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« A genoux, sinon la famine », témoignages d’une zone assiégée

Assiéger les régions protestataires, les bombarder intensivement et leur imposer la famine en interdisant strictement l’entrée des aliments, fait partie d’une politique systématique et délibérée du régime syrien. Autour de ces zones assiégées on peut lire une inscription sur les murs: « A genoux, sinon la famine » écrite par les forces du régime syrien. Or la famine imposée et le bombardement des populations civiles constituent des violations de la loi internationale et font partie des crimes de guerre. Lorsque les habitants ne peuvent plus supporter ces conditions de vie extrêmement difficiles, le régime propose alors des accords avec la zone en question, pour la vider de ses habitants à qui on impose alors un déplacement forcé, souvent vers Idlib au nord de la Syrie. Ce fut le cas à Homs, Darayya, Alep-Est, al-Waer, Zabadani, Madhaya, etc. FSD a traduit un article de l’arabe qui rapporte le témoignage de trois habitants de Mouadhamyat al-Cham (assiégée de 2013 à 2016) qui sont arrivés à Idlib en octobre 2016.

« A genoux, sinon la famine! ». Source             http://www.creativememory.org/?p=110273

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Histoires du siège de Mouadhamyat al-Cham

Article en arabe de Mariam Ahmad

Mouadhamyat al-Cham, ville de la région de Damas, a été assiégée pendant trois ans non-stop. Durant ce siège, plusieurs tentatives d’accord ont eu lieu qui ont permis aux étudiants et aux employés travaillant à Damas de sortir de la ville et d’y retourner, mais sans rien emporter avec eux. Finalement, à la mi-octobre 2016, le régime a forcé 1100 habitants de la ville à partir en les re-dirigeant vers la ville d’Idlib, en emportant avec eux des dizaines d’histoires déchirantes.

Les habitants de la ville qui étaient autorisés à en sortir et à y revenir considéraient la salle d’inspection du checkpoint al-Somaryya comme un cauchemar épuisant. C’était un lieu d’humiliation pour les hommes, les femmes et les enfants, parce que personne ne pouvait y passer sans être insulté, battu et parfois arrêté après être resté debout pendant de longues heures en attente de l’inspection. Pour quitter Mouadhamyat al-Cham ou en y rentrer, il fallait traverser deux km de route avec quatre checkpoints et al-Somaryya était le plus difficile à passer; des centaines de passants y ont été arrêtés.

Douaa Najjar (30 ans), l’une des habitantes de Mouadamyat al-Cham arrivés à Idlib, nous raconte son histoire en essayant de rassembler sa mémoire marquée par des événements douloureux. Elle dit: «En rentrant du travail, je devais attendre environ 3 à 4 heures avant de passer une inspection qui viole toute dignité humaine. Comme on manquait de nourriture, j’ai pris une fois le risque d’apporter un morceau de chocolat et une galette de pain pour mon fils affamé et je les avais cachés dans mes vêtements. En entrant dans la salle d’inspection je tremblais et je transpirais de peur. L’inspection a été minutieuse et on m’a demandé d’enlever le voile et les vêtements extérieurs. Lamis, responsable de l’inspection des femmes, a découvert ce que je cachais, elle m’a alors giflé, m’a donnée un coup de pied et m’a dit:
– Que tu es bête, tu caches le pain sur ton corps, quel péché tu commets toi l’affamée!
Douaa ajoute: «comme si elle savait distinguer le péché du bien!». Elle poursuit: « Je l’ai suppliée de me laisser la galette de pain, même si je me sentais humiliée et ça me faisait très mal. Je l’ai fait pour mon fils. Je voulais qu’il mange du chocolat. Lamis m’a répondu:
– Fous le camp avant que je ne procède à ton arrestation! »

Jamal Mohammed (23 ans), étudiant universitaire nous raconte: «la longue attente à ce checkpoint n’est pas causée par le nombre de passants. Souvent nous ne sommes que quelques-uns à passer, mais les agents qui font l’inspection font exprès de nous faire attendre pour nous humilier, ou alors nous devons attendre qu’ils finissent de manger et de boire leur maté pour décider de nous faire passer. Une fois, j’attendais mon tour et j’avais caché dans mes chaussures un sachet de médicament pour l’hypertension pour ma mère. Mon cœur tremblait de peur mais j’essayais de faire semblant que j’étais fort. Les moments écoulés me semblaient des années à cause de la peur, parce qu’ils nous demandaient parfois d’enlever nos chaussures. Lorsque mon tour vint l’élément de la sécurité me dit:
– Viens ici l’islamiste, qu’est-ce que tu as sur toi? Dis-le moi avant que je ne te fouille!
J’ai répondu que j’avais un paquet de cigarettes. En fait, je l’avais amené avec moi exprès pour camoufler le médicament. Je priais Dieu pour qu’il le prenne et me laisse passer sans me fouiller. Je récitais toutes les prières que je connaissais au fond de moi… Il dit enfin:
– Donne-moi les cigarettes et vas-t-en… Ne le refais plus jamais! Que tu n’es qu’une bête qui sais apprécier le plaisir de fumer!».
Je me sentais fou de joie à entendre ces mots, malgré toute l’humiliation et les insultes, mais j’avais réussi à passer le médicament. J’avais de la peine à y croire. J’ai couru comme si j’étais un héros légendaire pour donner son médicament à ma mère, avec beaucoup de fierté».

Nasreen, 26 ans, nous parle de son expérience avec les checkpoints: « Je suis entrée à Damas à cause d’une situation d’urgence lors de mon accouchement. Cinq jours après, sur le chemin du retour à Mouadhamyat al-Cham, je suis arrivée au checkpoint et j’au dû faire la queue pour être fouillée comme les autres; je portais mon bébé sous le soleil qui tapait fort, sans pouvoir m’asseoir. Au bout de deux heures et demie je suis entrée dans la salle en tenant mon bébé entre les bras et je tremblais de peur et d’épuisement. Je ne tenais plus debout de peur à cause de la boîte de lait que j’avais pris avec moi. Aïda, l’une des quatre femmes qui effectuaient la fouille des femmes au checkpoint al-Somaryya, m’a dit:
-Ton nouveau-né c’est un garçon où une fille?
J’ai répondu que c’était un garçon. Elle s’est alors énervée et a hurlé:
-Ca signifie que tu as fait un terroriste alors!
Elles ont commencé à me fouiller minutieusement alors que j’étais épuisée. Ensuite c’était le tour de mon bébé. Elle l’a pris et a commencé à le fouiller comme s’il était un objet en fer et non pas un nouveau-né! Elle lui a arraché le lange sauvagement en pensant qu’elle y trouverait de l’argent. Pendant ce temps, moi j’étais sur les nerfs et j’avais très peur pour mon bébé. Je sentais mon sang bouillant de colère, car je ne voulais pas qu’elle lui fasse du mal. Pour moi, elle pouvait me battre et m’humilier autant qu’elle le voulait, mais pas toucher à mon fils. La présence d’un enfant avec soi intensifie la peur!. J’ai très mal vécu cette horrible situation, j’avais de la sueur plein le corps à cause de l’oppression que je ressentais. Il m’était impossible de prendre mon bébé pour le protéger et je devais me taire. Pire encore, j’étais obligée de faire semblant de sourire et de me tenir tranquille. Si mon fils âgé de 5 jours n’a pas échappé à leur brutalité qui pourrait y échapper? Ils ont pris tout ce que j’avais pour les besoins de base suite à un accouchement, un peu de lait, des langes et le médicament fortifiant que le médecin m’avait prescrit.».

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Genève: Syrie « Pourparlers de Paix » pourquoi et pour qui?

Appel à un rassemblement pour faire entendre la voix du peuple syrien

Genève, place de nations, le vendredi 29.1.2016 de 15h30 – 17h30

avec un stand de 11h00 à 17h30 le vendredi 29 et le samedi 30 janvier 2016

Le Peuple veut

Recommençons l’histoire dès le début:                       « Le peuple veut la chute du régime« 

A l’occasion des pourparlers de paix de Genève, qui réuniront les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien en Janvier 2016, nous appelons à un rassemblement pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes en lutte, pour réaffirmer leurs revendications légitimes qui doivent être à la base des négociations pour mettre fin à la souffrance extrême de la population civile, après près de cinq années de lutte.

Depuis l’échec des pourparlers de Genève II, la situation en Syrie ne cesse de se détériorer, avec l’augmentation des interventions militaires, qui a conduit à de nombreuses victimes parmi les civils, et récemment l’intervention de la Russie, en coordination avec Israël, et avec le consentement tacite de la communauté internationale, contre les civils syriens et l’opposition armée.

Plus de la moitié de la population a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 300’000 morts, plus de 300’000 arrestations et disparitions forcées, plus de dix milles morts sous la torture, plus de 500’000 blessés. À l’heure actuelle, 600’000 civils souffrent de famine dans les zones assiégées. Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice peut aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.

En effet, les pourparlers de paix de Genève doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré, par leurs actions et leurs positions respectives au cours des cinq dernières années, leur indifférence à la situation difficile du peuple syrien, et leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne garantit que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, à la fois sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.

Nous appelons à séparer les questions humanitaires des négociations et à les traiter enfin sur la base des lois internationales.

Le défi est donc d’établir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie, démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.

Nous Syriens exigeons:

  • Un départ immédiat du dictateur Bachar Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
  • La fin du siège de toutes les régions assiégées et affamées.
  • La fin des bombardements par l’artillerie, l’aviation et les missiles sur les quartiers et villages, bombardements qui continuent à tuer des civils en masse et chaque jour.
  • Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrie et la fin de l’intervention russe en Syrie.
  • L’organisation de l’aide médicale et la reconstruction des services de santé.
  • Une aide massive aux réfugiés dans les pays voisins et au sein de la Syrie, en vue de leur réinsertion volontaire dans leur pays d’origine.
  • La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté qui sont emprisonnés dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé.
  • L’arrestation des criminels de guerre et des personnes en charge de la répression sanglante durant le règne des Assad sur le pays pendant 40 ans, et leur jugement par un tribunal compétent et indépendant.
  • La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.

Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.

Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne !

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration du Réseau des FemmeS Syriennes, Collectif des Amis d’Alep, Mouatana (citoyenneté), Conseil national kurde, Zaytoon, The Syrian American Council « SAC.

Soutenu par: Mouvement pour le socialisme/Bewegung für Sozialism (MPS/BFS), alencontre.org, le Cercle La brèche, SolidaritéS.

Depuis un an, Homs est une grande blessure dans le coeur des Syriens insurgés

Mémoire de la Révolution

FSD re-publie ici un article sur Homs en mémoire de cette ville martyre qui a été évacuée il y a tout juste un an… Homs a été reprise par le régime Assad suite à deux ans de famine et de siège imposés par ce régime barbare…Homs est aujourd’hui une grande blessure dans le coeur des Syriens insurgés!

***

Depuis plus de deux ans, Homs, qui résistait au siège, aux bombardements, à la faim et au manque atroce de soins médicaux, est devenue le symbole de tout un peuple en révolte.

Homs centre des protestations

Homs centre des protestations

Aujourd’hui, l’évacuation des révolutionnaires de Homs assiégée, suite à l’accord signé entre ces derniers et le régime, supervisé par l’ONU, avec la présence de l’Iran et de la Russie, signifie la fin du siège et la mainmise du régime sur le centre de Homs et des quartiers adjacents. La présence de l’Iran et de la Russie dans ces pourparlers montre toutefois que cette résistance des Homsis, avec leurs moyens très modestes, face à l’armée d’un « Etat » , qui a duré plus de deux ans, était de taille pour le régime. En effet, ce dernier n’a jamais pu mettre fin au siège militairement et il a dû finalement accepter de laisser sortir les révolutionnaires armés, ainsi que les blessés.

Depuis le début du cessez-le-feu à Homs le 1er mai 2014, les Homsis vivent dans un calme apparent, lourd, étouffant, oppressant… Eux qui n’en pouvaient plus de l’ambiance de guerre et du bruit insoutenable des raids aériens, des scuds, des mortiers et des tirs de mitraillettes, se retrouvent soudainement écrasés par ce calme tant attendu, mais qui signifie pour eux la fin provisoire de la légende de Homs, ville symbole de la résistance absolue. Ils ont l’impression d’avoir momentanément perdu leur ville, cédée au régime soutenu par l’Iran et la Russie. Et ce sentiment est d’autant plus pénible que le régime et ses alliés tentent de mettre en place un changement démographique en important des chiites étrangers pour repeupler les quartiers de Homs.

Aujourd’hui, les Homsis sont tristes. Où qu’ils soient ils ont les larmes aux yeux et cette souffrance est encore plus dure pour ceux qui n’ont jamais quitté la Homs assiégée. C’est pourquoi nous avons choisi de traduire deux postes publiés sur la page facebook de Wiam Bedirxan Simav, une caméra-woman de Homs assiégée :

« Depuis le matin je me fragmente sur les pierres des rues et des quartiers de Homs…

Je ramasse les larmes de mon objectif, qui était devenu mes yeux, en la peignant comme un enfant qui a vieilli trop tôt.

La batterie est épuisée mais la douleur n’a pas pris fin.

La braise de l’attente n’a pas pris fin.

La peur, les incertitudes, le regard tourné vers le début d’un chemin inconnu jusqu’à cet instant.

Personne ne sait vers quel destin on se dirige, ni quand.

Les interrogations nous dévorent et ne laissent rien de ce qui restait de nous… Rien ! »

De Homs assiégée, mortifiée par les braises de l’attente de l’univers et par sa lâcheté amère, le 5 mai 2014.

« Adieu mes chers, adieu à vos âmes.

Pardonnez-nous Martyrs de Homs.

Nous n’avons pas le droit d’emporter des anges avec nous.

Que vos os puissent nous pardonner lorsque les chiens du régime ouvriront vos tombes »

De Homs assiégée, marquée par les adieux de l’univers et les fouets de la lâcheté amère de cet univers, le 6 mai 2014.

FSD

Le terrorisme de Daech tout le monde en parle, le terrorisme d’Assad plus personne n’en parle

Contribution de FSD lors d’un séminaire à Zürich, le 11 octobre 2014

Actuellement et depuis la formation de la coalition internationale, les médias nationaux et internationaux parlent beaucoup de l’Etat Islamique (Daech selon l’acronyme arabe), de sa terreur et des frappes de la «coalition internationale». On a l’impression qu’il ne se passe plus rien, ailleurs, en Syrie.

Résumé de la situation en Syrie d’Assad actuellement :

Le régime-clan de Bachar al-Assad continue de bombarder les différentes régions de Syrie (gouvernorats de Alep, Idleb, Hama, Homs, Damas-Campagne et Damas, Daraa, al-Quneitra,…) en utilisant toutes sortes d’armes :

  • Barils explosifs (TNT avec fragments de métaux) qui causent beaucoup de destruction, font de nombreux blessé·e·s graves et multiplient les morts parmi les civils (partout Alep, Hama, Idleb, Homs, Damas-campagne, Daraa, al-Quneitra, etc.…). Ces engins de mort sont moins chers et de fabrication locale!
  • Missiles sol-sol. Ces missiles ont été utilisés depuis 2012 pour cibler Alep (au nord) depuis Damas (au sud). Actuellement ils sont toujours utilisés. Citons deux cas récents:

Le 8 octobre 2014, sur Al-Waer (quartier de Homs toujours assiégé), deux missiles sol-sol ont été lancés, l’un d’eux a touché un bâtiment d’habitation et a tué une dizaine de civils dont des enfants et plus de 40 personnes ont été blessées.;

Le 10 octobre 2014 al-Harra, à Daraa, a été ciblé par un missile sol-sol qui a tué une dizaine de personnes parmi les civils, dont des enfants.

  • Bombes à fragmentation. Ce genre de bombes cause beaucoup de dégâts et de victimes sans compter les dangers à plus long terme, car dispersés sur le sol les micro-explosifs blessent ou tuent des enfants qui les touchent ou des personnes qui marchent dessus. Le 10 octobre 2014 une bombe à fragmentation a été lancée dans la région d’Idleb.
  • Gaz, donc une arme chimique, continue à être utilisé à petite échelle, entre autres de la chlorine qui, formellement n’est pas incluse dans les «armes chimique». Tout indique qu’il reste des armes chimiques. Le 24 septembre, le lendemain des frappes de la «coalition internationale» (de fait, les Etats-Unis) en Syrie, Aadra (aux environs de Damas) a été touchée par du gaz mortel. Le 10 octobre, Handarate, quartier d’Alep, a été touché par du gaz mortel.
  • Mortiers et roquettes sont toujours utilisés… «sans modération»

Autres armes utilisées 

  • Les snipers, sont toujours en fonction et ce sont des tueurs professionnels.
  • Les Milices sectaires d’Assad et autres groupes étrangers sectaires sèment la terreur, comme le groupe libanais du Hezbollah, le groupe irakien d’Abou Fadl al-Abbas et les combattants des Gardiens de révolution envoyés par le pouvoir iranien.
  • Les enlèvements restent d’actualité.
  • Le siège des villes et des quartiers, la famine et les coupures d’eau. Nous citons ici particulièrement le camp al-Yarmouk, dans Damas, qui est privé d’eau depuis un certain temps. Ce quartier de Damas est initialement un camp de réfugié·e·s palestiniens qui s’est transformé, au cours des ans, en un quartier «urbain».
  • Les arrestations sont plus fréquentes que jamais. Le régime vise les activistes, leurs familles, les humanitaires, les journalistes. Il n’est pas rare de trouver des familles entières dans les centres de détention d’Assad. Prenons, ici, le cas de Racha: Racha, la trentaine, voulait fuir la Syrie pour mettre ses enfants à l’abri. Le 22 mai 2014, elle s’est rendue au bureau des passeports à Damas avec ses trois enfants pour obtenir les documents adéquats. L’aîné de ses enfants est né en 2010 et elle était enceinte de 7 mois. Elle a été arrêtée avec ses trois enfants ce jour-là ; et elle a donné naissance à des jumeaux en détention !
  • Le viol… est une arme de dégradation et d’humiliation terrible et est utilisée contre les femmes ainsi que contre des hommes…
  • La torture qui peut aller jusqu’à la mort. Citons ici le cas de Abdel Rahman FATWA, 26 an, vétérinaire, de Homs, mort sous la torture le 9 octobre après 3 mois de détention à Tartous. Avant lui, son frère Jamal, pharmacien, a subi le même sort en 2011.

Nous voudrions préciser que depuis la prétendue «réélection» de Bachar Assad (début juin, avec 88,7% des suffrages!) et le décret présidentiel d’amnistie générale qui s’en est suivi, 679 détenus ont trouvé la mort sous la torture … Donc, une «moyenne» de 5 par jour.

Il faut souligner un constat depuis le début de la formation de la «coalition», la violence du régime de Bachar al-Assad s’est beaucoup intensifiée.

Que pensent les Syriens de la situation actuelle?

Un journaliste a demandé quelle était la position des Syriens (vivant en Suisse) par rapport à ces frappes, mais aussi par rapport à Daech et ses exactions. La position des Syriens de Suisse n’est pas différente de celle des Syriens de l’intérieur ou d’ailleurs dans le monde. En une formule: «nous partageons la même amertume»

Bien que nous soyons absolument contre Daech et ses exactions, que nous dénonçons avec force, d’ailleurs nous n’avons pas arrêté d’organiser des mobilisations contre Daech et contre Assad depuis l’été 2013, nous ressentons aujourd’hui beaucoup d’amertume par rapport à l’intervention de la coalition emmenée par les Etats-Unis. Les raisons de notre amertume sont les suivantes, parce que la terreur d’Assad dépasse largement celle de Daech et malgré cela «on le laisse tranquille».

Nous constatons que tous les crimes contre l’Humanité, perpétrés largement et systématiquement par le régime syrien contre «sa» population, ne comptent absolument pas dans cette décision de frapper la Syrie. Même pas les 1500 morts par les armes chimiques à al-Ghouta!

D’ailleurs, Assad a assassiné plusieurs étrangers en Syrie sans aucune réaction de la part de la « communauté internationale ». Nous citons en particulier le cas du médecin anglais Dr. Abbas KHAN, chirurgien qui aidait à soigner les blessés à Alep, qui a été arrêté en novembre 2012 et exécuté par le régime en décembre 2013 dans un centre de détention à Damas. Avant lui l’assassinat des journalistes à Homs, le français Gilles Jaquier en janvier 2012, l’américaine Marie Colvin et le français Rémi Ochlik en fév. 2012, n’ont entraîné aucune réaction de ladite communauté internationale non plus. Douze journalistes étrangers ont trouvé la mort par les soins du régime Assad.

Il a suffi par contre que deux Américains, James Foley et Steven Sotloff, soient tués (de manière certes de plus inacceptable) par Daech pour motiver cette intervention, mais contre Daech seulement!

Personne n’a bougé pour protéger les civils en Syrie pendant plus de trois ans de répression sanglante avec aujourd’hui plus de 200000 morts! Nous avons l’impression que la communauté internationale ne «protège» que les individus de certaines nationalités (occidentales surtout) et reste impassible face aux massacres que subit tout un peuple. Mais aussi, il faudrait que le ou les criminels visés soient les bons… or on ne s’attaque qu’à Daech, mais pas au dictateur-assassin Bachar al-Assad et à son clan rapproché !

Quelques données chiffrées pour mesurer la gravité de la terreur d’Assad:

1°. Au cours du seul mois de septembre 2014, il y a eu 2’375 morts en Syrie dont 1707 civils tués à cause suite à la répression du régime Assad, dont 294 enfants. Alors que Daech a tué 350 personnes en Syrie en septembre, dont 120 civils.

Ceci pour dire que le nombre de victimes du terrorisme d’Etat, toléré par la communauté internationale, reste bien plus grand que celui de Daech.

Néanmoins, il est certain qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais terrorisme. Cette comparaison a pour seul objectif d’attirer l’attention sur le fait que le régime Assad est tout autant terroriste, et depuis fort longtemps, que Daech.

2°. Dans cette situation, on a l’impression que la stratégie de la coalition est d’affaiblir Daech et de maintenir la «crise» en Syrie avec une sorte d’alternative institutionnelle au sommet. Y –a-t-il un projet visant à affaiblir l’Armée Syrienne Libre (ASL) ou à la mettre dans une situation encore plus difficile tout en la «contrôlant» (avec deux bases dites d’entraînement au Qatar et en Arabie Saoudite…avec des délais mal définis ; et sous quelles conditions ?

L’intervention en Syrie a été présentée comme des frappes accompagnées d’aide aux combattants modérés sur le terrain. A Kobané (à la frontière avec la Turquie) les civils meurent aujourd’hui et les combattants kurdes manquent de balles ! Personne ne bouge pour leur venir en aide ! Les USA viennent de refuser d’appliquer une zone tampon sécurisée… Alors qu’il aurait fallu appliquer une zone d’exclusion aérienne sur la Syrie tout entière pour stopper la mort par les bombardements aériens !

4° «On» s’attaque à Daech et «on» laisse les autres groupes terroristes tranquilles… Combattre Daech seule et laisser tranquille tous les autres groupes terroristes chiites (Hezbollah, milices irakiennes et iraniennes) nous paraît très douteux! Si ce n’est parce que des relations avec le pouvoir iranien sont en marche du côté des Etats-Unis et de certains de leurs alliés.

En effet, l’effet de la présence de ces groupes chiites est de transformer la lutte des Syriens insurgés contre la dictature en une lutte sectaire, confessionnelle! Ceci risquerait fort de pousser certains Syriens et autres secteurs de la régions à se tourner vers l’extrémisme confessionnel… Ceci va certainement augmenter le déchirement au sein de la société syrienne et va aussi contribuer à ancrer l’extrémisme et à augmenter des actes de terrorisme, partout dans le monde, peut-être.

Le combat contre Daech augmente la souffrance de la population syrienne en premier lieu

Jusqu’à récemment, les civils syriens étaient les victimes du régime Assad et de ses alliés, mais aussi les victimes de Daech. Aujourd’hui, ils meurent aussi sous les missiles américains et leurs conséquences collatérales! Le premier jour des frappes, plusieurs cas de morts et de blessés ont été recensés parmi les civils (y compris des enfants), en Syrie.

Le 29 septembre 2014, la «coalition occidentale et arabe» a frappé une usine de Gaz et un stock de céréales à Deir Ezzor laissant les civils sans pain et sans combustible pour cuisiner! Nous n’avons pas entendu dire que des avions américains auraient parachuté de la nourriture pour les civils là-bas en Syrie comme ce fut le cas en Irak le 7 août 2014 – dans le Kurdistan, au nord de l’Irak.

Sans oublier que le fait d’oublier le terrorisme du régime Assad, encourage Assad à intensifier la violence et la répression contre sa population, ce qui est le cas aujourd’hui !

Bilan

Plus de morts, plus de blessés et plus de famine… sans espoir de voir enfin quelqu’un s’occuper de protéger les civils en Syrie contre un régime qui n’a jamais arrêté la terreur contre la population depuis plus de trois ans.

Cela ne peut qu’augmenter le ressentiment des Syriens contre les pouvoirs en place aux Etats-Unis et en Europe occidentale.

Craintes des Syriens

Nous ne savons pas ce qui se passe en coulisses. Après l’annonce par la coalition qu’elle ne collaborerait pas avec Assad, ce dernier a annoncé qu’il considérait ces frappes comme une agression.

Ensuite, Assad a tout soudainement déclaré qu’il soutenait les frappes occidentales. La «coalition» va-t-elle vraiment aider l’ASL («modérée») et les combattants kurdes syriens sur le terrain? On peut douter de cela quand on voit la politique du gouvernement de Turquie, plus soucieux de «contrôler les Kurdes» et de les frapper que de les aider (ne serait-ce qu’en laissant aller des forces kurdes aller se battre à Kobané). Obama a annoncé récemment que cette aide prendrait du temps (6 à 9 mois) dit-il, pour préparer l’ASL…Alors que l’ASL se bat sur deux fronts – contre Assad et contre Daech – depuis plus d’un an. Soit bien avant les frappes de la «coalition».

Que veulent les Syriens insurgés ?

Ce que nous souhaitons aujourd’hui c’est que la «communauté internationale» prenne enfin des mesures sérieuses pour mettre fin à toutes les formes de terrorisme en Syrie : celui du régime Assad, de Daech, d’Hezbollah, des milices iraniennes et irakiennes. Cela pour protéger les civils et mettre fin à ce bain de sang. Et ça commence par clouer l’aviation syrienne au sol et fournir un armement contre les avions, hélicoptère et les chars…

Terrorisme d’Assad et terrorisme de Daech, analogies et différences

Daech et le régime Assad, règnent par la terreur et la barbarie médiatisées. Tout le monde a vu ou entendu parler des vidéos de décapitation des journalistes occidentaux. Avant eux Daech a crucifié et décapité publiquement des Syriens qui s’opposaient à lui. Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux dont le but était de terroriser la population.

Avant Daech, Assad a organisé des massacres collectifs à l’arme blanche dans plusieurs localités en Syrie. Nous rappelons ici le premier massacre collectif en mai 2012 à al-Houla à Homs où des familles entières ont trouvé la mort. Le but est également de terroriser la population.

Dans les deux systèmes, un seul maître existe et est «adoré» (ou soumis à une adoration contrainte) comme s’il était un Dieu (Bachar pour le régime syrien et Baghdadi pour Daech). La population ne compte pas dans ces systèmes sauf peut-être pour y être soumise.

Ciblage des activistes, journalistes, médecins, humanitaires… pour empêcher toute forme d’activités constructives de la société civile.

Se dessine un objectif analgue : étouffer une révolution et détenir un pouvoir absolu !

Une grosse différence cependant entre ces deux formes de terrorisme

1° Assad terrorise principalement sa propre population. Si nécessaire, il n’hésite pas à tuer ceux qui, parmi les Occidentaux, aident la population syrienne… Cette forme de terrorisme est de moindre importance pour la «communauté internationale», ça se passe ailleurs, à la limite tout le monde s’en fiche. Tant qu’il ne s’agit pas «des nôtres»… Même si la durée de cette terreur dépasse les trois ans et demi…et la précédait sous d’autres formes moins visibles et moins amples.

Daech terrorise des populations sous son emprise (villes occupées, population qui ne se soumette pas à ses ordres), mais il suscite une crainte dans les pays occidentaux, et cela d’une façon très médiatisée.

Cette forme de terrorisme est beaucoup plus grave pour la «communauté internationale», car ça touche aussi, potentiellement, l’Occident !

C’est dans cette différence qu’Assad a trouvé dès le début les moyens de manipuler les opinions.

Stratégie et propagande d’Assad :

Etant conscient de cette différence importante, Assad a orienté sa machine de propagande dès le début des manifestations pacifiques pour s’acheminer vers la situation dans laquelle on se trouve aujourd’hui!

Il a accusé les manifestants d’être des salafistes (courant fondamentaliste, renvoyant au terme arabe salaf ; «ancêtre», «prédécesseur») dès la première manifestation en mars 2011. Afin de défigurer la révolution et de lui donner une couleur d’islamisme extrémiste. Cette propagande a été maintenue sans faille tout au long, même si elle n’avait aucune base sur le terrain au moins jusqu’à fin 2012,

Il a opté pour une répression violente, pas seulement contre les activistes, mais aussi contre leurs familles pour les pousser à prendre les armes, sachant que la résistance armée peut être plus facilement manipulée…

Malgré la violence, les manifestations sont restées pacifiques pendant six mois. Ensuite, les armes ont été utilisées d’abord pour protéger les manifestations et les lieux de protestation. Ensuite et suite à l’échec de la mission spéciale de l’ONU, conduite par l’ex-secrétaire général, Kofi Annan, en été 2012, l’offensive du régime a beaucoup augmenté. Il n’ y avait plus aucun choix possible de résistance pacifique.

Assad a annoncé à plusieurs reprises une amnistie générale… ceci depuis 2011. A chaque fois, il a libéré surtout des détenus islamistes fondamentalistes…

Il a ciblé particulièrement les journalistes, les activistes laïques, les Syriens et Syriennes, éduqués, cultivés et patriotiques qui pourraient aider à rassembler la population (ils ont disparu, ont été tués, détenus, ou été poussés à fuir…).

Mais également la violence et les massacres collectifs ont été orientés afin d’ attiser le sectarisme. Ces tueries ont ciblé particulièrement les sunnites, le plus probablement pour stimuler des réactions des islamistes.

Quelques points d’interrogation à propos de rapports entre Assad et Daech?

Ceux et celles qui connaissaient le rôle joué par Assad dans la manipulation d’al-Qaïda en Irak suite à la guerre américaine de 2003, peuvent cogiter sur son possible rôle dans le lancement de Daech en Syrie au printemps 2013.

Nous rappelons, ici, le cas de James Folley le premier journaliste décapité par Daech, ce qui a motivé (du point de vue de déclarations publiques) les frappes de la coalition.

James Foley a été détenu par le régime Assad dès novembre 2012, bien avant la naissance même de Daech (au printemps 2013). En mai 2013 encore, l’AFP a publié qu’il avait été enlevé par des milices pro-régimes et qu’il était entre les mains du service de renseignement à Damas. Et soudainement il se trouve entre les mains de Daech qui le décapite au moment même où Assad se propose comme partenaire pour la lutte contre le terrorisme. Une coïncidence. Ce dossier est bien évidemment connu des services d’intelligence des Etats-Unis.

Daech décapite d’une façon très médiatisée des journalistes et des humanitaires qui ne pouvaient pas rester immobiles et silencieux face à la catastrophe qui se passe en Syrie. Daech n’a jamais décapité un individu pro-régime d’Assad, jusqu’à tout récemment.

Ce qui est certain est que le régime ne s’en est jamais pris à Daech, et Daech ne s’en est jamais pris aux forces du régime, ceci jusqu’à la formation de la «coalition internationale». Tous deux s’attaquent, par contre, aux activistes et à l’ASL.

Aujourd’hui il est évident que les décapitations des journalistes ont soudé le monde entier dans une guerre anti-terroriste. Ainsi Assad et ses exactions ont été complètement oubliés. Et pire encore, peut-être même que la coalition cherchera-t-elle à l’avenir à collaborer avec lui dans le rôle du pompier pyromane, comme garant contre le terrorisme.

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En conclusion, on ne peut pas s’attaquer aux symptômes du terrorisme seuls… j’entends par-là Daech, et mettre entre parenthèses, ignorer l’origine même du terrorisme dans la région – et particulièrement dans sa base syrienne, j’entends ici le régime mafieux et criminel d’Assad.

(11 octobre 2014, Zurich)

Pourquoi on nous tue??? de Al-Waer à Homs

Chronique de la Syrie

Al-Waer, quartier de Homs assiégé depuis plus de dis mois, subit une nouvelle offensive militaire du régime depuis 10 jours environ. Le 8 octobre 2014 il a été ciblé par deux missiles sol-sol dont l’un a touché un immeuble résidentiel, ce qui a produit une dizaine de morts parmi les civils et une quarantaine de blessés! Ce quartier compte environ 300’000 habitants dont beaucoup de déplacés des quartiers de la vielle Homs!

Sauvez al-Waer

Sauvez al-Waer

Nous publions ici le témoignage de l’un de ses habitants:

Témoignage de al-Waer à Homs, le 13 octobre 2014

 Je ne sais pas comment exprimer avec des mots ce que nous vivons actuellement!

Nous les habitants de al-Waer depuis des décennies, moi j’y suis depuis 11 ans et certains de mes voisins depuis 15, 20 ou 30 ans.

Nous n’avons fait entrer dans notre quartier aucune personne armée. Ceux qui sont venus à al-Waer sont nos familles, nos frères et sœurs et nos amis qui ont dû quitter leurs maisons dans les autres quartiers de Homs. Nous n’avons couvert personne et nous n’avons laissé personne nous couvrir.

Pourquoi est-ce que nous sommes ciblés par ces bombardements ?

Chaque mort de qui que ce soit nous attriste, nous détestons la tuerie et nous refusons les morts collectives… Pourquoi on nous tue jour après jour? Pourquoi est-ce que c’est à nous de payer le prix de ce qui se passe sur le territoire syrien et même ailleurs qu’en Syrie ?

Nous aimons la vie et nous croyons au droit à la liberté pour tous les Syriens.

Nous n’avons plus de provisions, ni écoles, ni maisons abritées, ni vie normale… nous partageons le peu de pain, d’olives et de Za’tar qu’il nous reste.

Pourquoi on nous tue?

Nous n’avons bombardé personne, ni tiré sur personne et nous n’acceptons pas que l’un de nous tire sur quiconque.

Nous avons beaucoup d’amis dans les autres quartiers, en face d’al-Waer. Ils nous envoient leurs veux lors des fêtes et nous le faisons aussi. Parmi nos amis il y a Adnan, Ali, Georges, Mahfoud, Samir, Dib, Khaled. Nos amis et nous mêmes, nous avons des liens d’amitié et d’amour ensemble.

Pourquoi on nous tue ???

On nous tue au nom de l’Humanité, du Patriotisme, et même en ton nom, Dieu, on nous tue !

Pourquoi on nous tue ???

Abed- A. F.

Daech, Frappes de la Coalition… Qu’en Pensent les Syriens de Suisse?

Chronique de la Syrie

Quelle est notre position à nous Syriens de Suisse, concernant les frappes de la Coalition internationale , et aussi vis-à-vis de l’Etat Islamique (Daech) et de ses exactions ?

Notre position n’est pas différente de celle des Syriens de l’intérieur avec qui nous partageons la même amertume…

Bien que nous soyons absolument contre Daech et ses exactions, que nous dénonçons avec force, nous ressentons cependant beaucoup de peine par rapport à l’intervention de la coalition emmenée par les USA. Pourquoi ?

Premièrement nous constatons que tous les crimes contre l’Humanité, perpétrés largement et systématiquement par le régime syrien contre sa population, ne comptent absolument pas dans cette décision de frapper la Syrie. Par ailleurs, des assassinats odieux comme celui du médecin anglais Dr. Abbas KHAN, chirurgien qui aidait à soigner les blessés à Alep, qui a été arrêté en novembre 2012 et exécuté par le régime en décembre 2013 dans un centre de détention à Damas, n’ont entraîné aucune réaction de la communauté internationale non plus. Il a suffi par contre que deux américains soient tués par Daech pour motiver cette intervention contre Daech seul!
Personne n’a bougé pour protéger les civils en Syrie pendant plus de trois ans de répression sanglante! Nous avons l’impression que la communauté internationale protège des individus de certaines nationalités (occidentales surtout) et reste contemplative face aux massacres que subit tout un peuple.
Nous rappelons ici qu’au mois de septembre 2014 seul, il y a eu 2’300 morts en Syrie dont 1700 civils tués à cause de la répression du régime Assad, dont 294 enfants et 173 femmes. Alors que Daech a tué 350 personnes en Syrie en septembre, dont 120 civils. Ceci pour dire que le nombre de victimes du terrorisme d’Etat, toléré par la communauté internationale, reste bien plus grand que celui de Daech.

دولتي- Dawlati By Hani Abbas Source: Hani abbas cartoon

دولتي- Dawlati- By Hani Abbas
Source: Hani abbas cartoon

Deuxièmement, combattre un groupe terroriste et laisser tranquille celui qui a le plus oeuvré à sa formation et à son développement, c’est-à-dire le régime syrien, c’est écoeurant pour nous syriens.

Troisièmement, combattre Daech seule et laisser tranquille tous les autres groupes terroristes chiites (Hezbollah, milices irakiennes et iraniennes) qui combattent les syriens (les civils y compris) avec Assad depuis presque deux ans nous paraît très douteux! En effet, le but de la présence de ces groupes chiites est de transformer la lutte des Syriens insurgés contre la dictature en une lutte sectaire! Ceci ne peut que pousser certains syriens et arabes à se tourner vers l’extrémisme… Ceci va augmenter le déchirement au sein de la société syrienne, et va aussi contribuer à  ancrer l’extrémisme et à augmenter le terrorisme partout dans le monde.

Quatrièmement, jusqu’à récemment, les civils syriens étaient les victimes du régime Assad et de ses alliés (skuds, barils explosifs, massacres chimiques, famine, …) mais aussi les victimes de Daech ; aujourd’hui ils meurent aussi sous les missiles américains! Le premier jour des frappes, plusieurs cas de morts et de blessés ont été recensés parmi les civils (y compris des enfants), alors que les soins médicaux sont très difficiles d’accès en Syrie.
Le 29 septembre, la coalition occidentale et arabe a frappé une usine de Gaz et un stock de céréales à Deir Ezzor laissant les civils sans pain et sans combustible pour cuisiner!!! Nous n’avons pas entendu dire que des avions américains auraient parachuté de la nourriture pour les civils là-bas en Syrie comme ce fut le cas en Irak!.

Bilan: plus de morts, plus de blessés et plus de famine… sans espoir aucun de voir enfin quelqu’un s’occuper de protéger les civils en Syrie contre un régime qui a perpétré la terreur pendant plus de trois ans contre la population! Cela ne peut qu’augmenter le ressentiment des Syriens contre les américains et les occidentaux.

Ensuite, nous ne savons pas ce qui se passe en coulisses, car Assad a tout soudainement déclaré qu’il soutenait les frappes occidentales. La Coalition va-t-elle vraiment aider l’ASL et les combattants kurdes syriens sur le terrain? Actuellement Kobani est en train de tomber aux mains de Daech et les combattants kurdes syriens n’ont aucun soutien de la coalition!

Finalement, ce que nous souhaitons aujourd’hui c’est que la communauté internationale prenne enfin des mesures sérieuses pour mettre fin à toutes les formes de terrorisme en Syrie (le régime Assad, Daech, Hezbollah, les milices iraniennes et irakiennes), et  pour protéger les civils et mettre fin à ce bain de sang!!!

Quant aux mobilisations contre Daech, nous Syriens de Suisse tout comme les Syriens de l’intérieur, nous n’avons pas cessé de manifester contre la terreur de Daech et contre celle d’Assad à la fois, ceci depuis plus d’un an.

Lausanne, 07 août 2014. Des rassemblements contre Daech (al-Qaïda) et Assad ont eu lieu depuis août 2013.

Lausanne, 07 août 2014. Des rassemblements contre Daech (al-Qaïda) et Assad ont eu lieu en Suisse depuis août 2013.

A Kafranbel-Idleb, juin 2014

A Kafranbel-Idleb, juillet 2014,

Sources du dessin de Kafranbel: https://www.facebook.com/kafrnbl/photos/pb.169122569847858.-2207520000.1412373682./682435335183243/?type=3&theater

FSD

Le saviez-vous?

Mémoire de la Révolution

L’arrestation d’enfants de la ville de Deraa en mars 2011 par les forces de sécurité syriennes et leur torture a été l’élément déclencheur de la Révolution syrienne, alors que la Syrie vivait jusque là sous le joug militaire et sans partage des Assad depuis plus de 40 ans. Quel avait été le crime de ces enfants ? Avoir écrit des slogans politiques sur les murs de leur école.

Depuis le début de la Révolution en 2011, plus de 160’000 civils ont été tués, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Parmi ces morts se trouvent beaucoup de femmes, d’enfants, d’artistes, d’intellectuels ou encore de militants pacifiques. Des centaines de milliers de Syriens ont en outre été illégalement arrêtés et emprisonnés. Il est important de rappeler qu’être détenu en Syrie ne signifie pas uniquement être enfermé, mais est également synonyme de torture, menant dans de nombreux cas à une mort atroce.

On compte aujourd’hui plus de 10 millions de déplacés à l’intérieur de la Syrie et de réfugiés dans les pays voisins. La Syrie est ainsi devenue le premier pays mondial exportateur de réfugiés, alors que dans le passé, elle était le 2ème plus grand pays accueillant de réfugiés.

Les attaques chimiques du 21 août 2013 commises par les forces du régime Assad à El-Ghouta Orientale (Banlieue de Damas) sont certainement l’un des crimes de masse qui ont le plus choqué le monde. Cette nuit-là, plus de 6’000 personnes ont été affectées par ces bombardements. On dénombre plus de 1’722 morts, et des milliers d’autres ont, jusqu’à aujourd’hui, des séquelles physiques et psychologiques.

Sauvez les enfants en Syrie!

Sauvez les enfants en Syrie!

Ces attaques sont à ajouter à une liste de crime encore plus large. Le régime Assad n’a en effet pas cessé un seul jour de massacrer sa population en assiégeant et bombardant quotidiennement les villes syriennes. Cette même ville de Ghouta Orientale, qui avait été bombardée par le régime ce 21 août 2013, subit jusqu’au jour d’aujourd’hui un implacable siège militaire. La population civile y est privée d’un accès régulier aux soins, à la nourriture et à l’eau potable, et cela dans l’indifférence la plus générale. Aucune action concrète n’a en effet été prise pour venir en aide à la population civile et permettre à celle-ci de vivre dignement et en sécurité.

Notre message aujourd’hui est simple : Le peuple syrien continuera à lutter pour sa liberté, sa dignité et la justice. Le prix de la liberté est cher, mais le silence face à l’oppression est criminel. En ce jour de commémoration des attaques chimiques, nous demandons à ce que la communauté internationale prenne enfin ses responsabilités, au lieu de se poser en simple spectatrice du massacre du peuple syrien.

Saviez-vous que :

  • La Syrie est un berceau de l’Humanité vieux de plus de 12’000 ans
  • Pendant les années cinquante, la Syrie avait vécu des années de démocratie avant l’arrivée des régimes totalitaires.
  • Hafez Al Assad s’est saisi du pouvoir à travers un coup d’Etat et a transformé la Syrie en dictature militaire
  • Des dizaines de milliers de Syriens ont été tués par le régime Assad à la fin des années 1970, début des années 1980. Le principal massacre a eu lieu à Hama en 1982
  • En mars 2011, les Syriens se sont soulevés contre le régime de Bashar Al Assad après des décennies de terreur
  • Les Syriens ont manifesté pacifiquement pendant 6 mois, mais ils ont été réprimés dans le sang.
  • Le premier mouvement armé de la Révolution syrienne a été initié par des soldats et officiers syriens ayant déserté l’Armée syrienne après avoir refusé de tirer sur les manifestants pacifiques. Cela a donné naissance à « l’Armée Syrienne Libre » (ASL)
  • Le groupe extrémiste nommé « L’Etat islamique » (EI) ne représente pas les révolutionnaires syriens et n’a pas opposé de résistance réelle aux forces du régime Assad
  • Toutes les minutes, une famille syrienne est forcée de fuir
  • Toutes les 10 minutes, un Syrien est tué
  • Selon l’ONU, plus de la moitié des réfugiés ont moins de 18 ans

Le 20.08.2014, une nouvelle attaque au chlore a eu lieu à Jobar (Damas)!

Par Syrian Voices

Café littéraire pro-Assad

Chronique de la Syrie

Une annonce nous est parvenue récemment d’un café littéraire organisé par la médiathèque de St-Maurice à l’occasion de ses 40 ans, le 14 juin 2014. L’invité est Houssam Khadour, un « écrivain » et traducteur syrien, ancien détenu qui aurait passé quinze ans dans la prison centrale de Damas et qui a écrit trois livres sur sa détention (solitude, torture, exécution, etc.). L’un d’eux, La charrette de l’infamie, a été traduit en français et édité en Suisse en 2013. Nous nous y sommes rendus.

 La salle se remplit d’environ 30 personnes, l’écrivain est présenté par la modératrice. On apprend alors avec étonnement qu’il vient tout droit de Syrie pour ce café littéraire et un autre à Genève. Il remercie ses hôtes pour l’accueil chaleureux et le Flamenco organisés pour son arrivée. Nouvelle surprise, il est lui- même éditeur en Syrie!

 La modératrice lit des extraits traduits en français. La traduction est excellente, toutefois vide de toute émotion si l’on compare à d’autres livres d’anciens détenus d’opinion syriens. L’écrivain nous annonce qu’il a écrit ses trois livres pendant ses années de détention, puis les a édités en arabe en 2012, en pleine révolution! C’est étonnant! La réponse semble être qu’à Damas on peut publier ce genre de textes sans problème, preuve en est la vente de ses livres dans les librairies de Damas. « Il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte » dit-il.

 Viennent ensuite les questions. A la dernière, qui lui demande de lier ses écrits à ce qui se passe en Syrie actuellement, il prend son temps pour prêcher la politique d’Assad :

  • « En Syrie, il faut combattre le terrorisme! » Il invite les citoyens à demander à leurs gouvernements de s’unir pour lutter contre le terrorisme… Il oublie que c’est le régime lui-même qui a semé la terreur en Syrie, en libérant certains extrémistes qui sont devenus des leaders de groupes terroristes, épargnés depuis par Assad, qui préfère lui s’attaquer aux civils.
  • « Il faut aussi lever les sanctions économiques », car c’est barbare d’appliquer de telles sanctions qui sont contraires à la loi internationale… Mais oui! Bien sûr! Mais est-il humain et approuvé par cette même loi d’affamer son peuple, d’arrêter et de torturer des enfants, de violer les femmes et de détruire les habitations des civils ?
  • « Il faut aussi arrêter l’industrialisation des réfugiés » et leur permettre de rentrer en Syrie… Vraiment ? Et qui a détruit leurs maisons, violé leurs femmes et leurs filles, et massacré leurs enfants ?

Et là on annonce la fin de cette rencontre, sans possibilité de contradiction.

Nous avons mené quelques recherches pour découvrir que Houssam Khadour, originaire du village de al-Qirdaha, le même qu’Assad, a le poste de décideur de l’association de traduction de la fédération des écrivains arabes, entité liée au régime de Damas. Il a semble-t-il pu publier un livre traduit en arabe en 1992, pendant sa détention! S’il est possible d’écrire dans certaines prisons syriennes, il est à peu près impossible d’en sortir ses écrits et encore moins de les publier. Aujourd’hui H. Khadour écrit dans la presse officielle du régime Assad !

Quelle déception! La Suisse, pays défenseur des droits humains offre une tribune à un propagandiste du dictateur le plus sanguinaire de l’histoire récente. On lui obtient un visa (et là déjà il y aurait beaucoup à dire), on lui paie sans doute son billet d’avion et on lui réserve un accueil chaleureux en Suisse, mais avant ça on édite la traduction de son livre tout en sachant qu’il est lui-même éditeur au service du régime syrien ! La traductrice, binationale française et suisse, est l’épouse de l’ambassadeur suisse à Damas rappelé en août 2011.

Faut-il rappeler une fois de plus que c’est l’aviation du régime Assad qui a détruit 85% de la ville de Homs, que le pillage de Homs assiégé a été orchestré par le régime, que la population du vieil Homs a été assiégée et affamée pendant plus de deux ans, que 40% de la population syrienne est aujourd’hui déplacée à l’intérieur ou vers l’extérieur du pays. Et les mêmes destructions ont eu lieu à Deir-Ezzor, à Damas-campagne, Alep, Daraa et Idleb.

Faut-il rappeler aussi que la torture dans les centres de détention en Syrie est abominable et prouvée et qu’elle n’épargne ni les enfants, ni les femmes; que dix mille enfants sont détenus en Syrie et y risquent leurs vies et que quinze mille enfants ont déjà trouvé la mort depuis 2011, qu’un demi million de syriens ont été blessés par les obus, barils d’explosifs et autres armes des forces du régime.

A ceux qui ne veulent pas venir en aide au peuple syrien, qui se soulève contre un régime barbare, nous disons: respectez au moins notre souffrance et ayez la décence de ne pas offrir une tribune aux prêcheurs du boucher de Damas ! On a déjà vu défiler les figures chrétiennes pro-Assad, comme la mère Agnès, venue en Europe prêcher le message d’Assad. Aujourd’hui on a assisté à une manipulation sur le thème de l’« ancien détenu repenti», ce serait grotesque si la réalité syrienne n’était pas aussi inhumaine.

FSD

 

Le 21 avril, il y a un an

Mémoire de la Révolution

Il y a tout juste un an, le 21 avril 2013, a eu lieu le massacre de plus de 400 civils à Jdaydeh-Artouz, aux environs de Damas. Un an après, rien n’a changé, sauf peut-être l’utilisation par le régime des armes chimiques et de la famine comme arme de répression. Ni le régime ni la communauté internationale n’ont changé d’attitude… Les peuples du monde restent tout aussi silencieux!!!

Nous avons choisi de republier un article qui a été publié il y a un an à cette occasion dans Le Temps et repris par le blog Un Oeil sur la Syrie.

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Le 21 avril 2013, le régime syrien a commis un nouveau massacre à Jdaydeh-Artouz, au sud-ouest de Damas. Des centaines de civils ont ainsi trouvé la mort de la façon la plus barbare, certains tués à l’arme blanche, à la hache ou exécutés par balle, d’autres brûlés vifs. Ce jour-là, des familles entières ont été exterminées: femmes, enfants et vieillards en majorité. Ce massacre a été perpétré, comme tous les massacres précédents, après que leur village eut été assiégé et bombardé par l’armée du régime, la garde républicaine, les forces de « sécurité » et les chabiha (milices armées du régime).

A ce jour, nous n’avons pourtant vu que quelques articles dans la presse occidentale, relatant que 80 personnes avaient été tuées dans ce village, alors même que, sur les pages des réseaux sociaux, les hommes du régime se vantent d’en avoir tué 400 ! De leur côté, les comités locaux de coordination ont annoncé 566 martyrs en Syrie ce jour-là, dont 483 morts dans Damas et ses environs, la majorité à Jdaydeh-Artouz.

Sur Facebook, les Syriens expriment leur amertume et leur incompréhension. Ils ont l’impression que la communauté internationale, par son silence assourdissant, leur fait payer un prix extrêmement élevé en vies humaines leurs revendications en termes de droits humains ; et que cette communauté internationale vient ensuite leur proposer de l’aide humanitaire, distribuée au compte-gouttes, par l’intermédiaire et au bon vouloir du tueur, le régime lui-même (via le CICR).

Le massacre du 21 avril fait suite et n’est que la conséquence de la réunion des « amis » de la Syrie, qui a eu lieu à Istanbul la veille et qui a renouvelé son assurance au régime syrien qu’aucune action ne serait entreprise contre lui.

Durant cette réunion, les Américains ont offert au conseil militaire de l’Armée syrienne libre (ASL) une aide militaire non létale, alors que l’ASL doit faire face aux missiles balistiques et à toutes sortes de bombes interdites (à sous-munitions, à clous, à tête chimique et autres « vacuum weapons »). Cette aide lui sera certainement utile pour autant que le peuple et l’ASL parviennent à rester en vie malgré toutes les tentatives d’extermination massive.

Sur les pages syriennes des réseaux sociaux, nous voyons apparaître des pancartes de la rue syrienne qui disent: « Aujourd’hui, il n’y a eu que 300 personnes tuées par le régime, mais sans armes chimiques, alors, SVP, il n’y a pas de quoi déranger la communauté internationale ». D’autres pages publient une caricature de l’aide internationale, symbolisée par une paire de chaussures offerte à l’opposition, personnifiée par un cul-de-jatte! L’aide humanitaire supplémentaire offerte par les Etats-Unis, le 20 avril 2013, s’élève à environ 25 millions de dollars, ce qui représente un versement unique de 5 dollars par personne, et ce au regard de 1 million de réfugiés dans les pays voisins et de 4 millions de déplacés internes. Quelle farce !

Trois morts à Boston ont mobilisé toute l’attention des médias occidentaux et suscité une multitude de minutes de silence. Des centaines de morts en Syrie en un jour, massacrés sauvagement, n’ont même pas fait l’objet d’une annonce correcte, et aucune manifestation populaire n’est venue condamner ces crimes.

Le silence des médias et des gouvernements rend l’Occident complice des crimes contre l’humanité en Syrie, honte à eux.

Aujourd’hui, une catastrophe humanitaire sans précédent est provoquée par un régime mafieux et criminel – qui, depuis quarante ans, confisque la moitié du PIB syrien – prêt à détruire la Syrie et exterminer une bonne partie de la population pour rester au pouvoir. Ceci avec l’aide et le renfort de la Russie, de l’Iran, de Hezbollah, et la complicité tacite de ceux qui sont en position d’agir et de condamner.

L’ONU et le Conseil de sécurité ont failli à leur devoir de protéger les civils en Syrie et sont ainsi devenus complices de crimes contre l’humanité. Les Etats-Unis sont quant à eux davantage intéressés au pétrole du Golan – ils ont signé un contrat avec Israël en février de cette année – qu’à la protection des civils syriens. Ainsi refusent-ils d’utiliser les missiles patriotes pour protéger les civils du nord de la Syrie.

La population syrienne n’a ni protection directe, ni couloir humanitaire pour se sauver si nécessaire, ni zone sécurisée, ni aide militaire pour pouvoir se protéger. Au contraire, un embargo d’armes a été imposé à l’ASL alors que les armes affluent toujours de la Russie et de l’Iran à destination du régime.

Aujourd’hui, en Syrie, patrie du premier alphabet, il n’y a pas que les humains qui sont en danger, mais la mémoire de l’humanité tout entière, car les sites historiques sont bombardés et pillés. André Parrot, archéologue et ancien directeur du Louvre, disait: « Chaque homme a deux patries: la sienne et la Syrie ». Citoyennes et citoyens du monde entier, ne laissez pas Assad détruire votre deuxième patrie, ne le laissez pas vous priver de votre mémoire commune… Descendez dans les rues et exigez de vos gouvernements qu’ils agissent vite pour sauver la Syrie !

 

DES EXCUSES ? NON MERCI !!!

Chronique de la Syrie

Actuellement, on parle de la commémoration pour les 20 ans du génocide Rwandais, où 800’000 personnes ont péri en l’espace de 3 mois… Et la communauté internationale y participe. L’ONU dit sa honte que les efforts n’aient pas été plus grands pour empêcher le génocide et les puissances mondiales adressent leurs EXCUSES aux Rwandais!!!

Le génocide qui se passe en Syrie sous les yeux de tous aboutira-il juste à des EXCUSES dans 20 ans?

Le peuple syrien préfère mille fois que la communauté internationale stoppe les massacres pour sauver des vies… quant aux EXCUSES ce sera trop tard et franchement inutile.

Toujours la famine

Hier un appel à l’aide urgent a été lancé par les habitants de Homs assiégée et d’al-Waer à cause du manque de nourriture et de médicaments. Les gens sont affamés à Homs et ils meurent de maladies banales mal-soignées et de faim.

Rappelons-le, actuellement 250’000 milles personnes souffrent de famine imposée par le régime dans les quartiers et villes assiégés. Plus de 150 Syriens y sont déjà morts de faim, à notre époque !

Certains veulent toujours croire à la version du régime qui sème le doute sur sa propre responsabilité dans la faim en Syrie. Toutefois, aucun doute ne pourra être émis quant à la torture à mort dans les centres de détention du régime Assad. Alors parlons-en…

La torture à mort

Pendant le mois de mars dernier à lui seul, 176 Syriens sont morts sous la torture selon le réseau syrien des droits de l’homme.

Les enfants arrêtés n’échappent pas à cette horrible méthode de tuer, rappelons-nous de Hamza al-Khatib.

En été 2013 un Syrien appelé « César », travaillant pour les services de renseignements syriens, a fui la Syrie en emportant avec lui son stock de 55’000 photos de 11’000 personnes mortes sous la torture depuis le début de la révolution. Ces photos ont été transmises à l’opposition syrienne. Tout le monde est aujourd’hui au courant de l’horreur dans les prisons syriennes et personne ne réagit.

Les barils de la mort

Une autre méthode de tuer, qui n’appartient qu’au régime Assad, c’est le lâché de barils, qui continue à détruire Alep et à y tuer et blesser les civils.

Plus de 500’000 de syriens sont blessés à cause des bombardements à l’arme lourde à travers la Syrie!

Les civils à Alep

Les civils à Alep

Toute l’horreur continue en Syrie et nous n’entendons même plus d’indignation. L’ONU préfère-t-elle attendre le temps venu pour des EXCUSES ?

 FSD