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Raqqa: Libération ou nouvelle occupation?

Avec la « libération » récente de Raqqa de l’organisation Daech, les Syriens qui ont porté la révolution syrienne savent que cette dite libération cache en fait une nouvelle occupation. Beaucoup de médias occidentaux précisent que cette libération a été effectuée par la coalition arabo-kurde appelée FDS (Force Démocratiques Syriennes) alors que cette coalition n’est qu’une manipulation de la réalité que personne ne souhaite reconnaître. FDS est une milice composée essentiellement par des forces kurdes du parti PYD, créée par Salih Muslim pour brouiller les cartes et étendre son pouvoir sur d’autres régions arabes en Syrie. Tout de suite après cette dite libération la place principale de Raqqa a été le lieu d’une célébration des nouveaux maîtres des lieux, les combattants kurdes portants les drapeaux des forces kurdes et un énorme portrait d’Ocalan, le chef du PKK, qui est Kurde de Turquie et qui n’a rien à voir avec la Syrie et encore moins avec Raqua dont la population est arabe! Donc le nom de cette milice est déjà une tromperie et sa présence à Raqqa est une nouvelle occupation.

L’importance de Raqqa vient de son emplacement sur l’Euphrate où se trouve le barrage le plus important en Syrie, et qui constitue une importante source pour l’alimentation en eau et en électricité.
Raqqa restera-t-elle sous occupation kurde ou bien sera-t-elle utilisée comme carte de négociation avec le régime fantoche de Damas en vue d’une future séparation des Kurdes syriens?
Dans tous les cas Raqqa est encore loin d’être vraiment libérée!
Il est important de noter que les habitants de Raqqa auront payé un prix très élevé pour cette dite libération qui aura fait au moins 1800 victimes parmi les civils et aura provoqué le déplacement forcé d’au moins 450’000 civils, selon Raqqa is being slaughtered.

FDS célébrant la dite-libération de Raqqa avec les drapeaux des forces kurdes et le grand portrait d’Ocalan, chef du PKK!

 

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article relatif à l’avenir de Raqqa publié sur le site Jeroun le 18 octobre 2017.

 

Washington ne soutiendra pas le projet de FDS à Raqua: s’agit-il d’un abandon de ses alliés ou bien d’une manoeuvre?
Article publié le 18 octobre 2017 sur le site geroun.net

 

Un responsable américain a déclaré: « Washington ne peut soutenir un projet politique du Parti PYD et de son bras militaire FDS pour étendre leur pouvoir sur Raqqa et dans l’ensemble de cette région du pays ». Il a ajouté que son pays ne soutiendra pas les projets de FDS et de Salih Muslim pour une auto-gouvernance. », selon l’agence Reuters.

Les déclarations américaines sont arrivées quelques heures après la libération de la ville de Raqqa dans le nord-est du pays de l’organisation Daech, et suite à l’entrée des combattants des FDS, soutenus par les Etats-Unis, dans le centre-ville. Ceci a soulevé de nombreux questionnements sur l’avenir de la ville à majorité arabe et sur la forme de gouvernance à venir à court et à long terme, sous l’autorité incarnée de facto par les forces militaires qui s’y trouvent actuellement.

Le chef du département des médias de la coalition de l’opposition syrienne, Ahmad Ramadan, a déclaré à cet égard: « Tout au long de la dernière période, la communication n’a pas cessé entre la coalition, les Américains et les Européens pour discuter de l’avenir de Raqqa après Daech et une rencontre a été convenue fin octobre à ce sujet à Istanbul. Des délégués de Washington et de l’Union européenne se réuniront avec des représentants de la Coalition de l’opposition syrienne et du conseil local élu de la ville de Raqqa ».
Ramadan a ajouté que « FDS a formé un conseil sur mesure qui comprend certains représentants des tribus arabes. Nous avons proposé la formation d’une administration intérimaire, suivie par des élections locales dans un espace de temps de quelques mois, permettant à la population de Raqqa de choisir leurs dirigeants locaux eux-mêmes, et donc l’exclusion des FDS parce qu’il n’y a aucune raison pour qu’ils restent à Raqqa. D’ailleurs je pense que les Américains partagent aussi l’idée que Raqqa ne fait pas partie d’un projet ou des ambitions des FDS. ».

Le responsable américain a mentionné dans ses commentaires cités par Reuters que « Washington ne soutiendra pas de processus éducatif dans Raqqa, à moins qu’il n’adopte l’une des formes utilisées dans le programme de l’Etat syrien », soulignant que les Etats-Unis « ne soutiendront pas une entité sécessionniste, ceci est déjà décidé » a-t-il dit.
D’autres parties de l’opposition syrienne ont vu dans cette déclaration une dimension politique, qui indiquerait la possibilité que les Américains acceptent le retour du régime syrien à Raqqa, même si cela se fait conjointement avec FDS, dans le cadre d’un effort de réhabilitation du régime Assad.

Pour sa part, Ramadan a nié cette possibilité et a dit: « Je ne pense pas que la déclaration ait une dimension politique dans ce sens, mais elle porte un signal que Washington n’accepterait pas un pouvoir imposé par FDS sur Raqqa, surtout que les Américains affirment qu’ils soutiennent les institutions capables de former le noyau d’un Etat en Syrie, et FDS est assez loin de là; au contraire FDS recherche à former un état alternatif et complètement séparé de l’Etat syrien, tant au niveau de l’éducation et de la gestion que des services «
Il a ajouté que « la coalition et ses institutions ne permettront en aucun cas que FDS contrôle l’avenir de Raqqa », soulignant que de grands efforts sont en cours pour que Raqua soit sous l’autorité du gouvernement syrien provisoire de l’opposition » , précisant que « toute administration Imposée aux habitants de la ville ne sera pas reconnue. »

Une source spéciale a confié à Geroun: »Les déclarations du responsable américain ne sont rien de plus qu’une manœuvre, qui vise à rassurer les Arabes dans Raqqa et les exhorter à s’engager dans un projet commun de gouvernance locale avec FDS ». Elle a ajouté:  » Les Etats Unis sont le plus grand soutien à FDS qui représente l’un des pilier de la politique américaine dans la région. C’est une question stratégique pour les États-Unis, en particulier à la lumière de la concurrence avec Moscou, d’ailleurs les deux parties ont discuté des outils pour mettre en œuvre leurs projets sur le terrain. Je pense donc que les Américains essaient de pousser les tribus arabes à s’engager dans une opération conjointe avec FDS, qui aura tout le pouvoir et les Arabes ne seront que de simples outils de mise en œuvre. »
Notre source a souligné:  »Malgré l’escalade médiatique récente de la Russie contre Washington, en particulier dans le cas de Raqqa, Moscou ne jouera aucun rôle dans l’avenir de la ville car elle est déjà occupée par le partage du pouvoir à Deir-Ezzor. C’est pourquoi elle évitera tout problème concernant Raqqa, qui pourrait entraver les accords avec Washington sur la zone la plus importante, à savoir Deir-Ezzor et ses environs ».
Bassam Quwatli, membre du groupe de travail pour la Syrie, a déclaré à son tour, dans une interview donnée à Geroun: « Les déclarations américaines ne peuvent être interprétées qu’en termes d’une sorte de fuite en avant, vers la réalité qui a été créée par eux-même. Signification: pas besoin d’aller loin dans le soutien de Washington à un projet séparatiste de FDS, parce que ce sont les Etats Unis qui ont créé cette réalité, et FDS contrôle pratiquement de nombreuses régions où les Kurdes ne sont pas majoritaires ».

Il a exprimé sa conviction que « les Américains vont essayer de créer un projet de gestion conjointe entre FDS et les Arabes, où FDS aura le contrôle de sa politique, de sa sécurité et de son administration, mais il convient de mentionner ici que ce projet dépendra de l’acceptation des autres parties à s’engager dans un tel projet, et de la capacité des Américains à les convaincre de le faire. ».

Par M. Ch.