Archives du blog

Save Ghouta, Save Syria 

#SaveGhouta & #SaveSyria  était le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 23.02.2018, devant l’ONU à Genève, qui a réuni plus de cent personnes. Une vingtaine de rassemblements semblables ont eu lieu dans plusieurs villes en Europe et aux USA depuis le 19 février 2018. Plusieurs militants et militantes suisses mais également algériens se sont joints au rassemblement à Genève. Plusieurs réfugié.e.s syrien.ne.s de la Ghouta de Damas sont venu.e.s apporter leur témoignage. Une intervention de l’activiste Mou’ayad Muhiddine de l’intérieur de la Ghouta a été diffusée et traduite en français. Un témoignage de Nivin, qui est toujours résidente de la Ghouta, a été lu et traduit en français. Nivin raconte l’enfer de la vie quotidienne des civils pendant cette offensive militaire barbare qui est menée par Assad et ses alliés contre la population civile. Elle finit son témoignage par un appel à tous ceux qui l’entendent que tout doit être fait pour éviter le déplacement forcé des civils de la Ghouta. ( La vidéo de ce témoignage )

 

                                  Place des Nations, 23.02.2018

Mou’ayad Muhiddine dit que cette offensive est la pire et la plus violente que subit la Ghouta de Damas depuis le début de la révolution. Actuellement la Ghouta est bombardée par des lance-roquettes, par des barils d’explosifs, par l’aviation militaire, par des missiles au phosphore blanc. Des massacres ont été commis dans les villes et villages de la Ghouta, comme hier à Misraba et ce matin à Hammouriyeh, Zamalka et Douma. Des familles entières sont enterrées sous les décombres de leus bâtiments d’habitation. Il n’y a plus aucun endroit sûr à la Ghouta aujourd’hui. Il fait un bilan des morts et des attaques sur la Ghouta entre le 19 et le 22 février 2018:
– 334 martyrs dont 44 femmes et 57 enfants;
– 1700 blessés dont 443 femmes et 544 enfants;
– 338 raids aériens, 169 barils d’explosif lancés par les hélicoptères, 98 missiles sol-sol, 34 missiles au phosphores blanc, 5 missiles à sous-munitions et plus de 2800 obus;
Concernant la situation des civils, les résidents ne peuvent pas quitter les sous-sols où ils essaient de trouver refuge (il ne s’agit pas d’ abris ni d’ endroits équipés, simplement des caves). Ils n’osent même pas sortir pour chercher de quoi nourrir leurs enfants. Il n’y a aucune activité de la société civile et les institutions sont incapable de faire quoi que ce soit avec ce niveau de violence, de bombardements et de destruction.
En ce qui concerne le côté médical, 9 services médicaux sont hors service parce qu’ils sont ciblés par l’aviation militaire.
Il lance un appel pour soutenir la Ghouta et tout faire pour arrêter le bain de sang commis par le boucher de Damas.
Vous pouvez trouver cette intervention avec sa traduction dans la vidéo ici.

                          Genève 23.02.2018

Le cri d’une fillette de 10 ans environ lancé depuis la Ghouta a également été diffusé sur la place des Nations et traduit en français. Elle se demandait pourquoi Assad les bombarde et pourquoi il doivent vivre cet enfer sans que quiconque intervienne pour arrêter ce carnage. Elle invite tout le monde à imaginer que ses propres enfants soient à la place des enfants de la Ghouta. Elle finit par demander à Dieu de punir Assad pour ses crimes ( vidéo )

Les activistes qui ont pris la parole ont dénoncé l’intensification sans précédent de l’offensive militaire barbare des forces russes et de celles d’Assad dans les régions de la Ghouta de Damas. Ils ont affirmé que ce qui se passe à la Ghouta de Damas n’est pas une guerre mais un génocide et une action d’extermination de tous les civils dans cette région symbole de la révolution et seule alternative démocratique à Assad. Ils ont dénoncé la clémence de la communauté internationale envers les criminels de guerre qui mènent le génocide à al-Ghouta en particulier et en Syrie en général.
Ils ont rappelé qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad, ni avec la Russie, ni avec l’Iran comme garants de la paix en Syrie alors qu’ils sont eux-deux des pays agresseurs et même envahisseurs;
– qu’Il n’y a pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
La solidarité du peuple algérien a été exprimée et la position du gouvernement algérien, mais aussi des gouvernements arabes en général a été dénoncée.
Ils ont aussi appelé au boycott de la Russie, pays agresseur de la population syrienne.

                    Genève, 23.02.2018

Le rassemblement s’est terminé par les chants de la révolution.

FSD

STOP aux massacres en Syrie

« STOP aux massacres en Syrie! » était le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 10.02.2018, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une soixantaine de personnes. Une dizaine de rassemblements semblables ont eu lieu dans plusieurs villes en Europe et aux USA entre le 9 et le 11 février 2018. Plusieurs militants et militantes suisses et français se sont joints au rassemblement à Genève. Plusieurs personnalités syriennes sont venues de France pour y participer, Brita Hagi Hassan, ancien maire d’Alep-Est, Akram Al Ahmad, journaliste d’Idleb, de passage en France, et Bachar,  ancien détenu du régime Assad qui a passé quatre ans en détention et qui vient d’arriver en France.

Rassemblement devant l’ONU à Genève, le 10.02.2018

Les activistes qui ont pris la parole ont dénoncé l’intensification de l’offensive militaire des forces russes et de celles d’Assad dans les régions d’Idleb et de la Ghouta de Damas et ils ont appelé au boycott de la RussieIls ont dénoncé en particulier l’utilisation à répétition des armes chimiques, violant à maintes reprises les résolutions 2118, 2209 et 2235.

Ils ont rappelé qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad, ni avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix en Syrie alors qu’ils sont eux-deux des pays agresseurs et même envahisseurs;

– que toutes les interventions militaires étrangères sont condamnables y compris celle de la Turquie à Afrin et que les civils arabes et kurdes sont les principales victimes de ces interventions;

– qu’Il n’y a pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. 

 

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie, à la libération des détenus, à la levée des sièges et au départ de toutes les forces étrangères en Syrie, pour rendre possible une solution politique réelle et sérieuse.

Akram Al Ahmad, a parlé de la situation catastrophique à Idleb et du déplacement interne des habitants de Mua’arat Al-Nu’man et de Saraqeb, cette dernière ville qui a subi un bombardement avec du chlore toxique il y a moins d’une semaine. Il a dénoncé le ciblage par l’aviation russe et celle d’Assad des infrastructures, des installations médicales et des quartiers résidentiels. Il a également exprimé les craintes de la population d’Idleb suite aux manoeuvres du régime syrien pour laisser Daesh s’infiltrer à l’intérieur d’Idleb, ce qui laisse présager une action militaire semblable à celle de Raqqa qui a laissé cette dernière en ruine. Il a expliqué cette offensive barbare de la Russie comme étant une réaction primaire à l’échec de la conférence de Sotchi  boycottée par l’opposition.

Brita Hagi Hassan a  insisté sur la violation des résolutions du conseil de sécurité relatives à l’utilisation des armes chimiques:

« Tout le monde sait que le régime criminel d’Assad avait commis le massacre chimique dans al-Ghouta de Damas qui a coûté la vie à 1400 personnes en dix minutes. La majorité des victimes étaient des femmes et des enfants. Les armes chimiques ont été utilisées à répétition depuis cette date. Plus de 100 civils ont trouvé la mort à Khan Sheikun suite à l’utilisation de gaz sarin en avril 2017. 

Il y a quelques jours, la ville de Saraqeb à Idleb a été bombardée avec du Chlore gazeux. Dans le même contexte, les armes chimiques ont été utilisées plus de 150 fois au cours des années précédentes (depuis 2013). ». Il a aussi dénoncé les manoeuvres de l’ONU en vue de contourner ses propres résolutions (2118, 2254) afin de réhabiliter le dictateur criminel pour le maintenir à la tête de la Syrie. 

Vous pouvez trouver ces deux interventions avec leur traduction dans la vidéo:

https://www.facebook.com/eljazayeri/videos/1780148892067438/

Une transmission en direct par internet de l’intervention d’Abu Shadi, un activiste de l’intérieur de la Ghouta assiégée, a été effectuée pendant le rassemblement. Il a exprimé les craintes des habitants d’al-Ghouta relatives à un futur massacre chimique semblable de celui d’août 2013. Cette crainte vient du silence de la communauté internationale face à l’utilisation répétitive des armes chimiques à plus petite échelle,  qui rappelle les circonstances qui ont précédé le massacre de 2013. Son intervention peut être écoutée dans la vidéo (min 13:22):

https://www.facebook.com/hamidikaiss/videos/1461942057265588/

Bachar, ancien détenu et ressortissant de la Ghouta de Damas a finalement pris la parole pour dire qu’il travaillait dans l’aide humanitaire lorsqu’il s’est fait arrêter avec ses amis activistes. Il a dit être le seul survivant du groupe. Il a finalement enlevé son bonnet pour montrer à la foule les séquelles des tortures subies en détention soit: l’arrachement complet du cuir chevelu sur le dessus de son crâne, une blessure monstrueuse!

Le rassemblement s’est terminé par les chants de la révolution.

Plusieurs médias suisses étaient présentes.

FSD et CAA

De la Ghouta à Raqqa

Il y a quatre ans, le régime syrien lançait une attaque chimique sur la Ghouta de Damas qui faisait plus de 1400 victimes. Comme ça, d’un coup, en une nuit, des familles entières, des villages entiers, anéantis, sans aucune trace de sang. A l’époque, beaucoup ont appelé à une intervention internationales, pour qu’enfin cesse le bain de sang. N’avait-on pas annoncé que l’utilisation des armes chimiques serait une ligne rouge? On en voyait enfin le bout! Mais 2013 n’a pas été que l’année du premier massacre chimique conséquent, elle a également été l’année où nous avons cessé de croire aux lignes rouges, aux droits de l’Homme et aux institutions internationales, pour ceux d’entre nous qui avaient la naïveté d’encore y croire.

Commémoration à Genève du massacre chimique à al-Ghouta de Damas le 21.08.2013

La réaction a tout d’abord été de rassurer Bachar, si frappes il y avait, elles seraient ciblées. Puis un compromis a été trouvé! Nous n’avons pas besoin d’intervenir, se dirent-ils, il suffit de lui faire livrer ses armes chimiques et le problème est résolu. Le message était claire, son tord n’était pas d’avoir massacré plus de 1400 personnes dans leur sommeil autant que de l’avoir fait avec des armes interdites. Continue seulement, disaient-ils, tout est permis sauf les armes chimiques! Les années se sont écoulées et avec elle les victimes, le plus souvent d’armes conventionnelles telles que par exemple les barils TNT ou les missiles guidés.

4 ans, 174 attaques aux armes chimiques et les déboires d’une coalition anti-terroriste plus tard, intervention il y a eu. Juste pas contre le régime . Alors que des bombes internationales pleuvent sur Raqua, faisant bien plus de victimes civiles que de victimes de Daesh, et que le boucher de Damas règne en maître absolu sur ce qu’il reste de son carnage, curieusement réhabilité dans son rôle de président, on ne peut s’empêcher de se poser la question, intervention, soit, mais pour qui?

C’est l’impunité des criminels de tout bords qui alimente le terrorisme et toutes les bombes du monde n’y changeront rien, bien au contraire. C’est avec beaucoup de retenue que l’on dénonce aujourd’hui les frappes  anti-terroristes, peut-être par peur d’être accusés de soutenir le terrorisme. Mais nos pensées vont aux victimes de l’intervention  internationale comme elles vont à celle de l’inaction internationale qui l’a précédée.

Genève, le 30.08.2017

FSD

La vérité sur la chute de Palmyre (3/4)

Le 20 mai 2015 Daech (Etat Islamique) s’empare de Palmyre, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, après le retrait de l’armée syrienne d’Assad, préparé une semaine plus tôt. Le convoi de Daech traverse le désert en toute tranquillité sans qu’il soit ciblé par l’aviation d’Assad ou de la coalition internationale. Le 30 mai, Daech fait exploser la prison de Palmyre qui recèle la triste mémoire de tortures sauvages et d’exécutions sommaires des prisonniers des années huitante. Bien plus tard, Daech commence à détruire certains sites archéologiques de Palmyre.
Récemment l’ancien procureur général de Palmyre, Mohamad Qassim Nasser, quitte la Syrie, fait défection et n’hésite pas à livrer des détails révélateurs relatifs à la relation entre Daech et le régime Assad et à l’implication du régime dans la chute de Palmyre.
Il est utile de rappeler ici que Palmyre a rejoint la révolution syrienne très rapidement et qu’elle a été l’un de ses bastions (voir Un oeil sur la Syrie, 21 mai 2015).
FSD publie ici une traduction de l’interview de M. Q. Nasser. Source : http://www.rp-syria.com/blog/archives/56010

***********************
Ex-responsable syrien révèle des détails étonnants sur

la chute dePalmyre et la relation entre

Daech et le régime Assad

(3e partie 3/4)

 

Infiltrations et intermédiaires
« Quelle est la vérité concernant les informations affirmant que le régime libère les prisonniers pour les inciter à rejoindre Daech?» A cette question, le procureur général a répondu «ce que j’ai vu et que j’ai pu suivre par mon travail à la Cour de Palmyra, c’est que beaucoup d’hommes recherchés contre lesquels des mandats d’arrêt avaient été émis, pour des affaires pénales judiciaires de vol et de fraude, ont été arrêtés par la branche du service de renseignement du désert mais ensuite libérés pour rejoindre Raqua et et les régions de Daech, sans qu’ils soient traduits en justice. Avec le temps je me suis rendu compte que les services de renseignement les recrutaient, en particulier les criminels, pour leur servir d’agents à l’intérieur de Daech.  »
Quant à savoir s’il estimait que la Russie était au courant de la relation entre Daech et le régime Nasser a dit: «Pendant mon séjour à Palmyre j’ai eu la certitude que la Russie a été pleinement informée des détails de ce qui se passait, parce que des dizaines d’experts russes, étaient présents à l’aéroport militaire de Palmyre, en plus des experts iraniens, ils facilitaient le travail de l’armée du régime à l’aéroport de Palmyre, et dans d’autres régions. Ces experts allaient, sous la protection de Daech, dans les champs de pétrole et les installations de gaz, pour effectuer des réparations et des opérations de maintenance des installations qui étaient sous le contrôle de Daech. Ceci confirme que la Russie aide Daech à continuer de pomper le pétrole et le gaz en provenance de “ses” régions pour les acheminer vers les régions sous contrôle du régime. »

AssadPutinDaech - cadre
Il a poursuivi: «La relation est claire puisque les experts russes entrent sous la protection d’éléments de Daech dans les installations pétrolières dans les zones sous son(celui de Daech) contrôle, effectuent les réparations des installations avec des pièces de rechange livrées par la Russie, et retournent sous la protection de Daech vers les zones du régime, ce qui confirme que la Russie était un partenaire dans le soutien à Daech ». Ce sont les paroles du procureur général.
Nasser a évoqué un sujet qui n’a été abordé que rarement auparavant en disant « le régime est désireux d’établir des dossiers judiciaires et sécuritaires pour tous les accidents, les dommages et les dysfonctionnements qui survenaient dans les champs de pétrole et les installations pour plusieurs raisons. La plus importante de ces raisons est que le régime doit présenter des dossiers pour les compagnies d’assurance afin obtenir des compensations pour les pannes et les frais de réparation. Mais le régime visait également à réduire les vols, parce qu’il est connu que les services de renseignement, et tous ceux qui travaillent dans le secteur pétrolier en Syrie, essayent d’utiliser le détournement, le vol et la modification des spécifications des pièces, pour voler l’argent du peuple. Alors le régime procède à l’établissement de dossiers et enregistre les noms et les témoignages des travailleurs qui sont actifs dans la maintenance de ces terminaux pétroliers. Il enregistre également la valeur des dommages, et ensuite on m’envoyait ces dossiers à moi comme procureur général à Palmyre. Je transférais à mon tour ces dossiers au comité de sécurité, et je déposais plainte contre les auteurs des attaques contre les installations pétrolières, et je demandais aux autorités compétentes de procéder à leur arrestation et d’enquêter dans ces dossiers. « .
A la question « Qui payait les salaires des travailleurs dans le domaine pétrolier dans les régions de Daech? » le juge a répondu: « Tous les travailleurs dans les champs de pétrole sous le contrôle de Daech étaient des employés du ministère syrien du pétrole, qui travaillaient sous la protection des éléments de Daech, et ils touchaient leurs salaires, leurs indemnités et les primes du régime, et cela continue aujourd’hui encore, et je mets le ministère au défi de prouver le contraire « .
Concernant les noms d’intermédiaires connus dans les opérations commerciales entre le régime et «Daech», le procureur général a souligné «Toutes les opérations d’échange commercial et particulièrement de vente de pétrole, de gaz et de protection des installations pétrolières, se faisaient via des courtiers et des intermédiaires dans la région de Palmyra et son désert. Ces derniers peuvent communiquer entre les deux parties, et garantissent des profits pour les deux parties. Les plus importants de ces intermédiaires sont Faisal Qatran, Cheikh dans la ville d’Al-Sokhna, Cheikh Mahmoud Hamoudi, un entrepreneur et homme d’affaires de Palmyre, c’est un ami personnel et partenaire de l’actuel ministre du Pétrole Sulaiman Abbas. Il y a aussi Mounir Zoubi, un entrepreneur de Palmyre, et Jamil Karkutli un entrepreneur dans le domaine du pétrole de Deir Ezzor (à l’est). Ces courtiers et intermédiaires étaient en contact avec des éléments de Daech, car ils sont de la région. Ils avaient des contacts avec des éléments de l’intérieur de l’organisation, ils les recrutaient et leur payaient des salaires D’autre part ils avaient des liens avec le chef du renseignement militaire à Palmyre, avec le palais présidentiel, et avec les hommes d’affaires les plus influents. Parmi ces derniers on mentionne George Hassoani, qui supervise les intermédiaires, un homme d’affaires syrien et russe, qui leur fournit les liquidités pour les transmettre à Daech « .
A propos de Muhanna Hassan, dont le nom a été récemment rapporté dans les médias, Nasser a expliqué, «il est un homme d’affaires d’Al-Sokhna, un marchand de céréales de longue date dans la région orientale de la Syrie. Il m’a assuré qu’en 2013 et 2014 il avait acheté l’ensemble de la récolte de blé et d’orge cultivés dans les zones de Daech en Syrie et en Irak, pour le régime, et il a transféré des milliers de tonnes de blé et d’orge des zones de Daech aux zones du régime, il a aussi effectué le transfert de dizaines de millions de dollars du régime, comme rétribution pour de ces livraisons ».

Expansion chiite iranienne
Dans un autre contexte, le juge a donné des informations sur la façon de saisir les territoires sunnites en Syrie, par des chiites et par l’Iran. Il a dit «Avant ma nomination à Palmyre, j’étais juge de paix à Darya et à Moadamyieh (deux villes à proximité de Damas qui sont actuellement contrôlées par l’opposition). A travers mon travail à Darya, je fus témoin du massacre de Darya commis par le régime contre des centaines de civils opposants non armés (Août 2012), et après la destruction de Darya, le meurtre de ses habitants, et le déplacement de centaines de milliers de résidents de Darya et Moadamyieh, les chiites et les Iraniens ont commencé à initier des procès dans les tribunaux des régions de Darya et de Moadamyieh, et dans une grande partie de la campagne de Damas, qui sont parmi les régions chaudes, pour faire confirmer la vente de terrains dans ces deux villes. ».
Il a poursuivi en disant: «Les chiites disaient qu’ils avaient acheté les terres des propriétaires qui ont fui leurs terres, ou sont morts en détention, les propriétaires fonciers n’étaient pas présents. Ceux qui revendiquaient la terre initiaient les procès en l’absence des vrais propriétaires et apportaient de fausses procurations obtenues par un notaire de Damas , ou de la banlieue de Damas, ils apportaient des contrats de vente fictifs, et ils venaient nous voir en disant que la propriété a été achetée à ses habitants avant qu’ils ne la quittent ou avant d’être arrêtés ou tués. »
Il a poursuivi: « Au début, en tant que juges, nous répondions à ces demandes en disant que la notification était non valable, vu que le propriétaire d’origine n’était pas présent. Ensuite Bachar Assad a promulgué une loi facilitant, aux Iraniens et à leurs partisans, le vol et le pillage du territoire syrien, c’ est la loi n° 25 de 2013, qui permet, dans les régions chaudes, la notification à la partie attaquée en justice (le propriétaire en l’occurence) par publication dans les journaux, en cas d’absence devant le tribunal. Assad a donc permis aux Iraniens de forcer le jugement en leur faveur, dans le cadre de ces procès. Cette loi est honteuse et elle a suscité la surprise et la consternation de tous les travailleurs de la communauté juridique. »

IranRussieAssad

Lire aussi:

La vérité sur la chute de Palmyre (2/4)

La vérité sur la chute de Palmyre (1/4)

Syria: No word on four abducted activists

A year on, no information on Douma Four

The prominent Syrian human rights defenders Razan Zaitouneh, Samira Khalil, Wa’el Hamada and Nazem Hamadi – the Douma Four—remain missing a year after their abduction, 57 organizations said today. The four were abducted in Duma, a city near Damascus under the control of armed opposition groups. They should be released immediately, the groups said.

Four-Douma

On 9 December 2013, at about 10:40 pm, a group of armed men stormed into the office of the Violations Documentation Center in Syria (VDC), a Syrian human rights monitoring group, in Duma and abducted Razan Zaitouneh, the head of the center, and her colleagues – Wa’el Hamada, who is also her husband, Samira Khalil and Nazem Hamadi. The four human rights defenders have not been heard of since.

The armed groups exercising de facto control over Duma include the Army of Islam, headed by Zahran Alloush, which is part of the Islamic Front, a coalition of armed groups. The groups should immediately release the four human rights defenders if they are in the groups’ custody, or work toward ensuring they are released unharmed and without delay. Countries that support these groups, as well as religious leaders and others who may have influence over them, should also press for the immediate release of the four activists and for an end to abductions of civilians.

Razan Zaitouneh has been one of the key lawyers defending political prisoners in Syria since 2001. Since the beginning of the crisis in 2011, Razan Zaitouneh has played a key role in efforts to defend human rights for all and protect independent groups and activists in Syria. Along with a number of other activists, she established the VDC, which monitors human rights violations and records casualties in Syria, and co-founded the Local Coordination Committees (LCCs), which coordinates the work of local committees in various cities and towns across Syria. She also established the Local Development and Small Projects Support Office (LDSPS), which assists non-governmental organizations in besieged Eastern Ghouta.

As a result, both by the Syrian authorities and armed opposition groups threatened her. She had been receiving threats for several months before her abduction. She described some of these threats in an article she wrote in the online news outlet Now Lebanon. She had also informed human rights activists outside Syria in September 2013 that she was being threatened by local armed groups in Duma were threatening her. In April 2014, Razan Zaitouneh’s family issued a statement holding Zahran Alloush responsible for her and her colleagues’ wellbeing, given the large presence his group maintains in the area.

Samira Khalil, has been a longtime political activist in Syria. The Syrian government had detained her between 1987 and 1991 for her activism. She later worked in a publishing house before shifting her efforts to working with the families of detainees and writing about detention in Syria. Before her abduction, she was working to help women in Duma support themselves by initiating small income generating projects.  Wael Hamada was also an activist before the uprising in Syria. When peaceful protests first broke out in the country in 2011, the government detained and later released Hamada.. He is an active member and co-founder of the Local Coordination Committees and the VDC. Before his abduction Wa’el Hamada was working to provide desperately needed humanitarian assistance to the residents of besieged Eastern Ghouta. Nazim Hammadi, a lawyer and poet, was one of the most prominent volunteer defenders of political prisoners before and after the uprising in Syria. He contributed to founding the Local Coordination Committees and also worked to provide humanitarian assistance to residents of Eastern Ghouta. Razan Zaitouneh and her colleagues appear to have been abducted and arbitrarily deprived of their liberty as punishment for their legitimate activities as human rights defenders. Such actions are prohibited by international humanitarian law and are contrary to international human rights standards. The armed groups in control of the area and the governments who support them should do everything in their power to facilitate the release of Razan Zaitouneh, Wa’el Hamada, Samira Khalil and Nazem Hamadi.

Signatories:

1 – Alhaqanya Organization for Law firm and Law, Egypt.

2 – Alkarama Foundation.
3 – Amnesty International.
4 – Arab Network for Human Rights Information, ANHRI.
5 – Assyrian Human Rights Network.
6 – Badael for sustainable peace in Syria.
7 – Caabu – The Council for Arab-British Understanding.
8 – Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS).

9 – The SKeyes Center for Media and Cultural Freedom.

10 – Women’s Studies Center – Palestine.
11 – CIVICUS: World Alliance for Citizen Participation.
12 – Damascus Center for Human Rights Studies.
13 – Egyptian Center for Economic and Social Rights (ECESR).
14 – Egyptian Initiative for Personal Rights.
15 – Euro Mediterranean Human Rights Network, EMHRN.
16 – European Women Initiative.
17 – Every Casualty, UK.
18 – FemmeS pour la Démocratie.
19 – Fraternity Center for Democracy and Civil Society.
20 – Freedom House, USA.
21 – Front Line Defender.
22 – Gulf Center for Human Rights (GCHR).
23 – HIVOS – Humanist Institute for Cooperation with Developing Countries.
24 – HRDAG – Human Rights Data Analysis Group.
25 – Human Rights Watch, HRW.
26 – Humanrights.ch / MERS- Swiss.
27 – Institute for War and Peace Reporting (IWPR).

28 – International Media Support (IMS)
29 – International Service for Human Rights – ISHR.
30 – Kesh Malak Organization, Aleppo Syria.
31 – Kurdish Organization for Human Rights in Syria (DAD).
32 – Lawyers for Lawyers, Netherland.
33 – Lebanese Center for Human Rights (CLDH).
34 – Local Development and Small Projects Support office (LDSPS).
35 – Maan Organization for Supporting Women Issues.
36 – No Peace without Justice, NPWJ.
37 – Nuestra Aparente Rendición Association.
38 – Pax Christi International.
39 – PAX for peace, Netherland.
40 – RAW in WAR (Reach All Women in War).
41 – Swedish network for democracy and HR.
42 – The Syria Campaign.
43 – Syria Justice and Accountability Center (SJAC).
44 – Syrian Association for Citizenship.
45 – Syrian Center for Media and Freedom of Expression (SCM).
46 – Syrian Center for Studies and Legal Researches.
47 – Syrian Human Rights Network (SHRN).
48 – Syrian Liberals lawyers Association.
49 – Syrian Observatory for Human Rights, UK.
50 – Syrians for Citizenship State.

51 – Syrian Women’s Network
52 – The Day after Association (TDA).
53 – The International Federation for Human Rights (FIDH).
54 – The Kvinna till Kvinna Foundation, Sweden.
55 – The World Organization against Torture (OMCT).

56 – Center for Civil Society and Democracy in Syria CCSDS
57 – Violations Documentation Center in Syria (VDC).

Al-Ghouta, où va-t-on?

Mémoire de la Révolution

Un poème écrit par Julie, une jeune des FSD, et récité lors du rassemblement devant l’ONU le 6 septembre 2013. Ce jour là 1’500 bougies ont été allumées en mémoire des 1’500 victimes du crime de masse avec les armes chimiques:

SOS Syria

SOS Syria

Je suis ici pour dire que je ne comprends pas
Je ne comprends pas pourquoi il n’y a que nous, ici et là
A protester contre le massacre d’Al-Ghouta…

A protester contre le massacre d’Al-Ghouta
Alors que cette fois
L’ONU était à deux pas
Les inspecteurs dans leur hôtel 5 étoiles
Qui n’ont même pas fait de constat…

Qui étaient là, mais là pourquoi ?
Pour faire joli apparemment
Puisqu’Assad a pu tuer tous ces gens
Sans même verser une goutte de sang
Puisqu’il a pu tuer tous ces gens
Alors qu’ils dormaient tranquillement, naïvement
Dans leurs lits…

En une nuit…
En une nuit plus sont partis qu’aucun autre jour avant et depuis
Sans provoquer de réaction, de compassion
Internationale…

On ne leur a rien demandé
Ils ne se sont jamais réveillés
Et c’est vrai
Que certains l’attendaient
Cette mort tant espérée
Qui est venue les délivrer
De leur cauchemar quotidien.

Mais trop d’enfants,
Trop d’enfants au mauvais endroit au mauvais moment
Qui n’ont pas eu leur mot à dire quant à leur avenir…
Leur avenir volé
Par des gaz irréguliers
Utilisés simplement pour tuer.

Et je voudrais qu’on m’explique
Où sont passés les politiques ?
Puisqu’ils n’ont d’autres thématiques
A la bouche que les groupes islamiques
Et que bien cachés derrière leur veto
Ils nous ont tourné le dos
Tandis que sur leur jeu d’échec ils avancent leurs pions
Sans même penser à la population
Mais juste à l’intérêt des nations…

Et pendant ce temps-là
Des gens meurent, des gens pleurent, d’autres attendent un revirement
Qui ne saurait tarder
Mais qui risque d’arriver
Trop tard, pour changer…

Mais où va-t-on ?
Où va-t-on dans un monde où seul l’Occident peut prétendre à l’objectivité ?
Dans un monde où les enfants se réveillent seulement pour réaliser
Que leurs cauchemars n’étaient autres que la réalité ?
Dans un monde où la neutralité
Est un luxe que seuls peuvent se permettre les non-persécutés
Et où l’engagement est troqué contre des virées, des soirées, du divertissement en quantité…
Où va-t-on lorsque les plus favorisés
Ferment les yeux pour ne pas être heurtés, choqués, désillusionnés
Et les ouvrent uniquement
Lorsqu’ils sont finalement touchés personnellement
Par cette violence qui perdure depuis bien trop longtemps maintenant…

Je suis fatiguée
Fatiguée d’expliquer
Pourquoi la mort d’un seul bébé
C’est déjà trop cher payé
Pour un pays où quotidiennement
Les habitants
Sont tués, torturés, violés, arrêtés
Et où la liberté d’expression
Est presque une conspiration
Pour faire croire au bon fonctionnement
D’un pays géo-politiquement
Trop intéressant…

Alors que faire maintenant ?
Que faire quand tout ce qu’on attend
C’est que finalement
Le reste du monde voie
L’humanité là-bas…
Le reste du monde voie
Le même humain, ici et là.

La famine gagne la Syrie, l’humanité entière reste contemplative

La famine gagne la Syrie, l’humanité entière reste contemplative,

Assad voit son permis de tuer renouvelé et Putin est nominé pour le prix Nobel de la paix,

qu’a fait le peuple syrien pour mériter tout cela?

 Dès le début du soulèvement les forces d’Assad laissaient sur leur passage un slogan qui disait:

« Assad ou on brûle le pays !!! », et elles ont tenu parole, de vastes régions ont été détruites, parce que le mouvement populaire n’a pas reculé…

Aujourd’hui, sur les barrages de la « sécurité » d’Assad autour des régions assiégées d’al-Ghouta de Damas, on peut lire un nouveau slogan:

« Soit s’agenouiller, soit mourir de faim !!! », et en effet, les enfants d’al-Ghouta y meurent de faim, ou de manque de médicaments, parce que les Syriens refusent toujours de s’agenouiller…

Le 1er octobre, une campagne a été lancée à Damas, pour alerter la communauté internationale de cette nouvelle catastrophe humanitaire en Syrie et appeler les organisations humanitaires à intervenir.

Le 2 octobre, on a vu la communauté  internationale se féliciter de la déclaration présidentielle du Conseil de Sécurité qui commence par rappeler la souveraineté du régime criminel de Damas et qui lui demande ensuite d’acheminer l’aide humanitaire dans toutes les régions de Syrie, même celles qui sont sous contrôle de l’opposition. Suite à cette déclaration, lors de la conférence de presse, on a entendu Bachar Jaafari, digne représentant du boucher de Damas, déclarer : « The Syrian government is an integral part of the overall collective effort aiming at providing humanitarian assistance to the Syrians people wherever they are… everything should go through the cooperation between the Syrian government and the OHR office of the United Nations. ».

On croit rêver, comment peut-on ne fût-ce qu’imaginer confier une telle mission humanitaire à un tel régime, responsable d’innombrables crimes contre l’humanité ?

Mais le régime n’a pas tardé à se mettre à la tâche, avec sans aucun doute la bénédiction de son mentor russe. Le 2 octobre une famille d’Ismaéliens a été égorgée par les milices d’Assad, un couple et ses deux filles de cinq ans. Jusqu’à cet événement cette forme de cruauté était réservée à la majorité sunnite.

La nuit du 5 octobre un missile sol-sol a été lancé sur le quartier le plus peuplé de Homs, al-Waer, avec ses 500’000 habitants, qui héberge tous les déplacés internes de Homs. Cette même nuit les forces d’Assad se sont attaquées à un village voisin de Tartous, ont arrêté une centaine de personnes, dix personnes ont trouvé la mort égorgées, mais ce nombre risque d’augmenter car il y a menace d’exécution sommaire, une dizaine de maisons ont été brûlées… peut-être est-ce le début d’un nouveau massacre semblable à celui de Banias ?

Dans la ville la plus touchée d’al-Ghouta, Mouaadamyat-al-Cham, il y a plus de 3’000 enfants de moins de 14 ans, tous menacés de mort famine, nouvelle arme préférée d’Assad. Cinq enfants sont morts le mois dernier, victimes innocentes de cette situation; aujourd’hui on compte déjà 19 cas graves dans les hôpitaux de fortune de cette même ville, et ce n’est qu’un début.

Les Syriens sont en train de vivre une nouvelle catastrophe, supplémentaire, spécialement dans les régions sous contrôle de l’opposition comme al-Ghouta et Homs, qui sont assiégées … Cette catastrophe c’est la famine imposée à ces régions par le régime mafieux des Assad. Douze organisations internationales oeuvrent en Syrie pour aider la population. Le problème c’est qu’elles ne travaillent qu’en collaboration avec le régime Assad, laissant dans la misère ceux-là même qui ont besoin d’aide, soit  des millions de Syriens. Avec l’arrivée de l’hiver, ce problème sera accentué par le froid… et avec les bombardements incessants, de plus en plus de Syriens vont se retrouver sans abri, sans moyen de chauffage, sans nourriture, sans médicaments et sans couvertures.

Des couloirs humanitaires seraient bien sûr la solution, mais des couloirs sécurisés sous le contrôle de l’ONU. En tout cas pas sous le contrôle de celui qui a assassiné 1’500 civils, hommes, femmes et enfants confondus, en une seule nuit, le 21.8.2013, à al-Ghouta même, et qui impose depuis un blocus sur les vivres à al-Ghouta et à Homs! ..

On est en droit de se demander si la communauté internationale a pour but d’aider les Syriens de  Syrie ou si elle  ne veut que garder Assad au pouvoir à tout prix? La dernière résolution du Conseil de sécurité, conjuguée avec la déclaration présidentielle, a donné une nouvelle légitimité à Assad, devenu partenaire de l’ONU… il vient ainsi d’obtenir un nouveau permis de tuer par tous les moyens, y compris la famine, sauf par arme chimique. Assad a maintenant les mains libres et il commence à s’attaquer aux minorités, dont on prétend qu’il les défend, sans doute coupables de mal le soutenir.

Quant à la solidarité internationale, elle cherche une fois de plus à soulager sa conscience. On a pu lire récemment dans la presse que 17 pays ouvrent leurs portes aux réfugiés syriens; entre les lignes on découvre ensuite avec tristesse qu’il ne s’agit que de dix milles réfugiés pour l’ensemble de ces pays, dix milles sur deux millions! Deux millions de Syriens qui, fuyant les bombes d’ Assad, font face à la maltraitance dans les pays voisins (Jordanie, Liban, et récemment l’Egypte). Certains pays comme l’Egypte vont jusqu’à mettre des familles syriennes entières en prison ou jusqu’à tirer à balles réelles sur ceux qui essaient d’attraper un bateau, avec l’espoir de retrouver ailleurs la sécurité et la dignité. Des Syriens qui sont ensuite parfois confrontés au refoulement vers la Syrie dans certains pays ou à la fermeture des frontières  dans d’autres.

L’humanité toute entière est en crise aujourd’hui, face à la catastrophe humanitaire sans précédent qui s’installe en Syrie…et une fois de plus, elle apparait incapable de se montrer à la hauteur de l’enjeu, incapable surtout de placer les droits humains au-dessus des intérêts géopolitiques.

FemmeS pour la Démocratie