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Le Régime Assad C’est ça: 7

« Les tortionnaires tapaient la tête d’un détenu contre le sol comme si c’était une balle qu’ils faisaient rebondir par terre. Soudainement on a entendu un râle suivi d’un silence et ensuite les voix des geôliers qui disaient: c’est fini, c’est fini, l’animal est mort. » dit Lola

Une fenêtre sur la souffrance des femmes syriennes dans les prisons d’Assad

Film documentaire du site Zaman Alwasl, .

Traduit de l’arabe par FSD. 2e partie de la traduction des témoignages du film.

Les arrestations arbitraires:

Début 2011, lorsque les Syrien.ne.s sont sorti.e.s dans les rues pour manifester pacifiquement et réclamer des réformes démocratiques, les autorités ont répliqué par la force et par une répression constamment croissante, avec des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et la torture. Selon le Réseau Euro-Méditerranéen pour les Droits de l’Homme (REMDH) des milliers de femmes ont alors été arrêtées et beaucoup parmi elles se trouvent aujourd’hui encore en détention.

Selon le REMDH, le niveau de ciblage des femmes en Syrie a atteint l’un des pires niveaux dans le monde.

(Voir la suite de l’introduction et la 1ère partie du témoignage…..)

Selon le REMDH, le niveau de ciblage des femmes en Syrie a atteint l’un des pires niveaux dans le monde.

Témoignages, 2e partie

Témoignage de l’ancienne détenue Aïcha

Aïcha, enseignante. Elle s’est fait arrêter dans sa maison, à Alep. La raison de l’arrestation était son activisme sur Facebook et son soutien aux manifestations. Sa détention a duré 12 mois. Elle a été détenue par les Moukhabarat de la sécurité militaire à Alep, ensuite elle a été transférée à la branche des Moukhabarat nommée « Palestine » à Damas avant d’arriver à la prison centrale de Aadra.

Cause de sa détention: Active sur Facebook en soutien aux manifestations. Durée: 12 mois de détention

L’injustice:

« Ils n’ont aucune pitié. Les cellules de la prison étaient pleines. Certain.e.s  détenu.e.s n’avaient jamais eu la moindre activité politique… personne n’était épargné de la détention. Il y avait même de vieilles femmes, certaines avaient même perdu la raison et n’avaient déjà plus de mémoire, mais il y avait aussi des hommes d’ âge avancé. La torture sans merci n’épargnait personne. On entendait la voix d’ hommes de tous âge, soumis à la torture, qui perdaient parfois conscience, alors un médecin arrivait pour leur administrer une injection pour les ramener au monde des vivants pour qu’ils puissent encore être torturés. »

« Et la misère a commencé… on peut dire que c’était le début de la mort que l’on continue à vivre aujourd’hui. On m’accusait d’être activiste sur facebook et c’était la raison de la torture que j’ai subi. Avec la torture ont commencé les questions, l’humiliation et l’injustice. Cette injustice qui n’a pas de pareil sur cette terre et je pense qu’elle a même dépassé celle vécue sous le règne d’Hitler. J’ai passé 19 jours de détention dans la prison des Moukhabarat de la sécurité militaire à Alep. Nous y avons vu toutes les sortes d’injustice et ce que nous n’avons pas vu de nos yeux nous l’avons entendu avec nos oreilles. Toutes les nuits ils sortaient les corps des détenus décédés emballés dans des couvertures noires

« Les opérations de torture se font en continu jour et nuit. Nous, on pouvait voir tous les jours les détenus suspendus par leurs poignets tout le long du couloir de la prison des Moukhabarat de la sécurité militaire à Alep. »

A la prison de la branche des Moukhabarat “ Palestine”:

« Un matin vers 05:00, nous avons été transférés en bus, les yeux bandés et les bras menottés, de la prison des Moukhabarat de la sécurité militaire à Alep, vers une destination inconnue de nous. On était trois femmes et environ 60 hommes. Pendant tout le trajet on recevait des coups de toute part et les crachats des gardiens qui fumaient et éteignaient leurs cigarettes sur nos corps. J’ai fini par me laisser tomber au sol du bus tellement j’étais épuisée. Durant le voyage, le bus s’est arrêté à Hama et on a appris qu’on allait y passer un jour à la prison des Moukhabarat de la sécurité militaire de Hama. L’endroit était horrible, c’est dans des toilettes que nous, les 3 femmes, avons dû rester. » 

«27 jours plus tard on a repris la route vers l’inconnu. C’est une sensation pénible de ne pas savoir vers quelle destination on est emmené, vers quel abattoir ou vers quelle exécution, on ne le savait pas. Il n’y a pas de mots pour décrire le sentiment qu’on a. On a été transféré cette fois dans une voiture sécurisée. En arrivant, on a su qu’on a été emmenés vers la prison de la branche « Palestine » à Damas. Là on a commencé une nouvelle vie et une nouvelle période de torture malgré le fait que, vu les rapports politiques nous concernant, on était soumises à moins de pression que d’autres femmes. En arrivant, on a vu des cadavres en décomposition et les odeurs qu’ils dégageaient. L’odeur du sang était omniprésente jour et nuit et on entendait continuellement les voix des officiers en cours d’interrogatoires. A chaque fois qu’un détenu torturé criait et appelait Dieu à l’aide, on redoublait la torture. On entendait dire que cette branche était appelée la branche oubliée parce que certains détenus étaient délaissés jusqu’à ce que la mort les emporte. Cette idée en soi nous horrifiait. Nous avons été tellement tabassées, torturées psychologiquement et physiquement, même la douche était utilisée pour nous torturer. Trois d’entre nous ont été tellement tabassées et torturées qu’elles ont perdu la mémoire. L’une d’entre elles l’a récupérée 15 jours plus tard mais pour les deux autres ça a duré plus longtemps.»

« Le cas le plus difficile que j’ai vu c’était une jeune femme de 18 ans qui était avec nous. Cette femme était enceinte lorsqu’elle s’est fait arrêter, mais elle ne le savait pas encore. C’était une personne simple d’esprit qui ne réfléchit pas beaucoup. Un matin où nous allions à la salle de bain, elle a vu qu’il y avait une fenêtre en haut du mûr. Elle a essayé de grimper juste pour voir le ciel dont elle rêvait après une longue période de détention sans voir ni le ciel, ni la lumière et sans air frais non plus. En essayant de grimper, elle est tombée et cela lui a provoqué des saignements vaginaux. Dans de tel cas, normalement, on appelle un médecin ou bien on la transfère à l’hôpital mais à la branche « Palestine » tout ça n’existe pas. Elle a fait une fausse couche sans aucune aide, sauf celle des autres détenues qui ont tenté de l’entourer. Elle semblait en état d’agonie suite à la souffrance extrême qu’elle endurait. Elle a passé toute la journée dans cet état et lorsqu’un geôlier passait, il lui crachait dessus et lui souhaitait la mort. On le suppliait d’appeler un médecin pour elle, mais sans résultat. Finalement elle s’en est sortie malgré le fait que le foetus était déjà dans son 3e mois. Ce qui s’est passé ce jpur là nous a peinées encore davantage, surtout le fait de voir l’absence de toute volonté d’apporter une aide médicale chez les geôliers et leur mépris de la vie des détenues.

La situation la plus dure que j’ai vécue moi-même, c’était lorsque je suis entrée dans un état très proche d’une perte de conscience. Je ne pouvais plus résister à l’épuisement physique, ni aux cris de la torture, à l’odeur du sang, ou même au fait de marcher sur le sang des détenus qui était partout sur le sol. Alors j’ai perdu tout désir de rester en vie. Lorsque finalement j’ai perdu complètement conscience, les autres femmes ont appelé le geôlier qui m’a sortie dans le couloir en me menaçant de coups pour me réveiller. J’ai été abandonnée dans le couloir et j’étais glacée car on était en février. Finalement, il y a eu une personne, soi-disant un infirmier, qui a tenté de me prendre la pression mais sans succès, car elle était très basse. Cet homme est resté à côté de moi en essayant de me parler jusqu’à ce que je puisse ouvrir les yeux. J’ai passé les trois mois là-bas sans avoir la force de faire quoique ce soit… j’étais comme inconsciente. D’ailleurs, toutes les détenues là-bas sont amenées à prendre des positions physiquement très difficiles pour les articulations, en particulier les genoux, au point que nous nous demandions si nous serions encore capable de marcher une fois libérées. Nous avions de sérieux doutes à ce sujet ».

La prison centrale de Aadra

« Finalement l’officier responsable de mon interrogatoire a signé la décision de me laisser sortir à cause de mon état de santé. J’ai cru que j’allais enfin rentrer à la maison. J’ai été surprise de constater mon transfert, avec d’autres femmes, au tribunal des affaires de terrorisme. Ensuite nous avons été attribuées à la prison de Aadra, en dépôt, en attendant la suite. »

Le coût de la liberté

« Actuellement, nous sommes en Turquie et nous avons beaucoup de peine et de difficultés psychologiques. On ne peut pas oublier que les autres détenu.e.s sont toujours dans les cellules dans les sous-sols des Moukhabarat et font face à la torture. La seule chose qu’on peut faire c’est de prier pour leur liberté. »

« Nous nous sommes rangées du côté de ce qui est juste, mais nous n’avons eu personne pour nous soutenir »

« Nous continuons à attendre la libération des autres détenu.e.s qui se trouvent dans les prisons et dans les geôles des Moukhabarat où l’oppression et l’injustice n’a pas de fin. Aucune détenue ne pourra dormir tranquille avant la libération du dernier détenu des geôles du régime Assad. On prie pour qu’ils soient libérés enfin comme nous l’avons été, mais aussi qu’il trouvent une l’aide adéquate à leur sortie. Nous avons tout perdu, mais nous n’avons pas perdu notre bataille pour la vérité et pour ce qui est juste et nous y sommes attachées pour l’avenir de notre pays. Nous continuons à espérer de trouver du soutien pour y arriver finalement. »

Lola al-Agha, mariée et mère de quatre enfants. Elle s’est faite arrêter deux fois, la première elle a été accusée de prendre part aux manifestations et la deuxième suite à l’arrestation de son mari. Elle a passé trois ans en détention. Lors de sa détention elle a été d’abord arrêtée par les Moukhabarat de l’armée de l’air à Alep, ensuite par les Moukhabarat de la sécurité militaire, elle a ensuite été transférée à la branche des Moukhabarat nommée « Palestine » à Damas avant d’arriver à la prison centrale de Aadra.

Lola, mariée et mère de 4 enfants.

L’injustice:

« J’ai demandé à mes voisins s’ils avaient vu mon mari, ils m’ont dit que les Moukhabarat politiques sont venu le prendre le lendemain. Mon mari n’est pas un opposant ni quelqu’un qui dit ce qu’il pense. Il s’occupait juste de ses propres affaires » 

« Le jour de mon arrestation il y avait beaucoup de jeunes hommes arrêtés là-bas et à chaque fois qu’on était amenée à sortir de la cellule on sentait l’odeur forte du sang, ce qui me provoquait à chaque fois une nausée. Avec cette odeur il y avait le sang répandu un peu partour sur les murs des couloirs et sur le sol. On nous donnait des couvertures pleine de vers des cadavres en décomposition et on était obligé.e.s de se couvrir avec. La souffrance psychologique dépassait de loin celle du corps. Tous les jours on attendait son tour pour mourir. On se réveillait avec les cris des hommes torturés lors des interrogatoires. Un jour nous nous sommes réveillées avec les bruits de la torture d’un homme. Les tortionnaires tapaient sa tête contre le sol comme si c’était une balle qu’ils faisaient rebondir par terre. Soudainement on a entendu un râle suivi d’un silence et ensuite les voix des geôliers qui disaient: c’est fini, c’est fini, l’animal est mort. ».

La prison de la branche des Moukhabarat nommée Palestine:

« On a été transférées à la prison des Moukhabarat « Palestine » à Damas. Celui qui y entre peut être considéré comme disparu et pour celui qui en sort c’est comme s’il venait de renaître. En y arrivant je me suis retrouvée dans une pièce ou il y avait 31 femmes »

« J’y suis restée trois mois sans que quiconque ne me demande qui j’étais, ceci me pesait beaucoup.  D’autres femmes sont restées six mois sans que personne ne s’adresse à elles. On se sentait comme oubliées. On pensait qu’on allait y rester à vie. La branche Palestine est synonyme de mort, celui qui en sort, il renaît. »

La prison de Aadra:

« Trois mois plus tard j’ai quitté le siège des Moukhabarat « Palestine » et j’ai été transférée à la prison de Aadra. En arrivant j’ai retrouvé les femmes qui avaient été détenues avec moi dans la branche de « Palestine » et qui en étaient sorties deux mois plus tôt. Nous pensions qu’elles avaient été libérées et qu’elles  étaient rentrées chez elles et j’ai été très surprise de les voir encore en prison à Aadra. Elles étaient toujours en attente d’être appelées devant le juge. Là j’ai pensé que la prison allait être notre vie pour toujours et que notre libération faisait partie de l’impossible et que nous allions être transférées perpétuellement d’un lieu de détention à un autre. »

« 17 jours plus tard j’ai été appelée à comparaître devant le juge. C’était une femme nommée Khouloud , connue pour ses jugements et  l’impossibilité d’être reconnu.e « innocent.e » et d’être « libéré.e » , pour tous les opposant.e.s au régime. Elle a décidé de m’arrêter et j’ai alors passé un an dans la prison de Aadra. Ensuite, il y a eu un changement de juge qui a ordonné ma libération sous caution. Cette caution a été payé et je me préparais à sortir lorsque l’officier de la prison m’a informée que j’étais demandée par la branche des Moukhabarat de la sécurité politique. »

« Le lendemain j’ai été envoyée à la branche de la sécurité politique, l’accueil y fût une pure humiliation et plein d’insultes. » 

Mariam, femme d’intérieur, mariée et mère de deux enfants. Elle s’est faite arrêter lorsqu’elle quittait sa maison suite à la mort de son mari, ciblé par un sniper en essayant d’acheter du pain. La seule cause de son arrestation est qu’elle est une habitante de Daraya. Elle est restée en détention 18 mois. Pendant sa détention elle est passée par les Moukhabarat de l’armée de l’air à l’aéroport militaire de Mazzeh à Damas, par la branche des Moukhabarat des Missions, la branche des Moukhabarat de région avant d’arriver à la prison centrale de Aadra.

Elle s’est faite arrêter en quittant sa maison suite à la mort de son mari par une balle d’un tireur d’élite du régime alors qu’il essayait d’acheter du pain pour sa famille.

L’injustice:

« Là-bas il y avait un homme près de moi, la cinquantaine. Il était assis sur un tronc d’arbre, les bras attachés derrière lui, un sac en plastique noir couvrait sa tête et ses jambes étaient plongées dans une bac rouge plein d’eau. Un homme se tenait à côté de lui avec un câble électrique à la main. De temps en temps, ce dernier plongeait le bout du câble dans l’eau , et là on entendait les hurlements du prisonnier. J’ai assisté à ce spectacle pendant 4 minutes avant que les geôliers ne demandent à leur chef, dans un bureau adjacent, s’il fallait me faire entrer moi d’abord ou bien cet homme torturé. Il leur a répondu: « Amenez-moi d’abord cet homme pour que j’en finisse ». Ils ont trainé le détenu vers le bureau et je pouvais entendre même leurs respirations avant d’entendre les coups qui s’abattaient sur lui. Ces coups étaient tellement forts qu’on pouvait difficilement croire que c’est un humain qui les recevait et non pas un mur. L’homme hurlait de douleur et j’entendais le chef lui demander de reconnaître ce qu’il a fait et lui jurant n’avoir rien fait et n’avoir aucune information à donner. Le chef ordonnat à l’un de ses hommes d’aller chercher le bâton pointu en disant: « Je vais l’empaler pour le forcer à reconnaître les choses! ». Depuis cet instant j’étais à l’écoute du moindre bruit pour savoir si ce que j’entendais était vraiment réel et je priais Dieu, le coeur serré, car j’avais trop peur pour cet homme. Je les ai entendu les apporter le pieu qu’ils ont emmené dans le bureau et ensuite j’ai entendu un cri perçant qui ne ressemblait en rien à un cri humain, un cri indescriptible suivi d’un silence. Le chef a ordonné que cet homme soit ramené dans sa cellule. Ils l’ont trainé comme si c’était un sac poubelle et ils sont passés devant moi… je les ai vu traîner cet homme ensanglanté. »

« Trois hommes se sont mis à me battre avec des tuyaux en plastique dur de couleur verte. Je leur ai demandé la raison de ces coups et ils m’ont répondu « Tu viens de Daraya et tu demandes pourquoi? ». J’ai dit que je n’était pas la seule femme de Daraya à devoir porter les soucis de cette ville. Le responsable de l’interrogatoire a demandé à l’un de ses hommes d’aller chercher un chalumeau en disant: « Ces gens ont la grosse tête et il faut les écraser pour qu’ils comprennent». Lorsque j’ai entendu le bruit fait par la bonbonne de gaz en entrant dans la pièce je leur ai dit que je voulais bien tout reconnaître. Cependant je ne savais vraiment pas ce que j’allais leur dire, je voulais juste éviter d’être brûlée. On m’a demandé des informations concernant mon mari, ils voulaient savoir avec quel groupe il était. Je leur ai dit qu’il n’avait rien à faire avec les groupes armés et que c’était ça la stricte réalité, qu’il était allé ce jour là nous chercher du pain. Je me suis mise à jurer au nom de Dieu. Il m’a dit qu’il fallait laisser Dieu de côté sinon il irait le descendre sur terre. Finalement il a demandé à ses hommes de me suspendre par les poignets. Pour moi être suspendue était moins terrifiant que la brûlure. Deux hommes m’ont trainée vers une pièce, m’ont approchée près du mûr et ils m’ont tordue les bras derrière mon dos avec beaucoup de force en essayant de joindre mes deux mains, mais ils n’ont pas pu. L’un d’eux a dit au responsable: «Monsieur, ses bras sont courts, on n’arrive pas à les joindre ». Le responsable leur a alors ordonné de me les casser si nécessaire. Ils se sont mis à deux à tordre mes bras et ils ont attaché mes poignets derrière mon dos avec une attache en plastique. J’avais un bandeau sur les yeux, je ne pouvais rien voir mais j’entendais le bruit du dispositif qui tournait pour me soulever par mes poignets. Ce faisant j’ai basculé, la tête en bas et mon corps en-dessus. J’ai senti mes bras s’arracher de mon corps. Là j’ai commencé à pleurer et à hurler de douleur en les suppliant de me relâcher. Le responsable de l’interrogatoire a ordonné à ses hommes de me laisser comme ça. ».

………

Postface de l’éditeur:

– Les arrestations ne datent pas de 2011 et la détention n’était pas juste un moyen pour faire face aux protestations. La détention est l’une des pratiques principales qui constituent la nature du régime Assad. Tout le monde sait qu’il y a 13 branches de Moukhabarat en Syrie et chaque branche a sa ou ses prisons. Certaines de ces prisons sont connues et d’autres sont secrètes, certaines sont connues sous un numéro et d’autres par un nom, mais elles sont toutes très actives depuis le début des années du pouvoir de la famille Assad.

– La prison de Aadra est censée être une prison civile mais elle ne diffère pas beaucoup des prisons des branches des Moukhabarat. Toutes ces prisons sont des lieux de détention qui ne sont soumis à aucun pouvoir judiciaire réel et ne respectent aucune loi ou règlement.

– L’arrivée à la prison de Aadra pour les cas de droit commun pourrait être un pas vers la lumière mais il n’est pas toujours certain qu’il mènerait à la liberté. Ceux qui ont acheminé une détenue vers Aadra sont capables de la faire disparaître à nouveau.

– La plupart des prisons des Moukhabarat se trouvent dans les sous-sol, elles sont dépourvues de fenêtres, leurs mûrs sont épais, l’air y est très humide, le sol est imprégné de sang et de larmes et sa poussière n’est rien d’autre que des âmes des détenu.e.s mort.e.s en silence.

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Le régime Assad c’est ça: 4

«Parce que mes chaussures ressemblaient à celles d’une autre, j’ai perdu ma virginité et ils m’ont violée en bande et à répétitions!»

Témoignage de l’ancienne détenue Aaïda al-Haj Youssuf*, Traduit par FSD d’un article paru sur Zaman al-Wasl le 27.11.2018, en arabe:  

Prison de Aadra, Damas

Dans les prisons d’Assad -où se passent les pires exactions criminelles- les moments sont tous pareils, les minutes peinent à passer, chaque jour ressemble à son précédent, les visages peuvent changer, mais la souffrance accumulée est la même et c’est elle qui prévaut, avec de légères différences dans les détails des histoires des détenues; des histoires qui restent pourtant similaires.

Certains des événements douloureux qui nous ont le plus affligées, moi et les autres détenues, sont profondément ancrés dans ma mémoire et ne la quittent jamais. Les plus marquants se passaient pendant cette heure du soir où des femmes détenues dans les branches du service de renseignement (Moukhabarat) sont amenées à la section des accusées de terrorisme de la prison d’Aadra. Pendant ces moments toutes les prisonnières de cette section s’affairaient  comme des abeilles pour essayer de soulager la souffrance des nouvelles arrivées. Elles s’activaient  pour chauffer de l’eau pour les douches, pour faire de la place dans la cellule collective, pour arranger les restes de nourriture et rechercher des vêtements usés ici et là, souvent sans succès.

Après un séjour sinistre dans les branches des Moukhabarat, il y a parmi ces femmes qui arrivent à la prison de Aadra, celles qui quittent la prison dès la première session du semblant de procès qui suit, et d’autres qui attendent encore aujourd’hui leur libération ou une décision à leur sujet.

Un soir, un mois environ après mon arrivée dans cette prison, les Moukhabarat ont transfèré à la section du « terrorisme » de Aadra des femmes dont la majeure partie avaient été préalablement détenues dans la branche des Moukhabarat de l’armée de l’air. Parmi ces femmes, il y avait une jeune femme de 23 ans, brune, maigre, grande, vêtue d’un manteau noir, d’un voile noir et de chaussures blanches. Elle pleurait le plus souvent, puis se calmait sans réelle raison. Sa fatigue et son épuisement étaient bien visibles. De nombreuses cicatrices couvraient tout son corps: des hématomes, des traces de brûlures, des traces d’électrocution et des tâches de couleur rose indiquant la cicatrisation d’autres blessures. Il était évident qu’elle avait subi une torture extrêmement dure. Cette jeune femme était très semblable à toutes les autres détenues, mais d’elle se dégageait un sentiment de bonté et d’infinie simplicité.

En parlant avec elle pour la réconforter j’appris qu’elle était détenue depuis quatre mois suite à son arrestation par les Moukhabarat près de la campagne est de Damas, que lors de son arrestation elle portait une burqa qui lui a été  confisquée immédiatement, et qu’elle n’avait reçu qu’une éducation primaire. Elle m’a demandé si le saignement vaginal dont elle souffrait affecterait sa santé. J’ai été choquée quand elle m’a confié ses craintes d’être enceinte parce qu’elle avait perdu sa virginité dans la branche des Moukhabarat de l’armée de l’air lors d’un viol qu’elle y avait subi. Elle m’a rapporté que son violeur disait: «C’est ça ce que vous vouliez, c’est de votre faute si on en est arrivé là. C’est vous les traîtres et les collaborateurs». Elle m’a dit, et son visage traduisait sa honte, que plusieurs membres de cette branche se sont succédés pour la violer à plusieurs reprises. Et elle a ajouté, “ces salauds ne m’ont même pas donné une pilule pour éviter une grossesse, et pendant ces quatre mois je n’ai pas pu me laver une seule fois ». Elle m’a demandé si elle devait informer sa famille des viols dont elle avait été victime. Ne sachant quoi lui conseiller j’ai évité de lui donner une réponse. En même temps, j’ai senti la colère monter en moi et une tension énorme m’envahir car j’aurais tellement voulu lui dire oui, il faut absolument en parler. Beaucoup de femmes détenues ont subi le même sort que cette jeune femme et la plupart d’entre elles ont gardé ce secret pour elles!

Elle avait besoin de comprendre les raisons de la torture qu’elle avait subi. Ils l’avaient torturée pour lui extorquer les « aveux » qu’ils voulaient entendre, à savoir une supposée aide apportée aux « groupes armés » et de prétendues visites aux quartiers généraux secrets de ces derniers près de Damas. Elle ne pouvait rien reconnaître de tout cela car elle n’y comprenait rien.

Une semaine plus tard, elle a comparu devant le tribunal « contre le terrorisme». Le juge a ordonné son arrestation pour avoir aidé et financé les groupes armés! Elle a donc été renvoyée à la prison d’Aadra. A son retour, elle était complètement effondrée et  criait « Dites-moi  ce que j’ai fait pour mériter l’emprisonnement? ». J’aurais voulu lui répondre: « Ma petite, personne ne peut te dire pourquoi… car aucune des femmes qui sont dans cette section de la prison ne sait  pourquoi elle a été arrêtée et la majorité des accusations contre ces femmes sont fausses. Certaines sont accusées de livraison de pain ou de médicaments dans les zones assiégées, d’autres d’avoir soigné des blessés, ou encore d’avoir passé des informations. Ma petite, ici, toute action qui montre un peu d’humanité conduit à est une accusation qui pourrait t’amener à une exécution sommaire ou  à une mort lente en détention». 

Le cas de cette jeune femme n’a pas attiré l’attention de « Miriana », la « Poule d’or »** du directeur de la prison de Aadra, dont nous avons parlé dans les témoignages précédents, parce qu’elle était issue d’une famille pauvre. Au cours de son emprisonnement à Aadra, elle aidait d’autres femmes détenues, plus aisées financièrement, dans le but de gagner une petite somme d’argent pour pouvoir obtenir des produits d’hygiène et pour couvrir les frais de communications téléphoniques avec ses proches.

Deux mois et demi plus tard, elle a été surprise de recevoir la décision de sa libération dans laquelle elle a pu lire « arrêtée par erreur, à cause d’une similitude de chaussures ». A ses parents on a expliqué son arrestation  par le fait qu’une jeune femme travaillant avec les groupes armés aurait été sous surveillance des Moukhabarat et aurait porté des chaussures similaires à celles de leur fille! 

En guise d’adieu, ses derniers mots me furent adressés avec une voix innocente et une expression désemparée: «A cause d’une ressemblance de chaussures, j’ai perdu ma virginité et j’ai subi des viols répétés!».

Pendant ses quatre mois de détention dans les sous-sols de la branche des Moukhabarat d’Assad, les géôliers n’ont pas pu extorquer des aveux à cette jeune femme, malgré la torture, et n’ont su, comme des monstres déchaînés , que la violer et lui enlever ce bien si important pour une femme orientale, sa virginité!

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* Aïda al-Haj Youssuf a passé 8 mois à la prison d’Aadra en 2017, suite à son arrestation en décembre 2016 et sa détention dans une branche des Moukhabarat. A sa libération elle a fui la Syrie vers la Turquie et depuis elle publie ses témoignages, qui lui ont valu d’être agressée physiquement

https://en.zamanalwsl.net/news/article/37723/ 

** Miriana est une détenue à la prison d’Aadra, qui intervient auprès des détenues fortunées  comme  bras du directeur de la prison, pour leur soustraire de l’argent. En contre-partie elle a les faveurs du directeur.

https://www.zamanalwsl.net/news/article/94860/

Le Régime Assad c’est ça: 2

Témoignage de l’enfer de Saidnaya pendant le 4e jour de l’Aid al-Adha (fête du sacrifice) de septembre 2015

Par Ayman Akad, un jeune syrien.

Traduit de l’arabe par FSD (Source: Save the Rest)

« Pour moi, la fête du sacrifice  n’est plus aujourd’hui une occasion de célébration et de joie ou même un rite sacré, comme elle l’a été dans le passé. Au contraire, elle est aujourd’hui un lien avec un passé douloureux, des geôliers haineux et des détenus sans défense. Les voix des détenus et leurs visages sont accrochés à notre esprit. Ce n’est pas mon sentiment seulement,  mais c’est le sentiment de chaque détenu qui a vécu les jours de la fête entre les murs rouges de Saidnaya. J’écrit ces lignes pour faire savoir au monde entier la quantité de haine que nous avons subi dans la prison de Saidnaya, dans le bâtiment rouge, le quatrième jour de l’Aïd al-Adha, le 28-09-2015. Ce jour, nous avons perdu de nombreux co-détenus. C’est comme si nous avions été nous les sacrifices offerts par les geôliers à leur Dieu diabolique, le régime de l’oppression et de la tyrannie. Le plus âgé des détenus dans notre cellule n’avait pas plus de 18 ans. 

Après le coucher du soleil, dont nous n’avons pas vu un rayon ce jour-là, nous attendions notre tour pour la séance de torture, ils appelaient ça « la fête de torture ».

A chaque période de fêtes en détention à Saidnaya, les géôliers consacrent une journée à la torture de tous les détenus dans la prison. Nous étions dans la neuvième cellule, l’avant-dernière, au deuxième étage, nous entendions les sons des tortures au rez-de-chaussée et nous attendions notre tour à chaque instant. Nous entendions pêle-mêle les geôliers qui se vantaient et les détenus qui hurlaient de souffrance. On entendait le bruit des pas qui se rapprochaient, des insultes et des rires sinistres. Tenez-vous prêts!

C’était notre tour. Nous nous sommes mis à plat ventre, tous, les mains sur les yeux et nos yeux implorant Dieu de nous soulager de ce tourment ou de reprendre nos âmes qui ne désiraient plus que la mort. Le geôlier a appelé l’officier: Monsieur, ils sont prêts à la garderie (le plus âgé de cette cellule n’ayant pas 18 ans). 6 ou 7 hommes sont entrés avec l’officier, nous ne savions pas leur nombre exact, mais nous connaissons la quantité de haine qu’ ils nourrissaient. La punition a commencé par des insultes et des passages à tabac avec les matraques, des chaînes de char et des sceaux en fer.

Lorsqu’ils en ont eu fini avec nous, ils nous ont ordonné d’entrer dans la salle de bain et d’y passer la nuit, avec l’interdiction de dormir et d’en sortir. Nous étions 36 personnes entassées dans une salle de bain longue de deux mètres. Lorsque le jour s’est levé, plusieurs parmi nous avaient rendu l’âme. Leur seule faute était d’avoir rêvé de vivre. Nous avons sorti les corps de nos martyrs et nous avons été privés de manger pour que le jeûne contribue à notre mort. 

Au nom de quel livre divin dois-je prier pour ceux qui sont toujours vivants et qui résistent dans ces cellules obscures?

Je ne sais plus quoi dire, pourquoi j’écris, ni à qui. Qui dois-je supplier? 

Ces organisations qui ne font que réclamer et dénoncer?

Où bien ces arrivistes qui ont profité de la révolution pour se remplir les poches?

Je sais parfaitement qu’il existe là-haut un Seigneur qui a promis la victoire aux opprimés, même si ce n’est que plus tard.

Je m’adresse au Dieu d’Adam, de Jésus-Christ, de Moïse et de Joseph. “Toi seul tu connais leur état et leurs désirs, alors aide-les, exauce leurs souhaits et libère les. « 

Le régime Assad c’est ça: 1

Témoignage: « Il y avait avec nous, dans notre cellule, à l’un des sièges des services de renseignements, un enfant qui s’appelait Mohamad Rifa’i, de Zabadani (dans la campagne ouest de Damas). Mohamad a été emmené à l’interrogatoire et à son retour dans la cellule il avait été violé. Un quart d’heure après, il a rendu l’âme. Nous avons alors frappé à la porte de la cellule pour demander au geôlier d’ouvrir pour sortir son corps. Il a répondu d’ un ton moqueur:  « Attendez un peu, il pourrait encore accoucher d’un enfant ». Cette histoire me hante depuis».

Récit de Bashar Wanli, ancien détenu du régime syrien (de 2013 à 2017), lors du rassemblement de solidarité avec les détenus de la révolution syrienne et leurs familles devant l’ONU à Genève le 08.12.2018.

Rassemblement à Genève le 08.12.2018

 

 

STOP aux massacres en Syrie

« STOP aux massacres en Syrie! » était le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 10.02.2018, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une soixantaine de personnes. Une dizaine de rassemblements semblables ont eu lieu dans plusieurs villes en Europe et aux USA entre le 9 et le 11 février 2018. Plusieurs militants et militantes suisses et français se sont joints au rassemblement à Genève. Plusieurs personnalités syriennes sont venues de France pour y participer, Brita Hagi Hassan, ancien maire d’Alep-Est, Akram Al Ahmad, journaliste d’Idleb, de passage en France, et Bachar,  ancien détenu du régime Assad qui a passé quatre ans en détention et qui vient d’arriver en France.

Rassemblement devant l’ONU à Genève, le 10.02.2018

Les activistes qui ont pris la parole ont dénoncé l’intensification de l’offensive militaire des forces russes et de celles d’Assad dans les régions d’Idleb et de la Ghouta de Damas et ils ont appelé au boycott de la RussieIls ont dénoncé en particulier l’utilisation à répétition des armes chimiques, violant à maintes reprises les résolutions 2118, 2209 et 2235.

Ils ont rappelé qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad, ni avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix en Syrie alors qu’ils sont eux-deux des pays agresseurs et même envahisseurs;

– que toutes les interventions militaires étrangères sont condamnables y compris celle de la Turquie à Afrin et que les civils arabes et kurdes sont les principales victimes de ces interventions;

– qu’Il n’y a pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. 

 

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie, à la libération des détenus, à la levée des sièges et au départ de toutes les forces étrangères en Syrie, pour rendre possible une solution politique réelle et sérieuse.

Akram Al Ahmad, a parlé de la situation catastrophique à Idleb et du déplacement interne des habitants de Mua’arat Al-Nu’man et de Saraqeb, cette dernière ville qui a subi un bombardement avec du chlore toxique il y a moins d’une semaine. Il a dénoncé le ciblage par l’aviation russe et celle d’Assad des infrastructures, des installations médicales et des quartiers résidentiels. Il a également exprimé les craintes de la population d’Idleb suite aux manoeuvres du régime syrien pour laisser Daesh s’infiltrer à l’intérieur d’Idleb, ce qui laisse présager une action militaire semblable à celle de Raqqa qui a laissé cette dernière en ruine. Il a expliqué cette offensive barbare de la Russie comme étant une réaction primaire à l’échec de la conférence de Sotchi  boycottée par l’opposition.

Brita Hagi Hassan a  insisté sur la violation des résolutions du conseil de sécurité relatives à l’utilisation des armes chimiques:

« Tout le monde sait que le régime criminel d’Assad avait commis le massacre chimique dans al-Ghouta de Damas qui a coûté la vie à 1400 personnes en dix minutes. La majorité des victimes étaient des femmes et des enfants. Les armes chimiques ont été utilisées à répétition depuis cette date. Plus de 100 civils ont trouvé la mort à Khan Sheikun suite à l’utilisation de gaz sarin en avril 2017. 

Il y a quelques jours, la ville de Saraqeb à Idleb a été bombardée avec du Chlore gazeux. Dans le même contexte, les armes chimiques ont été utilisées plus de 150 fois au cours des années précédentes (depuis 2013). ». Il a aussi dénoncé les manoeuvres de l’ONU en vue de contourner ses propres résolutions (2118, 2254) afin de réhabiliter le dictateur criminel pour le maintenir à la tête de la Syrie. 

Vous pouvez trouver ces deux interventions avec leur traduction dans la vidéo:

https://www.facebook.com/eljazayeri/videos/1780148892067438/

Une transmission en direct par internet de l’intervention d’Abu Shadi, un activiste de l’intérieur de la Ghouta assiégée, a été effectuée pendant le rassemblement. Il a exprimé les craintes des habitants d’al-Ghouta relatives à un futur massacre chimique semblable de celui d’août 2013. Cette crainte vient du silence de la communauté internationale face à l’utilisation répétitive des armes chimiques à plus petite échelle,  qui rappelle les circonstances qui ont précédé le massacre de 2013. Son intervention peut être écoutée dans la vidéo (min 13:22):

https://www.facebook.com/hamidikaiss/videos/1461942057265588/

Bachar, ancien détenu et ressortissant de la Ghouta de Damas a finalement pris la parole pour dire qu’il travaillait dans l’aide humanitaire lorsqu’il s’est fait arrêter avec ses amis activistes. Il a dit être le seul survivant du groupe. Il a finalement enlevé son bonnet pour montrer à la foule les séquelles des tortures subies en détention soit: l’arrachement complet du cuir chevelu sur le dessus de son crâne, une blessure monstrueuse!

Le rassemblement s’est terminé par les chants de la révolution.

Plusieurs médias suisses étaient présentes.

FSD et CAA

Détenus en Syrie, que fait l’ONU?

Mercredi 22 juin 2016 16h30…
seuls une cinquantaine de personnes et un journaliste ont répondu à l’appel de FSD au rassemblement devant l’ONU. Pourtant le thème concernait les détenus en Syrie, qui risquent leur vie au quotidien, thème qui touche aux droits de l’homme et qui fait l’objet d’une charte de l’ONU!

Plus significative encore l’absence totale d’intérêt des personnes sortant de l’ONU à la fin de leur journée de travail, employés et diplomates confondus. Aucun n’a jugé utile le détour de quelques pas pour s’intéresser au thème du rassemblement. Mieux, la plupart modifièrent leur trajectoire pour éviter de recevoir un petit tract explicatif!

Distribution de tracts pour les détenus en Syrie, devant l’ONU à Genève, le 22.6.2016.

Distribution de tracts pour les détenus en Syrie, devant l’ONU à Genève, le 22.6.2016.

Il semble pourtant évident que les mobilisations organisées devant l’ONU sont en lien direct avec l’actualité de l’un ou l’autre des pays membres et, en principe, avec les activités supposées de l’ONU…Une question s’impose donc: quel est le rôle de l’ONU? et surtout , quelle est la motivation des personnes qui y travaillent? Juste l’argent, la posture et le “I feel deeply concerned” cher à Ban Ki-moon?

Ce qui se passe quotidiennement dans les centres de détention syriens est un crime contre l’Humanité et une violation de la charte des droits de l’Homme! Ce qui veut dire que l’ONU devrait se sentir concernée et s’impliquer en premier chef… Mais nous tous qui partageons les valeurs humaines les plus élémentaires devrions nous sentir concernés aussi; et nous devrions nous indigner du silence assourdissant de la communauté internationale et de l’ONU devant ces exactions abominables. Mais les Syriens restent désespérément seuls dans leur lutte pour les droits de l’homme.

La cage portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

La cage portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

Les participants au rassemblement se sont encagés sur la place des Nations pour symboliser la détention en Syrie; ceci dans le cadre de la campagne organisée à l’initiative des « Survivants de la Détention en Syrie » intitulée « Les Détenus D’abord”, avec pour but de faire porter la voix des détenus au-delà des murs de leurs prisons et au-delà de la Syrie. On estime leur nombre à 325’000 détenus et le nombre de morts par jour à 50 personnes.

FemmeS pour la Démocratie et le Réseau des Femmes Syriennes, co-organisateurs du rassemblement, se sont joints à l’initiative des « Survivants de la Détention en Syrie » pour cette campagne. Ils s’y sont joints aussi et surtout pour dénoncer l’utilisation de la libération des détenus dans le chantage politique lors des pourparlers, et pour réaffirmer que la libération des détenus doit passer avant toute négociation, conformément à la résolution 2254 de l’ONU.

Les activistes syriens encagés portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

Les activistes syriens encagés portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

Ibrahim Malki, avocat défenseur des détenus et activiste syrien réfugié en Suisse, qui a vécu lui-même la détention à quatre reprises pendant la révolution a parlé pour eux:
« … En Syrie il n’y a pas de prisons, il y a juste des centres de détention…
Le régime syrien est très créatif pour ses méthodes de répression et de torture…
Affamer les détenus en est une… dans l’un de ces centre de détention, le repas se limitait à un oeuf pour sept détenus…
Le régime Assad n’a rien à voir avec un régime politique, c’est un gang de criminels… ».

FSD

Rassemblement « Les Détenus D’abord »

Appel à un rassemblement de solidarité avec les détenus en Syrie
« Les détenus d’abord »
Mercredi 22.06.2016, 16:30 – 18:30, à la place des Nations, Genève

FSD se joint à la campagne été lancée à Paris le 11 juin 2016, et invite la diaspora syrienne et tous les amoureux de la liberté à se mobiliser en solidarité avec les détenus en Syrie, qui risquent leur vie dans l’obscurité. La question des détenus et de leurs conditions de détention est sans doute la question la plus douloureuse et la plus traumatisante pour le peuple syrien.

La documentation des cas des détenus reste un travail très difficile en Syrie à cause des craintes de représailles. Le nombre réel des détenus est estimé à 325’000 et le nombre de morts parmi les détenus est estimé à 50 par jour. Depuis 2011, plus de 11’000 détenus sont certifiés morts sous la torture, dont 157 enfants et 62 femmes.

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                          Les Détenus D’abord

Nous rappelons ici le texte de la campagne « Les détenus d’abord »:

« Les détenus sont la boussole de la révolution!
Les détenus d’abord

La politique internationale a négligé la cause de la libération des détenus d’opinion syriens et celle des otages innocents, ce qui amène à se poser des questions sur l’affaiblissement des droits fondamentaux. La cause des détenus a en effet été manipulée politiquement, en lien avec les accords politiques entre les parties au conflit (par la Russie, et les États-Unis d’Amérique).

La cause de la libération des détenus est soumise au chantage politique, ce qui est inacceptable pour les syriens, et pour tout être humain.

Nous condamnons l’incapacité du Conseil de sécurité d’appliquer l’article 12 de la résolution 2254 de l’ONU, qui exige, de manière explicite, la libération des détenus, surtout les femmes et les enfants.

Nous demandons à la communauté internationale de mettre en oeuvre ces dispositions sans délai.»

Nous commencerons notre rassemblement par une minute de silence pour les martyres de la révolution et en particulier pour les Syriens morts en détention. Nous lirons ensuite des témoignages d’anciens détenus.

Nous invitons les participants à prendre avec eux des photos de détenus syriens.

Forum L’Autre Genève, programme et expositions

Forum L’Autre Genève

Syrie. Pour la liberté, la démocratie, la paix et la justice sociale

La parole à des représentant.e.s de la société civile de Syrie

Vendredi 27 mai dès 19h15 documentaires, à 20h15 Forum
Samedi 28 mai, workshops dès 10h45, séance de clôture à 19h15

Avec deux expositions samedi le 28 mai:

« Au coeur de la machine de mort syrienne » (Photos de César)

Tableaux du caricaturiste Hani Abbas « La souffrance des détenus »

Organisé par le site alencontre.org, Editions Page 2, FemmeS pour la Démocratie

UneAG

La «situation en Syrie», pour l’essentiel, est traitée sous l’éclairage de négociations internationales et régionales. A tel point que le dessein du clan Assad de «rendre invisible le peuple syrien» est souvent atteint.

L’Autre Genève se veut une contribution visant à contrecarrer à la fois l’ignorance et l’indifférence face aux combats d’une population asservie, depuis longtemps, par une dictature implacable. Ses multiples luttes traduisent une profonde aspiration à la liberté, à la dignité, à la justice sociale et à une paix consolidée par le jugement des responsables de crimes ayant peu de précédents.

Quelque 400’000 morts; plus de 325’000 de détenus et de disparus. Des millions de réfugié·e·s ont fui les bombardements du régime. Et, depuis octobre 2015, ceux de l’aviation russe. S’y ajoutent celles et ceux qui veulent échapper aux pires forfaits de Daech.

Le refus par les diverses forces de l’opposition démocratique d’une prétendue transition démocratique sous la présidence de Bachar el-Assad est validé par la pratique passée et présente du régime Assad, ainsi que de ses alliés régionaux et internationaux. Et pourtant c’est une «solution de ce genre» qui se dessine lors de prétendues négociations à Genève, placées sous l’égide de l’ONU et des Etats impliqués dans le conflit, sans prendre en compte la volonté du peuple syrien.

L’Autre Genève va permettre à des Syriennes et Syriens – de générations et de sensibilités politiques et culturelles différentes – d’exprimer les raisons de leur engagement à la fois contre la barbarie de Bachar el-Assad et contre celle du soi-disant Etat islamique.

Dès l’instauration d’une trêve relative, le 27 février 2016, dans de nombreuses villes et bourgades, la population, épuisée, est descendue dans la rue, avec des drapeaux de la révolution pour exiger la paix et le départ de Bachar, comme de l’EI et de forces analogues.

Devant ce peuple, tu n’as pas d’autres alternatives que le départ
« Devant ce peuple, tu n’as pas d’autres alternatives que le départ »
Le combat de la population syrienne retrouvait sa visibilité. La riposte du pouvoir fut immédiate: bombarder ces villes et bourgades, souvent assiégées et condamnées à la famine. La dictature voulait rendre inaudible et insaisissable cette fraction d’une population martyrisée qui clame, encore et toujours, des idéaux affirmés dès mars 2011, et même avant.

Les combattant·e·s de la révolution syrienne initiée en 2011 se sont vu refuser l’armement défensif nécessaire pour faire face à un régime dont la force militaire a pour fonction de mater et terroriser la population et d’assurer la perpétuation de sa mainmise sur le pays. L’impasse des affrontements militaires favorisa les interventions multiples de puissances internationales et régionales, visant chacune ses propres buts. Le désastre irakien, issu de l’intervention américaine en 2003, avait amorcé la redistribution des cartes dans la région. Il en résulta, en quelque sorte, une expropriation des buts essentiels – anti-dictatoriaux et démocratiques – de la majorité de la population de Syrie.

L’Autre Genève s’inscrit contre «l’indifférence qui œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre.» (Gramsci) L’Autre Genève doit faire écho à toutes les actions et toutes les voix de ceux et celles qui, en Syrie, dans les innombrables camps de réfugiés et en exil, perpétuent des idéaux devant bouleverser une situation que les dominants présentent comme une fatalité.

Les intervenants sont:

Intervenants

Ces voix et ces actions seront présentes le vendredi 27 mai et le samedi 28 mai à Genève. Le programme détaillé peut être téléchargé ici:

Programme détaillé.

La vérité sur la chute de Palmyre (1/4)

Le 20 mai 2015 Daech (Etat Islamique) s’empare de Palmyre, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, après le retrait de l’armée syrienne d’Assad, préparé une semaine plus tôt. Le convoi de Daech traverse le désert en toute tranquillité sans qu’il soit ciblé par l’aviation d’Assad ou de la coalition internationale. Le 30 mai, Daech fait exploser la prison de Palmyre qui recèle la triste mémoire de tortures sauvages et d’exécutions sommaires des prisonniers des années huitante. Bien plus tard, Daech commence à détruire certains sites archéologiques de Palmyre.
Récemment l’ancien procureur général de Palmyre, Mohamad Qassim Nasser, quitte la Syrie, fait défection et n’hésite pas à livrer des détails révélateurs relatifs à la relation entre Daech et le régime Assad et à l’implication du régime dans la chute de Palmyre.
Il est utile de rappeler ici que Palmyre a rejoint la révolution syrienne très rapidement et qu’elle a été l’un de ses bastions (voir  Un oeil sur la Syrie, 21 mai 2015). 
FSD publie ici une traduction de l’interview de M. Q. Nasser. Source : http://www.rp-syria.com/blog/archives/56010

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Ex-responsable syrien révèle des détails étonnants sur

la chute dePalmyre et la relation entre

Daech et le régime Assad

(1ère partie 1/4)

Ex-procureur général de Palmyre, Mohamad Qassim Nasser, révèle la relation de Daech avec Bachar Assad et la chute de Palmyre. Source: https://www.youtube.com/watch?v=p3oT0nx8L30

Ex-procureur général de Palmyre, Mohamad Qassim Nasser, révèle la relation de Daech avec le régime Assad et la chute de Palmyre. Voir: https://www.youtube.com/watch?v=Vc0GMptFLfs

Ancien procureur général de la ville de Palmyre en Syrie, le juge Mohamad Qassim Nasser a révélé les détails des dernières heures avant la chute, entre les mains de Daech (Etat Islamique), de cette ville inscrite sur la Liste du patrimoine mondial. Il a également apporté des «preuves» concernant les relations que le régime syrien entretient avec Daech et comment il a facilité l’opération de la prise de contrôle de Palmyre par Daech l’an dernier. Il a parlé d’un plan commun entre la Russie et le régime pour rayer Palmyre de la carte, à des fins multiples.

Nasser dit au début de son interview, en se présentant «Je suis de Palmyre, j’ai été nommé procureur général de la ville début 2013 et je suis resté à ce poste jusqu’au milieu de 2015, moment où Daech a attaqué la ville. Ensuite j’ai été transféré à la ville de Homs (le siège du gouvernorat du même nom et dont Palmyre dépend administrativement) et j’y ai exercé mes fonctions jusqu’à la fin de 2015 où j’ai quitté la Syrie. La fonction que j’ai occupé est considérée comme étant le poste gouvernemental le plus important et le plus élevé à Palmyre selon la loi syrienne.  »
Il a souligné que lors de son travail en tant que procureur général à Palmyre, pendant environ trois ans, et vu sa compétence juridique, il a été chargé de vérifier les corps des détenus politiques et des manifestants qui avaient été arrêtés par les services de renseignement du régime, en particulier la branche de la sécurité militaire de Palmyre. Il était aussi chargé d’interrogatoires des détenus, et de certifier les corps de ceux qui mouraient sous la torture dans la branche du désert (branche de la sécurité du régime qui a une mauvaise réputation à Palmyre) .

Un témoin de la criminalité
L’ancien procureur général dit «J’ai vu et certifié des dizaines de cadavres de prisonniers et opposants syriens pacifiques, qui étaient dans les caves des prisons de la branche du désert. Ils venaient de tous les gouvernorats syriens, leurs crimes étaient de s’opposer au régime criminel de Bachar, en demandant la liberté. Ils étaient pacifiques et nous n’avions aucune preuve de l’existence d’une arme sur eux, et ce qui se passait dans les prisons et les cachots de la branche de sécurité est inimaginable pour l’esprit humain, pourtant cela se passait dans les faits ».
Il ajoute « Les geôliers battaient, brûlaient, torturaient et même crucifiaient les prisonniers politiques jusqu’à la mort. Les odeurs du sang et de la chair en décomposition et les maladies se propageaient dans les caves de ces prisons sales. Souvent les détenus mouraient sous la torture brutale, et on me convoquait avec le médecin légiste pour certifier les corps. Nous avions l’obligation de rédiger des rapports qui exonèrent les criminels en indiquant des causes naturelles de mort. La raison était toujours déjà prête, comme un arrêt cardiaque ou un AVC ou une insuffisance rénale, et puis les geôliers enterraient secrètement les corps des détenus dans un cimetière de la ville de Palmyre et sous le couvert de l’obscurité souvent. Ils creusaient des tombes collectives et les enterraient les uns sur les autres ».

Relation du régime avec Daech
Le procureur général a cité des «preuves» relatives aux rumeurs selon lesquelles il existe une relation entre le régime syrien et Daech. Il dit «J’ai été témoin et j’ai documenté l’existence de cette relation, par ma position et mes missions à Palmyre. J’étais en contact avec les officiers et les dirigeants du régime à Palmyre, et j’étais informé par les documents judiciaires et ceux de la sécurité que je recevais et qui concernaient tous les domaines. Cela m’a permis de connaître et d’apprendre ce qui se passait sur la coopération mutuelle et les échanges commerciaux entre Daech et le régime. »
Dans les détails, Nasser cite  » Le commerce a prospéré entre les zones sous contrôle de Daech et celui du régime syrien pendant les trois ans où j’étais procureur général, entre 2013 et 2015. Le commerce a prospéré dans le domaine du pétrole et du gaz, du blé, de l’orge et de l’élevage. Mais aussi le commerce de la nourriture, des vêtements, des médicaments et toutes sortes d’autres commerces existaient entre eux.  »
Sur la présence des personnes travaillant pour le régime et qui servent sous les ordres de Daech, il déclare: «Grâce à mes relations et ma communication constante avec les officiers de sécurité à Palmyre, le général Mazen Abdul Latif, chef de la direction de la sécurité de l’Etat à Palmyre, m’a dit qu’ils ont des bras et des agents au sein de Daech, et qu’ils sont en mesure d’influencer les décisions de Daech, et que leurs agents sont en contact permanent avec eux, et qu’ils les informent de tout ce qui se passe au sein de Daech. Par exemple, il m’a dit en fanfaronnant que leurs agents au sein de Daech oeuvraient pour l’organisation des opérations terroristes à l’intérieur de la Turquie, cette conversation a eu lieu au début de 2015, et que la Turquie payerait cher pour son intervention en Syrie et qu’elle serait touchée par le feu du terrorisme de la part de Daech ; et qu’en Europe, et particulièrement la France et son président François Hollande, qui est hostile à Assad et cherche à le renverser, paieraient cher sa position, et que leurs agents à Raqqa (le siège principal de Daech en Syrie) agiraient bientôt.  »
Il a également ajouté que le chef de la branche du renseignement du régime lui a dit, littéralement, « Hollande viendra pour embrasser la chaussure de Bachar Assad pour qu’il accepte de combattre Daech. »
A la question « Est-ce que Daech est au courant de l’existence des agents du régime en son sein?”, il a répondu: «Je ne sais pas explicitement, mais les officiers de la sécurité se vantaient souvent de leurs réalisations, et du fait qu’ils connaissaient les détails de ce qui se passait à Raqqa, et qu’ils étaient capables d’atteindre n’importe qui à Raqqa et dans les autres régions de Daech et qu’ils influençaient la décision des dirigeants du groupe. Mais s’ils voulaient l’éliminer, ils étaient en mesure d’y mettre fin en quelques semaines, mais qu’ils en profitaient. Tout le monde voit cette organisation qui fausse la réputation de la Révolution syrienne, et menace le monde entier. Ils en ont besoin pour que le régime reste ».

Le régime syrien : "Cherche le terroriste" ! (caricature d'Ali Farzat) Source: http://syrie.blog.lemonde.fr/2015/01/14/la-syrie-le-terrorisme-et-la-tuerie-de-charlie-hebdo/

Le régime syrien : « Cherche le terroriste » ! (caricature d’Ali Farzat)
Source: http://syrie.blog.lemonde.fr/2015/01/14/la-syrie-le-terrorisme-et-la-tuerie-de-charlie-hebdo/

Conférence: Deux femmes réfugiées témoignent

A l’occasion de la journée internationale de la femme et du 5e anniversaire de la révolution syrienne, FSD collabore avec Amnesty International, Section suisse, pour l’organisation d’une conférence qui aura lieu dans plusieurs villes suisses entre le 7 et le 12 mars 2016.

A Lausanne,

le 7 mars à 17h15, Université de Lausanne, Amphimax, salle 415

A Genève,

le 11 mars à 18h30, Université de Genève, Uni Mail, salle MS150

A Berne,

un rassemblement  le 12 mars de 16h00 à la place Münsterplatz

Il y aura également des conférences à Bâle, à Zürich et à Berne

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Avec Raneem Ma'touq et Amal Nasr

Avec Raneem Ma’touq et Amal Nasr

Plus de 250’000 mort·e·s, des milliers de personnes torturées, plus de quatre millions de réfugié·e·s contraint·e·s de prendre la fuite et 6,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Le conflit syrien a créé la plus grande crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

A l’occasion de la Journée internationale de la femme et cinq ans après le début du conflit en Syrie, Amnesty International donne la parole à deux femmes syriennes qui ont dû fuir les atrocités de la guerre. Raneem Ma’touq et Amal Nasr reviendront sur les causes de l’exil de millions de Syrien·ne·s et raconteront leurs combats pour les droits humains, notamment pour les droits des femmes.

Raneem Ma’touq est une jeune étudiante ayant participé aux manifestations pacifiques en 2011. Elle a été emprisonnée pendant plusieurs mois en raison de son engagement militant et a perdu toute trace de son père, célèbre avocat des droits humains kidnappé en 2013. Elle a trouvé refuge en Allemagne.

Amal Nasr est une militante féministe depuis les années 1990. Elle s’engageait pour les droits des femmes en Syrie avec différentes organisations avant d’être, elle aussi, incarcérée. Elle vit désormais en Suisse depuis un peu plus d’un an, d’où elle continue son engagement pour les droits des femmes syriennes.

ENTRÉE GRATUITE. TRADUCTION ARABE-FRANÇAIS ASSURÉE.

Evénement organisé avec le soutien de l’UNIL, FemmeS pour la Democratie, Terre des femmes, CODAP, Vivre Ensemble, ELISA et Solidarité sans frontières.