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Ghouta: « de la terreur des bombardements vers celle de l’inconnu »

Une trentaine de militant.e.s suisses et d’activistes syrien.ne.s, étaient réunis vendredi 30.3.18 au soir sur la place de la Riponne à Lausanne, sous une pluie battante, pour manifester leur solidarité avec les gens de la Ghouta de l’est de Damas, affamés, trahis, massacrés et finalement, forcés à se déplacer, en majorité vers Idleb.

Cette manifestation faisait écho à de nombreuses manifestations similaires organisées à travers le monde, Paris, Londres, Rome, Bruxelles, Berlin, Malmö, etc. (voir Page Facebook pour les rassemblements du 30 mars et  la carte des manifestations qui ont eu lieu depuis le 22.02.2018 ).

Lors du rassemblement à Lausanne, un message adressé au Conseillé fédéral Ignazio Cassis et à la presse a été signé par les participants. FSD publie ici ce message.

Rassemblement avec des bougies à Lausanne le 30.03.2018

                                                               

Message au Conseiller fédéral I. Cassis et à la presse

Aujourd’hui al-Ghouta, demain Idleb

Al-Ghouta est massacrée par les aviations russes et syriennes depuis le 19.02.2018.

Des bombes au phosphore blanc et des armes chimiques sont régulièrement utilisées contre la population civile, en violation des traités internationaux.

Les populations locales appellent au secours.

Le régime mafieux et sanguinaire de Damas a déjà annoncé que le même scénario se répétera par la suite dans la province d’Idleb. Les bombardements se sont déjà intensifiés sur la campagne-nord de Hama et sur la campagne-sud d’Idleb.

Que fait la communauté internationale? Elle ne fait rien!

Que font les parties prenantes au conflit? Elles se partagent déjà la Syrie.

Que fait la Suisse? Elle ouvre un bureau d’assistance à Damas, qui ne servira au final que les intérêts d’Assad.

NOUS APPELONS LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A INTERVENIR.

Aujourd’hui le monde occidental est unanime dans sa condamnation de la Russie pour sa tentative d’assassinat supposée en Grande-Bretagne. Ce même monde occidental reste silencieux devant le massacre de plus de 1900 civils à la Ghouta en seulement 35 jours, effectué en large mesure avec des armes prohibées.

La Russie, qui pleure 64 morts en Sibérie occidentale, assassine en même temps plus de 1900 civils syriens à la Ghouta.

La Suisse, elle, reçoit en grande pompe le président de la Douma russe à Berne le 18.02.2018, lui qui est pourtant interdit de voyage en Europe.

 

La Russie de Poutine se vante aujourd’hui d’avoir expérimenté 200 types d’armements en Syrie. Elle est, plus que tout autre, partie prenante au conflit syrien. Elle n’a de ce fait aucun droit à voter au conseil de sécurité. Ses vetos sont illégitimes (art. 27 de la charte de l’ONU).

NOUS APPELONS CHACUN A BOYCOTTER LA RUSSIE.

Lausanne, le 30.03.2018

NOUS APPELONS LA SUISSE A SE MONTRER A LA HAUTEUR DE SES PRETENTIONS EN MATIERE DE DROITS HUMAINS ET A SE MONTRER PLUS FERME A L’ENCONTRE DE REGIMES QUI VIOLENT CES DROITS AU QUOTIDIEN.

“SHAKING HANDS WITH ASSASSINS IS COMPLICITY, NOT DIPLOMACY”

Lausanne, le 30.03.2018

 

Témoignage d’Ahmad de la Ghouta orientale, en déportation :

« Visages sombres dans le bus… Nous ne nous adressons pas la parole… A côté de moi se tient vieillard aux traits marqués… Il pleure … Je n’essaie pas de le consoler. Il sait qu’il ne reverra plus cet endroit, lui qui n’était probablement jamais sorti d’al-Ghouta plus de quelques jours d’affilée. Peut-être avait-il prié Dieu qu’il y soit enterré. Ses prières n’auront pas été exaucées. Il me se tourne vers moi et me dit: «Tu te dis que je suis triste parce que je quitte al-Ghouta? Non, mon fils, je suis triste parce que je ne sais pas où je me dirige. Je sors de sous les bombardements pour aller sous une tente, de la faim du siège vers celle du besoin, de la terreur des bombardements vers celle de l’inconnu ».

Et moi, je m’appelle Ahmad, j’ai peur, je sors de la Ghouta et je ne sais pas ce qui m’attend. »

…………

FSD

 

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Syrie: 7 Ans et la Révolution Continue

Appel au rassemblement

Genève, place des Nations le 17.03.2018, de 15h30 à 17h00

Il y a sept ans que la révolution syrienne a débuté en mars 2011 par un soulèvement populaire pacifique réclamant la dignité, la liberté et la démocratie. Sept ans aussi que le boucher de Damas livre avec ses alliés russes et iraniens une guerre qui vise avant tout la population syrienne partout où une forme de société civile alternative au régime s’est développée.

Le bilan est aujourd’hui extrêmement lourd: un demi million de morts, deux millions de blessés, un demi million de détenus et de disparus, plus de 11,5 millions de réfugiés et déplacés internes, et la destruction des infrastructures (entre autres, les cliniques et hôpitaux) et des quartiers résidentiels dans de vastes régions. Si l’on y ajoute les 18 millions de membres de la diaspora syrienne qui ont quitté la Syrie avant la révolution, suite surtout aux exactions antérieures du régime syrien, on en conclut qu’une grande majorité de syriens ne sont plus derrière Assad.

Poutine serait lui paraît-il attaché à la stabilité du Moyen-orient et de la Syrie? C’est peu probable! Ce qui se passe aujourd’hui à la-Ghouta orientale, région de désescalade, tout comme ce qui s’est passé ailleurs en Syrie depuis 2012 montre bien que la coalition mafieuse Poutine-Assad a d’autres intentions:

– La politique d’Assad n’a jamais eu pour but de reprendre le contrôle des régions assiégées. Son but principal est de détruire ces régions, d’y exterminer les civils ou de les forcer à migrer vers d’autres régions pour faciliter un changement démographique et y implanter une population acquise à son régime mafieux.

Depuis le 10 mars, alors que les milices d’Assad et affidés sont entrées dans la Ghouta, les exécutions sommaires sytématiques y ont commencé.

– A aucun moment, Poutine n’a oeuvré au respect d’un cessez-le-feu, en fait il alterne entre de prétendues négociations à Moscou, Astana, ou Sotchi et la prétendue impossibilité de faire pression sur Assad sur place pour empêcher toute solution constructive avant la mise en place d’une configuration favorable à ses plans et accessoirement à ceux d’Assad. A Sotchi, les «chefs négociateurs» autour de Poutine sont: Rouhani, le président du régime répressif et réactionnaire de la République islamique d’Iran, dont les milices participent aux massacres en Syrie; et le dictateur Recep Tayyip Erdogan qui y poursuit son propre agenda  régional.

L’arrêt des bombardements sur al-Ghouta ne dépend aujourd’hui que de Poutine, que ce soit au sein de l’ONU où la Russie bloque toute tentative de résolution contraignante, ou sur place à al-Ghouta même, où Assad n’est que la marionnette de Poutine. Poutine est donc aujourd’hui le premier responsable des crimes de guerre commis contre des civils en Syrie en général, et à al-Ghouta en particulier.

Quant à la communauté internationale, elle cache sa lâcheté derrière une prétendue impossibilité d’intervenir légalement et des simulacres d’interventions humanitaires. De fait elle est devenue complice des crimes commis en Syrie. I.Malki, avocat des droits de l’homme à Alep jusqu’ à fin 2014, aujourd’hui réfugié à Zurich, s’est exprimé à ce sujet: “… En fait, l’article 27 de la charte des Nations Unis exige des membres du conseil de sécurité directement impliqués dans un conflit de s’abstenir de voter, les vetos systématiques des russes sur la Syrie n’ont donc aucune base légale…” (http://www.un.org/fr/sections/un-charter/chapter-v/index.html)

Soyez solidaires avec les civils de al-Ghouta orientale bombardés et massacrés chaque jour par l’aviation d’Assad et de Poutine.

Joignez-vous nombreux à notre rassemblement en solidarité avec le peuple syrien en révolte, qui revendique son droit à la vie, à la liberté et à la démocratie, ainsi que la justice, seule garante d’une paix durable.

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie en collaboration avec Solidarity Organisation for Syria

Soutenu par: Mouvement pour le Socialisme (MPS), alencontre.org

 

Que fait le bureau humanitaire suisse à Damas pour les civils d’al-Ghouta?

Depuis le 19 février, al-Ghouta orientale, assiégée et affamée, subit une intensification féroce de l’offensive militaire menée par le régime syrien et ses alliés russes et iraniens. Toutes sortes d’armes conventionnelles et interdites sont utilisées par l’aviation et par l’artillerie lourde. Al-Ghouta orientale, qui souffrait déjà de famine et de bombardements depuis 2013, vit actuellement des conditions humanitaires catastrophiques. Les civils et les services médicaux sont ciblés et l’intensité des bombardements ne permet pas aux populations de se déplacer pour chercher de quoi se nourrir.

Les Syriens de suisse qui assistent à ces crimes de guerre et contre l’Humanité  à al-Ghouta se demandent ce que fait ou fera le bureau humanitaire suisse qui se trouve à quelques km de cette région! Nous savons tous qu’il ne pourra rien faire par manque d’autorisation du régime criminel.

FSD et la communauté syrienne en Suisse ont alors adressé une lettre ouverte au Conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du DFAE, pour demander des actions effectives pour éviter à tout prix le déplacement forcé des 400’000 habitants d’al-Ghouta.

La lettre est reproduite ci-après.

—-

Photo prise à al-Ghouta le 22.02.2018

 

Monsieur le Conseiller fédéral,

Le communiqué de presse du DFAE du 21.12.2017 affirmait que le but du bureau humanitaire suisse à Damas serait d’assurer un accès humanitaire aux populations sinistrées, en particulier celle d’al-Ghouta. Nous nous demandons aujourd’hui quelles démarches ont été ou seront faites afin de venir en aide à la population d’al-Ghouta.

Cette région, assiégée et affamée par le régime Assad depuis 2013, subit actuellement une offensive militaire féroce menée par Assad et ses alliés russes et iraniens. Depuis l’intensification de l’offensive militaire qui a commencé le 19 février, l’accès aux soins médicaux à al-Ghouta est devenu quasi impossible après le ciblage des services médicaux par l’aviation, qui a conduit à leur arrêt total. Nous recevons chaque jour des témoignages de femmes[1], d’enfants[2] et d’activistes[3] sur place qui glacent le sang, et les Syriens de Suisse regardent horrifiés le massacre des leurs sans pouvoir leur venir en aide. Ces témoignages sont nombreux, et vu le peu d’espoir qui leur reste, les gens d’al-Ghouta parlent à visage découvert, et ne cachent plus leur nom, rien à voir avec les prétendus terroristes qu’Assad et Putine prétendent cibler.

Après l’adoption de la résolution du conseil de sécurité No 2401 du 24.02.2018, et un rapide examen du texte, nous sommes certains qu’elle sera contournée, elle l’est déjà, puis ira rejoindre les précédentes aux oubliettes. Elle comprend par ailleurs suffisamment de lacunes pour servir utilement à la mise en place du plan du régime, déjà annoncé par son représentant Jaffari, à savoir le même scénario à al-Ghouta que précédemment à Alep, en décembre 2017, soit l’extermination d’un grand nombre de civils avant de forcer le reste à se déplacer vers Idleb, où le même scénario se répétera une fois de plus. Les habitants d’al-Ghouta supplient la communauté internationale de tout faire pour empêcher une tellle issue, qui d’ailleurs est un crime contre l’humanité.

Rassemblement devant l’ONU à Genève le 23.02.2018

Le DFAE pourra-t-il aider les gens d’al-Ghouta dans les jours à venir à partir du bureau de Damas? Nous le souhaitons tellement. Mais en cas d’échec, il faudra bien constater que rien de positif ne pourra jamais se faire avec pour partenaire un régime barbare, criminel et totalement illégitime[4], qui vise à achever un changement démographique déjà largement commencé, par l’intermédiaire d’un génocide et du déplacement forcé des populations qui lui sont indésirables. Le régime Assad se sent fort avec le soutien militaire de la Russie et de l’Iran, et renforcé par le retour des pays occidentaux à Damas, la Suisse en tête. Mais un régime fantoche n’est pas forcément appelé à durer.

La détresse de la population syrienne sur place s’accentue chaque jour à cause de cette sale guerre menée contre les civils principalement. Si la Suisse souhaite vraiment apporter son aide pour soulager la population civile syrienne, elle serait certainement plus utile en oeuvrant pour stopper cette guerre. Ceci ne peut se faire qu’en agissant pour une réelle solution politique, exigeant que la justice passe[5], et qui permette aux Syriens d’avoir une vraie transition politique, sans le régime du boucher de Damas, pour construire leur futur Etat démocratique basé sur le principe de la citoyenneté pour tous. Aucune autre solution ne mettra fin à la violence, aucune autre solution ne permettra au peuple syrien de vivre dignement en Syrie. Ceci ne sera possible que si les pays occidentaux, y compris la Suisse, font passer la justice et les droits humains de la population syrienne devant leurs intérêts à court terme et font pression sur la Russie et l’Iran pour obtenir le départ du régime syrien, des élections libres et leur propre départ du territoire syrien.

La révolution syrienne continue.

Veuillez agréer, Monsieur le Conseiller fédéral, nos salutations les meilleures.

 FSD et 90 membres de la diaspora syrienne en Suisse ont signé la lettre

[1] https://www.theguardian.com/world/2018/feb/24/syria-eastern-ghouta-the-women-sharing-news-of-war

https://www.facebook.com/WomenNowforDev/videos/1380296635407577/?hc_ref=ARTSSgDxO7MkOZrqF-KX2cr4PcRtAvoLAYMk9PCsVxB-DB65UBhhfiEJchsA4neUzZU&pnref=story

https://www.facebook.com/nivin.hotary

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1795506950531632&id=100002170345981

[2] https://www.facebook.com/ong.syriacharity/videos/1765699186783922/

[3] Minute 23 :20 de la vidéo https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1795506950531632&id=100002170345981

https://www.facebook.com/ActForGhouta/posts/1860708250628345

[4] https://info.arte.tv/fr/bachar-el-assad-reelu-comme-prevu

[5] Le fait de mener à terme le dossier de Rifaat el-Assad serait un signal fort https://www.letemps.ch/suisse/un-procureur-crimes-guerre-claque-porte?utm_source=facebook&utm_medium=share&utm_campaign=article

https://trialinternational.org/fr/latest-post/affaire-rifaat-al-assad/

Déclarations de Poutine à Hmeimim, de la poudre aux yeux!

Depuis lundi 11 décembre 2017, les négociations de Genève 8 ont repris même si un doute plane sur leur aboutissement. Ce même lundi, Poutine a fait une escale surprise dans la base militaire de Hmeimim en Syrie où il a rencontré Assad et annoncé le retrait des forces russes de Syrie. Il est bien évident qu’aucun retrait substantiel ne sera effectué par la Russie. Quel est alors le but de ces déclarations? Sans doute s’agit-il de se donner un visage de pacificateur pour justifier le déplacement des négociations à Sotchi, dont personne ne veut à part Assad. Comment en effet oublier la sombre image de l’occupation russe qui, depuis plus de deux ans, supporte militairement le dictateur Assad pour tenter d’étouffer la révolution populaire syrienne en s’attaquant à la population civile dans les régions de protestations libérées du pouvoir d’Assad? Rappelons que dans ces régions, les populations avaient instauré, dès leur libération et avant d’être écrasées par l’aviation russe, des mécanismes démocratiques pour la gestion administrative qui auraient parfaitement pu former le noyau d’une alternative au régime Assad.
FSD a choisi de traduire un article concernant l’annonce du retrait russe, publié sur le site d’information Geroun.

                                      Rassemblement à Genève pour « Syrian Day of Rage », 14 octobre 2017

 

Le retrait russe, des déclarations pour la consommation médiatique

Geroun, le 11.12.2017

L’agence de presse russe NOVOSTI a confirmé lundi que le président russe Vladimir Poutine a ordonné au chef d’état-major et au ministre de la Défense de préparer le début du retrait des troupes russes de Syrie, ceci après une rencontre avec le président syrien Bashar al-Assad dans la base militaire russe Hmeimim qui se trouve dans la campagne de Lattaquié (nord-ouest).

L’annonce de Poutine remet en question le sérieux des intentions de retrait de la Russie de la Syrie et on est en droit de se demander si ces déclarations médiatiques ne sont pas liées à des problèmes internes à la Russie, notamment les prochaines élections, et le désir du gouvernement russe d’absorber la colère nationale.

« Je ne pense pas que la Russie envisage sérieusement de se retirer de Syrie car elle l’avait déjà annoncé plus d’une fois précédemment. Il s’agit très probablement d’une politique médiatique liée à des questions internes à la Russie et aux élections prévues pour mars prochain », déclare le capitaine Said Narkash. Il ajoute: « Poutine a l’intention de se battre”, ajoutant que “le retrait de la Russie signifierait la défaite du régime fragile d’Assad, qui, sans l’intervention de Moscou, appartiendrait déjà au passé. »
Il s’explique:  « L’intervention de la Russie, il y a deux ans ou plus, a eu lieu principalement pour consolider le régime d’Assad, considéré le seul capable de protéger les intérêts russes. Ce but n’a toujours pas été atteint car les rebelles contrôlent toujours de vastes régions du pays. Il faudrait aussi prendre en compte le fait que la Russie cible une présence russe en Syrie pour le long terme, d’abord parce que c’est le seul accès pour elle vers les eaux chaudes de la Méditerranée. D’autre part, la Russie tente d’utiliser le conflit syrien comme une carte pour renforcer ses positions face aux Américains et aux Européens, dans d’autres régions comme la Géorgie et l’Ukraine ».
Cette annonce de Poutine pendant cette période de temps a suscité des questions concernant la possibilité que la Russie change de position et s’engage dans un véritable processus politique en Syrie, en particulier après la confirmation de la fin de la guerre sur Daech et la défaite de cette dernière en Syrie. Poutine a souligné cette défaite lors de sa visite à la base Hmeimim lundi en disant: « Nos soldats rentrent chez eux victorieux aujourd’hui, et cette victoire a été obtenue après un court laps de temps qui n’a pas dépassé deux ans.».

A ce sujet, M. Narkash dit: « Je ne pense pas qu’un changement affectera la politique de Moscou ou ses positions vis-à-vis de la Syrie. Même l’annonce de la défaite de Daech n’est pas vraie et ne représente pas plus qu’un exercice médiatique pour soutenir l’orientation de Moscou et sa propre vision concernant la solution en Syrie, qui est basée sur ce qu’on appelle les accords de « réconciliation » avec le régime syrien ».

Il ajoute:  « Depuis deux ans, la Russie essaie d’imposer des compromis et des accords de « réconciliation » en exerçant la pression (militaire) sur les zones assiégées, même les accords pour la désescalade dont Moscou était garante à la Ghouta de l’Est ou à Qalamoun, n’ont pas abouti. La Russie a dû annuler la conférence du dialogue national qu’elle avait planifiée à Hmeimim. Par la suite, cette même conférence a été déplacée à Sotchi et la date a dû être repoussée plus d’une fois. Moscou ne peut imposer aucun règlement politique, au moins maintenant, en attendant un consensus russo-américain sur une solution globale en Syrie. »

D’autre part, une source qui préférait ne pas être nommée, a déclaré à Geroun: « Toutes ces déclarations russes concernant les intentions de Moscou de retirer ses troupes de Syrie sont pour la consommation médiatique, et sont liées à deux questions principales: la première c’est la question des prochaines élections présidentielles russes, la deuxième c’est pour donner un peu de sérieux aux négociations de Genève qui piétinent, ceci dans le but de convaincre les parties qui rejettent toujours la Conférence de Sotchi que c’est la seule conférence capable de parvenir à un règlement du conflit syrien. Dans tous les cas, la Russie tient à son unique accès sur la Méditerranée».

« La Révolution Continue », Rassemblement à l’occasion de Genève 8

« Syrie: La Révolution Continue » était le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 30.11.2017, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une cinquantaine de personnes. Plusieurs militants et militantes suisses et des représentants de l’opposition iranienne se sont joints au rassemblement. Plusieurs membres de la délégation du nouveau comité de négociation de l’opposition syrienne, nouvellement constitué, étaient également présents. Le rassemblement  a débuté par une minute de silence à la mémoire des Martyrs de la révolution syrienne.

Les activistes qui ont pris la parole ont dénoncé les manipulations de la communauté internationale pour former une nouvelle opposition « unifiée » à Ryadh 2 en vue de Genève 8. Ce qu’il faut entendre par « unifiée » c’est que l’opposition a été modelée selon la volonté de la communauté internationale, Moscou en particulier. Au sein de cette nouvelle opposition, il y a aujourd’hui la dite opposition proche de Moscou qui oeuvre pour le maintien d’Assad et celle proche du Caire qui ne s’y oppose pas. 

Ces dites négociations se passent donc entre la délégation du régime illégitime d’Assad et la délégation illégitime de l’opposition syrienne, ce qui vide ces négociations de tout sens.

Alors que jusqu’ici la Russie jouait simultanément le rôle d’allié d’Assad ( et donc d’agresseur du peuple syrien) et d’ arbitre du conflit; aujourd’hui, elle intègre à elle seule trois rôles : allié d’Assad, arbitre et opposant au régime ( pour le succès des négociations!).

         Rassemblement devant l’ONU à Genève, le 30.11.2017, à l’occasion de Genève 8.

Les orateurs ont aussi rappelé: 

– qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad;

– qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix alors qu’ils sont complices d’Assad pour les crimes commis en Syrie; 

– qu’il n’y pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. 

– que seule la justice pourra aider les Syriens à guérir leur énorme souffrance, pour pouvoir vivre en paix dans une Syrie qui leur garantisse la liberté, la dignité et la démocratie, leurs aspirations depuis le début de la révolution;

– que l’avenir en Syrie se fera avec une transition politique, sans le régime Assad, sans les groupes extrémistes et dans le respect de la diversité de tous les Syriens. 

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie, à la libération des détenus politiques et au départ de toutes les forces étrangères de Syrie. Ils ont également dénoncé toute négociation à Sotshi ou ailleurs sous l’égide de la Russie.

                      Rassemblement à l’occasion de Genève 8.

Ahmad Ramadan, membre de la coalition de l’opposition et membre du nouveau comité de négociation a pris la parole sans aborder les sujets qui fâchent! Malgré cela des discussions tendues ont suivi concernant le manque de confiance des Syriens à l’égard de la nouvelle coalition de l’opposition.

Les chants de la révolution ont accompagné la fin du rassemblement.

Plusieurs médias étaient présents. 

FSD

PS: Pour la première fois depuis 6 ans le rassemblement a été terni par la présence d’un vandale venu piétiner le drapeau de la révolution et par celle d’un drone d’origine inconnue venu la surveiller.

Naissance d’un Mouvement Politique Féminin Syrien de l’opposition

Depuis le 15 mars 2011, les femmes ont participé activement à la révolution syrienne à tous les niveaux et dans tous les domaines. Toutefois elles n’ont pas réussi à s’imposer au sein de l’opposition à la hauteur de cette participation, ceci malgré leur implication politique depuis 2011.
Pour forcer le passage et prendre une part active dans l’opposition aujourd’hui, mais également dans la période transitoire et dans l’avenir de la Syrie, une trentaine de femmes, activistes et politiciennes syriennes, opposantes au régime dictatorial Assad ont lancé le premier mouvement politique féminin syrien qui a conclu son assemblée constitutive à Paris le 24 octobre 2017. Un pas porteur d’espoir pour les femmes mais également pour la future Syrie, car le respect des droits des femmes est nécessaire pour une Syrie démocratique basée sur la citoyenneté. Bien entendu ce mouvement construit sa vision de l’avenir de la Syrie en se basant sur le respect des droits des femmes et en oeuvrant pour garantir leur participation sur la scène politique.

FSD publie ci-après une traduction des conclusions de l’assemblée constitutive du Mouvement Politique Féminin Syrien.

 

La Vision:

L’établissement d’un Etat démocratique pluraliste basé sur le principe de la citoyenneté égalitaire, sans aucune discrimination basée sur le genre, la race, la religion, la communauté, la région ou sur n’importe quelle autre appartenance. Un Etat de droit qui offre l’égalité entre les hommes et les femmes par une constitution garantissant les droits des femmes, pour l’élimination de la discrimination des femmes dans tous les domaines, politique, légal, économique, social et culturel, en conformité avec toutes les conventions et les traités internationaux des droits humains et en particulier la convention CEDAW.

Qui sommes-nous?

Nous sommes des femmes politiques et activistes syriennes qui s’opposent à la tyrannie et réclament la liberté, la justice et la dignité pour tous les citoyens en Syrie. Nous sommes des syriennes qui défendent les droits des femmes dans notre pays. Nous appartenons à différents milieux intellectuels et politiques et à tous les segments de la société syrienne. Nous sommes un mouvement inclusif des femmes syriennes, avec leurs diverses compétences et expériences, qui articule les revendications des Syrien.ne.s croyant aux mêmes principes pour le respect des droits des femmes, pour l’égalité et pour l’importance de l’engagement des femmes et leur participation active dans tous les aspects de la vie et dans toute structure décisionnelle pour la future Syrie.

Principes:

  1. L’engagement à une transformation radicale de la structure de l’Etat, d’un régime autoritaire à un Etat démocratique pluraliste.
  2. L’engagement à une solution politique et pacifique pour la Syrie.
  3. La représentation des femmes avec au moins 30% des sièges dans tous les centres de décisions.
  4. Les négociations doivent respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme; elles doivent se référer à la Déclaration de Genève de 2012, aux résolutions 2118 (2013), 2254 (2015) du Conseil de sécurité et à toutes les résolutions relatives à la Syrie, ainsi qu’à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies ( 2000).
  5. Le jugement des responsables de crimes et la justice transitionnelle font partie intégrante de la transition politique. Tous ceux qui ont une responsabilité dans le bain de sang du peuple syrien doivent être traduits en justice afin que la Syrie puisse parvenir à une paix globale, juste et durable.
  6. L’articulation des priorités et des revendications du peuple syrien en donnant la priorité aux dossiers humanitaires et politiques suivants:
    – La protection des civils contre tous les actes de violence;
    – La libération des détenu.e.s et la divulgation du sort des disparu.e.s;
    – La levée de tous les sièges et la garantie d’un accès humanitaire continu et sans entrave à toutes les zones dans le besoin;
    – Le retour volontaire et digne des personnes déplacées et des réfugiés dans leurs régions.
  7. Le MPFS est conscient de l’importance de la question kurde en Syrie et il reconnaît qu’aucune solution globale ne peut être trouvée sans un arrangement garantissant les droits de tous.
  8. La période de transition sera régie par des principes constitutionnels respectant les droits des femmes, qui serviront de base pour l’établissement de la constitution permanente garantissant l’intégrité territoriale de la Syrie en tant que terre et peuple, sa souveraineté, son indépendance, l’Etat de droit, la passation régulière du pouvoir, la séparation des pouvoirs, les droits humains et l’égalité de tous les citoyens.
  9. L’assurance de la protection de la diversité dans la société et l’élimination de la discrimination sous toutes ses formes.
  10. Rien de tout cela ne peut être accompli tant qu’Assad et les symboles de son régime restent au pouvoir.

PLAN DE TRAVAIL

Le Mouvement Politique Féminin Syrien est un mouvement à long terme qui sera mis en oeuvre en trois phases:

PHASE 1: CONTEXTE ACTUEL

  1. Établir une présence réelle sur le terrain en Syrie, dans les pays de refuge voisins et dans la diaspora.
  2. Élaborer une stratégie pour renforcer et approfondir les liens du MPFS avec les femmes syriennes à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie, les organisations féminines syriennes, les organisations syriennes des droits de l’homme et les conseils locaux, afin d’intégrer leurs revendications dans les processus politiques et mettre en lumière leurs activités auprès de la communauté internationale.
  3. Des réunions régulières du MPFS (tous les trois ou quatre mois) visant à accroître le nombre de ses membres comprenant, en particulier, des jeunes femmes politiquement indépendantes, des membres de la société civile syrienne et des représentantes d’organisations féminines.
  4. Sensibiliser en particulier les personnes déplacées et les communautés de réfugiés à l’importance de la participation politique des femmes à tous les niveaux.
  5. Campagnes médiatiques et plaidoyer pour obtenir le soutien des Syrien.ne.s et de la communauté internationale.
  6. Fixer un quota minimal de 30% pour la représentation des femmes dans toutes les délégations et les négociations relatives à l’avenir de la Syrie.
  7. Fournir une perspective sensible au genre sur tous les dossiers importants pour la Syrie, y compris: la constitution, le gouvernement transitoire, la justice transitionnelle, les détenu.e.s / les disparu.e.s forcé.e.s, le retour volontaire et digne des réfugié.e.s, le rétablissement précoce et la reconstruction, l’éducation, les médias et la santé.

PHASE 2: TRANSITION

  1. Atteindre 30% de représentation des femmes dans le gouvernement transitoire, les institutions et les entités de prise de décisions.
  2. Appliquer la vision du MPFS à toutes les décisions relatives aux dossiers de la phase transitoire et à leur réalisation sur le terrain.
  3. Participer à l’organe constitutif qui rédigera la constitution permanente pour la future Syrie.
  4. Participer à la mise en œuvre de mécanismes de justice transitionnelle sensibles au genre.
  5. Travailler continuellement avec toutes les catégories de la société syrienne et s’engager avec eux afin de soutenir une constitution qui garantit les droits des femmes.

PHASE 3: FUTURE SYRIE

  1. Cette phase débute avec un référendum sur la constitution permanente du pays, le MPFS oeuvrera pour sa sensibilité au genre.
  2. Participer aux comités chargés d’harmoniser les lois avec la constitution.
  3. Assurer 30% de représentation des femmes à tous les postes de prise de décisions, dans le but d’atteindre la pleine égalité.
  4. Développer des stratégies systématiques pour transformer la culture dominante qui tolère la discrimination sociale, promouvoir la paix civile, répandre une culture de non-violence, et lutter contre le terrorisme.
  5. Inclure dans tous les plans et les stratégies nationaux des mécanismes garantissant la participation effective des femmes dans tous les aspects de la vie, y compris des actions positives conçues pour renforcer cette participation.

La révolution de la dignité, pour atteindre la liberté, la justice et l’égalité, continue!

 

Raqqa: Libération ou nouvelle occupation?

Avec la « libération » récente de Raqqa de l’organisation Daech, les Syriens qui ont porté la révolution syrienne savent que cette dite libération cache en fait une nouvelle occupation. Beaucoup de médias occidentaux précisent que cette libération a été effectuée par la coalition arabo-kurde appelée FDS (Force Démocratiques Syriennes) alors que cette coalition n’est qu’une manipulation de la réalité que personne ne souhaite reconnaître. FDS est une milice composée essentiellement par des forces kurdes du parti PYD, créée par Salih Muslim pour brouiller les cartes et étendre son pouvoir sur d’autres régions arabes en Syrie. Tout de suite après cette dite libération la place principale de Raqqa a été le lieu d’une célébration des nouveaux maîtres des lieux, les combattants kurdes portants les drapeaux des forces kurdes et un énorme portrait d’Ocalan, le chef du PKK, qui est Kurde de Turquie et qui n’a rien à voir avec la Syrie et encore moins avec Raqua dont la population est arabe! Donc le nom de cette milice est déjà une tromperie et sa présence à Raqqa est une nouvelle occupation.

L’importance de Raqqa vient de son emplacement sur l’Euphrate où se trouve le barrage le plus important en Syrie, et qui constitue une importante source pour l’alimentation en eau et en électricité.
Raqqa restera-t-elle sous occupation kurde ou bien sera-t-elle utilisée comme carte de négociation avec le régime fantoche de Damas en vue d’une future séparation des Kurdes syriens?
Dans tous les cas Raqqa est encore loin d’être vraiment libérée!
Il est important de noter que les habitants de Raqqa auront payé un prix très élevé pour cette dite libération qui aura fait au moins 1800 victimes parmi les civils et aura provoqué le déplacement forcé d’au moins 450’000 civils, selon Raqqa is being slaughtered.

FDS célébrant la dite-libération de Raqqa avec les drapeaux des forces kurdes et le grand portrait d’Ocalan, chef du PKK!

 

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article relatif à l’avenir de Raqqa publié sur le site Jeroun le 18 octobre 2017.

 

Washington ne soutiendra pas le projet de FDS à Raqua: s’agit-il d’un abandon de ses alliés ou bien d’une manoeuvre?
Article publié le 18 octobre 2017 sur le site geroun.net

 

Un responsable américain a déclaré: « Washington ne peut soutenir un projet politique du Parti PYD et de son bras militaire FDS pour étendre leur pouvoir sur Raqqa et dans l’ensemble de cette région du pays ». Il a ajouté que son pays ne soutiendra pas les projets de FDS et de Salih Muslim pour une auto-gouvernance. », selon l’agence Reuters.

Les déclarations américaines sont arrivées quelques heures après la libération de la ville de Raqqa dans le nord-est du pays de l’organisation Daech, et suite à l’entrée des combattants des FDS, soutenus par les Etats-Unis, dans le centre-ville. Ceci a soulevé de nombreux questionnements sur l’avenir de la ville à majorité arabe et sur la forme de gouvernance à venir à court et à long terme, sous l’autorité incarnée de facto par les forces militaires qui s’y trouvent actuellement.

Le chef du département des médias de la coalition de l’opposition syrienne, Ahmad Ramadan, a déclaré à cet égard: « Tout au long de la dernière période, la communication n’a pas cessé entre la coalition, les Américains et les Européens pour discuter de l’avenir de Raqqa après Daech et une rencontre a été convenue fin octobre à ce sujet à Istanbul. Des délégués de Washington et de l’Union européenne se réuniront avec des représentants de la Coalition de l’opposition syrienne et du conseil local élu de la ville de Raqqa ».
Ramadan a ajouté que « FDS a formé un conseil sur mesure qui comprend certains représentants des tribus arabes. Nous avons proposé la formation d’une administration intérimaire, suivie par des élections locales dans un espace de temps de quelques mois, permettant à la population de Raqqa de choisir leurs dirigeants locaux eux-mêmes, et donc l’exclusion des FDS parce qu’il n’y a aucune raison pour qu’ils restent à Raqqa. D’ailleurs je pense que les Américains partagent aussi l’idée que Raqqa ne fait pas partie d’un projet ou des ambitions des FDS. ».

Le responsable américain a mentionné dans ses commentaires cités par Reuters que « Washington ne soutiendra pas de processus éducatif dans Raqqa, à moins qu’il n’adopte l’une des formes utilisées dans le programme de l’Etat syrien », soulignant que les Etats-Unis « ne soutiendront pas une entité sécessionniste, ceci est déjà décidé » a-t-il dit.
D’autres parties de l’opposition syrienne ont vu dans cette déclaration une dimension politique, qui indiquerait la possibilité que les Américains acceptent le retour du régime syrien à Raqqa, même si cela se fait conjointement avec FDS, dans le cadre d’un effort de réhabilitation du régime Assad.

Pour sa part, Ramadan a nié cette possibilité et a dit: « Je ne pense pas que la déclaration ait une dimension politique dans ce sens, mais elle porte un signal que Washington n’accepterait pas un pouvoir imposé par FDS sur Raqqa, surtout que les Américains affirment qu’ils soutiennent les institutions capables de former le noyau d’un Etat en Syrie, et FDS est assez loin de là; au contraire FDS recherche à former un état alternatif et complètement séparé de l’Etat syrien, tant au niveau de l’éducation et de la gestion que des services «
Il a ajouté que « la coalition et ses institutions ne permettront en aucun cas que FDS contrôle l’avenir de Raqqa », soulignant que de grands efforts sont en cours pour que Raqua soit sous l’autorité du gouvernement syrien provisoire de l’opposition » , précisant que « toute administration Imposée aux habitants de la ville ne sera pas reconnue. »

Une source spéciale a confié à Geroun: »Les déclarations du responsable américain ne sont rien de plus qu’une manœuvre, qui vise à rassurer les Arabes dans Raqqa et les exhorter à s’engager dans un projet commun de gouvernance locale avec FDS ». Elle a ajouté:  » Les Etats Unis sont le plus grand soutien à FDS qui représente l’un des pilier de la politique américaine dans la région. C’est une question stratégique pour les États-Unis, en particulier à la lumière de la concurrence avec Moscou, d’ailleurs les deux parties ont discuté des outils pour mettre en œuvre leurs projets sur le terrain. Je pense donc que les Américains essaient de pousser les tribus arabes à s’engager dans une opération conjointe avec FDS, qui aura tout le pouvoir et les Arabes ne seront que de simples outils de mise en œuvre. »
Notre source a souligné:  »Malgré l’escalade médiatique récente de la Russie contre Washington, en particulier dans le cas de Raqqa, Moscou ne jouera aucun rôle dans l’avenir de la ville car elle est déjà occupée par le partage du pouvoir à Deir-Ezzor. C’est pourquoi elle évitera tout problème concernant Raqqa, qui pourrait entraver les accords avec Washington sur la zone la plus importante, à savoir Deir-Ezzor et ses environs ».
Bassam Quwatli, membre du groupe de travail pour la Syrie, a déclaré à son tour, dans une interview donnée à Geroun: « Les déclarations américaines ne peuvent être interprétées qu’en termes d’une sorte de fuite en avant, vers la réalité qui a été créée par eux-même. Signification: pas besoin d’aller loin dans le soutien de Washington à un projet séparatiste de FDS, parce que ce sont les Etats Unis qui ont créé cette réalité, et FDS contrôle pratiquement de nombreuses régions où les Kurdes ne sont pas majoritaires ».

Il a exprimé sa conviction que « les Américains vont essayer de créer un projet de gestion conjointe entre FDS et les Arabes, où FDS aura le contrôle de sa politique, de sa sécurité et de son administration, mais il convient de mentionner ici que ce projet dépendra de l’acceptation des autres parties à s’engager dans un tel projet, et de la capacité des Américains à les convaincre de le faire. ».

Par M. Ch.

Syrian Day Of Rage… La Révolution Continue!

De nombreuses mobilisations ont été organisées  à travers le monde samedi 14 octobre pour exprimer la rage contre la violence et la tuerie qui continuent en Syrie. Des manifestations ont eu lieu dans une vingtaine de localités sous contrôle de l’opposition à l’intérieur de la Syrie et aussi à l’extérieur:

Allemagne (Berlin, Stuttgart, Dresde, Ravensburg), France (Paris, Lyon, Metz, Strasbourg, Angers, Rennes), Pays Bas (La Haye), Turquie (Ankara, Istanbul, Gaziantep), USA (Washington, New York), Suède (Stockholm), GB (Londres, Manchester), Irlande (Dublin), Autriche (Vienne), Roumanie (Bucharest), Pologne (Varsovie) et en Suisse à Genève.
Une centaine de photos de ces manifestations peuvent être visionnées en utilisant le lien:
 
Mobilisation à Genève, Syrian Day Of rage, 14.10.2017
FSD

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (1/3)

Chronique de la Syrie

Il y a environ une année le régime syrien et la Russie intensifiaient les bombardements sur Alep-Est, ce qui a conduit quelques mois plus tard à la chute de cette ville, suite sans doute à un accord non révélé avec la Trquie. Depuis, les Syriens dénoncent le déplacement forcé des populations en révolte de plusieurs régions de la Syrie vers Idlib (Homs, Darayya, al-Muaaddamyat, Zabadani, Alep-Est, Wadi Barada, al-Waer, etc.) et craignent leur extermination prochaine.

Depuis le 19 septembre, et malgré les accords d’Astana mi-septembre 2017, l’aviation russe mène une offensive contre la région d’Idlib et le nord de la région de Hama.Tout comme l’offensive à Alep-Est, l’aviation cible les civils, les hôpitaux (5 sont détruits), les écoles (4 sont détruites), les boulangeries, les centres des casques blancs (3 sont détruits)! Le Syrian Press Center documente depuis 117 morts dont 22 enfants et 22 femmes.

Avec la fermeture de la frontière avec la Turquie, les habitants de Jisr-Alshugur à Idlib, qui tentent de fuir les bombardements, n’ont aucune échappatoire. Ils en sont réduits à s’abriter comme ils le peuvent dans les rues des régions moins exposées (de sources privées).

Après Alep-Est, c’est bien Idlib, où est réunie aujourd’hui toute  la population en révolte venant de toute la Syrie, qui subit la foudre d’Assad et de la Russie… Le massacre des civils continue et le silence de la communauté internationale aussi!

 

Suite aux bombardements de la ville de Jisr-Alshugur à Idlib, le 26 septembre 2017

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article publié sur le site d’information Geroun.

Partie 1:

Idlib … L’escalade russe a pour but de contrecarrer les accords d’Astana

25 septembre 2017
Geroun – Manar Abdel Razzaq

Bassam Quwatli, activiste politique, pense que « l’escalade russe dans Idlib vise à déjouer les décisions d’Astana ». Il a déclaré à Geroun: « Je ne pense pas que les actions militaires des Russes à Idlib se prolongeront, c’est juste une tentative de prouver que la Russie possède toutes les cartes sur le terrain ».
Quwatli n’exclut pas non plus «une coordination entre l’Iran et Hayat Tahrir al-Sham (Jabhat al-Nosra) pour faire échouer Astana», et il a souligné que «il est dans l’intérêt de l’Iran de poursuivre le conflit afin de compléter son contrôle sur le terrain et obtenir un changement démographique effectif».

Le régime et ses alliés russes ont intensifié les raids aériens sur différentes parties de la campagne d’Idlib et de la campagne nord de Hama. Les activistes ont documenté environ 300 raids aériens sur ces régions au cours de la semaine dernière, des dizaines de civils ont été tués ou blessés et un certain nombre d’installations médicales et civiles ont été détruites.

Dans le même contexte, le porte-parole militaire du groupe (Ahrar al-Sham) a déclaré que «la retour des bombardements sur Idlib n’est pas nouveau, car le but c’est de compléter ce que le régime avait commencé dans diverses villes syriennes». Il a dit à Geroun: «Les bombardements russes étaient prévisibles dès le début, car tous ceux qui sont engagés dans la révolution ont été déplacés à Idlib jusqu’à ce qu’elle devienne le réservoir humain de la révolution».

Il a ajouté:  « Ils intensifient les bombardements des hôpitaux, des écoles, des boulangeries et de tous ce qui est au service de la vie des civils ». il a souligné la tentative des Russes de « prouver via l’intensification des bombardements » leur déclaration répétée à maintes reprises que « le destin d’Idlib sera comme celui de Raqa et Moussoul », ceci afin d’intimider le reste de la société couvant la révolution pour la forcer à accepter n’importe quelle décision imposée de l’extérieur du pays. »

Fares Beyush, un chef de l’armée libre, a déclaré: « Je ne pense pas que les Russes aient besoin d’une justification pour bombarder. Ils justifient les bombardements d’Idlib, aujourd’hui, par la présence d’al-Nosra, qu’ils ne bombardent aucun quartier général de ce groupe. Ils utilisent sa présence comme prétexte comme ils avaient utilisé Daech auparavant».

Beyush pense que le but des opérations militaires des Russes dans Idlib est « politique, et non pas militaire », et donc il s’attend à ce que «les bombardements prennent fin sous peu, pour faire respecter Astana». En ce qui concerne le rôle des factions pour exercer une pression à travers les États garants d’Astana, pour arrêter les bombardements, il a déclaré: « Il n’y a pas de rôle à jouer pour les Syriens (régime-révolution) » et il a souligné que « ce qui se passe sur le terrain c’est la pression qu’exercent certains pays sur d’autres pays, mais c’est notre peuple qui en paie le prix. »

Les bombardements ont atteint le siège de certaines factions qui avaient participé à la conférence d’Astana 6, parmi eux Jeish al-Nasr et Feilaq al-Sham. Lors du bombardement du siège de Feilaq al-Sham, dans le district de Tal-Mardikh à Idlib, environ 50 éléments ont été tués et d’autres ont été blessés. Quatre autres éléments de Jeish al-Nasr ont été tués lors du bombardement de la campagne nord de Hama.

Le major Samer Alewi, l’un des chefs de Jeish al-Nasr, a reconnu le meurtre de quatre combattants du groupe dans une attaque russe sur son quartier général dans la campagne du nord de Hama. Il a confié à Geroun: « Nous avons informé la partie garante (turque) de cette violation, avec pour seule réponse : nous en informerons le niveau supérieur et nous vous tiendrons informés. Aucune information ne nous est parvenue depuis ».

Dans le même contexte, Feilaq al-Sham a annoncé la mort de dizaines d’éléments dans les raids russes qui ont ciblé son siège à Tal-Mardikh à Idlib samedi dernier. Idris Raad, l’un de leurs chefs a confié à Geroun: « Le bombardement russe n’est pas surprenant, la politique de la Russie, depuis son intervention en Syrie, est basée sur le crime et l’assassinat « .

Il a souligné que la participation des factions de l’opposition à Astana, « ne signifie, en aucune façon, considérer la Russie comme un pays ami ou neutre ; c’est un pays impliqué dans le sang syrien depuis trois ans, et c’est un partenaire du régime Assad dans ses crimes contre le peuple syrien. »

Le sort de la province d’Idlib reste inconnu, car l’escalade russe ne pourrait être freinée que par une action militaire turque, attendue à Idlib, ce que semble confirmer le rassemblement continu de forces turques à la frontière.

Lire aussi:

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (2/3)

Après Alep-Est: Idlib; Quand donc cessera-t-on de croire aux mensonges des Russes (3/3)

Hommage à Fadwa Suleimane, révolutionnaire syrienne d’un courage exceptionnel

Hommage à Fadwa Suleimane à Genève le 30.08.2017,.Un passage de son poème Dans l’obscurité éblouissante a été lu à cette occasion sur la place des Nations devant l’ONU.

 

Fadwa Suleimane, héroïne de la révolution syrienne pacifique, femme d’un courage hors pair, qui s’est toujours dite appartenir à l’Humanité et au pacifisme seuls, s’est éteinte le 17 août 2017, alors qu’elle luttait contre sa maladie depuis plusieurs mois.

Fadwa avait organisé des manifestations à Damas même dès le début de la révolution, puis elle a rejoint les manifestations à Homs assiégée pour démanteler par sa simple présence le Mythe du régime Assad qui visait à donner un visage fondamentaliste aux manifestants de Homs. Fadwa, femme alaouite, a été accueillie à bras ouverts à Homs où elle a animé de nombreuses manifestations avec al-Sarout. Suite à ces actions, sa vie étant en danger en Syrie, elle s’est exilée en France en 2012, mais elle a toujours porté en elle la souffrance de tout un peuple meurtri. Elle a poursuivi ses actions de militante  jusqu’au bout, sa dernière  interview date du 31 juillet 2017, deux semaines avant sa disparition.

Les funérailles de Fadwa ont eu lieu dans la région parisienne le 23 août et son corps a été enterré loin de sa patrie la Syrie (vidéo de ses funérailles en arabe et en français ici ).

Fadwa Suleimane restera pour toujours dans la mémoire du peuple syrien et de sa révolution.