La coupe de football de la honte: Poutine côté face…

FemmeS pour la Démocratie a soutenu et participé au rassemblement, organisé par SolidaritéS-Vaud, contre la coupe du football de la honte qui a eu lieu à Lausanne le 14 juin, date d’ouverture des jeux de cette coupe. Lors de ce rassemblement, une activiste et membre de notre collectif a pris la parole. FSD publie, ci-après, cette intervention.

 

« Aujourd’hui nous sommes rassemblés ici pour dénoncer la politique de Poutine qui a fait de la Russie un Etat répressif, un Etat d’occupation militaire et un Etat qui soutient les régimes mafieux dans le monde et en tire grand profit.

Nous sommes spécialement concernés, en tant qu’activistes syrien.e.s, par l’intervention militaire de la Russie de Poutine en Syrie et par son soutien infaillible au boucher de Damas, Bachar Assad:

En organisant cette coupe du monde en Russie, Poutine veut faire oublier les crimes de guerre atroces commis en Syrie et redorer son image.

Pendant que la Russie de Poutine construisait les installations sportives nécessaires à cette coupe, l’aviation  militaire russe détruisait des régions entières en Syrie (Alep, Homs-campagne, la Ghouta de Damas, les quartiers suds de Damas, etc.) et imposait à la population civile à un déplacement forcé vers Idleb au nord de la Syrie.

Pendant que le monde entier se prépare à suivre la coupe du monde de football en Russie, l’aviation russe de Poutine bombarde les hôpitaux, les écoles, les marchés et les quartiers résidentiels à Idleb au nord de la Syrie. En un an, le Réseau Syrien des Droits de l’Homme (RSDH) a documenté 34 installations médicales  ciblées et détruites, plus 50 écoles et 16 marchés. 

Pendant que les enfants du monde entier se préparent à soutenir les équipes de la coupe en Russie, Les enfants syriens meurent ou sont mutilés à jamais sous les bombardements de l’aviation russe de Poutine à Idleb, au nord de la Syrie. Il y a juste quelques jours, le 10 juin, un hôpital pour enfants a été ciblé et détruit à Idleb.

Mais Poutine nous a déjà habitué aux mensonges et aux tentatives de changer de visage.

Suite aux bombardements barbares sur Alep-Est fin 2016, le monde entier exprimait son indignation… Alors Poutine a lancé les négociations de paix pour la Syrie à Astana pour devenir d’un coup, en apparence, l’homme de la paix en Syrie.

Et La Russie de Poutine est alors devenue un pays garant de la désescalade. Bien entendu, la désescalade n’a jamais cessé d’être violée par la Russie de Poutine. 

Il y a tout juste un an que la désescalade dans la région d’Idleb a été décidée par Poutine. Depuis un an et à Idleb seulement, le RSDH a documenté plus de 1’100 civils tués sous les bombardements des russo-assadiens, dont la moitié sont des enfants et des femmes. Dans le même temps le RSDH a aussi documenté le ciblage de 233 installations de services à la population civile.

Depuis l’intervention militaire russe en Syrie en septembre 2015 et à cause de cette intervention:

Plus de 6’000 civils ont trouvé la mort dont la moitié sont des enfants et des femmes.

Plus de 900 attaques contre des installations de services à la population civile dont 167 attaques contre des installations médicales ont été documentées.

Plus de 2,5 millions de déplacés internes sont comptés.

Poutine ,qui veut aujourd’hui se donner un visage civilisé, a testé plus de 200 nouvelles armes sur les civils en Syrie et il s’en vante. 

Poutine a également utilisé le droit de veto 12 fois pour protéger le boucher de Damas. 

Protection spéciale a été accordée à Assad par Poutine suite à l’utilisation, à large échelle et à 3 reprises, des armes chimiques pour tuer la population civile syrienne!

Nous appelons chacun à BOYCOTTER LA RUSSIE.

Nous appelons la SUISSE à se montrer à la hauteur  de ses prétentions en matière de droits humains et à se montrer plus ferme vis-à-vis de régimes qui violent ces droits au quotidien. »

20180614-CoupeDeLaHonte-2

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Ghouta: « de la terreur des bombardements vers celle de l’inconnu »

Une trentaine de militant.e.s suisses et d’activistes syrien.ne.s, étaient réunis vendredi 30.3.18 au soir sur la place de la Riponne à Lausanne, sous une pluie battante, pour manifester leur solidarité avec les gens de la Ghouta de l’est de Damas, affamés, trahis, massacrés et finalement, forcés à se déplacer, en majorité vers Idleb.

Cette manifestation faisait écho à de nombreuses manifestations similaires organisées à travers le monde, Paris, Londres, Rome, Bruxelles, Berlin, Malmö, etc. (voir Page Facebook pour les rassemblements du 30 mars et  la carte des manifestations qui ont eu lieu depuis le 22.02.2018 ).

Lors du rassemblement à Lausanne, un message adressé au Conseillé fédéral Ignazio Cassis et à la presse a été signé par les participants. FSD publie ici ce message.

Rassemblement avec des bougies à Lausanne le 30.03.2018

                                                               

Message au Conseiller fédéral I. Cassis et à la presse

Aujourd’hui al-Ghouta, demain Idleb

Al-Ghouta est massacrée par les aviations russes et syriennes depuis le 19.02.2018.

Des bombes au phosphore blanc et des armes chimiques sont régulièrement utilisées contre la population civile, en violation des traités internationaux.

Les populations locales appellent au secours.

Le régime mafieux et sanguinaire de Damas a déjà annoncé que le même scénario se répétera par la suite dans la province d’Idleb. Les bombardements se sont déjà intensifiés sur la campagne-nord de Hama et sur la campagne-sud d’Idleb.

Que fait la communauté internationale? Elle ne fait rien!

Que font les parties prenantes au conflit? Elles se partagent déjà la Syrie.

Que fait la Suisse? Elle ouvre un bureau d’assistance à Damas, qui ne servira au final que les intérêts d’Assad.

NOUS APPELONS LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A INTERVENIR.

Aujourd’hui le monde occidental est unanime dans sa condamnation de la Russie pour sa tentative d’assassinat supposée en Grande-Bretagne. Ce même monde occidental reste silencieux devant le massacre de plus de 1900 civils à la Ghouta en seulement 35 jours, effectué en large mesure avec des armes prohibées.

La Russie, qui pleure 64 morts en Sibérie occidentale, assassine en même temps plus de 1900 civils syriens à la Ghouta.

La Suisse, elle, reçoit en grande pompe le président de la Douma russe à Berne le 18.02.2018, lui qui est pourtant interdit de voyage en Europe.

 

La Russie de Poutine se vante aujourd’hui d’avoir expérimenté 200 types d’armements en Syrie. Elle est, plus que tout autre, partie prenante au conflit syrien. Elle n’a de ce fait aucun droit à voter au conseil de sécurité. Ses vetos sont illégitimes (art. 27 de la charte de l’ONU).

NOUS APPELONS CHACUN A BOYCOTTER LA RUSSIE.

Lausanne, le 30.03.2018

NOUS APPELONS LA SUISSE A SE MONTRER A LA HAUTEUR DE SES PRETENTIONS EN MATIERE DE DROITS HUMAINS ET A SE MONTRER PLUS FERME A L’ENCONTRE DE REGIMES QUI VIOLENT CES DROITS AU QUOTIDIEN.

“SHAKING HANDS WITH ASSASSINS IS COMPLICITY, NOT DIPLOMACY”

Lausanne, le 30.03.2018

 

Témoignage d’Ahmad de la Ghouta orientale, en déportation :

« Visages sombres dans le bus… Nous ne nous adressons pas la parole… A côté de moi se tient vieillard aux traits marqués… Il pleure … Je n’essaie pas de le consoler. Il sait qu’il ne reverra plus cet endroit, lui qui n’était probablement jamais sorti d’al-Ghouta plus de quelques jours d’affilée. Peut-être avait-il prié Dieu qu’il y soit enterré. Ses prières n’auront pas été exaucées. Il me se tourne vers moi et me dit: «Tu te dis que je suis triste parce que je quitte al-Ghouta? Non, mon fils, je suis triste parce que je ne sais pas où je me dirige. Je sors de sous les bombardements pour aller sous une tente, de la faim du siège vers celle du besoin, de la terreur des bombardements vers celle de l’inconnu ».

Et moi, je m’appelle Ahmad, j’ai peur, je sors de la Ghouta et je ne sais pas ce qui m’attend. »

…………

FSD

 

“GO TO HELL”

“GO TO HELL”
C’est le message destiné à la communauté internationale que Firas Abdullah, activiste de la Ghouta,  a lancé hier soir sur sa page Facebook…

Photos de Firas Abdullah, Douma, al-Ghouta, le 19.03.2018

Mais que dire d’autre?
Après avoir entendu encore et encore les messages de détresse venant de familles terrées sans vivres dans les sous-sols de la Ghouta depuis un mois et assiégés et affamés depuis cinq ans…
Après avoir vu encore et encore M.M. Gutierres, De Mistura et d’ autres dignitaires des instances internationales distiller leur impuissance à différentes tribunes, au point de nous fatiguer…
Après avoir entendu encore et encore Nikki Haley, la représentante permanente des Etats Unis à l’ONU, s’interroger sur la conscience de la Russie, comme si les USA en avaient une…
Après avoir vu encore et encore les russes opposer leur veto à toutes les résolutions du conseil de sécurité, seul endroit il est vrai où on leur demande encore leur avis; un veto qui par contre bloque aussi toute action humanitaire.

Alors que la Charte des Nations Unies exclut la participation au vote du conseil de sécurité d’une nation elle-même impliquée dans le conflit sur lequel on vote (voir article 27 de la charte). ..Et que pourtant elle vote…

Cependant, les veto russes sont bien illégitimes (1) mais on préfère l’ignorer, parce qu’il faudrait alors agir…

Et agir, dans l’immédiat, ça veut dire assurer d’urgence la sécurité et les besoins de ceux qui sortiront de la Ghouta.

La révolution continue. Il n’y aura pas de paix en Syrie sans justice.

FSD

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(1) Ibrahim MALKI, avocat des droits de l’homme à Alep jusqu’ à fin 2014, aujourd’hui réfugié à Zurich, s’est exprimé à ce sujet: “… En fait, l’article 27 de la charte des Nations Unis exige des membres du conseil de sécurité directement impliqués dans un conflit de s’abstenir de voter, les vetos systématiques des russes sur la Syrie n’ont donc aucune base légale…”

Syrie: 7 Ans et la Révolution Continue

Appel au rassemblement

Genève, place des Nations le 17.03.2018, de 15h30 à 17h00

Il y a sept ans que la révolution syrienne a débuté en mars 2011 par un soulèvement populaire pacifique réclamant la dignité, la liberté et la démocratie. Sept ans aussi que le boucher de Damas livre avec ses alliés russes et iraniens une guerre qui vise avant tout la population syrienne partout où une forme de société civile alternative au régime s’est développée.

Le bilan est aujourd’hui extrêmement lourd: un demi million de morts, deux millions de blessés, un demi million de détenus et de disparus, plus de 11,5 millions de réfugiés et déplacés internes, et la destruction des infrastructures (entre autres, les cliniques et hôpitaux) et des quartiers résidentiels dans de vastes régions. Si l’on y ajoute les 18 millions de membres de la diaspora syrienne qui ont quitté la Syrie avant la révolution, suite surtout aux exactions antérieures du régime syrien, on en conclut qu’une grande majorité de syriens ne sont plus derrière Assad.

Poutine serait lui paraît-il attaché à la stabilité du Moyen-orient et de la Syrie? C’est peu probable! Ce qui se passe aujourd’hui à la-Ghouta orientale, région de désescalade, tout comme ce qui s’est passé ailleurs en Syrie depuis 2012 montre bien que la coalition mafieuse Poutine-Assad a d’autres intentions:

– La politique d’Assad n’a jamais eu pour but de reprendre le contrôle des régions assiégées. Son but principal est de détruire ces régions, d’y exterminer les civils ou de les forcer à migrer vers d’autres régions pour faciliter un changement démographique et y implanter une population acquise à son régime mafieux.

Depuis le 10 mars, alors que les milices d’Assad et affidés sont entrées dans la Ghouta, les exécutions sommaires sytématiques y ont commencé.

– A aucun moment, Poutine n’a oeuvré au respect d’un cessez-le-feu, en fait il alterne entre de prétendues négociations à Moscou, Astana, ou Sotchi et la prétendue impossibilité de faire pression sur Assad sur place pour empêcher toute solution constructive avant la mise en place d’une configuration favorable à ses plans et accessoirement à ceux d’Assad. A Sotchi, les «chefs négociateurs» autour de Poutine sont: Rouhani, le président du régime répressif et réactionnaire de la République islamique d’Iran, dont les milices participent aux massacres en Syrie; et le dictateur Recep Tayyip Erdogan qui y poursuit son propre agenda  régional.

L’arrêt des bombardements sur al-Ghouta ne dépend aujourd’hui que de Poutine, que ce soit au sein de l’ONU où la Russie bloque toute tentative de résolution contraignante, ou sur place à al-Ghouta même, où Assad n’est que la marionnette de Poutine. Poutine est donc aujourd’hui le premier responsable des crimes de guerre commis contre des civils en Syrie en général, et à al-Ghouta en particulier.

Quant à la communauté internationale, elle cache sa lâcheté derrière une prétendue impossibilité d’intervenir légalement et des simulacres d’interventions humanitaires. De fait elle est devenue complice des crimes commis en Syrie. I.Malki, avocat des droits de l’homme à Alep jusqu’ à fin 2014, aujourd’hui réfugié à Zurich, s’est exprimé à ce sujet: “… En fait, l’article 27 de la charte des Nations Unis exige des membres du conseil de sécurité directement impliqués dans un conflit de s’abstenir de voter, les vetos systématiques des russes sur la Syrie n’ont donc aucune base légale…” (http://www.un.org/fr/sections/un-charter/chapter-v/index.html)

Soyez solidaires avec les civils de al-Ghouta orientale bombardés et massacrés chaque jour par l’aviation d’Assad et de Poutine.

Joignez-vous nombreux à notre rassemblement en solidarité avec le peuple syrien en révolte, qui revendique son droit à la vie, à la liberté et à la démocratie, ainsi que la justice, seule garante d’une paix durable.

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie en collaboration avec Solidarity Organisation for Syria

Soutenu par: Mouvement pour le Socialisme (MPS), alencontre.org

 

Que fait le bureau humanitaire suisse à Damas pour les civils d’al-Ghouta?

Depuis le 19 février, al-Ghouta orientale, assiégée et affamée, subit une intensification féroce de l’offensive militaire menée par le régime syrien et ses alliés russes et iraniens. Toutes sortes d’armes conventionnelles et interdites sont utilisées par l’aviation et par l’artillerie lourde. Al-Ghouta orientale, qui souffrait déjà de famine et de bombardements depuis 2013, vit actuellement des conditions humanitaires catastrophiques. Les civils et les services médicaux sont ciblés et l’intensité des bombardements ne permet pas aux populations de se déplacer pour chercher de quoi se nourrir.

Les Syriens de suisse qui assistent à ces crimes de guerre et contre l’Humanité  à al-Ghouta se demandent ce que fait ou fera le bureau humanitaire suisse qui se trouve à quelques km de cette région! Nous savons tous qu’il ne pourra rien faire par manque d’autorisation du régime criminel.

FSD et la communauté syrienne en Suisse ont alors adressé une lettre ouverte au Conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du DFAE, pour demander des actions effectives pour éviter à tout prix le déplacement forcé des 400’000 habitants d’al-Ghouta.

La lettre est reproduite ci-après.

—-

Photo prise à al-Ghouta le 22.02.2018

 

Monsieur le Conseiller fédéral,

Le communiqué de presse du DFAE du 21.12.2017 affirmait que le but du bureau humanitaire suisse à Damas serait d’assurer un accès humanitaire aux populations sinistrées, en particulier celle d’al-Ghouta. Nous nous demandons aujourd’hui quelles démarches ont été ou seront faites afin de venir en aide à la population d’al-Ghouta.

Cette région, assiégée et affamée par le régime Assad depuis 2013, subit actuellement une offensive militaire féroce menée par Assad et ses alliés russes et iraniens. Depuis l’intensification de l’offensive militaire qui a commencé le 19 février, l’accès aux soins médicaux à al-Ghouta est devenu quasi impossible après le ciblage des services médicaux par l’aviation, qui a conduit à leur arrêt total. Nous recevons chaque jour des témoignages de femmes[1], d’enfants[2] et d’activistes[3] sur place qui glacent le sang, et les Syriens de Suisse regardent horrifiés le massacre des leurs sans pouvoir leur venir en aide. Ces témoignages sont nombreux, et vu le peu d’espoir qui leur reste, les gens d’al-Ghouta parlent à visage découvert, et ne cachent plus leur nom, rien à voir avec les prétendus terroristes qu’Assad et Putine prétendent cibler.

Après l’adoption de la résolution du conseil de sécurité No 2401 du 24.02.2018, et un rapide examen du texte, nous sommes certains qu’elle sera contournée, elle l’est déjà, puis ira rejoindre les précédentes aux oubliettes. Elle comprend par ailleurs suffisamment de lacunes pour servir utilement à la mise en place du plan du régime, déjà annoncé par son représentant Jaffari, à savoir le même scénario à al-Ghouta que précédemment à Alep, en décembre 2017, soit l’extermination d’un grand nombre de civils avant de forcer le reste à se déplacer vers Idleb, où le même scénario se répétera une fois de plus. Les habitants d’al-Ghouta supplient la communauté internationale de tout faire pour empêcher une tellle issue, qui d’ailleurs est un crime contre l’humanité.

Rassemblement devant l’ONU à Genève le 23.02.2018

Le DFAE pourra-t-il aider les gens d’al-Ghouta dans les jours à venir à partir du bureau de Damas? Nous le souhaitons tellement. Mais en cas d’échec, il faudra bien constater que rien de positif ne pourra jamais se faire avec pour partenaire un régime barbare, criminel et totalement illégitime[4], qui vise à achever un changement démographique déjà largement commencé, par l’intermédiaire d’un génocide et du déplacement forcé des populations qui lui sont indésirables. Le régime Assad se sent fort avec le soutien militaire de la Russie et de l’Iran, et renforcé par le retour des pays occidentaux à Damas, la Suisse en tête. Mais un régime fantoche n’est pas forcément appelé à durer.

La détresse de la population syrienne sur place s’accentue chaque jour à cause de cette sale guerre menée contre les civils principalement. Si la Suisse souhaite vraiment apporter son aide pour soulager la population civile syrienne, elle serait certainement plus utile en oeuvrant pour stopper cette guerre. Ceci ne peut se faire qu’en agissant pour une réelle solution politique, exigeant que la justice passe[5], et qui permette aux Syriens d’avoir une vraie transition politique, sans le régime du boucher de Damas, pour construire leur futur Etat démocratique basé sur le principe de la citoyenneté pour tous. Aucune autre solution ne mettra fin à la violence, aucune autre solution ne permettra au peuple syrien de vivre dignement en Syrie. Ceci ne sera possible que si les pays occidentaux, y compris la Suisse, font passer la justice et les droits humains de la population syrienne devant leurs intérêts à court terme et font pression sur la Russie et l’Iran pour obtenir le départ du régime syrien, des élections libres et leur propre départ du territoire syrien.

La révolution syrienne continue.

Veuillez agréer, Monsieur le Conseiller fédéral, nos salutations les meilleures.

 FSD et 90 membres de la diaspora syrienne en Suisse ont signé la lettre

[1] https://www.theguardian.com/world/2018/feb/24/syria-eastern-ghouta-the-women-sharing-news-of-war

https://www.facebook.com/WomenNowforDev/videos/1380296635407577/?hc_ref=ARTSSgDxO7MkOZrqF-KX2cr4PcRtAvoLAYMk9PCsVxB-DB65UBhhfiEJchsA4neUzZU&pnref=story

https://www.facebook.com/nivin.hotary

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1795506950531632&id=100002170345981

[2] https://www.facebook.com/ong.syriacharity/videos/1765699186783922/

[3] Minute 23 :20 de la vidéo https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1795506950531632&id=100002170345981

https://www.facebook.com/ActForGhouta/posts/1860708250628345

[4] https://info.arte.tv/fr/bachar-el-assad-reelu-comme-prevu

[5] Le fait de mener à terme le dossier de Rifaat el-Assad serait un signal fort https://www.letemps.ch/suisse/un-procureur-crimes-guerre-claque-porte?utm_source=facebook&utm_medium=share&utm_campaign=article

https://trialinternational.org/fr/latest-post/affaire-rifaat-al-assad/

Save Ghouta, Save Syria 

#SaveGhouta & #SaveSyria  était le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 23.02.2018, devant l’ONU à Genève, qui a réuni plus de cent personnes. Une vingtaine de rassemblements semblables ont eu lieu dans plusieurs villes en Europe et aux USA depuis le 19 février 2018. Plusieurs militants et militantes suisses mais également algériens se sont joints au rassemblement à Genève. Plusieurs réfugié.e.s syrien.ne.s de la Ghouta de Damas sont venu.e.s apporter leur témoignage. Une intervention de l’activiste Mou’ayad Muhiddine de l’intérieur de la Ghouta a été diffusée et traduite en français. Un témoignage de Nivin, qui est toujours résidente de la Ghouta, a été lu et traduit en français. Nivin raconte l’enfer de la vie quotidienne des civils pendant cette offensive militaire barbare qui est menée par Assad et ses alliés contre la population civile. Elle finit son témoignage par un appel à tous ceux qui l’entendent que tout doit être fait pour éviter le déplacement forcé des civils de la Ghouta. ( La vidéo de ce témoignage )

 

                                  Place des Nations, 23.02.2018

Mou’ayad Muhiddine dit que cette offensive est la pire et la plus violente que subit la Ghouta de Damas depuis le début de la révolution. Actuellement la Ghouta est bombardée par des lance-roquettes, par des barils d’explosifs, par l’aviation militaire, par des missiles au phosphore blanc. Des massacres ont été commis dans les villes et villages de la Ghouta, comme hier à Misraba et ce matin à Hammouriyeh, Zamalka et Douma. Des familles entières sont enterrées sous les décombres de leus bâtiments d’habitation. Il n’y a plus aucun endroit sûr à la Ghouta aujourd’hui. Il fait un bilan des morts et des attaques sur la Ghouta entre le 19 et le 22 février 2018:
– 334 martyrs dont 44 femmes et 57 enfants;
– 1700 blessés dont 443 femmes et 544 enfants;
– 338 raids aériens, 169 barils d’explosif lancés par les hélicoptères, 98 missiles sol-sol, 34 missiles au phosphores blanc, 5 missiles à sous-munitions et plus de 2800 obus;
Concernant la situation des civils, les résidents ne peuvent pas quitter les sous-sols où ils essaient de trouver refuge (il ne s’agit pas d’ abris ni d’ endroits équipés, simplement des caves). Ils n’osent même pas sortir pour chercher de quoi nourrir leurs enfants. Il n’y a aucune activité de la société civile et les institutions sont incapable de faire quoi que ce soit avec ce niveau de violence, de bombardements et de destruction.
En ce qui concerne le côté médical, 9 services médicaux sont hors service parce qu’ils sont ciblés par l’aviation militaire.
Il lance un appel pour soutenir la Ghouta et tout faire pour arrêter le bain de sang commis par le boucher de Damas.
Vous pouvez trouver cette intervention avec sa traduction dans la vidéo ici.

                          Genève 23.02.2018

Le cri d’une fillette de 10 ans environ lancé depuis la Ghouta a également été diffusé sur la place des Nations et traduit en français. Elle se demandait pourquoi Assad les bombarde et pourquoi il doivent vivre cet enfer sans que quiconque intervienne pour arrêter ce carnage. Elle invite tout le monde à imaginer que ses propres enfants soient à la place des enfants de la Ghouta. Elle finit par demander à Dieu de punir Assad pour ses crimes ( vidéo )

Les activistes qui ont pris la parole ont dénoncé l’intensification sans précédent de l’offensive militaire barbare des forces russes et de celles d’Assad dans les régions de la Ghouta de Damas. Ils ont affirmé que ce qui se passe à la Ghouta de Damas n’est pas une guerre mais un génocide et une action d’extermination de tous les civils dans cette région symbole de la révolution et seule alternative démocratique à Assad. Ils ont dénoncé la clémence de la communauté internationale envers les criminels de guerre qui mènent le génocide à al-Ghouta en particulier et en Syrie en général.
Ils ont rappelé qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad, ni avec la Russie, ni avec l’Iran comme garants de la paix en Syrie alors qu’ils sont eux-deux des pays agresseurs et même envahisseurs;
– qu’Il n’y a pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
La solidarité du peuple algérien a été exprimée et la position du gouvernement algérien, mais aussi des gouvernements arabes en général a été dénoncée.
Ils ont aussi appelé au boycott de la Russie, pays agresseur de la population syrienne.

                    Genève, 23.02.2018

Le rassemblement s’est terminé par les chants de la révolution.

FSD

STOP aux massacres en Syrie

« STOP aux massacres en Syrie! » était le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 10.02.2018, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une soixantaine de personnes. Une dizaine de rassemblements semblables ont eu lieu dans plusieurs villes en Europe et aux USA entre le 9 et le 11 février 2018. Plusieurs militants et militantes suisses et français se sont joints au rassemblement à Genève. Plusieurs personnalités syriennes sont venues de France pour y participer, Brita Hagi Hassan, ancien maire d’Alep-Est, Akram Al Ahmad, journaliste d’Idleb, de passage en France, et Bachar,  ancien détenu du régime Assad qui a passé quatre ans en détention et qui vient d’arriver en France.

Rassemblement devant l’ONU à Genève, le 10.02.2018

Les activistes qui ont pris la parole ont dénoncé l’intensification de l’offensive militaire des forces russes et de celles d’Assad dans les régions d’Idleb et de la Ghouta de Damas et ils ont appelé au boycott de la RussieIls ont dénoncé en particulier l’utilisation à répétition des armes chimiques, violant à maintes reprises les résolutions 2118, 2209 et 2235.

Ils ont rappelé qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad, ni avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix en Syrie alors qu’ils sont eux-deux des pays agresseurs et même envahisseurs;

– que toutes les interventions militaires étrangères sont condamnables y compris celle de la Turquie à Afrin et que les civils arabes et kurdes sont les principales victimes de ces interventions;

– qu’Il n’y a pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. 

 

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie, à la libération des détenus, à la levée des sièges et au départ de toutes les forces étrangères en Syrie, pour rendre possible une solution politique réelle et sérieuse.

Akram Al Ahmad, a parlé de la situation catastrophique à Idleb et du déplacement interne des habitants de Mua’arat Al-Nu’man et de Saraqeb, cette dernière ville qui a subi un bombardement avec du chlore toxique il y a moins d’une semaine. Il a dénoncé le ciblage par l’aviation russe et celle d’Assad des infrastructures, des installations médicales et des quartiers résidentiels. Il a également exprimé les craintes de la population d’Idleb suite aux manoeuvres du régime syrien pour laisser Daesh s’infiltrer à l’intérieur d’Idleb, ce qui laisse présager une action militaire semblable à celle de Raqqa qui a laissé cette dernière en ruine. Il a expliqué cette offensive barbare de la Russie comme étant une réaction primaire à l’échec de la conférence de Sotchi  boycottée par l’opposition.

Brita Hagi Hassan a  insisté sur la violation des résolutions du conseil de sécurité relatives à l’utilisation des armes chimiques:

« Tout le monde sait que le régime criminel d’Assad avait commis le massacre chimique dans al-Ghouta de Damas qui a coûté la vie à 1400 personnes en dix minutes. La majorité des victimes étaient des femmes et des enfants. Les armes chimiques ont été utilisées à répétition depuis cette date. Plus de 100 civils ont trouvé la mort à Khan Sheikun suite à l’utilisation de gaz sarin en avril 2017. 

Il y a quelques jours, la ville de Saraqeb à Idleb a été bombardée avec du Chlore gazeux. Dans le même contexte, les armes chimiques ont été utilisées plus de 150 fois au cours des années précédentes (depuis 2013). ». Il a aussi dénoncé les manoeuvres de l’ONU en vue de contourner ses propres résolutions (2118, 2254) afin de réhabiliter le dictateur criminel pour le maintenir à la tête de la Syrie. 

Vous pouvez trouver ces deux interventions avec leur traduction dans la vidéo:

https://www.facebook.com/eljazayeri/videos/1780148892067438/

Une transmission en direct par internet de l’intervention d’Abu Shadi, un activiste de l’intérieur de la Ghouta assiégée, a été effectuée pendant le rassemblement. Il a exprimé les craintes des habitants d’al-Ghouta relatives à un futur massacre chimique semblable de celui d’août 2013. Cette crainte vient du silence de la communauté internationale face à l’utilisation répétitive des armes chimiques à plus petite échelle,  qui rappelle les circonstances qui ont précédé le massacre de 2013. Son intervention peut être écoutée dans la vidéo (min 13:22):

https://www.facebook.com/hamidikaiss/videos/1461942057265588/

Bachar, ancien détenu et ressortissant de la Ghouta de Damas a finalement pris la parole pour dire qu’il travaillait dans l’aide humanitaire lorsqu’il s’est fait arrêter avec ses amis activistes. Il a dit être le seul survivant du groupe. Il a finalement enlevé son bonnet pour montrer à la foule les séquelles des tortures subies en détention soit: l’arrachement complet du cuir chevelu sur le dessus de son crâne, une blessure monstrueuse!

Le rassemblement s’est terminé par les chants de la révolution.

Plusieurs médias suisses étaient présentes.

FSD et CAA

Après Alep,… la Ghouta et Idlib

Chronique de la Syrie

Depuis le 4 février 2018 l’offensive sur Idlib s’est intensifiée. Planifiée depuis longtemps, elle a pour but d’éradiquer ce qu’il reste de société civile en Syrie, afin de supprimer toute alternative démocratique à la dictature du boucher de Damas associé au petit tsar de Russie.

Après avoir forcé le déplacement de l’ensemble des populations insoumises vers la province Idlib, la Russie, l’Iran et Assad procèdent maintenant à leur extermination systématique à l’aide de toutes sortes d’armes non conventionnelles, entre autres chimiques. Leur préférence, comme d’habitude, est le bombardement des hôpitaux. Huit raids sur l’hôpital de Ma’arat al-Numan (1) la nuit du 4 au 5 février ont conduit à son arrêt complet. Dans cet hôpital des nouveaux-nés ont été touchés dans leurs couveuses, et les blessés transférés suite aux bombardements de Kafranbel ont été touchés aussi. Il faut noter qu’au total 4 hôpitaux (2), une banque de sang  et 4 centres médicaux ont été ciblés dans la région d’Idlib, la nuit du 4 au 5 février 2018. Plusieurs localités ont vécu l’enfer des bombardements cette nuit là: Saraqeb, Kafranbel, Ma’arat al-Numan et la ville d’Idlib, sans oublier la région de la Ghouta de Damas qui subit le même sort; généralement les victimes sont des populations civiles vulnérables, des enfants, des femmes et des blessés. Rien ne semble plus noble, et bien sûr moins dangereux, à l’armée russe que de s’attaquer aux femmes, aux enfants et aux blessés, de préférence depuis les airs.

Une école ciblée la nuit du 4 au 5 février au napalm, par l’aviation russe, dans la province d’Idlib.
Source: https://www.facebook.com/syrianpresscenter/posts/2085111071731493

La Russie semble avoir oublié qu’arrivée en fanfare en Afghanistan elle en est repartie en sacs plastiques.

Il y a aujourd’hui plus de trois millions de personnes menacées dans la province d’Idlib, dont une grande partie sont des populations civiles déplacées. Peut-on attendre quelque chose de la communauté internationale? On peut en douter. Quand les USA se contentent de rendre la Russie responsable de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie et que la France se borne à constater: Assad est là! Mieux vaut ne compter que sur soi.

Par solidarité avec les populations agressées:

Nous appelons à un boycott total sur l’ensemble des produits et services en provenance de Russie et d’Iran.

FSD

  1. https://www.facebook.com/moaz.Alshami.shada/videos/1981962398722695/
  2. L’hôpital de la ville d’Idlibe bombardé avec le chlore: https://www.facebook.com/sultan.hussan.54/ videos/575240122811313/

Les Syriens Patriotes et Révolutionnaires disent « Non à Sotchi »

Chronique de la Syrie

Suite à l’annonce par la Russie de la tenue de la conférence de Sotchi pour le dialogue national syrien, le 30 janvier 2018, une conférence sans frontières a été organisée le 20 janvier rassemblant des Syriens de l’intérieur ou en exil pour unifier leur position concernant Sotchi. Cette conférence a eu lieu simultanément dans 32 villes à travers le monde, dont 11 localités en Syrie, avec son centre à Paris. Une diffusion centralisée simultanée a été effectuée sur Facebook. Le but de cette conférence sans frontières était d’envoyer un message clair « Les Syriens disent Non à Sotchi! » au comité de négociation, aux Russes et à la communauté internationale. FSD publie ci-après le communiqué final de cette conférence.

Voici quelques photos de cette conférence sans frontières (source: page Facebook de la SNRC):

Plus de détails de la conférence, en particulier pour la partie qui a eu lieu à Paris, se trouvent dans l’article ici.

 

Communiqué final du Forum des Syriens Patriotes et Révolutionnaires

Alors que le peuple syrien a tout sacrifié depuis sept ans, pour obtenir son droit légitime à la liberté, la dignité et la justice, la Russie, l’une des causes de notre malheur, organise une conférence à la fin du mois de janvier 2018 dans la ville balnéaire de Sotchi, pour un soidisant « dialogue national syrien ». Le véritable objectif de cette conférence est de réhabiliter le régime d’al-Assad. Quelques réformes constitutionnelles sans consistance seront offertes à un régime qui n’a jamais respecté aucune constitution. Sur cette base, des élections seront organisées qui permettront à Bachar al-Assad de se représenter pour un nouveau mandat au lieu d’être traduit devant une cour de justice internationale pour répondre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dont il est responsable.

Ces crimes sont documentés par l’ONU et des organisations internationales des Droits de l’Homme, en particulier concernant l’utilisation de l’arme chimique. La conférence de Sotchi cherchera à confisquer le dossier syrien, jusqu’à présent sous la supervision de l’ONU, pour le mettre aux mains de l’alliance irano-russe. Ses promoteurs comptent ainsi contourner la résolution 2254 du Conseil de Sécurité. Cette dernière avait été votée suivant les dispositions du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 qui prévoit une transition politique dirigée par un organe de consensus disposant des pleins pouvoirs.

L’opposition syrienne doit faire face à des défis et dangers qui menacent l’avenir de la Syrie occupée par des pays étrangers et spoliée par des milices dont les objectifs extrémistes et terroristes sont en totale contradiction avec les raisons pour lesquelles le peuple syrien s’est soulevé. Confronté à cette situation, quand les forces de l’opposition syrienne se trouvent affaiblies et dépendantes d’intérêts étrangers, il devient impératif de revenir aux fondamentaux de la Révolution et à ses valeurs.

Les participants de la rencontre se sont donc mis d’accord sur les points suivants :

D’abord, ils déclarent leur opposition à la conférence de Sotchi et à tout ce qui en découlera. Ils affirment que ceux qui y participent ne représentent ni le peuple syrien ni les institutions de la Révolution Syrienne. Dès maintenant, les représentants de cette dernière annoncent qu’ils vont former un front révolutionnaire national contre ladite conférence, ou toute autre la suivant avec l’intention de réhabiliter le régime d’Assad, de le soustraire aux résolutions onusiennes et de légitimer la présence de forces d’occupation sur le sol syrien. Par conséquent, le 20 janvier 2018, les Syriens qui se sont mobilisés contre la conférence de Sotchi ont déclaré retirer le privilège de représenter la Révolution à toute personne ou organisation prenant part à cette conférence. Enfin, ils décrètent :

Soutenir la poursuite de leur combat pour un changement réclamé par les Syriens et basé sur les fondements de la Révolution. Ces fondements sont la fin de la tyrannie d’Assad, l’édification de l’État de droit, l’instauration de l’égalité des citoyens et la mise sur pied d’un système politique démocratique et pluraliste, d’autant plus nécessaires que l’esprit de la Révolution a subi de graves atteintes.

Appeler à la tenue d’une conférence des forces révolutionnaires. Celle-ci sera suivie d’une table ronde, sous l’égide de l’ONU, pour entamer un dialogue national avec toutes les organisations syriennes qui acceptent de s’engager dans ce processus.

Créer un Comité de suivi et des relations extérieures chargé de communiquer avec les institutions concernées de la communauté internationale au sujet du déficit de représentativité des groupes, personnes et autorités présents à la conférence de Sotchi. De la nécessité, finalement, pour la stabilité de la Syrie, de la région et du reste du monde, de donner la priorité aux aspirations et souhaits du peuple syrien sur les intérêts étrangers conflictuels qui se manifestent.

Soutenir un processus juridique visant à mettre en place une justice de transition présentant des garanties de légalité et d’équitabilité pour punir tous les crimes commis contre le peuple syrien.

Exiger de la communauté internationale la mise en œuvre de moyens efficaces pour mettre un terme aux attaques délibérées contre les civils, pour lever le siège des zones assiégées, pour ouvrir des couloirs humanitaires et pour faire parvenir les aides nécessaires. Enfin, pour obtenir la libération des détenus du régime d’Assad et enquêter sur le sort des disparus, ce conformément aux résolutions de l’ONU.

Exiger de la communauté internationale qu’elle fasse pression sur les Etats concernés pour obtenir le retrait des troupes et forces étrangères. Pour, qu’en outre, la responsabilité des Etats soit clairement reconnue pour les crimes, cas de torture et actions génocidaires dont les troupes envoyées par eux en Syrie se sont rendues coupables. Enfin, pour que le principe des réparations financières soit institué et confirmé.

Non à l’ouverture par la Suisse d’un bureau humanitaire à Damas!

Depuis le début de la révolution syrienne le régime Assad a choisi d’utiliser la répression barbare, les arrestations massives, la torture, le tir à balles réelles sur les manifestants pacifiques, la persécution des manifestants blessés et des médecins qui les soignaient, la punition collective des régions de protestation, etc. En réponse à cette répression, la Suisse, pays défenseur des droits humains, fût parmi les premiers pays démocratiques à avoir rappelé son ambassadeur à Damas en 2011 avant de fermer sa représentation au printemps 2012. Elle se trouve aujourd’hui parmi les premiers pays qui font un pas vers la normalisation des relations avec le régime dictatorial sanguinaire et responsable de crimes  de guerre épouvantables et de crimes contre l’humanité. Ce pas c’est l’ouverture d’un bureau d’aide humanitaire de la Suisse à Damas même.

FSD et la communauté syrienne de Suisse a alors réagi en adressant une lettre ouverte, reproduite ci-après, au Conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du DFAE, pour exprimer sa grande déception.

Les cartons de l’aide humanitaire ciblés par l’aviation du régime le 15.11.2017, peu de temps après leur entrée à Douma assiégée. Photo de la page FB d’un résident de Douma. Voir aussi à ce sujet l’article du Point.

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Monsieur le Conseiller fédéral,

Par un communiqué de presse du DFAE du 21.12.2017 nous avons appris à notre grande déception que la Suisse a ouvert un bureau d’aide humanitaire à Damas même. Cette démarche ne peut que réjouir Assad, le boucher de Damas, qui se voit aujourd’hui en voie de réhabilitation auprès de la communauté internationale ; cependant, elle ne contribuera en rien à l’amélioration de l’efficacité de l’aide humanitaire suisse en Syrie.

En effet, chacun sait que depuis 2011 le CICR n’a jamais obtenu d’accès aux détenus en Syrie, sauf pour des visites toilettées à son intention. En outre, la plupart de l’aide humanitaire internationale est allée dans les poches du régime, directement ou après revente sur les marchés locaux, ceci malgré la présence sur place des organisations de l’ONU, et cet état de fait va en empirant.

Vouloir composer aujourd’hui avec le régime syrien répond à une logique à court terme sans intérêt pour l’aide humanitaire, pour la paix, pour le Moyen-Orient, pour la Suisse, pour le Monde, et insultante pour la justice. Accessoirement, c’est aussi le plus sûr moyen de contribuer à la pérennisation du terrorisme. Le régime syrien est un régime mafieux, Assad est un promoteur du terrorisme, on ne peut tendre la main à ce genre de régime sans renier ses propres valeurs et devenir, en quelque sorte, complice des crimes qu’il continue à perpétrer contre sa population.

Le régime syrien est aujourd’hui un régime fantoche. Dès fin 2012, à l’agonie, il a dû faire appel à l’aide de la Russie et de l’Iran pour se maintenir en place contre une révolution populaire sans extrémisme. Il n’est aujourd’hui que le pantin sans légitimité de ses deux parrains, devenus depuis des envahisseurs. Moins de 15% du peuple syrien lui accorde encore une quelconque légitimité, en majorité par crainte ou par intérêt, moins de 10% si l’on inclut la diaspora[1].

La Russie ment en prétendant s’attaquer au terrorisme, elle ne vise qu’à étouffer la révolution populaire, en ciblant les civils[2] dans les régions de protestation, qui constituent la vraie alternative à Assad, avec des noyaux de démocratie instaurés dans ces régions dès leur indépendance du régime. Le plus grand mensonge russe concerne aujourd’hui la formation de zones de désescalade, toutes bombardées à tour de rôle. Actuellement c’est la Ghouta de Damas et Idleb qui sont sous les bombes du garant russe, provoquant de nouveaux déplacements forcés des populations.

Si la Suisse souhaite vraiment apporter son aide pour soulager la population civile, elle serait certainement plus utile en oeuvrant pour une réelle solution politique qui permette aux Syriens d’avoir une vraie transition politique, sans le régime Assad, pour construire leur futur Etat démocratique basé sur le principe de la citoyenneté pour tous. Aucune autre solution ne mettra fin à la violence, aucune autre solution ne permettra au peuple syrien de vivre dignement en Syrie. Ceci ne sera possible que si les pays occidentaux, y compris la Suisse, font passer les droits humains de la population syrienne devant leurs intérêts à court terme et font pression sur la Russie et de l’Iran pour obtenir le départ du régime syrien et des élections libres.

Veuillez agréer, Monsieur le Conseiller fédéral, nos salutations les meilleures.

[1] Avant la révolution, la diaspora syrienne comptait déjà au moins 18 millions de personnes alors que la population à l’intérieur de la Syrie comptait 23 millions ; ceci est un indicateur fort du disfonctionnement du pays.

[2] En 2017 seulement, 900 institutions civiles ont été ciblées, en majorité par l’aviation russo-assadienne http://aa.com.tr/en/middle-east/syria-nearly-900-civil-facilities-targeted-in-2017/1025533