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Mobilisation à l’occasion de Genève 6

« La Russie et l’Iran, criminels de guerre, ne peuvent pas être les garants de la paix en Syrie! » a été le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 17.05.2017, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une trentaine de personnes. Plusieurs militants et militantes suisses se sont joints au rassemblement. Plusieurs membres de la délégation de l’opposition syrienne étaient également présents. Le rassemblement  a débuté par une minute de silence à la mémoire des victimes du régime syrien, de ses alliés, des frappes de la coalition internationale, de Daech et de ses semblables.

Rassemblement à l’occasion de Genève 6 le 17 mai 2017

 Les activistes qui ont pris la parole ont rappelé

qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad

– qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix alors qu’ils sont deux pays agresseurs et même envahisseurs 

– qu’il n’y pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. 

que l’avenir en Syrie se fera avec une transition politique et sans le régime Assad.

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie et au départ de toutes les forces étrangères de Syrie.

Farah Atassi, membre de la délégation de l’opposition syrienne aux négociations,  a dénoncé les manoeuvres du régime syrien qui tente d’ effectuer un changement démographique en Syrie en forçant la population des régions assiégées à se déplacer vers Idlib au nord de la Syrie. Elle a informé la diaspora que l’opposition aborde ce dossier très grave dans le cadre des négociations de Genève 6.

Hind Kabawat, membre de la délégation de l’opposition syrienne aux négociations, a dénoncé quant à elle le silence de la communauté internationale face à la souffrance extrême que les Syriens subissent.

Les chants de la révolution ont accompagné la fin du rassemblement.

Plusieurs médias étaient présents.

FSD

Astana 4: négociations en terrain miné

Article traduit de l’arabe par FSD.

Astana est une nouvelle initiative de la Russie pour prolonger la survie du régime syrien!

Source:Article de Hazem al-Halabi, Syrian Press Center

Plusieurs générations arabes ont grandi à l’écoute du dossier des négociations « israélo – palestiniennes » et finalement de la feuille de route de la solution à deux Etats, qui n’a toujours pas porté ses fruits aujourd’hui. Aucun résultat qui permettrait de construire de futures étapes n’est apparu et ceci à cause de la politique de doubles standards des commanditaires de ces négociations au cours des années passées, en particulier des Etats-Unis qui les ont parrainées et qui ont réussi à convaincre les Palestiniens et les Arabes d’accepter une solution imaginaire appelée « solution à deux Etats ». Peut-être parce que les Palestiniens ont finalement pris conscience du fait qu’ils sont le maillon le plus faible, et que le système international est le protecteur d’Israël et le garant de son existence et de la sécurité au cœur du Moyen-Orient.

Aujourd’hui, les parties prenantes internationales répètent le même scénario en Syrie, avec la différence fondamentale que le conflit en Syrie est un soulèvement populaire contre la tyrannie du régime en place, pour la liberté et la dignité. Mais après les nombreuses interventions délibérées des puissances internationales, défendant chacune ses intérêts dans la région, les ficelles se sont emmêlées et la cause s’est internationalisée, et elle a débordé du contexte local syrien, initialement confiné entre le régime et son opposition. Un nouvel acteur international, la Russie, en fait partie prenante du conflit depuis le début et principal soutien du régime syrien, s’est soudain propulsée sur le devant de la scène et s’est auto-proclamée parrain principal du dossier des négociations de paix en Syrie.

La mascarade des négociations:

La Russie a réussi à créer de toutes pièces les négociations d’Astana, qui se sont transformées en une “série” à épisodes multiples. Aujourd’hui, nous sommes au quatrième épisode de cette série, et la dernière nouveauté apparue c’est l’idée russe d’établir des zones « calmes », ou zones d’ « atténuation du conflit » et non pas des zones de sécurité comme proposé récemment par l’administration américaine. Malheureusement la proposition russe est minée par des ambigüités qui rendront son application sur le terrain très difficile, et qui laissent la porte ouverte à différentes interprétations, surtout en instituant l’Iran, Etat envahisseur de la Syrie, comme garant de l’accord de cessez-le-feu.

Le point commun entre le dossier palestinien et le dossier syrien c’est la politique de doubles standards appliquée par les parties qui parrainent les négociations. La discussion sur le retour d’Israël aux frontières de 1967 n’est pas finie à ce jour vu l’intransigeance israélienne persistante et le parti pris américain. Et à Astana, aujourd’hui, la délégation de l’opposition syrienne appelle au retrait des forces du régime syrien sur ses positions au 30 décembre 2016. Autrement dit, la délégation demande que les forces du régime se retirent vers les zones qui étaient sous son contrôle lors de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu orchestré par la Russie avec l’Iran et la Turquie, et qui a conduit aux quatre épisodes d’Astana. L’opposition est bien consciente des manoeuvres du régime syrien et de la Russie pour profiter de la trêve pour grignoter à nouveau des territoires libérés, comme cela s’est passé lors du dernier accord.

Pourquoi la Russie a-t-elle proposé des zones d’atténuation de conflit?

Il semble que la Russie a pris conscience d’un changement de ton récent du discours américain en vue de trouver une solution au conflit en Syrie, en parallèle avec ce que les Etats-Unis appellent la « lutte contre le terrorisme » en Syrie, et l’imposition de zones de sécurité pour les civils syriens pour les mettre à l’abri du conflit. Les États-Unis ayant commencé à mettre la pression sur le dossier, côtés politique et militaire, la Russie s’est soudainement agitée et pour tenter de reprendre la main, a appelé à atténuer le conflit et à mettre en place des zones “sécurisées”, alors même que les avions russes continuaient à bombarder les hôpitaux, les infrastructures et les équipements publics, ce qui a conduit à la mise hors service définitive de sept hôpitaux à Idlib quelques jours plus tôt.

Négociations minées:

La Russie et les pays de la région, l’Iran et la Turquie, principaux acteurs des combats militaires sur le terrain, sont aussi non seulement les commanditaires et les parrains de l’accord mais encore les garants de son application. Ce qui est ironique dans l’histoire c’est de considérer l’Iran comme un Etat garant du cessez-le-feu alors même que l’Iran envoie des milices sectaires iraniennes pour lutter contre le peuple syrien depuis le début de la révolution et persiste jusqu’à ce jour. C’est une grande farce que de demander à l’Iran d’envoyer des forces d’interposition entre les forces de l’opposition et celles du régime, alors que les forces iraniennes sont présentes sur le terrain syrien dans les rangs du régime. Un tel accord donne aux « forces d’interposition » iraniennes l’occasion de protéger ses propres lignes, avant de fonctionner comme des bombes à retardement dans les zones sous contrôle de l’opposition. De plus, l’Iran est un État voyou qui ne respecte ni les conventions internationales, ni ses promesses.

Le dossier des détenus syriens dans les prisons du régime mériterait à lui seul des négociations et une conférence spéciale pour le résoudre. Le régime syrien et les Russes continuent à l’utiliser comme moyen de pression sur l’opposition pour obtenir des concessions. En particulier, aujourd’hui à Astana 4, pour liguer les groupes armés de l’opposition les uns contre les autres dans le cadre d’une prétendue orchestration de la lutte « anti-terroriste »..

La Russie prétend vouloir parvenir à un cessez-le-feu complet en Syrie, pour ensuite passer au dossier politique et aux négociations réelles, après avoir préparé le terrain pour cela. En réalité, elle essaie d’imposer un cessez-le-feu propice à la survie du régime syrien et en même temps d’ affaiblir les forces de l’opposition pour jeter les bases de la division future du pays.

Depuis 2012, la communauté internationale a décrit la guerre syrienne comme étant «la tragédie du siècle», sans pour autant lui trouver une solution. Pire, alors que des atrocités abominables se reproduisent encore et encore, elle ne fait que répéter inlassablement sa condamnation des crimes commis. En conséquence la crise syrienne pourrait bien rester piégée encore longtemps, au bon vouloir de la Russie et au gré des feuilletons d’ASTANA.

SPC- Hazem al-Halabi

STOP Talking, TAKE Action : Get Assad, Russia & Iran OUT of Syria !

Chroniques de la Syrie

Only the Syrian people representatives were not invited to Lausanne’s Talk today, October the 15th, 2016. This is why several members of FSD went to Beau Rivage Palace in order to remind the journalists of the crimes committed in Syria, of the efforts during these last five years trying to find a solution and of the Syrian people demands today.

Assad Must Go Lausanne, 15.10.2016

                      Assad Must Go, Lausanne, 15.10.2016

Main crimes committed by the Assad regime against civilians in Syria :

  • 2011-2014 Use of snipers to shoot civilians in the uprising regions
  • 2011-2012 Shootings with war ammunition against the pacific demonstrations (in Homs city and countryside, Hama city and countryside, Idleb city and countryside, Damascus countryside, Aleppo city and countryside, Daraa, Deir-Ezzor)
  • Since 2011 Massive arbitrary detention, forced disappearances and torture to death
  • Since 2011 Kidnapping and collective raping
  • 2012-2013 Collective massacres in the hot regions by shelling, knifing, burning alive (in Baba-Amr, Karm al-Zeitoun, Al-Houla, Banias, Latamneh, Darayya, Jdaydeh-Aartouz, etc.)
  • Since 2012 Siege of all up-rised regions (Daraa, Baba-Amr, al-Houla, Homs, Darayya, Yarmouk, Mou’adamyeh, Madaya, Aleppo etc.)
  • Since 2011 Starvation of besieged regions (Daraa in 2011, Homs in 2012, Yarmouk in 2013, Darayya in 2013, Yarmouk in 2013, Mou’adamyeh in 2013, Madaya in 2013, Aleppo in 2016, etc.)
  • Since 2012 Shelling of Hospitals, Markets, Schools, Bakeries, Houses, etc.
  • Since 2012 Use of ballistic missiles
  • Since 2012 Aviation shelling (explosive barrels, cluster bombs, vacuum bombs, white phosphorus bombs, chemical weapons, etc)
  • Since 2012 Intervention of Shiite sectarian militias in Syria on the demand of Assad regime (Hezbollah, Iranian militias, Irakian militias, etc.)
  • Since 2015 Intervention of Russian military aviation, on the demand of Assad regime, with several kinds of conventional and non-conventional bomb shelling.
  • Since 2016 Shelling with anti-bunker bombs by the Russian aviation.
  • Since 2012 Forced displacement of Syrians in the besieged areas and forced demographic change
  • What’s next ? Nuclear bombs ?

Today Syrian forces, Russian forces and Iranian forces operate hand in hand to exterminate all civilian Syrian population suspected of sympathizing with the uprising. !!!

Putin Go Home, Lausanne 15.10.2016

Putin Go Home, Lausanne 15.10.2016

Assad is burning Aleppo, Lausanne 15.10.2016

Assad is burning Aleppo, Lausanne 15.10.2016

Attempts to « solve » the Syrian crisis :

Nov. 2011 : Arab League Peace Plan. Ceasefire broken by the Syrian regime. Failed.

Dec. 2011-Jan. 2012 : Arab League Observer Mission under Dabi’s supervision. Failed.

Jan.-Feb. 2012 :   First UN security council resolution proposal vetoed by China and Russia. Failed.

Feb.-Jun. 2012 : United Nations Peacekeeping Mission under Kofi Anan’s supervision. Failed.

Jun. 2012 :  Geneva meeting – Agreement on political transition. Failed.

Oct. 31st 2012 :  Brahimi’s ceasefire attempt, broken. Failed.

May-June 2013 :  Discussion on Geneva II. Postponed. Failed.

Sept. the 14th 2013 : Agreement between Lavrov and Kerry, on a procedure on chemical weapons control…Since this date, more than 135 chemical attacks committed by the Assad regime forces in different areas of Syria (according to SN4HR) have been reported. Failed.

Jan.-Feb. 2014: Geneva II negotiations under supervision of Brahimi. Failed.

Jan.-Jun. 2016: Geneva III peace talks with the supervision of De Mistura. Failed.

Oct. 2016: Fifth UN security council resolution proposal vetoed by Russia. Failed.

Veto the Veto, Lausanne 15.10.2016

               Veto the Veto, Lausanne 15.10.2016

Since March 2011, after committing crimes against Humanity, destroying the country, killing more than 400’000 people, mostly civilians, Assad, the worst assassin of recent times, is still called Mr. President by the international community.

SYRIAN PEOPLE WANT TO GET RID OF ASSAD NOW, TO BRING HIM TO COURT AND TO START A TRANSITION WITHOUT THIS CRIMINAL REGIME!!!

Evacuation forcée et changement démographique en Syrie

L’évacuation forcée des zones assiégées a commencé dès 2011, mais les Syriens pensaient que leur déplacement n’était que provisoire. Actuellement et avec l’importation des populations chiites iraniennes, irakiennes et libanaises en Syrie, il devient très clair que l’exode des Syriens fait partie d’une stratégie délibérée du régime syrien et de son principal allié, l’Iran. Le but est de changer le pourcentage des communautés en Syrie, et donc d’effectuer un changement démographique pour augmenter le pourcentage de la population chiite.

Rassemblement devant la Mission permanente de la Russie auprès de l'ONU, 07.10.2016

Rassemblement devant la Mission permanente de la Russie auprès de l’ONU, 07.10.2016

Voici une liste non-exhaustive dates liées à l’exode des Syriens:

– En 2011 les forces du régime ont poussé les habitants de plusieurs villages de Jisr-al-Choghour à fuir la mort vers la Turquie.
– En 2012 les forces du régime ont pénétré à Baba-Amr suite au siège et aux bombardements intensifs du quartier. Les habitants ont dû fuir pour échapper à la barbarie de ces forces. Bien sûr ils ont été traqués pendant et après leur exode.
– En 2013 les habitants de al-Qusseir ont vécu ce même exode suite au siège et aux bombardements massifs, les habitants ont été traqués de la même façon pendant leur exode. L’hôpital de Yabroud qui recevait les blessés a alors été bombardé. L’un des médecins qui a vécu l’exode à al-Qusseir a lancé un appel au secours au CICR qui est resté sans aucune réponse! Aujourd’hui, al-Qusseir héberge des familles chiites du Liban (en particulier les familles des combattants de Hezbollah).
– En 2014 Homs a vécu l’évacuation forcée suite à deux ans de siège, de faim imposée et de bombardements quotidiens . Cette fois l’évacuation s’est fait avec la bénédiction de l’ONU. La majorité des habitants ont été déplacés à al-Waer qui subissait déjà un début de siège!
– En 2016 Darayya, qui symbolise la révolte pacifique populaire, a été évacuée suite à 4 ans de siège, famine, bombardements… et ses habitants ont été déplacés vers d’autres régions des faubourgs de Damas déjà assiégées!
Bientôt on vivra l’évacuation d’al-Waer, de Mou’adamyeh, d’al-Zabadani, Douma, … et d’Alep-Est!

Le principale but est d’étouffer la révolution syrienne avec la bénédiction de l’ONU et la complicité de la Russie et de l’Iran!
L’ONU, sous contrôle des puissances mondiales, est donc complice dans l’évacuation forcée des Syriens!

Si l’ONU défend l’agresseur, la dictature et les Etats dominants, alors L’ONU n’a plus de rôle, son Conseil de Sécurité devrait être renommé « Conseil de Guerre », sa dissolution est alors la seule issue acceptable pour les peuples opprimés du monde!

Genève, ONU, 25.04.2014

Genève, ONU, 25.04.2014

La vérité sur la chute de Palmyre (3/4)

Le 20 mai 2015 Daech (Etat Islamique) s’empare de Palmyre, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, après le retrait de l’armée syrienne d’Assad, préparé une semaine plus tôt. Le convoi de Daech traverse le désert en toute tranquillité sans qu’il soit ciblé par l’aviation d’Assad ou de la coalition internationale. Le 30 mai, Daech fait exploser la prison de Palmyre qui recèle la triste mémoire de tortures sauvages et d’exécutions sommaires des prisonniers des années huitante. Bien plus tard, Daech commence à détruire certains sites archéologiques de Palmyre.
Récemment l’ancien procureur général de Palmyre, Mohamad Qassim Nasser, quitte la Syrie, fait défection et n’hésite pas à livrer des détails révélateurs relatifs à la relation entre Daech et le régime Assad et à l’implication du régime dans la chute de Palmyre.
Il est utile de rappeler ici que Palmyre a rejoint la révolution syrienne très rapidement et qu’elle a été l’un de ses bastions (voir Un oeil sur la Syrie, 21 mai 2015).
FSD publie ici une traduction de l’interview de M. Q. Nasser. Source : http://www.rp-syria.com/blog/archives/56010

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Ex-responsable syrien révèle des détails étonnants sur

la chute dePalmyre et la relation entre

Daech et le régime Assad

(3e partie 3/4)

 

Infiltrations et intermédiaires
« Quelle est la vérité concernant les informations affirmant que le régime libère les prisonniers pour les inciter à rejoindre Daech?» A cette question, le procureur général a répondu «ce que j’ai vu et que j’ai pu suivre par mon travail à la Cour de Palmyra, c’est que beaucoup d’hommes recherchés contre lesquels des mandats d’arrêt avaient été émis, pour des affaires pénales judiciaires de vol et de fraude, ont été arrêtés par la branche du service de renseignement du désert mais ensuite libérés pour rejoindre Raqua et et les régions de Daech, sans qu’ils soient traduits en justice. Avec le temps je me suis rendu compte que les services de renseignement les recrutaient, en particulier les criminels, pour leur servir d’agents à l’intérieur de Daech.  »
Quant à savoir s’il estimait que la Russie était au courant de la relation entre Daech et le régime Nasser a dit: «Pendant mon séjour à Palmyre j’ai eu la certitude que la Russie a été pleinement informée des détails de ce qui se passait, parce que des dizaines d’experts russes, étaient présents à l’aéroport militaire de Palmyre, en plus des experts iraniens, ils facilitaient le travail de l’armée du régime à l’aéroport de Palmyre, et dans d’autres régions. Ces experts allaient, sous la protection de Daech, dans les champs de pétrole et les installations de gaz, pour effectuer des réparations et des opérations de maintenance des installations qui étaient sous le contrôle de Daech. Ceci confirme que la Russie aide Daech à continuer de pomper le pétrole et le gaz en provenance de “ses” régions pour les acheminer vers les régions sous contrôle du régime. »

AssadPutinDaech - cadre
Il a poursuivi: «La relation est claire puisque les experts russes entrent sous la protection d’éléments de Daech dans les installations pétrolières dans les zones sous son(celui de Daech) contrôle, effectuent les réparations des installations avec des pièces de rechange livrées par la Russie, et retournent sous la protection de Daech vers les zones du régime, ce qui confirme que la Russie était un partenaire dans le soutien à Daech ». Ce sont les paroles du procureur général.
Nasser a évoqué un sujet qui n’a été abordé que rarement auparavant en disant « le régime est désireux d’établir des dossiers judiciaires et sécuritaires pour tous les accidents, les dommages et les dysfonctionnements qui survenaient dans les champs de pétrole et les installations pour plusieurs raisons. La plus importante de ces raisons est que le régime doit présenter des dossiers pour les compagnies d’assurance afin obtenir des compensations pour les pannes et les frais de réparation. Mais le régime visait également à réduire les vols, parce qu’il est connu que les services de renseignement, et tous ceux qui travaillent dans le secteur pétrolier en Syrie, essayent d’utiliser le détournement, le vol et la modification des spécifications des pièces, pour voler l’argent du peuple. Alors le régime procède à l’établissement de dossiers et enregistre les noms et les témoignages des travailleurs qui sont actifs dans la maintenance de ces terminaux pétroliers. Il enregistre également la valeur des dommages, et ensuite on m’envoyait ces dossiers à moi comme procureur général à Palmyre. Je transférais à mon tour ces dossiers au comité de sécurité, et je déposais plainte contre les auteurs des attaques contre les installations pétrolières, et je demandais aux autorités compétentes de procéder à leur arrestation et d’enquêter dans ces dossiers. « .
A la question « Qui payait les salaires des travailleurs dans le domaine pétrolier dans les régions de Daech? » le juge a répondu: « Tous les travailleurs dans les champs de pétrole sous le contrôle de Daech étaient des employés du ministère syrien du pétrole, qui travaillaient sous la protection des éléments de Daech, et ils touchaient leurs salaires, leurs indemnités et les primes du régime, et cela continue aujourd’hui encore, et je mets le ministère au défi de prouver le contraire « .
Concernant les noms d’intermédiaires connus dans les opérations commerciales entre le régime et «Daech», le procureur général a souligné «Toutes les opérations d’échange commercial et particulièrement de vente de pétrole, de gaz et de protection des installations pétrolières, se faisaient via des courtiers et des intermédiaires dans la région de Palmyra et son désert. Ces derniers peuvent communiquer entre les deux parties, et garantissent des profits pour les deux parties. Les plus importants de ces intermédiaires sont Faisal Qatran, Cheikh dans la ville d’Al-Sokhna, Cheikh Mahmoud Hamoudi, un entrepreneur et homme d’affaires de Palmyre, c’est un ami personnel et partenaire de l’actuel ministre du Pétrole Sulaiman Abbas. Il y a aussi Mounir Zoubi, un entrepreneur de Palmyre, et Jamil Karkutli un entrepreneur dans le domaine du pétrole de Deir Ezzor (à l’est). Ces courtiers et intermédiaires étaient en contact avec des éléments de Daech, car ils sont de la région. Ils avaient des contacts avec des éléments de l’intérieur de l’organisation, ils les recrutaient et leur payaient des salaires D’autre part ils avaient des liens avec le chef du renseignement militaire à Palmyre, avec le palais présidentiel, et avec les hommes d’affaires les plus influents. Parmi ces derniers on mentionne George Hassoani, qui supervise les intermédiaires, un homme d’affaires syrien et russe, qui leur fournit les liquidités pour les transmettre à Daech « .
A propos de Muhanna Hassan, dont le nom a été récemment rapporté dans les médias, Nasser a expliqué, «il est un homme d’affaires d’Al-Sokhna, un marchand de céréales de longue date dans la région orientale de la Syrie. Il m’a assuré qu’en 2013 et 2014 il avait acheté l’ensemble de la récolte de blé et d’orge cultivés dans les zones de Daech en Syrie et en Irak, pour le régime, et il a transféré des milliers de tonnes de blé et d’orge des zones de Daech aux zones du régime, il a aussi effectué le transfert de dizaines de millions de dollars du régime, comme rétribution pour de ces livraisons ».

Expansion chiite iranienne
Dans un autre contexte, le juge a donné des informations sur la façon de saisir les territoires sunnites en Syrie, par des chiites et par l’Iran. Il a dit «Avant ma nomination à Palmyre, j’étais juge de paix à Darya et à Moadamyieh (deux villes à proximité de Damas qui sont actuellement contrôlées par l’opposition). A travers mon travail à Darya, je fus témoin du massacre de Darya commis par le régime contre des centaines de civils opposants non armés (Août 2012), et après la destruction de Darya, le meurtre de ses habitants, et le déplacement de centaines de milliers de résidents de Darya et Moadamyieh, les chiites et les Iraniens ont commencé à initier des procès dans les tribunaux des régions de Darya et de Moadamyieh, et dans une grande partie de la campagne de Damas, qui sont parmi les régions chaudes, pour faire confirmer la vente de terrains dans ces deux villes. ».
Il a poursuivi en disant: «Les chiites disaient qu’ils avaient acheté les terres des propriétaires qui ont fui leurs terres, ou sont morts en détention, les propriétaires fonciers n’étaient pas présents. Ceux qui revendiquaient la terre initiaient les procès en l’absence des vrais propriétaires et apportaient de fausses procurations obtenues par un notaire de Damas , ou de la banlieue de Damas, ils apportaient des contrats de vente fictifs, et ils venaient nous voir en disant que la propriété a été achetée à ses habitants avant qu’ils ne la quittent ou avant d’être arrêtés ou tués. »
Il a poursuivi: « Au début, en tant que juges, nous répondions à ces demandes en disant que la notification était non valable, vu que le propriétaire d’origine n’était pas présent. Ensuite Bachar Assad a promulgué une loi facilitant, aux Iraniens et à leurs partisans, le vol et le pillage du territoire syrien, c’ est la loi n° 25 de 2013, qui permet, dans les régions chaudes, la notification à la partie attaquée en justice (le propriétaire en l’occurence) par publication dans les journaux, en cas d’absence devant le tribunal. Assad a donc permis aux Iraniens de forcer le jugement en leur faveur, dans le cadre de ces procès. Cette loi est honteuse et elle a suscité la surprise et la consternation de tous les travailleurs de la communauté juridique. »

IranRussieAssad

Lire aussi:

La vérité sur la chute de Palmyre (2/4)

La vérité sur la chute de Palmyre (1/4)

Homs ! Héroïne de la révolution syrienne

Chronique de la Syrie

Depuis plus de deux ans, Homs, qui résistait au siège, aux bombardements, à la faim et au manque atroce de soins médicaux, est devenue le symbole de tout un peuple en révolte.

Aujourd’hui, l’évacuation des révolutionnaires de Homs assiégée, suite à l’accord signé entre ces derniers et le régime, supervisé par l’ONU, avec la présence de l’Iran et de la Russie, signifie la fin du siège et la mainmise du régime sur le centre de Homs et des quartiers adjacents. La présence de l’Iran et de la Russie dans ces pourparlers montre toutefois que cette résistance des Homsis, avec leurs moyens très modestes, face à l’armée d’un « Etat » , qui a duré plus de deux ans, était de taille pour le régime. En effet, ce dernier n’a jamais pu mettre fin au siège militairement et il a dû finalement accepter de laisser sortir les révolutionnaires armés, ainsi que les blessés.

Homs centre des protestations

Homs, centre des protestations

Depuis le début du cessez-le-feu à Homs le 1er mai 2014, les Homsis vivent dans un calme apparent, lourd, étouffant, oppressant… Eux qui n’en pouvaient plus de l’ambiance de guerre et du bruit insoutenable des raids aériens, des scuds, des mortiers et des tirs de mitraillettes, se retrouvent soudainement écrasés par ce calme tant attendu, mais qui signifie pour eux la fin provisoire de la légende de Homs, ville symbole de la résistance absolue. Ils ont l’impression d’avoir momentanément perdu leur ville, cédée au régime soutenu par l’Iran et la Russie. Et ce sentiment est d’autant plus pénible que le régime et ses alliés tentent de mettre en place un changement démographique en important des chiites étrangers pour repeupler les quartiers de Homs.

Aujourd’hui, les Homsis sont tristes. Où qu’ils soient ils ont les larmes aux yeux et cette souffrance est encore plus dure pour ceux qui n’ont jamais quitté la Homs assiégée. C’est pourquoi nous avons choisi de traduire deux postes publiés sur la page facebook de Wiam Bedirxan Simav, une caméra-woman de Homs assiégée :

« Depuis le matin je me fragmente sur les pierres des rues et des quartiers de Homs…

Je ramasse les larmes de mon objectif, qui était devenu mes yeux, en la peignant comme un enfant qui a vieilli trop tôt.

La batterie est épuisée mais la douleur n’a pas pris fin.

La braise de l’attente n’a pas pris fin.

La peur, les incertitudes, le regard tourné vers le début d’un chemin inconnu jusqu’à cet instant.

Personne ne sait vers quel destin on se dirige, ni quand.

Les interrogations nous dévorent et ne laissent rien de ce qui restait de nous… Rien ! »

De Homs assiégée, mortifiée par les braises de l’attente de l’univers et par sa lâcheté amère, le 5 mai 2014.

« Adieu mes chers, adieu à vos âmes.

Pardonnez-nous Martyrs de Homs.

Nous n’avons pas le droit d’emporter des anges avec nous.

Que vos os puissent nous pardonner lorsque les chiens du régime ouvriront vos tombes »

De Homs assiégée, marquée par les adieux de l’univers et les fouets de la lâcheté amère de cet univers, le 6 mai 2014.

FSD