Archives du blog

Pas de Paix durable sans jugement des responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité

Appel à un rassemblement pour faire entendre la voix des civils syriens

Genève, place des Nations, jeudi 23.2.2017 de 17h00-18h00

et un rassemblement samedi 25 (15h00-16h30)

1601138_618160658256920_235463545_n

        Justice d’abord! Photo de Genève II

A l’occasion des négociations de Genève IV pour la paix, qui réuniront les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien en février 2017, nous appelons à la mobilisation pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes en lutte, pour réaffirmer leurs revendications légitimes qui doivent être la base des négociations.

Evolution depuis l’échec de Genève II et Genève III :

–    Le déplacement forcé des populations des régions assiégées (régions soulevées depuis 2011) s’étend et devient une politique qui œuvre pour un changement démographique en Syrie. Les populations de ces régions sont poussées à fuir le pays ou transférées de force vers Idleb (au nord), avec la bénédiction de l’ONU. Après Darayya en septembre 2016, l’intensification des bombardements barbares russes en décembre a conduit à la destruction d’Alep-Est et au déplacement forcé de ses habitants vers Idleb. En janvier 2017 ce fut le tour de Wadi Barada (région de Damas).

–    Un accord de cessez-le-feu, orchestré par la Russie, a été signé avec l’approbation de l’Iran et de la Turquie, fin décembre 2016. Aujourd’hui et malgré le cessez-le-feu, les bombardements sur Wadi Barada ont conduit au déplacement forcé de sa population vers Idleb fin janvier, la Russie continue à bombarder Idleb !  et d’autres régions en Syrie continuent à subir les bombardements du régime syrien et de ses alliés.

Les crimes commis contre les civils continuent en Syrie et le silence de la communauté internationale continue lui aussi.

Quel bilan et quelle solution?

Plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 450’000 morts, plus de 1’000’000 de blessés, plus de 325’000 arrestations et disparitions forcées, plus de 12’000 morts sous la torture documentées, et environ 13’000 exécutions sommaires dans la prison de Saydnaya seule (selon le rapport récent d’Amnesty International). Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice et le jugement des responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre peuvent aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.

Les pourparlers de paix de Genève 4 doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré au cours des six dernières années leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne sert que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.

Le défi consiste à établir et garantir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie et démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, droits basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.

Nous Syriens exigeons: 

  • Le départ immédiat du dictateur criminel Bachar Al Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
  • La fin du siège, de la famine imposée et des déplacements forcés dans toutes les régions assiégées.
  • La fin effective de tous les bombardements sur les quartiers et villages.
  • Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrieet la fin de toutes les interventions étrangères, en particulier russe, iranienne.
  • La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté détenus dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé en Syrie.
  • L’arrestation et le jugement de ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre ou de crimes contrel’Humanité au cours des 40 dernières années.
  • La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.

Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Al-Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.

Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne!

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration de …

Soutenu par: Mouvement pour le socialisme (MPS), alencontre.org, le Cercle La brèche,

Publicités

Détenus en Syrie, que fait l’ONU?

Mercredi 22 juin 2016 16h30…
seuls une cinquantaine de personnes et un journaliste ont répondu à l’appel de FSD au rassemblement devant l’ONU. Pourtant le thème concernait les détenus en Syrie, qui risquent leur vie au quotidien, thème qui touche aux droits de l’homme et qui fait l’objet d’une charte de l’ONU!

Plus significative encore l’absence totale d’intérêt des personnes sortant de l’ONU à la fin de leur journée de travail, employés et diplomates confondus. Aucun n’a jugé utile le détour de quelques pas pour s’intéresser au thème du rassemblement. Mieux, la plupart modifièrent leur trajectoire pour éviter de recevoir un petit tract explicatif!

Distribution de tracts pour les détenus en Syrie, devant l’ONU à Genève, le 22.6.2016.

Distribution de tracts pour les détenus en Syrie, devant l’ONU à Genève, le 22.6.2016.

Il semble pourtant évident que les mobilisations organisées devant l’ONU sont en lien direct avec l’actualité de l’un ou l’autre des pays membres et, en principe, avec les activités supposées de l’ONU…Une question s’impose donc: quel est le rôle de l’ONU? et surtout , quelle est la motivation des personnes qui y travaillent? Juste l’argent, la posture et le “I feel deeply concerned” cher à Ban Ki-moon?

Ce qui se passe quotidiennement dans les centres de détention syriens est un crime contre l’Humanité et une violation de la charte des droits de l’Homme! Ce qui veut dire que l’ONU devrait se sentir concernée et s’impliquer en premier chef… Mais nous tous qui partageons les valeurs humaines les plus élémentaires devrions nous sentir concernés aussi; et nous devrions nous indigner du silence assourdissant de la communauté internationale et de l’ONU devant ces exactions abominables. Mais les Syriens restent désespérément seuls dans leur lutte pour les droits de l’homme.

La cage portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

La cage portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

Les participants au rassemblement se sont encagés sur la place des Nations pour symboliser la détention en Syrie; ceci dans le cadre de la campagne organisée à l’initiative des « Survivants de la Détention en Syrie » intitulée « Les Détenus D’abord”, avec pour but de faire porter la voix des détenus au-delà des murs de leurs prisons et au-delà de la Syrie. On estime leur nombre à 325’000 détenus et le nombre de morts par jour à 50 personnes.

FemmeS pour la Démocratie et le Réseau des Femmes Syriennes, co-organisateurs du rassemblement, se sont joints à l’initiative des « Survivants de la Détention en Syrie » pour cette campagne. Ils s’y sont joints aussi et surtout pour dénoncer l’utilisation de la libération des détenus dans le chantage politique lors des pourparlers, et pour réaffirmer que la libération des détenus doit passer avant toute négociation, conformément à la résolution 2254 de l’ONU.

Les activistes syriens encagés portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

Les activistes syriens encagés portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

Ibrahim Malki, avocat défenseur des détenus et activiste syrien réfugié en Suisse, qui a vécu lui-même la détention à quatre reprises pendant la révolution a parlé pour eux:
« … En Syrie il n’y a pas de prisons, il y a juste des centres de détention…
Le régime syrien est très créatif pour ses méthodes de répression et de torture…
Affamer les détenus en est une… dans l’un de ces centre de détention, le repas se limitait à un oeuf pour sept détenus…
Le régime Assad n’a rien à voir avec un régime politique, c’est un gang de criminels… ».

FSD

Rassemblement « Les Détenus D’abord »

Appel à un rassemblement de solidarité avec les détenus en Syrie
« Les détenus d’abord »
Mercredi 22.06.2016, 16:30 – 18:30, à la place des Nations, Genève

FSD se joint à la campagne été lancée à Paris le 11 juin 2016, et invite la diaspora syrienne et tous les amoureux de la liberté à se mobiliser en solidarité avec les détenus en Syrie, qui risquent leur vie dans l’obscurité. La question des détenus et de leurs conditions de détention est sans doute la question la plus douloureuse et la plus traumatisante pour le peuple syrien.

La documentation des cas des détenus reste un travail très difficile en Syrie à cause des craintes de représailles. Le nombre réel des détenus est estimé à 325’000 et le nombre de morts parmi les détenus est estimé à 50 par jour. Depuis 2011, plus de 11’000 détenus sont certifiés morts sous la torture, dont 157 enfants et 62 femmes.

13164468_492247990961277_6432140199761616393_n

                          Les Détenus D’abord

Nous rappelons ici le texte de la campagne « Les détenus d’abord »:

« Les détenus sont la boussole de la révolution!
Les détenus d’abord

La politique internationale a négligé la cause de la libération des détenus d’opinion syriens et celle des otages innocents, ce qui amène à se poser des questions sur l’affaiblissement des droits fondamentaux. La cause des détenus a en effet été manipulée politiquement, en lien avec les accords politiques entre les parties au conflit (par la Russie, et les États-Unis d’Amérique).

La cause de la libération des détenus est soumise au chantage politique, ce qui est inacceptable pour les syriens, et pour tout être humain.

Nous condamnons l’incapacité du Conseil de sécurité d’appliquer l’article 12 de la résolution 2254 de l’ONU, qui exige, de manière explicite, la libération des détenus, surtout les femmes et les enfants.

Nous demandons à la communauté internationale de mettre en oeuvre ces dispositions sans délai.»

Nous commencerons notre rassemblement par une minute de silence pour les martyres de la révolution et en particulier pour les Syriens morts en détention. Nous lirons ensuite des témoignages d’anciens détenus.

Nous invitons les participants à prendre avec eux des photos de détenus syriens.

Conférence: Deux femmes réfugiées témoignent

A l’occasion de la journée internationale de la femme et du 5e anniversaire de la révolution syrienne, FSD collabore avec Amnesty International, Section suisse, pour l’organisation d’une conférence qui aura lieu dans plusieurs villes suisses entre le 7 et le 12 mars 2016.

A Lausanne,

le 7 mars à 17h15, Université de Lausanne, Amphimax, salle 415

A Genève,

le 11 mars à 18h30, Université de Genève, Uni Mail, salle MS150

A Berne,

un rassemblement  le 12 mars de 16h00 à la place Münsterplatz

Il y aura également des conférences à Bâle, à Zürich et à Berne

————-

Avec Raneem Ma'touq et Amal Nasr

Avec Raneem Ma’touq et Amal Nasr

Plus de 250’000 mort·e·s, des milliers de personnes torturées, plus de quatre millions de réfugié·e·s contraint·e·s de prendre la fuite et 6,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Le conflit syrien a créé la plus grande crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

A l’occasion de la Journée internationale de la femme et cinq ans après le début du conflit en Syrie, Amnesty International donne la parole à deux femmes syriennes qui ont dû fuir les atrocités de la guerre. Raneem Ma’touq et Amal Nasr reviendront sur les causes de l’exil de millions de Syrien·ne·s et raconteront leurs combats pour les droits humains, notamment pour les droits des femmes.

Raneem Ma’touq est une jeune étudiante ayant participé aux manifestations pacifiques en 2011. Elle a été emprisonnée pendant plusieurs mois en raison de son engagement militant et a perdu toute trace de son père, célèbre avocat des droits humains kidnappé en 2013. Elle a trouvé refuge en Allemagne.

Amal Nasr est une militante féministe depuis les années 1990. Elle s’engageait pour les droits des femmes en Syrie avec différentes organisations avant d’être, elle aussi, incarcérée. Elle vit désormais en Suisse depuis un peu plus d’un an, d’où elle continue son engagement pour les droits des femmes syriennes.

ENTRÉE GRATUITE. TRADUCTION ARABE-FRANÇAIS ASSURÉE.

Evénement organisé avec le soutien de l’UNIL, FemmeS pour la Democratie, Terre des femmes, CODAP, Vivre Ensemble, ELISA et Solidarité sans frontières.

Au cœur de la machine de mort syrienne

Le 24 novembre 2015 à 18h30

Université de Genève – Uni Mail – Salle MR060

Le groupe Syrie d’Amnesty UNIGE organise une conférence en collaboration avec l’association FemmeS pour la démocratie, sur la machine de mort que sont les centres de détentions en Syrie. Nous aurons la présence exceptionnelle de:

– Garance Le Caisne: Journaliste française indépendante, elle est l’auteure de Opération César. Au coeur de la machine de mort syrienne (Stock, 2015). C’est le témoignage d’un photographe de la police militaire, dont le nom de code est César, qui a risqué sa vie pour exfiltrer, pendant deux ans, 45000 photos et documents de détenus torturés à mort par le régime syrien. Garance Le Caisne l’a rencontré et écrit son témoignage.

G-LeCaisne
– Un activiste syrien réfugié en Suisse: Opposant de longue date au régime et ayant passé plusieurs années dans les prisons, il a été contraint de fuir le pays pendant le soulèvement syrien.

AmnestyUnig20151124

Paolo, Père jésuite, ami des Syriens et défenseur de leur révolution

A l’occasion du 2e anniversaire de l’enlèvement de Paolo Dall’Oglio, nous publions le texte écrit par le Mouvement pour le socialisme en août 2014:

Lors du rassemblement de Lausanne en août 2014

Lors du rassemblement de Lausanne en août 2014

Le 29 juillet 2013, lePère Paolo Dall’Oglio a été enlevé en Syrie par Daech (Etat islamique en Irak et au Levant- EIIL). Depuis lors, sa voix nous accompagne, au milieu d’un silence qu’impose, aujourd’hui, ladite communauté internationale sur cette disparition et sur les ténèbres dans lesquelles est plongée la très large majorité de celles et ceux qui constituent le peuple de Syrie.

Paolo Dall’Oglio, engagé dans le dialogue islamo-chrétien, animait le monastère de Mar Moussa en Syrie. Dès mars 2011, il prit parti pour la révolution syrienne. Dans son dernier ouvrage La rage et la lumière, il révélait les racines de cet engagement: «La tragédie de Hama en 1982, ses dizaines de milliers de morts, dans le plus grand silence occidental, a été l’objet de questions qui m’ont taraudé: à quel titre et pour quelles missions avais-je de- mandé un permis de résidence en Syrie à ce même régime qui exerçait sur son propre peu- ple une dictature féroce?» En février 1982, le régime d’Hafez el-Assad – père de l’autocrate Bachar – bombardait la ville de Hama, rebelle, faisant des milliers de morts. Déjà les grandes puissances se taisaient au nom de la «stabilité régionale». Pour elles, les membres des Frères musulmans n’ étaient pas des êtres humains. Paolo Dall’Oglio n’a pu l’accepter. Voilà la raison pour laquelle il écrivait, peu de temps avant sa disparition: «La Oumma humaine devrait porter les angoisses et les blessures de la Oumma musulmane, avec plus de miséricorde, de solidarité, car nous sommes tous embarqués sur cette planète fragile. Ne pas porter le poids des uns des autres rend la vie de chacun insupportablement lourde.» A sa façon, Paolo Dall’Oglio, dans cette partie du monde, exprimait son option préférentielle pour tous les opprimés et les exploités, sans exception.

En suivant cette voie – sa voie – il ne pouvait que prendre parti pour la révolution qui commença en mars 2011 en Syrie. Il nous laissait en effet ce message : «Je me suis rangé du côté de la révolution, au point de justifier l’autodéfense armée de ce peuple trahi et abandonné par l’opinion publique.» En juillet 2013 – après avoir été expulsé par le régime de Bachar el- Assad en juin 2012 – il décida de faire un nouveau voyage en Syrie. Tout d’abord, car il croyait «à la force de la prière en situation… toute notre tradition sémitique locale, juive, chrétienne et musulmane témoigne de cette expérience que la prière force les événements, tord le bras du destin, dévie la trajectoire du malheur». Ensuite, «car le massacre, surtout des civils, enfants, femmes, vieillards restés à la maison, montre le désir de se débarrasser radicalement de l’autre, de nettoyer la terre de sa présence, de couper et de tarir sa descendance».

Paolo Dall’Oglio n’a pas disparu pour nous. Il nous habite, car il enseigne par ses actes et sa parole un choix qui s’impose à tous et toutes: épouser, avec conviction et raison, les espoirs qui se logent aujourd’hui dans le cœur de mil- lions de Syriennes et Syriens. Des espoirs qui brisent le silence construit par les dominants qui n’ont que mépris pour les majorités dites silencieuses quand elles se rebellent et optent pour leur émancipation, dans toutes ses dimensions. Sur ce chemin, la révolution pour une Syrie libre, juste et démocratique est la première étape nécessaire pour qu’un peuple martyr, toujours en lutte, recouvre sa dignité.

Ce peuple comprend immédiatement ce que disait le 22 juillet un Palestinien de Gaza: «Nous avons reçu des tracts pour évacuer, il y a quelques jours, mais je ne m’attendais pas à un tel carnage. C’est comme si nous étions à Alep.» Une unité profonde soude les aspirations et les attentes du peuple syrien rebelle et du peuple palestinien, comme des peuples de toute une région. L’Occident a voulu assigner ces peuples à une prétendue «servitude volontaire» qui légitimait les dictatures. Cela pour faire oublier le despotisme colonial et les services que leur rendaient ces autocraties.

Paolo Dall’Oglio rejetait ces mystifications, ces mensonges. Son combat – sous des modalités que chacune et chacun bâtira – doit être partagé.

****************

Texte de l’annonce du rassemblement de solidarité avec Paolo et tous les kidnappé.e.s et détenu.e.s en Syrie, à Lausanne le 7 août 2014, organisé par FSD et MPS avec la participation de plusieurs autres organisations.

Lettre ouverte pour la Représentante Spéciale du Secrétaire Général de l’ONU sur la Violence Sexuelle lors des Conflits

Lors de la conférence de presse du 7 mai 2015, la représentante du Secrétaire Général de l’ONU sur la violence sexuelle lors des conflits, Mme Zainab Bangura, a informé la presse des résultats de sa visite au Moyen-Orient. Elle a abordé largement les exactions de Daech contre les femmes mais les exactions du régime syriens n’ont pas été vraiment abordé.

59 organisations (dont FSD) et plus de 350 signatures individuelles ont alors soutenu la lettre ouverte ci dessous qui a été adressée à Mme Bangura début juillet.

————————–

Conférence de presse de Mme Zainab Bangura Source: http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=50794#.VaDvulxhOQv

Conférence de presse de Mme Zainab Bangura
Source: http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=50794#.VaDvulxhOQv

Nous sommes un groupe rassemblant des défenseurs du droit des femmes en Syrie et des organisations de la société civile. Nous vous écrivons pour vous faire par de notre grande préoccupation au sujet de la visite de la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies sur la Violence Sexuelle lors des Conflits (RSSG), qui a eu lieu au Moyen-Orient du 16 au 29 avril 2015.

Dans un premier temps, nous sommes préoccupés par le caractère partial du communiqué de presse fourni par la RSSG après sa visite du 7 mai 2015. Bien que le communiqué ait mentionné que la violence sexuelle était imputable à « la plupart des parties aux conflits en Syrie et en Irak », elle n’a donné que des détails sur les violences commises par l’EIIL en oubliant complètement la violence commise par le régime d’Assad qui est systématique, très étendue et prouvée.

Dans un deuxième temps, nous exprimons notre regret sur la façon dont les réunions de la société civile ont été conduites au Liban et en Turquie. Nous accueillons et encourageons volontiers la tenue de réunions entre d’une part la RSSG et les officiels des Nations Unies, et d’autre part la société civile lors d’une mission de terrain. Cependant, nous regrettons que les informations présentées par les militants de la société civile, notamment lors des réunions ayant eu lieu à Gaziantep le 18/04/2015 et à Beyrouth le 21/04/2015, ne faisaient pas partie de la communication et des messages retransmis par l’Office. Les réunions mentionnées ont réuni des organisations qui ont travaillé avec des victimes de violence sexuelle à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie, et qui ont fourni des documents et des informations sur l’étendue de la gravité des violences commises par le régime d’Assad. Elles ont également réuni d’anciens détenus qui ont partagé leurs expériences personnelles sur la violence qu’ils ont subie en détention. Cependant, ces informations ainsi que d’autres faits et ressources présentés à l’équipe étaient complètement absents dans le dernier communiqué de Mme Bangura. Cela a pu créer un sentiment général, parmi les militants syriens présents, de n’être à la fois ni entendu ni considéré.

Le régime d’Assad a utilisé, et continue d’utiliser, la violence sexuelle comme une arme de guerre. Un rapport écrit par Human Rights Watch, le 15 juin 2012, indique que « les forces syriennes de sécurité ont utilisé la violence sexuelle pour humilier et dégrader les détenus avec une totale impunité. Les agressions ne sont pas limitées aux centres de détention, les forces gouvernementales et les miliciens pro-gouvernementaux chabiha ont aussi abusé sexuellement de femmes et de jeunes filles, dont certaines n’avaient pas plus de 12ans, chez elles ou lors d’interventions dans des zones résidentielles». Le rapport explique de plus la nature systématique de ces violations, et la complète impunité dont jouissent les auteurs.

De manière ironique, le rapport évoque nommément les services de renseignement 235 (connus sous le nom de « Section Palestinienne ») à Damas qui est décrit comme un bastion de la violence sexuelle. Mme Bangura a dit dans la réunion du 21/04/2015 qu’elle avait visité ce service et qu’elle avait rencontré Ali Mamlouk qui est l’une des figures majeures de cette violation systématique des droits de l’homme dans le régime syrien.

Dans l’ensemble, nous exprimons notre préoccupation sur le manque de prise de position impartiale de l’Office, et de son manque d’attention porté sur la responsabilité de tous les auteurs. Mme Bangura a déclaré que l’objectif global de sa visite au Moyen-Orient était une « mission d’enquête » ayant pour but « d’avoir une meilleure compréhension des besoins des déplacés venant de Syrie qui ont subi des violences sexuelles ainsi que de mobiliser d’autres acteurs des Nations Unies, afin d’être en mesure de montrer leur soutien aux victimes de violence sexuelle liée au conflit ». Nous pensons que la façon dont la visite a été conduite a empêché une enquête impartiale en ne mettant en avant que la position d’une des parties, et donc, qu’elle a échouée à prendre en compte les besoins des victimes femmes syriennes ainsi que celles qui sont sous la menace continuelle de violence sexuelle.

Il faut tenir compte du fait que le régime syrien s’abstient de collaborer avec toute mission internationale de documentation des violations des Droits de l’Homme en Syrie. La Commission d’Enquête sur la Syrie, mandatée par le Conseil des Droits de l’Homme, continue à être interdite d’entrer sur le territoire contrôlé par le régime d’Assad. Ainsi, nous pensons que limiter les recommandations du SRRG à des demandes de collaboration avec le régime d’Assad n’est ni réaliste ni constructif.

Nous encourageons évidemment toute mise en avant des crimes horribles commis par l’EIIL ou par tout autre groupe armé. Cependant, nous pensons qu’écarter un auteur majeur, que nous pensons être la cause première du conflit, et qui est le seul à jouir d’une souveraineté et d’obligations internationales, sera contre-productif et vraisemblablement nuisible pour les femmes qui continuent de souffrir dans le conflit en cours.

Le régime d’Assad contrôle toujours un large territoire et continue de le diriger au travers de services de sécurité qui sont notoirement connus pour leur utilisation de la torture, leurs abus et leurs violations à grande échelle. Nous pensons donc que le communiqué a échoué à montrer l’importance de la menace que le régime d’Assad fait porter sur la sécurité, et le bien-être des femmes vivant à l’intérieur de son territoire ou en dehors. En effet, elles sont la cible systématique de tirs d’explosif dans les zones peuplées, ce qui a un impact direct disproportionné sur elles.

Mort, torture et abus: L’enfer des prisons et des centres de détention en Syrie

Conférence avec:

  • Anwar Al Bounni, avocat spécialiste des droits humains
  • Majd Izzat Shurbaji, activiste de la première heure lors de la révolution pacifique de 2011

Genève, Maison des associations, 15 Rue des Savoises, salle Chico Mendes

Jeudi, 25 juin 2015, 18h30

Organisée par

Amnesty International Suisse et FemmeS pour la Démocratie

———

Il y a un mois environ, des combattants de «l’Etat islamique» ont pris la ville de Palmyre/ Tadmor au cœur de la Syrie. Pour le monde occidental, Palmyre est synonyme de l’une des plus belles ruines romaines au monde, ce qui explique sa peur de voir cet héritage inestimable détruit par «l’État islamique».

Pour la population syrienne, la ville de Tadmor / Palmyre éveille un sentiment de terreur. Les ruines côtoient les pires prisons syriennes. Depuis plus de quarante ans, des milliers de personnes y ont été emprisonnées dans des conditions déplorables. Leur quotidien rimant avec torture et mort.

Tadmor n’est que l’un des nombreux centres de détention gérés par les services de sécurité syriens. Depuis le début des manifestations pacifiques contre le régime en 2011 – «Printemps arabe» -, des milliers de personnes considérées comme des opposant∙e∙s au régime y ont disparu.

Anwar Al Bounni, avocat spécialiste des droits humains depuis 1995, et Majd Izzat Shurbaji, activiste de la première heure en 2011 à Daraya (lieu de protestation de la banlieue de Damas et symbole du soulèvement pacifique), raconteront leur expérience personnelle de la détention.

Prison-Tadmor

Prisons syriennes

Anwar Al Bounni est un avocat spécialiste des droits humains reconnu, qui défend des prisonniers politiques pacifiques depuis 1995. Entre 2006 et 2011, il a lui-même été emprisonné, suite à son travail en faveur des droits humains. Lorsqu’il était en prison, il a reçu en 2008 le Prix Front Line honorant les défenseurs des droits humains et en 2009 le Prix des Droits de l’Homme de la Fédération des Juges Allemands. En 2012, il a publié des recommandations provisoires constitutionnelles en faveur d’une transition démocratique en Syrie. Il est également le directeur du Centre Syrien d’études juridiques ainsi que membre fondateur de l’Association pour les Droits de l’Homme en Syrie. En 2014, il a dû quitter la Syrie par crainte d’être persécuté. Il vit actuellement en Allemagne.

La militante Majd Izzat Shurbaji a reçu le Prix International du Courage Féminin décerné tous les ans par le Département d’État américain lors de la Journée internationale des femmes. Shurbaji est née en 1981 dans la ville de Daraya, banlieue de la capitale Damas. Mère de trois enfants, elle a dû surmonter de nombreux défis durant la révolution syrienne. Elle a été déplacée, détenue durant sept mois en prison et elle a dû s’exiler. Son mari est décédé à la suite de tortures et de mauvais traitements, en octobre dernier. Elle considère que les difficultés traversées ont été sa plus grande motivation pour continuer son travail.

Pour la Femme Syrienne, appel à la solidarité

A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés le 20 juin, plusieurs organisations ont lancé un appel à la solidarité avec les femmes syriennes réfugiées, déplacées et victimes de la répression. Ces femmes portent aujourd’hui le plus lourd fardeau dans cette guerre en Syrie, elles restent pourtant l’espoir d’un avenir meilleur en Syrie, mais leur voix ne se fait pas entendre.

Quelques chiffres et remarques les concernant :

  • Aujourd’hui plus de 2 millions de femmes et de jeunes filles sont des réfugiées dans le monde,
  • Plus de 150’000 femmes réfugiées sont cheffes de famille et luttent pour leur survie.
  • 4 millions sont des déplacées internes en Syrie.
  • 19’000 femmes syriennes ont trouvé la mort, en moyenne 13 femmes sont tuées chaque jour depuis 4 ans!
  • Les raids aériens avec bombardements de barils d’explosifs menés par le régime syrien constituent la première cause de mortalité et la plus grande menace pour la vie et le mouvement des femmes aujourd’hui en Syrie.
  • Plus de 6’500 femmes syriennes sont détenues dans les prisons du régime syrien et subissent de multiples formes de viols et de violences sexuelles…
  • Dans les territoires sous contrôle de Daech les femmes sont privées de leur liberté, les jeunes filles sont forcées de se marier…

Pour_La_femme_Syrienne

Nous réclamons:

  • L’application immédiate de la résolution N° 2139 du 22 Février 2014 du Conseil de Sécurité, voté à l’unanimité, qui interdit formellement l’utilisation de barils explosifs.
  • Une forte pression internationale sur le régime syrien afin de libérer immédiatement toutes les femmes syriennes détenues mais également tous les enfants détenus.
  • Un soutien mondial aux organisations de la société civile qui aident les femmes dans des zones contrôlées par des extrémistes religieux.
  • L’augmentation de la présence des femmes syriennes au sein des partis politiques de l’opposition d’une façon efficace afin qu’elles puissent faire entendre leur point de vue et leur vision sur l’avenir de la Syrie

Pourquoi faut-il aider les femmes syriennes ?

cit.”Les femmes réfugiées syriennes sont ce qui tient cette société brisée debout. Leur force est extraordinaire, mais elles souffrent seules. Leur voix est un appel à l’aide et à la protection qui ne peut être ignoré “. Angélina Jolie, envoyée spéciale du UNHCR.

Les signataires

ASSOCIATION UNION POUR LA DÉMOCRATIE- France

ASSOCIATION WOMEN NOW FOR DEVELOPPEMENT- France

KURDISH FUTURE MOVEMENT IN SYRIA

REVIVRE- France

FEMMES POUR LA DÉMOCRATIE-Suisse

SOURIA HOURIA- France

LIGUE INTERNATIONALE DES FEMMES POUR LA PAIX ET LA LIBERTÉ

PARTENIA 2000-France

SYRIAN DEMOCRATIC UNION -GAZIANTEP-Turquie

SYRIAN WOME’S NETWORK-GAZIANTEP-Turquie

MNBAR AL CHAM- Turquie

ASSOCIATION BARADA- Turquie

Plus de détail sur la mobilisation de Paris:

 https://www.facebook.com/events/868130236574301/

FSD

« On vivait bien avant… » 2e partie

Voilà plus de quatre ans déjà que le peuple syrien s’est soulevé contre la tyrannie de la famille Assad. La répression féroce et les méthodes barbares du régime ont conduit la Syrie au bord du gouffre… la moitié de la population a fui la violence, réfugiés ou déplacés internes, pour échapper à la détention, à la torture, à la mort et à la terreur !
Aujourd’hui on entend certains syriens dire « On vivait bien avant…» comme si la cause de cette catastrophe était la révolution elle-même… et non pas la tyrannie de ce régime. Certains médias occidentaux se plaisent aussi à interviewer cette tranche de population restée pro-régime par intérêt, ou qui vivait avant la révolution en fermant les yeux et en priant le ciel pour qu’elle ne se trouve pas sur le chemin d’un membre d’un service de renseignements syrien (Moukhabarat).
Depuis début mai 2015 une campagne virtuelle appelée «On vivait bien avant… » (« # Kna_aaychen ») a été lancée par l’activiste syrien Feras Atassi pour raviver, de façon sarcastique, les souvenirs douloureux de la vie en Syrie depuis le début du “règne” de la famille Assad il y a quatre décennies. Atassi lui-même a été surpris du succès de cette campagne et de la quantité de témoignages qui ont fait l’objet de milliers de postes partagés sur facebook et de twittes publiés sur Twitter.

FSD traduit ici une deuxième partie de ces témoignages pour mettre en lumière les vraies raisons qui ont poussé les Syriens à dépasser la peur et faire face à ce régime :

Pancarte de Zabadani (Damas campagne) le 05.05.2015: "Vous viviez bien avant... pas nous!". Source: aljazeera.net

Pancarte de Zabadani (Damas campagne) le 05.05.2015: « Vous viviez bien avant?… nous pas! »
Source: aljazeera.net

———————–
4. « #Kna_aaychen »
Morfie Al Shaar
Quand j’étais enfant, notre distraction préférée était de jouer au ballon dans la rue ou dans la cour d’une école. Un jour, toutes les écoles étaient occupées et il ne restait plus que celle de l’Indépendance. Le mur qui l’entourait était très haut. En grimpant sur le mur pour accéder à la cour j’ai vu un garçon de l’autre côté qui m’a invité à jouer contre leur équipe. Je me suis retourné vers mon cousin à l’extérieur pour lui poser la question, mais un militaire qui m’avait vu m’a tiré violemment par terre et m’a roué de coups de pied en me roulant vers la porte externe de l’école. Par malchance l’école avait été cambriolée la veille.
C’était la première fois de ma vie que j’entendais injurier Dieu. Cela m’a terrifié parce que je me suis dit que si cette personne n’avait même pas peur de Dieu quel serait mon sort à moi alors. Là j’ai senti un besoin soudain et pressant de pisser ! Lorsqu’on est entré dans le bâtiment mon interrogatoire a commencé et c’était la première fois de ma vie que je voyais un fusil russe.… tout paraissait irréel dans la pièce, une table et une chaise en plastique noir, une lampe qui tombait du plafond, des fusils… encore sous l’effet des coups reçus, j’ai proposé à cet homme de prendre l’argent que j’avais et de me laisser partir, j’avais cent livres syriennes dans ma poche. Il les a pris et il m’a laissé partir.
Je suis arrivé à la maison pieds nus, quant à mon cousin qui a vu ce qui m’arrivait, il n’a pas même pas osé rentrer à la maison et on a mis une heure pour le retrouver.
Depuis cet incident j’ai peur même des gendarmes… et je me demande toujours pourquoi on se pisse parmi lorsqu’on a trop peur !!!

———————-
5. « #Kna_aaychen »
Feras A. Atassi
J’ai pris un mini-bus collectif pour me rendre à l’université de Homs. Pour y aller on devait passer à côté de la statue de Hafez Assad à l’entrée de la ville. Parmi les voyageurs il y avait une femme qui a demandé au chauffeur de s’arrêter en disant : “arrêtez-vous à côté de la statue”. Un autre voyageur l’a alors giflée en lui disant : « Une statue ? Quelle pute !… On dit La Statue de Monsieur le Président ». Une giffle qu’elle n’oubliera certainement jamais… et que je n’oublierai jamais. Je n’oublierai jamais le sentiment d’humiliation qui m’a alors envahi !

———————–

6. « #Kna_aaychen »
Nawras Charkassi 

Un membre de ma famille était enseignant au collège. Un jour, un étudiant lui a demandé son avis concernant la guerre entre l’Irak et l’Iran. Il lui a répondu qu’il pensait que la Syrie devait soutenir l’Irak parce que c’est un pays arabe, ou alors au moins rester neutre…
Le lendemain matin il s’est fait arrêter par les Mukhabarat (service de renseignement syrien). Il est resté en détention six mois pendant lesquels il a subi tortures et coups. Pendant cette période sa famille ne savait même pas où il se trouvait et elle était morte d’inquiétude. Quant à lui, il a été détruit psychologiquement, juste pour avoir dit ce qu’il pensait. Lorsqu’ils l’ont arrêté il avait les cheveux noirs et lorsqu’ils l’ont libéré il avait les cheveux gris !

————————

7. « #Kna_aaychen »
Kh Rw 

Ma famille possédait un appartement bien placé dans le quartier « al-Mazra’a » à Damas. Je me rappelle encore des arbres et du jasmin qui entouraient notre appartement. Ma mère a fait la connaissance d’une des voisines d’immeuble et leur relation s’est développée et elles se rendaient visite mutuellement. Lorsque mon père a trouvé un travail à l’étranger, cette voisine a demandé à ma mère d’accepter de louer notre appartement à des proches à elle. Elle a proposé un loyer qui semblait intéressant pour ma famille. Mon père a accepté, mis en confiance par l’accent de cette voisine, qui était celui des Damascènes. Cette voisine avait bien caché la nature de travail de son mari et son véritable accent. Quelques années sont passées et mon père a souhaité retourner à Damas. Alors ma mère s’est rendue à Damas et elle a pris contact avec la voisine pour discuter de la date à laquelle mettre terme à la location de notre appartement. Elle a alors été confrontée au mari de cette voisine qui l’a informée qu’il était de la communauté Alaouite, levant le ton, devenu menaçant, il lui a demandé d’accepter de vendre l’appartement à un prix insignifiant… il lui a dit que bien sûr cet appartement lui appartiendrait quel que soit la décision de mes parents, mais qu’il préférerait payer ce prix car il était une personne honnête et ne souhaitait pas être obligé de leur prendre leur appartement. La voisine avait soudain retrouvé son accent alaouite. Ma mère a eu très peur et elle a accepté de leur laisser l’appartement pour ce prix…
Depuis, chaque fois que nous passions par ce quartier nous priions Dieu pour qu’il prenne notre revanche. Quelques années plus tard nous avons appris que leur fils unique avait trouvé la mort dans un accident de voiture… on vivait bien avant !

FSD