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Non à l’ouverture par la Suisse d’un bureau humanitaire à Damas!

Depuis le début de la révolution syrienne le régime Assad a choisi d’utiliser la répression barbare, les arrestations massives, la torture, le tir à balles réelles sur les manifestants pacifiques, la persécution des manifestants blessés et des médecins qui les soignaient, la punition collective des régions de protestation, etc. En réponse à cette répression, la Suisse, pays défenseur des droits humains, fût parmi les premiers pays démocratiques à avoir rappelé son ambassadeur à Damas en 2011 avant de fermer sa représentation au printemps 2012. Elle se trouve aujourd’hui parmi les premiers pays qui font un pas vers la normalisation des relations avec le régime dictatorial sanguinaire et responsable de crimes  de guerre épouvantables et de crimes contre l’humanité. Ce pas c’est l’ouverture d’un bureau d’aide humanitaire de la Suisse à Damas même.

FSD et la communauté syrienne de Suisse a alors réagi en adressant une lettre ouverte, reproduite ci-après, au Conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du DFAE, pour exprimer sa grande déception.

Les cartons de l’aide humanitaire ciblés par l’aviation du régime le 15.11.2017, peu de temps après leur entrée à Douma assiégée. Photo de la page FB d’un résident de Douma. Voir aussi à ce sujet l’article du Point.

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Monsieur le Conseiller fédéral,

Par un communiqué de presse du DFAE du 21.12.2017 nous avons appris à notre grande déception que la Suisse a ouvert un bureau d’aide humanitaire à Damas même. Cette démarche ne peut que réjouir Assad, le boucher de Damas, qui se voit aujourd’hui en voie de réhabilitation auprès de la communauté internationale ; cependant, elle ne contribuera en rien à l’amélioration de l’efficacité de l’aide humanitaire suisse en Syrie.

En effet, chacun sait que depuis 2011 le CICR n’a jamais obtenu d’accès aux détenus en Syrie, sauf pour des visites toilettées à son intention. En outre, la plupart de l’aide humanitaire internationale est allée dans les poches du régime, directement ou après revente sur les marchés locaux, ceci malgré la présence sur place des organisations de l’ONU, et cet état de fait va en empirant.

Vouloir composer aujourd’hui avec le régime syrien répond à une logique à court terme sans intérêt pour l’aide humanitaire, pour la paix, pour le Moyen-Orient, pour la Suisse, pour le Monde, et insultante pour la justice. Accessoirement, c’est aussi le plus sûr moyen de contribuer à la pérennisation du terrorisme. Le régime syrien est un régime mafieux, Assad est un promoteur du terrorisme, on ne peut tendre la main à ce genre de régime sans renier ses propres valeurs et devenir, en quelque sorte, complice des crimes qu’il continue à perpétrer contre sa population.

Le régime syrien est aujourd’hui un régime fantoche. Dès fin 2012, à l’agonie, il a dû faire appel à l’aide de la Russie et de l’Iran pour se maintenir en place contre une révolution populaire sans extrémisme. Il n’est aujourd’hui que le pantin sans légitimité de ses deux parrains, devenus depuis des envahisseurs. Moins de 15% du peuple syrien lui accorde encore une quelconque légitimité, en majorité par crainte ou par intérêt, moins de 10% si l’on inclut la diaspora[1].

La Russie ment en prétendant s’attaquer au terrorisme, elle ne vise qu’à étouffer la révolution populaire, en ciblant les civils[2] dans les régions de protestation, qui constituent la vraie alternative à Assad, avec des noyaux de démocratie instaurés dans ces régions dès leur indépendance du régime. Le plus grand mensonge russe concerne aujourd’hui la formation de zones de désescalade, toutes bombardées à tour de rôle. Actuellement c’est la Ghouta de Damas et Idleb qui sont sous les bombes du garant russe, provoquant de nouveaux déplacements forcés des populations.

Si la Suisse souhaite vraiment apporter son aide pour soulager la population civile, elle serait certainement plus utile en oeuvrant pour une réelle solution politique qui permette aux Syriens d’avoir une vraie transition politique, sans le régime Assad, pour construire leur futur Etat démocratique basé sur le principe de la citoyenneté pour tous. Aucune autre solution ne mettra fin à la violence, aucune autre solution ne permettra au peuple syrien de vivre dignement en Syrie. Ceci ne sera possible que si les pays occidentaux, y compris la Suisse, font passer les droits humains de la population syrienne devant leurs intérêts à court terme et font pression sur la Russie et de l’Iran pour obtenir le départ du régime syrien et des élections libres.

Veuillez agréer, Monsieur le Conseiller fédéral, nos salutations les meilleures.

[1] Avant la révolution, la diaspora syrienne comptait déjà au moins 18 millions de personnes alors que la population à l’intérieur de la Syrie comptait 23 millions ; ceci est un indicateur fort du disfonctionnement du pays.

[2] En 2017 seulement, 900 institutions civiles ont été ciblées, en majorité par l’aviation russo-assadienne http://aa.com.tr/en/middle-east/syria-nearly-900-civil-facilities-targeted-in-2017/1025533

Etudiant syrien : un an déjà et toujours pas de visa

Il y a un an, j’écrivais quelques mots pour partager mon désarroi face à la situation de mon cousin le plus proche, dont la demande de visa étudiant n’aboutissait pas…

Moi, ma sœur, avec notre cousin et nos deux petites cousines à la cuisine de la maison de ma grand-mère à Homs en été 2001. Cette maison a été ciblée en avril dernier par trois tirs d’obus, avec des dégats légers.

Moi, ma sœur, avec notre cousin et nos deux petites cousines à la cuisine de la maison de ma grand-mère à Homs en été 2001. Cette maison a été ciblée en avril 2014 par trois tirs d’obus, avec des dégats légers.

Un an plus tard, voilà où nous en sommes : je suis toujours suisse, il est toujours mon cousin, toujours brillant élève, et toujours en danger d’être appelé au service militaire dans un pays où la guerre semble être sans fin. Il réside toujours à Damas, mais la situation s’y est détériorée, et son université a subi des tirs de mortiers pendant les examens de rattrapage, faisant trois morts et une vingtaine de blessés. Elle est donc actuellement fermée.

La demande de visa a été refusée une première fois, nous sommes actuellement en recours, et comme l’an passé la rentrée approche sans que nous sachions s’il va pouvoir venir. La justification donnée pour le premier refus était qu’ils n’avaient aucune garantie qu’il ne resterait pas après ses études. Mais c’est long, six ans d’études, quel jeune peut-il savoir où il sera à la fin de son master ? Et les étudiants originaires d’un pays en guerre doivent-ils être défavorisés ? Ses notes sont excellentes, il serait un atout pour l’EPFL, qui l’a d’ailleurs à plusieurs reprises accepté, tout comme le canton de Vaud. Et je serais rassurée de le savoir étudier dans un pays où il ne risque pas sa vie tous les jours, en ne faisant rien de plus que ce que je fais moi : vivre et aller en cours. 

Je ne sais pas si ça peut aider, mais si vous aussi vous pensez qu’il a droit aux mêmes chances que nous autres, étudiants de Suisse et d’ailleurs, alors partagez cet article. Dans l’espoir de le voir prochainement passer les portes d’une université sans tirs de mortiers, dans une ville sans check points, dans un pays où le service militaire ne tue pas.

Merci de tout coeur

J.

Etudiante universitaire suisse

Le migrant, être humain ou parasite?

Le 05.07.2014 une jeune syrienne enceinte de sept mois a perdu son enfant à la frontière suisse parce qu’on lui a refusé l’accès aux soins alors qu’on la déportait vers l’Italie. Migrante hors-la-loi fuyant la guerre elle y avait pourtant droit, un droit affirmé par la Charte internationale des droits de l’homme. 

Une petite manifestation a eu lieu à Lausanne le 26.7.2014 pour rappeler que cette mort est inadmissible, et que la solidarité avec les migrants est à la fois juste et nécessaire parce que les migrants forcés par la guerre recherchent davantage la sécurité et une vie digne que le confort. Peu de passants se sont arrêtés, trop peu.

Lausanne 26.07.2014 "Santé, Maternité, Intégrité,,, Pas pour les Immigré.e.s!"

Lausanne 26.07.2014
« Santé, Maternité, Intégrité,,, Pas pour les Immigré.e.s! »

Les politiciens suisses, volontiers suivis par la rue, aiment dire que c’est sur place qu’il faut aider et c’est vrai, mais il faut le faire vraiment. Madame Sommaruga rappelait récemment que l’aide suisse au Moyen-Orient depuis le début du conflit syrien atteint 86 millions de USD, ce qui représente 3 USD par syrien déplacé et par an, c’est insignifiant. A moins d’augmenter le nombre de pays donateurs, ce qui paraît difficile, il faut augmenter le volume de l’aide, c’est vital, pour le Moyen-Orient d’abord, et pour l’Occident aussi, sinon demain ce conflit sera là, il est d’ailleurs déjà là. Quelques-uns l’ont compris, Anne Seydoux-Christe, conseilère aux Etats (PDC, JU) se prononce pour plus de générosité envers les réfugiés syriens aussi bien en aide financière qu’en accueil.

Le nombre de réfugiés syriens accueillis en Suisse est à peu près égal à celui des réfugiés syriens accueillis dans la bande de Gaza. Sachant ce qui se passe a Gaza il est peu probable que Gaza en accueille davantage. Le Liban a vu sa population augmenter de 30%. La Turquie et la Jordanie ont déjà fait des efforts considérables. L’Occident s’est contenté jusqu’ici de poursuivre un agenda opportuniste et sans vision, ponctué d’échecs successifs. Le nombre de migrants ne peut dès lors qu’augmenter.

FSD

De l’homme et de l’institution

Lettre ouverte à la conseillère fédérale S. Sommaruga, cheffe du DFJP

Madame la conseillère fédérale,

Le 14.12.2013 T. part de Zürich au volant d’un camion d’aide humanitaire qui fait partie d’un convoi humanitaire partant de Suisse et d’Allemagne à destination de  Deir Ezzor en Syrie, convoi dont il est le responsable.

Résidant en Suisse avec son épouse et ses enfants depuis 23 ans, titulaire d’un diplôme de théologie de l’Islam, T. a souvent exercé le métier de chauffeur, il a un revenu modeste et effectue régulièrement le trajet vers la Syrie, à titre de chauffeur bénévole.

Ce trajet là a un caractère particulier parce que suite aux mesures d’allègements des formalités décidées par le conseil fédéral le 04.09.13  T. a pu déposer une demande de visa pour sa famille restée en Syrie à Deir Ezzor, qu’il s’attend à retrouver en Suisse à son retour.

Arrivé à Tal-Abyad, le convoi s’engage en Syrie et se dirige vers Deir Ezzor, à 400 km à l’intérieur du pays. Le 21.12.2013 à Tal-Abyad il est stoppé par une patrouille d’EIIL (Etat Islamique de l’Irak et du Levant). T. est arrêté et détenu pendant deux jours. Libéré le 23.12.2013 il continue sa route jusqu’à l’est de Deir Ezzor où il livre le convoi. Il sera de retour en Suisse le 24.01.2014.

En Suisse la réponse à la demande de visa arrive le 07.02.2014, elle est négative (celle déposée précédemment à Beyrouth pour la famille du frère de T. a elle aussi été refusée et un recours est en cours). Pour quel motif? Deir Ezzor est pratiquement détruite et la ville natale T., Mou Hassan a été ciblée par  plus de 18’000 roquettes et bombes, la plupart de sa famille n’a plus de maison. A Mou Hassan 17 de ses cousins  ont trouvé la mort.

La demande de visa initiale a été déposée fin septembre 2013 à l’ambassade suisse à Ankara, ensuite il a fallu recommencer quelques semaines plus tard auprès du consulat suisse à Istanbul, ceci à la demande de l’ambassade. Sans moyens, la famille de T.   se déplace en bus et retourne à chaque fois à Tal-Abyad, en Syrie, craignant de passer une période d’attente prolongée en Turquie.

Notons aussi que les mesures d’allègement ne stipulent plus, à cette époque, de vérification de solvabilité de la famille résidant en Suisse, T. y réside depuis plus de 23 ans, il y est arrivé en tant que réfugié politique, sa famille est bien intégrée, reste le revenu modeste…

Il est vrai que le nombre des membres de la famille de T. est important (trois sœurs avec leurs familles et la famille de deux frères, soit 22 personnes qui ont déposé leur demande à Istanbul dont 14 enfants, et 5 personnes à Beyrouth dont 4 enfants) ; une famille qui a tout perdu en Syrie et qui mérite certainement d’être accueillie avec au moins un permis humanitaire F .

Beaucoup de Syriens se retrouvent aujourd’hui en train d’essayer, parfois  à grand risque, de trouver un pays d’accueil temporaire. La plupart ne souhaitent pas en effet devenir des réfugiés mais juste pouvoir rentrer plus tard dans un pays, le leur, avec la garantie du respect de leurs droits les plus basiques. Tous auraient préféré avoir le soutien de l’Occident pendant les six mois de révolte pacifique. Aujourd’hui, ils subissent la violence et la mort dans leur propre pays et sont rejetés par tous les pays du monde, sauf quelques-uns qui les tolèrent dans des camps qui manquent des moyens de survie élémentaires dignes d’un être humain.

Nous vous demandons par la présente de tenir compte de la situation intolérable qui prévaut actuellement en Syrie, une situation qui n’est que le résultat de la tolérance de la communauté internationale vis-à-vis d’un régime criminel mafieux, et de reconsidérer le cas de la famille de T., dont la demande est parfaitement légitime et en conformité avec les mesures d’allègement des formalités décidées par le conseil fédéral le 04.09.14. Après tout il n’est peut-être pas indispensable que l’immigration syrienne en Suisse se limite à la jet-set pro-Assad, certes très riche, mais dont les valeurs ont assez peu à voir avec la liberté, la dignité et la démocratie, alors que T. jouit lui d’un grand respect dans notre communauté immigrée, pour sa solidarité, pour sa disponibilité et pour son courage toujours désintéressés.

En vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien accorder à notre cause, nous vous prions d’agréer, Madame la conseillère fédérale, nos salutations distinguées.

Présidente de FSD

2e lettre ouverte- Levée de l’octroi facilité de visas humanitaires pour les parents des Syriens de Suisse

2e Lettre ouverte à S. Sommaruga, conseillère fédérale cheffe du Département Fédéral de Justice et Police, adressée par cinq associations de Syriens de Suisse le 16.12.2013

CONCERNE: communiqué du conseil fédéral

Témoignages, 2ème communication

Madame la conseillère fédérale,

Le durcissement soudain des procédures de regroupement familial pour les ressortissants syriens ayant de la famille en Suisse a pris de nombreuses familles au dépourvu, créant beaucoup de détresse; nous vous livrons ci-dessous leurs témoignages

Témoignage 3, « live », ça se passe en ce moment…

Beyrouth

W., syrien, résidant en Suisse,

« J’ai deux frères, A. qui avait fui la Syrie avec sa famille (femme et deux enfants) vers le Liban et B. qui avait fui la Syrie vers la Libye. N’ayant pas trouvé de moyen de faire vivre sa famille (femme et deux enfants) en Libye mon frère B. a décidé de prendre l’un des bateaux de la mort pour traverser la méditerranée. Avec cette directive de regroupement familial j’ai pensé avoir trouvé le moyen de sauver la vie de mon frère et de sa famille. Comme la directive ne prévoyait pas de déposer une demande en Libye, la famille de mon frère B. a pris le chemin vers Beyrouth. A. et B. sont allés avec leur familles déposer une demande de visas humanitaires le 19 novembre, soit avant la date du durcissement de la directive. Depuis, ils attendent la réponse au Liban, qui tarde à venir. Le 27 novembre le service de la population me contacte demandant une copie du contrat de location de l’appartement avec le nombre de pièces et le nombre de personnes qui y vivent, si j’ai une habitation secondaire, un certificat de salaire, etc. J’ai alors appelé l’ODM et je leur ai exprimé ma surprise de cette vérification qui ne figure pas dans la directive. On me répond qu’elle est conforme à la décision de durcissement de la directive. Lorsque j’ai demandé le texte de ce durcissement je n’ai pas obtenu de réponse. Que dois-je faire maintenant ? La vie est trop chère à Beyrouth… on ne s’attendait pas à cette attente prolongée ». La conséquence actuelle est l’impossibilité pour B. et sa famille de retourner en Libye (nouvelle exigence de visa) et en Syrie (toute personne dont le passeport porte un tampon d’entrée en Libye se fait arrêter immédiatement).

Témoignage 4, « live », ça se passe en ce moment…

Beyrouth et le Caire

N.-H., syrienne, résidant en Suisse,

« J’ai pris rendez-vous à l’ambassade du Caire pour ma sœur et son fils de 12 ans qui avaient fui la Syrie vers l’Egypte fin 2011. Ils ont un permis de séjour égyptien provisoire qu’ils doivent renouveler régulièrement pour ne pas se faire refouler vers la Syrie ou bien se faire arrêter comme c’est le sort de beaucoup de Syriens depuis le 30 juin 2013. Dix jours après ils ont reçu une réponse négative, probablement parce qu’ils ont ce permis de séjour provisoire. Son fils doit travailler pour subvenir à leurs besoins et ils ont dû s’acquitter des frais de visa qui ne sont pas remboursables et qui sont de l’ordre de 85.- CHF par personne qui est une somme non négligeable pour les Syriens aujourd’hui.

J’ai également pris rendez-vous à l’ambassade de Beyrouth pour ma sœur et ses deux filles de 17 et 19 ans et qui sont restées jusque là à Homs en Syrie. Elle avait perdu sa maison et a dû habiter al-Waer qui devient un quartier presque assiégé et bombardé quotidiennement. Son mari a disparu et son fils de 17 ans vit en clandestinité. Elles ont quitté la Syrie pour se rendre à l’ambassade à Beyrouth le 11 novembre. Depuis cette date elles attendent une réponse qu’elles pensaient pouvoir obtenir rapidement. La vie à Beyrouth est trop chère et elles s’y retrouvent bloquées. »

Peut-être serait-il approprié d’envisager au moins  le remboursement des frais, surtout si l’on se dirige vers un traitement des dossiers similaire à celui des iraquiens, à Damas, il n’y a pas si longtemps. 85.- CHF c’est vraiment une somme importante pour un Syrien aujourd’hui.

La Suisse ne peut accueillir toute la misère du monde nous dit-on volontiers. C’est vrai! Mais elle doit en accepter sa part, et elle a le privilège de pouvoir décider de son action, ce qui implique une responsabilité. D’autres pays, comme l’Italie ou la Bulgarie n’ont eu pas ce choix. La Suède, elle, a choisi de faire face à cette responsabilité.

Suède (9.5 millions d’habitants): 16’000 réfugiés syriens accueillis aujourd’hui, prédiction pour fin 2014: 50’000, suite à la facilitation du regroupement familial. Les suédois en sont fiers.

Gaza (1,5 millions d’habitants) a déjà accueilli 1600 réfugiés syriens.

Suisse (8 millions d’habitants): très peu de Syriens ont obtenu l’asile (~600 ?), 1800 requérants d’asiles syriens attendent toujours une réponse aujourd’hui; prédiction pour fin 2014: 2000? Moins? Le  regroupement familial ferait probablement prendre à la Suisse un « risque humanitaire » de 15’000 à 20’000 réfugiés syriens, ayant tous de la famille en Suisse, il semble donc assez logique qu’ils cherchent à la rejoindre, que feriez-vous? Certains resterons, si le conflit se prolonge, peu si l’occident prend ses responsabilités rapidement. Pour comparaison, la Suisse a accueilli 14’000 hongrois en 1956.

La charge est-elle financièrement supportable pour la Suisse? Si la Suède peut l’assumer, il est probable que la Suisse le peut aussi. Est-ce que  cela  remplace l’aide à apporter sur place? Sûrement pas!

« La Suisse fait déjà beaucoup » aime-t-on dire ici en Suisse. Bien sûr, la Suisse assiste financièrement la Croix Rouge, mais la Croix Rouge ne travaille qu’avec le régime en Syrie, régime qui détourne la grande majorité de cette aide. Reste les pays voisins évidemment. L’aide totale de la Suisse à la Syrie est de l’ordre de 50 Mio de CHF (communiqué du DFAE à FSD du 10.12.2013), dans les faits cela fait finalement 1.- CHF par an, par syrien déplacé. Il faudrait donc 365 pays aussi généreux que la Suisse juste pour qu’ils mangent un tout petit peu. A l’aide!

Nous demandons une fois de plus à la Suisse de reconsidérer sa politique de visas humanitaires et sa politique d’asile vis à vis d’une population syrienne victime aujourd’hui d’intérêts régionaux sans rapport réel avec sa révolution populaire.

Veuillez agréer, Madame la conseillère fédérale, nos salutations distinguées.

Comité de FemmeS pour la Démocratie

Co-signataires :

Help Syrians, Vevey

Amis du peuple syrien, Lausanne

SwissYria, Zürich

Collectif Jasmin, Genève