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Que fait le bureau humanitaire suisse à Damas pour les civils d’al-Ghouta?

Depuis le 19 février, al-Ghouta orientale, assiégée et affamée, subit une intensification féroce de l’offensive militaire menée par le régime syrien et ses alliés russes et iraniens. Toutes sortes d’armes conventionnelles et interdites sont utilisées par l’aviation et par l’artillerie lourde. Al-Ghouta orientale, qui souffrait déjà de famine et de bombardements depuis 2013, vit actuellement des conditions humanitaires catastrophiques. Les civils et les services médicaux sont ciblés et l’intensité des bombardements ne permet pas aux populations de se déplacer pour chercher de quoi se nourrir.

Les Syriens de suisse qui assistent à ces crimes de guerre et contre l’Humanité  à al-Ghouta se demandent ce que fait ou fera le bureau humanitaire suisse qui se trouve à quelques km de cette région! Nous savons tous qu’il ne pourra rien faire par manque d’autorisation du régime criminel.

FSD et la communauté syrienne en Suisse ont alors adressé une lettre ouverte au Conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du DFAE, pour demander des actions effectives pour éviter à tout prix le déplacement forcé des 400’000 habitants d’al-Ghouta.

La lettre est reproduite ci-après.

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Photo prise à al-Ghouta le 22.02.2018

 

Monsieur le Conseiller fédéral,

Le communiqué de presse du DFAE du 21.12.2017 affirmait que le but du bureau humanitaire suisse à Damas serait d’assurer un accès humanitaire aux populations sinistrées, en particulier celle d’al-Ghouta. Nous nous demandons aujourd’hui quelles démarches ont été ou seront faites afin de venir en aide à la population d’al-Ghouta.

Cette région, assiégée et affamée par le régime Assad depuis 2013, subit actuellement une offensive militaire féroce menée par Assad et ses alliés russes et iraniens. Depuis l’intensification de l’offensive militaire qui a commencé le 19 février, l’accès aux soins médicaux à al-Ghouta est devenu quasi impossible après le ciblage des services médicaux par l’aviation, qui a conduit à leur arrêt total. Nous recevons chaque jour des témoignages de femmes[1], d’enfants[2] et d’activistes[3] sur place qui glacent le sang, et les Syriens de Suisse regardent horrifiés le massacre des leurs sans pouvoir leur venir en aide. Ces témoignages sont nombreux, et vu le peu d’espoir qui leur reste, les gens d’al-Ghouta parlent à visage découvert, et ne cachent plus leur nom, rien à voir avec les prétendus terroristes qu’Assad et Putine prétendent cibler.

Après l’adoption de la résolution du conseil de sécurité No 2401 du 24.02.2018, et un rapide examen du texte, nous sommes certains qu’elle sera contournée, elle l’est déjà, puis ira rejoindre les précédentes aux oubliettes. Elle comprend par ailleurs suffisamment de lacunes pour servir utilement à la mise en place du plan du régime, déjà annoncé par son représentant Jaffari, à savoir le même scénario à al-Ghouta que précédemment à Alep, en décembre 2017, soit l’extermination d’un grand nombre de civils avant de forcer le reste à se déplacer vers Idleb, où le même scénario se répétera une fois de plus. Les habitants d’al-Ghouta supplient la communauté internationale de tout faire pour empêcher une tellle issue, qui d’ailleurs est un crime contre l’humanité.

Rassemblement devant l’ONU à Genève le 23.02.2018

Le DFAE pourra-t-il aider les gens d’al-Ghouta dans les jours à venir à partir du bureau de Damas? Nous le souhaitons tellement. Mais en cas d’échec, il faudra bien constater que rien de positif ne pourra jamais se faire avec pour partenaire un régime barbare, criminel et totalement illégitime[4], qui vise à achever un changement démographique déjà largement commencé, par l’intermédiaire d’un génocide et du déplacement forcé des populations qui lui sont indésirables. Le régime Assad se sent fort avec le soutien militaire de la Russie et de l’Iran, et renforcé par le retour des pays occidentaux à Damas, la Suisse en tête. Mais un régime fantoche n’est pas forcément appelé à durer.

La détresse de la population syrienne sur place s’accentue chaque jour à cause de cette sale guerre menée contre les civils principalement. Si la Suisse souhaite vraiment apporter son aide pour soulager la population civile syrienne, elle serait certainement plus utile en oeuvrant pour stopper cette guerre. Ceci ne peut se faire qu’en agissant pour une réelle solution politique, exigeant que la justice passe[5], et qui permette aux Syriens d’avoir une vraie transition politique, sans le régime du boucher de Damas, pour construire leur futur Etat démocratique basé sur le principe de la citoyenneté pour tous. Aucune autre solution ne mettra fin à la violence, aucune autre solution ne permettra au peuple syrien de vivre dignement en Syrie. Ceci ne sera possible que si les pays occidentaux, y compris la Suisse, font passer la justice et les droits humains de la population syrienne devant leurs intérêts à court terme et font pression sur la Russie et l’Iran pour obtenir le départ du régime syrien, des élections libres et leur propre départ du territoire syrien.

La révolution syrienne continue.

Veuillez agréer, Monsieur le Conseiller fédéral, nos salutations les meilleures.

 FSD et 90 membres de la diaspora syrienne en Suisse ont signé la lettre

[1] https://www.theguardian.com/world/2018/feb/24/syria-eastern-ghouta-the-women-sharing-news-of-war

https://www.facebook.com/WomenNowforDev/videos/1380296635407577/?hc_ref=ARTSSgDxO7MkOZrqF-KX2cr4PcRtAvoLAYMk9PCsVxB-DB65UBhhfiEJchsA4neUzZU&pnref=story

https://www.facebook.com/nivin.hotary

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1795506950531632&id=100002170345981

[2] https://www.facebook.com/ong.syriacharity/videos/1765699186783922/

[3] Minute 23 :20 de la vidéo https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1795506950531632&id=100002170345981

https://www.facebook.com/ActForGhouta/posts/1860708250628345

[4] https://info.arte.tv/fr/bachar-el-assad-reelu-comme-prevu

[5] Le fait de mener à terme le dossier de Rifaat el-Assad serait un signal fort https://www.letemps.ch/suisse/un-procureur-crimes-guerre-claque-porte?utm_source=facebook&utm_medium=share&utm_campaign=article

https://trialinternational.org/fr/latest-post/affaire-rifaat-al-assad/

Rassemblement « Les Détenus D’abord »

Appel à un rassemblement de solidarité avec les détenus en Syrie
« Les détenus d’abord »
Mercredi 22.06.2016, 16:30 – 18:30, à la place des Nations, Genève

FSD se joint à la campagne été lancée à Paris le 11 juin 2016, et invite la diaspora syrienne et tous les amoureux de la liberté à se mobiliser en solidarité avec les détenus en Syrie, qui risquent leur vie dans l’obscurité. La question des détenus et de leurs conditions de détention est sans doute la question la plus douloureuse et la plus traumatisante pour le peuple syrien.

La documentation des cas des détenus reste un travail très difficile en Syrie à cause des craintes de représailles. Le nombre réel des détenus est estimé à 325’000 et le nombre de morts parmi les détenus est estimé à 50 par jour. Depuis 2011, plus de 11’000 détenus sont certifiés morts sous la torture, dont 157 enfants et 62 femmes.

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                          Les Détenus D’abord

Nous rappelons ici le texte de la campagne « Les détenus d’abord »:

« Les détenus sont la boussole de la révolution!
Les détenus d’abord

La politique internationale a négligé la cause de la libération des détenus d’opinion syriens et celle des otages innocents, ce qui amène à se poser des questions sur l’affaiblissement des droits fondamentaux. La cause des détenus a en effet été manipulée politiquement, en lien avec les accords politiques entre les parties au conflit (par la Russie, et les États-Unis d’Amérique).

La cause de la libération des détenus est soumise au chantage politique, ce qui est inacceptable pour les syriens, et pour tout être humain.

Nous condamnons l’incapacité du Conseil de sécurité d’appliquer l’article 12 de la résolution 2254 de l’ONU, qui exige, de manière explicite, la libération des détenus, surtout les femmes et les enfants.

Nous demandons à la communauté internationale de mettre en oeuvre ces dispositions sans délai.»

Nous commencerons notre rassemblement par une minute de silence pour les martyres de la révolution et en particulier pour les Syriens morts en détention. Nous lirons ensuite des témoignages d’anciens détenus.

Nous invitons les participants à prendre avec eux des photos de détenus syriens.

A moins que ce soit voulu…

Chronique de la Syrie

Ce qui se passe à Alep aujourd’hui est scandaleux.

Quand le gouvernement syrien bombarde les populations civiles dans son propre pays il n’est pas “légitime”, il est assassin. Qu’il soit assisté par la Russie pour le faire n’a rien de surprenant.
Putin applique en Syrie ce qu’il a appris en Tchétchenie, l’assassinat systématique des populations civiles, femmes et enfants si possible, hôspitalisés de préférence. Nabot “tsar” présidant une économie incapable de produire autre chose que ce qu’on trouve dans son sous-sol, ou de l’armement, il aspire sans doute a devenir une star du musée Tussaud, (à l’étage des “serial killers”). Sait-il seulement à quelle fin il bombarde? Probablement pas! Lavrov disait récemment qu’il ne voyait pas pourquoi les bombardements s’arrêteraient, peut-être faudrait-il le lui dire?… des civils, des femmes, des enfants, des vieux, les droits humains…

Est-ce que la communauté internationale objecte?. Non! Sans doute Ban Ki-moon “feels concerned”, comme d’habitude. Sans doute Obama va-t-il nous gratifier d’un nouveau discours sur ce qu’il ne va pas faire, répertoire inépuisable de Mr. “empty talk”, gendarme du monde auto-proclamé, mais “quand ça m’arrange”, au service d’Israel, qui voit d’un bon oeil l’écrasement du peuple syrien, qui accessoirement occulte celui du peuple palestinien.

ça a été dit, répété et plus que prouvé, le régime Assad et ses associés russes, iraniens, Hezbollah et autres milices, sont responsables de plus de 90% des morts civiles en Syrie. Le régime Assad est le concepteur, co-créateur, actuellement principal partenaire commercial de Daesh, et son fournisseur d’armements. Courir après Daesh dans ces conditions, sans se préoccuper du régime, relève du fantasme, à moins que ce soit voulu? Et c’est une question pertinente. Tous les intervenants du conflit disposant d’aviation (Assad, Russie, Iran, la coalition internationale) auraient pu empêcher Daesh d’accéder à Palmyre en mai 2015 et d’en repartir en mars 2016. Personne ne l’a fait, personne ne l’a même tenté. Seules les populations civiles qui fuyaient Palmyre ont été bombardées, et pas par Daesh, par l’aviation russe.

Tant que la communauté internationale accordera la moindre légitimité à des “leaders” comme Assad, Putin et bien d’autres, que ce soit par conviction ou par raison diplomatique, le seul avenir possible pour cette civilisation sera mafieux: enrichissement personnel aux dépens de l’état (le premier signe), extermination des opposants, clientélisme, corruption, etc.

Le remède est pourtant simple, il faut aider la démocratie. Le peuple syrien s’est exprimé clairement, il y a cinq ans déjà, il l’a fait à nouveau dès le début de la trêve, le 27 février 2016, en descendant dans la rue, et son drapeau est vert, blanc, et noir.

"Devant ce peuple, tu n'as pas d'autre alternative que le départ", Panneau de Kafranbel en mars 2016!

« Devant ce peuple, tu n’as pas d’autre alternative que le départ », Panneau de Kafranbel en mars 2016!

Pour eux, et pour nous, commençons par établir une “no-fly zone”, cela dissuadera bien plus de syriens de venir en Europe que toutes les barrières de barbelés, et la démocratie viendra, tôt ou tard, elle a déjà cinq ans de retard, à cause de nous, la communauté internationale, qui ne fait rien.

FSD

Mort, torture et abus: L’enfer des prisons et des centres de détention en Syrie

Conférence avec:

  • Anwar Al Bounni, avocat spécialiste des droits humains
  • Majd Izzat Shurbaji, activiste de la première heure lors de la révolution pacifique de 2011

Genève, Maison des associations, 15 Rue des Savoises, salle Chico Mendes

Jeudi, 25 juin 2015, 18h30

Organisée par

Amnesty International Suisse et FemmeS pour la Démocratie

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Il y a un mois environ, des combattants de «l’Etat islamique» ont pris la ville de Palmyre/ Tadmor au cœur de la Syrie. Pour le monde occidental, Palmyre est synonyme de l’une des plus belles ruines romaines au monde, ce qui explique sa peur de voir cet héritage inestimable détruit par «l’État islamique».

Pour la population syrienne, la ville de Tadmor / Palmyre éveille un sentiment de terreur. Les ruines côtoient les pires prisons syriennes. Depuis plus de quarante ans, des milliers de personnes y ont été emprisonnées dans des conditions déplorables. Leur quotidien rimant avec torture et mort.

Tadmor n’est que l’un des nombreux centres de détention gérés par les services de sécurité syriens. Depuis le début des manifestations pacifiques contre le régime en 2011 – «Printemps arabe» -, des milliers de personnes considérées comme des opposant∙e∙s au régime y ont disparu.

Anwar Al Bounni, avocat spécialiste des droits humains depuis 1995, et Majd Izzat Shurbaji, activiste de la première heure en 2011 à Daraya (lieu de protestation de la banlieue de Damas et symbole du soulèvement pacifique), raconteront leur expérience personnelle de la détention.

Prison-Tadmor

Prisons syriennes

Anwar Al Bounni est un avocat spécialiste des droits humains reconnu, qui défend des prisonniers politiques pacifiques depuis 1995. Entre 2006 et 2011, il a lui-même été emprisonné, suite à son travail en faveur des droits humains. Lorsqu’il était en prison, il a reçu en 2008 le Prix Front Line honorant les défenseurs des droits humains et en 2009 le Prix des Droits de l’Homme de la Fédération des Juges Allemands. En 2012, il a publié des recommandations provisoires constitutionnelles en faveur d’une transition démocratique en Syrie. Il est également le directeur du Centre Syrien d’études juridiques ainsi que membre fondateur de l’Association pour les Droits de l’Homme en Syrie. En 2014, il a dû quitter la Syrie par crainte d’être persécuté. Il vit actuellement en Allemagne.

La militante Majd Izzat Shurbaji a reçu le Prix International du Courage Féminin décerné tous les ans par le Département d’État américain lors de la Journée internationale des femmes. Shurbaji est née en 1981 dans la ville de Daraya, banlieue de la capitale Damas. Mère de trois enfants, elle a dû surmonter de nombreux défis durant la révolution syrienne. Elle a été déplacée, détenue durant sept mois en prison et elle a dû s’exiler. Son mari est décédé à la suite de tortures et de mauvais traitements, en octobre dernier. Elle considère que les difficultés traversées ont été sa plus grande motivation pour continuer son travail.

L’ONU inutile ou complice ?

Chronique de la Syrie

Suite à la « réélection » dans le sang du dictateur criminel Bacha al-Assad, ce dernier a annoncé une amnistie générale de tous les détenus et condamnés ayant commis un acte « répréhensible » avant le 09.06.2014. Cette amnistie concerne également les personnes traduites devant la cour du « terrorisme » donc tout ceux qui ont été accusés de terrorisme pour leur participation dans les mobilisations de la révolution. Les Syriens espéraient alors la libération des dizaines de milliers de détenus arrêtés pendant la révolution. Mais le régime a été une fois de plus fidèle à lui même, peu de détenus d’opinion ont été libérés dans le cadre de cette amnistie qui n’est qu’une simple annonce, seul peu de détenus ont retrouvé leur liberté. Des détenus connus comme Mazen Darwish, activiste des droits humains et journaliste arrêté en février 2012, Khalil Maatouk, avocat qui défendait les détenus arrêtés en octobre 2012, Tal al-Mallouhi, jeune blogueuse arrêtée avant la révolution en décembre 2009, comme beaucoup d’autres n’ont pas été libérés. Ce fut le cas pour la majorité des détenus d’opinion et ceux qui ont été arrêtés pour leur implication dans l’aide humanitaire ou le journalisme. Cette amnistie, comme ses précédentes, n’ a été qu’ un coup médiatique destiné à améliorer l’image du dictateur qui pardonnerait à sa population ses revendications pour la liberté, la dignité et la démocratie, faisant semblant qu’après cette mascarade de réélection tout rentrerait dans l’ordre.

 La réalité du terrain est toute autre, car les arrestations n’ont pas pris fin, au contraire. Certains de ceux qui ont été libérés après cette réélection et qui n’ont pas quitté la Syrie se sont fait arrêter à nouveau. Ce fut le cas du psychiatre Jala Naoufal, de la communauté druze de Syrie, qui vient de se faire arrêter pour la 5e fois le 17 juillet, deux semaines après sa dernière libération. Jalal Naoufal est très apprécié comme personnalité patriotique humanitaire. Il a formé beaucoup d’activistes syriens dans le soutien psychologique. Il est aussi un adepte du mouvement pacifiste de la société civile, ce qui fait de lui une personne extrêmement dangereuse pour le régime Assad.

Dr. Jalal Naoufal

Dr. Jalal Naoufal

Mentionnons ici également l’arrestation de Fehmi Youssef, activiste politique de gauche, à l’aéroport de Lattaquié, le 2 août 2014! Fehmi Youssef fait partie de la communauté syrienne des Assyriens-Cyriaques. Il n’est pas musulman, il n’a pas porté d’armes, mais il est populaire, il est connu pour son patriotisme et il est très apprécié à Alep! C’est sa 3ème arrestation depuis 2011.

Youssef Fehmi

Youssef Fehmi

Le soir du 3 août 2014, nous avons appris l’arrestation à Damas d’une étudiante universitaire d’une vingtaine d’années !

Assad continue sa politique répressive, la torture dans ses centres d’interrogation continue à être effrayante et à mettre la vie des dizaines de milliers de détenus en danger, les barils explosifs continuent à détruire, blesser, tuer et faire fuir dans le silence d’une communauté internationale qui ne condamne même plus ces crimes…

Après l’ “évacuation” de l’arsenal chimique d’Assad, terminée fin juin 2014, les attaques chimiques se poursuivent, curieusement: le 17 juillet 2014, une attaque au chlore a eu lieu à Kafr-Zeita et le 26 juillet 2014 une 2e attaque au chlore a eu lieu à Rahba-Khatab dans les environs de Hama.

Aujourd’hui à Gaza, Netanyahu agit de même avec les Palestiniens ! Se sentirait-il plus tranquille suite au silence sur les crimes d’Assad ?

Ce qui se passe en Syrie et à Gaza aujourd’hui est une honte pour l’Humanité toute entière ; cela montre que la politique internationale défend les criminels et les mafieux par intérêt financier, et se partage le pouvoir au détriment des droits humains ou plus simplement de la vie humaine … Nous invitons l’ONU à fermer boutique car les cas de la Syrie et de Gaza ont démontré qu’elle est au mieux inutile et au pire au service de la mafia politique.

Terrorisme d’Etat toléré en Syrie?

Chronique de la Syrie

Les barils explosifs d’Assad continuent à tomber sur Alep mais aussi dans d’autres régions de Syrie. Et pourtant le silence continue à régner autour des crimes d’Assad. On se demande toujours pourquoi ?!

La nuit du 17 au 18 juin, alors que les déplacés syriens du camps d’Ash-Shajarah dormaient, les forces d’Assad ont lancé deux barils sur ce camp qui accueille trois cents familles de déplacés syriens qui ont fui la région de Daraa et qui sont en majorité des enfants, femmes et vieillards. Ces barils ont tué et blessé des dizaines de civils dont beaucoup d’enfants qui attendaient de pouvoir rejoindre la Jordanie pour se mettre à l’abri. Comment appelle-t-on un tel acte barbare mené par l’Etat qui est censé protéger sa population ? N’est-ce pas du terrorisme? Et le régime syrien n’est-il pas alors un Etat terroriste ?

Après le bombardement du camp Ash-Shajara

Après le bombardement du camp Ash-Shajara

La ville d’Ash-Shajarah se trouve par ailleurs dans un triangle territorial entre les frontières syriennes, jordaniennes et le Golan occupé par Israël. Une interdiction de survol de ce triangle est convenue entre Israël et la Syrie par mesure de sécurité. Or cette nuit là les hélicoptères d’Assad ont survolé cette région sans être ni repérés ni attaqués par Israël, Israël serait-il complice? de terrorisme sur des réfugiés? !

Actuellement, les medias occidentaux parlent de terrorisme en évoquant les extrémistes islamistes de l’Etat Islamique de l’Irak et du Levant (EIIL); mais personne ne parle du terrorisme d’Etat en Syrie ! Est-ce que par définition le terrorisme serait tout acte qui pourrait menacer les intérêts occidentaux et leurs alliés (dont Israël) exclusivement ? Est-ce que la définition du terroriste implique qu’il soit islamiste ?

Depuis trois ans le régime syrien détruit son propre pays, bombarde les civils par toute sorte de bombes y compris, et aujourd’hui encore, chimiques, autorise le pillage contre une seule communauté, autorise le viol des femmes, massacre les civils et chasse les citoyens du pays pour en importer d’autres afin d’introduire un changement démographique, affame sa population et utilise les moyens les plus effroyables pour torturer les détenus d’opinion, les travailleurs humanitaires et le personnel médical en détention!

Toutes ces exactions qui ont fait l’objet de dizaines de rapports des organisations des droits de l’homme et qui constituent les crimes de masse les plus importants depuis la 2e guerre mondiale, n’ont suscité aucune action sérieuse de la communauté internationale pour mettre fin à la barbarie de l’Etat syrien.

Aujourd’hui, on entend Obama annoncer être prêt à intervenir en Irak pour stopper le terrorisme des islamistes de l’EIIL. Dans ce cas ci, il n’ y a plus aucun besoin d’une décision du conseil de sécurité, ni semble-t-il de consultation du Congrès américain, comme c’était le cas pour une éventuelle action pour protéger le peuple syrien !

Les USA sont prêts à intervenir pour sauver un dictateur pourri mais refusent de le faire, même un petit peu, pour sauver tout un peuple pris en otage par un malade fou furieux qui prétend ramener l’ordre dans son pays en assassinant femmes, enfants et vieillards dans les camps de réfugiés!

FSD

 

Lettre ouverte de FSD au Conseiller Fédéral M. D. Burkhalter Chef du DFAE en Suisse

Pour que les droits humains reçoivent l’attention qu’ils méritent: appel au boycott du régime syrien, à une aide humanitaire plus efficace et à intensifier les efforts pour soumettre le dossier de la Syrie au TPI

Monsieur le conseiller fédéral,

Alors que la Suisse s’apprête à recevoir la conférence « Genève 2 » il nous parait essentiel d’alerter une fois de plus sur la réalité syrienne dont l’aspect le plus important est aujourd’hui une tragédie humanitaire orchestrée par le régime mafieux des Assad, à seule fin de garder le contrôle sur une économie totalement corrompue, ceci avec la complicité de la Russie, de l’Iran et de leurs alliés, et la complicité tacite de l’occident.

Le conflit syrien ne se résume pas à des combats entre un régime surarmé, assisté par l’Iran et la Russie, et des groupes d’opposition. L’élément oublié c’est toute la population prise en otage par le régime. 20 millions d’individus, réduits à bricoler les solutions les plus abracadabrantes pour aider les leurs, comme des lâchers de lapins et de pigeons, pour essayer de faire entrer un peu de nourriture dans les zones assiégées et affamées par le régime, intentionnellement.

L’aide humanitaire prétendument organisée à destination de tous les syriens avec l’aide des ONG et de la Croix Rouge, et même du régime, n’arrive jamais à ceux qui en ont besoin.  C’est un fait qu’on nous confirme chaque jour. Il y a volonté de la part du régime d’exterminer par la faim et par le manque de soins. Cette catastrophe humanitaire se poursuivra tant qu’une quelconque légitimité sera laissée au régime Assad. Ce régime doit être boycotté.

La détention est l’un des aspects de la catastrophe. Une campagne mondiale en faveur des détenus syriens, a eu lieu du 29.10 au 05.11.2013. Le but étant de jeter un peu de lumière sur le dossier de la détention qui est l’un des dossiers les plus sombres et les plus douloureux. Des familles entières se trouvent privées de liberté et sujettes à la torture dans les sous-sols des centres des services de « sécurité » syriens, souvent à dix dans une cellule de 2m2. Les accusations peuvent être aussi superficielles que « tentative de rompre le siège en apportant un pain » ou « apporter quelques jouets à l’attention des enfants des zones assiégées ». Quant aux conditions inhumaines de détention et aux méthodes effrayantes de torture, elles ont fait l’objet de plusieurs rapports des organisations de défense des droits humains, mais les responsables profitent toujours de l’impunité et même de légitimité.

Nous demandons à la Suisse, au nom des tous les syriens démocrates et de leurs sympathisants qui sont venus à notre rencontre dans les rues de Lausanne, Genève, Bâle et Zurich:

– de fermer les représentations et de renvoyer les diplomates du régime syrien pour faire comprendre au régime syrien qu’il est illégitime et forcer Assad à accepter un transfert de pouvoir.  Tant qu’on tolérera  un seul représentant de ce gouvernement mafieux la catastrophe perdurera. L’alternative à ce régime mafieux n’est pas l’extrémisme, c’est la démocratie et chaque jour ses chances reculent…

– d’œuvrer à l’établissement de couloirs humanitaires sécurisés pour faciliter l’accès aux civils et aux blessés. Les difficultés souvent évoquées pour ce faire ne sont que des excuses, Israël vole sans difficulté  majeure dans le ciel syrien, un pont aérien est possible, et l’accès par le Nord est possible aussi…La Croix Rouge quant à elle travaille avec le régime, seul responsable de la situation, elle n’a aucun accès aux régions assiégées.

– d’oeuvrer pour que seul le conseil des droits de l’homme soit éligible pour le transfert du dossier syrien devant le TPI. Lorsqu’il s’agit de crimes contre l’humanité à large échelle, comme c’est le cas en Syrie, l’impunité devient insupportable et seule la justice peut amener à une solution en vue d’une Syrie démocratique. La Suisse a, nous le savons, déjà entrepris des démarches dans ce sens, mais seul le résultat compte in fine.

Nous vous remercions du soutien que vous avez déjà manifesté au peuple syrien et de l’attention que vous voudrez bien porter à cette lettre.

Veuillez agréer, Monsieur le conseiller fédéral, nos salutations les distinguées.

Pour le comité de FemmeS pour la Démocratie

Sa présidente

Annexe: Pétition, 250 signatures de soutien