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De la Ghouta à Raqqa

Il y a quatre ans, le régime syrien lançait une attaque chimique sur la Ghouta de Damas qui faisait plus de 1400 victimes. Comme ça, d’un coup, en une nuit, des familles entières, des villages entiers, anéantis, sans aucune trace de sang. A l’époque, beaucoup ont appelé à une intervention internationales, pour qu’enfin cesse le bain de sang. N’avait-on pas annoncé que l’utilisation des armes chimiques serait une ligne rouge? On en voyait enfin le bout! Mais 2013 n’a pas été que l’année du premier massacre chimique conséquent, elle a également été l’année où nous avons cessé de croire aux lignes rouges, aux droits de l’Homme et aux institutions internationales, pour ceux d’entre nous qui avaient la naïveté d’encore y croire.

Commémoration à Genève du massacre chimique à al-Ghouta de Damas le 21.08.2013

La réaction a tout d’abord été de rassurer Bachar, si frappes il y avait, elles seraient ciblées. Puis un compromis a été trouvé! Nous n’avons pas besoin d’intervenir, se dirent-ils, il suffit de lui faire livrer ses armes chimiques et le problème est résolu. Le message était claire, son tord n’était pas d’avoir massacré plus de 1400 personnes dans leur sommeil autant que de l’avoir fait avec des armes interdites. Continue seulement, disaient-ils, tout est permis sauf les armes chimiques! Les années se sont écoulées et avec elle les victimes, le plus souvent d’armes conventionnelles telles que par exemple les barils TNT ou les missiles guidés.

4 ans, 174 attaques aux armes chimiques et les déboires d’une coalition anti-terroriste plus tard, intervention il y a eu. Juste pas contre le régime . Alors que des bombes internationales pleuvent sur Raqua, faisant bien plus de victimes civiles que de victimes de Daesh, et que le boucher de Damas règne en maître absolu sur ce qu’il reste de son carnage, curieusement réhabilité dans son rôle de président, on ne peut s’empêcher de se poser la question, intervention, soit, mais pour qui?

C’est l’impunité des criminels de tout bords qui alimente le terrorisme et toutes les bombes du monde n’y changeront rien, bien au contraire. C’est avec beaucoup de retenue que l’on dénonce aujourd’hui les frappes  anti-terroristes, peut-être par peur d’être accusés de soutenir le terrorisme. Mais nos pensées vont aux victimes de l’intervention  internationale comme elles vont à celle de l’inaction internationale qui l’a précédée.

Genève, le 30.08.2017

FSD

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Commémoration du 4e anniversaire du massacre chimique à al-Ghouta de Damas

Rassemblement pacifique devant l’ONU à Genève

en mémoire des 1477 victimes du massacre chimique à al-Ghouta

mercredi le 30 août de 17h30 à 18h30

Quatre ans déjà et le crime continue. Photo de LVDS

Le mois d’août marque la commémoration du massacre chimique commis par le régime syrien à al-Ghouta de Damas le 21.08.2013. Ce dernier a fait plus de 1477 victimes dont plus de 400 enfants, et plus de 6000 blessés en une seule nuit. Cette nuit-là, 16 missiles chargés de gaz sarin se sont abattus sur dix localités de la région al-Ghouta de Damas. Les secouristes et les responsables media de la région qui se sont rendus sur les lieux de l’attaque pour secourir la population et documenter les faits ont été eux-mêmes blessés ou ont trouvé la mort. Suite à cette attaque, les armes chimiques auraient été supposément retirées de Syrie ; le dictateur à sa tête est lui resté à son poste et il continue à exterminer sa population à l’aide d’un large éventail d’armes, chimiques ou conventionnelles, notamment ce même gaz sarin utilisé le 4 avril 2017 à Khan-Cheikhoun dans la banlieue de Idleb. Depuis le massacre de al-Ghouta en août 2013, l’utilisation d’armes chimiques par le régime a été documentée 174 fois sans réaction effective de la communauté internationale, ceci malgré les résolutions 2118 et 2235 du conseil de sécurité. Six ans de barbarie et la communauté internationale continue à s’étonner à chaque nouveau massacre. Plus de la moitié de la population est aujourd’hui déplacée, plus d’un million souffrent d’un handicap à la suite de blessures, plus de 500’000 personnes ont trouvé la mort, tandis que les centres de détention entretiennent l’abomination qu’est la torture, et la communauté internationale se contente de s’étonner !!! Pire encore, cette communauté semble aujourd’hui oeuvrer pour rendre sa légitimité au régime Assad afin de le maintenir à la tête de la Syrie.

A l’occasion de cette commémoration, nous Syriennes et Syriens, dénonçons les bombardements des forces d’Assad et ses alliés qui continuent à sévir à al-Ghouta de Damas et ailleurs en Syrie, ceci malgré la désescalade officielle, organisée et surveillée par la Russie. Nous réaffirmons également notre refus du maintien du régime Assad, responsable des massacres chimiques et de bien d’autres crimes, dans le cadre de toute transition ou toute solution politique pour l’avenir de la Syrie. Nous rappelons également les revendications du peuple syrien, celles d’une paix juste, fondée sur le jugement de tous les responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, celles de liberté, de dignité et de démocratie, ceci dans le cadre d’un état de droit basé sur la citoyenneté.

Vive la révolution Syrienne et vive le peuple syrien qui fait face à une tyrannie hors norme et à toutes sortes d’interventions militaires étrangères sur le territoire syrien.

Organisé par: la diaspora syrienne avec l’initiative de FemmeS pour la Démocratie et Solidarity Organisation for Syria
Soutenu par: Mouvement pour le socialisme, http://www.alencontre.org, La Brèche et SolidaritéS

Venez habillés en jaune ou en noir si possible.

Pour plus d’information: https://www.facebook.com/events/1239222229540959/

Hommage à Fadwa Suleimane, révolutionnaire syrienne d’un courage exceptionnel

Hommage à Fadwa Suleimane à Genève le 30.08.2017,.Un passage de son poème Dans l’obscurité éblouissante a été lu à cette occasion sur la place des Nations devant l’ONU.

 

Fadwa Suleimane, héroïne de la révolution syrienne pacifique, femme d’un courage hors pair, qui s’est toujours dite appartenir à l’Humanité et au pacifisme seuls, s’est éteinte le 17 août 2017, alors qu’elle luttait contre sa maladie depuis plusieurs mois.

Fadwa avait organisé des manifestations à Damas même dès le début de la révolution, puis elle a rejoint les manifestations à Homs assiégée pour démanteler par sa simple présence le Mythe du régime Assad qui visait à donner un visage fondamentaliste aux manifestants de Homs. Fadwa, femme alaouite, a été accueillie à bras ouverts à Homs où elle a animé de nombreuses manifestations avec al-Sarout. Suite à ces actions, sa vie étant en danger en Syrie, elle s’est exilée en France en 2012, mais elle a toujours porté en elle la souffrance de tout un peuple meurtri. Elle a poursuivi ses actions de militante  jusqu’au bout, sa dernière  interview date du 31 juillet 2017, deux semaines avant sa disparition.

Les funérailles de Fadwa ont eu lieu dans la région parisienne le 23 août et son corps a été enterré loin de sa patrie la Syrie (vidéo de ses funérailles en arabe et en français ici ).

Fadwa Suleimane restera pour toujours dans la mémoire du peuple syrien et de sa révolution.

 

 

Mobilisation à l’occasion de Genève 6

« La Russie et l’Iran, criminels de guerre, ne peuvent pas être les garants de la paix en Syrie! » a été le thème du rassemblement de la diaspora syrienne, le 17.05.2017, devant l’ONU à Genève, qui a réuni une trentaine de personnes. Plusieurs militants et militantes suisses se sont joints au rassemblement. Plusieurs membres de la délégation de l’opposition syrienne étaient également présents. Le rassemblement  a débuté par une minute de silence à la mémoire des victimes du régime syrien, de ses alliés, des frappes de la coalition internationale, de Daech et de ses semblables.

Rassemblement à l’occasion de Genève 6 le 17 mai 2017

 Les activistes qui ont pris la parole ont rappelé

qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec le régime Assad

– qu’il n’y a pas d’avenir pour la Syrie avec la Russie et l’Iran comme garants de la paix alors qu’ils sont deux pays agresseurs et même envahisseurs 

– qu’il n’y pas d’avenir pour la Syrie sans la justice et le jugement de tous les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. 

que l’avenir en Syrie se fera avec une transition politique et sans le régime Assad.

Ils ont aussi appelé à l’arrêt de tous les bombardements en Syrie et au départ de toutes les forces étrangères de Syrie.

Farah Atassi, membre de la délégation de l’opposition syrienne aux négociations,  a dénoncé les manoeuvres du régime syrien qui tente d’ effectuer un changement démographique en Syrie en forçant la population des régions assiégées à se déplacer vers Idlib au nord de la Syrie. Elle a informé la diaspora que l’opposition aborde ce dossier très grave dans le cadre des négociations de Genève 6.

Hind Kabawat, membre de la délégation de l’opposition syrienne aux négociations, a dénoncé quant à elle le silence de la communauté internationale face à la souffrance extrême que les Syriens subissent.

Les chants de la révolution ont accompagné la fin du rassemblement.

Plusieurs médias étaient présents.

FSD

Astana 4: négociations en terrain miné

Article traduit de l’arabe par FSD.

Astana est une nouvelle initiative de la Russie pour prolonger la survie du régime syrien!

Source:Article de Hazem al-Halabi, Syrian Press Center

Plusieurs générations arabes ont grandi à l’écoute du dossier des négociations « israélo – palestiniennes » et finalement de la feuille de route de la solution à deux Etats, qui n’a toujours pas porté ses fruits aujourd’hui. Aucun résultat qui permettrait de construire de futures étapes n’est apparu et ceci à cause de la politique de doubles standards des commanditaires de ces négociations au cours des années passées, en particulier des Etats-Unis qui les ont parrainées et qui ont réussi à convaincre les Palestiniens et les Arabes d’accepter une solution imaginaire appelée « solution à deux Etats ». Peut-être parce que les Palestiniens ont finalement pris conscience du fait qu’ils sont le maillon le plus faible, et que le système international est le protecteur d’Israël et le garant de son existence et de la sécurité au cœur du Moyen-Orient.

Aujourd’hui, les parties prenantes internationales répètent le même scénario en Syrie, avec la différence fondamentale que le conflit en Syrie est un soulèvement populaire contre la tyrannie du régime en place, pour la liberté et la dignité. Mais après les nombreuses interventions délibérées des puissances internationales, défendant chacune ses intérêts dans la région, les ficelles se sont emmêlées et la cause s’est internationalisée, et elle a débordé du contexte local syrien, initialement confiné entre le régime et son opposition. Un nouvel acteur international, la Russie, en fait partie prenante du conflit depuis le début et principal soutien du régime syrien, s’est soudain propulsée sur le devant de la scène et s’est auto-proclamée parrain principal du dossier des négociations de paix en Syrie.

La mascarade des négociations:

La Russie a réussi à créer de toutes pièces les négociations d’Astana, qui se sont transformées en une “série” à épisodes multiples. Aujourd’hui, nous sommes au quatrième épisode de cette série, et la dernière nouveauté apparue c’est l’idée russe d’établir des zones « calmes », ou zones d’ « atténuation du conflit » et non pas des zones de sécurité comme proposé récemment par l’administration américaine. Malheureusement la proposition russe est minée par des ambigüités qui rendront son application sur le terrain très difficile, et qui laissent la porte ouverte à différentes interprétations, surtout en instituant l’Iran, Etat envahisseur de la Syrie, comme garant de l’accord de cessez-le-feu.

Le point commun entre le dossier palestinien et le dossier syrien c’est la politique de doubles standards appliquée par les parties qui parrainent les négociations. La discussion sur le retour d’Israël aux frontières de 1967 n’est pas finie à ce jour vu l’intransigeance israélienne persistante et le parti pris américain. Et à Astana, aujourd’hui, la délégation de l’opposition syrienne appelle au retrait des forces du régime syrien sur ses positions au 30 décembre 2016. Autrement dit, la délégation demande que les forces du régime se retirent vers les zones qui étaient sous son contrôle lors de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu orchestré par la Russie avec l’Iran et la Turquie, et qui a conduit aux quatre épisodes d’Astana. L’opposition est bien consciente des manoeuvres du régime syrien et de la Russie pour profiter de la trêve pour grignoter à nouveau des territoires libérés, comme cela s’est passé lors du dernier accord.

Pourquoi la Russie a-t-elle proposé des zones d’atténuation de conflit?

Il semble que la Russie a pris conscience d’un changement de ton récent du discours américain en vue de trouver une solution au conflit en Syrie, en parallèle avec ce que les Etats-Unis appellent la « lutte contre le terrorisme » en Syrie, et l’imposition de zones de sécurité pour les civils syriens pour les mettre à l’abri du conflit. Les États-Unis ayant commencé à mettre la pression sur le dossier, côtés politique et militaire, la Russie s’est soudainement agitée et pour tenter de reprendre la main, a appelé à atténuer le conflit et à mettre en place des zones “sécurisées”, alors même que les avions russes continuaient à bombarder les hôpitaux, les infrastructures et les équipements publics, ce qui a conduit à la mise hors service définitive de sept hôpitaux à Idlib quelques jours plus tôt.

Négociations minées:

La Russie et les pays de la région, l’Iran et la Turquie, principaux acteurs des combats militaires sur le terrain, sont aussi non seulement les commanditaires et les parrains de l’accord mais encore les garants de son application. Ce qui est ironique dans l’histoire c’est de considérer l’Iran comme un Etat garant du cessez-le-feu alors même que l’Iran envoie des milices sectaires iraniennes pour lutter contre le peuple syrien depuis le début de la révolution et persiste jusqu’à ce jour. C’est une grande farce que de demander à l’Iran d’envoyer des forces d’interposition entre les forces de l’opposition et celles du régime, alors que les forces iraniennes sont présentes sur le terrain syrien dans les rangs du régime. Un tel accord donne aux « forces d’interposition » iraniennes l’occasion de protéger ses propres lignes, avant de fonctionner comme des bombes à retardement dans les zones sous contrôle de l’opposition. De plus, l’Iran est un État voyou qui ne respecte ni les conventions internationales, ni ses promesses.

Le dossier des détenus syriens dans les prisons du régime mériterait à lui seul des négociations et une conférence spéciale pour le résoudre. Le régime syrien et les Russes continuent à l’utiliser comme moyen de pression sur l’opposition pour obtenir des concessions. En particulier, aujourd’hui à Astana 4, pour liguer les groupes armés de l’opposition les uns contre les autres dans le cadre d’une prétendue orchestration de la lutte « anti-terroriste »..

La Russie prétend vouloir parvenir à un cessez-le-feu complet en Syrie, pour ensuite passer au dossier politique et aux négociations réelles, après avoir préparé le terrain pour cela. En réalité, elle essaie d’imposer un cessez-le-feu propice à la survie du régime syrien et en même temps d’ affaiblir les forces de l’opposition pour jeter les bases de la division future du pays.

Depuis 2012, la communauté internationale a décrit la guerre syrienne comme étant «la tragédie du siècle», sans pour autant lui trouver une solution. Pire, alors que des atrocités abominables se reproduisent encore et encore, elle ne fait que répéter inlassablement sa condamnation des crimes commis. En conséquence la crise syrienne pourrait bien rester piégée encore longtemps, au bon vouloir de la Russie et au gré des feuilletons d’ASTANA.

SPC- Hazem al-Halabi

Après Alep-Est, la Russie bombarde les hôpitaux d’Idlib

Depuis début avril, l’aviation russe intensifie les bombardements sur Idlib et cible en particulier les hôpitaux et les ambulances. Après Alep-Est, c’est le tour d’Idlib?

FSD traduit un article de l’arabe publié sur le site du Syrian Press Center.

                 

Hôpitaux et ambulances sont ciblés à Idlib, avril 2016

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La Russie multiplie les crimes de guerre en Syrie, quelle est la position de l’ONU face à ça?

Source: Syrian Press Center

Article de Samer ACHKAR, publié le 27.04.2017

Il n’y a pas que les armes chimiques qui tuent les civils dans les zones libérées, mais aussi les différents types d’ armes classiques.

La Russie, principal allié du régime syrien et sa complice dans la tuerie des Syriens, a annoncé après la frappe américaine de l’aéroport militaire syrien al-Choeirate qu’elle continuerait son soutien militaire au régime. Effectivement, les raids aériens se sont intensifiés dans les zones libérées du nord depuis le 6 avril 2017, ciblant en particulier des installations médicales vitales et les organisations d’aide d’urgence, ceci pour empêcher les habitants d’accéder aux soins médicaux après que l’ aviation ait commis les pires massacres contre eux.

Pour punir les civils des zones libérées suite à la frappe américaine, la Russie a complété sa politique de destruction de toutes les structures sanitaires dans ces zones, pour ensuite massacrer les civils qui se trouvent alors sans aucun moyen de sauver leurs blessés. Cette politique russe constitue ainsi l’une des plus graves violations du droit international et l’un des crimes de guerre les plus odieux. Apparemment ces crimes n’arrivent même pas à secouer la conscience ensommeillée de la communauté internationale!

Dans une déclaration spéciale pour le Syrian Press Center concernant les derniers développements dans les violations internationales de la Russie en Syrie, « Ahmed Aldbeis » Directeur du centre médical al-Salama de l’UOSSM, a déclaré:
« La situation médicale en Syrie se dirige vers une catastrophe humanitaire en raison du ciblage systématique des hôpitaux et des centres médicaux, ainsi que des réseaux d’ambulances. Plus de 500 milles personnes ont déjà été privées de services médicaux en raison du ciblage des hôpitaux et des points médicaux qui a conduit à l’arrêt complet des services de 8 hôpitaux à Hama et à Idlib au cours de ce seul mois d’Avril ». Ajoutant à cela « l’escalade militaire russe constitue un crime contre l’humanité, car les raids russes ciblent exactement les centres de santé qui fournissent des services médicaux aux citoyens en général. Ce genre de service constitue l’un des droits de l’homme les plus basiques dans les circonstances les plus difficiles. »

L’ intensification des bombardements russes dans les zones libérées a commencé au début de ce mois d’avril avec le ciblage de l’hôpital central de la ville de Maart-al-Nou’man qui a conduit à l’arrêt des services de cet hôpital qui traitait plus de 8000 cas médicaux par mois. Ensuite c’est l’hôpital al-Rahma dans la ville de Khan Shaikhoun qui a été ciblé juste après le massacre chimique qui a eu lieu dans cette ville le 4 avril. Ce même hôpital a été la cible des bombardements russes une nouvelle fois le 16 avril, ce qui a conduit à l’arrêt complet de ses services. Le 17 avril c’est l’hôpital al-Ikhlass dans le village Shannan au Mont al-Zaouia qui a également été la cible des avions russes. Le 23 avril c’est le centre hospitalier de Hama, près du village Abdeen dans la région sud d’Idlib-campagne, qui a été ciblé avec des bombes anti-bunker. Ensuite ce fût le tour de l’hôpital Walid Hassino pour la chirurgie, à Kafr Takharim, près de la frontière turque. Le ciblage de ce dernier hôpital a eu lieu une heure après le massacre d’ al-Doeila, localité située à proximité de cet hôpital, dans le but de priver les blessés d’accès aux soins.

Le jeudi 27 avril, l’aviation russe a visé l’hôpital Al-Lataminah dans la campagne nord de Hama, ainsi que l’hôpital universitaire situé à l’est de la ville de Maart-al-Nou’man conduisant ainsi à l’ arrêt définitif de leurs services. Trois des blessés en cours de traitement à l’hôpital universitaire ont trouvé la mort, dont une petite fille.

Le ciblage des hôpitaux et des civils n’a pas semblé suffisant à l’aviation russe qui a visé, jeudi 27 avril, les ambulances de plusieurs organisations médicales « SAMS », « SEMA » et « CHAM » lorsqu’elles étaient en mission de sauvetage dans la ville de Maar-Zita pour évacuer les victimes du massacre commis par des avions russes, le matin même, contre les camps de la ville. Plusieurs ambulanciers paramédicaux et conducteurs ont trouvé la mort ou ont été blessés, dont on connaît à ce jour: Yusuf SUTL, Saleh RAHMOUN de “SAMS”, Majid Al-«Omar, Abou Omar SULEIMAN de « CHAM ».

Aldbeis ajoute:
« Nous, en tant qu’organisations humanitaires dans le domaine médical actives à l’intérieur de la Syrie, nous veillons à documenter les violations commises et nous transmettons nos rapports aux Nations Unies et aux organisations internationales concernées, qui, à leur tour les transmettent aux organes décisionnels au sein de la communauté internationale, mais malheureusement sans aucun résultat. Car il n’y a toujours aucune décision, de la part de la communauté internationale, qui est en mesure de stopper les exactions de la Russie et ses violations des droits de l’homme en Syrie ».

Ainsi, tous les massacres commis par l’aviation russe contre les Syriens depuis le début de son intervention militaire en Septembre 2015 échappent à de toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU grâce au droit de veto de la Russie. Aujourd’hui, le monde tout entier reste les bras croisés devant la politique d’exactions russe dans les provinces d’Idlib et de Hama, qui vise à supprimer toutes les installations vitales au service des habitants, tout comme elle l’avait fait auparavant à Alep-Est, région voisine d’Idlib, à la fin de l’année 2016!

De l’implication probable du régime syrien et du Croissant Rouge syrien dans l’explosion d’une voiture piégée à Al-Rachidine le 15.4.2017

Le 15.04.2017, l’explosion d’une voiture piégée dans la région d’Al-Rachidine à l’ouest d’Alep, qui est sous contrôle de l’opposition, a conduit à la mort de plus de cent vingt cinq personnes, dont plus de 60 enfants, parmi les habitants des deux localités chiites de la région d’Idleb, Kafraya et al-Fouaa, en déplacement forcé vers les régions du régime. Ce déplacement, forcé, se faisait en contre-partie du déplacement forcé des habitants de deux localités soulevées de la région de Damas, Madaya et al-Zabadani, qui devaient eux rejoindre Idleb, région sous contrôle de l’opposition. Les deux convois devaient obligatoirement passer par la région al-Rachidine. Plusieurs journalistes libres, activistes et combattants de l’opposition étaient dès lors présents lors de l’ explosion et les témoignages sur les détails sont nombreux. Les civils blessés ont été soignés par les équipes médicales présentes dans les régions libérées du régime syrien.
Le régime a d’emblée accusé le groupe armé d’Ahrar Al-Cham qui a démenti aussitôt. Certains sites web avancent que Hai’at Tahrir Al-Cham (Jabhat al-Nosra) serait à l’origine de l’explosion. On notera toutefois que plusieurs membres de ce groupe extrémiste étaient présents à l’endroit de l’explosion et que certains y ont perdu la vie.
Zamane al-Wassel (un site d’information de l’opposition) a de son côté publié des témoignages des survivants de l’explosion de ces deux localités (Kafraya et al-Fouaa) qui concordent avec les informations des journalistes et activistes présents. Selon ces informations, la voiture piégée serait l’une des voitures du convoi humanitaire qui a été organisé en collaboration avec le Croissant Rouge à Alep (région sous contrôle du régime). Sur les réseaux sociaux l’émoi des journalistes et des activistes présents est visible et les photos montrent leur implication pour secourir les blessés. Une interview avec l’un d’eux a paru sur le site de CNN. De même, les combattants de l’opposition présents sur les lieux ont largement participé aux opérations de sauvetage.
Plus étonnant est le comportement des membres du Croissant Rouge. On se serait attendu à ce qu’ils restent sur les lieux et participent au sauvetage, mais pas du tout. Selon un activiste de terrain, ils auraient fui les lieux juste avant l’explosion et ils auraient attendu 30 minutes avant de quitter leur abri (témoignage audio  de l’activiste Fead Abo Rass en arabe) .

 

                                Photo de l’activiste Fead Abo Rass avant l’explosion

 

                                  Photo de l’activiste Fead Abo Rass après l’explosion

S’y ajoute le fait que les pages officielles du régime sur la toile avaient annoncé l’envoi de convois en collaboration avec le Croissant Rouge pour acheminer de l’aide humanitaire aux civils de Kafraya et al-Foua en route pour leur destination finale, comme pour attirer le chaland. Bizarrement, ces annonces ont disparus immédiatement après l’explosion (voir l’article de alsouria.net). Ceci ne peut qu’inciter à la réflexion: le régime serait-il la main invisible de l’explosion, pour remettre en avant le prétendu « terrorisme » dans les régions libérées?

Remarquons que depuis le début de la révolution le régime syrien ne cesse de multiplier les mensonges et les manipulations pour tenter de faire avorter la révolution syrienne.

Cet événement jette aussi un nouveau doute sur la neutralité de certains chapitres du Croissant Rouge Arabe Syrien (CRAS). Nous invitons le lecteur intéressé à consulter l’article traduit par FSD à ce sujet (Le Croissant Rouge et le régime Assad).

Le Croissant Rouge et le régime Assad

Bien des doutes planent sur la relation entre le Croissant Rouge Arabe Syrien, qui devrait rester complètement neutre, et le gouvernement syrien. Il est intéressant de rappeler ici la déclaration de Peter Maurer -Président du CICR- à Swissinfo à ce sujet, en 2012 suite à sa visite à Damas :
«Le Croissant-rouge est peut-être à Damas plus proche du gouvernement, il peut être ailleurs plus proche des besoins de la population. Le dialogue entretenu depuis deux ans a permis d’établir une situation de confiance et dans des endroits nous pouvons agir seul, sans accompagnateur du Croissant Rouge syrien. Mais rien n’est parfait. ».
Il est aussi intéressant de mentionner le témoignage de Majd al-Dik, ancien membre du Croissant Rouge à Douma et auteur du livre « A l’Est de Damas », à ce sujet:
« Les groupes humanitaires basés à Damas ne parviennent pas à traverser ces lignes. Ils sont obligés de passer par le Croissant Rouge, inféodé au régime. Son bureau à Douma a été fermé le jour même où les révolutionnaires ont pris la ville. Certains volontaires sont cependant restés pour respecter leur serment. Mais ils ne reçoivent plus de médicaments. Le dernier convoi qui leur était destiné a été bombardé par le régime. »
A Homs, au début de la révolution, le Croissant Rouge répondait en effet aux besoins de la population, spécialement pour apporter les secours médicaux aux blessés, en conséquence plusieurs ambulances ont essuyé des tirs des forces du régime, par exemple l’ambulance ciblée à al-Hamidyeh le 07.09.2011 qui a conduit au décès du secouriste Hakam Drak-Sibai.

Pour apporter d’autres témoignages à ce sujet, FSD a traduit de l’arabe un article publié sur le site alsouria.net, site proche de la révolution syrienne.

Le 27 décembre 2016, Khaled Hboubati, un homme d’affaire proche du régime et externe à l’organisation, a été nommé comme président du CRAS pour remplacer Dr Abd al-Rahman Attar. Pour pouvoir effectuer cette nomination le règlement interne de l’organisation a dû être modifié en dernière minute, une méthode qui n’est pas sans ressemblance avec la nomination de Bachar al-Assad.

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Bras invisible des Moukhabarat en Syrie, à l’intérieur du Croissant Rouge:

comment la direction de l’organisation contribue à l’arrestation des déplacés

Par Karam Mansour, article du 09.11.2016

Source en arabe: alsouria.net

Camion d’aide humanitaire du CRAS dans une région sous le contrôle du régime

Wissam (24 ans), un des volontaires du Croissant Rouge Arabe Syrien (CRAS), entre à l’Hôtel Carlton à Damas pour suivre une session de formation pour le programme Concorde pour l’archivage des données. Cette formation est organisée par le CRAS à l’intention de ses bénévoles.

L’atelier a été suivi par des bénévoles et des employés de l’organisation dans la capitale syrienne. Les participants y apprenaient comment utiliser les formulaires du programme pour l’archivage des données, comment enregistrer les informations concernant les bénéficiaires de l’aide humanitaire et celles des volontaires, ainsi que les méthodes de stockage des données et comment les envoyer aux sections concernées.

Ces ateliers de formation d’une semaine sont organisés dans les hôtels les plus luxueux de Damas et ils sont offerts aux bénévoles du CRAS. Ils sont supportés financièrement par le CRAS. La gestion de ces ateliers a soulevé et soulève encore beaucoup de questions aussi bien sur leur importance, que sur la nécessité de les organiser dans ces hôtels luxueux.

« ALSOURIA.net » à Damas a interrogé un certain nombre de participants à ces ateliers, dit Amani (pseudonyme): “le CRAS organise ces cours régulièrement, ceci constitue un bénéfice pour beaucoup de bénévoles qui séjournent alors dans l’hôtel le plus luxueux de la capitale qui leur offre les meilleurs services et tout cela à la charge du CRAS, de sorte que ces cours sont devenus un outil de favoritisme et il faut être pistonné pour y accéder, surtout avec la crise économique qui sévit en Syrie « .

Elle ajoute: «Tous les volontaires sont en lice pour une place dans ces cours et l’intérêt de la formation n’est pas le premier objectif, qui est de passer une semaine complète aux frais du CRAS dans l’hôtel le plus luxueux de la capitale. »

Buts cachés
Wissam s’étonne que ces cours aient lieu dans des endroits de luxe qui coûtent environ mille dollars par jour pour la location des salles de formation, tandis que les salles des locaux du CRAS, qui sont entièrement équipées pour accueillir ce genre de conférences et de cours, restent inutilisées.

« ALSOURIA.net » a mené une enquête pour comprendre le mécanisme de l’organisation de ces ateliers, et la raison de faire la formation des volontaires à l’extérieur des locaux du CRAS, ceci malgré la misère terrible dont souffre le pays. Lors de cette enquête des sources spéciales du CRAS ont affirmé que plusieurs raisons sont à l’origine de ces choix organisationnels:
“L’organisation de ces ateliers en dehors des locaux du CRAS nécessite l’approbation de la direction pour chaque bénévole. Ainsi la direction peut refuser la participation à certains de ces bénévoles. Selon des informations croisées provenant de plusieurs bénévoles, ces ateliers sont utilisés comme couverture pour un grand nombre d’opérations de détournements de fonds, afin de ne pas éveiller les soupçons.”

Selon des sources privées, qui ont informé « ALSOURIA.net» et qui ont demandé l’anonymat pour leur sécurité, un appel d’offres a été lancé pour l’achat d’un programme pour archiver les données du CRAS et c’est la société Concord qui a été finalement sélectionnée pour le fournir.
Certaines informations indiquent que Abd al-Rahman Attar, responsable du CRAS, détient 60% de la société « Concord » qui contribue au traitement des données et à l’archivage du CRAS. Ces informations ont été suivies par d’autres, confiées par des membres du CRAS, affirmant que a plupart de ces ateliers ont lieu à l’Hôtel Carlton, qui appartient à Attar.

Le programme fourni par Concord est distribué à toutes les branches et à tous les points du CRAS en Syrie, en plus des dispensaires mobiles exploités par le CRAS dans les zones rurales qui se trouvent sous le contrôle du régime.

Informations pour le « service de renseignement »
Jamal, 28 ans, ambulancier paramédical dans un dispensaire mobile du CRAS à Damas-campagne, qui se déplace dans un certain nombre de villes et de régions qui sont sous le contrôle du régime, dit: «On nous a demandé depuis le début de l’année d’enregistrer toutes les données nous concernant (adresse, études, n° de téléphone et degré de formation) via le programme Concorde ».

Il ajoute « il a aussi été demandé aux volontaires de conserver des données précises sur les bénéficiaires des services du CRAS, ainsi que de recueillir suffisamment d’informations sur toutes les familles que nous visitons, dont le nombre de membres de la famille, leurs allées et venues, les zones qu’ils ont fuit et le travail de chacun d’entre eux. »

Jamal conclut: «Dorénavant toutes les informations sur les personnes déplacées sont stockées sur ce programme, et tandis que beaucoup de familles ne divulguent pas d’informations précises aux institutions sécuritaires, ni aux agents du recensement officiel par crainte de poursuites sécuritaires, elles donnent très volontiers tous les détails de leur vie aux bénévoles du CRAS, afin d’obtenir de l’aide humanitaire.  »

Nous avons poursuivi nos recherches qui nous ont conduits au service des données et des statistiques au sein du CRAS. Nous avons alors découvert que l’ensemble de ces données sont stockées sur les serveurs de l’organisation et ensuite stockées dans une section spéciale appartenant aux services de sécurité , à disposition en cas de demande d’information.
Des informations croisées à partir de plusieurs sources parmi les membres du CRAS indiquent que de nombreuses arrestations des employés/ bénévoles du CRAS ont eu lieu. En effet, les forces de sécurité du régime surveillent l’activité du bénévole avant de l’ arrêter pendant une mission qui lui a été confiée, ceci en utilisant les données enregistrées par le CRAS.

« ALSOURIA.net » a rencontré trois des volontaires qui avaient démissionné à cause de l’intrusion des forces de sécurité dans le travail du CRAS et de la mainmise de ces forces sur toutes les données recueillies par l’organisation, qui devraient rester la propriété de l’organisation, qui prétend être une organisation neutre, indépendante et impartiale dans son travail.

Le dysfonctionnement du CRAS dans les régions sous le contrôle du régime ne se limite pas aux arrestations rendues possibles par les données mises à disposition des services de renseignement. Il s’y ajoute également les circulaires internes émises par Abd al-Rahman Attar interdisant de donner des certificats de travail et d’expérience aux volontaires du CRAS sans l’approbation personnelle et préalable d’Attar, privant ainsi des centaines de personnes de certificats d’expérience, alors qu’ils se sont portés volontaires pour des motifs humanitaires. Ces personnes finissent par renoncer à leur engagement humanitaire au sein du CRAS à cause de l’intrusion de l’organisme sécuritaire.

Restrictions autour des bénévoles
Ahmed, 28 ans, dit à « ALSOURIA.net»: Je me suis engagé au CRAS à Damas depuis 2011 car je désirais aider les personnes touchées, qui sont dans le besoin, qui ont commencé à quitter leurs villes ou leurs villages suite à la répression violente du régime. Trois mois après, j’ai été renvoyé car mon compte Facebook a été surveillé et mes écrits sur mon mur ont été photographiés, et j’ai donc été accusé de ne pas être neutre ».

Il ajoute: «Mon renvoi de l’organisation a conduit à ce que mon nom figure sur les listes noires du CRAS. Pour cette raison l’organisation n’a pas voulu émettre des certificats pour les cours que j’ai suivi, ni pour mes activités. Je n’ai même pas pu obtenir une attestation qui certifie l’expérience développée pendant mon bénévolat, pour des raisons « sécuritaires » liées à mon avis politique. »

Le magazine britannique « New Internationalist » avait d’ailleurs critiqué de son côté l’étroite relation entre la tête du CRAS, Abd al-Rahman Attar, et la tête du régime de Bachar al-Assad. Par ailleurs, certains membres de la commission parlementaire britannique sur les affaires syriennes ont demandé à leur gouvernement de procéder à un « examen sérieux » des moyens utilisés pour acheminer l’aide humanitaire en Syrie.

La famille du président du CRAS, Abd al-Rahman Attar, possède des intérêts et d’énormes monopoles économiques en Syrie, en commençant par le secteur pharmaceutique, les services bancaires et le tourisme, et dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie.

La famille Attar détient également des agences commerciales et industrielles, représentant les intérêts d’ entreprises et de banques non-syriennes, comme « Novartis » et «Roche » de l’industrie pharmaceutique suisse, les banques « Bemo » et « la Syrie et le Golfe », la compagnie « United Insurance » et de nombreuses entreprises de change.

Attar représente également le groupe hôtelier Carlton, la compagnie aérienne Alitalia, Sony Ericsson, et IBM pour la technologie.

Le magazine britannique avait souligné que « un tel succès commercial en Syrie ne peut provenir que d’opérations illégales, mais qu’une relation très forte doit exister entre les commerçants et l’Etat pour en assurer le succès. »

Le magazine avait cité également des militants syriens au Canada qui avaient accusé Attar, qui détient d’ailleurs la citoyenneté canadienne, d’avoir permis aux services de renseignement syriens d’utiliser ses locaux commerciaux comme centres pour torturer des détenus syriens.

Le CRAS a fermement démenti ces «allégations» et a dit que ces dernières « offensent les équipes de volontaires du Croissant-Rouge qui fournissent une aide humanitaire à tous les Syriens quelle que soit leur religion, leur appartenance ethnique et leur appartenance politique.

6 ans… la Révolution Syrienne Continue!

Appel au Rassemblement

Genève, place des Nations

jeudi 23 mars 2017, 17h30-16h30

A l’occasion du 6e anniversaire de la révolution syrienne et avec la reprise des négociations de Genève 4 pour la paix, qui réunissent les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien depuis le 23 février 2017, nous appelons à la mobilisation pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes, pour réaffirmer leurs revendications légitimes. 


Evolution depuis l’échec de Genève II et Genève III :
– Le déplacement forcé des populations des régions assiégées (régions soulevées depuis 2011) s’étend et devient une politique qui œuvre pour un changement démographique en Syrie. Les populations de ces régions sont poussées à fuir le pays ou transférées de force vers Idleb (au nord), avec la bénédiction de l’ONU. Après Darayya en septembre 2016, l’intensification des bombardements barbares russes en décembre a conduit à la destruction d’Alep-Est et au déplacement forcé de ses habitants vers Idleb. En janvier 2017 ce fut le tour de Wadi Barada (région de Damas) et récemment celui du quartier al-Waer à Homs.
– Un accord de cessez-le-feu, orchestré par la Russie, a été signé avec l’approbation de l’Iran et de la Turquie, fin décembre 2016. Ce cessez-le-feu n’a pas empêché les bombardements sur Wadi Barada et ensuite sur al-Waer qui ont conduit au déplacement forcé des populations. D’autres régions en Syrie continuent à subir les bombardements du régime syrien et de ses alliés et en particulier Idleb!.
Les crimes commis contre les civils continuent en Syrie et le silence de la communauté internationale continue lui aussi.
Quel bilan et quelle solution?
Plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 450’000 morts, plus de 1’000’000 de blessés, plus de 325’000 arrestations et disparitions forcées, plus de 12’000 morts sous la torture documentées, et environ 13’000 exécutions sommaires dans la prison de Saydnaya seule (selon le rapport récent d’Amnesty International). Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice et le jugement des responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre peuvent aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.
Les pourparlers de paix de Genève 4 doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré au cours des six dernières années leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne sert que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.
Le défi consiste à établir et garantir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie et démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, droits basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.
Nous Syriens exigeons:
• Le départ immédiat du dictateur criminel Bachar Al Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
• La fin du siège, de la famine imposée et des déplacements forcés dans toutes les régions assiégées.
• La fin effective de tous les bombardements sur les quartiers et villages.
• Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrie et la fin de toutes les interventions étrangères, en particulier russe, iranienne.
• La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté détenus dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé en Syrie.
• L’arrestation et le jugement de ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre ou de crimes contre l’Humanité au cours des 40 dernières années.
• La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.
Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Al-Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.
Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne!
Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration du Collectif des Amis d’Alep, Conseil national kurde, Mouatana, Solidarity Organisation for Syria, Syrian Christians for Peace, Souria Houria
Soutenu par: Mouvement pour le socialisme (MPS), alencontre.org, le Cercle La brèche, SolidaritéS

La révolution syrienne doit aboutir à la fin de la dictature d’Assad

Lors du rassemblement de la diaspora syrienne à la place des Nations, le 23 février 2017, environ 200 personnes étaient présents. Les Syriens venaient de différentes régions de la Syrie et de différentes appartenances. Ils se sont exprimés pour réaffirmer qu’ils n’y aura pas de paix sans une transition politique qui achemine la Syrie vers un Etat démocratique basé sur la citoyenneté et sans le départ du dictateur Assad et de son régime. Ils ont aussi insisté sur l’importance vitale de la justice et du jugement des responsables de crimes contre l’Humanité et de crimes de guerre qui devraient débuter dès la période transitoire.

Prochain rassemblement: samedi 25 février, 15:00-16:30, Place des Nations, Genève.

Le 23 février devant l'ONU à Genève

                  Le 23 février devant l’ONU à Genève

Discours de FSD:

Tous les Syriens partagent aujourd’hui un seul rêve « le rêve de vivre en paix dans leur pays ».

En paix signifie bien sûr l’arrêt des bombardements mais aussi de pouvoir vivre en Syrie :

  • sans craindre le passage des check-points qui découpent les villes syriennes.
  • sans être forcé de quitter sa maison, son quartier ou sa ville dans le cadre des accords inhumains dans les régions révoltées et assiégées. Ces accords qui aboutissent au déplacement forcé et à l’arrachement des populations.
  • sans craindre l’arrestation, la torture et la mort dans l’obscurité des prisons.

Pour aboutir à une paix juste et durable, il faut bien sûr un cessez-le-feu, mais aussi un cessez- les déplacements forcés des populations, un cessez la famine imposée, un cessez la détention, la torture et les executions sommaires. Il faut surtout garder en tête que ce qui ce passe en Syrie depuis 2011 est une révolution populaire et non une guerre civile. Une révolution qui doit aboutir à un changement profond du pouvoir en place.

Ce qu’il faut pour la Syrie c’est une solution politique qui mette un terme à la dictature d’Assad et qui oeuvre pour une transition vers un Etat démocratique pluriel, basé sur la citoyenneté et qui respecte les droits de tous les Syriens.

Ce qui se passe avec les négociations de Genève 4, tout comme celles qui les ont précédées, c’est des efforts continus de manipulation pour amener l’opposition à accepter une solution sans changement du régime Assad, donc sans changement de la dictature.

Aujourd’hui Putin assume à la fois le rôle de l’agresseur en Syrie, où il utilise même des bombes non-conventionnelles, celui de l’homme de paix qui orchestre le cessez-le-feu, et celui d’arbitre pour le surveiller.

Nous Syriens demandons aujourd’hui la justice et le jugement des responsables de tous les crimes de guerre et et des crimes contre l’humanité qui ont été commis, en grande majorité, par le régime Assad et ses alliés. Ceci va se traduire par le jugement des Assad et des responsables des services de sécurité.

Le rôle joué par la Russie et l’Iran mérite lui aussi d’être jugé !

Seule la justice pourra aider les Syriens à guérir leur énorme souffrance, pour pouvoir vivre en paix dans une Syrie qui leur garantisse la liberté, la dignité et la démocratie, leurs aspirations depuis le début de la révolution.

Vive la révolution syrienne et vit le peuple syrien!

FSD