Archives de Catégorie: Uncategorized

Elections bidons en Syrie, 4e édition!

Discours de Mazen Adi, au nom du mouvement  « Conscience Morale », lors du rassemblement organisé par la diaspora syrienne à Paris le 26 mais 2021 pour dénoncer la mascarade des élections en Syrie le même jour.

Manifestation à Daraa, région sous contrôle du régime: « Pas d’avenir aux Syriens avec la présence du tueur, nous continuons notre résistance! »

« Je salue tous les participants à ce rassemblement
Nous sommes aujourd’hui ici ensemble pour dénoncer les soi-disant élections présidentielles en Syrie, élections illégitimes dont le but est de justifier le maintien au pouvoir de Bachar Al- Assad, soutenu à bout de bras par ses alliés.
Cette condamnation est partagée par les Syriens de la diaspora et leurs amis ainsi que ceux des zones hors du contrôle du régime syrien. Mais pas seulement !
Des syriens, dans des zones sous contrôle du régime, ont déclaré le boycotte de ces élections en manifestant dans les villes et les campagnes de la région sud, en particulier à Daraa et Hawran, berceau de la révolution syrienne. 

Le maintien de Bachar à la tête du pouvoir en Syrie signifie que la situation perpétuera l’état de fait d’occupations et de zones d’influence pour une période indéterminée et met en péril la région tout entière déjà largement instable.
Cela signifie aussi laisser faire des crimes contre le peuple syrien et poursuivre ainsi la catastrophe syrienne, considérée comme l’une des plus importantes sur le plan humanitaire après la Seconde Guerre mondiale. 

Cela signifie continuer à saboter et faire barrage à la solution politique internationale conformément aux décisions de Genève. Étant en contradiction avec la résolution 2254, ceci rend la farce électorale invalide. 

Dix ans se sont écoulés depuis le soulèvement du peuple syrien. Soulèvement qui s’est transformé en une révolution pour la liberté et la dignité. Depuis que les enfants de Daraa, au début du printemps arabe en Tunisie et en Égypte, se sont exprimés contre Assad avec leurs écrits sur les murs de leur école : « VOTRE TOUR VIENDRA DOCTEUR ». 

Il s’ensuit 700 lieux recensés, à travers tout le pays, de protestation dans les villes et les campagnes.
Le chanteur de la révolution Qashush a scandé sa chanson (Dégage Ya Bachar) sur la place la plus importante de la ville de Hama (ma ville natale). Il la chantait devant des centaines de milliers de manifestants, mais aussi devant les ambassadeurs français et américain qui étaient présents et ont été parmi les témoins oculaires de la révolution pacifique, exigeant le départ du régime et de Bachar al-Assad. 

Je veux vous rappeler comment les manifestants ont reçu les ambassadeurs, avec des fleurs, et qu’ils espéraient tous que la communauté internationale sauverait les personnes sans défense d’un régime dictatorial, corrompu et brutal qui pourrait commettre les crimes les plus horribles comme il l’a fait dans le passé sous le règne de son père Hafez al-Assad. 

Et d’ailleurs il a brandi cette menace dès le début par l’intermédiaire de ses partisans avec le slogan : « Assad ou on brûle le pays » ! et ils l’ont fait. 

Malheureusement, le peuple syrien n’a pas pu faire face à un régime mafio-fasciste qui s’est imposé par la force avec une structure globale malgré l’apparence, factice, d’institutions démocratiques formelles, obéissant en réalité aux instructions des services de sécurité. Assad père et fils ont dirigé la Syrie pendant des décennies en vertu de la loi d’urgence et de la loi martiale, provoquant une situation catastrophique. 

Le premier responsable est Bashar Al-Assad qui doit être présenter devant la Cour pénale internationale, puisqu’il a été condamné au niveau international pour des crimes liés à l’utilisation d’armes chimiques. 

Nous apprécions à sa juste valeur l’exigence du Parlement européen selon laquelle il ne devrait pas y avoir d’impunité envers les auteurs de crimes contre l’Humanité, mais aussi celui, européen et américain, déclarant les élections présidentielles en Syrie illégitimes. 

Je parle au nom du mouvement « Conscience Morale », un mouvement déclaré en France il y a cinq ans en tant que mouvement citoyen, culturel et politique qui comprend une élite d’artistes, d’intellectuels et de personnalités politiques, en Syrie, en France et dans les pays de la diaspora syrienne (plus de 30 pays) qui se sont engagés dans la révolution de la liberté et de la dignité pour une Syrie libre, démocratique et ouverte au monde, une Syrie avec un état de droit basé sur la citoyenneté pour toutes et tous. 

Notre mouvement rejoint d’autres organisations, partis et organes syriens pour mettre en œuvre et imposer les résolutions de la communauté internationale conformément au chapitre sept de la Charte des Nations Unies, les imposer au régime et ses alliés. 

Nous espérons la solidarité des peuples et de la communauté internationale. Il est temps que la conscience mondiale se réveille et que la communauté internationale assume ses responsabilités, comme cela s’est produit lorsqu’il a été confronté à des événements humanitaires traumatisants au Rwanda, en ex-Yougoslavie et en Bosnie. 

Liberté pour le peuple syrien et pour tous les peuples opprimés
Victoire pour les valeurs de liberté, de droits de l’homme, de justice et de paix. »

Regards sur 10 ans de Révolution syrienne

« Regards sur 10 ans de Révolution syrienne, de 2011 à 2021 »

Une visio-conférence-débat avec Ziad Majed et Leïla Vignal, qui aura lieu sur Zoom et Facebook Live, le 25 mars 2021 à 20:00.

Manifestations pacifiques à Darayya (Damas) en 2011.

 Le printemps arabe a commencé en Tunisie en décembre 2010, puis éclaté dans plusieurs pays arabes. Le 15 mars 2011 le peuple syrien a rejoint le mouvement révolutionnaire pacifique de la région pour revendiquer liberté, dignité, démocratie et justice sociale. Le régime syrien a riposté en réprimant dans le sang les manifestations pacifiques et toute autre forme de résistance. Cette répression, toujours active après dix ans, a transformé la révolution en une guerre et conduit à la destruction massive des villes et villages, à l’occupation du pays et au déplacement forcé des populations civiles, à plus de 500’000 morts et 148’000 détenu.e.s ou disparu.e.s forcé.e.s.

Pour parler de cette révolution contre le régime Assad, du conflit syrien et de la situation et ses enjeux aujourd’hui, nous avons invité Ziad Majed et Leïla Vignal qui répondront également à vos questions.

Leïla Vignal est Maîtresse de conférences en géographie à l’université Rennes-2, spécialiste du Moyen Orient, autrice de plusieurs articles et essais relatifs à la Syrie et d’un livre à paraître prochainement (War-torn. The Unmaking of Syria (2011-2021), chez Hurst Publishers), sur le thème des destructions et reconstructions, de l’économie de guerre et des changements démographiques en Syrie. 

Ziad Majed est un politologue franco-libanais, professeur à l’université américaine de Paris, auteur et co-auteur de plusieurs livres dont deux sur la Syrie: « La Révolution orpheline » (2014) et « Dans la tête de Bachar Al-Assad » (2018).

Pour plus d’information: https://www.facebook.com/events/430473658202078/

Organisée par le Cercle de la Brèche et les Femmes Syriennes pour la Démocratie. 
Soutenue par le Mouvement pour le socialisme

Dix ans après le « printemps arabe »: bilan et perspectives

Visioconférence-débat avec Gilbert Achcar, professeur au SOAS de Londres (School of Oriental and African Studies), auteur de Le Peuple veut. Une exploration radicale du soulèvement arabe (2013) et de Symptômes morbides, la rechute du soulèvement arabe (2017).

L’année 2011 vit une gigantesque vague révolutionnaire déferler sur les pays du monde arabe. Après la Tunisie, cinq autres pays de la région connurent des soulèvements massifs tandis que tous les autres voyaient une forte poussée des contestations sociales et politiques. A cette première vague largement défaite, succéda une nouvelle huit ans après : partie du Soudan, celle-ci s’étendit en 2019 à trois autres pays. Ainsi, au total jusqu’à ce jour, dix pays de la région ont connu des soulèvements. Quels sont les ressorts profonds de cette crise, quel bilan tirer des luttes populaires jusqu’à présent, et quels sont les défis auxquels elles sont confrontées? Autant de questions qui seront au cœur de ce webinaire.

Pour plus d’information: https://www.facebook.com/events/216287273485961

Organisé par le Cercle de débats Rosa Luxemburg et les Femmes Syriennes pour la Démocratie. 
Soutenu par le Mouvement pour le socialisme/Bewegung für sozialismus/Movimento per il socialismoLa conférence sera traduite simultanément en allemand. Diffusé sur zoom (les liens seront communiqués ultérieurement) et sur Facebook live.

Cette visioconférence est suivie par une seconde consacrée exclusivement à la Syrie qui se tiendra le 25 mars à 20 heures: https://fb.me/e/KaQ6fhMp

Manifestations de la population à Idleb contre l’attaque du régime et la Russie — emmerdeur-du-net’s Blog

Et la Révolution continue….

Manifestations de la population à Idleb et ses régions vendredi 7 septembre 2018 contre les menaces d’une attaque imminente du régime assassin et de la Russie contre la région…

via Manifestations de la population à Idleb contre l’attaque du régime et la Russie — emmerdeur-du-net’s Blog

« A genoux, sinon la famine », témoignages d’une zone assiégée

Assiéger les régions protestataires, les bombarder intensivement et leur imposer la famine en interdisant strictement l’entrée des aliments, fait partie d’une politique systématique et délibérée du régime syrien. Autour de ces zones assiégées on peut lire une inscription sur les murs: « A genoux, sinon la famine » écrite par les forces du régime syrien. Or la famine imposée et le bombardement des populations civiles constituent des violations de la loi internationale et font partie des crimes de guerre. Lorsque les habitants ne peuvent plus supporter ces conditions de vie extrêmement difficiles, le régime propose alors des accords avec la zone en question, pour la vider de ses habitants à qui on impose alors un déplacement forcé, souvent vers Idlib au nord de la Syrie. Ce fut le cas à Homs, Darayya, Alep-Est, al-Waer, Zabadani, Madhaya, etc. FSD a traduit un article de l’arabe qui rapporte le témoignage de trois habitants de Mouadhamyat al-Cham (assiégée de 2013 à 2016) qui sont arrivés à Idlib en octobre 2016.

« A genoux, sinon la famine! ». Source             http://www.creativememory.org/?p=110273

—————-

Histoires du siège de Mouadhamyat al-Cham

Article en arabe de Mariam Ahmad

Mouadhamyat al-Cham, ville de la région de Damas, a été assiégée pendant trois ans non-stop. Durant ce siège, plusieurs tentatives d’accord ont eu lieu qui ont permis aux étudiants et aux employés travaillant à Damas de sortir de la ville et d’y retourner, mais sans rien emporter avec eux. Finalement, à la mi-octobre 2016, le régime a forcé 1100 habitants de la ville à partir en les re-dirigeant vers la ville d’Idlib, en emportant avec eux des dizaines d’histoires déchirantes.

Les habitants de la ville qui étaient autorisés à en sortir et à y revenir considéraient la salle d’inspection du checkpoint al-Somaryya comme un cauchemar épuisant. C’était un lieu d’humiliation pour les hommes, les femmes et les enfants, parce que personne ne pouvait y passer sans être insulté, battu et parfois arrêté après être resté debout pendant de longues heures en attente de l’inspection. Pour quitter Mouadhamyat al-Cham ou en y rentrer, il fallait traverser deux km de route avec quatre checkpoints et al-Somaryya était le plus difficile à passer; des centaines de passants y ont été arrêtés.

Douaa Najjar (30 ans), l’une des habitantes de Mouadamyat al-Cham arrivés à Idlib, nous raconte son histoire en essayant de rassembler sa mémoire marquée par des événements douloureux. Elle dit: «En rentrant du travail, je devais attendre environ 3 à 4 heures avant de passer une inspection qui viole toute dignité humaine. Comme on manquait de nourriture, j’ai pris une fois le risque d’apporter un morceau de chocolat et une galette de pain pour mon fils affamé et je les avais cachés dans mes vêtements. En entrant dans la salle d’inspection je tremblais et je transpirais de peur. L’inspection a été minutieuse et on m’a demandé d’enlever le voile et les vêtements extérieurs. Lamis, responsable de l’inspection des femmes, a découvert ce que je cachais, elle m’a alors giflé, m’a donnée un coup de pied et m’a dit:
– Que tu es bête, tu caches le pain sur ton corps, quel péché tu commets toi l’affamée!
Douaa ajoute: «comme si elle savait distinguer le péché du bien!». Elle poursuit: « Je l’ai suppliée de me laisser la galette de pain, même si je me sentais humiliée et ça me faisait très mal. Je l’ai fait pour mon fils. Je voulais qu’il mange du chocolat. Lamis m’a répondu:
– Fous le camp avant que je ne procède à ton arrestation! »

Jamal Mohammed (23 ans), étudiant universitaire nous raconte: «la longue attente à ce checkpoint n’est pas causée par le nombre de passants. Souvent nous ne sommes que quelques-uns à passer, mais les agents qui font l’inspection font exprès de nous faire attendre pour nous humilier, ou alors nous devons attendre qu’ils finissent de manger et de boire leur maté pour décider de nous faire passer. Une fois, j’attendais mon tour et j’avais caché dans mes chaussures un sachet de médicament pour l’hypertension pour ma mère. Mon cœur tremblait de peur mais j’essayais de faire semblant que j’étais fort. Les moments écoulés me semblaient des années à cause de la peur, parce qu’ils nous demandaient parfois d’enlever nos chaussures. Lorsque mon tour vint l’élément de la sécurité me dit:
– Viens ici l’islamiste, qu’est-ce que tu as sur toi? Dis-le moi avant que je ne te fouille!
J’ai répondu que j’avais un paquet de cigarettes. En fait, je l’avais amené avec moi exprès pour camoufler le médicament. Je priais Dieu pour qu’il le prenne et me laisse passer sans me fouiller. Je récitais toutes les prières que je connaissais au fond de moi… Il dit enfin:
– Donne-moi les cigarettes et vas-t-en… Ne le refais plus jamais! Que tu n’es qu’une bête qui sais apprécier le plaisir de fumer!».
Je me sentais fou de joie à entendre ces mots, malgré toute l’humiliation et les insultes, mais j’avais réussi à passer le médicament. J’avais de la peine à y croire. J’ai couru comme si j’étais un héros légendaire pour donner son médicament à ma mère, avec beaucoup de fierté».

Nasreen, 26 ans, nous parle de son expérience avec les checkpoints: « Je suis entrée à Damas à cause d’une situation d’urgence lors de mon accouchement. Cinq jours après, sur le chemin du retour à Mouadhamyat al-Cham, je suis arrivée au checkpoint et j’au dû faire la queue pour être fouillée comme les autres; je portais mon bébé sous le soleil qui tapait fort, sans pouvoir m’asseoir. Au bout de deux heures et demie je suis entrée dans la salle en tenant mon bébé entre les bras et je tremblais de peur et d’épuisement. Je ne tenais plus debout de peur à cause de la boîte de lait que j’avais pris avec moi. Aïda, l’une des quatre femmes qui effectuaient la fouille des femmes au checkpoint al-Somaryya, m’a dit:
-Ton nouveau-né c’est un garçon où une fille?
J’ai répondu que c’était un garçon. Elle s’est alors énervée et a hurlé:
-Ca signifie que tu as fait un terroriste alors!
Elles ont commencé à me fouiller minutieusement alors que j’étais épuisée. Ensuite c’était le tour de mon bébé. Elle l’a pris et a commencé à le fouiller comme s’il était un objet en fer et non pas un nouveau-né! Elle lui a arraché le lange sauvagement en pensant qu’elle y trouverait de l’argent. Pendant ce temps, moi j’étais sur les nerfs et j’avais très peur pour mon bébé. Je sentais mon sang bouillant de colère, car je ne voulais pas qu’elle lui fasse du mal. Pour moi, elle pouvait me battre et m’humilier autant qu’elle le voulait, mais pas toucher à mon fils. La présence d’un enfant avec soi intensifie la peur!. J’ai très mal vécu cette horrible situation, j’avais de la sueur plein le corps à cause de l’oppression que je ressentais. Il m’était impossible de prendre mon bébé pour le protéger et je devais me taire. Pire encore, j’étais obligée de faire semblant de sourire et de me tenir tranquille. Si mon fils âgé de 5 jours n’a pas échappé à leur brutalité qui pourrait y échapper? Ils ont pris tout ce que j’avais pour les besoins de base suite à un accouchement, un peu de lait, des langes et le médicament fortifiant que le médecin m’avait prescrit.».

SYRIE: Kerry et Lavrov chantres d’une politique internationale totalement immorale

Chronique de la Syrie

Le 14 septembre 2013 il y a tout juste trois ans, un accord a été conclu entre Kerry et Lavrov pour sauver le régime Assad suite à son utilisation d’ armes chimiques à al-Ghouta en Syrie le 21 août 2013; un massacre qui a fait plus de 1400 victimes, dont plus de 310 femmes et enfants, en une seule nuit.

Sauvez les enfants en Syrie!

Victimes des armes chimique le 21 août 2013!

Cet accord avait pour but de sauver le régime Assad, mais aussi et surtout d’arranger Israël en neutralisant l’arsenal chimique de la Syrie. L’accord ignorait totalement les victimes, qui n’ont même pas reçu d’aide de l’ONU pour les soins. Du coup, et sans aucun égard pour les victimes, les responsables de ce crime ont échappé à la justice et sont toujours en liberté, coup mortel donné à la justice internationale. Cet accord est le produit de soi-disant arrangements politiques des puissances mondiales qui ont encore une fois terni le visage de la politique internationale. Yassin Al Haj Saleh, écrivain syrien, écrit dans son article que ce jour du 14 septembre 2013, il y a eu trois cadavres de plus: ceux de la vérité, de la justice et de la politique et il n’a pas tort.

IMG_2224

Le 10 septembre 2016, trois ans plus tard, Kerry et Lavrov viennent à nouveau de conclure un accord sur la Syrie, pour donner le coup de grâce à la révolution syrienne. Un accord survenu après avoir laissé largement le temps à Assad, en lui accordant délai après délai, d’épuiser les régions assiégées par la famine et les bombardements, mais cette fois pas seulement par les forces du régime mais aussi par celles de la Russie, avec l’aide des milices sectaires chiites de l’Iran, du Hezbollah, de l’Irak et d’ailleurs. Cet épuisement a conduit à « l’évacuation » de la population dans plusieurs régions (comme Darayya, Moua’damiya, et bientôt à al-Waer), sous surveillance onusienne. Une évacuation qui signifie en réalité un changement démographique forcé de la population dans ces régions où l’on remplace les habitants actuels par des chiites importés d’ Irak, d’Iran et du Liban, avec la bénédiction de l’ONU! Les trois points divulgués de l’accord de Kerry et Lavrov sont: un cessez-le-feu à partir du 12 septembre, l’acheminement de l’aide humanitaire et surtout un combat commun contre le terrorisme. La révolution est oubliée totalement et le dictateur et ses crimes aussi. Cet accord nomme Daech et al-Nosra comme organisations terroristes à combattre en Syrie mais oublievolontairement les milices sectaires chiites pro-régime! Un accord dont se dégage la puanteur d’une politique internationale totalement immorale!

Il est bon de noter que dans l’intervalle entre la conclusion de l’accord et son entrée en vigueur, les civils en Syrie ont vécu l’enfer de l’intensification des raides aériens russes et syriens à Idleb, Alep assiégée et Douma. A Idleb on dénombre 62 victimes parmi les civils dont 13 enfants pour les seuls bombardements de samedi 10 septembre qui ont ciblé le marché la veille d’El-Eid.

Rappelons-nous que depuis 2013, les enfants et les civils syriens continuent à suffoquer sous des bombardements au chlore dans les régions sous contrôle de l’opposition… Le réseau syrien des droits humains a documenté 137 utilisations du chlore par les forces du régime  depuis septembre 2013, et les criminels restent libres, ne sont jamais qualifiés de terroristes, mais de gouvernement « légitime »!

Alep: Halte aux bombardements, Pour le respect du droit d’y rester

Appel au rassemblement devant l’ONU à Genève,
vendredi 5 août 2016 de 17h00 à 18h30
C’est dans le cadre d’une campagne générale « En Colère pour Alep », organisée par des activistes syriens, que FSD lance cette mobilisation.

ColereAlep

         Rassemblement à Genève pour Alep

Le 11 juillet 2016 un appel urgent a été lancé par le conseil local le la ville d’Alep:
« Le Conseil Local de la ville d’Alep, élu démocratiquement pour représenter plus de 400.000 personnes vivant à Alep, tient à informer les partenaires politiques sur la scène internationale, ainsi que les organisations civiles, les ONG et les médias que les civils vivent sous la menace d’une catastrophe résultant du siège imposé par le régime Assad, avec l’appui des mercenaires iraniens et des miliciens de Hezbollah, et soutenu par l’aviation russe, qui vient de couper l’unique voie de ravitaillement en nourritures et en carburant pour les civils.». Depuis le 17 juillet, Alep est sous siège complet, ce qui conduit à un manque de nourriture voire une famine, un manque de matériel médical et des soins appropriés aux malades et aux blessés. L’intensification des bombardements de l’aviation ces derniers jours et le ciblage des hôpitaux accentuent par ailleurs la souffrance de la population sous siège. L’UOSSM a publié des témoignages vidéo des médecins d’Alep à ce sujet.
Le réseau syrien pour les droits de l’homme annonce le chiffre effrayant de 80 établissements détruits par ces attaques au premier semestre, 81 membres du personnel médical et casques blancs tués durant la même période. Depuis le début du conflit en 2011, plus de 700 médecins et personnels médicaux, ont été tués lors d’attaques d’hôpitaux selon le président de la commission d’enquête de l’ONU sur les droits de l’Homme en Syrie, le Brésilien Paulo Pinheiro, qui s’est exprimé à Genève le 21 juin 2016.
“Nous enjoignons la France et la communauté internationale à tout mettre en oeuvre pour arrêter les bombardements, protéger les hôpitaux et le personnel médical ainsi que les populations civiles syriennes. Nous ne pouvons rester aveugle à cette catastrophe humanitaire et sanitaire que subit la Syrie suite aux attaques aériennes incessantes” , appel du Dr Ziad Alissa, président de l’UOSSM France.
Nous nous joignons à l’UOSSM pour appeler l’ONU et la communauté internationale à faire face à leurs responsabilités, à intervenir fermement pour stopper les bombardements, protéger les institutions médicales, le personnel médical et la population civile à Alep, mais également à intervenir pour imposer le cessez-le-feu partout en Syrie et agir pour instaurer une transition politique sans Assad et son régime, qui sont les principaux coupables de la destruction de la Syrie et de son tissu social. Pour instaurer une paix durable, il est primordial de commencer par amener les criminels de guerre et les responsables de crimes contre l’humanité devant la justice, au sein du régime Assad, mais aussi ceux qui agissent au nom de Daech et ses semblables. L’impunité et l’injustice sont à l’origine de l’augmentation de la violence en Syrie et dans tout le Moyen-Orient, ainsi que des débordements de violence actuels sur l’Europe.
Venez nombreux pour dire
STOP au bain de sang en Syrie, STOP aux sièges et à la famine imposée.
OUI à une solution politique qui oeuvre pour une Syrie démocratique et qui garantit la justice, pour permettre une paix durable.
Rassemblement organisé par la diaspora syrienne et initié par FemmeS pour la Démocratie.
Soutenu par: Mouvement pour le Socialisme (MPS), SolidaritéS

Syrie, Russie et justice transitionnelle – Forum L’Autre Genève

Forum L’Autre Genève

Dans le cadre de ce forum qui a eu lieu les 27 et 28 mai 2016, la parole a été donnée à des représentant.e.s de la société civile syrienne que le régime syrien s’efforce de rendre invisible. Nous publions ici certaines de ces contributions. Ibrahim Malki est intervenu dans l’atelier Syrie-Russie.

——————-

Syrie, Russie et justice transitionnnelle

Par Ibrahim Malki, avocat

(Texte traduit de l’arabe)

MALKI Ibrahim est un avocat, membre de la Commission de défense des détenus d’opinion, notamment suite à la Déclaration de Damas (2005). Il a été arrêté en 1997, puis en 2011, en 2012 et nalement le 3 novembre 2013 avant de devoir s’exiler. Membre fondateur du collectif des avocats syriens. Il a participé à diverses commissions visant à établir les principes d’une justice transitionnelle.

IMGP0115

Atelier Syrie-Russie, le 28 mai 2016

La violence est un produit naturel de la culture des régimes tyranniques qui favorisent la voie de l’assassinat, de la criminalité, de l’esprit mafieux et de la théorie du complot: « celui qui n’est pas avec moi est forcément contre moi ». C’est ce que le régime syrien a pratiqué depuis plus de quarante ans, avec le soutien de régimes totalitaires et répressifs qui lui ressemblent, au moins structurellement et mentalement, comme l’Iran, la Russie et les milices chiites, s’immergeant ainsi dans un monde de sauvagerie.

La Révolution syrienne a commencé par un soulèvement de la société civile syrienne, et elle est soudain devenue la cause de tous. C’est pourtant la jeunesse syrienne libre, aimant sa patrie et assoiffée de liberté, de justice et d’égalité, qui a porté la révolution. La réaction du régime a été la violence et la criminalité, et ce mouvement révolutionnaire a dû affronter les tirs à balles réelles et les bombardements de toutes sortes. Nous pouvons donc affirmer que le terrorisme, la violence et la réponse à la répression ne faisaient pas partie du mouvement initial de la révolution syrienne, et qu’ils en constituent un élément imprévu.
Pour soutenir sa violence contre la population, le régime a eu recours à des forces obscurantistes, internes et externes au pays, à forte tendance chiite, familières de l’usage de représailles et de la vengeance. Il a ainsi ouvert les portes de la Syrie à l’extrémisme, piétinant toutes les lois. Il a également introduit les Russes et les Iraniens comme soutiens de son pouvoir, contrairement à toutes les lois et conventions relatives à la protection de l’Etat, utilisant le principe de la liberté de l’Etat dans la gestion des affaires intérieures et extérieures, oubliant que cette liberté est limitée par les règles du droit international, notamment en matière de respect des droits de l’homme, et ignorant le fait qu’il s’agissait là d’une révolte interne contre l’injustice et ses conséquences.

La position russe dans la Révolution syrienne

Les Russes sont entrés de plein pied dans le conflit syrien dés le premier jour, de par leur triple veto aux conseil de sécurité des Nations Unies, empêchant ainsi toute solution politique en Syrie. A cette époque, la révolution syrienne était dans sa phase pacifique, exigeant la liberté, la dignité et une réforme constitutionnelle globale. La position russe a évolué ensuite progressivement, jusqu’à l’intervention militaire directe de son aviation, l’apport d’armes au régime, et son intervention dans les négociations de Genève.
La Russie, après avoir re-équilibré les forces en présence en faveur du régime, semble aujourd’hui pressée de chercher une solution qui satisfasse le régime. Ceci pour plusieurs raisons: socio-économiques internes à la Russie d’abord, et internationales liées à l’occupation par la Russie de plusieurs territoires ensuite; d’où la pression énorme exercée sur l’opposition afin de la faire revenir à la table des négociations aux termes et aux conditions fixées par le régime et par la Russie. L’objectif immédiat est d’abaisser le plafond des aspirations au changement de l’opposition et d’obtenir une solution politique qui satisfasse aux intérêts russes sur la scène internationale, et qui par ailleurs ne diffèrent pas, sur le fond, de la solution voulue par le régime syrien, qui vise à rester au pouvoir. Mais il y a aussi d’autres motivations à cette hâte, dont :

  • Le fait que l’administration américaine ne va pas vers l’escalade, et se limite à une gestion laxiste de la question syrienne, de plus son mandat expire à la fin de l’année.
  • L’évidence que la Russie n’est pas sûre de pouvoir travailler et collaborer avec la prochaine administration américaine, y compris avec la démocrate Clinton.

L’échec des négociations de Genève, voulu par l’Iran et par le régime syrien, serait gênant pour les Russes qui œuvrent pour imposer rapidement et à eux seuls une solution favorable au régime. C’est dans ce but que la Russie frappe le pan militaire des forces de la révolution modérée (pour être tout à fait clair: la Russie n’a jamais frappé Daech comme elle le prétend, ce qui a poussé les américains, les français et les britanniques à contrecarrer les tentatives Russes à Alep, en soutenant l’opposition).

Les différences de vues entre Moscou et les Etats du Golfe, dirigés par l’Arabie saoudite, ont empêché le retour des négociations syriennes à Genève, ce qui montre qu’il y a un grand écart entre leurs positions respectives. De plus, le Haut Comité de Négociation de l’opposition a tenu à ce que la résolution 2254 soit mise en œuvre, résolution qui prévoit la formation d’un corps de gouvernement transitoire doté de tous les pouvoirs. De leur côté, les Russes, qui tiennent à maintenir Assad au pouvoir, disent que c’est « au peuple syrien de décider du sort de son pays », discours fallacieux et mensonge flagrant destiné à contrecarrer la volonté des Syriens et à les soumettre à la volonté des Russes. Ces derniers ont en effet pour but d’étendre leur influence sur la nouvelle Syrie, parce qu’ ils considèrent la révolution syrienne comme un règlement de comptes et un moyen de revenir sur la scène internationale en tant que superpuissance. Les Russes ne veulent pas d’une Syrie démocratique, civile, construite par ses propres citoyens, nous en sommes convaincus.

IMG_2224

Assad, noeud du désaccord entre les Américains et les Russes

Les Russes essaient d’imposer le maintien d’Assad à tout prix sous prétexte qu’à leurs yeux personne ne peut remplacer Assad. Ceci constitue un désaccord fondamental avec le peuple syrien, avec les Américains et avec tous les amis du peuple syrien. Les Russes ne sous-estiment pas pour autant la volonté d’Obama de faire “ce qu’il pense juste” à n’importe quel moment, ce qui constitue l’essence même de la position américaine affichée.
Les Américains sont conscients de la grande distance qui sépare les positions de Washington et de Moscou relatives à une solution politique en Syrie. Toutefois ils sont d’accord pour interdire de laisser l’une des parties s’emparer d’une victoire militaire, ceci en raison de la spécificité du cas syrien. Car si l’une des parties est vaincue sur le terrain, cela signifierait l’impossibilité d’une solution politique. D’accord avec la partie russe, la chute du régime n’est donc pas acceptable, ni sa victoire. De même une victoire militaire de l’opposition n’est pas permise, ni son effondrement, et chacun a ses arguments.
Les Russes disent ne pas vouloir d’une scène similaire à la Libye d’après la chute de Kadhafi, et les Américains partagent cette opinion. Les deux parties préfèrent donc gérer la crise, voire la prolonger. De plus il est évident que les Russes n’accepteront pas le départ d’Assad, ni sa chute.
La question qui subsiste dès lors est la suivante: les Russes et les Américains préfèrent-ils, au stade actuel, le chaos à une solution, pour différentes raisons, dont la présence de Daech, de Jabhat Al-Nosra et des innombrables milices chiites?
Pour être un peu plus clair: il faut réaliser que la défaite de la révolution serait une défaite de l’Amérique. Sans les Américains et les « amis » du peuple syrien, les Russes auraient écrasé la révolution syrienne. Le fait de multiplier les contradictions ajoute à la confusion et conduit à la prolongation du conflit et à la poursuite des combats. Cependant, aujourd’hui, ce sont bien les Russes qui perturbent les chances d’une solution politique et l’application de l’accord de Genève 1.

II est certain que, profitant de l’absence de résolution de l’ONU pour mettre fin à la souffrance des Syriens, le Kremlin considère son intervention en Syrie comme un excellent coup stratégique, qui lui a permis de d’établir de nouvelles bases dans la région. Cette nouvelle influence russe pourrait prendre la place de celle des Etats Unis, qui tendent à se désintéresser de cette région. Une telle volonté a par ailleurs été clairement exprimée lors de la rencontre de Lavrov avec les représentants des pays du Golfe.

La pierre d’achoppement majeure dans notre crise à nous, Syriens, semble donc être:

  • L’ inefficacité des forces de l’opposition politique à obtenir les soutiens nécessaires et leur incapacité à formuler des revendications en accord avec les aspirations du peuple qui s’est soulevé.
  • Cette lacune et la faiblesse structurelle des forces de l’opposition ont conduit à une mainmise des forces extérieures sur le trajectoire et les orientations de la révolution.

La Révolution syrienne doit insister sur l’application des décisions des Nations Unies (Genève 1 et la résolution 2254) pour obtenir la formation d’un organe de transition avec les pleins pouvoirs. Au nom de ses pouvoirs, cet organe devrait œuvrer ensuite à la mise en place d’une commission constitutive ou d’une conférence nationale pour formuler une constitution syrienne temporaire ou une vision constitutionnelle dont le but serait de défaire l’ « état sécuritaire » actuel qui ne produit qu’oppression et tyrannie.

Constitution et justice transitionnelle

Le Haut Comité de Négociation doit aujourd’hui s’en tenir aux règles du droit international, aux décisions de Genève 1 et à la résolution 2254, ceci afin d’embarrasser le régime syrien, qui a tout intérêt à la prolongation du conflit et à l’absence de toute possibilité d’un règlement qui produirait une solution dans laquelle il se trouverait perdant.

Les Syriens ont besoin d’une constitution temporaire opérationnelle qui permette de légiférer pendant la période transitoire, qui est l’une des étapes décisives de la transition de l’état de guerre à l’état de reconstruction. Cette constitution doit piloter, soutenir et protéger la transition. C’est un cadre juridique transitoire incontournable pour la phase de transition. Cette constitution provisoire doit inclure un nouveau contrat social pour les Syriens, car elle constitue une occasion historique pour que le changement se fasse de manière appropriée et en phase avec la justice syrienne à venir. De cette façon une nouvelle identité nationale qui rassemble les syriens de manière non coercitive pourrait naître. Cette nouvelle identité pourrait alors résoudre les problèmes liés à la justice transitionnelle. Les organisations de la société civile doivent y tenir un rôle important, afin de diffuser une culture de tolérance et de réconciliation, soutenue par la Constitution, après la période de jugement des responsables de crimes. Nous avons besoin premièrement du jugement, deuxièmement de la réconciliation, et troisièmement du pardon, suivant en cela l’exemple de l’Afrique du Sud , qui a profité du génie de Mandela en la matière.
C’est aux familles des victimes que revient le droit d’établir un chemin de réconciliation et de pardon, et c’est à la loi de juger ceux qui sont tenus responsables. Pour arriver à ce stade, nous avons besoin de nouveaux cadres politiques et d’organisations efficaces de la société civile, qui cherchent une réforme substantielle, à la mesure du challenge posé par la création d’un nouveau système politique, légal et législatif.

 

Forum L’Autre Genève, programme et expositions

Forum L’Autre Genève

Syrie. Pour la liberté, la démocratie, la paix et la justice sociale

La parole à des représentant.e.s de la société civile de Syrie

Vendredi 27 mai dès 19h15 documentaires, à 20h15 Forum
Samedi 28 mai, workshops dès 10h45, séance de clôture à 19h15

Avec deux expositions samedi le 28 mai:

« Au coeur de la machine de mort syrienne » (Photos de César)

Tableaux du caricaturiste Hani Abbas « La souffrance des détenus »

Organisé par le site alencontre.org, Editions Page 2, FemmeS pour la Démocratie

UneAG

La «situation en Syrie», pour l’essentiel, est traitée sous l’éclairage de négociations internationales et régionales. A tel point que le dessein du clan Assad de «rendre invisible le peuple syrien» est souvent atteint.

L’Autre Genève se veut une contribution visant à contrecarrer à la fois l’ignorance et l’indifférence face aux combats d’une population asservie, depuis longtemps, par une dictature implacable. Ses multiples luttes traduisent une profonde aspiration à la liberté, à la dignité, à la justice sociale et à une paix consolidée par le jugement des responsables de crimes ayant peu de précédents.

Quelque 400’000 morts; plus de 325’000 de détenus et de disparus. Des millions de réfugié·e·s ont fui les bombardements du régime. Et, depuis octobre 2015, ceux de l’aviation russe. S’y ajoutent celles et ceux qui veulent échapper aux pires forfaits de Daech.

Le refus par les diverses forces de l’opposition démocratique d’une prétendue transition démocratique sous la présidence de Bachar el-Assad est validé par la pratique passée et présente du régime Assad, ainsi que de ses alliés régionaux et internationaux. Et pourtant c’est une «solution de ce genre» qui se dessine lors de prétendues négociations à Genève, placées sous l’égide de l’ONU et des Etats impliqués dans le conflit, sans prendre en compte la volonté du peuple syrien.

L’Autre Genève va permettre à des Syriennes et Syriens – de générations et de sensibilités politiques et culturelles différentes – d’exprimer les raisons de leur engagement à la fois contre la barbarie de Bachar el-Assad et contre celle du soi-disant Etat islamique.

Dès l’instauration d’une trêve relative, le 27 février 2016, dans de nombreuses villes et bourgades, la population, épuisée, est descendue dans la rue, avec des drapeaux de la révolution pour exiger la paix et le départ de Bachar, comme de l’EI et de forces analogues.

Devant ce peuple, tu n’as pas d’autres alternatives que le départ
« Devant ce peuple, tu n’as pas d’autres alternatives que le départ »
Le combat de la population syrienne retrouvait sa visibilité. La riposte du pouvoir fut immédiate: bombarder ces villes et bourgades, souvent assiégées et condamnées à la famine. La dictature voulait rendre inaudible et insaisissable cette fraction d’une population martyrisée qui clame, encore et toujours, des idéaux affirmés dès mars 2011, et même avant.

Les combattant·e·s de la révolution syrienne initiée en 2011 se sont vu refuser l’armement défensif nécessaire pour faire face à un régime dont la force militaire a pour fonction de mater et terroriser la population et d’assurer la perpétuation de sa mainmise sur le pays. L’impasse des affrontements militaires favorisa les interventions multiples de puissances internationales et régionales, visant chacune ses propres buts. Le désastre irakien, issu de l’intervention américaine en 2003, avait amorcé la redistribution des cartes dans la région. Il en résulta, en quelque sorte, une expropriation des buts essentiels – anti-dictatoriaux et démocratiques – de la majorité de la population de Syrie.

L’Autre Genève s’inscrit contre «l’indifférence qui œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre.» (Gramsci) L’Autre Genève doit faire écho à toutes les actions et toutes les voix de ceux et celles qui, en Syrie, dans les innombrables camps de réfugiés et en exil, perpétuent des idéaux devant bouleverser une situation que les dominants présentent comme une fatalité.

Les intervenants sont:

Intervenants

Ces voix et ces actions seront présentes le vendredi 27 mai et le samedi 28 mai à Genève. Le programme détaillé peut être téléchargé ici:

Programme détaillé.

Si nous ne sommes plus capables de colère, au moins ayons honte

FSD co-organise, avec le site alencontre.org et les éditions Page 2, le forum L’Autre Genève qui s’inscrit contre « l’indifférence qui œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre. » (Gramsci). Ce forum donne la parole à des représentant.e.s de la société civile syrienne dont la voix est volontairement étouffée dans la scène internationale ! C’est le résultat de la politique mafieuse du régime syrien qui trouve un écho dans certaines politiques régionales et internationales.
Amjad Nasser nous parle de la familiarité que nous développons devant les images d’horreur qui nous parviennent de Syrie et questionne nos consciences concernant la responsabilité de chacun dans l’inaction pour mettre fin à ce bain de sang et donc dans la prolongation de la souffrance syrienne.
FSD a traduit, ci-dessous, l’article de Amjad Nasser de l’arabe.
(source : https://www.alaraby.co.uk/opinion/2016/5/1/يا-رايحين-ع-حلب-1 )

————————————–

« Vous qui partez pour Alep… »

par Amjad Nasser

Du temps de la révolution palestinienne armée nous chantions en choeur, et les chansons faisaient partie des nécessités de la grande maison de Damas. Rien ne rapproche comme le chant en choeur qui est aussi une forme de résistance. Même si ce mot est récent dans nos dictionnaires, nos ancêtres utilisaient le mot «djihad» pour l’exprimer,(exprimer quoi?) sans qu’il n’ait nécessairement une signification religieuse. Parce que ce mot existait déjà bien avant la religion (musulmane) qui l’a utilisé pour valoriser l’action qui touchait les cœurs et les âmes. Du temps de la révolution palestinienne armée, la révolution de l’OLP, pas celle de Qassam, nous chantions en groupes, c’était un besoin, pas un dérivatif.

J’avais entendu ce jour-là l’un de nos compagnons chanter Rozana¹, et sous le raisin, dans sa chanson, il y avait des armes et non des pommes comme dans la chanson originale. Notre compagnon ne nous avait pas dit pourquoi il avait modifié la chanson. Je pensais que c’était en relation avec la grande révolution syrienne (contre l’occupation française de la Syrie, qui a commencé en 1925). Ceux qui chantaient ainsi, tout comme notre camarade damascène, étaient les révolutionnaires et les sympathisants parmi les paysans syriens qui leur faisaient passer des armes pour les soutenir dans leur combat contre la puissance coloniale française. Ces armes parvenaient à Alep « Shahbaa », sous le raisin, dans les convois de nourriture.

Alep n’a plus besoin du chant de Rozana pour être présente à l’esprit. Elle est sur tous les écrans de télévision, montrant sa destruction, le sang et les corps de ses habitants, aux Arabes mais aussi aux populations non-Arabes, confortablement installées dans leurs salles de séjour.
Que Dieu s’insurge contre la banalisation de tels évènements. Cette banalisation est plus grave encore que la tuerie elle-même. La banalisation a remplacé la sédition. Rien ne transforme le sang en eau comme le fait la répétition de la tuerie. Faites couler le sang autant que vous le pouvez, vous échapperez à toute punition et «votre ennemi ne saura plus quoi faire de vous. Faire couler un peu de sang est un crime, mais faire couler beaucoup de sang est une guerre. Dans les guerres, on ne se lance pas de fleurs. Les criminels sont jugés, et conduits à la prison ou à la potence, et peut-être décapités dans certains pays. Mais les chefs de guerre, ceux qui tuent en masse, on les décore, avec des médailles. Cette règle se vérifie en Syrie depuis le massacre de Houla², et peut-être déjà depuis les premiers jours de Daraa. Elle se poursuit aujourd’hui avec les massacres quotidiens d’Alep. La recette a été testée et elle fonctionne !
Lorsqu’aucune résolution n’est émise par un seul organisme international concerné par les crimes de guerre, et lorsque les noms des responsables de ces crimes n’apparaissent sur aucune liste de criminels de guerre, listes qui sont sous le contrôle de forces politiques mondiales corrompues, alors les criminels ne craignent personne et répètent encore et encore les mêmes crimes. Mettons le nom d’un seul commandant militaire ou politique syrien, russe ou iranien sur une liste de criminels de guerre, et ensuite observons l’évolution sur le terrain. La guerre ne s’arrêterait pas sans doute, et les catastrophes humaines qui l’accompagnent ne cesseraient pas, mais elles seraient peut-être moins « féroces ».

"Qui se soucie du sang syrien?" Dessin de Mohammad Hamdi. (Mohammadhamwi.com)

« Don’t worry, I’m just another Syrian » Dessin de Mohammad Hamdi. (Mohammadhamwi.com)

Mais qui se soucie du sang syrien? Vraiment qui s’en soucie? Que ce soit le monde arabe ou occidental. Je doute que l’on considère comme du sang ce qui est répandu en Syrie, et comme de vrais blessés les blessés syriens. Si c’était le cas, il y aurait au moins de vrais efforts pour les soigner. Y-a-t-il des secouristes et des équipes soignantes pour ces blessés? Y-a-t-il une goutte de honte, un soupçon de conscience, chez ceux qui dirigent le jeu de la politique internationale ? Ceux qui restent indifférents aux crimes commis dans ce jeu de mort sur la terre des humains. Les cris de douleur et de détresse des victimes, ne parviennent-ils pas jusqu’à l’oreille de tous? Si. Mais, personne ne réagit à leurs appels au secours.
Un poète arabe ancien a dit : « Si tu parlais à un vivant il t’entendrait, si tu soufflais dans le feu il s’illuminerait, mais tu souffles dans les cendres ! ». C’est le cri des morts dans un monde encore plus mort qu’eux. Qui l’entendra ? Dans quelle oreille vivante finira-t-il ?

Tout ce que font les «alliés» et les amis du peuple syrien c’est de publier des déclarations de condamnation, d’ouvrir des portails spécialisés pour la Syrie sur leurs écrans (les nouvelles syriennes sont devenues une «matière spécialisée», comme la physique, ou la chimie) pour un public en baisse constante. La guerre s’est allongée. Les nerfs sont fatigués. L’image d’un syrien mort, blessé, perdu, dont le corps a échoué sur une plage européenne, ne suscite plus ce qu’elle est censée susciter : la colère, pas la pitié, la colère, pas la compassion. Les images de ces êtres humains qui nous ressemblaient, avant que les barils d’Assad ne leur tombent dessus, ont besoin de colère. S’il ne nous reste plus assez de colère alors il faut qu’elles suscitent au moins la honte, pas moins ! Nous devrions avoir honte, aujourd’hui, de ces images, car lorsque nos descendants les auront vues, ils nous diront: avez-vous vraiment vècu ce temps de hyènes, et vous n’avez rien fait ?

—————————

¹Rozana est une chanson populaire qui chante Alep et qui commence par « Vous qui partez vers Alep… »

²Houla, région du gouvernorat de Homs, dont les habitants ont subi le premier massacre collectif de la part des forces du régime syrien le 25 mai 2012. Cette date a marqué le début d’une période de massacres collectifs en Syrie commis par le régime Assad.