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Syrie: Changement du Régime, pas de la Constitution!

« Oui à une transition sans le régime Assad.

Non à un leurre de constitution avec Assad » 

Le 30 septembre, l’envoyé spécial de l’ONU sur la Syrie a annoncé le lancement de la commission constitutionnelle le 30 octobre à Genève sous l’égide de l’ONU. Cette annonce intervient alors qu’un silence international assourdissant continue de régner malgré l’intensification barbare des bombardements sur le nord-ouest de la Syrie (région d’Idlib) depuis fin avril 2019. Les Civils qui y avaient trouvé refuge sont venus de toute les régions révoltées de la Syrie et sont les premières cibles de l’aviation d’Assad et de son soutien Poutine.

La nomination de cette commission constituante est le fruit de manipulations de Poutine, qui cherche à gagner du temps pour exterminer les civils d’Idlib ou les chasser de Syrie; Poutine qui se présente comme  le soutien à la modification de la constitution en Syrie, comme premier pas vers la dite solution politique. Cette constitution n’a cependant pas d’autre but que de redonner une légitimité au régime criminel d’Assad. 

Vendredi 4 octobre, les manifestations du nord-ouest syrien (région d’Idlib) ont dénoncé ces manoeuvres,  rappelant que le peuple syrien s’est soulevé pour changer le régime mafieux d’Assad et non pas pour changer la constitution!Le but reste d’initier une période de transition sans le régime criminel Assad, qui doit être traduit en justice, pour acheminer la Syrie vers un Etat de droit démocratique, basé sur la citoyenneté pour tou.te.s les Syrien.ne.s.

Manifestation du peuple Syrien à Bannech au nord-ouest syrien le 4 octobre 2019, pour contester la commission constituante.

Pour faire entendre la voix de ces manifestants de l’intérieur auprès de la communauté internationale et de l’ONU qui parrainent la dite commission constituante, Femmes Syriennes pour la Démocratie organise un rassemblement pacifique devant l’ONU, le 30 octobre, jour de l’ouverture des réunions de cette commission à Genève, de 17h00 à 18h00.

Ami.e.s de la démocratie et de la liberté, venez nombreuses et nombreux vous joindre à nous pour dénoncer ces manoeuvres et exprimer notre solidarité avec les civils syriens, seule menace effective au régime Assad, civils qui avaient mis en place une gestion démocratique, rappelons le, dans tous les lieux qui avaient échappé au contrôle du régime.

Rassemblement organisé par:FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration de Solidarity Convoy for Syria et de la diaspora syrienne en Suisse.

Soutenu par:Mouvement pour le socialisme ; le site alencontre.org; le Cercle La Brèche-Unil, Cercle Rosa Luxemburg

La vérité sur l’affaire Brita Hagi Hassan

Le 8.6.2019 Brita Hagi Hassan, écoeuré par le silence de la communauté internationale, de l’ONU et du HCDH sur les bombardements de civils à Idlib en Syrie, entame une grève de la faim en solidarité avec les plus de trois millions d’habitants d’Idlib, victimes des bombardements barbares des russes, des iraniens et du régime Assad sur les hôpitaux, les écoles, les marchés et les civils en général; civils qui sont piégés par la fermeture de la frontière turque et donc condamnés à l’extermination, en violation flagrante de la charte des droits de l’homme. Le mouvement de grève de la faim s’est élargi depuis et compte aujourd’hui une soixantaine de personnes à travers le monde.

Le 1.7.2019 alors qu’il poursuit sa grève de la faim depuis 24 jours, et depuis quatre jours sous la canicule  sur la place des Nations à Genève, où il vient de donner une interview à la Tribune de Genève, ses amis A. M. et M. H., en présence du journaliste, constatent l’extrême faiblesse et une chute importante de la pression sanguine de Brita Hagi Hassan et décident d’appeler une ambulance, qui l’emmène vers 15h00 heures vers les HUG (voir l’article de la TdG du 0107.2019).

Un peu plus tard, A. M. et M. H. se dirigent vers l’hôpital cantonal de Genève pour rejoindre leur ami et héros de la révolution syrienne.

Entre-temps, c’est un homme épuisé qui se présente aux urgences des HUG. Brita nous a raconté ce qui s’est passé à l’hôpital:

« A l’hôpital j’ai dû attendre environ une heure et demie sans que quiconque ne s’occupe de moi. J’ai alors appelé pour avoir un verre d’eau, sans qu’il y ait de réponse. Finalement un infirmier a eu pitié de moi et m’a amené un verre d’eau. J’étais tellement mal que je ne pouvais même pas me lever pour aller chercher de l’eau moi-même, j’étais incapable de faire deux pas. J’ai appelé encore une fois pour qu’on s’occupe de moi mais on m’a dit que je devais attendre mon tour, parce que, m’a-t-on dit, ll y a avait des cas plus graves que le mien. Nous étions deux à attendre aux urgences. Et pourtant mon dossier de transfert en ambulance mentionnait mon malaise et le fait que j’étais au 24e jour de ma grève de la faim. Alors j’ai demandé que l’on me ramène sur la place des Nations. Ils ont refusé. Mon état de santé physique et psychique était vraiment très mauvais. Alors j’ai élevé la voix pour qu’on me ramène là-bas ou bien chez l’ami qui me logeait. Ils ont alors appelé la sécurité de l’hôpital. Je leur ai demandé encore une fois, calmement, de me ramener en ambulance. Ils ont refusé et ils ont déchiré la fiche d’entrée établie à mon arrivée aux urgences. Ils m’ont ensuite traîné comme un criminel pour me sortir de l’hôpital. Je leur ai dit que leur manière de me traiter était contraire aux valeurs humaines et ressemblait davantage aux manières de criminels qu’à celles d’agents de sécurité d’un hôpital. J’avais dit cela également au médecin. Il y a une vidéo enregistrée qui montre comment j’ai été mis à terre par deux agents de la sécurité de l’hôpital, qui m’ont également donné des coups. J’ai eu tellement mal au bras qu’il m’a semblé s’être cassé. J’ai ensuite été menotté par la police et mis dans leur voiture. Un policier s’est assis à côté de moi. J’avais très soif, alors lorsque j’ai vu une bouteille d’eau dans la voiture j’ai demandé à boire. Le policier a refusé. Alors je l’ai traité d’inhumain et de criminel et j’ai reçu des coups en contre partie.»

En arrivant à l’hôpital A. M. et M. H. voient avec horreur Brita se faire molester par plusieurs individus en uniforme. A. M.: ”En voyant Brita se faire agresser, j’ai cru qu’il s’agissait de membres de la sécurité du régime Assad et je me suis précipité pour protéger Brita, j’ai vu ensuite la police arriver ce qui m’a rassuré….”.

M. H., lui, s’est lui mis à filmer. Les autres agents lui ont alors demandé s’il s’agissait d’une vidéo live et l’ont mis en garde contre une diffusion sur les réseaux sociaux.

La suite est connue, intervention musclée de la police et détention de Brita jusqu’à 4h du matin, ayant tenu à déposer plainte pour agression sur une personne déjà mal-en-point, plainte opportunément précédée par une plainte déposée par la sécurité de l’hôpital contre Brita….. Allons donc, un homme venu aux urgences pour cause d’épuisement, après 24 jours de grève de la faim, et 4 jours de sit-in sous la canicule, qui tient à peine debout, mettant à mal deux molosses de la sécurité? Quelle blague!

Interrogé après coup sur la suite à donner, Brita nous a dit: « N’oublions pas que notre cause c’est d’abord la protection des civils à Idlib et la justice pour le peuple syrien».

A. M. a lui été maintenu en garde à vue puis présenté au procureur général et condamné avec sursis, sans que la justice ne souhaite voir la vidéo pourtant connue lors de l’interrogatoire de Brita Hagi Hassan. A. M. n’a pas tout de suite demandé d’avocat, sûr, parce qu’innocent, qu’il allait être libéré sans suite, comme le lui répétait l’un des policiers du poste de la Servette. Il a finalement été libéré le 2 juillet vers17h00.

Voir les autres articles de la tdg à ce sujet:

L’ancien Maire d’Alep se fait expulser de force des HUG

Expulsion de l’ex-Maire d’Alep: les HUG assument

« La sécurité à l’hôpital, oui, mais pas avec des videurs! »

 

La vérité sur la Syrie, à Deraa

La situation humanitaire dans le sud de la Syrie devient de plus en plus insupportable depuis le 19 juin 2018, début de la campagne militaire barbare menée par les forces d’Assad et de ses alliés et appuyée par l’aviation russe de Poutine. Le rapport du RSDH du 01 juillet mentionnait que le nombre de déplacés internes fuyant les bombardements et l’entrée des forces d’Assad et ses alliés dans la région de Daraa était d’environ 200’000. Aujourd’hui le porte parole de l’UNHCR a annoncé que le nombre des déplacés internes a déjà atteint 270’000 en raison de l’intensification des bombardements. Des familles entières se retrouvent livrées à elles-mêmes sans aucune structure d’aide ni abri, dans un contexte très hostile, la région est désertique et l’été est brûlant. Ils s’orientent vers les frontières de la Syrie avec la Jordanie et avec le Golan occupé, et ces frontières sont fermées devant eux!… 

Etrangement. les organisations internationales d’aide humanitaire avaient déjà annoncé il y a quelques jours que tout est prêt pour venir en aide à cette population, mais en attente de l’autorisation du régime syrien, qui attaque cette même population!

Il est difficile de comprendre cette logique… l’aide humanitaire a toujours servi d’arme au régime Assad,  qui affame et cible les civils dans toutes les régions assiégés de Syrie. Il semble évident qu’il est inutile d’attendre une autorisation humanitaire d’un tel régime et de répéter encore et encore des approches qui ont toujours  failli depuis 2011 à Homs, au camps Yarmouk, à Mo’addamyeh, à la Ghouta orientale, à Alep-Est et dans les autres régions de la Syrie. Aujourd’hui on recommence à Daraa! Pourtant les organisations d’aide impliquées ont des centres en Jordanie et pourraient facilement suppléer aux besoins de ces familles par la Jordanie!

C’est d’ailleurs ce que tentent de faire, et ils sont les seuls, les civils jordaniens. Seuls à  s’organiser pour acheminer de l’eau et du pain et  pour lancer une campagne «Ouvrir la frontière », la leur (rassurons l’Europe), alors que le reste du monde continue à regarder les crimes contre l’Humanité en Syrie dans un silence assourdissant, voire compatissant avec le régime Assad.

La seule solution possible en Syrie exige  de mettre une réelle pression sur Poutine pour que la Syrie puisse enfin se débarrasser du régime mafieux d’Assad et s’acheminer vers une Syrie nouvelle, démocratique et basée sur la citoyenneté pour tous. Pour y parvenir, nous appelons au boycott de la Russie.

Nous partageons, ci-après, le communiqué de presse du 02 juillet 2018 du collectif Pour une Syrie Libre et Démocratique à Paris.

FSD

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« Les forces de Bachar Al Assad, soutenues par l’aviation russe, ont lancé le 19 juin 2018 une offensive sur la région de Dera’a. Cinq hôpitaux ont déjà été mis hors d’usage, et près de 200 civils ont été tués dans ces attaques.

Cette région de Dera’a, où vivent quelque 750 000 civils, fait pourtant l’objet depuis 2017 d’un cessez-le-feu négocié par la Russie et les États-Unis. Le « lâchage américain » face à l’offensive meurtrière dans une zone de « désescalade », est un véritable coup de poignard dans le dos des rebelles modérés et une complicité de fait avec V. Poutine.

N’oublions pas que Dera’a est un symbole : la révolte pacifique du peuple syrien est partie de cette ville du sud dont les habitants étaient descendus dans la rue pour dénoncer les tortures infligées à des enfants ayant écrit sur des murs des appels à la liberté.

Tandis que le dernier Conseil Européen nous a donné l’image pitoyable de dirigeants tétanisés par une prétendue « submersion migratoire », à Dera’a, avec l’offensive des forces de Bachar Al Assad appuyée par les bombardements des avions de V. Poutine, plus de 120 000 syriens en 72 heures ont été jetés sur les chemins de l’exode.

Par leur inaction vis-à-vis du régime de Bachar Al Assad et de ses alliés, les dirigeants européens sont ainsi dans l’hypocrisie la plus totale ; ils devront, si la situation perdure, prendre en charge des centaines de milliers de réfugiés que la Jordanie et la Turquie ne sont plus en capacité d’accueillir. L’Europe prendra-t-elle en charge les nouveaux réfugiés syriens de Dera’a, vu ses manœuvres actuelles pour ne pas appliquer la Convention de Genève ? En outre, la reprise de la région par Assad risque d’empêcher un grand nombre de réfugiés de rentrer chez eux.

Après Alep, Douma, et maintenant Dera’a, les dirigeants des puissances occidentales par leur inaction et leur renoncement, ont-ils conscience qu’ils sont en train de désespérer des millions de Syriens qui croyaient à la démocratie et à la liberté après 48 années de dictature du clan Assad ?

Daech en Syrie va peut-être finir par être vaincu. Mais sans une ultime prise de conscience de la part des puissances occidentales, sans leur volonté que soit appliquée la Résolution 2254 du Conseil de Sécurité de l’ONU organisant une transition politique, tout est malheureusement en germe pour que l’intolérance, la vengeance aveugle aillent de pair avec la barbarie du régime Assad pour des années encore. »

Contact : collectif.psld@gmail.com

La coupe de football de la honte: Poutine côté face…

FemmeS pour la Démocratie a soutenu et participé au rassemblement, organisé par SolidaritéS-Vaud, contre la coupe du football de la honte qui a eu lieu à Lausanne le 14 juin, date d’ouverture des jeux de cette coupe. Lors de ce rassemblement, une activiste et membre de notre collectif a pris la parole. FSD publie, ci-après, cette intervention.

 

« Aujourd’hui nous sommes rassemblés ici pour dénoncer la politique de Poutine qui a fait de la Russie un Etat répressif, un Etat d’occupation militaire et un Etat qui soutient les régimes mafieux dans le monde et en tire grand profit.

Nous sommes spécialement concernés, en tant qu’activistes syrien.e.s, par l’intervention militaire de la Russie de Poutine en Syrie et par son soutien infaillible au boucher de Damas, Bachar Assad:

En organisant cette coupe du monde en Russie, Poutine veut faire oublier les crimes de guerre atroces commis en Syrie et redorer son image.

Pendant que la Russie de Poutine construisait les installations sportives nécessaires à cette coupe, l’aviation  militaire russe détruisait des régions entières en Syrie (Alep, Homs-campagne, la Ghouta de Damas, les quartiers suds de Damas, etc.) et imposait à la population civile à un déplacement forcé vers Idleb au nord de la Syrie.

Pendant que le monde entier se prépare à suivre la coupe du monde de football en Russie, l’aviation russe de Poutine bombarde les hôpitaux, les écoles, les marchés et les quartiers résidentiels à Idleb au nord de la Syrie. En un an, le Réseau Syrien des Droits de l’Homme (RSDH) a documenté 34 installations médicales  ciblées et détruites, plus 50 écoles et 16 marchés. 

Pendant que les enfants du monde entier se préparent à soutenir les équipes de la coupe en Russie, Les enfants syriens meurent ou sont mutilés à jamais sous les bombardements de l’aviation russe de Poutine à Idleb, au nord de la Syrie. Il y a juste quelques jours, le 10 juin, un hôpital pour enfants a été ciblé et détruit à Idleb.

Mais Poutine nous a déjà habitué aux mensonges et aux tentatives de changer de visage.

Suite aux bombardements barbares sur Alep-Est fin 2016, le monde entier exprimait son indignation… Alors Poutine a lancé les négociations de paix pour la Syrie à Astana pour devenir d’un coup, en apparence, l’homme de la paix en Syrie.

Et La Russie de Poutine est alors devenue un pays garant de la désescalade. Bien entendu, la désescalade n’a jamais cessé d’être violée par la Russie de Poutine. 

Il y a tout juste un an que la désescalade dans la région d’Idleb a été décidée par Poutine. Depuis un an et à Idleb seulement, le RSDH a documenté plus de 1’100 civils tués sous les bombardements des russo-assadiens, dont la moitié sont des enfants et des femmes. Dans le même temps le RSDH a aussi documenté le ciblage de 233 installations de services à la population civile.

Depuis l’intervention militaire russe en Syrie en septembre 2015 et à cause de cette intervention:

Plus de 6’000 civils ont trouvé la mort dont la moitié sont des enfants et des femmes.

Plus de 900 attaques contre des installations de services à la population civile dont 167 attaques contre des installations médicales ont été documentées.

Plus de 2,5 millions de déplacés internes sont comptés.

Poutine ,qui veut aujourd’hui se donner un visage civilisé, a testé plus de 200 nouvelles armes sur les civils en Syrie et il s’en vante. 

Poutine a également utilisé le droit de veto 12 fois pour protéger le boucher de Damas. 

Protection spéciale a été accordée à Assad par Poutine suite à l’utilisation, à large échelle et à 3 reprises, des armes chimiques pour tuer la population civile syrienne!

Nous appelons chacun à BOYCOTTER LA RUSSIE.

Nous appelons la SUISSE à se montrer à la hauteur  de ses prétentions en matière de droits humains et à se montrer plus ferme vis-à-vis de régimes qui violent ces droits au quotidien. »

20180614-CoupeDeLaHonte-2

Après Alep,… la Ghouta et Idlib

Chronique de la Syrie

Depuis le 4 février 2018 l’offensive sur Idlib s’est intensifiée. Planifiée depuis longtemps, elle a pour but d’éradiquer ce qu’il reste de société civile en Syrie, afin de supprimer toute alternative démocratique à la dictature du boucher de Damas associé au petit tsar de Russie.

Après avoir forcé le déplacement de l’ensemble des populations insoumises vers la province Idlib, la Russie, l’Iran et Assad procèdent maintenant à leur extermination systématique à l’aide de toutes sortes d’armes non conventionnelles, entre autres chimiques. Leur préférence, comme d’habitude, est le bombardement des hôpitaux. Huit raids sur l’hôpital de Ma’arat al-Numan (1) la nuit du 4 au 5 février ont conduit à son arrêt complet. Dans cet hôpital des nouveaux-nés ont été touchés dans leurs couveuses, et les blessés transférés suite aux bombardements de Kafranbel ont été touchés aussi. Il faut noter qu’au total 4 hôpitaux (2), une banque de sang  et 4 centres médicaux ont été ciblés dans la région d’Idlib, la nuit du 4 au 5 février 2018. Plusieurs localités ont vécu l’enfer des bombardements cette nuit là: Saraqeb, Kafranbel, Ma’arat al-Numan et la ville d’Idlib, sans oublier la région de la Ghouta de Damas qui subit le même sort; généralement les victimes sont des populations civiles vulnérables, des enfants, des femmes et des blessés. Rien ne semble plus noble, et bien sûr moins dangereux, à l’armée russe que de s’attaquer aux femmes, aux enfants et aux blessés, de préférence depuis les airs.

Une école ciblée la nuit du 4 au 5 février au napalm, par l’aviation russe, dans la province d’Idlib.
Source: https://www.facebook.com/syrianpresscenter/posts/2085111071731493

La Russie semble avoir oublié qu’arrivée en fanfare en Afghanistan elle en est repartie en sacs plastiques.

Il y a aujourd’hui plus de trois millions de personnes menacées dans la province d’Idlib, dont une grande partie sont des populations civiles déplacées. Peut-on attendre quelque chose de la communauté internationale? On peut en douter. Quand les USA se contentent de rendre la Russie responsable de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie et que la France se borne à constater: Assad est là! Mieux vaut ne compter que sur soi.

Par solidarité avec les populations agressées:

Nous appelons à un boycott total sur l’ensemble des produits et services en provenance de Russie et d’Iran.

FSD

  1. https://www.facebook.com/moaz.Alshami.shada/videos/1981962398722695/
  2. L’hôpital de la ville d’Idlibe bombardé avec le chlore: https://www.facebook.com/sultan.hussan.54/ videos/575240122811313/

Après Alep-Est: Idlib; Quand donc cessera-t-on de croire aux mensonges des Russes (3/3)

Chronique de la Syrie

Il y a environ une année le régime syrien et la Russie intensifiaient les bombardements sur Alep-Est, ce qui a conduit quelques mois plus tard à la chute de cette ville, suite sans doute à un accord non révélé avec la Trquie. Depuis, les Syriens dénoncent le déplacement forcé des populations en révolte de plusieurs régions de la Syrie vers Idlib (Homs, Darayya, al-Muaaddamyat, Zabadani, Alep-Est, Wadi Barada, al-Waer, etc.) et craignent leur extermination prochaine.

Depuis le 19 septembre, et malgré les accords d’Astana mi-septembre 2017, l’aviation russe mène une offensive contre la région d’Idlib et le nord de la région de Hama.Tout comme l’offensive à Alep-Est, l’aviation cible les civils, les hôpitaux, les écoles, les boulangeries, les centres des casques blancs! La nuit du 29 au 30 septembre 50 raides ont frappé la ville d’Armanaz à Idlib et le nombre de victimes ne cesse d’augmentez (voir le post du Réseau Syrien des Droits de l’Homme).

Après Alep-Est, c’est bien Idlib, où est réunie aujourd’hui toute  la population en révolte venant de toute la Syrie, qui subit la foudre d’Assad et de la Russie… Le massacre des civils continue et le silence de la communauté internationale aussi!

« Tout le monde négocie le sang des Syriens, ce n’est en aucun cas pour arrêter le sang de couler », Ma’arat-Elnoeman, 29.09.2017, Syrian Revolution Network

 

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article du site d’information Enab-Baladi, publié le 29.09.2017 à 11:00.

Partie 3

Bombardement d’Idlib suite à la rencontre d’Erdogan et Poutine

Le lendemain de la rencontre entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine, l’aviation militaire russe a continué son offensive contre les zones contrôlées par l’opposition dans les régions d’Idlib et de Hama.

Selon l’e site d’information d’Enab-Baladi, l’aviation russe a ciblé ce matin, vendredi 29 septembre, les environs de la ville d’Al-Shagar, la périphérie de Ghassaniya et la ville de Bdama dans la campagne de Jisr al-Shughur.

Pour sa part, «Idlib Media Center», par l’intermédiaire de «Facebook», a rapporté que l’aviation russe a attaqué les environs de la ville de Marzita dans la campagne méridionale d’Idlib, la ville de Tabayek près de Mohmbal dans la campagne ouest d’Idlib et la périphérie de la ville de Bara dans la campagne d’Idlib.

Deux femmes et un enfant ont été tués et d’autres ont été blessés pendant la nuit en raison du bombardement aérien de la ville d’al-Tamanah dans la campagne-sud d’Idlib, par des bombes à sous-munitions.

L’aviation russe a intensifié les raids sur la ville d’Idlib et son gouvernerat, dans le cadre de la campagne militaire lancée sur la région depuis le 19 septembre, causant victimes et blessés.

Le bombardement se poursuit après que le président turc Recep Tayyip Erdogan ait rencontré son homologue russe, Vladimir Poutine, qui visite Ankara pour discuter de la question syrienne et Idlib en particulier.

Les Syriens comptaient sur cette réunion pour voir un arrêt des bombardements, en conformité avec l’accord d’Astana sur les régions de désescalade.

Osama Abu Zeid, le conseiller juridique de l’armée libre, a indiqué, citant ses sources, que la réunion a abouti à un accord pour arrêter les bombardements depuis la nuit d’hier (du 28 au 29.9.17).

Cependant, les deux présidents ont parlé brièvement lors de leur conférence de presse hier soir de la ville d’Idlib et ont souligné l’importance de discuter les zones de désescalade en Syrie, en particulier à Idlib, sans préciser le contenu de la discussion et s’ils sont parvenus à un accord.

Le ministère russe de la Défense a nié que son aviation bombardait les quartiers résidentiels de la ville d’Idlib et de ses environs, qui ont conduit à des dizaines de morts parmi les civils.

Igor Konashnikov,  porte-parole du ministère, a déclaré hier  « Les avions russes ne ciblent que les bases terroristes, leur artillerie et leurs dépôts de munitions, ceci après avoir localisé leurs emplacements à l’aide de drones. ».

Lire aussi:

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (1/3)

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (2/3)

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (2/3)

Chronique de la Syrie

Il y a environ une année le régime syrien et la Russie intensifiaient les bombardements sur Alep-Est, ce qui a conduit quelques mois plus tard à la chute de cette ville, suite sans doute à un accord non révélé avec la Trquie. Depuis, les Syriens dénoncent le déplacement forcé des populations en révolte de plusieurs régions de la Syrie vers Idlib (Homs, Darayya, al-Muaaddamyat, Zabadani, Alep-Est, Wadi Barada, al-Waer, etc.) et craignent leur extermination prochaine.

Depuis le 19 septembre, et malgré les accords d’Astana mi-septembre 2017, l’aviation russe mène une offensive contre la région d’Idlib et le nord de la région de Hama.Tout comme l’offensive à Alep-Est, l’aviation cible les civils, les hôpitaux, les écoles, les boulangeries, les centres des casques blancs! L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme documente 38 enfants et 29 femmes parmi les civils qui ont perdu la vie depuis.

Après Alep-Est, c’est bien Idlib, où est réunie aujourd’hui toute  la population en révolte venant de toute la Syrie, qui subit la foudre d’Assad et de la Russie… Le massacre des civils continue et le silence de la communauté internationale aussi!

Bombardement de la ville de Jisr-Alshugur.

Partie 2:

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article du site d’information Aleppo Media Center publié le 27.09.2017

500 victimes entre martyrs et blessés c’est le bilan des 9 derniers jours de bombardements continus des campagnes d’Idlib et de Hama

Aleppo Media Center
Mercredi, le 27.09.2017

Pour la deuxième semaine consécutive l’offensive de l’aviation du régime syrien et celle des forces d’occupation russes ciblent les zones résidentielles et les centres des services publics dans les campagnes d’Idlib et de Hama. Ce mercredi, l’aviation a effectué une série de raids aériens sur la ville de Jisr-Alshugur dans la campagne d’Idlib et nous n’avons encore aucune information concernant les pertes de civils et les blessés.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a documenté 500 cas de morts et de blessés parmi les civils, ceci pendant ces seuls neuf jours d’ offensive militaire. Ces frappes aériennes ont détruit de nombreux centres des services publics dans les régions ciblées, en particulier les hôpitaux, les centres médicaux et ceux de la défense civile.

L’Observatoire a ajouté que le nombre de raids ciblant les campagnes d’Idlib et de Hama effectués depuis le 19 septembre a atteint 1300 raids aériens. Il a aussi souligné que la plupart des martyrs étaient des femmes et des enfants de moins de 18 ans.

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Lire aussi:

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (1/3)

Après Alep-Est: Idlib; Quand donc cessera-t-on de croire aux mensonges des Russes (3/3)

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (1/3)

Chronique de la Syrie

Il y a environ une année le régime syrien et la Russie intensifiaient les bombardements sur Alep-Est, ce qui a conduit quelques mois plus tard à la chute de cette ville, suite sans doute à un accord non révélé avec la Trquie. Depuis, les Syriens dénoncent le déplacement forcé des populations en révolte de plusieurs régions de la Syrie vers Idlib (Homs, Darayya, al-Muaaddamyat, Zabadani, Alep-Est, Wadi Barada, al-Waer, etc.) et craignent leur extermination prochaine.

Depuis le 19 septembre, et malgré les accords d’Astana mi-septembre 2017, l’aviation russe mène une offensive contre la région d’Idlib et le nord de la région de Hama.Tout comme l’offensive à Alep-Est, l’aviation cible les civils, les hôpitaux (5 sont détruits), les écoles (4 sont détruites), les boulangeries, les centres des casques blancs (3 sont détruits)! Le Syrian Press Center documente depuis 117 morts dont 22 enfants et 22 femmes.

Avec la fermeture de la frontière avec la Turquie, les habitants de Jisr-Alshugur à Idlib, qui tentent de fuir les bombardements, n’ont aucune échappatoire. Ils en sont réduits à s’abriter comme ils le peuvent dans les rues des régions moins exposées (de sources privées).

Après Alep-Est, c’est bien Idlib, où est réunie aujourd’hui toute  la population en révolte venant de toute la Syrie, qui subit la foudre d’Assad et de la Russie… Le massacre des civils continue et le silence de la communauté internationale aussi!

 

Suite aux bombardements de la ville de Jisr-Alshugur à Idlib, le 26 septembre 2017

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article publié sur le site d’information Geroun.

Partie 1:

Idlib … L’escalade russe a pour but de contrecarrer les accords d’Astana

25 septembre 2017
Geroun – Manar Abdel Razzaq

Bassam Quwatli, activiste politique, pense que « l’escalade russe dans Idlib vise à déjouer les décisions d’Astana ». Il a déclaré à Geroun: « Je ne pense pas que les actions militaires des Russes à Idlib se prolongeront, c’est juste une tentative de prouver que la Russie possède toutes les cartes sur le terrain ».
Quwatli n’exclut pas non plus «une coordination entre l’Iran et Hayat Tahrir al-Sham (Jabhat al-Nosra) pour faire échouer Astana», et il a souligné que «il est dans l’intérêt de l’Iran de poursuivre le conflit afin de compléter son contrôle sur le terrain et obtenir un changement démographique effectif».

Le régime et ses alliés russes ont intensifié les raids aériens sur différentes parties de la campagne d’Idlib et de la campagne nord de Hama. Les activistes ont documenté environ 300 raids aériens sur ces régions au cours de la semaine dernière, des dizaines de civils ont été tués ou blessés et un certain nombre d’installations médicales et civiles ont été détruites.

Dans le même contexte, le porte-parole militaire du groupe (Ahrar al-Sham) a déclaré que «la retour des bombardements sur Idlib n’est pas nouveau, car le but c’est de compléter ce que le régime avait commencé dans diverses villes syriennes». Il a dit à Geroun: «Les bombardements russes étaient prévisibles dès le début, car tous ceux qui sont engagés dans la révolution ont été déplacés à Idlib jusqu’à ce qu’elle devienne le réservoir humain de la révolution».

Il a ajouté:  « Ils intensifient les bombardements des hôpitaux, des écoles, des boulangeries et de tous ce qui est au service de la vie des civils ». il a souligné la tentative des Russes de « prouver via l’intensification des bombardements » leur déclaration répétée à maintes reprises que « le destin d’Idlib sera comme celui de Raqa et Moussoul », ceci afin d’intimider le reste de la société couvant la révolution pour la forcer à accepter n’importe quelle décision imposée de l’extérieur du pays. »

Fares Beyush, un chef de l’armée libre, a déclaré: « Je ne pense pas que les Russes aient besoin d’une justification pour bombarder. Ils justifient les bombardements d’Idlib, aujourd’hui, par la présence d’al-Nosra, qu’ils ne bombardent aucun quartier général de ce groupe. Ils utilisent sa présence comme prétexte comme ils avaient utilisé Daech auparavant».

Beyush pense que le but des opérations militaires des Russes dans Idlib est « politique, et non pas militaire », et donc il s’attend à ce que «les bombardements prennent fin sous peu, pour faire respecter Astana». En ce qui concerne le rôle des factions pour exercer une pression à travers les États garants d’Astana, pour arrêter les bombardements, il a déclaré: « Il n’y a pas de rôle à jouer pour les Syriens (régime-révolution) » et il a souligné que « ce qui se passe sur le terrain c’est la pression qu’exercent certains pays sur d’autres pays, mais c’est notre peuple qui en paie le prix. »

Les bombardements ont atteint le siège de certaines factions qui avaient participé à la conférence d’Astana 6, parmi eux Jeish al-Nasr et Feilaq al-Sham. Lors du bombardement du siège de Feilaq al-Sham, dans le district de Tal-Mardikh à Idlib, environ 50 éléments ont été tués et d’autres ont été blessés. Quatre autres éléments de Jeish al-Nasr ont été tués lors du bombardement de la campagne nord de Hama.

Le major Samer Alewi, l’un des chefs de Jeish al-Nasr, a reconnu le meurtre de quatre combattants du groupe dans une attaque russe sur son quartier général dans la campagne du nord de Hama. Il a confié à Geroun: « Nous avons informé la partie garante (turque) de cette violation, avec pour seule réponse : nous en informerons le niveau supérieur et nous vous tiendrons informés. Aucune information ne nous est parvenue depuis ».

Dans le même contexte, Feilaq al-Sham a annoncé la mort de dizaines d’éléments dans les raids russes qui ont ciblé son siège à Tal-Mardikh à Idlib samedi dernier. Idris Raad, l’un de leurs chefs a confié à Geroun: « Le bombardement russe n’est pas surprenant, la politique de la Russie, depuis son intervention en Syrie, est basée sur le crime et l’assassinat « .

Il a souligné que la participation des factions de l’opposition à Astana, « ne signifie, en aucune façon, considérer la Russie comme un pays ami ou neutre ; c’est un pays impliqué dans le sang syrien depuis trois ans, et c’est un partenaire du régime Assad dans ses crimes contre le peuple syrien. »

Le sort de la province d’Idlib reste inconnu, car l’escalade russe ne pourrait être freinée que par une action militaire turque, attendue à Idlib, ce que semble confirmer le rassemblement continu de forces turques à la frontière.

Lire aussi:

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (2/3)

Après Alep-Est: Idlib; Quand donc cessera-t-on de croire aux mensonges des Russes (3/3)

Mobilisation à l’occasion de Genève 6

« La Russie et l’Iran, criminels de guerre, ne peuvent pas être les garants de la paix en Syrie! » a été le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 17.05.2017, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une trentaine de personnes. Plusieurs militants et militantes suisses se sont joints au rassemblement. Plusieurs membres de la délégation de l’opposition syrienne étaient également présents. Le rassemblement  a débuté par une minute de silence à la mémoire des victimes du régime syrien, de ses alliés, des frappes de la coalition internationale, de Daech et de ses semblables.

Rassemblement à l’occasion de Genève 6 le 17 mai 2017

 Les activistes qui ont pris la parole ont rappelé

qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad

– qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix alors qu’ils sont deux pays agresseurs et même envahisseurs 

– qu’il n’y pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. 

que l’avenir en Syrie se fera avec une transition politique et sans le régime Assad.

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie et au départ de toutes les forces étrangères de Syrie.

Farah Atassi, membre de la délégation de l’opposition syrienne aux négociations,  a dénoncé les manoeuvres du régime syrien qui tente d’ effectuer un changement démographique en Syrie en forçant la population des régions assiégées à se déplacer vers Idlib au nord de la Syrie. Elle a informé la diaspora que l’opposition aborde ce dossier très grave dans le cadre des négociations de Genève 6.

Hind Kabawat, membre de la délégation de l’opposition syrienne aux négociations, a dénoncé quant à elle le silence de la communauté internationale face à la souffrance extrême que les Syriens subissent.

Les chants de la révolution ont accompagné la fin du rassemblement.

Plusieurs médias étaient présents.

FSD

Astana 4: négociations en terrain miné

Article traduit de l’arabe par FSD.

Astana est une nouvelle initiative de la Russie pour prolonger la survie du régime syrien!

Source:Article de Hazem al-Halabi, Syrian Press Center

Plusieurs générations arabes ont grandi à l’écoute du dossier des négociations « israélo – palestiniennes » et finalement de la feuille de route de la solution à deux Etats, qui n’a toujours pas porté ses fruits aujourd’hui. Aucun résultat qui permettrait de construire de futures étapes n’est apparu et ceci à cause de la politique de doubles standards des commanditaires de ces négociations au cours des années passées, en particulier des Etats-Unis qui les ont parrainées et qui ont réussi à convaincre les Palestiniens et les Arabes d’accepter une solution imaginaire appelée « solution à deux Etats ». Peut-être parce que les Palestiniens ont finalement pris conscience du fait qu’ils sont le maillon le plus faible, et que le système international est le protecteur d’Israël et le garant de son existence et de la sécurité au cœur du Moyen-Orient.

Aujourd’hui, les parties prenantes internationales répètent le même scénario en Syrie, avec la différence fondamentale que le conflit en Syrie est un soulèvement populaire contre la tyrannie du régime en place, pour la liberté et la dignité. Mais après les nombreuses interventions délibérées des puissances internationales, défendant chacune ses intérêts dans la région, les ficelles se sont emmêlées et la cause s’est internationalisée, et elle a débordé du contexte local syrien, initialement confiné entre le régime et son opposition. Un nouvel acteur international, la Russie, en fait partie prenante du conflit depuis le début et principal soutien du régime syrien, s’est soudain propulsée sur le devant de la scène et s’est auto-proclamée parrain principal du dossier des négociations de paix en Syrie.

La mascarade des négociations:

La Russie a réussi à créer de toutes pièces les négociations d’Astana, qui se sont transformées en une “série” à épisodes multiples. Aujourd’hui, nous sommes au quatrième épisode de cette série, et la dernière nouveauté apparue c’est l’idée russe d’établir des zones « calmes », ou zones d’ « atténuation du conflit » et non pas des zones de sécurité comme proposé récemment par l’administration américaine. Malheureusement la proposition russe est minée par des ambigüités qui rendront son application sur le terrain très difficile, et qui laissent la porte ouverte à différentes interprétations, surtout en instituant l’Iran, Etat envahisseur de la Syrie, comme garant de l’accord de cessez-le-feu.

Le point commun entre le dossier palestinien et le dossier syrien c’est la politique de doubles standards appliquée par les parties qui parrainent les négociations. La discussion sur le retour d’Israël aux frontières de 1967 n’est pas finie à ce jour vu l’intransigeance israélienne persistante et le parti pris américain. Et à Astana, aujourd’hui, la délégation de l’opposition syrienne appelle au retrait des forces du régime syrien sur ses positions au 30 décembre 2016. Autrement dit, la délégation demande que les forces du régime se retirent vers les zones qui étaient sous son contrôle lors de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu orchestré par la Russie avec l’Iran et la Turquie, et qui a conduit aux quatre épisodes d’Astana. L’opposition est bien consciente des manoeuvres du régime syrien et de la Russie pour profiter de la trêve pour grignoter à nouveau des territoires libérés, comme cela s’est passé lors du dernier accord.

Pourquoi la Russie a-t-elle proposé des zones d’atténuation de conflit?

Il semble que la Russie a pris conscience d’un changement de ton récent du discours américain en vue de trouver une solution au conflit en Syrie, en parallèle avec ce que les Etats-Unis appellent la « lutte contre le terrorisme » en Syrie, et l’imposition de zones de sécurité pour les civils syriens pour les mettre à l’abri du conflit. Les États-Unis ayant commencé à mettre la pression sur le dossier, côtés politique et militaire, la Russie s’est soudainement agitée et pour tenter de reprendre la main, a appelé à atténuer le conflit et à mettre en place des zones “sécurisées”, alors même que les avions russes continuaient à bombarder les hôpitaux, les infrastructures et les équipements publics, ce qui a conduit à la mise hors service définitive de sept hôpitaux à Idlib quelques jours plus tôt.

Négociations minées:

La Russie et les pays de la région, l’Iran et la Turquie, principaux acteurs des combats militaires sur le terrain, sont aussi non seulement les commanditaires et les parrains de l’accord mais encore les garants de son application. Ce qui est ironique dans l’histoire c’est de considérer l’Iran comme un Etat garant du cessez-le-feu alors même que l’Iran envoie des milices sectaires iraniennes pour lutter contre le peuple syrien depuis le début de la révolution et persiste jusqu’à ce jour. C’est une grande farce que de demander à l’Iran d’envoyer des forces d’interposition entre les forces de l’opposition et celles du régime, alors que les forces iraniennes sont présentes sur le terrain syrien dans les rangs du régime. Un tel accord donne aux « forces d’interposition » iraniennes l’occasion de protéger ses propres lignes, avant de fonctionner comme des bombes à retardement dans les zones sous contrôle de l’opposition. De plus, l’Iran est un État voyou qui ne respecte ni les conventions internationales, ni ses promesses.

Le dossier des détenus syriens dans les prisons du régime mériterait à lui seul des négociations et une conférence spéciale pour le résoudre. Le régime syrien et les Russes continuent à l’utiliser comme moyen de pression sur l’opposition pour obtenir des concessions. En particulier, aujourd’hui à Astana 4, pour liguer les groupes armés de l’opposition les uns contre les autres dans le cadre d’une prétendue orchestration de la lutte « anti-terroriste »..

La Russie prétend vouloir parvenir à un cessez-le-feu complet en Syrie, pour ensuite passer au dossier politique et aux négociations réelles, après avoir préparé le terrain pour cela. En réalité, elle essaie d’imposer un cessez-le-feu propice à la survie du régime syrien et en même temps d’ affaiblir les forces de l’opposition pour jeter les bases de la division future du pays.

Depuis 2012, la communauté internationale a décrit la guerre syrienne comme étant «la tragédie du siècle», sans pour autant lui trouver une solution. Pire, alors que des atrocités abominables se reproduisent encore et encore, elle ne fait que répéter inlassablement sa condamnation des crimes commis. En conséquence la crise syrienne pourrait bien rester piégée encore longtemps, au bon vouloir de la Russie et au gré des feuilletons d’ASTANA.

SPC- Hazem al-Halabi