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Un an après les crimes de masse en Syrie avec les armes chimiques le criminel est encore appelé « Monsieur Le Président » et le crime se poursuit !

Mémoire de la Révolution

Un an après les massacres avec les armes chimiques à al-Gouta (Damas), nous re-publions l’article de FSD de septembre 2013.

Un an déjà et le crime continue!

Un an déjà et le crime continue!

Soyons du bon côté de l’histoire

Vous êtes nombreux à manifester en masse à tous les coins de rues à travers le monde depuis l’annonce d’une possible intervention internationale en Syrie, et quand je vous y vois tous, j’ai envie de hurler…!
Où étiez-vous quand le régime syrien torturait des enfants de 10 ans, pour finir par renvoyer leurs corps en morceaux à leurs parents ? Où étiez-vous quand il a répondu aux manifestations pacifiques et aux demandes de réformes à coups de snipers et de tanks ?
Où étiez-vous quand il a commencé à bombarder volontairement les zones civiles ? Et au lancement du premier missile balistique, d’une puissance telle qu’il a réduit à néant tout un bloc d’immeubles? Avez-vous réagi aux massacres à l’arme blanche, quand les milices du régime exterminaient la population d’un quartier entier, massacres qu’on pourrait qualifier de nettoyages ethniques ?
Et où étiez-vous quand, le 21 août 2013, le régime Assad a gazé la population d’Al Ghouta, lançant une trentaine de missiles, faisant plus de 1500 morts et 10’000 blessés dont plus d’un tiers d’enfants ?

J’étais, moi, dans les rues à dénoncer le régime syrien et l’indifférence de la communauté internationale et je peux vous assurer les syriens s’y trouvaient seuls. Quel droit avez-vous dès lors de protester contre une intervention en Syrie ? N’y avait-il pas déjà une « guerre » en Syrie ? Il fallait vous insurger avant!

On ne veut pas voir d’intervention internationale en Syrie, alors que l’Iran et le Hezbollah y ont mis les pieds depuis des lustres, travaillant main dans la main avec le régime. On critique l’impérialisme américain mais quand il s’agit de l’armement du régime syrien par les russes, on ne pipe mot. De fait, la réponse internationale a été longtemps attendue, en vain.

Une intervention aurait été, à l’époque, très facile à mettre en place, et déjà légitime. Dès le début du soulèvement la réponse du régime aux demandes du peuple a été plus que démesurée. On ne tire pas à balle réelle sur des manifestants, on ne sort pas les tanks. Se débarrasser du régime aurait été à la fois facile et justifié. Quelques mois plus tard, on aurait eu besoin de couloirs humanitaires et d’une zone d’exclusion aérienne. Il aurait fallu armer les rebelles (alias: des déserteurs et des civils) afin qu’ils puissent se défendre contre le régime à armes égales. Cela aurait probablement suffi à mettre fin au bain de sang. Mais ça n’était pas dans les intérêts des Etats-Unis. Ils soutenaient, et soutiennent encore, les intérêts d’Israël, qui eux correspondent a un affaiblissement de la Syrie. C’est à dire ni opposition ni régime, mais bien le conflit. En étudiant les arrivées d’armes a l’opposition, on découvre qu’elles ne se font qu’au compte-goutte, et dépendent de l’évolution de la situation sur le terrain, sans doute pour garder un équilibre vital au prolongement du conflit. (Beaucoup des armes promises et tant attendues ne sont du reste jamais arrivées).

Puis, presque deux ans après le début du conflit, les brigades islamistes ont débarqué, officiellement affiliées a Al-Qaïda. La communauté internationale les a alors utilisées comme excuse pour ne plus intervenir dans les affaires syriennes de peur d’armer les « mauvais rebelles ». Il a ensuite été prouvé que ces milices étaient en fait financées par le régime syrien. Pour en revenir à la-dite intervention à venir, sachez qui ni l’ONU ni les Etats-Unis n’interviendraient s’ils avaient le choix. Personne n’a d’intérêt aujourd’hui à une intervention importante en Syrie, sinon elle aurait déjà eu lieu et le conflit aurait pris fin. La vérité c’est qu’ils ne l’ont pas, ce choix. Parce que, s’ils n’interviennent pas maintenant, alors les conventions de Genève et le Protocole de Genève interdisant l’usage des armes chimiques ne sont que des mots vides de sens auxquels les gouvernements n’ont aucune obligation de se tenir.

Mais ne vous méprenez pas, ces frappes aériennes ne sont pas faites pour aider l’opposition, elles ne changeront en rien le rapport de force actuel. Elles ont pour unique but de punir le vilain garçon qui a poussé le bouchon (la ligne rouge en l’occurrence) trop loin. C’est la raison pour laquelle la liste des cibles avait été communiquée, pour éviter un risque de réponse sur Israël, risque que personne n’oserait prendre. Risque d’ailleurs bien réel puisque le Hezbollah a annoncé en retirant ses troupes que si les frappes modifiaient un tant soit peu l’équilibre de la situation, ils déclareraient la guerre à Israël. On remarquera aussi que le massacre en question a eu lieu il y a déjà deux semaines, et que les acteurs comme l’Angleterre se retirent peu à peu. Alors que les frappes se font attendre la probabilité d’une intervention diminue chaque jour.

Dormez donc sur vos deux oreilles, il n’y aura pas plus de guerre en Syrie qu’il n’y en a déjà, éventuellement quelques frappes sanguinaires de plus. Mais s’il y a une chose dont vous pouvez être sûrs, c’est que, quoi qu’il arrive, la seule victime de l’histoire sera le peuple syrien, et que c’est bien le seul qui n’y a pas son mot à dire.

Leila
Membre de FemmeS pour la Démocratie

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Solidarité avec Paolo et tous les disparus victimes du régime syrien et de Daech

Intervention de FSD lors du rassemblement de solidarité avec Paolo Dall’Oglio et tous les détenus en Syrie, à Lausanne, le 07.08.2014

Lausanne, le 07.08.2014

Lausanne, le 07.08.2014

« Bonjour à tous,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour exprimer notre solidarité avec le Père Paolo Dall’Oglio mais aussi notre solidarité avec tous les disparus et détenus en Syrie…

Paolo, ce père jésuite amoureux non pas seulement de la Syrie mais aussi de son peuple.

Paolo l’Homme, qui ne pouvait que soutenir les opprimés dans le monde tout entier.

Paolo l’Homme qui ne pouvait faire autrement que prendre parti pour la révolution syrienne, ceci dès le début.

Il a été rappelé à l’ordre par le régime syrien, alors il a fait une déclaration à Noël 2011:

« On me demande de me taire ou bien de quitter la Syrie, alors je préfère y rester et me taire que de vivre en exil. ».

Paolo l’Homme n’a finalement pas pu taire les crimes du régime syrien.

Il n’a pas pu taire l’injustice que subit le peuple syrien,.

Il a donc rompu son silence et il a dû subir l’exil…!

Bien qu’il soit italien d’origine Paolo se sentait syrien dans l’âme.

En juin 2012, il a été expulsé de Syrie. Il a déclaré ce jour là:

« A l’occasion de mon départ du pays pour un exil douloureux – Dieu sait que j’aurais préféré être enterré avec les martyrs de la liberté où alors descendre dans l’enfer de la détention… »

En exil, il est devenu la voix du peuple syrien en Europe.

Il s’est engagé aussi pour la future justice et la réconciliation en Syrie.

En mars 2013, il a décidé de se rendre en Syrie. Il voulait y faire un pèlerinage sur les lieux des massacres.

Lui, Chrétien, voulait être proche de ces Musulmans qui subissent la violence sectaire du régime syrien…

comme pour représenter tous les Chrétiens du monde… et dire Nous sommes avec vous !

Peu avant son départ, il a fait ce rêve…

Il était en présence de Dieu après sa mort… et il disait au Seigneur :

«  Mon Seigneur, je ne veux pas être aux paradis… Je vous prie de me mettre en enfer, pour être proche de la souffrance de ceux qui vivent l’enfer des centres de détention, de ceux qui subissent les massacres en Syrie, de ceux qui perdent les leurs, de ceux qui fuient la terreur en Syrie ».

En Juillet 2013 il s’est rendu à al-Raqa dans le nord, en médiateur.

Il s’est rendu au QG de Daech.

Daech, branche d’al-Qaida crée par le régime syrien pour défigurer la révolution.

Daech qui est combattu par les Syriens de la révolution.

Il voulait intervenir pour obtenir la libération de certains kidnappés !

Il n’est jamais rentré de son rendez-vous!

Daech utilise Enlèvement, torture, et massacres, … tout comme Assad le fait

Daech persécute les activistes, les médecins et les journalistes, … tout comme Assad le fait

Daech terrorise la population, … tout comme Assad le fait

Je vous invite aujourd’hui à avoir une pensée pour tous les kidnappés et les détenus en Syrie.

Une pensée pour Paolo, mais aussi pour :

Firas, Samar , Abdel-Wahab, Razan, , Samira … et tous les autres

Une pensée pour les 80 enfants kurdes enlevés par Daech

Une pensée pour tous les détenus et disparus dans les centres de détention syriens.

Quelle que soit notre souffrance, gardons une voix forte pour rappeler les valeurs universelles que sont :

la justice, la liberté et la dignité… Ces droits humains de toutes les populations…

A bas la dictature, à bas Bachar!

A bas l’extrémisme, à bas Daech!

Vive la liberté, vive la Syrie.

FSD

Le 13 juillet, il y a deux et trois ans

Mémoire de la Révolution

Il y a tout juste trois ans, le mercredi 13 juillet 2011, une manifestation a été organisée à Damas, et annoncée la veille par des artistes et des intellectuels. Cette manifestation a rassemblé 300 personnes mais elle a vite été dispersée par les services de renseignement et plusieurs manifestants ont été arrêtés. L’appel à cette manifestation, qui a été publié mardi 12 juillet, rappelait les revendications suivantes : la cessation de la violence contre les manifestants pacifiques, le jugement de tous ceux qui ont commis des crimes contre le peuple syrien, la libération de tous les détenus d’opinion, l’unification des différents groupes de l’opposition syrienne, la permission aux différents média arabes et internationaux d’entrer en Syrie et de rapporter en toute liberté les évènements.
Source en arabe.

20110713-Artistes-Inello-Damas

Il y a tout juste deux ans, le 13 juillet 2012, un massacre a été commis contre la population de al-Tremseh (Hama). Suite aux bombardements intensifs de cette localité, les forces du régime et ses milices l’ont ensuite envahie et ont commis des massacres à l’arme blanche et des exécutions sommaires. Trois cents victimes sont tombées ce jour là à al-Tremseh, dont de nombreux enfants, et plusieurs centaines de civils ont été blessés. Les observateurs présents sur le territoire syrien ont été empêchés d’y accéder et les convois d’aide humanitaire ont été ciblés par le régime. Kofi Annan a dénoncé l’utilisation des armes lourdes et la violence utilisée par les forces du régime qui avait accepté le plan de paix proposé par Annan.
Sources en arabe

Massacre d'al-Tremseh, Hama

Massacre d’al-Tremseh, Hama

Kofi Annan était le premier émissaire de l’ONU (février à août 2012), qui a dû démissionner en constatant l’échec de son plan suite au non-respect par le régime syrien des engagements pris dans le cadre du plan de paix proposé par Annan. Lakhdar Brahimi a pris le relai (août 2012- mai 2014) et il a également dû démissionner suite à l’ échec de la Conférence de paix de Genève 2, suite à l’absence de volonté de la part du régime Assad de s’ acheminer vers un changement politique.
Aujourd’hui un nouvel émissaire vient d’être nommé, il s’agit de l’Italien Staffan de Mistura et chacun sait que sa mission est impossible. Combien de syriens seront morts avant qu’il ne se trouve forcé à son tour à annoncer son échec déjà prévisible ?!!! Un nouveau permis de tuer vient à nouveau d’être accordé à Assad.

FSD

 

Terrorisme d’Etat toléré en Syrie?

Chronique de la Syrie

Les barils explosifs d’Assad continuent à tomber sur Alep mais aussi dans d’autres régions de Syrie. Et pourtant le silence continue à régner autour des crimes d’Assad. On se demande toujours pourquoi ?!

La nuit du 17 au 18 juin, alors que les déplacés syriens du camps d’Ash-Shajarah dormaient, les forces d’Assad ont lancé deux barils sur ce camp qui accueille trois cents familles de déplacés syriens qui ont fui la région de Daraa et qui sont en majorité des enfants, femmes et vieillards. Ces barils ont tué et blessé des dizaines de civils dont beaucoup d’enfants qui attendaient de pouvoir rejoindre la Jordanie pour se mettre à l’abri. Comment appelle-t-on un tel acte barbare mené par l’Etat qui est censé protéger sa population ? N’est-ce pas du terrorisme? Et le régime syrien n’est-il pas alors un Etat terroriste ?

Après le bombardement du camp Ash-Shajara

Après le bombardement du camp Ash-Shajara

La ville d’Ash-Shajarah se trouve par ailleurs dans un triangle territorial entre les frontières syriennes, jordaniennes et le Golan occupé par Israël. Une interdiction de survol de ce triangle est convenue entre Israël et la Syrie par mesure de sécurité. Or cette nuit là les hélicoptères d’Assad ont survolé cette région sans être ni repérés ni attaqués par Israël, Israël serait-il complice? de terrorisme sur des réfugiés? !

Actuellement, les medias occidentaux parlent de terrorisme en évoquant les extrémistes islamistes de l’Etat Islamique de l’Irak et du Levant (EIIL); mais personne ne parle du terrorisme d’Etat en Syrie ! Est-ce que par définition le terrorisme serait tout acte qui pourrait menacer les intérêts occidentaux et leurs alliés (dont Israël) exclusivement ? Est-ce que la définition du terroriste implique qu’il soit islamiste ?

Depuis trois ans le régime syrien détruit son propre pays, bombarde les civils par toute sorte de bombes y compris, et aujourd’hui encore, chimiques, autorise le pillage contre une seule communauté, autorise le viol des femmes, massacre les civils et chasse les citoyens du pays pour en importer d’autres afin d’introduire un changement démographique, affame sa population et utilise les moyens les plus effroyables pour torturer les détenus d’opinion, les travailleurs humanitaires et le personnel médical en détention!

Toutes ces exactions qui ont fait l’objet de dizaines de rapports des organisations des droits de l’homme et qui constituent les crimes de masse les plus importants depuis la 2e guerre mondiale, n’ont suscité aucune action sérieuse de la communauté internationale pour mettre fin à la barbarie de l’Etat syrien.

Aujourd’hui, on entend Obama annoncer être prêt à intervenir en Irak pour stopper le terrorisme des islamistes de l’EIIL. Dans ce cas ci, il n’ y a plus aucun besoin d’une décision du conseil de sécurité, ni semble-t-il de consultation du Congrès américain, comme c’était le cas pour une éventuelle action pour protéger le peuple syrien !

Les USA sont prêts à intervenir pour sauver un dictateur pourri mais refusent de le faire, même un petit peu, pour sauver tout un peuple pris en otage par un malade fou furieux qui prétend ramener l’ordre dans son pays en assassinant femmes, enfants et vieillards dans les camps de réfugiés!

FSD

 

Le 25 mai, il y a deux ans et trois ans

Mémoire de la Révolution

Il y a tout juste trois ans, le 25 mai 2011, le corps mutilé de Hamza Al Khatib, 12 ans, a été rendu à ses parents.

Il y a tout juste deux ans, le 25 mai 2012, des dizaines d’enfants ont été égorgés à Al-Houlah à Homs, les mains attachées.

Les enfants syriens continuent à être la cible du régime Assad dans le silence assourdissant de la communauté internationale, grâce aux délais successifs accordés à ce régime pour continuer ses massacres!!!

Aujourd’hui plus de 12’000 enfants sont morts en Syrie depuis le début de la révolution, 9’000 sont en détention et risquent de subir le même sort que Hamza al-Khatib !

Hamza-2

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Il y a tout juste deux ans, le 25 mai 2012:

Nous avons choisi de redonner ici le témoignage de l’activiste Hadi Abdullah sur Al-Jazeera du 25 mai 2012 (en anglais). Hadi racontait son désarroi devant l’inertie des observateurs de l’ONU sous la direction de Kofi Annan pendant que les massacres se déroulaient à al-Houla. Nous rappelons ici que des familles entières ont trouvé la mort ce jour là de la façon la plus barbare (bilan : 130 morts dont 49 enfants). Vous trouverez également ici l’article paru dans Le Monde le 30 mai 2012 avec des témoignages des enfants rescapés:

Témoignage de Hadi Abdullah:

“Three massacres were committed in Hawla City, and more are being committed now 76 martyrs are confirmed in Hawla alone, and more than 300 wounded.
Hawla city has been under shelling for more than 12 hours.

Shooting started at a demonstration with bullets and artillery, and the shelling has not stopped for more than 12 hours.
Hundreds of missiles hit the civilian homes, causing hundreds of them to burn.

Assad thugs (Shabeeha) supported by the security gangs attacked the houses located at the edges of Hawla city, and committed field execution against the civilians, they slaughtered them with knives… most of the killed are children.

I called up to the UN monitors and begged them to come to Hawla , they promised to come tomorrow morning.
I asked the UN monitors to stop the shelling for only half an hour.

The UN monitors are sleeping now, while the massacres are being committed.

We used to count the number of martyrs, but now, we are counting the number of families slaughtered.
The whole world helps in killing the Syrians, not just the Syrian regime.

We have many martyrs and wounded that we could not reach because of the continuous shelling and the cut-off of electricity.

We are still discovering more massacres in the city.
The Syrian regime is now killing under the nose of the whole world and in the name of the UN monitors.”

The Source:

https://www.youtube.com/watch?v=qUGbdaZi8O0&feature=youtu.be

Le 21 avril, il y a un an

Mémoire de la Révolution

Il y a tout juste un an, le 21 avril 2013, a eu lieu le massacre de plus de 400 civils à Jdaydeh-Artouz, aux environs de Damas. Un an après, rien n’a changé, sauf peut-être l’utilisation par le régime des armes chimiques et de la famine comme arme de répression. Ni le régime ni la communauté internationale n’ont changé d’attitude… Les peuples du monde restent tout aussi silencieux!!!

Nous avons choisi de republier un article qui a été publié il y a un an à cette occasion dans Le Temps et repris par le blog Un Oeil sur la Syrie.

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Le 21 avril 2013, le régime syrien a commis un nouveau massacre à Jdaydeh-Artouz, au sud-ouest de Damas. Des centaines de civils ont ainsi trouvé la mort de la façon la plus barbare, certains tués à l’arme blanche, à la hache ou exécutés par balle, d’autres brûlés vifs. Ce jour-là, des familles entières ont été exterminées: femmes, enfants et vieillards en majorité. Ce massacre a été perpétré, comme tous les massacres précédents, après que leur village eut été assiégé et bombardé par l’armée du régime, la garde républicaine, les forces de « sécurité » et les chabiha (milices armées du régime).

A ce jour, nous n’avons pourtant vu que quelques articles dans la presse occidentale, relatant que 80 personnes avaient été tuées dans ce village, alors même que, sur les pages des réseaux sociaux, les hommes du régime se vantent d’en avoir tué 400 ! De leur côté, les comités locaux de coordination ont annoncé 566 martyrs en Syrie ce jour-là, dont 483 morts dans Damas et ses environs, la majorité à Jdaydeh-Artouz.

Sur Facebook, les Syriens expriment leur amertume et leur incompréhension. Ils ont l’impression que la communauté internationale, par son silence assourdissant, leur fait payer un prix extrêmement élevé en vies humaines leurs revendications en termes de droits humains ; et que cette communauté internationale vient ensuite leur proposer de l’aide humanitaire, distribuée au compte-gouttes, par l’intermédiaire et au bon vouloir du tueur, le régime lui-même (via le CICR).

Le massacre du 21 avril fait suite et n’est que la conséquence de la réunion des « amis » de la Syrie, qui a eu lieu à Istanbul la veille et qui a renouvelé son assurance au régime syrien qu’aucune action ne serait entreprise contre lui.

Durant cette réunion, les Américains ont offert au conseil militaire de l’Armée syrienne libre (ASL) une aide militaire non létale, alors que l’ASL doit faire face aux missiles balistiques et à toutes sortes de bombes interdites (à sous-munitions, à clous, à tête chimique et autres « vacuum weapons »). Cette aide lui sera certainement utile pour autant que le peuple et l’ASL parviennent à rester en vie malgré toutes les tentatives d’extermination massive.

Sur les pages syriennes des réseaux sociaux, nous voyons apparaître des pancartes de la rue syrienne qui disent: « Aujourd’hui, il n’y a eu que 300 personnes tuées par le régime, mais sans armes chimiques, alors, SVP, il n’y a pas de quoi déranger la communauté internationale ». D’autres pages publient une caricature de l’aide internationale, symbolisée par une paire de chaussures offerte à l’opposition, personnifiée par un cul-de-jatte! L’aide humanitaire supplémentaire offerte par les Etats-Unis, le 20 avril 2013, s’élève à environ 25 millions de dollars, ce qui représente un versement unique de 5 dollars par personne, et ce au regard de 1 million de réfugiés dans les pays voisins et de 4 millions de déplacés internes. Quelle farce !

Trois morts à Boston ont mobilisé toute l’attention des médias occidentaux et suscité une multitude de minutes de silence. Des centaines de morts en Syrie en un jour, massacrés sauvagement, n’ont même pas fait l’objet d’une annonce correcte, et aucune manifestation populaire n’est venue condamner ces crimes.

Le silence des médias et des gouvernements rend l’Occident complice des crimes contre l’humanité en Syrie, honte à eux.

Aujourd’hui, une catastrophe humanitaire sans précédent est provoquée par un régime mafieux et criminel – qui, depuis quarante ans, confisque la moitié du PIB syrien – prêt à détruire la Syrie et exterminer une bonne partie de la population pour rester au pouvoir. Ceci avec l’aide et le renfort de la Russie, de l’Iran, de Hezbollah, et la complicité tacite de ceux qui sont en position d’agir et de condamner.

L’ONU et le Conseil de sécurité ont failli à leur devoir de protéger les civils en Syrie et sont ainsi devenus complices de crimes contre l’humanité. Les Etats-Unis sont quant à eux davantage intéressés au pétrole du Golan – ils ont signé un contrat avec Israël en février de cette année – qu’à la protection des civils syriens. Ainsi refusent-ils d’utiliser les missiles patriotes pour protéger les civils du nord de la Syrie.

La population syrienne n’a ni protection directe, ni couloir humanitaire pour se sauver si nécessaire, ni zone sécurisée, ni aide militaire pour pouvoir se protéger. Au contraire, un embargo d’armes a été imposé à l’ASL alors que les armes affluent toujours de la Russie et de l’Iran à destination du régime.

Aujourd’hui, en Syrie, patrie du premier alphabet, il n’y a pas que les humains qui sont en danger, mais la mémoire de l’humanité tout entière, car les sites historiques sont bombardés et pillés. André Parrot, archéologue et ancien directeur du Louvre, disait: « Chaque homme a deux patries: la sienne et la Syrie ». Citoyennes et citoyens du monde entier, ne laissez pas Assad détruire votre deuxième patrie, ne le laissez pas vous priver de votre mémoire commune… Descendez dans les rues et exigez de vos gouvernements qu’ils agissent vite pour sauver la Syrie !

 

Réveillon spécial pour les Syriens…

Chronique de la Syrie

Réveillon spécial pour les Syriens… avec bombes, balles, scuds et mortiers du régime

Alors que le monde entier fêtait le réveillon avec des feux d’artifices, les Syriens ont eu droit à un réveillon d’une extrême violence. Pendant toute la nuit des obus de mortiers sont tombés aléatoirement sur Homs, et un scud a été lancé sur al-Waer, le quartier des déplacés. Dans plusieurs régions en Syrie, les forces du régime ont enchaîné des tirs en continu juste pour semer la terreur parmi les civils.

Image de Basma Souria

Image de Basma Souris

L’année 2013 aura apporté aux Syriens plus de morts, plus de terreur, plus d’arrestations, plus de famine, plus de destructions et surtout plus de lâcheté et de fourberie de la part de la communauté internationale… En 2013, le nombre de morts et celui de déplacés internes a triplé, le nombre de réfugiés a quintuplé… Pendant cette année les Syriens ont aussi vu une nouvelle forme de mort apparaître, la mort par famine suite aux sièges imposés par le régime dans certaines régions.

 La fin de l’année aura été particulièrement sanglante, exemples :

  • Les massacres de civils à al-Nabek et Yabroud autour de l’autoroute Homs-Damas depuis le 8 décembre. Ces massacres, perpétrés par les forces du régime et ses alliés, ont passé sous silence parce que «justifiés» par la sécurisation du transport des armes chimiques… Les enfants de al-Nabek étaient-ils dangereux pour ce transport ?! On laisse tuer des civils syriens sur la route de passage de ces armes chimiques pour éviter qu’Assad ne tue les civils en Syrie avec ces mêmes armes… qu’on nous explique!
  • Les barils explosifs qui tombent sur 39 quartiers d’Alep depuis le 15 décembre provoquant plus de 600 morts parmi les civils (sans compter ceux dont les corps sont restés sous les décombres), plus de 2’000 blessés, 300 bâtiments résidentiels détruits. Les marchés et les sorties d’écoles sont particulièrement ciblés alors qu’Assad justifie cette opération par la lutte contre les terroristes ! Vraiment ? Comment peut-on alors expliquer que les régions sous contrôle de l’Etat d’Irak et du Levant (EIIL), terroristes présumés, sont les seules régions épargnées ? Les habitants d’Alep prient aujourd’hui pour que le temps soit pluvieux et tempétueux pour avoir un peu de répit.
  • La famine imposée par le régime syrien a emporté plus de 25 personnes du camp palestinien al-Yarmouk aux environs de Damas, ceci depuis début novembre dernier… Une mort lente qui suit un état de famine qui n’est rien d’autre qu’une méthode de torture collective.   
  • Les médecins continuent à être ciblés en Syrie, par le régime et par le groupe de djihadistes qu’il a lui-même créé, l’ EIIL, leur crime: apporter des soins aux blessés !!! Un chirurgien anglais, A. Khan, 32 ans, a trouvé la mort dans les prisons du régime après une année de détention et de tortures, à cause du travail humanitaire qu’il a voulu offrir aux blessés syriens, le gouvernement anglais s’en est à peine offusqué. L’EIIL fait de même, en arrêtant les médecins qui subissent les mêmes tortures, conduisant le plus souvent à la mort, comme cela a été le cas pour le jeune médecin d’ Alep, Houssein Suleiman, 28 ans, dont le corps mutilé vient d’être rendu à sa famille.  

 Il est évident qu’Assad a reçu des assurances et une nouvelle légitimité de la communauté internationale depuis qu’il est devenu le partenaire officiel de l’ONU pour la destruction des armes chimiques, mais aussi pour l’aide humanitaire à tous les Syriens. Ces assurances, renforcées par les préparatifs de Genève II, expliquent le silence de la communauté internationale face aux crimes contre l’humanité en Syrie et en particulier celui de la Grande Bretagne pour l’assassinat du Dr A. Khan. Mais cela ne les légitime pas, la communauté internationale et l’ONU sont aujourd’hui complices de crimes contre l’humanité en Syrie.

 Y-a-t-il de l’espoir pour que la souffrance du peuple syrien s’arrête et qu’il obtienne justice suite à la conférence de Genève II ? Sûrement pas! Peut-être que certaines puissances arriveront à y satisfaire leurs intérêts régionaux, mais en tout cas pas le peuple syrien, en fait ses intérêts à lui ne sont même pas à l’agenda.

Cette injustice qui se perpétue depuis trois ans aura immanquablement des conséquences néfastes dans le monde entier si rien n’est fait aujourd’hui pour y mettre un terme immédiatement.

 FSD, 02.01.2014

Funérailles des droits humains en Syrie

La journée du 10.12.2013 n’aura pas seulement été la journée internationale des droits de l’homme et celle des funérailles de Mandela, mais aussi celle des funérailles des droits humains en Syrie et bien au-delà.

Ce 10.12.2013, nous avons appris l’arrestation de Razan Zaitouneh[1], kidnappée avec toute son équipe[2], à savoir : Samira Khalil, Wa’el Hamada, Nazem Hamadi. Son dernier message, enregistré à l’avance, aura été pour la journée des droits de l’Homme. Avec elle, avocate et écrivaine, qui vient de consacrer trois ans, au péril de sa vie, à documenter les violations des droits humains en Syrie,  c’est une immense personnalité des droits humains qui a été mise hors-circuit. D’après ce que l’on sait, ce serait un groupe armé « non identifié » qui l’aurait kidnappée dans la zone assiégée de Douma,  mais on sait aussi que le régime n’est jamais bien loin derrière ce genre d’entité.

Nazem, Razan, Samira, Wa'el

Nazem, Razan, Samira, Wa’el

Ce même jour, les funérailles de Mandela réunissaient au Cap l’ensemble des « leaders » mondiaux, venus s’assurer que l’on enterre définitivement les valeurs portées par Mandela désormais trop lourdes pour eux. Tout ça pour un coût du même ordre que l’aide totale apportée à la population syrienne.

Du Cap, Obama, le visionnaire, nous explique le message de Mandela: « que les choses paraissent toujours impossibles jusqu’ à ce qu’elles soient accomplies ». Voilà de quoi entrer dans l’histoire pour le premier président noir des USA, aussi prix Nobel de la paix, qui apporte aujourd’hui sa caution au dictateur le plus sanguinaire de l’époque, pour la destruction de la Syrie, berceau de notre civilisation, le déchirement de sa société et l’assassinat de ses enfants.

Le même jour encore, en Syrie, Assad poursuivait l’ouverture de couloirs « humanitaires » pour que les armes chimiques puissent atteindre la côte sans encombre, en bombardant puis massacrant la population exclusivement civile de al-Nabek (dont plus de 36 enfants), après avoir bombardé Qara et Deir-Atyeh il y a quelques jours. Tout cela avec la bénédiction au moins tacite de l’ensemble de la communauté internationale, très satisfaite de sa collaboration avec Assad depuis les accords Kerry – Lavrov – Assad, dont on voit chaque jour davantage qu’ils n’ont jamais eu pour objectif de protéger les populations civiles, mais seulement de servir quelques intérêts régionaux, sans le moindre rapport avec la Syrie, comme d’ailleurs Genève 2.

Cerise sur le gâteau, le même jour, les USA et leur fidèle allié anglais annonçaient la suspension de leur aide « non-létale » à l’opposition syrienne, qui désormais jeûnera et se battra torse nu… mais pour combien de temps ?

FSD


[1] R.Z. a reçu troix prix : Anna Politkovskaya Award en 2011, Sakharov 2011 et International Women of Courage Award en 2013.

[2] Violations Documentation Center in Syria, http://www.vdc-sy.info/index.php/en/reports