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Naissance d’un Mouvement Politique Féminin Syrien de l’opposition

Depuis le 15 mars 2011, les femmes ont participé activement à la révolution syrienne à tous les niveaux et dans tous les domaines. Toutefois elles n’ont pas réussi à s’imposer au sein de l’opposition à la hauteur de cette participation, ceci malgré leur implication politique depuis 2011.
Pour forcer le passage et prendre une part active dans l’opposition aujourd’hui, mais également dans la période transitoire et dans l’avenir de la Syrie, une trentaine de femmes, activistes et politiciennes syriennes, opposantes au régime dictatorial Assad ont lancé le premier mouvement politique féminin syrien qui a conclu son assemblée constitutive à Paris le 24 octobre 2017. Un pas porteur d’espoir pour les femmes mais également pour la future Syrie, car le respect des droits des femmes est nécessaire pour une Syrie démocratique basée sur la citoyenneté. Bien entendu ce mouvement construit sa vision de l’avenir de la Syrie en se basant sur le respect des droits des femmes et en oeuvrant pour garantir leur participation sur la scène politique.

FSD publie ci-après une traduction des conclusions de l’assemblée constitutive du Mouvement Politique Féminin Syrien.

 

La Vision:

L’établissement d’un Etat démocratique pluraliste basé sur le principe de la citoyenneté égalitaire, sans aucune discrimination basée sur le genre, la race, la religion, la communauté, la région ou sur n’importe quelle autre appartenance. Un Etat de droit qui offre l’égalité entre les hommes et les femmes par une constitution garantissant les droits des femmes, pour l’élimination de la discrimination des femmes dans tous les domaines, politique, légal, économique, social et culturel, en conformité avec toutes les conventions et les traités internationaux des droits humains et en particulier la convention CEDAW.

Qui sommes-nous?

Nous sommes des femmes politiques et activistes syriennes qui s’opposent à la tyrannie et réclament la liberté, la justice et la dignité pour tous les citoyens en Syrie. Nous sommes des syriennes qui défendent les droits des femmes dans notre pays. Nous appartenons à différents milieux intellectuels et politiques et à tous les segments de la société syrienne. Nous sommes un mouvement inclusif des femmes syriennes, avec leurs diverses compétences et expériences, qui articule les revendications des Syrien.ne.s croyant aux mêmes principes pour le respect des droits des femmes, pour l’égalité et pour l’importance de l’engagement des femmes et leur participation active dans tous les aspects de la vie et dans toute structure décisionnelle pour la future Syrie.

Principes:

  1. L’engagement à une transformation radicale de la structure de l’Etat, d’un régime autoritaire à un Etat démocratique pluraliste.
  2. L’engagement à une solution politique et pacifique pour la Syrie.
  3. La représentation des femmes avec au moins 30% des sièges dans tous les centres de décisions.
  4. Les négociations doivent respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme; elles doivent se référer à la Déclaration de Genève de 2012, aux résolutions 2118 (2013), 2254 (2015) du Conseil de sécurité et à toutes les résolutions relatives à la Syrie, ainsi qu’à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies ( 2000).
  5. Le jugement des responsables de crimes et la justice transitionnelle font partie intégrante de la transition politique. Tous ceux qui ont une responsabilité dans le bain de sang du peuple syrien doivent être traduits en justice afin que la Syrie puisse parvenir à une paix globale, juste et durable.
  6. L’articulation des priorités et des revendications du peuple syrien en donnant la priorité aux dossiers humanitaires et politiques suivants:
    – La protection des civils contre tous les actes de violence;
    – La libération des détenu.e.s et la divulgation du sort des disparu.e.s;
    – La levée de tous les sièges et la garantie d’un accès humanitaire continu et sans entrave à toutes les zones dans le besoin;
    – Le retour volontaire et digne des personnes déplacées et des réfugiés dans leurs régions.
  7. Le MPFS est conscient de l’importance de la question kurde en Syrie et il reconnaît qu’aucune solution globale ne peut être trouvée sans un arrangement garantissant les droits de tous.
  8. La période de transition sera régie par des principes constitutionnels respectant les droits des femmes, qui serviront de base pour l’établissement de la constitution permanente garantissant l’intégrité territoriale de la Syrie en tant que terre et peuple, sa souveraineté, son indépendance, l’Etat de droit, la passation régulière du pouvoir, la séparation des pouvoirs, les droits humains et l’égalité de tous les citoyens.
  9. L’assurance de la protection de la diversité dans la société et l’élimination de la discrimination sous toutes ses formes.
  10. Rien de tout cela ne peut être accompli tant qu’Assad et les symboles de son régime restent au pouvoir.

PLAN DE TRAVAIL

Le Mouvement Politique Féminin Syrien est un mouvement à long terme qui sera mis en oeuvre en trois phases:

PHASE 1: CONTEXTE ACTUEL

  1. Établir une présence réelle sur le terrain en Syrie, dans les pays de refuge voisins et dans la diaspora.
  2. Élaborer une stratégie pour renforcer et approfondir les liens du MPFS avec les femmes syriennes à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie, les organisations féminines syriennes, les organisations syriennes des droits de l’homme et les conseils locaux, afin d’intégrer leurs revendications dans les processus politiques et mettre en lumière leurs activités auprès de la communauté internationale.
  3. Des réunions régulières du MPFS (tous les trois ou quatre mois) visant à accroître le nombre de ses membres comprenant, en particulier, des jeunes femmes politiquement indépendantes, des membres de la société civile syrienne et des représentantes d’organisations féminines.
  4. Sensibiliser en particulier les personnes déplacées et les communautés de réfugiés à l’importance de la participation politique des femmes à tous les niveaux.
  5. Campagnes médiatiques et plaidoyer pour obtenir le soutien des Syrien.ne.s et de la communauté internationale.
  6. Fixer un quota minimal de 30% pour la représentation des femmes dans toutes les délégations et les négociations relatives à l’avenir de la Syrie.
  7. Fournir une perspective sensible au genre sur tous les dossiers importants pour la Syrie, y compris: la constitution, le gouvernement transitoire, la justice transitionnelle, les détenu.e.s / les disparu.e.s forcé.e.s, le retour volontaire et digne des réfugié.e.s, le rétablissement précoce et la reconstruction, l’éducation, les médias et la santé.

PHASE 2: TRANSITION

  1. Atteindre 30% de représentation des femmes dans le gouvernement transitoire, les institutions et les entités de prise de décisions.
  2. Appliquer la vision du MPFS à toutes les décisions relatives aux dossiers de la phase transitoire et à leur réalisation sur le terrain.
  3. Participer à l’organe constitutif qui rédigera la constitution permanente pour la future Syrie.
  4. Participer à la mise en œuvre de mécanismes de justice transitionnelle sensibles au genre.
  5. Travailler continuellement avec toutes les catégories de la société syrienne et s’engager avec eux afin de soutenir une constitution qui garantit les droits des femmes.

PHASE 3: FUTURE SYRIE

  1. Cette phase débute avec un référendum sur la constitution permanente du pays, le MPFS oeuvrera pour sa sensibilité au genre.
  2. Participer aux comités chargés d’harmoniser les lois avec la constitution.
  3. Assurer 30% de représentation des femmes à tous les postes de prise de décisions, dans le but d’atteindre la pleine égalité.
  4. Développer des stratégies systématiques pour transformer la culture dominante qui tolère la discrimination sociale, promouvoir la paix civile, répandre une culture de non-violence, et lutter contre le terrorisme.
  5. Inclure dans tous les plans et les stratégies nationaux des mécanismes garantissant la participation effective des femmes dans tous les aspects de la vie, y compris des actions positives conçues pour renforcer cette participation.

La révolution de la dignité, pour atteindre la liberté, la justice et l’égalité, continue!

 

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Raqqa: Libération ou nouvelle occupation?

Avec la « libération » récente de Raqqa de l’organisation Daech, les Syriens qui ont porté la révolution syrienne savent que cette dite libération cache en fait une nouvelle occupation. Beaucoup de médias occidentaux précisent que cette libération a été effectuée par la coalition arabo-kurde appelée FDS (Force Démocratiques Syriennes) alors que cette coalition n’est qu’une manipulation de la réalité que personne ne souhaite reconnaître. FDS est une milice composée essentiellement par des forces kurdes du parti PYD, créée par Salih Muslim pour brouiller les cartes et étendre son pouvoir sur d’autres régions arabes en Syrie. Tout de suite après cette dite libération la place principale de Raqqa a été le lieu d’une célébration des nouveaux maîtres des lieux, les combattants kurdes portants les drapeaux des forces kurdes et un énorme portrait d’Ocalan, le chef du PKK, qui est Kurde de Turquie et qui n’a rien à voir avec la Syrie et encore moins avec Raqua dont la population est arabe! Donc le nom de cette milice est déjà une tromperie et sa présence à Raqqa est une nouvelle occupation.

L’importance de Raqqa vient de son emplacement sur l’Euphrate où se trouve le barrage le plus important en Syrie, et qui constitue une importante source pour l’alimentation en eau et en électricité.
Raqqa restera-t-elle sous occupation kurde ou bien sera-t-elle utilisée comme carte de négociation avec le régime fantoche de Damas en vue d’une future séparation des Kurdes syriens?
Dans tous les cas Raqqa est encore loin d’être vraiment libérée!
Il est important de noter que les habitants de Raqqa auront payé un prix très élevé pour cette dite libération qui aura fait au moins 1800 victimes parmi les civils et aura provoqué le déplacement forcé d’au moins 450’000 civils, selon Raqqa is being slaughtered.

FDS célébrant la dite-libération de Raqqa avec les drapeaux des forces kurdes et le grand portrait d’Ocalan, chef du PKK!

 

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article relatif à l’avenir de Raqqa publié sur le site Jeroun le 18 octobre 2017.

 

Washington ne soutiendra pas le projet de FDS à Raqua: s’agit-il d’un abandon de ses alliés ou bien d’une manoeuvre?
Article publié le 18 octobre 2017 sur le site geroun.net

 

Un responsable américain a déclaré: « Washington ne peut soutenir un projet politique du Parti PYD et de son bras militaire FDS pour étendre leur pouvoir sur Raqqa et dans l’ensemble de cette région du pays ». Il a ajouté que son pays ne soutiendra pas les projets de FDS et de Salih Muslim pour une auto-gouvernance. », selon l’agence Reuters.

Les déclarations américaines sont arrivées quelques heures après la libération de la ville de Raqqa dans le nord-est du pays de l’organisation Daech, et suite à l’entrée des combattants des FDS, soutenus par les Etats-Unis, dans le centre-ville. Ceci a soulevé de nombreux questionnements sur l’avenir de la ville à majorité arabe et sur la forme de gouvernance à venir à court et à long terme, sous l’autorité incarnée de facto par les forces militaires qui s’y trouvent actuellement.

Le chef du département des médias de la coalition de l’opposition syrienne, Ahmad Ramadan, a déclaré à cet égard: « Tout au long de la dernière période, la communication n’a pas cessé entre la coalition, les Américains et les Européens pour discuter de l’avenir de Raqqa après Daech et une rencontre a été convenue fin octobre à ce sujet à Istanbul. Des délégués de Washington et de l’Union européenne se réuniront avec des représentants de la Coalition de l’opposition syrienne et du conseil local élu de la ville de Raqqa ».
Ramadan a ajouté que « FDS a formé un conseil sur mesure qui comprend certains représentants des tribus arabes. Nous avons proposé la formation d’une administration intérimaire, suivie par des élections locales dans un espace de temps de quelques mois, permettant à la population de Raqqa de choisir leurs dirigeants locaux eux-mêmes, et donc l’exclusion des FDS parce qu’il n’y a aucune raison pour qu’ils restent à Raqqa. D’ailleurs je pense que les Américains partagent aussi l’idée que Raqqa ne fait pas partie d’un projet ou des ambitions des FDS. ».

Le responsable américain a mentionné dans ses commentaires cités par Reuters que « Washington ne soutiendra pas de processus éducatif dans Raqqa, à moins qu’il n’adopte l’une des formes utilisées dans le programme de l’Etat syrien », soulignant que les Etats-Unis « ne soutiendront pas une entité sécessionniste, ceci est déjà décidé » a-t-il dit.
D’autres parties de l’opposition syrienne ont vu dans cette déclaration une dimension politique, qui indiquerait la possibilité que les Américains acceptent le retour du régime syrien à Raqqa, même si cela se fait conjointement avec FDS, dans le cadre d’un effort de réhabilitation du régime Assad.

Pour sa part, Ramadan a nié cette possibilité et a dit: « Je ne pense pas que la déclaration ait une dimension politique dans ce sens, mais elle porte un signal que Washington n’accepterait pas un pouvoir imposé par FDS sur Raqqa, surtout que les Américains affirment qu’ils soutiennent les institutions capables de former le noyau d’un Etat en Syrie, et FDS est assez loin de là; au contraire FDS recherche à former un état alternatif et complètement séparé de l’Etat syrien, tant au niveau de l’éducation et de la gestion que des services «
Il a ajouté que « la coalition et ses institutions ne permettront en aucun cas que FDS contrôle l’avenir de Raqqa », soulignant que de grands efforts sont en cours pour que Raqua soit sous l’autorité du gouvernement syrien provisoire de l’opposition » , précisant que « toute administration Imposée aux habitants de la ville ne sera pas reconnue. »

Une source spéciale a confié à Geroun: »Les déclarations du responsable américain ne sont rien de plus qu’une manœuvre, qui vise à rassurer les Arabes dans Raqqa et les exhorter à s’engager dans un projet commun de gouvernance locale avec FDS ». Elle a ajouté:  » Les Etats Unis sont le plus grand soutien à FDS qui représente l’un des pilier de la politique américaine dans la région. C’est une question stratégique pour les États-Unis, en particulier à la lumière de la concurrence avec Moscou, d’ailleurs les deux parties ont discuté des outils pour mettre en œuvre leurs projets sur le terrain. Je pense donc que les Américains essaient de pousser les tribus arabes à s’engager dans une opération conjointe avec FDS, qui aura tout le pouvoir et les Arabes ne seront que de simples outils de mise en œuvre. »
Notre source a souligné:  »Malgré l’escalade médiatique récente de la Russie contre Washington, en particulier dans le cas de Raqqa, Moscou ne jouera aucun rôle dans l’avenir de la ville car elle est déjà occupée par le partage du pouvoir à Deir-Ezzor. C’est pourquoi elle évitera tout problème concernant Raqqa, qui pourrait entraver les accords avec Washington sur la zone la plus importante, à savoir Deir-Ezzor et ses environs ».
Bassam Quwatli, membre du groupe de travail pour la Syrie, a déclaré à son tour, dans une interview donnée à Geroun: « Les déclarations américaines ne peuvent être interprétées qu’en termes d’une sorte de fuite en avant, vers la réalité qui a été créée par eux-même. Signification: pas besoin d’aller loin dans le soutien de Washington à un projet séparatiste de FDS, parce que ce sont les Etats Unis qui ont créé cette réalité, et FDS contrôle pratiquement de nombreuses régions où les Kurdes ne sont pas majoritaires ».

Il a exprimé sa conviction que « les Américains vont essayer de créer un projet de gestion conjointe entre FDS et les Arabes, où FDS aura le contrôle de sa politique, de sa sécurité et de son administration, mais il convient de mentionner ici que ce projet dépendra de l’acceptation des autres parties à s’engager dans un tel projet, et de la capacité des Américains à les convaincre de le faire. ».

Par M. Ch.

Syrian Day Of Rage… La Révolution Continue!

De nombreuses mobilisations ont été organisées  à travers le monde samedi 14 octobre pour exprimer la rage contre la violence et la tuerie qui continuent en Syrie. Des manifestations ont eu lieu dans une vingtaine de localités sous contrôle de l’opposition à l’intérieur de la Syrie et aussi à l’extérieur:

Allemagne (Berlin, Stuttgart, Dresde, Ravensburg), France (Paris, Lyon, Metz, Strasbourg, Angers, Rennes), Pays Bas (La Haye), Turquie (Ankara, Istanbul, Gaziantep), USA (Washington, New York), Suède (Stockholm), GB (Londres, Manchester), Irlande (Dublin), Autriche (Vienne), Roumanie (Bucharest), Pologne (Varsovie) et en Suisse à Genève.
Une centaine de photos de ces manifestations peuvent être visionnées en utilisant le lien:
 
Mobilisation à Genève, Syrian Day Of rage, 14.10.2017
FSD

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (1/3)

Chronique de la Syrie

Il y a environ une année le régime syrien et la Russie intensifiaient les bombardements sur Alep-Est, ce qui a conduit quelques mois plus tard à la chute de cette ville, suite sans doute à un accord non révélé avec la Trquie. Depuis, les Syriens dénoncent le déplacement forcé des populations en révolte de plusieurs régions de la Syrie vers Idlib (Homs, Darayya, al-Muaaddamyat, Zabadani, Alep-Est, Wadi Barada, al-Waer, etc.) et craignent leur extermination prochaine.

Depuis le 19 septembre, et malgré les accords d’Astana mi-septembre 2017, l’aviation russe mène une offensive contre la région d’Idlib et le nord de la région de Hama.Tout comme l’offensive à Alep-Est, l’aviation cible les civils, les hôpitaux (5 sont détruits), les écoles (4 sont détruites), les boulangeries, les centres des casques blancs (3 sont détruits)! Le Syrian Press Center documente depuis 117 morts dont 22 enfants et 22 femmes.

Avec la fermeture de la frontière avec la Turquie, les habitants de Jisr-Alshugur à Idlib, qui tentent de fuir les bombardements, n’ont aucune échappatoire. Ils en sont réduits à s’abriter comme ils le peuvent dans les rues des régions moins exposées (de sources privées).

Après Alep-Est, c’est bien Idlib, où est réunie aujourd’hui toute  la population en révolte venant de toute la Syrie, qui subit la foudre d’Assad et de la Russie… Le massacre des civils continue et le silence de la communauté internationale aussi!

 

Suite aux bombardements de la ville de Jisr-Alshugur à Idlib, le 26 septembre 2017

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article publié sur le site d’information Geroun.

Partie 1:

Idlib … L’escalade russe a pour but de contrecarrer les accords d’Astana

25 septembre 2017
Geroun – Manar Abdel Razzaq

Bassam Quwatli, activiste politique, pense que « l’escalade russe dans Idlib vise à déjouer les décisions d’Astana ». Il a déclaré à Geroun: « Je ne pense pas que les actions militaires des Russes à Idlib se prolongeront, c’est juste une tentative de prouver que la Russie possède toutes les cartes sur le terrain ».
Quwatli n’exclut pas non plus «une coordination entre l’Iran et Hayat Tahrir al-Sham (Jabhat al-Nosra) pour faire échouer Astana», et il a souligné que «il est dans l’intérêt de l’Iran de poursuivre le conflit afin de compléter son contrôle sur le terrain et obtenir un changement démographique effectif».

Le régime et ses alliés russes ont intensifié les raids aériens sur différentes parties de la campagne d’Idlib et de la campagne nord de Hama. Les activistes ont documenté environ 300 raids aériens sur ces régions au cours de la semaine dernière, des dizaines de civils ont été tués ou blessés et un certain nombre d’installations médicales et civiles ont été détruites.

Dans le même contexte, le porte-parole militaire du groupe (Ahrar al-Sham) a déclaré que «la retour des bombardements sur Idlib n’est pas nouveau, car le but c’est de compléter ce que le régime avait commencé dans diverses villes syriennes». Il a dit à Geroun: «Les bombardements russes étaient prévisibles dès le début, car tous ceux qui sont engagés dans la révolution ont été déplacés à Idlib jusqu’à ce qu’elle devienne le réservoir humain de la révolution».

Il a ajouté:  « Ils intensifient les bombardements des hôpitaux, des écoles, des boulangeries et de tous ce qui est au service de la vie des civils ». il a souligné la tentative des Russes de « prouver via l’intensification des bombardements » leur déclaration répétée à maintes reprises que « le destin d’Idlib sera comme celui de Raqa et Moussoul », ceci afin d’intimider le reste de la société couvant la révolution pour la forcer à accepter n’importe quelle décision imposée de l’extérieur du pays. »

Fares Beyush, un chef de l’armée libre, a déclaré: « Je ne pense pas que les Russes aient besoin d’une justification pour bombarder. Ils justifient les bombardements d’Idlib, aujourd’hui, par la présence d’al-Nosra, qu’ils ne bombardent aucun quartier général de ce groupe. Ils utilisent sa présence comme prétexte comme ils avaient utilisé Daech auparavant».

Beyush pense que le but des opérations militaires des Russes dans Idlib est « politique, et non pas militaire », et donc il s’attend à ce que «les bombardements prennent fin sous peu, pour faire respecter Astana». En ce qui concerne le rôle des factions pour exercer une pression à travers les États garants d’Astana, pour arrêter les bombardements, il a déclaré: « Il n’y a pas de rôle à jouer pour les Syriens (régime-révolution) » et il a souligné que « ce qui se passe sur le terrain c’est la pression qu’exercent certains pays sur d’autres pays, mais c’est notre peuple qui en paie le prix. »

Les bombardements ont atteint le siège de certaines factions qui avaient participé à la conférence d’Astana 6, parmi eux Jeish al-Nasr et Feilaq al-Sham. Lors du bombardement du siège de Feilaq al-Sham, dans le district de Tal-Mardikh à Idlib, environ 50 éléments ont été tués et d’autres ont été blessés. Quatre autres éléments de Jeish al-Nasr ont été tués lors du bombardement de la campagne nord de Hama.

Le major Samer Alewi, l’un des chefs de Jeish al-Nasr, a reconnu le meurtre de quatre combattants du groupe dans une attaque russe sur son quartier général dans la campagne du nord de Hama. Il a confié à Geroun: « Nous avons informé la partie garante (turque) de cette violation, avec pour seule réponse : nous en informerons le niveau supérieur et nous vous tiendrons informés. Aucune information ne nous est parvenue depuis ».

Dans le même contexte, Feilaq al-Sham a annoncé la mort de dizaines d’éléments dans les raids russes qui ont ciblé son siège à Tal-Mardikh à Idlib samedi dernier. Idris Raad, l’un de leurs chefs a confié à Geroun: « Le bombardement russe n’est pas surprenant, la politique de la Russie, depuis son intervention en Syrie, est basée sur le crime et l’assassinat « .

Il a souligné que la participation des factions de l’opposition à Astana, « ne signifie, en aucune façon, considérer la Russie comme un pays ami ou neutre ; c’est un pays impliqué dans le sang syrien depuis trois ans, et c’est un partenaire du régime Assad dans ses crimes contre le peuple syrien. »

Le sort de la province d’Idlib reste inconnu, car l’escalade russe ne pourrait être freinée que par une action militaire turque, attendue à Idlib, ce que semble confirmer le rassemblement continu de forces turques à la frontière.

Lire aussi:

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (2/3)

Après Alep-Est: Idlib; Quand donc cessera-t-on de croire aux mensonges des Russes (3/3)

Hommage à Fadwa Suleimane, révolutionnaire syrienne d’un courage exceptionnel

Hommage à Fadwa Suleimane à Genève le 30.08.2017,.Un passage de son poème Dans l’obscurité éblouissante a été lu à cette occasion sur la place des Nations devant l’ONU.

 

Fadwa Suleimane, héroïne de la révolution syrienne pacifique, femme d’un courage hors pair, qui s’est toujours dite appartenir à l’Humanité et au pacifisme seuls, s’est éteinte le 17 août 2017, alors qu’elle luttait contre sa maladie depuis plusieurs mois.

Fadwa avait organisé des manifestations à Damas même dès le début de la révolution, puis elle a rejoint les manifestations à Homs assiégée pour démanteler par sa simple présence le Mythe du régime Assad qui visait à donner un visage fondamentaliste aux manifestants de Homs. Fadwa, femme alaouite, a été accueillie à bras ouverts à Homs où elle a animé de nombreuses manifestations avec al-Sarout. Suite à ces actions, sa vie étant en danger en Syrie, elle s’est exilée en France en 2012, mais elle a toujours porté en elle la souffrance de tout un peuple meurtri. Elle a poursuivi ses actions de militante  jusqu’au bout, sa dernière  interview date du 31 juillet 2017, deux semaines avant sa disparition.

Les funérailles de Fadwa ont eu lieu dans la région parisienne le 23 août et son corps a été enterré loin de sa patrie la Syrie (vidéo de ses funérailles en arabe et en français ici ).

Fadwa Suleimane restera pour toujours dans la mémoire du peuple syrien et de sa révolution.

 

 

6 ans… la Révolution Syrienne Continue!

Appel au Rassemblement

Genève, place des Nations

jeudi 23 mars 2017, 17h30-16h30

A l’occasion du 6e anniversaire de la révolution syrienne et avec la reprise des négociations de Genève 4 pour la paix, qui réunissent les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien depuis le 23 février 2017, nous appelons à la mobilisation pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes, pour réaffirmer leurs revendications légitimes. 


Evolution depuis l’échec de Genève II et Genève III :
– Le déplacement forcé des populations des régions assiégées (régions soulevées depuis 2011) s’étend et devient une politique qui œuvre pour un changement démographique en Syrie. Les populations de ces régions sont poussées à fuir le pays ou transférées de force vers Idleb (au nord), avec la bénédiction de l’ONU. Après Darayya en septembre 2016, l’intensification des bombardements barbares russes en décembre a conduit à la destruction d’Alep-Est et au déplacement forcé de ses habitants vers Idleb. En janvier 2017 ce fut le tour de Wadi Barada (région de Damas) et récemment celui du quartier al-Waer à Homs.
– Un accord de cessez-le-feu, orchestré par la Russie, a été signé avec l’approbation de l’Iran et de la Turquie, fin décembre 2016. Ce cessez-le-feu n’a pas empêché les bombardements sur Wadi Barada et ensuite sur al-Waer qui ont conduit au déplacement forcé des populations. D’autres régions en Syrie continuent à subir les bombardements du régime syrien et de ses alliés et en particulier Idleb!.
Les crimes commis contre les civils continuent en Syrie et le silence de la communauté internationale continue lui aussi.
Quel bilan et quelle solution?
Plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 450’000 morts, plus de 1’000’000 de blessés, plus de 325’000 arrestations et disparitions forcées, plus de 12’000 morts sous la torture documentées, et environ 13’000 exécutions sommaires dans la prison de Saydnaya seule (selon le rapport récent d’Amnesty International). Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice et le jugement des responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre peuvent aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.
Les pourparlers de paix de Genève 4 doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré au cours des six dernières années leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne sert que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.
Le défi consiste à établir et garantir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie et démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, droits basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.
Nous Syriens exigeons:
• Le départ immédiat du dictateur criminel Bachar Al Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
• La fin du siège, de la famine imposée et des déplacements forcés dans toutes les régions assiégées.
• La fin effective de tous les bombardements sur les quartiers et villages.
• Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrie et la fin de toutes les interventions étrangères, en particulier russe, iranienne.
• La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté détenus dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé en Syrie.
• L’arrestation et le jugement de ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre ou de crimes contre l’Humanité au cours des 40 dernières années.
• La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.
Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Al-Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.
Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne!
Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration du Collectif des Amis d’Alep, Conseil national kurde, Mouatana, Solidarity Organisation for Syria, Syrian Christians for Peace, Souria Houria
Soutenu par: Mouvement pour le socialisme (MPS), alencontre.org, le Cercle La brèche, SolidaritéS

La révolution syrienne doit aboutir à la fin de la dictature d’Assad

Lors du rassemblement de la diaspora syrienne à la place des Nations, le 23 février 2017, environ 200 personnes étaient présents. Les Syriens venaient de différentes régions de la Syrie et de différentes appartenances. Ils se sont exprimés pour réaffirmer qu’ils n’y aura pas de paix sans une transition politique qui achemine la Syrie vers un Etat démocratique basé sur la citoyenneté et sans le départ du dictateur Assad et de son régime. Ils ont aussi insisté sur l’importance vitale de la justice et du jugement des responsables de crimes contre l’Humanité et de crimes de guerre qui devraient débuter dès la période transitoire.

Prochain rassemblement: samedi 25 février, 15:00-16:30, Place des Nations, Genève.

Le 23 février devant l'ONU à Genève

                  Le 23 février devant l’ONU à Genève

Discours de FSD:

Tous les Syriens partagent aujourd’hui un seul rêve « le rêve de vivre en paix dans leur pays ».

En paix signifie bien sûr l’arrêt des bombardements mais aussi de pouvoir vivre en Syrie :

  • sans craindre le passage des check-points qui découpent les villes syriennes.
  • sans être forcé de quitter sa maison, son quartier ou sa ville dans le cadre des accords inhumains dans les régions révoltées et assiégées. Ces accords qui aboutissent au déplacement forcé et à l’arrachement des populations.
  • sans craindre l’arrestation, la torture et la mort dans l’obscurité des prisons.

Pour aboutir à une paix juste et durable, il faut bien sûr un cessez-le-feu, mais aussi un cessez- les déplacements forcés des populations, un cessez la famine imposée, un cessez la détention, la torture et les executions sommaires. Il faut surtout garder en tête que ce qui ce passe en Syrie depuis 2011 est une révolution populaire et non une guerre civile. Une révolution qui doit aboutir à un changement profond du pouvoir en place.

Ce qu’il faut pour la Syrie c’est une solution politique qui mette un terme à la dictature d’Assad et qui oeuvre pour une transition vers un Etat démocratique pluriel, basé sur la citoyenneté et qui respecte les droits de tous les Syriens.

Ce qui se passe avec les négociations de Genève 4, tout comme celles qui les ont précédées, c’est des efforts continus de manipulation pour amener l’opposition à accepter une solution sans changement du régime Assad, donc sans changement de la dictature.

Aujourd’hui Putin assume à la fois le rôle de l’agresseur en Syrie, où il utilise même des bombes non-conventionnelles, celui de l’homme de paix qui orchestre le cessez-le-feu, et celui d’arbitre pour le surveiller.

Nous Syriens demandons aujourd’hui la justice et le jugement des responsables de tous les crimes de guerre et et des crimes contre l’humanité qui ont été commis, en grande majorité, par le régime Assad et ses alliés. Ceci va se traduire par le jugement des Assad et des responsables des services de sécurité.

Le rôle joué par la Russie et l’Iran mérite lui aussi d’être jugé !

Seule la justice pourra aider les Syriens à guérir leur énorme souffrance, pour pouvoir vivre en paix dans une Syrie qui leur garantisse la liberté, la dignité et la démocratie, leurs aspirations depuis le début de la révolution.

Vive la révolution syrienne et vit le peuple syrien!

FSD

Pas de Paix durable sans jugement des responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité

Appel à un rassemblement pour faire entendre la voix des civils syriens

Genève, place des Nations, jeudi 23.2.2017 de 17h00-18h00

et un rassemblement samedi 25 (15h00-16h30)

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        Justice d’abord! Photo de Genève II

A l’occasion des négociations de Genève IV pour la paix, qui réuniront les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien en février 2017, nous appelons à la mobilisation pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes en lutte, pour réaffirmer leurs revendications légitimes qui doivent être la base des négociations.

Evolution depuis l’échec de Genève II et Genève III :

–    Le déplacement forcé des populations des régions assiégées (régions soulevées depuis 2011) s’étend et devient une politique qui œuvre pour un changement démographique en Syrie. Les populations de ces régions sont poussées à fuir le pays ou transférées de force vers Idleb (au nord), avec la bénédiction de l’ONU. Après Darayya en septembre 2016, l’intensification des bombardements barbares russes en décembre a conduit à la destruction d’Alep-Est et au déplacement forcé de ses habitants vers Idleb. En janvier 2017 ce fut le tour de Wadi Barada (région de Damas).

–    Un accord de cessez-le-feu, orchestré par la Russie, a été signé avec l’approbation de l’Iran et de la Turquie, fin décembre 2016. Aujourd’hui et malgré le cessez-le-feu, les bombardements sur Wadi Barada ont conduit au déplacement forcé de sa population vers Idleb fin janvier, la Russie continue à bombarder Idleb !  et d’autres régions en Syrie continuent à subir les bombardements du régime syrien et de ses alliés.

Les crimes commis contre les civils continuent en Syrie et le silence de la communauté internationale continue lui aussi.

Quel bilan et quelle solution?

Plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 450’000 morts, plus de 1’000’000 de blessés, plus de 325’000 arrestations et disparitions forcées, plus de 12’000 morts sous la torture documentées, et environ 13’000 exécutions sommaires dans la prison de Saydnaya seule (selon le rapport récent d’Amnesty International). Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice et le jugement des responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre peuvent aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.

Les pourparlers de paix de Genève 4 doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré au cours des six dernières années leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne sert que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.

Le défi consiste à établir et garantir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie et démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, droits basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.

Nous Syriens exigeons: 

  • Le départ immédiat du dictateur criminel Bachar Al Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
  • La fin du siège, de la famine imposée et des déplacements forcés dans toutes les régions assiégées.
  • La fin effective de tous les bombardements sur les quartiers et villages.
  • Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrieet la fin de toutes les interventions étrangères, en particulier russe, iranienne.
  • La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté détenus dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé en Syrie.
  • L’arrestation et le jugement de ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre ou de crimes contrel’Humanité au cours des 40 dernières années.
  • La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.

Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Al-Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.

Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne!

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration de …

Soutenu par: Mouvement pour le socialisme (MPS), alencontre.org, le Cercle La brèche,

SYRIE: Kerry et Lavrov chantres d’une politique internationale totalement immorale

Chronique de la Syrie

Le 14 septembre 2013 il y a tout juste trois ans, un accord a été conclu entre Kerry et Lavrov pour sauver le régime Assad suite à son utilisation d’ armes chimiques à al-Ghouta en Syrie le 21 août 2013; un massacre qui a fait plus de 1400 victimes, dont plus de 310 femmes et enfants, en une seule nuit.

Sauvez les enfants en Syrie!

Victimes des armes chimique le 21 août 2013!

Cet accord avait pour but de sauver le régime Assad, mais aussi et surtout d’arranger Israël en neutralisant l’arsenal chimique de la Syrie. L’accord ignorait totalement les victimes, qui n’ont même pas reçu d’aide de l’ONU pour les soins. Du coup, et sans aucun égard pour les victimes, les responsables de ce crime ont échappé à la justice et sont toujours en liberté, coup mortel donné à la justice internationale. Cet accord est le produit de soi-disant arrangements politiques des puissances mondiales qui ont encore une fois terni le visage de la politique internationale. Yassin Al Haj Saleh, écrivain syrien, écrit dans son article que ce jour du 14 septembre 2013, il y a eu trois cadavres de plus: ceux de la vérité, de la justice et de la politique et il n’a pas tort.

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Le 10 septembre 2016, trois ans plus tard, Kerry et Lavrov viennent à nouveau de conclure un accord sur la Syrie, pour donner le coup de grâce à la révolution syrienne. Un accord survenu après avoir laissé largement le temps à Assad, en lui accordant délai après délai, d’épuiser les régions assiégées par la famine et les bombardements, mais cette fois pas seulement par les forces du régime mais aussi par celles de la Russie, avec l’aide des milices sectaires chiites de l’Iran, du Hezbollah, de l’Irak et d’ailleurs. Cet épuisement a conduit à « l’évacuation » de la population dans plusieurs régions (comme Darayya, Moua’damiya, et bientôt à al-Waer), sous surveillance onusienne. Une évacuation qui signifie en réalité un changement démographique forcé de la population dans ces régions où l’on remplace les habitants actuels par des chiites importés d’ Irak, d’Iran et du Liban, avec la bénédiction de l’ONU! Les trois points divulgués de l’accord de Kerry et Lavrov sont: un cessez-le-feu à partir du 12 septembre, l’acheminement de l’aide humanitaire et surtout un combat commun contre le terrorisme. La révolution est oubliée totalement et le dictateur et ses crimes aussi. Cet accord nomme Daech et al-Nosra comme organisations terroristes à combattre en Syrie mais oublievolontairement les milices sectaires chiites pro-régime! Un accord dont se dégage la puanteur d’une politique internationale totalement immorale!

Il est bon de noter que dans l’intervalle entre la conclusion de l’accord et son entrée en vigueur, les civils en Syrie ont vécu l’enfer de l’intensification des raides aériens russes et syriens à Idleb, Alep assiégée et Douma. A Idleb on dénombre 62 victimes parmi les civils dont 13 enfants pour les seuls bombardements de samedi 10 septembre qui ont ciblé le marché la veille d’El-Eid.

Rappelons-nous que depuis 2013, les enfants et les civils syriens continuent à suffoquer sous des bombardements au chlore dans les régions sous contrôle de l’opposition… Le réseau syrien des droits humains a documenté 137 utilisations du chlore par les forces du régime  depuis septembre 2013, et les criminels restent libres, ne sont jamais qualifiés de terroristes, mais de gouvernement « légitime »!

Rassemblement « Les Détenus D’abord »

Appel à un rassemblement de solidarité avec les détenus en Syrie
« Les détenus d’abord »
Mercredi 22.06.2016, 16:30 – 18:30, à la place des Nations, Genève

FSD se joint à la campagne été lancée à Paris le 11 juin 2016, et invite la diaspora syrienne et tous les amoureux de la liberté à se mobiliser en solidarité avec les détenus en Syrie, qui risquent leur vie dans l’obscurité. La question des détenus et de leurs conditions de détention est sans doute la question la plus douloureuse et la plus traumatisante pour le peuple syrien.

La documentation des cas des détenus reste un travail très difficile en Syrie à cause des craintes de représailles. Le nombre réel des détenus est estimé à 325’000 et le nombre de morts parmi les détenus est estimé à 50 par jour. Depuis 2011, plus de 11’000 détenus sont certifiés morts sous la torture, dont 157 enfants et 62 femmes.

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                          Les Détenus D’abord

Nous rappelons ici le texte de la campagne « Les détenus d’abord »:

« Les détenus sont la boussole de la révolution!
Les détenus d’abord

La politique internationale a négligé la cause de la libération des détenus d’opinion syriens et celle des otages innocents, ce qui amène à se poser des questions sur l’affaiblissement des droits fondamentaux. La cause des détenus a en effet été manipulée politiquement, en lien avec les accords politiques entre les parties au conflit (par la Russie, et les États-Unis d’Amérique).

La cause de la libération des détenus est soumise au chantage politique, ce qui est inacceptable pour les syriens, et pour tout être humain.

Nous condamnons l’incapacité du Conseil de sécurité d’appliquer l’article 12 de la résolution 2254 de l’ONU, qui exige, de manière explicite, la libération des détenus, surtout les femmes et les enfants.

Nous demandons à la communauté internationale de mettre en oeuvre ces dispositions sans délai.»

Nous commencerons notre rassemblement par une minute de silence pour les martyres de la révolution et en particulier pour les Syriens morts en détention. Nous lirons ensuite des témoignages d’anciens détenus.

Nous invitons les participants à prendre avec eux des photos de détenus syriens.