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L’ONU inutile ou complice ?

Chronique de la Syrie

Suite à la « réélection » dans le sang du dictateur criminel Bacha al-Assad, ce dernier a annoncé une amnistie générale de tous les détenus et condamnés ayant commis un acte « répréhensible » avant le 09.06.2014. Cette amnistie concerne également les personnes traduites devant la cour du « terrorisme » donc tout ceux qui ont été accusés de terrorisme pour leur participation dans les mobilisations de la révolution. Les Syriens espéraient alors la libération des dizaines de milliers de détenus arrêtés pendant la révolution. Mais le régime a été une fois de plus fidèle à lui même, peu de détenus d’opinion ont été libérés dans le cadre de cette amnistie qui n’est qu’une simple annonce, seul peu de détenus ont retrouvé leur liberté. Des détenus connus comme Mazen Darwish, activiste des droits humains et journaliste arrêté en février 2012, Khalil Maatouk, avocat qui défendait les détenus arrêtés en octobre 2012, Tal al-Mallouhi, jeune blogueuse arrêtée avant la révolution en décembre 2009, comme beaucoup d’autres n’ont pas été libérés. Ce fut le cas pour la majorité des détenus d’opinion et ceux qui ont été arrêtés pour leur implication dans l’aide humanitaire ou le journalisme. Cette amnistie, comme ses précédentes, n’ a été qu’ un coup médiatique destiné à améliorer l’image du dictateur qui pardonnerait à sa population ses revendications pour la liberté, la dignité et la démocratie, faisant semblant qu’après cette mascarade de réélection tout rentrerait dans l’ordre.

 La réalité du terrain est toute autre, car les arrestations n’ont pas pris fin, au contraire. Certains de ceux qui ont été libérés après cette réélection et qui n’ont pas quitté la Syrie se sont fait arrêter à nouveau. Ce fut le cas du psychiatre Jala Naoufal, de la communauté druze de Syrie, qui vient de se faire arrêter pour la 5e fois le 17 juillet, deux semaines après sa dernière libération. Jalal Naoufal est très apprécié comme personnalité patriotique humanitaire. Il a formé beaucoup d’activistes syriens dans le soutien psychologique. Il est aussi un adepte du mouvement pacifiste de la société civile, ce qui fait de lui une personne extrêmement dangereuse pour le régime Assad.

Dr. Jalal Naoufal

Dr. Jalal Naoufal

Mentionnons ici également l’arrestation de Fehmi Youssef, activiste politique de gauche, à l’aéroport de Lattaquié, le 2 août 2014! Fehmi Youssef fait partie de la communauté syrienne des Assyriens-Cyriaques. Il n’est pas musulman, il n’a pas porté d’armes, mais il est populaire, il est connu pour son patriotisme et il est très apprécié à Alep! C’est sa 3ème arrestation depuis 2011.

Youssef Fehmi

Youssef Fehmi

Le soir du 3 août 2014, nous avons appris l’arrestation à Damas d’une étudiante universitaire d’une vingtaine d’années !

Assad continue sa politique répressive, la torture dans ses centres d’interrogation continue à être effrayante et à mettre la vie des dizaines de milliers de détenus en danger, les barils explosifs continuent à détruire, blesser, tuer et faire fuir dans le silence d’une communauté internationale qui ne condamne même plus ces crimes…

Après l’ “évacuation” de l’arsenal chimique d’Assad, terminée fin juin 2014, les attaques chimiques se poursuivent, curieusement: le 17 juillet 2014, une attaque au chlore a eu lieu à Kafr-Zeita et le 26 juillet 2014 une 2e attaque au chlore a eu lieu à Rahba-Khatab dans les environs de Hama.

Aujourd’hui à Gaza, Netanyahu agit de même avec les Palestiniens ! Se sentirait-il plus tranquille suite au silence sur les crimes d’Assad ?

Ce qui se passe en Syrie et à Gaza aujourd’hui est une honte pour l’Humanité toute entière ; cela montre que la politique internationale défend les criminels et les mafieux par intérêt financier, et se partage le pouvoir au détriment des droits humains ou plus simplement de la vie humaine … Nous invitons l’ONU à fermer boutique car les cas de la Syrie et de Gaza ont démontré qu’elle est au mieux inutile et au pire au service de la mafia politique.

La révolution continue!

A l’occasion du rassemblement à Lausanne, le 03.06.2014, pour dire non à la farce électorale en Syrie, la radio suisse romande à interviewé notre invité François Burgat, politologue spécialiste du Moyen-Orient.

Dans la presse Suisse:

Article de l’ATS paru dans l’Hebdo et Swissinfo.

Article dans le 24Heures

Lors du rassemblement, il y a eu plusieurs interventions. Nous publions ici celle de FSD.

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En Syrie Le régime célèbre aujourd’hui le semblant d’une démocratie dans un pays dévasté par une guerre menée par un dictateur sanguinaire contre sa population… une population qui continue à revendiquer liberté, dignité et démocratie.

 Les Syriens de l’intérieur craignent cette journée… ils ont peur de tout ce qui peut se passer… Sortir de la maison ou pas… aller voter ou pas… chaque choix pourrait avoir des conséquences sur leurs vies…

De quelles élections démocratiques parle-t-on lorsque les barils explosifs de l’aviation de l’armée assadienne continuent à détruire Alep mais aussi la vie de ses habitants ?

J’aimerais ici partager avec vous l’histoire d’un enfant d’Alep qui s’appelle Moustafa Arab. A l’âge de 10 ans Mousatafa, comme bcp d’enfants syriens aujourd’hui, travaillait pour permettre à sa famille de se nourrir. Moustafa allait tous les jours vendre des biscuits dans les rues d’Alep. Le 30 mai, alors que Bachar Assad se préparait à célébrer sa future élection comme président, l’un des aviateurs de son armée lançait les barils de la mort sur Alep… ce jour là le baril a touché Moustafa et a mis fin à sa vie.

 De quelle élections démocratiques parle-t-on lorsqu’on décompte plus de 330 morts sous la torture pendant le seul mois de mai, le mois des campagnes présidentielles bidons…

J’aimerais vous raconter l’histoire d’une jeune fille de Daraa, Ni’ma al-Qadiri qui s’était fait arrêtée en novembre dernier à l’âge de 16 ans lorsqu’elle passait un barrage de sécurité à Inkhel. Ni’ma a été alors torturée à mort et son corps a été rendu à sa famille en mai alors que Bachar Assad préparait sa future élection à la tête du pays sensé protéger ces enfants.

Aujourd’hui 9’000 enfants se trouvent tjs en détention et risque le sort de Ni’ma aujourd’hui et celui de Hamza al-Khatib en mai 2011.

Rappelons-le, 4,5 millions d’enfants syriens sont devenus réfugiés ou déplacés et dont la majorité a interrompu sa scolarité voir n’en a jamais eu.

De quelle élections démocratiques parle-t-on lorsqu’à Homs commence le pillage juste après le départ des révolutionnaires… Le pillage par les Shabbiha de toute une ville détruite à 85%, ceci sous le nez des habitants qui sont pressés de voir leurs maisons. Le pillage est organisé par les milices du régime alors que Bachar Assad préparait sa future élection à la tête de ce pays qu’il a détruit.

Je vous raconte l’histoire de d’une jeune femme et son père qui sont allés voir dans quel état se trouvait leur maison. Soudain ils voient arriver une camionette dans la rue et un groupe d’hommes en descend et arrive devant la maison du voisin. Ils commencent par démonter la porte et l’emporter. Elle leur demande d’arrêter ce vol. La réponse est qu’ils sont un groupe de déminage… lorsque le groupe finit le soit disant déminage, la maison est complètement pillée. Même les files électriques sont arrachés !

 J’aimerais juste poser une question à nos amis suisses:

Accepteriez-vous un président de votre pays qui le bombarde et le détruit ?

Accepteriez-vous un président de votre pays qui fait arrêter et torturer les enfants en toute impunité ?

 Accepteriez-vous un président de votre pays qui encourage le pillage organisé en toute impunité ?

 Assad est juste un assassin mafieux qui a donné les clés de la Syrie à l’Iran et à la Russie avec la bénédiction de la communauté internationale par son inaction… Le seul endroit ou il a sa place c’est la prison. Une court spéciale peut-être formée par une convention de seulement deux pays… qu’attend le monde occidental pour agir ?

Les Syriens continuent leur révolution malgré et contre tous… Vive le peuple syrien, vive la révolution…

Depuis Lausanne, la Révolution Continue!

Depuis Lausanne, la Révolution Continue!

FSD

 

 

 

 

 

 

NON à la farce électorale du régime dictatorial et sanguinaire de Bachar al-Assad

Rassemblement et conférence de presse avec la participation de François Burgat

3 juin 2014, à 14h00, devant la Cathédrale de Lausanne

  • Le 15 mars 2011, le peuple syrien est sorti dans la rue pour revendiquer la liberté et la dignité, cela dans la foulée des soulèvements populaires dans la région. Durant quelque six mois des manifestations pacifiques ont eu lieu dans beaucoup de régions de Syrie, du nord au sud et de l’ouest à l’est. La réponse du régime Assad – co-propriétaire du pays – a été de réprimer ces manifestations par ses services de «sécurité», ses milices, son armée. Arrestations et tortures se sont multipliées. Après six mois, une résistance armée a vu le jour, d’abord pour protéger les manifestant·e·s et plus tard pour libérer le pays d’une dictature installée depuis 40 ans. La révolution a progressivement pris le contrôle de près de 50% des territoires, cela malgré son manque d’armement et de ressources matérielles et financières.
  • Assad, après avoir perdu beaucoup de soldats de l’armée régulière suite aux désertions, a dû faire appel à des mercenaires étrangers pour renforcer ses forces de répression: le Hezbollah libanais; l’unité al-Qods, branche des «gardiens de la révolution» d’Iran chargé d’opérations en dehors de l’Iran, et des milliers de «gardiens de la révolution»; ainsi que des forces militaires issues d’Irak et placées, de fait, sous la protection du gouvernement de Nouri al-Maliki. En outre, la Russie de Poutine a assuré non seulement l’entretien des hélicoptères et des avions de chasse, mais n’a cessé de livrer – jusqu’à maintenant – des quantités d’armes et de munitions. Parallèlement, la Russie utilisait son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU – avec l’appui du gouvernement chinois – en vue de défendre le régime Assad et de renforcer ses intérêts ainsi que son pouvoir de négociation au plan international.
  • Très rapidement, après mars 2011, Bachar al-Assad a utilisé des islamistes – que son régime avait emprisonnés et réprimés – pour faire diversion. En cela, il continuait sa politique de division confessionnelle qui a toujours été un instrument du pouvoir. Actuellement, les forces djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), ayant les pires traits d’un système répressif, ont établi avec le régime Assad une sorte de «paix des bourreaux et des cimetières».
  • Les révolutionnaires ont demandé une aide matérielle et en armes pour défendre le processus révolutionnaire. Aucune aide d’importance ne leur est parvenue de la part desdites démocraties occidentales. Dans ce contexte, des régimes «pétroliers» et hyperconservateurs du Golfe, dans leurs propres intérêts géopolitiques et pour transformer cette révolution populaire en guerre confessionnelle, ont appuyé et organisé des forces militaires fondamentalistes qui s’opposent aux objectifs de la révolution et s’attaquent aux révolutionnaires. Ces groupes fondamentalistes ont donné une tonalité islamiste à des secteurs de la lutte militaire contre le régime d’Assad, ce qui a été utilisé par des puissances occidentales pour justifier leur refus d’aide effective aux combattants anti-dictatoriaux.
  • Le régime Assad a systématiquement utilisé l’aviation et des armes lourdes pour bombarder les régions au centre des protestations, détruisant des quartiers, des villages et des villes entières. Les hôpitaux et les infrastructures médicales sont la cible des attaques, un fait presque sans précédent dans l’histoire. Il n’a pas hésité à utiliser les armes chimiques à al-Ghouta en août dernier, tuant plus de 1’500 civils. Il continue aujourd’hui à utiliser le chlore dans les environs de Hama. Il a assiégé et affamé plusieurs régions pour faire s’agenouiller les révolutionnaires. Il tente même de repeupler des quartiers d’Homs avec des «chiites étrangers» : une politique «démographique» qui s’ajoute à celle du dépeuplement par bombardements.
  • Tout cela dans le silence assourdissant – qui dure depuis trois ans – de la communauté internationale! L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a constaté que le régime Assad disposait encore de 8% du stock relevé des armes chimiques. Pourquoi le régime s’en débarrasserait-il maintenant? Il sait, par l’expérience, qu’il peut les utiliser, sans trop de risques.
  • Jusqu’à aujourd’hui, cette répression barbare a eu comme conséquences: plus de 200’000 morts dont plus de 15’000 sous la torture, plus de 500’000 blessés, 350’000 détenus et disparus dont 9’000 enfants détenus, 9 millions (40% de la population) ont perdu leur logement et sont soit déplacés, soit réfugiés. Le pays est aujourd’hui complètement dévasté par les actions de ce régime dictatorial sanguinaire qui l’a entraîné dans un gouffre!
  • Malgré cette destruction d’un pays et le crime de masse contre la population, la révolution de la dignité, sous diverses formes, continue. Ce courage et cette volonté doivent être reconnus et soutenus. Or, le régime Assad – qui n’a jamais organisé d’élections démocratiques durant des décennies – prétend organiser une élection présidentielle, avec un candidat, Bachar, et deux pantins. Une farce électorale criminelle qui devrait faire passer le dictateur pour un démocrate, un pays dévasté pour un pays construit (avec la diffusion télévisée de quelques images du centre de Damas), un peuple torturé, déplacé, réfugié, meurtri, affamé, pour un ensemble d’électeurs réjouis! Une mystification que peu de dictatures – de Hitler à Staline – n’ont égalée.
  • L’histoire nous a enseigné que ce genre de crime camouflé doit être dénoncé et montré pour ce qu’il est: la forfaiture d’un dictateur gangster.
"This is my achievements, vote me !"

« This is my achievements, vote me ! »

Dès lors, venez nombreux vous joindre à nous, ce 3 juin 2014, pour affirmer haut et fort que la révolution syrienne continuera jusqu’à la chute de cette dictature sanguinaire et que la Syrie s’acheminera vers un Etat démocratique qui respecte les droits de toutes les Syriennes et de tous les Syriens quelles que soient leurs appartenances communautaire, ethnique ou politique.

Organisé par : FemmeS pour la Démocratie, Zürich Coordination Committee, Campagne #Non, Campagne #Eléctions du Sang, Campagne #SOS Syria, Forum politique Saba Barada, Mouvement de la jeunesse de la future Syrie, Muwatana (bureau de l’Europe), Mouvement Kurde de l’Avenir.

Soutenu par : Mouvement pour socialisme (MPS), SolidaritéS.

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Comment organiser une élection présidentielle démocratique jouée d’avance ?

« Le résultat de l’élection présidentielle qui se déroulera en Syrie le 3 juin est déjà connu.
En dépit du bilan plus que calamiteux de la deuxième partie de son second mandat qui a débuté en 2007 – … – Bachar al-Assad sera réélu.

S’il daigne faire campagne, il mettra en avant les slogans qu’il se plaît à ressasser alors qu’ils ne convainquent plus guère que deux catégories de personnes : ses adorateurs inconditionnels, les menhebbakjis, qui ont montré que leur amour exclusif pour le chef de l’Etat, résumé dans la formule « Bachar ou nous brûlons le pays », pouvait les conduire aux pires atrocités ; et ceux qui, méprisant les aspirations à la liberté et à la dignité qui ont jeté les Syriens dans les rues en mars 2011, contribuent en Occident à accréditer l’idée que l’héritier de Hafez al-Assad reste un réformateur, un promoteur de la laïcité, un protecteur des minorités, un ennemi du terrorisme, un rempart contre le djihadisme, bref un moindre mal face à une montée du radicalisme religieux en Syrie délibérément exagérée… dont le président candidat est en réalité le premier responsable. », Ignace Leverrier, ancien diplomate, publié en date du 7 mai 2014 sur son blog Un Œil sur la Syrie.

Un «victoire» d’Assad payé par le peuple syrien

«C’est une victoire symbolique très forte pour Bachar al-Assad, mais c’est un champ de ruines que reconquiert Bachar al-Assad, une ville qui a subi des années de pilonnage et de bombardements. Il faut savoir que les résistants ne contrôlaient qu’un périmètre de 2 kilomètres carrés sur les 40 de la ville. Il est hallucinant qu’une armée aussi dotée en armements russes et aussi assistée en conseillers iraniens et en combattants chiites du Hezbollah libanais ait pris autant de temps pour arriver à ce résultat, obtenu par les armes et par la faim. Ce n’est pas une victoire dans les règles de «l’art militaire», c’est un affamement systématique de combattants qui sortent en larmes. Ils sont sous-alimentés. Certains d’entre eux ne supportent même pas les premiers légumes qu’on leur donne à manger, ils doivent attendre plusieurs jours avant de pouvoir se sustenter de nourritures plus substantielles. Effectivement, comme toujours avec Bachar al-Assad, c’est une victoire à la Pyrrhus dont le peuple syrien paie le prix.», Jean-Pierre Filiu, le 9 mai 2014, sur France culture. Jean-Pierre Filiu, professeur des universités à Science Po Paris. Son dernier ouvrage: Je vous écris d’Alep. Au cœur de la Syrie en révolution. (Denoël, novembre 2013)

Une mascarade indécente

« Depuis l’arrivée au pouvoir du clan Assad,  jamais une élection, ni locale ni a fortiori “présidentielle” n’a le moins du monde affecté  le rapport de force au sein de l’Etat;  ni même  permis à une opposition crédible ne serait -ce que d’énoncer publiquement ses exigences.

Il est parfaitement malséant de considérer qu’il pourrait, le 3 juin prochain, en être autrement. Toutes celles et tous ceux qui, de bonne foi,  entendent aider la population syrienne, la région et le monde, à sortir d’une guerre meurtrière ne sauraient donc considérer l’épisode électoral de la communication du dictateur syrien pour autre chose que ce qu’il est : une mascarade indécente. », François Burgat, politologue spécialiste du Moyen-Orient.

FSD

C’est à à ce peuple, à son courage que nous rendons hommage

Discours de Camilla Mina, représentante du Cercle de la brèche et du MPS, lors du rassemblement du 24 janvier devant l’ONU-Genève 2.

http://cerclelabreche.wordpress.com/2014/01/24/syrie-un-soutien-sans-conditions-a-laction-revolutionnaire-du-peuple/

Chères amies, chers amis,

Depuis trois ans, une large majorité du peuple syrien s’est soulevé contre une dictature au pouvoir depuis des décennies. Ce soulèvement, cette révolution se voulait pacifique. Elle a dû s’armer pour défendre la population. Elle a dû s’armer aussi pour tenter de réduire des souffrances endurées depuis fort longtemps par une population contrôlées par des milices criminelles.

La lutte du peuple syrien contre le pouvoir dictatorial est une partie intégrante des luttes démocratiques et sociales qui marquent toute la région.

Ils sont nombreux ceux qui font tout pour censurer cet élément fondamental, en utilisant, ici, une islamophobie rampante.

Dès les premiers jours, il était donc du devoir

  • de toutes celles et ceux qui affirment l’importance des droits démocratiques et de leur extension maximale;
  • de tous ceux et de toutes celles qui affirment la nécessité de faire converger droits démocratiques et justice sociale de soutenir, sans condition, politiquement et matériellement, la volonté comme l’action révolutionnaire du peuple syrien.

C’est ce que le MPS, modestement, s’est efforcé de faire, sans déploiement de drapeaux.

Comme mouvement agissant dans un pays impérialiste, il ne nous appartient pas de «donner des leçons» (entre guillemets) à ceux et celles qui luttent et souffrent en Syrie, dans les camps de réfugiés internes ou externe, dans l’exil où que ce soit.

Par contre, il est de notre devoir de diffuser et de défendre les revendications qui sont à la base du manifeste qui a appelé à ce rassemblement. Ces revendications ont été mises en avant par des Syriennes et des Syriens.

Ce sont ces revendications qui donnent son véritable sens à notre solidarité collective. Une solidarité avec des objectifs qui répondent à des besoins et à des exigences de la population syrienne.

Pour répondre à ces besoins essentiels, il faut que cette dictature dégage. Ne serait-ce que pour mettre fin : aux décision d’affamer des populations ; aux bombardements avec des barils de TNT de la population civile ; à la tuerie de médecins qui soignent des blessés ; à l’exécution de milliers et de milliers de femmes et d’hommes, prisonniers politiques.

Or, Bashar se présente déjà comme son propre successeur, lors de ce qu’il ose appeler des élections! A Montreux, le 22 janvier, Walid Mouallem, le ministre des Affaires étrangères, s’est permis de répéter un bobard honteux et cynique : le pouvoir des Assad ne serait contesté que par une conspiration terroriste étrangère! Une fable qu’une certaine gauche, tout aussi cynique, reprend malheureusment.

Dès lors, le chiffre deux qui accompagne le nom de cette conférence – dite de «Genève deux» – devrait inspirer un deuxième souffle au mouvement de solidarité.

Car, il n’est pas du tout sûr que les auto-proclamés «amis de la Syrie» n’aient pas comme but principal d’assurer la permanence d’un pouvoir imposant son «autorité» contre la volonté d’un peuple qui ne cesse de résister pour instaurer et reconstruire une société démocratique, pluraliste et visant  à répondre aux impératifs d’une justice sociale.

C’est à à ce peuple, à son courage que nous rendons hommage. C’est aux Syriennes et Syriens présents ici que nous nous joignons.

Merci.

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GENEVE 2 Rassemblement pour faire entendre la voix du peuple syrien

Rassemblement à Genève, Places des Nations, le 24.01.2014, à 16h30, arrivée des délégations de Syriens et Syriennes opposants au régime Assad à 15h30.

A l’occasion de la Conférence Internationale Genève 2 qui réunira le régime syrien et certaines forces de l’opposition, ainsi que leurs alliés et soutiens respectifs au Palais des Nations en cette fin janvier 2014, nous appelons à un rassemblement pour faire entendre la voix du peuple syrien en lutte. Ses revendications légitimes doivent constituer la base des négociations qui permettront de mettre fin à la souffrance extrême de la population civile, après presque 3 années de lutte.

En effet, la réunion dite de Genève 2 se doit d’aboutir à la défense des aspirations du peuple syrien à la liberté, à la dignité, à la démocratie et à la justice sociale. Cela à l’abri des intérêts et manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré, par leurs positions respectives durant ces 3 années, leur indifférence au sort des Syriens et des Syriennes, ainsi que leur attachement exclusif à leurs intérêts stratégiques régionaux, comme à ceux du régime Assad, aussi bien sur le terrain que dans les couloirs de l’ONU.

Nous rappelons que l’enjeu de Genève 2 ne peut être un quelconque et inacceptable arrangement de partage du pouvoir entre factions du régime et ses affiliés ou faux-vrais opposants. L’enjeu doit bel et bien être la chute de ce régime illégitime, de ce pouvoir mafieux et tyrannique, ce qui implique la victoire de la lutte de libération face à un clan qui règne sans partage, d’une main de fer depuis près de 40 ans, sur ce pays et sa population.

L’enjeu est donc l’instauration des droits élémentaires des citoyens et citoyennes, dans le cadre d’un Etat démocratique, libre et souverain, rassemblant l’ensemble de la population sur un pied d’égalité, hommes et femmes, sans discrimination d’origine religieuse, ethnique et linguistique.

Nous, Syriens et Syriennes, nous exigeons:

• La levée du siège de toutes les régions assiégées et affamées.

• L’arrêt des bombardements par l’artillerie, l’aviation et les missiles sol/sol sur les quartiers et villages, bombardements qui continuent de décimer dramatiquement les civils, chaque jour.

• L’organisation des secours aux blessés et traumatisés et la reconstruction des structures de soins.

• Une aide massive immédiate aux réfugié·e·s dans les pays voisins et à l’intérieur de la Syrie, avec l’objectif de leur réinsertion volontaire dans leur pays.

• La démission du président/dictateur Bashar Al Assad et de toutes les personnes à tous les niveaux de l’Etat ayant du sang sur les mains afin de mettre en place un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes de l’opposition, en vue d’organiser des élections libres et démocratiques pour une véritable assemblée constituante.

• La libération des prisonniers politiques, activistes, journalistes, civils et combattants de la révolution (dont les femmes et les enfants) détenus dans les geôles du régime tyrannique des Assad, comme de celles de l’Etat Islamique de l’Irak et du Levant.

• Le jugement des criminels de guerres et de la répression sanglante du règne des Assad sur le pays depuis 40 ans, par une cour de justice compétente et indépendante.

• La reconstruction du pays dans le respect des populations, de l’environnement et de la culture locale et la création des conditions pour un retour des déplacé·e·s chez eux en toute sécurité.

Au cas où les négociations avec le régime tyrannique de Bashar ne devaient pas aboutir, le peuple n’aura malheureusement d’autre choix que de poursuivre sa lutte avec force et conviction, même au prix des souffrances exorbitantes actuelles, pour construire une Syrie respectueuse de ses citoyens.

Hommage aux victimes de la tyrannie.

Vive la Révolution syrienne.

Organisé par : FemmeS Pour la Démocratie, Help Syrians, Association of Human Rights and Civil Society, SyriAid, Collectif Jasmin, Coordination Committee to support the Syrian Revolution in Zürich, Citoyenneté (Mwatana), Ila Souria, Collectif Urgence Solidarité Syrie, Courant de la Gauche révolutionnaire en Syrie, Souria Houria, Zaytoon, Le comité de coordination de Paris pour le soutien à la révolution syrienne

Soutenu par : SolidaritéS, Mouvement Pour le Socialisme, Alternatives Vevey, Fondation pour l’Entre-Connaissance, ACOR SOS Racisme, Luc Recordon (Conseiller aux Etats, Vaud, Suisse), Josef Lang (Vice-président des Verts Suisse et Comité GSSA-Berne)