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6 ans… la Révolution Syrienne Continue!

Appel au Rassemblement

Genève, place des Nations

jeudi 23 mars 2017, 17h30-16h30

A l’occasion du 6e anniversaire de la révolution syrienne et avec la reprise des négociations de Genève 4 pour la paix, qui réunissent les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien depuis le 23 février 2017, nous appelons à la mobilisation pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes, pour réaffirmer leurs revendications légitimes. 


Evolution depuis l’échec de Genève II et Genève III :
– Le déplacement forcé des populations des régions assiégées (régions soulevées depuis 2011) s’étend et devient une politique qui œuvre pour un changement démographique en Syrie. Les populations de ces régions sont poussées à fuir le pays ou transférées de force vers Idleb (au nord), avec la bénédiction de l’ONU. Après Darayya en septembre 2016, l’intensification des bombardements barbares russes en décembre a conduit à la destruction d’Alep-Est et au déplacement forcé de ses habitants vers Idleb. En janvier 2017 ce fut le tour de Wadi Barada (région de Damas) et récemment celui du quartier al-Waer à Homs.
– Un accord de cessez-le-feu, orchestré par la Russie, a été signé avec l’approbation de l’Iran et de la Turquie, fin décembre 2016. Ce cessez-le-feu n’a pas empêché les bombardements sur Wadi Barada et ensuite sur al-Waer qui ont conduit au déplacement forcé des populations. D’autres régions en Syrie continuent à subir les bombardements du régime syrien et de ses alliés et en particulier Idleb!.
Les crimes commis contre les civils continuent en Syrie et le silence de la communauté internationale continue lui aussi.
Quel bilan et quelle solution?
Plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 450’000 morts, plus de 1’000’000 de blessés, plus de 325’000 arrestations et disparitions forcées, plus de 12’000 morts sous la torture documentées, et environ 13’000 exécutions sommaires dans la prison de Saydnaya seule (selon le rapport récent d’Amnesty International). Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice et le jugement des responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre peuvent aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.
Les pourparlers de paix de Genève 4 doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré au cours des six dernières années leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne sert que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.
Le défi consiste à établir et garantir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie et démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, droits basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.
Nous Syriens exigeons:
• Le départ immédiat du dictateur criminel Bachar Al Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
• La fin du siège, de la famine imposée et des déplacements forcés dans toutes les régions assiégées.
• La fin effective de tous les bombardements sur les quartiers et villages.
• Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrie et la fin de toutes les interventions étrangères, en particulier russe, iranienne.
• La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté détenus dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé en Syrie.
• L’arrestation et le jugement de ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre ou de crimes contre l’Humanité au cours des 40 dernières années.
• La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.
Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Al-Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.
Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne!
Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration du Collectif des Amis d’Alep, Conseil national kurde, Mouatana, Solidarity Organisation for Syria, Syrian Christians for Peace, Souria Houria
Soutenu par: Mouvement pour le socialisme (MPS), alencontre.org, le Cercle La brèche, SolidaritéS

Pas de Paix durable sans jugement des responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité

Appel à un rassemblement pour faire entendre la voix des civils syriens

Genève, place des Nations, jeudi 23.2.2017 de 17h00-18h00

et un rassemblement samedi 25 (15h00-16h30)

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        Justice d’abord! Photo de Genève II

A l’occasion des négociations de Genève IV pour la paix, qui réuniront les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien en février 2017, nous appelons à la mobilisation pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes en lutte, pour réaffirmer leurs revendications légitimes qui doivent être la base des négociations.

Evolution depuis l’échec de Genève II et Genève III :

–    Le déplacement forcé des populations des régions assiégées (régions soulevées depuis 2011) s’étend et devient une politique qui œuvre pour un changement démographique en Syrie. Les populations de ces régions sont poussées à fuir le pays ou transférées de force vers Idleb (au nord), avec la bénédiction de l’ONU. Après Darayya en septembre 2016, l’intensification des bombardements barbares russes en décembre a conduit à la destruction d’Alep-Est et au déplacement forcé de ses habitants vers Idleb. En janvier 2017 ce fut le tour de Wadi Barada (région de Damas).

–    Un accord de cessez-le-feu, orchestré par la Russie, a été signé avec l’approbation de l’Iran et de la Turquie, fin décembre 2016. Aujourd’hui et malgré le cessez-le-feu, les bombardements sur Wadi Barada ont conduit au déplacement forcé de sa population vers Idleb fin janvier, la Russie continue à bombarder Idleb !  et d’autres régions en Syrie continuent à subir les bombardements du régime syrien et de ses alliés.

Les crimes commis contre les civils continuent en Syrie et le silence de la communauté internationale continue lui aussi.

Quel bilan et quelle solution?

Plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 450’000 morts, plus de 1’000’000 de blessés, plus de 325’000 arrestations et disparitions forcées, plus de 12’000 morts sous la torture documentées, et environ 13’000 exécutions sommaires dans la prison de Saydnaya seule (selon le rapport récent d’Amnesty International). Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice et le jugement des responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre peuvent aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.

Les pourparlers de paix de Genève 4 doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré au cours des six dernières années leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne sert que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.

Le défi consiste à établir et garantir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie et démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, droits basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.

Nous Syriens exigeons: 

  • Le départ immédiat du dictateur criminel Bachar Al Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
  • La fin du siège, de la famine imposée et des déplacements forcés dans toutes les régions assiégées.
  • La fin effective de tous les bombardements sur les quartiers et villages.
  • Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrieet la fin de toutes les interventions étrangères, en particulier russe, iranienne.
  • La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté détenus dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé en Syrie.
  • L’arrestation et le jugement de ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre ou de crimes contrel’Humanité au cours des 40 dernières années.
  • La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.

Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Al-Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.

Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne!

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration de …

Soutenu par: Mouvement pour le socialisme (MPS), alencontre.org, le Cercle La brèche,

Conférence: Deux femmes réfugiées témoignent

A l’occasion de la journée internationale de la femme et du 5e anniversaire de la révolution syrienne, FSD collabore avec Amnesty International, Section suisse, pour l’organisation d’une conférence qui aura lieu dans plusieurs villes suisses entre le 7 et le 12 mars 2016.

A Lausanne,

le 7 mars à 17h15, Université de Lausanne, Amphimax, salle 415

A Genève,

le 11 mars à 18h30, Université de Genève, Uni Mail, salle MS150

A Berne,

un rassemblement  le 12 mars de 16h00 à la place Münsterplatz

Il y aura également des conférences à Bâle, à Zürich et à Berne

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Avec Raneem Ma'touq et Amal Nasr

Avec Raneem Ma’touq et Amal Nasr

Plus de 250’000 mort·e·s, des milliers de personnes torturées, plus de quatre millions de réfugié·e·s contraint·e·s de prendre la fuite et 6,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Le conflit syrien a créé la plus grande crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

A l’occasion de la Journée internationale de la femme et cinq ans après le début du conflit en Syrie, Amnesty International donne la parole à deux femmes syriennes qui ont dû fuir les atrocités de la guerre. Raneem Ma’touq et Amal Nasr reviendront sur les causes de l’exil de millions de Syrien·ne·s et raconteront leurs combats pour les droits humains, notamment pour les droits des femmes.

Raneem Ma’touq est une jeune étudiante ayant participé aux manifestations pacifiques en 2011. Elle a été emprisonnée pendant plusieurs mois en raison de son engagement militant et a perdu toute trace de son père, célèbre avocat des droits humains kidnappé en 2013. Elle a trouvé refuge en Allemagne.

Amal Nasr est une militante féministe depuis les années 1990. Elle s’engageait pour les droits des femmes en Syrie avec différentes organisations avant d’être, elle aussi, incarcérée. Elle vit désormais en Suisse depuis un peu plus d’un an, d’où elle continue son engagement pour les droits des femmes syriennes.

ENTRÉE GRATUITE. TRADUCTION ARABE-FRANÇAIS ASSURÉE.

Evénement organisé avec le soutien de l’UNIL, FemmeS pour la Democratie, Terre des femmes, CODAP, Vivre Ensemble, ELISA et Solidarité sans frontières.

Au cœur de la machine de mort syrienne

Le 24 novembre 2015 à 18h30

Université de Genève – Uni Mail – Salle MR060

Le groupe Syrie d’Amnesty UNIGE organise une conférence en collaboration avec l’association FemmeS pour la démocratie, sur la machine de mort que sont les centres de détentions en Syrie. Nous aurons la présence exceptionnelle de:

– Garance Le Caisne: Journaliste française indépendante, elle est l’auteure de Opération César. Au coeur de la machine de mort syrienne (Stock, 2015). C’est le témoignage d’un photographe de la police militaire, dont le nom de code est César, qui a risqué sa vie pour exfiltrer, pendant deux ans, 45000 photos et documents de détenus torturés à mort par le régime syrien. Garance Le Caisne l’a rencontré et écrit son témoignage.

G-LeCaisne
– Un activiste syrien réfugié en Suisse: Opposant de longue date au régime et ayant passé plusieurs années dans les prisons, il a été contraint de fuir le pays pendant le soulèvement syrien.

AmnestyUnig20151124

Mort, torture et abus: L’enfer des prisons et des centres de détention en Syrie

Conférence avec:

  • Anwar Al Bounni, avocat spécialiste des droits humains
  • Majd Izzat Shurbaji, activiste de la première heure lors de la révolution pacifique de 2011

Genève, Maison des associations, 15 Rue des Savoises, salle Chico Mendes

Jeudi, 25 juin 2015, 18h30

Organisée par

Amnesty International Suisse et FemmeS pour la Démocratie

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Il y a un mois environ, des combattants de «l’Etat islamique» ont pris la ville de Palmyre/ Tadmor au cœur de la Syrie. Pour le monde occidental, Palmyre est synonyme de l’une des plus belles ruines romaines au monde, ce qui explique sa peur de voir cet héritage inestimable détruit par «l’État islamique».

Pour la population syrienne, la ville de Tadmor / Palmyre éveille un sentiment de terreur. Les ruines côtoient les pires prisons syriennes. Depuis plus de quarante ans, des milliers de personnes y ont été emprisonnées dans des conditions déplorables. Leur quotidien rimant avec torture et mort.

Tadmor n’est que l’un des nombreux centres de détention gérés par les services de sécurité syriens. Depuis le début des manifestations pacifiques contre le régime en 2011 – «Printemps arabe» -, des milliers de personnes considérées comme des opposant∙e∙s au régime y ont disparu.

Anwar Al Bounni, avocat spécialiste des droits humains depuis 1995, et Majd Izzat Shurbaji, activiste de la première heure en 2011 à Daraya (lieu de protestation de la banlieue de Damas et symbole du soulèvement pacifique), raconteront leur expérience personnelle de la détention.

Prison-Tadmor

Prisons syriennes

Anwar Al Bounni est un avocat spécialiste des droits humains reconnu, qui défend des prisonniers politiques pacifiques depuis 1995. Entre 2006 et 2011, il a lui-même été emprisonné, suite à son travail en faveur des droits humains. Lorsqu’il était en prison, il a reçu en 2008 le Prix Front Line honorant les défenseurs des droits humains et en 2009 le Prix des Droits de l’Homme de la Fédération des Juges Allemands. En 2012, il a publié des recommandations provisoires constitutionnelles en faveur d’une transition démocratique en Syrie. Il est également le directeur du Centre Syrien d’études juridiques ainsi que membre fondateur de l’Association pour les Droits de l’Homme en Syrie. En 2014, il a dû quitter la Syrie par crainte d’être persécuté. Il vit actuellement en Allemagne.

La militante Majd Izzat Shurbaji a reçu le Prix International du Courage Féminin décerné tous les ans par le Département d’État américain lors de la Journée internationale des femmes. Shurbaji est née en 1981 dans la ville de Daraya, banlieue de la capitale Damas. Mère de trois enfants, elle a dû surmonter de nombreux défis durant la révolution syrienne. Elle a été déplacée, détenue durant sept mois en prison et elle a dû s’exiler. Son mari est décédé à la suite de tortures et de mauvais traitements, en octobre dernier. Elle considère que les difficultés traversées ont été sa plus grande motivation pour continuer son travail.

Feirouz chante l’ONU!

La chanson de Feirouz « La cause s’en est allée » n’a jamais pu être diffusée parce qu’ elle a été interdite rapidement. Feirouz l’a chantée une seule fois lors d’un concert en Algérie en 1968…
Les paroles et la musique sont des frères Rahbani.

Créée vingt ans après al-Nakba (la grande catastrophe palestinienne), cette chanson raconte l’inefficacité, sinon la complicité, des organisations onusiennes dans la souffrance et l’exode des Palestiniens.

A l’occasion du 67e anniversaire d’al-Nakba (le 15 mai), FSD a décidé de traduire et de publier les paroles de cette chanson qui dénonce les mécanismes de l’ONU qui rendent ses engagements vides de sens et totalement inefficaces, spécialement au Moyen-Orient. En écoutant cette chanson de 1968, les Syriens ont l’impression qu’elle a été écrite pour eux aujourd’hui même! Pour écouter la chanson en arabe: « La cause s’en est allée »

Combien faudra-il de Nakbas pour que l’ONU fasse les réformes nécessaires lui permettant de soutenir les peuples et non les Etats et défendre enfin les opprimés et non les oppresseurs?!

Genève, ONU, 25.04.2014

Genève, ONU, 25.04.2014

……………….
Feirouz: « La cause s’en est allée »

La cause s’en est allée
pour aller exposer sa plainte
devant les cours internationales

Et l’assemblée
avait dédié cette séance
à l’ étude de la cause de cette cause

Et les représentants de différents pays sont venus
ils sont venus de divers pays du nord et du sud
de petits pays
et de grands pays
Tout le monde s’est rassemblé
en une séance officielle

Et l’assemblée
avait dédié cette séance
à l’ étude de la cause de cette cause

Le Secrétaire général a fait un discours
il a parlé de paix…
les membres ont proposé le sujet
et ils ont étudié le projet
la justesse de la cause
la liberté des peuples
la dignité de l’être humain
et la légitimité des droits
le cesser le feu
mettre fin au conflit

le vote…
les recommendations…
les décisions sur les problèmes en suspens…
L’unanimité!

Des sources fiables ont déclaré,
ce qu’elles ont appris de références bien informées

Le conseil étudie…
Le conseil pense que…
Le conseil décide
l’envoi d’un envoyé

L’envoyé déclare
qu’il est envoyé par les sources
et qu’une solution est en voie d’être trouvée

Et lorsque la nuit est tombée
les juges se sont sentis fatigués
Les longues discussions les ont fatigués
alors ils ont fermé leurs carnets
et ils sont allés se coucher
et ils sont allés se coucher

Dehors, on entendait l’hiver et la nuit
et des misérables qui cherchaient un peu de paix
et la faim passait la nuit dans les camps des déplacés
et le vent soufflait
à arracher les tentes!

Feirouz-La_Cause

Feirouz- « La cause s’en allée » 1968 https://www.youtube.com/watch?t=142&v=0E179G2LDBs

 

 

Témoignage de Mazen Hammada: barbarie et impunité!

Mazen Hammada, technicien dans l’industrie pétrolière, de Deir-Ezzor, s’est d’abord fait arrêter deux fois, en avril et ensuite en déc 2011, à Deir-Ezzor, parce qu’il participait aux manifestations pacifiques, les filmait et ensuite les mettait en ligne ou les envoyait aux médias.
La troisième fois, il s’est fait arrêter au souk de Damas, en mars 2012. Il y avait rendez-vous avec une doctoresse de Darayya pour lui remettre du lait pour les enfants des déplacés. Il s’est fait arrêter avec ses deux neveux qui l’accompagnaient et avec la doctoresse. Sa détention a duré un an et sept mois. Il était détenu à l’aéroport militaire d’al-Mazzeh à Damas.

FSD a traduit et publié son témoignage, accordé à la chaine télévisée Al-Ghad Al-Arabi et publié sur Youtube le 22 avril 2015.

Mazen Hammada, interviewé par al-Ghad al-Arabi (source vidéo de l'interview)

Mazen Hammada, interviewé par al-Ghad al-Arabi (source vidéo de l’interview)

 

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L’interrogatoire et la torture

« Ils nous ont mis dans une cellule de 1.40 sur 1.40m. Nous étions entre 10 et 12 personnes dans cette cellule. Nous devions nous asseoir 5 le long d’un mur et 5 le long du mur d’en face, et une ou deux personnes restaient debout. Nous faisions un tournus toutes les deux heures.

Pendant l’interrogatoire j’ai reconnu avoir participé aux manifestations mais l’officier m’a demandé de reconnaître avoir porté des armes et avoir tué… j’ai refusé. Ils m’ont couché parterre.. quatre hommes se sont mis à sauter sur moi avec leurs bottes militaires… mes côtes se sont cassées et je n’arrivais plus à respirer. L’officier m’a reposé la question et ma réponse est restée négative. Alors ils ont installé sur mon pénis une bride que l’on peut serrer… et ils se sont mis à la serrer… là j’ai cédé, pas seulement à cause de la douleur mais aussi de peur que mon pénis ne soit sectionné. J’ai reconnu à tort avoir porté une arme pour stopper le supplice… Ensuite, j’ai été suspendu par les poignets jusqu’à ce que j’accepte de reconnaître avoir fait exploser un check-point… Ils m’ont aussi enfoncé une barre de fer dans l’ anus et j’en ai encore les cicatrices… ces gens sont dénués de toute valeur humaine. »

Bouclier humain en août 2013
« Lorsqu’il y a eu menace d’une frappe américaine possible suite à l’utilisation d’ armes chimiques à large échelle à al-Ghouta, à Damas, ils nous ont transférés dans les hangars d’aviation pour que nous soyons tués sous les bombardements. Nous étions environ 700 détenus par hangar. Nous y sommes restés un mois environ avant de retourner en cellule. »

Les conditions de détention
« Chaque jour il y avait un ou deux morts dans notre cellule, car nous avions pas assez d’air et les conditions de détention n’étaient pas supportable pour les personnes âgées ou malades. Nous étions alors 180 dans une cellule de 11×6 m2. Nous devions nous asseoir et d’autres s’asseyaient sur nos genoux. Parfois le gardien mettait son fusil dans la fente de la porte et il tirait sur le plafond en dessus de nos têtes… la balle restait parfois plantée dans le plafond ou alors elle ricochait et touchait l’un de nous. »

L’hôpital militaire 601
« Suite à mon interrogatoire et à la torture barbare que j’ai subie, j’avais les côtes cassées, je vomissais et j’urinais du sang. J’ai alors été transféré, avec d’autres, à l’hôpital militaire 601 de Damas. Dès notre arrivée à l’hôpital nous avons été accueillis par des coups de bâtons ou de chaussures par les infirmiers et les infirmières. Ensuite nous avons été placés à trois par lit et menottés. La nuit je suis allé aux toilettes, j’ai ouvert la première porte j’y ai trouvé deux cadavres, j’ai ouvert la deuxième, j’y ai trouvé deux cadavres, je suis allé vers le lavabo, il y avait là le corps d’un jeune homme blond d’environ 17 ans… Là, j’ai disjoncté, le gardien me parlait mais je ne pouvais pas répondre.. alors il s’est mis à me tabasser… Il y avait aussi un gardien à l’hôpital qui se donnait le surnom Azraël, l’ange de la mort. Il est arrivé une fois à minuit avec une barre de fer avec des pointes. Il a demandé qui parmi nous avait besoin de médicaments. L’un de nous a répondu par l’affirmative. Alors Azraël s’est approché de lui et lui a dit : « Le tribunal de Dieu t’a condamné à mort » et il s’est mis à le tabasser jusqu’à l’éclatement de sa tête. Il en est mort et il a été ensuite transporté aux toilettes. »

Sadisme
Vers la fin de ma période de détention nous avons dû donner nos empreintes en attendant d’être transférés pour être jugés devant le tribunal. Il y avait un enfant de seize ans avec nous. Le gardien lui a demandé d’où il venait, il a répondu de Darayya (lieu symbole de protestations pacifiques à Damas). Il l’a alors tabassé et ensuite il a amené un poste de soudure et lui a brûlé le visage, qui a littéralement fondu… nous l’avons ramené dans la cellule, nous avons tenté de rafraichir ses brûlures, mais deux jours plus tard il est décédé… Mon cœur s’est brisé pour cet enfant. »

La fuite de Syrie
« Après ma sortie de détention, comme j’étais toujours recherché par le service de renseignement (les différents services ne communiquent pas). Je me suis alors rendu clandestinement à Deir-Ezzor. Ensuite j’ai fui la Syrie vers la Turquie où j’ai pris le bateau vers la Grèce et ensuite un camion pour arriver aux Pays Bas. »
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L’impunité!
Il faut préciser ici que les officiers et les gardiens des centres de détention bénéficient d’une impunité totale… impunité qui incite les personnes dérangées à développer de plus en plus des méthodes barbares pour torturer les détenus…Et c’est la même impunité dont bénéficie Assad et ses semblables qui rend ces dictatures de plus en plus barbares…

Non à l’impunité!… Seule la justice peut acheminer la Syrie vers la paix.

Yassin Al Haj Saleh : Quand la Syrie «frappe avec sa tête»

FSD publie ici certains passages de l’article publié sur le blog My Global Suburbia à l’occasion du passage de Yassin Al Haj Saleh à Paris:

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Dans son album de 1983 Loin des yeux de l’Occident, Daniel Balavoine, qui amorçait alors un tournant dans sa carrière en revenant vers la «musique rock» par laquelle il se disait influencé – celle de Yes, The Police ou Peter Gabriel dont l’on sentait en effet l’influence dans les arrangements de certains titres, notamment Pour la femme veuve qui s’éveille – et en abordant les thématiques de Droits de l’Homme qui lui étaient chères, marqua les esprits avec une chanson intitulée Frappe avec ta tête.

Dédiée au pianiste argentin, emprisonné sous la dictature militaire de l’époque, Miguel Ángel Estrella, cette chanson raconte l’histoire d’un écrivain emprisonné et torturé auquel ses geôliers ont coupé la langue pour qu’il ne puisse plus parler et les doigts pour l’empêcher d’écrire. Mais, comme le chante Balavoine dans le refrain,

«Dans la cellule du poète,
Quand le geôlier vient près de lui,
Quand plus personne ne s’inquiète,
L’homme que l’on croyait endormi …

Oh,
Frappe avec sa tête.»

Tout le monde ne le sait pas, mais Miguel Ángel Estrella est libanais par son père, issu d’une famille Najem, «étoile» en arabe, ce qui donne estrella en espagnol. Et derrière la frontière du Liban, justement, il y a la Syrie, celle de Bachar el-Assad, des prisons remplies de gens dont le seul crime a été de s’opposer à la dictature dynastique, ces prisons qui, pendant les quarante-quatre ans du régime Assad, ont vu passer, souffrir, parfois mourir, tant de gens qui n’auraient jamais dû s’y trouver.

Parmi eux, il y a Yassin Al Haj Saleh. Né en 1961 à Raqqa, il fut arrêté à Alep alors qu’il était étudiant en médecine, puis emprisonné de 1980 à 1996, pour appartenance à un mouvement communiste dissident. Son épouse, Samira Khalil, elle aussi communiste dissidente, qui a elle-même passé quatre ans dans les prisons de la dictature, a été enlevée en décembre 2013 à Douma, dans la Ghouta de Damas, avec l’avocate Razan Zaïtouneh, directrice du Centre de Documentation des Violations des Droits de l’Homme, ainsi que ses collègues Défenseurs des Droits de l’Homme Wael Hamadi et Nazem Hammadi. Yassin Al Haj Saleh dut lui-même passer près de deux ans dans la clandestinité avant de pouvoir passer en Turquie, résidant aujourd’hui à Istanbul.

De passage à Paris, Yassin Al Haj Saleh a fait une halte ce jeudi 2 avril à l’Institut du Monde Arabe, où c’était sa toute première visite, pour venir débattre autour de son livre nouvellement paru, Récits d’une Syrie oubliée : Sortir la mémoire des prisons*, publié à l’origine en arabe et proposé en traduction au public français.

C’est dans une Salle du Haut Conseil comble, dominant l’Institut et regardant de loin les tours de Notre-Dame, que Yassin Al Haj Saleh, non francophone, a pu s’adresser au public en arabe et en français grâce à l’interprétariat aimablement fourni par Ziad Majed, professeur de politique internationale et chercheur à l’Université américaine de Paris, qui fut également le modérateur de l’événement.

Yassin Al Haj Saleh : Écrire la Syrie pour la défendre contre l’oubli

Yassin Al Haj Saleh a commencé par remercier toutes les personnes qui étaient venues, nombreuses en cette tombée du soir, à l’Institut du Monde Arabe. Leur seule présence, a-t-il affirmé, est une preuve que la tragédie du peuple syrien n’est pas oubliée, et par là même, elle est source d’espoir.

L’idée principale que Yassin Al Haj Saleh cherche à traduire, c’est la puissance, la force, de la liberté. Ce sont cette puissance et cette force qui lui ont permis, ainsi qu’à nombre de personnes qui ont connu la détention politique, de devenir des écrivains célèbres, alors même qu’en les emprisonnant, le régime entendait les faire taire.

S’il a voulu écrire ce livre, c’est pour offrir au public le récit de toute une génération de Syriens, pour publier ce témoignage de la Syrie carcérale. Cette Syrie qui, déjà, n’existe plus, car avec la révolution de 2011, c’est bel et bien une nouvelle phase dans l’histoire de la Syrie qui a commencé.

Mais dans la Syrie d’Assad, le premier des défis de l’écriture, c’était bien de contredire le récit officiel, celui de tous les gens qui considéraient que la Syrie, c’était Assad, et que ce qu’il y avait à dire sur le pays s’arrêtait là. Il fallait lutter pour offrir un autre récit, ne pas permettre à la dictature de confisquer les Syriens.

Rester silencieux face au discours officiel du régime, c’est comme avaliser l’idée que les Syriens n’existent pas. D’où la nécessité de parler, de montrer que, quand le régime dit que lui seul représente la Syrie, ce n’est pas vrai.

Yassin Haj Saleh, écrivain syrien et auteur de "Récits d'une Syrie oubliée"

Yassin Haj Saleh, écrivain syrien et auteur de « Récits d’une Syrie oubliée »


Il faut construire des projets, ceux dont a besoin pour émerger la nouvelle Syrie dans toutes ses dimensions. Il faut lutter contre l’oubli des expériences qui ont conforté le monde dans le déni de l’existence des Syriens. C’est ce à quoi tente de contribuer ce livre, en tant que témoignage de ce qu’a traversé toute une génération de Syriens, que l’on a opprimée mais qui jamais ne s’est soumise.

Bien entendu, en la prison, il convient de voir une métaphore de la Syrie dans son entier, toujours sous le double prisme de l’oppression et de la résistance.

Pour les Syriens, écrire, cela procède aussi d’une volonté de déconstruire les deux récits qui tendent à effacer leur existence : le récit géostratégique, celui de gens comme Bachar el-Assad et le leader du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah, donc les acteurs de la «politique d’en haut», et le récit culturaliste, celui qui ne voit pas les dynamiques sociales et culturelles, un récit essentialiste qui réduit le Moyen-Orient à un vulgaire agglomérat de clivages religieux et sectaires.

Aussi le titre choisi pour cet ouvrage est-il une réponse aux simplifications de ces amateurs de généralités, adeptes de tels discours réducteurs. En le choisissant, Yassin Al Haj Saleh a voulu confronter les deux, qui permettent à certains journalistes et/ou chercheurs de devenir des «spécialistes» ou «experts» autoproclamés seulement parce qu’ils ont lu des articles écrits par des adeptes de l’une ou l’autre des deux écoles du mensonge sur la Syrie et croient donc pouvoir en parler. Par leurs écrits ineptes et dangereux, les tenants de ces deux simplismes offrent à des incompétents la possibilité de donner au grand public des leçons sur la Syrie alors qu’ils ignorent tout d’elle.

C’est toute l’expérience syrienne de l’écriture – rendre plus difficile l’oubli et le meurtredes Syriens, de faire obstacle à ceux qui voudraient faire disparaître le peuple syrien dans la nuit des temps. Défendre cette expérience, c’est un devoir à la fois culturel et politique.

Tout ce qui a été fait jusqu’à présent demeure insuffisant. Ce qu’il faut, c’est refaire des Syriens des êtres humains, qui partagent les valeurs universelles et auxquels celles-ci s’appliquent donc aussi. Cela commence en rendant plus difficile l’écrit contre les Syriens.

Décrire ce que les Syriens subissent, c’est les protéger. L’évocation des crimes, qu’il s’agisse de la torture, des déplacements forcés, des noyades en Méditerranée de demandeurs d’asile syriens qui n’auront donc jamais atteint l’Europe, des «disparitions» chaque jour plus nombreuses, simplement parler de tout cela, c’est en soi un moyen de l’empêcher, c’est en soi un acte de résistance.

Au-delà de la seule expérience de l’écriture, le devoir que ressentent tous les Syriens qui veulent s’exprimer, qu’ils soient écrivains, cinéastes, juristes, militants ou autres, est le même – libérer la parole.

Si l’expérience politique échoue, à tout le moins, que l’expérience culturelle à laquelle se prêtent Yassin Al Haj Saleh et d’autres avec lui demeure vivante et se poursuive. Il est indispensable de lutter contre les absolus et les totalitarismes, contre tous en même temps, l’un n’étant jamais meilleur que l’autre. Lutter, chez les Syriens, c’est incarner la volonté de résister tout à la fois contre la dictature des Assad et contre Daesh, le nouveau monstre, qui veut priver les gens de leurs individualités, qui veut nier la femme et broyer la vie privée.

Yassin Al Haj Saleh a conclu en évoquant le grand nombre de jeunes, ainsi que de moins jeunes, qu’il a vus devoir quitter la Syrie et qui sont autant de gens créatifs grâce auxquels l’on peut dire sans faire preuve d’une ambition excessive que le potentiel pour une révolution culturelle en Syrie existe, qu’il est réellement possible de se réapproprier les outils de l’expression, que c’est en effet l’un des possibles qui s’offrent à la Syrie nouvelle.

* Editions Les Prairies Ordinaires, Collection Traversées.

Le HCR dévoile des propositions ambitieuses pour une action européenne en faveur des Syriens

Article paru sur le site du HCR le 12 mars 2015

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a envoyé une série de propositions concrètes à l’Union européenne pour gérer les problèmes posés par les milliers de réfugiés et de migrants qui risquent leur vie en tentant de rejoindre l’Europe chaque année.

Ces propositions, faites par le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres dans une lettre à l’Union européenne, font partie de l’Initiative du HCR pour la mer Méditerranée centrale (CMSI) qui vise à encourager un large débat entre la Commission européenne, les Etats européens et d’autres parties prenantes concernées pour répondre aux problèmes de la migration mixte en mer Méditerranée et pour sauver des vies.

« Nous proposons à l’Union européenne et aux pays d’Europe un certain nombre de solutions audacieuses et novatrices afin de relever les défis de la migration mixte en mer Méditerranée et de réduire les pertes en vies humaines en mer », a déclaré Vincent Cochetel, directeur du HCR pour l’Europe.

Cette année, environ 470 personnes ont déjà trouvé la mort ou sont portées disparues en mer Méditerranée, contre 15 à la même période l’année dernière.

« Prolonger encore le statu quo n’est pas une option », a averti Vincent Cochetel, « l’inaction pour répondre à ces problèmes est synonyme d’encore davantage de pertes en vies humaines. »

Les nouvelles propositions du HCR comprennent l’établissement d’une opération européenne robuste pour la recherche et le sauvetage en mer Méditerranée, une opération similaire à l’opération italienne Mare Nostrum qui a pris fin l’année dernière. Il y a également la mise en place d’un système européen visant à verser des compensations aux compagnies maritimes pour les pertes subies pendant le sauvetage de personnes en détresse en mer.

Le HCR exhorte également l’Union européenne à explorer des solutions pour répondre aux problèmes une fois que les réfugiés arrivent en Europe, afin de leur assurer un soutien suffisant et d’éviter à quelques pays de devoir en assumer seuls la responsabilité principale.

Actuellement, la plupart des personnes en quête de sécurité en Europe arrivent dans quelques Etats à la frontière extérieure de l’UE. Parallèlement, un petit nombre de pays, principalement l’Allemagne et la Suède, reçoivent la majorité des demandes d’asile. Pour remédier à ce déséquilibre, une solidarité intra-européenne est nécessaire. Des pays comme l’Italie et la Grèce devraient bénéficier d’un appui pour accueillir les demandeurs d’asile et examiner leurs demandes d’asile. De plus, le HCR propose un projet pilote pour le transfert des réfugiés syriens, secourus en mer en Grèce et en Italie, vers différents pays de l’Europe. Ce projet pilote est basé sur un système de répartition équitable.

Actuellement, l’Allemagne et la Suède à elles seules ont reçu environ 56 pour cent de toutes les demandes d’asile de la part de Syriens depuis le début du conflit. Ce projet pilote vise à mieux répartir les Syriens reconnus en tant que réfugiés parmi tous les pays de l’UE et à contribuer également à réduire le risque de traite et d’exploitation lié aux mouvements secondaires actuels au sein de l’UE.

Pour les demandeurs d’asile, la règlementation Dublin, qui définit la responsabilité de l’Etat pour l’examen des demandes d’asile, devrait être pleinement mise en œuvre, y compris en utilisant tous les outils disponibles, comme le regroupement familial, les enfants non accompagnés et le recours au pouvoir discrétionnaire dans certains cas de liens familiaux plus éloignés ou d’autres besoins. Ces outils ont été conçus par les Etats de l’UE et devraient être utilisés efficacement.

Le conflit en Syrie entre dans sa cinquième année avec près de quatre millions de réfugiés, principalement dans les pays voisins et il est impératif d’accroître les possibilités juridiques pour que les réfugiés syriens puissent trouver une protection en Europe. Le HCR appelle les pays européens à s’engager davantage pour accueillir des réfugiés dans le cadre de programmes de réinstallation durables et à intensifier leurs efforts afin d’accroître les possibilités pour d’autres formes d’admission, afin que les personnes en quête de sécurité puissent la trouver en Europe sans devoir recourir à des passeurs et à des mouvements irréguliers dangereux.

Davantage de possibilités en termes de réinstallation et d’autres alternatives sont nécessaires, comme l’utilisation du parrainage privé, de visas humanitaires et de visas étudiants ou de travail. Le HCR est prêt à étudier les conditions pour étendre les programmes de réinstallation et d’autres formes d’admission dans des pays de l’UE.

« La rhétorique anti-étranger se répand à travers toute l’Europe. Il est donc important de nous souvenir que les réfugiés fuient la guerre et la violence comme en Syrie par exemple. Nous devons reconnaître les contributions positives qu’eux et leurs familles apportent à la société dans laquelle ils vivent et qu’ils honorent également les valeurs fondamentales européennes : protéger des vies humaines et les droits humains ainsi que promouvoir la tolérance et la diversité », a déclaré Vincent Cochetel. « La proposition du HCR comprend également des efforts visant à assurer que des programmes robustes pour le soutien à l’intégration nationale soient développés, et que les réfugiés reçoivent l’aide dont ils ont besoin pour contribuer à nos sociétés. »

UNE NOUVELLE « LEGITIMITE » POUR ASSAD?

Chronique de la Syrie

Fort de sa nouvelle pseudo-légitimité, Bachar Al-Assad innove pour le 4e anniversaire de la révolution: des barils chimiques pour les enfants de Sarmine (Idleb), après ceux d’al-Ghouta (Damas) en août 2013.

La nuit du 16 au 17 mars, à l’occasion du 4e anniversaire de la révolution syrienne, Assad a envoyé un cadeau spécial vers le nord de la Syrie, en territoire libéré de son contrôle: un bombardement par l’aviation militaire avec utilisation de barils d’explosifs avec des gaz mortels sur les régions d’Idleb (Sarmine et Salqine). Le nombre de blessés à Sarmine est d’environ cent personnes dont des enfants et une famille entière a déjà trouvé la mort (les parents avec trois enfants en bas âge et la grand-mère). Ce nombre est susceptible d’augmenter dans les heures qui suivent. A Salqine, on ne rapporte pas de blessés pour l’instant.

Attaques chimiques du régime syrien sur Sarmine le 17 mars 2015.

Attaques chimiques du régime syrien sur Sarmine le 17 mars 2015.

Suite à la déclaration de John Kerry le 15 mars, Assad s’est manifestement senti protégé et donc à l’abri de la justice. Pour tester cette protection nouvellement annoncée, il a utilisé une fois encore les armes chimiques à Idleb. Aujourd’hui, il est sans aucun doute prêt à exterminer toute la population des régions qui ont échappé à son contrôle pour étouffer la révolution et récupérer le pouvoir sur tout le territoire syrien.

Nous adressons donc ce message à tous les politiques, diplomates et parlementaires des pays occidentaux qui se disent partisans de la liberté et des droits de l’homme : « Si vous allez à Damas pour serrer la main du dictateur criminel qui a les mains souillées du sang syrien, sachez que vos mains en seront tâchées pour toujours. Vous deviendriez ainsi complices de crimes contre l’humanité ! ».

Témoignage de l’intérieur :

« J’espère que ces photos ne dérangent pas trop ceux qui œuvrent à l’élimination du peuple syrien en silence et sans scandale. Je vous jure que ces enfants ne sont pas des terroristes, ne sont pas contre “la résistance à Israël”, ne sont pas des partisans de Daech (ISIS). Je publie leurs photos ici en souvenir d’eux, car ils nous ont quitté pour toujours. Je ne sais pas si le fait de les tuer par gaz mortel apporte une solution ou si cela représente une victoire militaire définitive… si c’était le cas alors la paix soit sur leurs âmes, car leur mort serait justifiée pour mettre fin au « complot contre le régime »…

Je n’ai aucun espoir que la conscience humaine se réveille, je n’appelle pas non plus à la vengeance. Celui qui les a tués est lui aussi un être humain comme nous et il a des enfants comme ces enfants et je n’accepterais pas que ses enfants payent le prix de sa colère contre nous… nous n’avons que la patience et nous ne disons que ce qui satisfait Dieu.

Mais excusez-nous car nous avons perdu la raison et ne soyez pas surpris de voir une augmentation sensible du nombre de Syriens qui meurent des effets secondaires de cette oppression, parce que mourir d’une crise cardiaque est mille fois plus simple qu’une mort lente mille fois par jour.

J’adresse mes condoléances aux syriens du gouvernorat d’Idleb, à Sarmine, Qumeinas, Kafr-Takharim et Salqine et à chaque mère qui a perdu un fils ou un frère, un mari, un père ou qui a perdu toute sa famille d’un coup… Nous n’avons de soutien que Dieu. »

Autres liens :

Rapport détaillé du centre Insane pour la documentation

https://www.facebook.com/video.php?v=456660464486975

https://www.facebook.com/sarmeeen.cor

http://www.thesyriannetwork.net/2015/03/17/10155496031460732/

https://www.facebook.com/pages/%D8%AA%D9%86%D8%B3%D9%8A%D9%82%D9%8A%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AB%D9%88%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D9%81%D9%8A-%D9%82%D9%85%D9%8A%D9%86%D8%A7%D8%B3-%D8%A7%D8%AF%D9%84%D8%A8/383670811698551

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