Archives de Catégorie: Mémoire de la Révolution

Le Régime Assad c’est ça:

Destruction de la tombe de l’activiste pacifiste Ghiyath Matar (l’homme qui distribuait des roses et de l’eau aux soldats de Bachar, son corps mutilé a été rendu à sa famille quatre jours après son arrestation.)

Article écrit par Maher Sharaf-el-Dine le 17.12.2018 et traduit de l’arabe par FSD.

« Marchons sur les pas de Ghiyath Matar… », Manifestation à Damas en août 2012. Source ici

Le régime Assad a détruit la tombe de Ghiyath Matar.

Le meurtre de la révolution est terminé, le moment est venu de mutiler son corps.

***

Ghiyath Matar n’étant pas un martyre comme les autres, sa tombe ne sera jamais une tombe comme les autres, surtout dans un pays gouverné à partir d’une tombe comme la Syrie (qui n’a pas entendu  Bachar Assad dire -au début de son règne- que son père gouvernait la Syrie depuis sa tombe? De plus, la famille Assad gouverne le pays  par biais du parti al-Baath dont le nom vient du vocabulaire des morts: Baath signifie résurrection).

Ghiyath Matar était bien plus qu’un martyre de la révolution et sa tombe était bien plus qu’ un peu de terre jetée sur son corps, dont par ailleurs plusieurs organes avaient été prélevés par ses assassins.

Quiconque n’a pas compris le caractère citoyen de la révolution syrienne, ne peut pas reconnaître l’importance du message de Ghiyath Matar.

Quiconque n’a pas compris que la nature citoyenne de la révolution syrienne terrifiait davantage les généraux du régime que la résistance armée ne peut pas comprendre l’assassinat de Ghiyath Matar.

Les roses et les bouteilles d’eau offertes par Ghiyath Matar et ses camarades aux soldats de Bachar étaient pour le régime comme des engins explosifs placés sous le trône de Bachar al-Assad. Une rose dans la main d’un soldat était une balle dans la poitrine du Président.

Personne n’a compris mieux qu’Assad le danger que représentaient les actions de Ghiyath Matar. C’est le locataire du palais présidentiel qui a le mieux saisi Ghiyath Matar, et il a été terrifié par son message . Aujourd’hui – au milieu de tous ces décombres et de ce chaos – il s’est souvenu de la tombe de ce jeune homme, et dès que son armée a atteint la région où il est enterré, il a ordonné la destruction de sa tombe.

***

Je ne sais pas comment la tombe de Ghiyath Matar a été détruite. Je ne sais pas non plus si les forces du régime ont d’abord fracassé et sali la pierre tombale. Mais ce dont je suis sûr c’est que pour finir ils ont soigneusement nettoyé la terre, le gravier et le marbre. Ce dont je suis certain c’est que le conducteur du bulldozer avait, à ce moment-là, le sentiment de démolir un monument imposant, et en aucun cas une simple tombe dépassant à peine du sol. Un monument où la révolution citoyenne a vécu, dans chaque recoin, un moment formidable de sa courte vie, un moment formidable de notre rêve éternel de vivre librement dans le pays dont nous portons le nom, la douleur et l’histoire, notre rêve éternel d’une Syrie citoyenne et moderne.

Un rêve qui a débuté par une rose et une bouteille d’eau ne pourra jamais être balayé, même par tous les bulldozers du monde.

………

Note de FSD: les camarades de Ghiyath Matar ont subi le même sort, l’annonce de leur mort

est récente (été 2018).

Le film documentaire (Little Ghandi) de Sam Kadi retrace la vie de Ghiyath Matar.

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Le Régime Assad c’est ça:

Témoignage de l’enfer de Saidnaya pendant le 4e jour de l’Aid al-Adha (fête du sacrifice) de septembre 2015

Par Ayman Akad, un jeune syrien.

Traduit de l’arabe par FSD (Source: Save the Rest)

« Pour moi, la fête du sacrifice  n’est plus aujourd’hui une occasion de célébration et de joie ou même un rite sacré, comme elle l’a été dans le passé. Au contraire, elle est aujourd’hui un lien avec un passé douloureux, des geôliers haineux et des détenus sans défense. Les voix des détenus et leurs visages sont accrochés à notre esprit. Ce n’est pas mon sentiment seulement,  mais c’est le sentiment de chaque détenu qui a vécu les jours de la fête entre les murs rouges de Saidnaya. J’écrit ces lignes pour faire savoir au monde entier la quantité de haine que nous avons subi dans la prison de Saidnaya, dans le bâtiment rouge, le quatrième jour de l’Aïd al-Adha, le 28-09-2015. Ce jour, nous avons perdu de nombreux co-détenus. C’est comme si nous avions été nous les sacrifices offerts par les geôliers à leur Dieu diabolique, le régime de l’oppression et de la tyrannie. Le plus âgé des détenus dans notre cellule n’avait pas plus de 18 ans. 

Après le coucher du soleil, dont nous n’avons pas vu un rayon ce jour-là, nous attendions notre tour pour la séance de torture, ils appelaient ça « la fête de torture ».

A chaque période de fêtes en détention à Saidnaya, les géôliers consacrent une journée à la torture de tous les détenus dans la prison. Nous étions dans la neuvième cellule, l’avant-dernière, au deuxième étage, nous entendions les sons des tortures au rez-de-chaussée et nous attendions notre tour à chaque instant. Nous entendions pêle-mêle les geôliers qui se vantaient et les détenus qui hurlaient de souffrance. On entendait le bruit des pas qui se rapprochaient, des insultes et des rires sinistres. Tenez-vous prêts!

C’était notre tour. Nous nous sommes mis à plat ventre, tous, les mains sur les yeux et nos yeux implorant Dieu de nous soulager de ce tourment ou de reprendre nos âmes qui ne désiraient plus que la mort. Le geôlier a appelé l’officier: Monsieur, ils sont prêts à la garderie (le plus âgé de cette cellule n’ayant pas 18 ans). 6 ou 7 hommes sont entrés avec l’officier, nous ne savions pas leur nombre exact, mais nous connaissons la quantité de haine qu’ ils nourrissaient. La punition a commencé par des insultes et des passages à tabac avec les matraques, des chaînes de char et des sceaux en fer.

Lorsqu’ils en ont eu fini avec nous, ils nous ont ordonné d’entrer dans la salle de bain et d’y passer la nuit, avec l’interdiction de dormir et d’en sortir. Nous étions 36 personnes entassées dans une salle de bain longue de deux mètres. Lorsque le jour s’est levé, plusieurs parmi nous avaient rendu l’âme. Leur seule faute était d’avoir rêvé de vivre. Nous avons sorti les corps de nos martyrs et nous avons été privés de manger pour que le jeûne contribue à notre mort. 

Au nom de quel livre divin dois-je prier pour ceux qui sont toujours vivants et qui résistent dans ces cellules obscures?

Je ne sais plus quoi dire, pourquoi j’écris, ni à qui. Qui dois-je supplier? 

Ces organisations qui ne font que réclamer et dénoncer?

Où bien ces arrivistes qui ont profité de la révolution pour se remplir les poches?

Je sais parfaitement qu’il existe là-haut un Seigneur qui a promis la victoire aux opprimés, même si ce n’est que plus tard.

Je m’adresse au Dieu d’Adam, de Jésus-Christ, de Moïse et de Joseph. “Toi seul tu connais leur état et leurs désirs, alors aide-les, exauce leurs souhaits et libère les. « 

Le régime Assad c’est ça:

Témoignage: « Il y avait avec nous, dans notre cellule, à l’un des sièges des services de renseignements, un enfant qui s’appelait Mohamad Rifa’i, de Zabadani (dans la campagne ouest de Damas). Mohamad a été emmené à l’interrogatoire et à son retour dans la cellule il avait été violé. Un quart d’heure après, il a rendu l’âme. Nous avons alors frappé à la porte de la cellule pour demander au geôlier d’ouvrir pour sortir son corps. Il a répondu d’ un ton moqueur:  « Attendez un peu, il pourrait encore accoucher d’un enfant ». Cette histoire me hante depuis».

Récit de Bashar Wanli, ancien détenu du régime syrien (de 2013 à 2017), lors du rassemblement de solidarité avec les détenus de la révolution syrienne et leurs familles devant l’ONU à Genève le 08.12.2018.

Rassemblement à Genève le 08.12.2018

 

 

Depuis 5 ans, les enfants sont une cible privilégiée du régime Assad

Mémoire de la Révolution

Il y a tout juste cinq ans, le 25 mai 2011, le corps mutilé de Hamza Al Khatib, 13 ans, a été rendu à ses parents.

Il y a tout juste quatre ans, le 25 mai 2012, des dizaines d’enfants ont été égorgés à Al-Houla à Homs, les mains attachées.

Les enfants syriens continuent à être la cible du régime Assad dans le silence assourdissant de la communauté internationale, grâce aux délais successifs accordés à ce régime pour continuer ses massacres!!!

Aujourd’hui, les enfants syriens meurent sous les décombres des bombardements de l’aviation du régime syrien ou des Russes. Ils meurent de faim imposée dans les zones assiégées. Il meurent dans la mer en fuyant la mort… Et il y en a qui meurent dans les centres de détention!

Hamza al-Khatibe 13 ans, torturé à mort en mai 2011


Massacre d’al-Houla, il y a tout juste quatre ans, le 25 mai 2012:

Nous avons choisi de reproduire ici le témoignage de l’activiste Hadi Abdullah sur Al-Jazeera du 25 mai 2012. Hadi racontait son désarroi devant l’inertie des observateurs de l’ONU sous la direction de Kofi Annan pendant que les massacres se déroulaient à al-Houla. Nous rappelons ici que des familles entières ont trouvé la mort ce jour là de la façon la plus barbare (bilan : 130 morts dont 49 enfants). Vous trouverez également ici l’article paru dans Le Monde le 30 mai 2012 avec des témoignages des enfants rescapés.

Témoignage de Hadi Abdullah:

“Three massacres were committed in Hawla City, and more are being committed now 76 martyrs are confirmed in Hawla alone, and more than 300 wounded.
Hawla city has been under shelling for more than 12 hours.

Shooting started at a demonstration with bullets and artillery, and the shelling has not stopped for more than 12 hours.
Hundreds of missiles hit the civilian homes, causing hundreds of them to burn.

Assad thugs (Shabeeha) supported by the security gangs attacked the houses located at the edges of Hawla city, and committed field execution against the civilians, they slaughtered them with knives… most of the killed are children.

I called up to the UN monitors and begged them to come to Hawla , they promised to come tomorrow morning.
I asked the UN monitors to stop the shelling for only half an hour.

The UN monitors are sleeping now, while the massacres are being committed.

We used to count the number of martyrs, but now, we are counting the number of families slaughtered.
The whole world helps in killing the Syrians, not just the Syrian regime.

We have many martyrs and wounded that we could not reach because of the continuous shelling and the cut-off of electricity.

We are still discovering more massacres in the city.
The Syrian regime is now killing under the nose of the whole world and in the name of the UN monitors.”

The Source:

Depuis 4 ans, les enfants sont une cible privilégiée du régime Assad

Mémoire de la Révolution

Il y a tout juste quatre ans, le 25 mai 2011, le corps mutilé de Hamza Al Khatib, 13 ans, a été rendu à ses parents.

Il y a tout juste trois ans, le 25 mai 2012, des dizaines d’enfants ont été égorgés à Al-Houla à Homs, les mains attachées.

Les enfants syriens continuent à être la cible du régime Assad dans le silence assourdissant de la communauté internationale, grâce aux délais successifs accordés à ce régime pour continuer ses massacres!!!

Aujourd’hui, plus de 17’000 enfants sont morts en Syrie depuis le début de la révolution, plus de 9’500 sont en détention et risquent de subir le même sort que Hamza al-Khatib (SN4HR)!

En ce mois de mai 2015, deux jeunes de 15 ans, Mahmoud et Mohamad To’emeh, deux cousins originaires de Baba Amr, ont été kidnappés à Homs et ensuite égorgés. Leurs corps ont été retrouvés dans une région pro-régime… Les témoignages laissent penser que les Chabbihas seraient les auteurs de cet acte barbare (Zaman al-Wassel).

Hamza al-Khatibe 13 ans, torturé à mort en mai 2011

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Massacre d’al-Houla, il y a tout juste trois ans, le 25 mai 2012:

Nous avons choisi de reproduire ici le témoignage de l’activiste Hadi Abdullah sur Al-Jazeera du 25 mai 2012. Hadi racontait son désarroi devant l’inertie des observateurs de l’ONU sous la direction de Kofi Annan pendant que les massacres se déroulaient à al-Houla. Nous rappelons ici que des familles entières ont trouvé la mort ce jour là de la façon la plus barbare (bilan : 130 morts dont 49 enfants). Vous trouverez également ici l’article paru dans Le Monde le 30 mai 2012 avec des témoignages des enfants rescapés:

Témoignage de Hadi Abdullah:

“Three massacres were committed in Hawla City, and more are being committed now 76 martyrs are confirmed in Hawla alone, and more than 300 wounded.
Hawla city has been under shelling for more than 12 hours.

Shooting started at a demonstration with bullets and artillery, and the shelling has not stopped for more than 12 hours.
Hundreds of missiles hit the civilian homes, causing hundreds of them to burn.

Assad thugs (Shabeeha) supported by the security gangs attacked the houses located at the edges of Hawla city, and committed field execution against the civilians, they slaughtered them with knives… most of the killed are children.

I called up to the UN monitors and begged them to come to Hawla , they promised to come tomorrow morning.
I asked the UN monitors to stop the shelling for only half an hour.

The UN monitors are sleeping now, while the massacres are being committed.

We used to count the number of martyrs, but now, we are counting the number of families slaughtered.
The whole world helps in killing the Syrians, not just the Syrian regime.

We have many martyrs and wounded that we could not reach because of the continuous shelling and the cut-off of electricity.

We are still discovering more massacres in the city.
The Syrian regime is now killing under the nose of the whole world and in the name of the UN monitors.”

The Source:

https://www.youtube.com/watch?v=qUGbdaZi8O0&feature=youtu.be

Depuis un an, Homs est une grande blessure dans le coeur des Syriens insurgés

Mémoire de la Révolution

FSD re-publie ici un article sur Homs en mémoire de cette ville martyre qui a été évacuée il y a tout juste un an… Homs a été reprise par le régime Assad suite à deux ans de famine et de siège imposés par ce régime barbare…Homs est aujourd’hui une grande blessure dans le coeur des Syriens insurgés!

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Depuis plus de deux ans, Homs, qui résistait au siège, aux bombardements, à la faim et au manque atroce de soins médicaux, est devenue le symbole de tout un peuple en révolte.

Homs centre des protestations

Homs centre des protestations

Aujourd’hui, l’évacuation des révolutionnaires de Homs assiégée, suite à l’accord signé entre ces derniers et le régime, supervisé par l’ONU, avec la présence de l’Iran et de la Russie, signifie la fin du siège et la mainmise du régime sur le centre de Homs et des quartiers adjacents. La présence de l’Iran et de la Russie dans ces pourparlers montre toutefois que cette résistance des Homsis, avec leurs moyens très modestes, face à l’armée d’un « Etat » , qui a duré plus de deux ans, était de taille pour le régime. En effet, ce dernier n’a jamais pu mettre fin au siège militairement et il a dû finalement accepter de laisser sortir les révolutionnaires armés, ainsi que les blessés.

Depuis le début du cessez-le-feu à Homs le 1er mai 2014, les Homsis vivent dans un calme apparent, lourd, étouffant, oppressant… Eux qui n’en pouvaient plus de l’ambiance de guerre et du bruit insoutenable des raids aériens, des scuds, des mortiers et des tirs de mitraillettes, se retrouvent soudainement écrasés par ce calme tant attendu, mais qui signifie pour eux la fin provisoire de la légende de Homs, ville symbole de la résistance absolue. Ils ont l’impression d’avoir momentanément perdu leur ville, cédée au régime soutenu par l’Iran et la Russie. Et ce sentiment est d’autant plus pénible que le régime et ses alliés tentent de mettre en place un changement démographique en important des chiites étrangers pour repeupler les quartiers de Homs.

Aujourd’hui, les Homsis sont tristes. Où qu’ils soient ils ont les larmes aux yeux et cette souffrance est encore plus dure pour ceux qui n’ont jamais quitté la Homs assiégée. C’est pourquoi nous avons choisi de traduire deux postes publiés sur la page facebook de Wiam Bedirxan Simav, une caméra-woman de Homs assiégée :

« Depuis le matin je me fragmente sur les pierres des rues et des quartiers de Homs…

Je ramasse les larmes de mon objectif, qui était devenu mes yeux, en la peignant comme un enfant qui a vieilli trop tôt.

La batterie est épuisée mais la douleur n’a pas pris fin.

La braise de l’attente n’a pas pris fin.

La peur, les incertitudes, le regard tourné vers le début d’un chemin inconnu jusqu’à cet instant.

Personne ne sait vers quel destin on se dirige, ni quand.

Les interrogations nous dévorent et ne laissent rien de ce qui restait de nous… Rien ! »

De Homs assiégée, mortifiée par les braises de l’attente de l’univers et par sa lâcheté amère, le 5 mai 2014.

« Adieu mes chers, adieu à vos âmes.

Pardonnez-nous Martyrs de Homs.

Nous n’avons pas le droit d’emporter des anges avec nous.

Que vos os puissent nous pardonner lorsque les chiens du régime ouvriront vos tombes »

De Homs assiégée, marquée par les adieux de l’univers et les fouets de la lâcheté amère de cet univers, le 6 mai 2014.

FSD

Il y a un an, le régime de Damas assassinait le Dr. Abbas Khan

Mémoire de la Révolution

Il y a un an, le Dr. Abbas Khan, médecin britannique, qui s’était rendu dans le nord de la Syrie pour apporter son aide médicale aux blessés de guerre, a été assassiné par le régime syrien le 16.12.2013 après un an de détention.

FSD publie ici l’article du site Romandie du 17.12.2013.

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Londres accuse Damas d’avoir de facto assassiné un médecin britannique

LONDRES – Un membre du gouvernement britannique a accusé mardi les autorités de Damas d’avoir de facto assassiné un médecin britannique, qui était détenu en Syrie après avoir travaillé dans des hôpitaux auprès de victimes de la guerre civile.

Médecin britannique assassiné par Damas après un an de détention.

Médecin britannique assassiné par Damas après un an de détention.

Rien ne saurait excuser le traitement qu’il a subi de la part des autorités syriennes qui, de facto, ont assassiné un citoyen britannique présent dans leur pays pour venir en aide aux personnes blessées pendant leur guerre civile, a déclaré sur la BBC un secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, Hugh Robertson, confirmant ainsi officiellement la mort d’Abbas Khan, un chirurgien orthopédiste londonien.
Il est établi qu’il s’était rendu en Syrie pour aider le peuple syrien affecté par la guerre civile, a-t-il ajouté, exigeant des clarification urgentes de la part de Damas.
Agé de 32 ans, Abbas Khan avait été arrêté en novembre 2012 à Alep, dans le nord de la Syrie. Il était depuis détenu.
Plus tôt dans la journée de mardi, son frère, Afroze Khan, et un député britannique, George Galloway, avaient annoncé la mort du médecin.
L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a pris contact avec la femme du médecin, Hanane Yehya. Selon cette dernière, les responsables syriens ont déclaré à George Galloway, que son mari s’était suicidé.
Mais le patron de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, a estimé qu’il était mort sous la torture, car il y a des centaines de cas semblables où le régime affirme que le prisonnier s’est suicidé alors qu’en fait il est mort sous la torture.
Abbas Khan a été interpellé le 22 novembre 2012 en Syrie, a raconté l’une de ses soeurs, Sara Khan, à Sky News. Nous n’avons pas reçu d’informations de la part du ministère britannique des Affaires étrangères jusqu’en juin (2013), mais nous savions alors qu’il avait été emprisonné. Ils nous ont dit +Nous allons prendre soin de lui+. Rien ne s’est produit, personne ne lui a rendu visite, a-t-elle affirmé.
Ma mère est allée à Damas et (…) au bout de quelques mois, elle a été autorisée à le rencontrer au ministère de la Justice où il avait été transporté, a-t-elle encore raconté. Elle ne l’a même pas reconnu, il avait perdu près de la moitié de son poids et avait des cicatrices sur l’ensemble de son corps et il lui manquait des ongles.
Le médecin, père de deux enfants, a finalement été transféré en août 2013 dans une prison civile, selon sa soeur. Il semblait aller mieux et a commencé à enseigner l’anglais à d’autres (détenus). Ma mère a commencé à le voir régulièrement à partir de ce moment là, a-t-elle ajouté, précisant que depuis septembre un groupe de parlementaires britanniques se mobilisaient pour tenter d’obtenir sa libération.
Nous pensions qu’elle allait avoir lieu le 27 décembre. Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères a appelé ma mère pour lui dire qu’ils allaient le libérer. Nous étions tellement heureux, nous avons commencé à décorer (la maison) pour nous préparer à son retour.
Le frère de la victime, Afroze Khan, s’est dit effondré, bouleversé et en colère contre le Foreign Office qui a traîné des pieds pendant treize mois.

Le ministère s’est défendu en expliquant que toutes ses demandes d’accès consulaire ont été ignorées. Le député George Galloway, qui dit avoir négocié la libération du médecin avec le gouvernement syrien, a déclaré avoir appris l’épouvantable nouvelle alors qu’il était en train de réserver un vol pour la Syrie pour ramener le Dr Khan. Il a précisé attendre désormais des éclaircissements sur les circonstances précises de la mort du médecin.

Al-Ghouta, où va-t-on?

Mémoire de la Révolution

Un poème écrit par Julie, une jeune des FSD, et récité lors du rassemblement devant l’ONU le 6 septembre 2013. Ce jour là 1’500 bougies ont été allumées en mémoire des 1’500 victimes du crime de masse avec les armes chimiques:

SOS Syria

SOS Syria

Je suis ici pour dire que je ne comprends pas
Je ne comprends pas pourquoi il n’y a que nous, ici et là
A protester contre le massacre d’Al-Ghouta…

A protester contre le massacre d’Al-Ghouta
Alors que cette fois
L’ONU était à deux pas
Les inspecteurs dans leur hôtel 5 étoiles
Qui n’ont même pas fait de constat…

Qui étaient là, mais là pourquoi ?
Pour faire joli apparemment
Puisqu’Assad a pu tuer tous ces gens
Sans même verser une goutte de sang
Puisqu’il a pu tuer tous ces gens
Alors qu’ils dormaient tranquillement, naïvement
Dans leurs lits…

En une nuit…
En une nuit plus sont partis qu’aucun autre jour avant et depuis
Sans provoquer de réaction, de compassion
Internationale…

On ne leur a rien demandé
Ils ne se sont jamais réveillés
Et c’est vrai
Que certains l’attendaient
Cette mort tant espérée
Qui est venue les délivrer
De leur cauchemar quotidien.

Mais trop d’enfants,
Trop d’enfants au mauvais endroit au mauvais moment
Qui n’ont pas eu leur mot à dire quant à leur avenir…
Leur avenir volé
Par des gaz irréguliers
Utilisés simplement pour tuer.

Et je voudrais qu’on m’explique
Où sont passés les politiques ?
Puisqu’ils n’ont d’autres thématiques
A la bouche que les groupes islamiques
Et que bien cachés derrière leur veto
Ils nous ont tourné le dos
Tandis que sur leur jeu d’échec ils avancent leurs pions
Sans même penser à la population
Mais juste à l’intérêt des nations…

Et pendant ce temps-là
Des gens meurent, des gens pleurent, d’autres attendent un revirement
Qui ne saurait tarder
Mais qui risque d’arriver
Trop tard, pour changer…

Mais où va-t-on ?
Où va-t-on dans un monde où seul l’Occident peut prétendre à l’objectivité ?
Dans un monde où les enfants se réveillent seulement pour réaliser
Que leurs cauchemars n’étaient autres que la réalité ?
Dans un monde où la neutralité
Est un luxe que seuls peuvent se permettre les non-persécutés
Et où l’engagement est troqué contre des virées, des soirées, du divertissement en quantité…
Où va-t-on lorsque les plus favorisés
Ferment les yeux pour ne pas être heurtés, choqués, désillusionnés
Et les ouvrent uniquement
Lorsqu’ils sont finalement touchés personnellement
Par cette violence qui perdure depuis bien trop longtemps maintenant…

Je suis fatiguée
Fatiguée d’expliquer
Pourquoi la mort d’un seul bébé
C’est déjà trop cher payé
Pour un pays où quotidiennement
Les habitants
Sont tués, torturés, violés, arrêtés
Et où la liberté d’expression
Est presque une conspiration
Pour faire croire au bon fonctionnement
D’un pays géo-politiquement
Trop intéressant…

Alors que faire maintenant ?
Que faire quand tout ce qu’on attend
C’est que finalement
Le reste du monde voie
L’humanité là-bas…
Le reste du monde voie
Le même humain, ici et là.

Le saviez-vous?

Mémoire de la Révolution

L’arrestation d’enfants de la ville de Deraa en mars 2011 par les forces de sécurité syriennes et leur torture a été l’élément déclencheur de la Révolution syrienne, alors que la Syrie vivait jusque là sous le joug militaire et sans partage des Assad depuis plus de 40 ans. Quel avait été le crime de ces enfants ? Avoir écrit des slogans politiques sur les murs de leur école.

Depuis le début de la Révolution en 2011, plus de 160’000 civils ont été tués, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Parmi ces morts se trouvent beaucoup de femmes, d’enfants, d’artistes, d’intellectuels ou encore de militants pacifiques. Des centaines de milliers de Syriens ont en outre été illégalement arrêtés et emprisonnés. Il est important de rappeler qu’être détenu en Syrie ne signifie pas uniquement être enfermé, mais est également synonyme de torture, menant dans de nombreux cas à une mort atroce.

On compte aujourd’hui plus de 10 millions de déplacés à l’intérieur de la Syrie et de réfugiés dans les pays voisins. La Syrie est ainsi devenue le premier pays mondial exportateur de réfugiés, alors que dans le passé, elle était le 2ème plus grand pays accueillant de réfugiés.

Les attaques chimiques du 21 août 2013 commises par les forces du régime Assad à El-Ghouta Orientale (Banlieue de Damas) sont certainement l’un des crimes de masse qui ont le plus choqué le monde. Cette nuit-là, plus de 6’000 personnes ont été affectées par ces bombardements. On dénombre plus de 1’722 morts, et des milliers d’autres ont, jusqu’à aujourd’hui, des séquelles physiques et psychologiques.

Sauvez les enfants en Syrie!

Sauvez les enfants en Syrie!

Ces attaques sont à ajouter à une liste de crime encore plus large. Le régime Assad n’a en effet pas cessé un seul jour de massacrer sa population en assiégeant et bombardant quotidiennement les villes syriennes. Cette même ville de Ghouta Orientale, qui avait été bombardée par le régime ce 21 août 2013, subit jusqu’au jour d’aujourd’hui un implacable siège militaire. La population civile y est privée d’un accès régulier aux soins, à la nourriture et à l’eau potable, et cela dans l’indifférence la plus générale. Aucune action concrète n’a en effet été prise pour venir en aide à la population civile et permettre à celle-ci de vivre dignement et en sécurité.

Notre message aujourd’hui est simple : Le peuple syrien continuera à lutter pour sa liberté, sa dignité et la justice. Le prix de la liberté est cher, mais le silence face à l’oppression est criminel. En ce jour de commémoration des attaques chimiques, nous demandons à ce que la communauté internationale prenne enfin ses responsabilités, au lieu de se poser en simple spectatrice du massacre du peuple syrien.

Saviez-vous que :

  • La Syrie est un berceau de l’Humanité vieux de plus de 12’000 ans
  • Pendant les années cinquante, la Syrie avait vécu des années de démocratie avant l’arrivée des régimes totalitaires.
  • Hafez Al Assad s’est saisi du pouvoir à travers un coup d’Etat et a transformé la Syrie en dictature militaire
  • Des dizaines de milliers de Syriens ont été tués par le régime Assad à la fin des années 1970, début des années 1980. Le principal massacre a eu lieu à Hama en 1982
  • En mars 2011, les Syriens se sont soulevés contre le régime de Bashar Al Assad après des décennies de terreur
  • Les Syriens ont manifesté pacifiquement pendant 6 mois, mais ils ont été réprimés dans le sang.
  • Le premier mouvement armé de la Révolution syrienne a été initié par des soldats et officiers syriens ayant déserté l’Armée syrienne après avoir refusé de tirer sur les manifestants pacifiques. Cela a donné naissance à « l’Armée Syrienne Libre » (ASL)
  • Le groupe extrémiste nommé « L’Etat islamique » (EI) ne représente pas les révolutionnaires syriens et n’a pas opposé de résistance réelle aux forces du régime Assad
  • Toutes les minutes, une famille syrienne est forcée de fuir
  • Toutes les 10 minutes, un Syrien est tué
  • Selon l’ONU, plus de la moitié des réfugiés ont moins de 18 ans

Le 20.08.2014, une nouvelle attaque au chlore a eu lieu à Jobar (Damas)!

Par Syrian Voices

Un an après les crimes de masse en Syrie avec les armes chimiques le criminel est encore appelé « Monsieur Le Président » et le crime se poursuit !

Mémoire de la Révolution

Un an après les massacres avec les armes chimiques à al-Gouta (Damas), nous re-publions l’article de FSD de septembre 2013.

Un an déjà et le crime continue!

Un an déjà et le crime continue!

Soyons du bon côté de l’histoire

Vous êtes nombreux à manifester en masse à tous les coins de rues à travers le monde depuis l’annonce d’une possible intervention internationale en Syrie, et quand je vous y vois tous, j’ai envie de hurler…!
Où étiez-vous quand le régime syrien torturait des enfants de 10 ans, pour finir par renvoyer leurs corps en morceaux à leurs parents ? Où étiez-vous quand il a répondu aux manifestations pacifiques et aux demandes de réformes à coups de snipers et de tanks ?
Où étiez-vous quand il a commencé à bombarder volontairement les zones civiles ? Et au lancement du premier missile balistique, d’une puissance telle qu’il a réduit à néant tout un bloc d’immeubles? Avez-vous réagi aux massacres à l’arme blanche, quand les milices du régime exterminaient la population d’un quartier entier, massacres qu’on pourrait qualifier de nettoyages ethniques ?
Et où étiez-vous quand, le 21 août 2013, le régime Assad a gazé la population d’Al Ghouta, lançant une trentaine de missiles, faisant plus de 1500 morts et 10’000 blessés dont plus d’un tiers d’enfants ?

J’étais, moi, dans les rues à dénoncer le régime syrien et l’indifférence de la communauté internationale et je peux vous assurer les syriens s’y trouvaient seuls. Quel droit avez-vous dès lors de protester contre une intervention en Syrie ? N’y avait-il pas déjà une « guerre » en Syrie ? Il fallait vous insurger avant!

On ne veut pas voir d’intervention internationale en Syrie, alors que l’Iran et le Hezbollah y ont mis les pieds depuis des lustres, travaillant main dans la main avec le régime. On critique l’impérialisme américain mais quand il s’agit de l’armement du régime syrien par les russes, on ne pipe mot. De fait, la réponse internationale a été longtemps attendue, en vain.

Une intervention aurait été, à l’époque, très facile à mettre en place, et déjà légitime. Dès le début du soulèvement la réponse du régime aux demandes du peuple a été plus que démesurée. On ne tire pas à balle réelle sur des manifestants, on ne sort pas les tanks. Se débarrasser du régime aurait été à la fois facile et justifié. Quelques mois plus tard, on aurait eu besoin de couloirs humanitaires et d’une zone d’exclusion aérienne. Il aurait fallu armer les rebelles (alias: des déserteurs et des civils) afin qu’ils puissent se défendre contre le régime à armes égales. Cela aurait probablement suffi à mettre fin au bain de sang. Mais ça n’était pas dans les intérêts des Etats-Unis. Ils soutenaient, et soutiennent encore, les intérêts d’Israël, qui eux correspondent a un affaiblissement de la Syrie. C’est à dire ni opposition ni régime, mais bien le conflit. En étudiant les arrivées d’armes a l’opposition, on découvre qu’elles ne se font qu’au compte-goutte, et dépendent de l’évolution de la situation sur le terrain, sans doute pour garder un équilibre vital au prolongement du conflit. (Beaucoup des armes promises et tant attendues ne sont du reste jamais arrivées).

Puis, presque deux ans après le début du conflit, les brigades islamistes ont débarqué, officiellement affiliées a Al-Qaïda. La communauté internationale les a alors utilisées comme excuse pour ne plus intervenir dans les affaires syriennes de peur d’armer les « mauvais rebelles ». Il a ensuite été prouvé que ces milices étaient en fait financées par le régime syrien. Pour en revenir à la-dite intervention à venir, sachez qui ni l’ONU ni les Etats-Unis n’interviendraient s’ils avaient le choix. Personne n’a d’intérêt aujourd’hui à une intervention importante en Syrie, sinon elle aurait déjà eu lieu et le conflit aurait pris fin. La vérité c’est qu’ils ne l’ont pas, ce choix. Parce que, s’ils n’interviennent pas maintenant, alors les conventions de Genève et le Protocole de Genève interdisant l’usage des armes chimiques ne sont que des mots vides de sens auxquels les gouvernements n’ont aucune obligation de se tenir.

Mais ne vous méprenez pas, ces frappes aériennes ne sont pas faites pour aider l’opposition, elles ne changeront en rien le rapport de force actuel. Elles ont pour unique but de punir le vilain garçon qui a poussé le bouchon (la ligne rouge en l’occurrence) trop loin. C’est la raison pour laquelle la liste des cibles avait été communiquée, pour éviter un risque de réponse sur Israël, risque que personne n’oserait prendre. Risque d’ailleurs bien réel puisque le Hezbollah a annoncé en retirant ses troupes que si les frappes modifiaient un tant soit peu l’équilibre de la situation, ils déclareraient la guerre à Israël. On remarquera aussi que le massacre en question a eu lieu il y a déjà deux semaines, et que les acteurs comme l’Angleterre se retirent peu à peu. Alors que les frappes se font attendre la probabilité d’une intervention diminue chaque jour.

Dormez donc sur vos deux oreilles, il n’y aura pas plus de guerre en Syrie qu’il n’y en a déjà, éventuellement quelques frappes sanguinaires de plus. Mais s’il y a une chose dont vous pouvez être sûrs, c’est que, quoi qu’il arrive, la seule victime de l’histoire sera le peuple syrien, et que c’est bien le seul qui n’y a pas son mot à dire.

Leila
Membre de FemmeS pour la Démocratie