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STOP aux massacres en Syrie

« STOP aux massacres en Syrie! » était le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 10.02.2018, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une soixantaine de personnes. Une dizaine de rassemblements semblables ont eu lieu dans plusieurs villes en Europe et aux USA entre le 9 et le 11 février 2018. Plusieurs militants et militantes suisses et français se sont joints au rassemblement à Genève. Plusieurs personnalités syriennes sont venues de France pour y participer, Brita Hagi Hassan, ancien maire d’Alep-Est, Akram Al Ahmad, journaliste d’Idleb, de passage en France, et Bachar,  ancien détenu du régime Assad qui a passé quatre ans en détention et qui vient d’arriver en France.

Rassemblement devant l’ONU à Genève, le 10.02.2018

Les activistes qui ont pris la parole ont dénoncé l’intensification de l’offensive militaire des forces russes et de celles d’Assad dans les régions d’Idleb et de la Ghouta de Damas et ils ont appelé au boycott de la RussieIls ont dénoncé en particulier l’utilisation à répétition des armes chimiques, violant à maintes reprises les résolutions 2118, 2209 et 2235.

Ils ont rappelé qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad, ni avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix en Syrie alors qu’ils sont eux-deux des pays agresseurs et même envahisseurs;

– que toutes les interventions militaires étrangères sont condamnables y compris celle de la Turquie à Afrin et que les civils arabes et kurdes sont les principales victimes de ces interventions;

– qu’Il n’y a pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. 

 

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie, à la libération des détenus, à la levée des sièges et au départ de toutes les forces étrangères en Syrie, pour rendre possible une solution politique réelle et sérieuse.

Akram Al Ahmad, a parlé de la situation catastrophique à Idleb et du déplacement interne des habitants de Mua’arat Al-Nu’man et de Saraqeb, cette dernière ville qui a subi un bombardement avec du chlore toxique il y a moins d’une semaine. Il a dénoncé le ciblage par l’aviation russe et celle d’Assad des infrastructures, des installations médicales et des quartiers résidentiels. Il a également exprimé les craintes de la population d’Idleb suite aux manoeuvres du régime syrien pour laisser Daesh s’infiltrer à l’intérieur d’Idleb, ce qui laisse présager une action militaire semblable à celle de Raqqa qui a laissé cette dernière en ruine. Il a expliqué cette offensive barbare de la Russie comme étant une réaction primaire à l’échec de la conférence de Sotchi  boycottée par l’opposition.

Brita Hagi Hassan a  insisté sur la violation des résolutions du conseil de sécurité relatives à l’utilisation des armes chimiques:

« Tout le monde sait que le régime criminel d’Assad avait commis le massacre chimique dans al-Ghouta de Damas qui a coûté la vie à 1400 personnes en dix minutes. La majorité des victimes étaient des femmes et des enfants. Les armes chimiques ont été utilisées à répétition depuis cette date. Plus de 100 civils ont trouvé la mort à Khan Sheikun suite à l’utilisation de gaz sarin en avril 2017. 

Il y a quelques jours, la ville de Saraqeb à Idleb a été bombardée avec du Chlore gazeux. Dans le même contexte, les armes chimiques ont été utilisées plus de 150 fois au cours des années précédentes (depuis 2013). ». Il a aussi dénoncé les manoeuvres de l’ONU en vue de contourner ses propres résolutions (2118, 2254) afin de réhabiliter le dictateur criminel pour le maintenir à la tête de la Syrie. 

Vous pouvez trouver ces deux interventions avec leur traduction dans la vidéo:

https://www.facebook.com/eljazayeri/videos/1780148892067438/

Une transmission en direct par internet de l’intervention d’Abu Shadi, un activiste de l’intérieur de la Ghouta assiégée, a été effectuée pendant le rassemblement. Il a exprimé les craintes des habitants d’al-Ghouta relatives à un futur massacre chimique semblable de celui d’août 2013. Cette crainte vient du silence de la communauté internationale face à l’utilisation répétitive des armes chimiques à plus petite échelle,  qui rappelle les circonstances qui ont précédé le massacre de 2013. Son intervention peut être écoutée dans la vidéo (min 13:22):

https://www.facebook.com/hamidikaiss/videos/1461942057265588/

Bachar, ancien détenu et ressortissant de la Ghouta de Damas a finalement pris la parole pour dire qu’il travaillait dans l’aide humanitaire lorsqu’il s’est fait arrêter avec ses amis activistes. Il a dit être le seul survivant du groupe. Il a finalement enlevé son bonnet pour montrer à la foule les séquelles des tortures subies en détention soit: l’arrachement complet du cuir chevelu sur le dessus de son crâne, une blessure monstrueuse!

Le rassemblement s’est terminé par les chants de la révolution.

Plusieurs médias suisses étaient présentes.

FSD et CAA

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Non à l’ouverture par la Suisse d’un bureau humanitaire à Damas!

Depuis le début de la révolution syrienne le régime Assad a choisi d’utiliser la répression barbare, les arrestations massives, la torture, le tir à balles réelles sur les manifestants pacifiques, la persécution des manifestants blessés et des médecins qui les soignaient, la punition collective des régions de protestation, etc. En réponse à cette répression, la Suisse, pays défenseur des droits humains, fût parmi les premiers pays démocratiques à avoir rappelé son ambassadeur à Damas en 2011 avant de fermer sa représentation au printemps 2012. Elle se trouve aujourd’hui parmi les premiers pays qui font un pas vers la normalisation des relations avec le régime dictatorial sanguinaire et responsable de crimes  de guerre épouvantables et de crimes contre l’humanité. Ce pas c’est l’ouverture d’un bureau d’aide humanitaire de la Suisse à Damas même.

FSD et la communauté syrienne de Suisse a alors réagi en adressant une lettre ouverte, reproduite ci-après, au Conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du DFAE, pour exprimer sa grande déception.

Les cartons de l’aide humanitaire ciblés par l’aviation du régime le 15.11.2017, peu de temps après leur entrée à Douma assiégée. Photo de la page FB d’un résident de Douma. Voir aussi à ce sujet l’article du Point.

————————–

Monsieur le Conseiller fédéral,

Par un communiqué de presse du DFAE du 21.12.2017 nous avons appris à notre grande déception que la Suisse a ouvert un bureau d’aide humanitaire à Damas même. Cette démarche ne peut que réjouir Assad, le boucher de Damas, qui se voit aujourd’hui en voie de réhabilitation auprès de la communauté internationale ; cependant, elle ne contribuera en rien à l’amélioration de l’efficacité de l’aide humanitaire suisse en Syrie.

En effet, chacun sait que depuis 2011 le CICR n’a jamais obtenu d’accès aux détenus en Syrie, sauf pour des visites toilettées à son intention. En outre, la plupart de l’aide humanitaire internationale est allée dans les poches du régime, directement ou après revente sur les marchés locaux, ceci malgré la présence sur place des organisations de l’ONU, et cet état de fait va en empirant.

Vouloir composer aujourd’hui avec le régime syrien répond à une logique à court terme sans intérêt pour l’aide humanitaire, pour la paix, pour le Moyen-Orient, pour la Suisse, pour le Monde, et insultante pour la justice. Accessoirement, c’est aussi le plus sûr moyen de contribuer à la pérennisation du terrorisme. Le régime syrien est un régime mafieux, Assad est un promoteur du terrorisme, on ne peut tendre la main à ce genre de régime sans renier ses propres valeurs et devenir, en quelque sorte, complice des crimes qu’il continue à perpétrer contre sa population.

Le régime syrien est aujourd’hui un régime fantoche. Dès fin 2012, à l’agonie, il a dû faire appel à l’aide de la Russie et de l’Iran pour se maintenir en place contre une révolution populaire sans extrémisme. Il n’est aujourd’hui que le pantin sans légitimité de ses deux parrains, devenus depuis des envahisseurs. Moins de 15% du peuple syrien lui accorde encore une quelconque légitimité, en majorité par crainte ou par intérêt, moins de 10% si l’on inclut la diaspora[1].

La Russie ment en prétendant s’attaquer au terrorisme, elle ne vise qu’à étouffer la révolution populaire, en ciblant les civils[2] dans les régions de protestation, qui constituent la vraie alternative à Assad, avec des noyaux de démocratie instaurés dans ces régions dès leur indépendance du régime. Le plus grand mensonge russe concerne aujourd’hui la formation de zones de désescalade, toutes bombardées à tour de rôle. Actuellement c’est la Ghouta de Damas et Idleb qui sont sous les bombes du garant russe, provoquant de nouveaux déplacements forcés des populations.

Si la Suisse souhaite vraiment apporter son aide pour soulager la population civile, elle serait certainement plus utile en oeuvrant pour une réelle solution politique qui permette aux Syriens d’avoir une vraie transition politique, sans le régime Assad, pour construire leur futur Etat démocratique basé sur le principe de la citoyenneté pour tous. Aucune autre solution ne mettra fin à la violence, aucune autre solution ne permettra au peuple syrien de vivre dignement en Syrie. Ceci ne sera possible que si les pays occidentaux, y compris la Suisse, font passer les droits humains de la population syrienne devant leurs intérêts à court terme et font pression sur la Russie et de l’Iran pour obtenir le départ du régime syrien et des élections libres.

Veuillez agréer, Monsieur le Conseiller fédéral, nos salutations les meilleures.

[1] Avant la révolution, la diaspora syrienne comptait déjà au moins 18 millions de personnes alors que la population à l’intérieur de la Syrie comptait 23 millions ; ceci est un indicateur fort du disfonctionnement du pays.

[2] En 2017 seulement, 900 institutions civiles ont été ciblées, en majorité par l’aviation russo-assadienne http://aa.com.tr/en/middle-east/syria-nearly-900-civil-facilities-targeted-in-2017/1025533

« La Révolution Continue », Rassemblement à l’occasion de Genève 8

« Syrie: La Révolution Continue » était le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 30.11.2017, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une cinquantaine de personnes. Plusieurs militants et militantes suisses et des représentants de l’opposition iranienne se sont joints au rassemblement. Plusieurs membres de la délégation du nouveau comité de négociation de l’opposition syrienne, nouvellement constitué, étaient également présents. Le rassemblement  a débuté par une minute de silence à la mémoire des Martyrs de la révolution syrienne.

Les activistes qui ont pris la parole ont dénoncé les manipulations de la communauté internationale pour former une nouvelle opposition « unifiée » à Ryadh 2 en vue de Genève 8. Ce qu’il faut entendre par « unifiée » c’est que l’opposition a été modelée selon la volonté de la communauté internationale, Moscou en particulier. Au sein de cette nouvelle opposition, il y a aujourd’hui la dite opposition proche de Moscou qui oeuvre pour le maintien d’Assad et celle proche du Caire qui ne s’y oppose pas. 

Ces dites négociations se passent donc entre la délégation du régime illégitime d’Assad et la délégation illégitime de l’opposition syrienne, ce qui vide ces négociations de tout sens.

Alors que jusqu’ici la Russie jouait simultanément le rôle d’allié d’Assad ( et donc d’agresseur du peuple syrien) et d’ arbitre du conflit; aujourd’hui, elle intègre à elle seule trois rôles : allié d’Assad, arbitre et opposant au régime ( pour le succès des négociations!).

         Rassemblement devant l’ONU à Genève, le 30.11.2017, à l’occasion de Genève 8.

Les orateurs ont aussi rappelé: 

– qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad;

– qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix alors qu’ils sont complices d’Assad pour les crimes commis en Syrie; 

– qu’il n’y pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. 

– que seule la justice pourra aider les Syriens à guérir leur énorme souffrance, pour pouvoir vivre en paix dans une Syrie qui leur garantisse la liberté, la dignité et la démocratie, leurs aspirations depuis le début de la révolution;

– que l’avenir en Syrie se fera avec une transition politique, sans le régime Assad, sans les groupes extrémistes et dans le respect de la diversité de tous les Syriens. 

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie, à la libération des détenus politiques et au départ de toutes les forces étrangères de Syrie. Ils ont également dénoncé toute négociation à Sotshi ou ailleurs sous l’égide de la Russie.

                      Rassemblement à l’occasion de Genève 8.

Ahmad Ramadan, membre de la coalition de l’opposition et membre du nouveau comité de négociation a pris la parole sans aborder les sujets qui fâchent! Malgré cela des discussions tendues ont suivi concernant le manque de confiance des Syriens à l’égard de la nouvelle coalition de l’opposition.

Les chants de la révolution ont accompagné la fin du rassemblement.

Plusieurs médias étaient présents. 

FSD

PS: Pour la première fois depuis 6 ans le rassemblement a été terni par la présence d’un vandale venu piétiner le drapeau de la révolution et par celle d’un drone d’origine inconnue venu la surveiller.

Après Alep-Est: Idlib; Quand donc cessera-t-on de croire aux mensonges des Russes (3/3)

Chronique de la Syrie

Il y a environ une année le régime syrien et la Russie intensifiaient les bombardements sur Alep-Est, ce qui a conduit quelques mois plus tard à la chute de cette ville, suite sans doute à un accord non révélé avec la Trquie. Depuis, les Syriens dénoncent le déplacement forcé des populations en révolte de plusieurs régions de la Syrie vers Idlib (Homs, Darayya, al-Muaaddamyat, Zabadani, Alep-Est, Wadi Barada, al-Waer, etc.) et craignent leur extermination prochaine.

Depuis le 19 septembre, et malgré les accords d’Astana mi-septembre 2017, l’aviation russe mène une offensive contre la région d’Idlib et le nord de la région de Hama.Tout comme l’offensive à Alep-Est, l’aviation cible les civils, les hôpitaux, les écoles, les boulangeries, les centres des casques blancs! La nuit du 29 au 30 septembre 50 raides ont frappé la ville d’Armanaz à Idlib et le nombre de victimes ne cesse d’augmentez (voir le post du Réseau Syrien des Droits de l’Homme).

Après Alep-Est, c’est bien Idlib, où est réunie aujourd’hui toute  la population en révolte venant de toute la Syrie, qui subit la foudre d’Assad et de la Russie… Le massacre des civils continue et le silence de la communauté internationale aussi!

« Tout le monde négocie le sang des Syriens, ce n’est en aucun cas pour arrêter le sang de couler », Ma’arat-Elnoeman, 29.09.2017, Syrian Revolution Network

 

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article du site d’information Enab-Baladi, publié le 29.09.2017 à 11:00.

Partie 3

Bombardement d’Idlib suite à la rencontre d’Erdogan et Poutine

Le lendemain de la rencontre entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine, l’aviation militaire russe a continué son offensive contre les zones contrôlées par l’opposition dans les régions d’Idlib et de Hama.

Selon l’e site d’information d’Enab-Baladi, l’aviation russe a ciblé ce matin, vendredi 29 septembre, les environs de la ville d’Al-Shagar, la périphérie de Ghassaniya et la ville de Bdama dans la campagne de Jisr al-Shughur.

Pour sa part, «Idlib Media Center», par l’intermédiaire de «Facebook», a rapporté que l’aviation russe a attaqué les environs de la ville de Marzita dans la campagne méridionale d’Idlib, la ville de Tabayek près de Mohmbal dans la campagne ouest d’Idlib et la périphérie de la ville de Bara dans la campagne d’Idlib.

Deux femmes et un enfant ont été tués et d’autres ont été blessés pendant la nuit en raison du bombardement aérien de la ville d’al-Tamanah dans la campagne-sud d’Idlib, par des bombes à sous-munitions.

L’aviation russe a intensifié les raids sur la ville d’Idlib et son gouvernerat, dans le cadre de la campagne militaire lancée sur la région depuis le 19 septembre, causant victimes et blessés.

Le bombardement se poursuit après que le président turc Recep Tayyip Erdogan ait rencontré son homologue russe, Vladimir Poutine, qui visite Ankara pour discuter de la question syrienne et Idlib en particulier.

Les Syriens comptaient sur cette réunion pour voir un arrêt des bombardements, en conformité avec l’accord d’Astana sur les régions de désescalade.

Osama Abu Zeid, le conseiller juridique de l’armée libre, a indiqué, citant ses sources, que la réunion a abouti à un accord pour arrêter les bombardements depuis la nuit d’hier (du 28 au 29.9.17).

Cependant, les deux présidents ont parlé brièvement lors de leur conférence de presse hier soir de la ville d’Idlib et ont souligné l’importance de discuter les zones de désescalade en Syrie, en particulier à Idlib, sans préciser le contenu de la discussion et s’ils sont parvenus à un accord.

Le ministère russe de la Défense a nié que son aviation bombardait les quartiers résidentiels de la ville d’Idlib et de ses environs, qui ont conduit à des dizaines de morts parmi les civils.

Igor Konashnikov,  porte-parole du ministère, a déclaré hier  « Les avions russes ne ciblent que les bases terroristes, leur artillerie et leurs dépôts de munitions, ceci après avoir localisé leurs emplacements à l’aide de drones. ».

Lire aussi:

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (1/3)

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (2/3)

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (1/3)

Chronique de la Syrie

Il y a environ une année le régime syrien et la Russie intensifiaient les bombardements sur Alep-Est, ce qui a conduit quelques mois plus tard à la chute de cette ville, suite sans doute à un accord non révélé avec la Trquie. Depuis, les Syriens dénoncent le déplacement forcé des populations en révolte de plusieurs régions de la Syrie vers Idlib (Homs, Darayya, al-Muaaddamyat, Zabadani, Alep-Est, Wadi Barada, al-Waer, etc.) et craignent leur extermination prochaine.

Depuis le 19 septembre, et malgré les accords d’Astana mi-septembre 2017, l’aviation russe mène une offensive contre la région d’Idlib et le nord de la région de Hama.Tout comme l’offensive à Alep-Est, l’aviation cible les civils, les hôpitaux (5 sont détruits), les écoles (4 sont détruites), les boulangeries, les centres des casques blancs (3 sont détruits)! Le Syrian Press Center documente depuis 117 morts dont 22 enfants et 22 femmes.

Avec la fermeture de la frontière avec la Turquie, les habitants de Jisr-Alshugur à Idlib, qui tentent de fuir les bombardements, n’ont aucune échappatoire. Ils en sont réduits à s’abriter comme ils le peuvent dans les rues des régions moins exposées (de sources privées).

Après Alep-Est, c’est bien Idlib, où est réunie aujourd’hui toute  la population en révolte venant de toute la Syrie, qui subit la foudre d’Assad et de la Russie… Le massacre des civils continue et le silence de la communauté internationale aussi!

 

Suite aux bombardements de la ville de Jisr-Alshugur à Idlib, le 26 septembre 2017

FSD a choisi de traduire de l’arabe un article publié sur le site d’information Geroun.

Partie 1:

Idlib … L’escalade russe a pour but de contrecarrer les accords d’Astana

25 septembre 2017
Geroun – Manar Abdel Razzaq

Bassam Quwatli, activiste politique, pense que « l’escalade russe dans Idlib vise à déjouer les décisions d’Astana ». Il a déclaré à Geroun: « Je ne pense pas que les actions militaires des Russes à Idlib se prolongeront, c’est juste une tentative de prouver que la Russie possède toutes les cartes sur le terrain ».
Quwatli n’exclut pas non plus «une coordination entre l’Iran et Hayat Tahrir al-Sham (Jabhat al-Nosra) pour faire échouer Astana», et il a souligné que «il est dans l’intérêt de l’Iran de poursuivre le conflit afin de compléter son contrôle sur le terrain et obtenir un changement démographique effectif».

Le régime et ses alliés russes ont intensifié les raids aériens sur différentes parties de la campagne d’Idlib et de la campagne nord de Hama. Les activistes ont documenté environ 300 raids aériens sur ces régions au cours de la semaine dernière, des dizaines de civils ont été tués ou blessés et un certain nombre d’installations médicales et civiles ont été détruites.

Dans le même contexte, le porte-parole militaire du groupe (Ahrar al-Sham) a déclaré que «la retour des bombardements sur Idlib n’est pas nouveau, car le but c’est de compléter ce que le régime avait commencé dans diverses villes syriennes». Il a dit à Geroun: «Les bombardements russes étaient prévisibles dès le début, car tous ceux qui sont engagés dans la révolution ont été déplacés à Idlib jusqu’à ce qu’elle devienne le réservoir humain de la révolution».

Il a ajouté:  « Ils intensifient les bombardements des hôpitaux, des écoles, des boulangeries et de tous ce qui est au service de la vie des civils ». il a souligné la tentative des Russes de « prouver via l’intensification des bombardements » leur déclaration répétée à maintes reprises que « le destin d’Idlib sera comme celui de Raqa et Moussoul », ceci afin d’intimider le reste de la société couvant la révolution pour la forcer à accepter n’importe quelle décision imposée de l’extérieur du pays. »

Fares Beyush, un chef de l’armée libre, a déclaré: « Je ne pense pas que les Russes aient besoin d’une justification pour bombarder. Ils justifient les bombardements d’Idlib, aujourd’hui, par la présence d’al-Nosra, qu’ils ne bombardent aucun quartier général de ce groupe. Ils utilisent sa présence comme prétexte comme ils avaient utilisé Daech auparavant».

Beyush pense que le but des opérations militaires des Russes dans Idlib est « politique, et non pas militaire », et donc il s’attend à ce que «les bombardements prennent fin sous peu, pour faire respecter Astana». En ce qui concerne le rôle des factions pour exercer une pression à travers les États garants d’Astana, pour arrêter les bombardements, il a déclaré: « Il n’y a pas de rôle à jouer pour les Syriens (régime-révolution) » et il a souligné que « ce qui se passe sur le terrain c’est la pression qu’exercent certains pays sur d’autres pays, mais c’est notre peuple qui en paie le prix. »

Les bombardements ont atteint le siège de certaines factions qui avaient participé à la conférence d’Astana 6, parmi eux Jeish al-Nasr et Feilaq al-Sham. Lors du bombardement du siège de Feilaq al-Sham, dans le district de Tal-Mardikh à Idlib, environ 50 éléments ont été tués et d’autres ont été blessés. Quatre autres éléments de Jeish al-Nasr ont été tués lors du bombardement de la campagne nord de Hama.

Le major Samer Alewi, l’un des chefs de Jeish al-Nasr, a reconnu le meurtre de quatre combattants du groupe dans une attaque russe sur son quartier général dans la campagne du nord de Hama. Il a confié à Geroun: « Nous avons informé la partie garante (turque) de cette violation, avec pour seule réponse : nous en informerons le niveau supérieur et nous vous tiendrons informés. Aucune information ne nous est parvenue depuis ».

Dans le même contexte, Feilaq al-Sham a annoncé la mort de dizaines d’éléments dans les raids russes qui ont ciblé son siège à Tal-Mardikh à Idlib samedi dernier. Idris Raad, l’un de leurs chefs a confié à Geroun: « Le bombardement russe n’est pas surprenant, la politique de la Russie, depuis son intervention en Syrie, est basée sur le crime et l’assassinat « .

Il a souligné que la participation des factions de l’opposition à Astana, « ne signifie, en aucune façon, considérer la Russie comme un pays ami ou neutre ; c’est un pays impliqué dans le sang syrien depuis trois ans, et c’est un partenaire du régime Assad dans ses crimes contre le peuple syrien. »

Le sort de la province d’Idlib reste inconnu, car l’escalade russe ne pourrait être freinée que par une action militaire turque, attendue à Idlib, ce que semble confirmer le rassemblement continu de forces turques à la frontière.

Lire aussi:

Après Alep-Est: Idlib; le massacre des civils continue! (2/3)

Après Alep-Est: Idlib; Quand donc cessera-t-on de croire aux mensonges des Russes (3/3)

De la Ghouta à Raqqa

Il y a quatre ans, le régime syrien lançait une attaque chimique sur la Ghouta de Damas qui faisait plus de 1400 victimes. Comme ça, d’un coup, en une nuit, des familles entières, des villages entiers, anéantis, sans aucune trace de sang. A l’époque, beaucoup ont appelé à une intervention internationales, pour qu’enfin cesse le bain de sang. N’avait-on pas annoncé que l’utilisation des armes chimiques serait une ligne rouge? On en voyait enfin le bout! Mais 2013 n’a pas été que l’année du premier massacre chimique conséquent, elle a également été l’année où nous avons cessé de croire aux lignes rouges, aux droits de l’Homme et aux institutions internationales, pour ceux d’entre nous qui avaient la naïveté d’encore y croire.

Commémoration à Genève du massacre chimique à al-Ghouta de Damas le 21.08.2013

La réaction a tout d’abord été de rassurer Bachar, si frappes il y avait, elles seraient ciblées. Puis un compromis a été trouvé! Nous n’avons pas besoin d’intervenir, se dirent-ils, il suffit de lui faire livrer ses armes chimiques et le problème est résolu. Le message était claire, son tord n’était pas d’avoir massacré plus de 1400 personnes dans leur sommeil autant que de l’avoir fait avec des armes interdites. Continue seulement, disaient-ils, tout est permis sauf les armes chimiques! Les années se sont écoulées et avec elle les victimes, le plus souvent d’armes conventionnelles telles que par exemple les barils TNT ou les missiles guidés.

4 ans, 174 attaques aux armes chimiques et les déboires d’une coalition anti-terroriste plus tard, intervention il y a eu. Juste pas contre le régime . Alors que des bombes internationales pleuvent sur Raqua, faisant bien plus de victimes civiles que de victimes de Daesh, et que le boucher de Damas règne en maître absolu sur ce qu’il reste de son carnage, curieusement réhabilité dans son rôle de président, on ne peut s’empêcher de se poser la question, intervention, soit, mais pour qui?

C’est l’impunité des criminels de tout bords qui alimente le terrorisme et toutes les bombes du monde n’y changeront rien, bien au contraire. C’est avec beaucoup de retenue que l’on dénonce aujourd’hui les frappes  anti-terroristes, peut-être par peur d’être accusés de soutenir le terrorisme. Mais nos pensées vont aux victimes de l’intervention  internationale comme elles vont à celle de l’inaction internationale qui l’a précédée.

Genève, le 30.08.2017

FSD

Commémoration du 4e anniversaire du massacre chimique à al-Ghouta de Damas

Rassemblement pacifique devant l’ONU à Genève

en mémoire des 1477 victimes du massacre chimique à al-Ghouta

mercredi le 30 août de 17h30 à 18h30

Quatre ans déjà et le crime continue. Photo de LVDS

Le mois d’août marque la commémoration du massacre chimique commis par le régime syrien à al-Ghouta de Damas le 21.08.2013. Ce dernier a fait plus de 1477 victimes dont plus de 400 enfants, et plus de 6000 blessés en une seule nuit. Cette nuit-là, 16 missiles chargés de gaz sarin se sont abattus sur dix localités de la région al-Ghouta de Damas. Les secouristes et les responsables media de la région qui se sont rendus sur les lieux de l’attaque pour secourir la population et documenter les faits ont été eux-mêmes blessés ou ont trouvé la mort. Suite à cette attaque, les armes chimiques auraient été supposément retirées de Syrie ; le dictateur à sa tête est lui resté à son poste et il continue à exterminer sa population à l’aide d’un large éventail d’armes, chimiques ou conventionnelles, notamment ce même gaz sarin utilisé le 4 avril 2017 à Khan-Cheikhoun dans la banlieue de Idleb. Depuis le massacre de al-Ghouta en août 2013, l’utilisation d’armes chimiques par le régime a été documentée 174 fois sans réaction effective de la communauté internationale, ceci malgré les résolutions 2118 et 2235 du conseil de sécurité. Six ans de barbarie et la communauté internationale continue à s’étonner à chaque nouveau massacre. Plus de la moitié de la population est aujourd’hui déplacée, plus d’un million souffrent d’un handicap à la suite de blessures, plus de 500’000 personnes ont trouvé la mort, tandis que les centres de détention entretiennent l’abomination qu’est la torture, et la communauté internationale se contente de s’étonner !!! Pire encore, cette communauté semble aujourd’hui oeuvrer pour rendre sa légitimité au régime Assad afin de le maintenir à la tête de la Syrie.

A l’occasion de cette commémoration, nous Syriennes et Syriens, dénonçons les bombardements des forces d’Assad et ses alliés qui continuent à sévir à al-Ghouta de Damas et ailleurs en Syrie, ceci malgré la désescalade officielle, organisée et surveillée par la Russie. Nous réaffirmons également notre refus du maintien du régime Assad, responsable des massacres chimiques et de bien d’autres crimes, dans le cadre de toute transition ou toute solution politique pour l’avenir de la Syrie. Nous rappelons également les revendications du peuple syrien, celles d’une paix juste, fondée sur le jugement de tous les responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, celles de liberté, de dignité et de démocratie, ceci dans le cadre d’un état de droit basé sur la citoyenneté.

Vive la révolution Syrienne et vive le peuple syrien qui fait face à une tyrannie hors norme et à toutes sortes d’interventions militaires étrangères sur le territoire syrien.

Organisé par: la diaspora syrienne avec l’initiative de FemmeS pour la Démocratie et Solidarity Organisation for Syria
Soutenu par: Mouvement pour le socialisme, http://www.alencontre.org, La Brèche et SolidaritéS

Venez habillés en jaune ou en noir si possible.

Pour plus d’information: https://www.facebook.com/events/1239222229540959/

Mobilisation à l’occasion de Genève 6

« La Russie et l’Iran, criminels de guerre, ne peuvent pas être les garants de la paix en Syrie! » a été le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 17.05.2017, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une trentaine de personnes. Plusieurs militants et militantes suisses se sont joints au rassemblement. Plusieurs membres de la délégation de l’opposition syrienne étaient également présents. Le rassemblement  a débuté par une minute de silence à la mémoire des victimes du régime syrien, de ses alliés, des frappes de la coalition internationale, de Daech et de ses semblables.

Rassemblement à l’occasion de Genève 6 le 17 mai 2017

 Les activistes qui ont pris la parole ont rappelé

qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad

– qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix alors qu’ils sont deux pays agresseurs et même envahisseurs 

– qu’il n’y pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. 

que l’avenir en Syrie se fera avec une transition politique et sans le régime Assad.

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie et au départ de toutes les forces étrangères de Syrie.

Farah Atassi, membre de la délégation de l’opposition syrienne aux négociations,  a dénoncé les manoeuvres du régime syrien qui tente d’ effectuer un changement démographique en Syrie en forçant la population des régions assiégées à se déplacer vers Idlib au nord de la Syrie. Elle a informé la diaspora que l’opposition aborde ce dossier très grave dans le cadre des négociations de Genève 6.

Hind Kabawat, membre de la délégation de l’opposition syrienne aux négociations, a dénoncé quant à elle le silence de la communauté internationale face à la souffrance extrême que les Syriens subissent.

Les chants de la révolution ont accompagné la fin du rassemblement.

Plusieurs médias étaient présents.

FSD

De l’implication probable du régime syrien et du Croissant Rouge syrien dans l’explosion d’une voiture piégée à Al-Rachidine le 15.4.2017

Le 15.04.2017, l’explosion d’une voiture piégée dans la région d’Al-Rachidine à l’ouest d’Alep, qui est sous contrôle de l’opposition, a conduit à la mort de plus de cent vingt cinq personnes, dont plus de 60 enfants, parmi les habitants des deux localités chiites de la région d’Idleb, Kafraya et al-Fouaa, en déplacement forcé vers les régions du régime. Ce déplacement, forcé, se faisait en contre-partie du déplacement forcé des habitants de deux localités soulevées de la région de Damas, Madaya et al-Zabadani, qui devaient eux rejoindre Idleb, région sous contrôle de l’opposition. Les deux convois devaient obligatoirement passer par la région al-Rachidine. Plusieurs journalistes libres, activistes et combattants de l’opposition étaient dès lors présents lors de l’ explosion et les témoignages sur les détails sont nombreux. Les civils blessés ont été soignés par les équipes médicales présentes dans les régions libérées du régime syrien.
Le régime a d’emblée accusé le groupe armé d’Ahrar Al-Cham qui a démenti aussitôt. Certains sites web avancent que Hai’at Tahrir Al-Cham (Jabhat al-Nosra) serait à l’origine de l’explosion. On notera toutefois que plusieurs membres de ce groupe extrémiste étaient présents à l’endroit de l’explosion et que certains y ont perdu la vie.
Zamane al-Wassel (un site d’information de l’opposition) a de son côté publié des témoignages des survivants de l’explosion de ces deux localités (Kafraya et al-Fouaa) qui concordent avec les informations des journalistes et activistes présents. Selon ces informations, la voiture piégée serait l’une des voitures du convoi humanitaire qui a été organisé en collaboration avec le Croissant Rouge à Alep (région sous contrôle du régime). Sur les réseaux sociaux l’émoi des journalistes et des activistes présents est visible et les photos montrent leur implication pour secourir les blessés. Une interview avec l’un d’eux a paru sur le site de CNN. De même, les combattants de l’opposition présents sur les lieux ont largement participé aux opérations de sauvetage.
Plus étonnant est le comportement des membres du Croissant Rouge. On se serait attendu à ce qu’ils restent sur les lieux et participent au sauvetage, mais pas du tout. Selon un activiste de terrain, ils auraient fui les lieux juste avant l’explosion et ils auraient attendu 30 minutes avant de quitter leur abri (témoignage audio  de l’activiste Fead Abo Rass en arabe) .

 

                                Photo de l’activiste Fead Abo Rass avant l’explosion

 

                                  Photo de l’activiste Fead Abo Rass après l’explosion

S’y ajoute le fait que les pages officielles du régime sur la toile avaient annoncé l’envoi de convois en collaboration avec le Croissant Rouge pour acheminer de l’aide humanitaire aux civils de Kafraya et al-Foua en route pour leur destination finale, comme pour attirer le chaland. Bizarrement, ces annonces ont disparus immédiatement après l’explosion (voir l’article de alsouria.net). Ceci ne peut qu’inciter à la réflexion: le régime serait-il la main invisible de l’explosion, pour remettre en avant le prétendu « terrorisme » dans les régions libérées?

Remarquons que depuis le début de la révolution le régime syrien ne cesse de multiplier les mensonges et les manipulations pour tenter de faire avorter la révolution syrienne.

Cet événement jette aussi un nouveau doute sur la neutralité de certains chapitres du Croissant Rouge Arabe Syrien (CRAS). Nous invitons le lecteur intéressé à consulter l’article traduit par FSD à ce sujet (Le Croissant Rouge et le régime Assad).

Le Croissant Rouge et le régime Assad

Bien des doutes planent sur la relation entre le Croissant Rouge Arabe Syrien, qui devrait rester complètement neutre, et le gouvernement syrien. Il est intéressant de rappeler ici la déclaration de Peter Maurer -Président du CICR- à Swissinfo à ce sujet, en 2012 suite à sa visite à Damas :
«Le Croissant-rouge est peut-être à Damas plus proche du gouvernement, il peut être ailleurs plus proche des besoins de la population. Le dialogue entretenu depuis deux ans a permis d’établir une situation de confiance et dans des endroits nous pouvons agir seul, sans accompagnateur du Croissant Rouge syrien. Mais rien n’est parfait. ».
Il est aussi intéressant de mentionner le témoignage de Majd al-Dik, ancien membre du Croissant Rouge à Douma et auteur du livre « A l’Est de Damas », à ce sujet:
« Les groupes humanitaires basés à Damas ne parviennent pas à traverser ces lignes. Ils sont obligés de passer par le Croissant Rouge, inféodé au régime. Son bureau à Douma a été fermé le jour même où les révolutionnaires ont pris la ville. Certains volontaires sont cependant restés pour respecter leur serment. Mais ils ne reçoivent plus de médicaments. Le dernier convoi qui leur était destiné a été bombardé par le régime. »
A Homs, au début de la révolution, le Croissant Rouge répondait en effet aux besoins de la population, spécialement pour apporter les secours médicaux aux blessés, en conséquence plusieurs ambulances ont essuyé des tirs des forces du régime, par exemple l’ambulance ciblée à al-Hamidyeh le 07.09.2011 qui a conduit au décès du secouriste Hakam Drak-Sibai.

Pour apporter d’autres témoignages à ce sujet, FSD a traduit de l’arabe un article publié sur le site alsouria.net, site proche de la révolution syrienne.

Le 27 décembre 2016, Khaled Hboubati, un homme d’affaire proche du régime et externe à l’organisation, a été nommé comme président du CRAS pour remplacer Dr Abd al-Rahman Attar. Pour pouvoir effectuer cette nomination le règlement interne de l’organisation a dû être modifié en dernière minute, une méthode qui n’est pas sans ressemblance avec la nomination de Bachar al-Assad.

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Bras invisible des Moukhabarat en Syrie, à l’intérieur du Croissant Rouge:

comment la direction de l’organisation contribue à l’arrestation des déplacés

Par Karam Mansour, article du 09.11.2016

Source en arabe: alsouria.net

Camion d’aide humanitaire du CRAS dans une région sous le contrôle du régime

Wissam (24 ans), un des volontaires du Croissant Rouge Arabe Syrien (CRAS), entre à l’Hôtel Carlton à Damas pour suivre une session de formation pour le programme Concorde pour l’archivage des données. Cette formation est organisée par le CRAS à l’intention de ses bénévoles.

L’atelier a été suivi par des bénévoles et des employés de l’organisation dans la capitale syrienne. Les participants y apprenaient comment utiliser les formulaires du programme pour l’archivage des données, comment enregistrer les informations concernant les bénéficiaires de l’aide humanitaire et celles des volontaires, ainsi que les méthodes de stockage des données et comment les envoyer aux sections concernées.

Ces ateliers de formation d’une semaine sont organisés dans les hôtels les plus luxueux de Damas et ils sont offerts aux bénévoles du CRAS. Ils sont supportés financièrement par le CRAS. La gestion de ces ateliers a soulevé et soulève encore beaucoup de questions aussi bien sur leur importance, que sur la nécessité de les organiser dans ces hôtels luxueux.

« ALSOURIA.net » à Damas a interrogé un certain nombre de participants à ces ateliers, dit Amani (pseudonyme): “le CRAS organise ces cours régulièrement, ceci constitue un bénéfice pour beaucoup de bénévoles qui séjournent alors dans l’hôtel le plus luxueux de la capitale qui leur offre les meilleurs services et tout cela à la charge du CRAS, de sorte que ces cours sont devenus un outil de favoritisme et il faut être pistonné pour y accéder, surtout avec la crise économique qui sévit en Syrie « .

Elle ajoute: «Tous les volontaires sont en lice pour une place dans ces cours et l’intérêt de la formation n’est pas le premier objectif, qui est de passer une semaine complète aux frais du CRAS dans l’hôtel le plus luxueux de la capitale. »

Buts cachés
Wissam s’étonne que ces cours aient lieu dans des endroits de luxe qui coûtent environ mille dollars par jour pour la location des salles de formation, tandis que les salles des locaux du CRAS, qui sont entièrement équipées pour accueillir ce genre de conférences et de cours, restent inutilisées.

« ALSOURIA.net » a mené une enquête pour comprendre le mécanisme de l’organisation de ces ateliers, et la raison de faire la formation des volontaires à l’extérieur des locaux du CRAS, ceci malgré la misère terrible dont souffre le pays. Lors de cette enquête des sources spéciales du CRAS ont affirmé que plusieurs raisons sont à l’origine de ces choix organisationnels:
“L’organisation de ces ateliers en dehors des locaux du CRAS nécessite l’approbation de la direction pour chaque bénévole. Ainsi la direction peut refuser la participation à certains de ces bénévoles. Selon des informations croisées provenant de plusieurs bénévoles, ces ateliers sont utilisés comme couverture pour un grand nombre d’opérations de détournements de fonds, afin de ne pas éveiller les soupçons.”

Selon des sources privées, qui ont informé « ALSOURIA.net» et qui ont demandé l’anonymat pour leur sécurité, un appel d’offres a été lancé pour l’achat d’un programme pour archiver les données du CRAS et c’est la société Concord qui a été finalement sélectionnée pour le fournir.
Certaines informations indiquent que Abd al-Rahman Attar, responsable du CRAS, détient 60% de la société « Concord » qui contribue au traitement des données et à l’archivage du CRAS. Ces informations ont été suivies par d’autres, confiées par des membres du CRAS, affirmant que a plupart de ces ateliers ont lieu à l’Hôtel Carlton, qui appartient à Attar.

Le programme fourni par Concord est distribué à toutes les branches et à tous les points du CRAS en Syrie, en plus des dispensaires mobiles exploités par le CRAS dans les zones rurales qui se trouvent sous le contrôle du régime.

Informations pour le « service de renseignement »
Jamal, 28 ans, ambulancier paramédical dans un dispensaire mobile du CRAS à Damas-campagne, qui se déplace dans un certain nombre de villes et de régions qui sont sous le contrôle du régime, dit: «On nous a demandé depuis le début de l’année d’enregistrer toutes les données nous concernant (adresse, études, n° de téléphone et degré de formation) via le programme Concorde ».

Il ajoute « il a aussi été demandé aux volontaires de conserver des données précises sur les bénéficiaires des services du CRAS, ainsi que de recueillir suffisamment d’informations sur toutes les familles que nous visitons, dont le nombre de membres de la famille, leurs allées et venues, les zones qu’ils ont fuit et le travail de chacun d’entre eux. »

Jamal conclut: «Dorénavant toutes les informations sur les personnes déplacées sont stockées sur ce programme, et tandis que beaucoup de familles ne divulguent pas d’informations précises aux institutions sécuritaires, ni aux agents du recensement officiel par crainte de poursuites sécuritaires, elles donnent très volontiers tous les détails de leur vie aux bénévoles du CRAS, afin d’obtenir de l’aide humanitaire.  »

Nous avons poursuivi nos recherches qui nous ont conduits au service des données et des statistiques au sein du CRAS. Nous avons alors découvert que l’ensemble de ces données sont stockées sur les serveurs de l’organisation et ensuite stockées dans une section spéciale appartenant aux services de sécurité , à disposition en cas de demande d’information.
Des informations croisées à partir de plusieurs sources parmi les membres du CRAS indiquent que de nombreuses arrestations des employés/ bénévoles du CRAS ont eu lieu. En effet, les forces de sécurité du régime surveillent l’activité du bénévole avant de l’ arrêter pendant une mission qui lui a été confiée, ceci en utilisant les données enregistrées par le CRAS.

« ALSOURIA.net » a rencontré trois des volontaires qui avaient démissionné à cause de l’intrusion des forces de sécurité dans le travail du CRAS et de la mainmise de ces forces sur toutes les données recueillies par l’organisation, qui devraient rester la propriété de l’organisation, qui prétend être une organisation neutre, indépendante et impartiale dans son travail.

Le dysfonctionnement du CRAS dans les régions sous le contrôle du régime ne se limite pas aux arrestations rendues possibles par les données mises à disposition des services de renseignement. Il s’y ajoute également les circulaires internes émises par Abd al-Rahman Attar interdisant de donner des certificats de travail et d’expérience aux volontaires du CRAS sans l’approbation personnelle et préalable d’Attar, privant ainsi des centaines de personnes de certificats d’expérience, alors qu’ils se sont portés volontaires pour des motifs humanitaires. Ces personnes finissent par renoncer à leur engagement humanitaire au sein du CRAS à cause de l’intrusion de l’organisme sécuritaire.

Restrictions autour des bénévoles
Ahmed, 28 ans, dit à « ALSOURIA.net»: Je me suis engagé au CRAS à Damas depuis 2011 car je désirais aider les personnes touchées, qui sont dans le besoin, qui ont commencé à quitter leurs villes ou leurs villages suite à la répression violente du régime. Trois mois après, j’ai été renvoyé car mon compte Facebook a été surveillé et mes écrits sur mon mur ont été photographiés, et j’ai donc été accusé de ne pas être neutre ».

Il ajoute: «Mon renvoi de l’organisation a conduit à ce que mon nom figure sur les listes noires du CRAS. Pour cette raison l’organisation n’a pas voulu émettre des certificats pour les cours que j’ai suivi, ni pour mes activités. Je n’ai même pas pu obtenir une attestation qui certifie l’expérience développée pendant mon bénévolat, pour des raisons « sécuritaires » liées à mon avis politique. »

Le magazine britannique « New Internationalist » avait d’ailleurs critiqué de son côté l’étroite relation entre la tête du CRAS, Abd al-Rahman Attar, et la tête du régime de Bachar al-Assad. Par ailleurs, certains membres de la commission parlementaire britannique sur les affaires syriennes ont demandé à leur gouvernement de procéder à un « examen sérieux » des moyens utilisés pour acheminer l’aide humanitaire en Syrie.

La famille du président du CRAS, Abd al-Rahman Attar, possède des intérêts et d’énormes monopoles économiques en Syrie, en commençant par le secteur pharmaceutique, les services bancaires et le tourisme, et dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie.

La famille Attar détient également des agences commerciales et industrielles, représentant les intérêts d’ entreprises et de banques non-syriennes, comme « Novartis » et «Roche » de l’industrie pharmaceutique suisse, les banques « Bemo » et « la Syrie et le Golfe », la compagnie « United Insurance » et de nombreuses entreprises de change.

Attar représente également le groupe hôtelier Carlton, la compagnie aérienne Alitalia, Sony Ericsson, et IBM pour la technologie.

Le magazine britannique avait souligné que « un tel succès commercial en Syrie ne peut provenir que d’opérations illégales, mais qu’une relation très forte doit exister entre les commerçants et l’Etat pour en assurer le succès. »

Le magazine avait cité également des militants syriens au Canada qui avaient accusé Attar, qui détient d’ailleurs la citoyenneté canadienne, d’avoir permis aux services de renseignement syriens d’utiliser ses locaux commerciaux comme centres pour torturer des détenus syriens.

Le CRAS a fermement démenti ces «allégations» et a dit que ces dernières « offensent les équipes de volontaires du Croissant-Rouge qui fournissent une aide humanitaire à tous les Syriens quelle que soit leur religion, leur appartenance ethnique et leur appartenance politique.