«Après la chute d’Assad, il fau- dra que la communauté internationale garantisse la paix en Syrie pour un ou deux ans afin de donner le droit au peuple de s’exprimer dans les urnes pour choisir son avenir. Vous savez, tous les peuples sont contre les extrémismes.» La scientifique dessine un schéma pour illustrer ce propos, et raconte sa honte récente d’avoir demandé à un Libyen, s’il y avait beaucoup d’islamistes extrémistes en Lybie. «Il a été choqué. Et je me suis rendu compte que je posais la même question que celle qu’on me pose tout le temps sur mon pays. Tous les peuples rêvent de liberté.»

En Europe, Nahed Badawia continue de militer en donnant des conférences, et en intervenant dans des écoles aussi. «Il faut sensibiliser les jeunes. Ce sont

eux qui seront au pouvoir bientôt. Et qui seront nos futurs partenaires dans la troisième république démocrate syrienne…»

Aline Andrey

 

 

 

Un 4e Noël sanglant pour les enfants syriens

Le 18 mars 2011, les enfants syriens de Daraa ont été l’étincelle de la révolution syrienne, née suite à la torture d’une quinzaine d’écoliers par les services de renseignements. Aujourd’hui, après 4 ans d’une guerre impitoyable qu’ Assad mène contre sa population, les enfants syriens paient un prix exorbitant pour la liberté qu’ils ont revendiqué:

9’500 enfants en détention

17’267 enfants morts

95 enfants morts sous la torture

518 enfants tués par des snipers

128 enfants gazés le 20 août 2013

5’000’000 d’enfants réfugiés et déplacés internes

En cette période de Noël qui chérit les enfants en Europe, un rassemblement est organisé à Paris le 20 décembre en hommage aux enfants morts en Syrie et en solidarité avec la souffrance que font subir le régime syrien et l’Etat Islamique (Daech) aux enfants syriens; mais également pour rappeler que l’impunité de tous ceux qui ont perpétré des crimes contre l’Humanité et des crimes de guerre en Syrie depuis 2011 serait une honte pour l’humanité et pour chacun d’entre-nous.

10849847_589522111180808_4279914081761894933_n

FemmeS pour la Démocratie se déclare solidaire des enfants syriens et se joint aux organisateurs du rassemblement de Paris pour demander que le dossier syrien soit enfin traduit devant le TPI. C’est une étape obligatoire pour permettre enfin aux syriens de mettre fin au terrorisme d’Etat d’Assad et à celui des organisations terroristes comme Daech pour acheminer leur pays vers une démocratie multi- confessionnelle et multi- ethnique basée sur la citoyenneté de tous les Syriens.

En cette période de fêtes nous appelons également à votre solidarité en faveur de l’éducation des enfants syriens qui en ont été privés suite à l’exode forcé de la population d’un coté, aux sièges de différentes régions en Syrie et aux bombardements d’une grande partie des établissements scolaires et des quartiers résidentiels dans les régions de protestations par le régime, et à l’oppression de Daech dans d’autres régions.

La somme intégrale de vos donations sera distribuée à des projets pour les enfants syriens au Moyen-Orient, ceci dans certains des multiples endroits qui ne sont toujours pas desservis par les organisations internationales et qui dépendent des donations privées.

 Pour vos dons:

FemmeD pour la Démocratie ,  Help Syrians

Merci de tout cœur !

FSD

—————–

A cette occasion FSD publie ici ce poème de Racha Lotfi:

REFUGIÉ

Tu portes l’infortune sur tes frêles épaules,

Le désarroi sordide de l’espace, du temps,

Le tronc recourbé comme s’épancherait un saule

Vers les plis de la terre, l’eau claire des étangs…

Tu as quinze ans à peine et déjà apatride

Exilé, esseulé, l’âme dénaturée

Quinze ans et sur ton front délinéé les rides

Creusent quelques rainures fines, prématurées

Le soleil et l’exode déposent sur ta peau

Leurs cruelles empreintes, leurs féroces stigmates

Et pour contrer l’hiver comment ces oripeaux

T’épargneront du froid aux morsures ingrates ?

Ainsi sous une tente désormais tu habites

Les aléas du sort ont brisé l’avenir

Tant d’autres ont péri soudain de mort subite

Par le brasier, les bombes, tu les vis agonir

Pour garder la vie sauve il a ainsi fallut

S’enfuir au loin s’enfuir pour trouver le salut …

Alors, les yeux mi-clos tu donnes libre cours

Aux rêves d’évasion, à l’évasion des rêves,

Pour tristement penser à ton premier amour

Et ta mémoire aspire au répit, à la trêve

A la jolie voisine sur le balcon d’en face

Aux regards échangés, aux sourires volés

Aux heures interminables au sortir de la classe

Pour cueillir un instant son parfum envolé

Où peut-elle bien être ?

Gisant sous les décombres ?

Inhumée sans sépulcre comme ton père disparu ?

Ou peut-être vivante et se terrant dans l’ombre

Sur les chemins perdus en hâte parcourus

Un jour tu reviendras fier et droit comme un chêne

Le front auréolé de gloire, de serments

Fils d’un peuple captif qui a brisé ses chaînes

Pour semer à nouveau de la vie le ferment

Rebâtir nos maisons, nos quartiers et nos villes

Anéantis par la géhenne tombant du ciel

Du tyran de ses sbires sanguinaires serviles

Et replanter des fleurs et récolter le miel

Le miel et la douceur et l’amour en partage

Légués par cette terre au doux nom caressant

Elle nous aura donné l’orgueil en héritage

Mais nos larmes auront toujours le goût du sang

Un jour vers la patrie, tu reviendras, petit

Comme se blottit l’enfant au giron de sa mère

Et s’endort bienheureux d’espérances nanti

                                                   Dans l’odeur du jasmin et des oranges amères.