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Syrie: 7 Ans et la Révolution Continue

Appel au rassemblement

Genève, place des Nations le 17.03.2018, de 15h30 à 17h00

Il y a sept ans que la révolution syrienne a débuté en mars 2011 par un soulèvement populaire pacifique réclamant la dignité, la liberté et la démocratie. Sept ans aussi que le boucher de Damas livre avec ses alliés russes et iraniens une guerre qui vise avant tout la population syrienne partout où une forme de société civile alternative au régime s’est développée.

Le bilan est aujourd’hui extrêmement lourd: un demi million de morts, deux millions de blessés, un demi million de détenus et de disparus, plus de 11,5 millions de réfugiés et déplacés internes, et la destruction des infrastructures (entre autres, les cliniques et hôpitaux) et des quartiers résidentiels dans de vastes régions. Si l’on y ajoute les 18 millions de membres de la diaspora syrienne qui ont quitté la Syrie avant la révolution, suite surtout aux exactions antérieures du régime syrien, on en conclut qu’une grande majorité de syriens ne sont plus derrière Assad.

Poutine serait lui paraît-il attaché à la stabilité du Moyen-orient et de la Syrie? C’est peu probable! Ce qui se passe aujourd’hui à la-Ghouta orientale, région de désescalade, tout comme ce qui s’est passé ailleurs en Syrie depuis 2012 montre bien que la coalition mafieuse Poutine-Assad a d’autres intentions:

– La politique d’Assad n’a jamais eu pour but de reprendre le contrôle des régions assiégées. Son but principal est de détruire ces régions, d’y exterminer les civils ou de les forcer à migrer vers d’autres régions pour faciliter un changement démographique et y implanter une population acquise à son régime mafieux.

Depuis le 10 mars, alors que les milices d’Assad et affidés sont entrées dans la Ghouta, les exécutions sommaires sytématiques y ont commencé.

– A aucun moment, Poutine n’a oeuvré au respect d’un cessez-le-feu, en fait il alterne entre de prétendues négociations à Moscou, Astana, ou Sotchi et la prétendue impossibilité de faire pression sur Assad sur place pour empêcher toute solution constructive avant la mise en place d’une configuration favorable à ses plans et accessoirement à ceux d’Assad. A Sotchi, les «chefs négociateurs» autour de Poutine sont: Rouhani, le président du régime répressif et réactionnaire de la République islamique d’Iran, dont les milices participent aux massacres en Syrie; et le dictateur Recep Tayyip Erdogan qui y poursuit son propre agenda  régional.

L’arrêt des bombardements sur al-Ghouta ne dépend aujourd’hui que de Poutine, que ce soit au sein de l’ONU où la Russie bloque toute tentative de résolution contraignante, ou sur place à al-Ghouta même, où Assad n’est que la marionnette de Poutine. Poutine est donc aujourd’hui le premier responsable des crimes de guerre commis contre des civils en Syrie en général, et à al-Ghouta en particulier.

Quant à la communauté internationale, elle cache sa lâcheté derrière une prétendue impossibilité d’intervenir légalement et des simulacres d’interventions humanitaires. De fait elle est devenue complice des crimes commis en Syrie. I.Malki, avocat des droits de l’homme à Alep jusqu’ à fin 2014, aujourd’hui réfugié à Zurich, s’est exprimé à ce sujet: “… En fait, l’article 27 de la charte des Nations Unis exige des membres du conseil de sécurité directement impliqués dans un conflit de s’abstenir de voter, les vetos systématiques des russes sur la Syrie n’ont donc aucune base légale…” (http://www.un.org/fr/sections/un-charter/chapter-v/index.html)

Soyez solidaires avec les civils de al-Ghouta orientale bombardés et massacrés chaque jour par l’aviation d’Assad et de Poutine.

Joignez-vous nombreux à notre rassemblement en solidarité avec le peuple syrien en révolte, qui revendique son droit à la vie, à la liberté et à la démocratie, ainsi que la justice, seule garante d’une paix durable.

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie en collaboration avec Solidarity Organisation for Syria

Soutenu par: Mouvement pour le Socialisme (MPS), alencontre.org

 

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Déclarations de Poutine à Hmeimim, de la poudre aux yeux!

Depuis lundi 11 décembre 2017, les négociations de Genève 8 ont repris même si un doute plane sur leur aboutissement. Ce même lundi, Poutine a fait une escale surprise dans la base militaire de Hmeimim en Syrie où il a rencontré Assad et annoncé le retrait des forces russes de Syrie. Il est bien évident qu’aucun retrait substantiel ne sera effectué par la Russie. Quel est alors le but de ces déclarations? Sans doute s’agit-il de se donner un visage de pacificateur pour justifier le déplacement des négociations à Sotchi, dont personne ne veut à part Assad. Comment en effet oublier la sombre image de l’occupation russe qui, depuis plus de deux ans, supporte militairement le dictateur Assad pour tenter d’étouffer la révolution populaire syrienne en s’attaquant à la population civile dans les régions de protestations libérées du pouvoir d’Assad? Rappelons que dans ces régions, les populations avaient instauré, dès leur libération et avant d’être écrasées par l’aviation russe, des mécanismes démocratiques pour la gestion administrative qui auraient parfaitement pu former le noyau d’une alternative au régime Assad.
FSD a choisi de traduire un article concernant l’annonce du retrait russe, publié sur le site d’information Geroun.

                                      Rassemblement à Genève pour « Syrian Day of Rage », 14 octobre 2017

 

Le retrait russe, des déclarations pour la consommation médiatique

Geroun, le 11.12.2017

L’agence de presse russe NOVOSTI a confirmé lundi que le président russe Vladimir Poutine a ordonné au chef d’état-major et au ministre de la Défense de préparer le début du retrait des troupes russes de Syrie, ceci après une rencontre avec le président syrien Bashar al-Assad dans la base militaire russe Hmeimim qui se trouve dans la campagne de Lattaquié (nord-ouest).

L’annonce de Poutine remet en question le sérieux des intentions de retrait de la Russie de la Syrie et on est en droit de se demander si ces déclarations médiatiques ne sont pas liées à des problèmes internes à la Russie, notamment les prochaines élections, et le désir du gouvernement russe d’absorber la colère nationale.

« Je ne pense pas que la Russie envisage sérieusement de se retirer de Syrie car elle l’avait déjà annoncé plus d’une fois précédemment. Il s’agit très probablement d’une politique médiatique liée à des questions internes à la Russie et aux élections prévues pour mars prochain », déclare le capitaine Said Narkash. Il ajoute: « Poutine a l’intention de se battre”, ajoutant que “le retrait de la Russie signifierait la défaite du régime fragile d’Assad, qui, sans l’intervention de Moscou, appartiendrait déjà au passé. »
Il s’explique:  « L’intervention de la Russie, il y a deux ans ou plus, a eu lieu principalement pour consolider le régime d’Assad, considéré le seul capable de protéger les intérêts russes. Ce but n’a toujours pas été atteint car les rebelles contrôlent toujours de vastes régions du pays. Il faudrait aussi prendre en compte le fait que la Russie cible une présence russe en Syrie pour le long terme, d’abord parce que c’est le seul accès pour elle vers les eaux chaudes de la Méditerranée. D’autre part, la Russie tente d’utiliser le conflit syrien comme une carte pour renforcer ses positions face aux Américains et aux Européens, dans d’autres régions comme la Géorgie et l’Ukraine ».
Cette annonce de Poutine pendant cette période de temps a suscité des questions concernant la possibilité que la Russie change de position et s’engage dans un véritable processus politique en Syrie, en particulier après la confirmation de la fin de la guerre sur Daech et la défaite de cette dernière en Syrie. Poutine a souligné cette défaite lors de sa visite à la base Hmeimim lundi en disant: « Nos soldats rentrent chez eux victorieux aujourd’hui, et cette victoire a été obtenue après un court laps de temps qui n’a pas dépassé deux ans.».

A ce sujet, M. Narkash dit: « Je ne pense pas qu’un changement affectera la politique de Moscou ou ses positions vis-à-vis de la Syrie. Même l’annonce de la défaite de Daech n’est pas vraie et ne représente pas plus qu’un exercice médiatique pour soutenir l’orientation de Moscou et sa propre vision concernant la solution en Syrie, qui est basée sur ce qu’on appelle les accords de « réconciliation » avec le régime syrien ».

Il ajoute:  « Depuis deux ans, la Russie essaie d’imposer des compromis et des accords de « réconciliation » en exerçant la pression (militaire) sur les zones assiégées, même les accords pour la désescalade dont Moscou était garante à la Ghouta de l’Est ou à Qalamoun, n’ont pas abouti. La Russie a dû annuler la conférence du dialogue national qu’elle avait planifiée à Hmeimim. Par la suite, cette même conférence a été déplacée à Sotchi et la date a dû être repoussée plus d’une fois. Moscou ne peut imposer aucun règlement politique, au moins maintenant, en attendant un consensus russo-américain sur une solution globale en Syrie. »

D’autre part, une source qui préférait ne pas être nommée, a déclaré à Geroun: « Toutes ces déclarations russes concernant les intentions de Moscou de retirer ses troupes de Syrie sont pour la consommation médiatique, et sont liées à deux questions principales: la première c’est la question des prochaines élections présidentielles russes, la deuxième c’est pour donner un peu de sérieux aux négociations de Genève qui piétinent, ceci dans le but de convaincre les parties qui rejettent toujours la Conférence de Sotchi que c’est la seule conférence capable de parvenir à un règlement du conflit syrien. Dans tous les cas, la Russie tient à son unique accès sur la Méditerranée».

Alep ne se rendra pas!

Chronique de la Syrie

L’intensification barbare des bombardements à Alep, menés par les forces du régime et par l’aviation russe, est sans précédent. En cinq jours seulement (du 15 au 20 novembre), Assad et ses alliés russes ont ciblé:

8 hôpitaux, 3 centres des casques blancs, 6 écoles, deux boulangeries, 3 centres de services, 3 associations d’aide humanitaire, ainsi que 500 immeubles résidentiels. En cinq jours plus de 300 civils sont morts, plus de 1’000 personnes ont été blessées. En cinq jours, les habitants d’Alep ont subi, entre autres, 1’180 raides aériens, 70 missiles sol-sol, 8 barils chargés de gaz mortel. Les gens à Alep assiégée attendent leur tour pour mourir et ceux qui échapperont à la mort sous les bombes attendront de mourir affamés ou bien de manque de soins médicaux.

 

Leningrade 1941

 Leningrad 1941 (Photo: http://peterswalk.com/wwii.html)

Le 20 novembre le conseil local d’Alep libre et assiégée a lancé un appel à la communauté internationale, à l’ONU et aux organisations pour les droits humains pour demander:

  • l’arrêt immédiat des bombardements sur Alep et la protection des civils,
  • la création des corridors humanitaires sous la direction de l’ONU pour acheminer des médicaments, de la nourriture et des combustibles,
  • l’organisation immédiate du lancement de l’aide humanitaire depuis le ciel en attendant l’instauration des corridors humanitaires,
  • des sanctions contre le régime syrien pour avoir bombardé les convois humanitaires à Alep assiégée et pour avoir empêché tout acheminement d’aide humanitaire.

Mais l’intensification des bombardements aériens ne se limite pas à Alep, elle touche également Idleb, les faubourgs de Homs et al-Ghouta de Damas.

Honte à la dite communauté internationale toute entière de regarder ces crimes et ce génocide en Syrie dans un silence assourdissant! « Never again »? Ce n’est que de l’hypocrisie et l’ONU devrait fermer boutique pour avoir failli à ses responsabilités en Syrie!

 FSD