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Rassemblement « Les Détenus D’abord »

Appel à un rassemblement de solidarité avec les détenus en Syrie
« Les détenus d’abord »
Mercredi 22.06.2016, 16:30 – 18:30, à la place des Nations, Genève

FSD se joint à la campagne été lancée à Paris le 11 juin 2016, et invite la diaspora syrienne et tous les amoureux de la liberté à se mobiliser en solidarité avec les détenus en Syrie, qui risquent leur vie dans l’obscurité. La question des détenus et de leurs conditions de détention est sans doute la question la plus douloureuse et la plus traumatisante pour le peuple syrien.

La documentation des cas des détenus reste un travail très difficile en Syrie à cause des craintes de représailles. Le nombre réel des détenus est estimé à 325’000 et le nombre de morts parmi les détenus est estimé à 50 par jour. Depuis 2011, plus de 11’000 détenus sont certifiés morts sous la torture, dont 157 enfants et 62 femmes.

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                          Les Détenus D’abord

Nous rappelons ici le texte de la campagne « Les détenus d’abord »:

« Les détenus sont la boussole de la révolution!
Les détenus d’abord

La politique internationale a négligé la cause de la libération des détenus d’opinion syriens et celle des otages innocents, ce qui amène à se poser des questions sur l’affaiblissement des droits fondamentaux. La cause des détenus a en effet été manipulée politiquement, en lien avec les accords politiques entre les parties au conflit (par la Russie, et les États-Unis d’Amérique).

La cause de la libération des détenus est soumise au chantage politique, ce qui est inacceptable pour les syriens, et pour tout être humain.

Nous condamnons l’incapacité du Conseil de sécurité d’appliquer l’article 12 de la résolution 2254 de l’ONU, qui exige, de manière explicite, la libération des détenus, surtout les femmes et les enfants.

Nous demandons à la communauté internationale de mettre en oeuvre ces dispositions sans délai.»

Nous commencerons notre rassemblement par une minute de silence pour les martyres de la révolution et en particulier pour les Syriens morts en détention. Nous lirons ensuite des témoignages d’anciens détenus.

Nous invitons les participants à prendre avec eux des photos de détenus syriens.

Qu’est devenue la détenue Faten Rajab?

Chronique de la Syrie

Faten Rajab a passé plus de deux ans dans différents centres de détention (dont 18 mois dans celui du service de renseignement de l’armée de l’air à Damas) avant d’être transférée à la prison de Aadrs. Récemment, elle a été transférée de cette prison vers une destination inconnue.

Faten Rajab, née à Douma en 1979, est diplômée de l’université de Damas, en physique. Elle préparait un doctorat en physique quantique en France lorsqu’elle a décidé de l’interrompre pour s’engager pour la révolution syrienne.

Elle a été arrêtée le 24 décembre 2011 à Damas par le service de renseignement de l’armée de l’air et elle est restée pendant un mois au siège de la direction de ce service qui se trouve à la place des Omayades. Ensuite elle a été transférée à la branche d’interrogatoire de ce même service à l’aéroport militaire de al-Mazza où elle a passé dix mois dans l’isoloir N° 17 sans aucun interrogatoire avant d’être transférée à la branche 215 du service de renseignement militaire à Kafarsousseh (Damas). Là, elle a été retenue dans un isoloir pendant quatre mois avant de rejoindre d’autres détenues dans une cellule commune pour quatre mois supplémentaires. Le 8 juin 2013 elle a été reconduite à la branche d’interrogatoire du service de renseignement de l’armée de l’air pour être placée à nouveau dans le même isoloir (N° 17). Quelques jours plus tard elle a entamé une grève de faim qui a eu pour conséquence la détérioration de son état de santé et de son état psychique. Raison pour laquelle quelques autres détenues ont été amenées pour partager son isoloir pendant un mois afin qu’elle arrête sa grève de faim. Elle est restée dans ce centre de détention jusqu’au 17 février 2014, date à laquelle son dossier a été traité par un tribunal militaire qui a ordonné son transfert à la prison de Aadra. Elle est restée dans cette dernière jusqu’à son dernier transfert vers une destination inconnue il y a une semaine.

Faten Rajab, physicienne syrienne détenue depuis plus de deux ans.

Faten Rajab, physicienne syrienne détenue depuis plus de deux ans.

Pendant sa détention, Faten Rajab a fait la grève de faim à plusieurs reprises. Son état de santé se détériore de jour en jour. Elle a souffert pendant la dernière période de saignements internes chroniques sans aucune consultation médicale. Elle souffre également de rhumatismes qui réduisent ses capacités de mouvement.

Ne sachant pas où se trouve Faten Rajab aujourd’hui, nous demandons à toutes les organisations concernées de faire pression sur le régime syrien pour connaître l’endroit où elle se trouve et savoir son destin. Nous déclarons que le régime syrien est responsable de ce qui pourrait lui arriver ou mettre sa vie en danger.

Traduit de l’arabe par FSD. Sources :

Femmes Syrienne pour le soutien de la révolte syrienne