La révolution syrienne doit aboutir à la fin de la dictature d’Assad

Lors du rassemblement de la diaspora syrienne à la place des Nations, le 23 février 2017, environ 200 personnes étaient présents. Les Syriens venaient de différentes régions de la Syrie et de différentes appartenances. Ils se sont exprimés pour réaffirmer qu’ils n’y aura pas de paix sans une transition politique qui achemine la Syrie vers un Etat démocratique basé sur la citoyenneté et sans le départ du dictateur Assad et de son régime. Ils ont aussi insisté sur l’importance vitale de la justice et du jugement des responsables de crimes contre l’Humanité et de crimes de guerre qui devraient débuter dès la période transitoire.

Prochain rassemblement: samedi 25 février, 15:00-16:30, Place des Nations, Genève.

Le 23 février devant l'ONU à Genève

                  Le 23 février devant l’ONU à Genève

Discours de FSD:

Tous les Syriens partagent aujourd’hui un seul rêve « le rêve de vivre en paix dans leur pays ».

En paix signifie bien sûr l’arrêt des bombardements mais aussi de pouvoir vivre en Syrie :

  • sans craindre le passage des check-points qui découpent les villes syriennes.
  • sans être forcé de quitter sa maison, son quartier ou sa ville dans le cadre des accords inhumains dans les régions révoltées et assiégées. Ces accords qui aboutissent au déplacement forcé et à l’arrachement des populations.
  • sans craindre l’arrestation, la torture et la mort dans l’obscurité des prisons.

Pour aboutir à une paix juste et durable, il faut bien sûr un cessez-le-feu, mais aussi un cessez- les déplacements forcés des populations, un cessez la famine imposée, un cessez la détention, la torture et les executions sommaires. Il faut surtout garder en tête que ce qui ce passe en Syrie depuis 2011 est une révolution populaire et non une guerre civile. Une révolution qui doit aboutir à un changement profond du pouvoir en place.

Ce qu’il faut pour la Syrie c’est une solution politique qui mette un terme à la dictature d’Assad et qui oeuvre pour une transition vers un Etat démocratique pluriel, basé sur la citoyenneté et qui respecte les droits de tous les Syriens.

Ce qui se passe avec les négociations de Genève 4, tout comme celles qui les ont précédées, c’est des efforts continus de manipulation pour amener l’opposition à accepter une solution sans changement du régime Assad, donc sans changement de la dictature.

Aujourd’hui Putin assume à la fois le rôle de l’agresseur en Syrie, où il utilise même des bombes non-conventionnelles, celui de l’homme de paix qui orchestre le cessez-le-feu, et celui d’arbitre pour le surveiller.

Nous Syriens demandons aujourd’hui la justice et le jugement des responsables de tous les crimes de guerre et et des crimes contre l’humanité qui ont été commis, en grande majorité, par le régime Assad et ses alliés. Ceci va se traduire par le jugement des Assad et des responsables des services de sécurité.

Le rôle joué par la Russie et l’Iran mérite lui aussi d’être jugé !

Seule la justice pourra aider les Syriens à guérir leur énorme souffrance, pour pouvoir vivre en paix dans une Syrie qui leur garantisse la liberté, la dignité et la démocratie, leurs aspirations depuis le début de la révolution.

Vive la révolution syrienne et vit le peuple syrien!

FSD

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Pas de Paix durable sans jugement des responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité

Appel à un rassemblement pour faire entendre la voix des civils syriens

Genève, place des Nations, jeudi 23.2.2017 de 17h00-18h00

et un rassemblement samedi 25 (15h00-16h30)

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        Justice d’abord! Photo de Genève II

A l’occasion des négociations de Genève IV pour la paix, qui réuniront les délégations de l’opposition syrienne et du régime syrien en février 2017, nous appelons à la mobilisation pour faire entendre la voix des Syriens et Syriennes en lutte, pour réaffirmer leurs revendications légitimes qui doivent être la base des négociations.

Evolution depuis l’échec de Genève II et Genève III :

–    Le déplacement forcé des populations des régions assiégées (régions soulevées depuis 2011) s’étend et devient une politique qui œuvre pour un changement démographique en Syrie. Les populations de ces régions sont poussées à fuir le pays ou transférées de force vers Idleb (au nord), avec la bénédiction de l’ONU. Après Darayya en septembre 2016, l’intensification des bombardements barbares russes en décembre a conduit à la destruction d’Alep-Est et au déplacement forcé de ses habitants vers Idleb. En janvier 2017 ce fut le tour de Wadi Barada (région de Damas).

–    Un accord de cessez-le-feu, orchestré par la Russie, a été signé avec l’approbation de l’Iran et de la Turquie, fin décembre 2016. Aujourd’hui et malgré le cessez-le-feu, les bombardements sur Wadi Barada ont conduit au déplacement forcé de sa population vers Idleb fin janvier, la Russie continue à bombarder Idleb !  et d’autres régions en Syrie continuent à subir les bombardements du régime syrien et de ses alliés.

Les crimes commis contre les civils continuent en Syrie et le silence de la communauté internationale continue lui aussi.

Quel bilan et quelle solution?

Plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée, on compte aujourd’hui plus de 450’000 morts, plus de 1’000’000 de blessés, plus de 325’000 arrestations et disparitions forcées, plus de 12’000 morts sous la torture documentées, et environ 13’000 exécutions sommaires dans la prison de Saydnaya seule (selon le rapport récent d’Amnesty International). Face à cette énorme souffrance de la population, infligée essentiellement par le régime Assad, seule la justice et le jugement des responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre peuvent aider à obtenir une véritable solution politique. Sans oublier que l’apparition de Daech (EI) et de ses semblables est une conséquence directe de la politique du régime Assad.

Les pourparlers de paix de Genève 4 doivent conduire à la satisfaction des aspirations du peuple syrien pour la liberté, la dignité et la justice sociale dans un Etat démocratique. Ces objectifs doivent être garantis et protégés contre les intérêts et les manipulations des puissances régionales et mondiales qui ont démontré au cours des six dernières années leur attachement exclusif à leur stratégie régionale, qui ne sert que leurs propres intérêts, comme le fait le régime Assad, sur le terrain et dans les couloirs de l’ONU.

Le défi consiste à établir et garantir les droits fondamentaux des citoyens, dans le cadre d’une Syrie unie et démocratique, libre et souveraine, rassemblant toutes les composantes de sa population, droits basés sur le concept de la citoyenneté avec des droits égaux pour tous.

Nous Syriens exigeons: 

  • Le départ immédiat du dictateur criminel Bachar Al Assad afin d’établir un gouvernement de transition représentatif des différentes composantes du peuple Syrien, en vue de tenir des élections libres et équitables pour une véritable assemblée constituante.
  • La fin du siège, de la famine imposée et des déplacements forcés dans toutes les régions assiégées.
  • La fin effective de tous les bombardements sur les quartiers et villages.
  • Le départ de tous les combattants étrangers présents en Syrieet la fin de toutes les interventions étrangères, en particulier russe, iranienne.
  • La libération de tous les prisonniers politiques, des militants, des journalistes, des civils et des combattants de la liberté détenus dans les geôles du régime tyrannique d’Assad ou celles de tout autre groupe armé en Syrie.
  • L’arrestation et le jugement de ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre ou de crimes contrel’Humanité au cours des 40 dernières années.
  • La reconstruction du pays dans le respect des personnes, et la création de conditions saines et sûres pour le retour des personnes déplacées à leurs domiciles.

Les négociations avec le régime tyrannique de Bachar Al-Assad ne devraient en aucun cas conduire à une négation des demandes légitimes du peuple syrien, sinon les Syriens n’auront d’autre choix que de continuer leur combat avec force et détermination, même au prix exorbitant de la souffrance actuelle, jusqu’à la construction d’un nouvel Etat libre et démocratique.

Hommage aux victimes de la tyrannie. Vive la révolution syrienne!

Organisé par: FemmeS pour la Démocratie avec la collaboration de …

Soutenu par: Mouvement pour le socialisme (MPS), alencontre.org, le Cercle La brèche,

Alep ne se rendra pas!

Chronique de la Syrie

L’intensification barbare des bombardements à Alep, menés par les forces du régime et par l’aviation russe, est sans précédent. En cinq jours seulement (du 15 au 20 novembre), Assad et ses alliés russes ont ciblé:

8 hôpitaux, 3 centres des casques blancs, 6 écoles, deux boulangeries, 3 centres de services, 3 associations d’aide humanitaire, ainsi que 500 immeubles résidentiels. En cinq jours plus de 300 civils sont morts, plus de 1’000 personnes ont été blessées. En cinq jours, les habitants d’Alep ont subi, entre autres, 1’180 raides aériens, 70 missiles sol-sol, 8 barils chargés de gaz mortel. Les gens à Alep assiégée attendent leur tour pour mourir et ceux qui échapperont à la mort sous les bombes attendront de mourir affamés ou bien de manque de soins médicaux.

 

Leningrade 1941

 Leningrad 1941 (Photo: http://peterswalk.com/wwii.html)

Le 20 novembre le conseil local d’Alep libre et assiégée a lancé un appel à la communauté internationale, à l’ONU et aux organisations pour les droits humains pour demander:

  • l’arrêt immédiat des bombardements sur Alep et la protection des civils,
  • la création des corridors humanitaires sous la direction de l’ONU pour acheminer des médicaments, de la nourriture et des combustibles,
  • l’organisation immédiate du lancement de l’aide humanitaire depuis le ciel en attendant l’instauration des corridors humanitaires,
  • des sanctions contre le régime syrien pour avoir bombardé les convois humanitaires à Alep assiégée et pour avoir empêché tout acheminement d’aide humanitaire.

Mais l’intensification des bombardements aériens ne se limite pas à Alep, elle touche également Idleb, les faubourgs de Homs et al-Ghouta de Damas.

Honte à la dite communauté internationale toute entière de regarder ces crimes et ce génocide en Syrie dans un silence assourdissant! « Never again »? Ce n’est que de l’hypocrisie et l’ONU devrait fermer boutique pour avoir failli à ses responsabilités en Syrie!

 FSD

STOP Talking, TAKE Action : Get Assad, Russia & Iran OUT of Syria !

Chroniques de la Syrie

Only the Syrian people representatives were not invited to Lausanne’s Talk today, October the 15th, 2016. This is why several members of FSD went to Beau Rivage Palace in order to remind the journalists of the crimes committed in Syria, of the efforts during these last five years trying to find a solution and of the Syrian people demands today.

Assad Must Go Lausanne, 15.10.2016

                      Assad Must Go, Lausanne, 15.10.2016

Main crimes committed by the Assad regime against civilians in Syria :

  • 2011-2014 Use of snipers to shoot civilians in the uprising regions
  • 2011-2012 Shootings with war ammunition against the pacific demonstrations (in Homs city and countryside, Hama city and countryside, Idleb city and countryside, Damascus countryside, Aleppo city and countryside, Daraa, Deir-Ezzor)
  • Since 2011 Massive arbitrary detention, forced disappearances and torture to death
  • Since 2011 Kidnapping and collective raping
  • 2012-2013 Collective massacres in the hot regions by shelling, knifing, burning alive (in Baba-Amr, Karm al-Zeitoun, Al-Houla, Banias, Latamneh, Darayya, Jdaydeh-Aartouz, etc.)
  • Since 2012 Siege of all up-rised regions (Daraa, Baba-Amr, al-Houla, Homs, Darayya, Yarmouk, Mou’adamyeh, Madaya, Aleppo etc.)
  • Since 2011 Starvation of besieged regions (Daraa in 2011, Homs in 2012, Yarmouk in 2013, Darayya in 2013, Yarmouk in 2013, Mou’adamyeh in 2013, Madaya in 2013, Aleppo in 2016, etc.)
  • Since 2012 Shelling of Hospitals, Markets, Schools, Bakeries, Houses, etc.
  • Since 2012 Use of ballistic missiles
  • Since 2012 Aviation shelling (explosive barrels, cluster bombs, vacuum bombs, white phosphorus bombs, chemical weapons, etc)
  • Since 2012 Intervention of Shiite sectarian militias in Syria on the demand of Assad regime (Hezbollah, Iranian militias, Irakian militias, etc.)
  • Since 2015 Intervention of Russian military aviation, on the demand of Assad regime, with several kinds of conventional and non-conventional bomb shelling.
  • Since 2016 Shelling with anti-bunker bombs by the Russian aviation.
  • Since 2012 Forced displacement of Syrians in the besieged areas and forced demographic change
  • What’s next ? Nuclear bombs ?

Today Syrian forces, Russian forces and Iranian forces operate hand in hand to exterminate all civilian Syrian population suspected of sympathizing with the uprising. !!!

Putin Go Home, Lausanne 15.10.2016

Putin Go Home, Lausanne 15.10.2016

Assad is burning Aleppo, Lausanne 15.10.2016

Assad is burning Aleppo, Lausanne 15.10.2016

Attempts to « solve » the Syrian crisis :

Nov. 2011 : Arab League Peace Plan. Ceasefire broken by the Syrian regime. Failed.

Dec. 2011-Jan. 2012 : Arab League Observer Mission under Dabi’s supervision. Failed.

Jan.-Feb. 2012 :   First UN security council resolution proposal vetoed by China and Russia. Failed.

Feb.-Jun. 2012 : United Nations Peacekeeping Mission under Kofi Anan’s supervision. Failed.

Jun. 2012 :  Geneva meeting – Agreement on political transition. Failed.

Oct. 31st 2012 :  Brahimi’s ceasefire attempt, broken. Failed.

May-June 2013 :  Discussion on Geneva II. Postponed. Failed.

Sept. the 14th 2013 : Agreement between Lavrov and Kerry, on a procedure on chemical weapons control…Since this date, more than 135 chemical attacks committed by the Assad regime forces in different areas of Syria (according to SN4HR) have been reported. Failed.

Jan.-Feb. 2014: Geneva II negotiations under supervision of Brahimi. Failed.

Jan.-Jun. 2016: Geneva III peace talks with the supervision of De Mistura. Failed.

Oct. 2016: Fifth UN security council resolution proposal vetoed by Russia. Failed.

Veto the Veto, Lausanne 15.10.2016

               Veto the Veto, Lausanne 15.10.2016

Since March 2011, after committing crimes against Humanity, destroying the country, killing more than 400’000 people, mostly civilians, Assad, the worst assassin of recent times, is still called Mr. President by the international community.

SYRIAN PEOPLE WANT TO GET RID OF ASSAD NOW, TO BRING HIM TO COURT AND TO START A TRANSITION WITHOUT THIS CRIMINAL REGIME!!!

Evacuation forcée et changement démographique en Syrie

L’évacuation forcée des zones assiégées a commencé dès 2011, mais les Syriens pensaient que leur déplacement n’était que provisoire. Actuellement et avec l’importation des populations chiites iraniennes, irakiennes et libanaises en Syrie, il devient très clair que l’exode des Syriens fait partie d’une stratégie délibérée du régime syrien et de son principal allié, l’Iran. Le but est de changer le pourcentage des communautés en Syrie, et donc d’effectuer un changement démographique pour augmenter le pourcentage de la population chiite.

Rassemblement devant la Mission permanente de la Russie auprès de l'ONU, 07.10.2016

Rassemblement devant la Mission permanente de la Russie auprès de l’ONU, 07.10.2016

Voici une liste non-exhaustive dates liées à l’exode des Syriens:

– En 2011 les forces du régime ont poussé les habitants de plusieurs villages de Jisr-al-Choghour à fuir la mort vers la Turquie.
– En 2012 les forces du régime ont pénétré à Baba-Amr suite au siège et aux bombardements intensifs du quartier. Les habitants ont dû fuir pour échapper à la barbarie de ces forces. Bien sûr ils ont été traqués pendant et après leur exode.
– En 2013 les habitants de al-Qusseir ont vécu ce même exode suite au siège et aux bombardements massifs, les habitants ont été traqués de la même façon pendant leur exode. L’hôpital de Yabroud qui recevait les blessés a alors été bombardé. L’un des médecins qui a vécu l’exode à al-Qusseir a lancé un appel au secours au CICR qui est resté sans aucune réponse! Aujourd’hui, al-Qusseir héberge des familles chiites du Liban (en particulier les familles des combattants de Hezbollah).
– En 2014 Homs a vécu l’évacuation forcée suite à deux ans de siège, de faim imposée et de bombardements quotidiens . Cette fois l’évacuation s’est fait avec la bénédiction de l’ONU. La majorité des habitants ont été déplacés à al-Waer qui subissait déjà un début de siège!
– En 2016 Darayya, qui symbolise la révolte pacifique populaire, a été évacuée suite à 4 ans de siège, famine, bombardements… et ses habitants ont été déplacés vers d’autres régions des faubourgs de Damas déjà assiégées!
Bientôt on vivra l’évacuation d’al-Waer, de Mou’adamyeh, d’al-Zabadani, Douma, … et d’Alep-Est!

Le principale but est d’étouffer la révolution syrienne avec la bénédiction de l’ONU et la complicité de la Russie et de l’Iran!
L’ONU, sous contrôle des puissances mondiales, est donc complice dans l’évacuation forcée des Syriens!

Si l’ONU défend l’agresseur, la dictature et les Etats dominants, alors L’ONU n’a plus de rôle, son Conseil de Sécurité devrait être renommé « Conseil de Guerre », sa dissolution est alors la seule issue acceptable pour les peuples opprimés du monde!

Genève, ONU, 25.04.2014

Genève, ONU, 25.04.2014

SYRIE: Kerry et Lavrov chantres d’une politique internationale totalement immorale

Chronique de la Syrie

Le 14 septembre 2013 il y a tout juste trois ans, un accord a été conclu entre Kerry et Lavrov pour sauver le régime Assad suite à son utilisation d’ armes chimiques à al-Ghouta en Syrie le 21 août 2013; un massacre qui a fait plus de 1400 victimes, dont plus de 310 femmes et enfants, en une seule nuit.

Sauvez les enfants en Syrie!

Victimes des armes chimique le 21 août 2013!

Cet accord avait pour but de sauver le régime Assad, mais aussi et surtout d’arranger Israël en neutralisant l’arsenal chimique de la Syrie. L’accord ignorait totalement les victimes, qui n’ont même pas reçu d’aide de l’ONU pour les soins. Du coup, et sans aucun égard pour les victimes, les responsables de ce crime ont échappé à la justice et sont toujours en liberté, coup mortel donné à la justice internationale. Cet accord est le produit de soi-disant arrangements politiques des puissances mondiales qui ont encore une fois terni le visage de la politique internationale. Yassin Al Haj Saleh, écrivain syrien, écrit dans son article que ce jour du 14 septembre 2013, il y a eu trois cadavres de plus: ceux de la vérité, de la justice et de la politique et il n’a pas tort.

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Le 10 septembre 2016, trois ans plus tard, Kerry et Lavrov viennent à nouveau de conclure un accord sur la Syrie, pour donner le coup de grâce à la révolution syrienne. Un accord survenu après avoir laissé largement le temps à Assad, en lui accordant délai après délai, d’épuiser les régions assiégées par la famine et les bombardements, mais cette fois pas seulement par les forces du régime mais aussi par celles de la Russie, avec l’aide des milices sectaires chiites de l’Iran, du Hezbollah, de l’Irak et d’ailleurs. Cet épuisement a conduit à « l’évacuation » de la population dans plusieurs régions (comme Darayya, Moua’damiya, et bientôt à al-Waer), sous surveillance onusienne. Une évacuation qui signifie en réalité un changement démographique forcé de la population dans ces régions où l’on remplace les habitants actuels par des chiites importés d’ Irak, d’Iran et du Liban, avec la bénédiction de l’ONU! Les trois points divulgués de l’accord de Kerry et Lavrov sont: un cessez-le-feu à partir du 12 septembre, l’acheminement de l’aide humanitaire et surtout un combat commun contre le terrorisme. La révolution est oubliée totalement et le dictateur et ses crimes aussi. Cet accord nomme Daech et al-Nosra comme organisations terroristes à combattre en Syrie mais oublievolontairement les milices sectaires chiites pro-régime! Un accord dont se dégage la puanteur d’une politique internationale totalement immorale!

Il est bon de noter que dans l’intervalle entre la conclusion de l’accord et son entrée en vigueur, les civils en Syrie ont vécu l’enfer de l’intensification des raides aériens russes et syriens à Idleb, Alep assiégée et Douma. A Idleb on dénombre 62 victimes parmi les civils dont 13 enfants pour les seuls bombardements de samedi 10 septembre qui ont ciblé le marché la veille d’El-Eid.

Rappelons-nous que depuis 2013, les enfants et les civils syriens continuent à suffoquer sous des bombardements au chlore dans les régions sous contrôle de l’opposition… Le réseau syrien des droits humains a documenté 137 utilisations du chlore par les forces du régime  depuis septembre 2013, et les criminels restent libres, ne sont jamais qualifiés de terroristes, mais de gouvernement « légitime »!

Alep: Halte aux bombardements, Pour le respect du droit d’y rester

Appel au rassemblement devant l’ONU à Genève,
vendredi 5 août 2016 de 17h00 à 18h30
C’est dans le cadre d’une campagne générale « En Colère pour Alep », organisée par des activistes syriens, que FSD lance cette mobilisation.
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         Rassemblement à Genève pour Alep

Le 11 juillet 2016 un appel urgent a été lancé par le conseil local le la ville d’Alep:
« Le Conseil Local de la ville d’Alep, élu démocratiquement pour représenter plus de 400.000 personnes vivant à Alep, tient à informer les partenaires politiques sur la scène internationale, ainsi que les organisations civiles, les ONG et les médias que les civils vivent sous la menace d’une catastrophe résultant du siège imposé par le régime Assad, avec l’appui des mercenaires iraniens et des miliciens de Hezbollah, et soutenu par l’aviation russe, qui vient de couper l’unique voie de ravitaillement en nourritures et en carburant pour les civils.». Depuis le 17 juillet, Alep est sous siège complet, ce qui conduit à un manque de nourriture voire une famine, un manque de matériel médical et des soins appropriés aux malades et aux blessés. L’intensification des bombardements de l’aviation ces derniers jours et le ciblage des hôpitaux accentuent par ailleurs la souffrance de la population sous siège. L’UOSSM a publié des témoignages vidéo des médecins d’Alep à ce sujet.
Le réseau syrien pour les droits de l’homme annonce le chiffre effrayant de 80 établissements détruits par ces attaques au premier semestre, 81 membres du personnel médical et casques blancs tués durant la même période. Depuis le début du conflit en 2011, plus de 700 médecins et personnels médicaux, ont été tués lors d’attaques d’hôpitaux selon le président de la commission d’enquête de l’ONU sur les droits de l’Homme en Syrie, le Brésilien Paulo Pinheiro, qui s’est exprimé à Genève le 21 juin 2016.
“Nous enjoignons la France et la communauté internationale à tout mettre en oeuvre pour arrêter les bombardements, protéger les hôpitaux et le personnel médical ainsi que les populations civiles syriennes. Nous ne pouvons rester aveugle à cette catastrophe humanitaire et sanitaire que subit la Syrie suite aux attaques aériennes incessantes” , appel du Dr Ziad Alissa, président de l’UOSSM France.
Nous nous joignons à l’UOSSM pour appeler l’ONU et la communauté internationale à faire face à leurs responsabilités, à intervenir fermement pour stopper les bombardements, protéger les institutions médicales, le personnel médical et la population civile à Alep, mais également à intervenir pour imposer le cessez-le-feu partout en Syrie et agir pour instaurer une transition politique sans Assad et son régime, qui sont les principaux coupables de la destruction de la Syrie et de son tissu social. Pour instaurer une paix durable, il est primordial de commencer par amener les criminels de guerre et les responsables de crimes contre l’humanité devant la justice, au sein du régime Assad, mais aussi ceux qui agissent au nom de Daech et ses semblables. L’impunité et l’injustice sont à l’origine de l’augmentation de la violence en Syrie et dans tout le Moyen-Orient, ainsi que des débordements de violence actuels sur l’Europe.
Venez nombreux pour dire
STOP au bain de sang en Syrie, STOP aux sièges et à la famine imposée.
OUI à une solution politique qui oeuvre pour une Syrie démocratique et qui garantit la justice, pour permettre une paix durable.
Rassemblement organisé par la diaspora syrienne et initié par FemmeS pour la Démocratie.
Soutenu par: Mouvement pour le Socialisme (MPS), SolidaritéS

Détenus en Syrie, que fait l’ONU?

Mercredi 22 juin 2016 16h30…
seuls une cinquantaine de personnes et un journaliste ont répondu à l’appel de FSD au rassemblement devant l’ONU. Pourtant le thème concernait les détenus en Syrie, qui risquent leur vie au quotidien, thème qui touche aux droits de l’homme et qui fait l’objet d’une charte de l’ONU!

Plus significative encore l’absence totale d’intérêt des personnes sortant de l’ONU à la fin de leur journée de travail, employés et diplomates confondus. Aucun n’a jugé utile le détour de quelques pas pour s’intéresser au thème du rassemblement. Mieux, la plupart modifièrent leur trajectoire pour éviter de recevoir un petit tract explicatif!

Distribution de tracts pour les détenus en Syrie, devant l’ONU à Genève, le 22.6.2016.

Distribution de tracts pour les détenus en Syrie, devant l’ONU à Genève, le 22.6.2016.

Il semble pourtant évident que les mobilisations organisées devant l’ONU sont en lien direct avec l’actualité de l’un ou l’autre des pays membres et, en principe, avec les activités supposées de l’ONU…Une question s’impose donc: quel est le rôle de l’ONU? et surtout , quelle est la motivation des personnes qui y travaillent? Juste l’argent, la posture et le “I feel deeply concerned” cher à Ban Ki-moon?

Ce qui se passe quotidiennement dans les centres de détention syriens est un crime contre l’Humanité et une violation de la charte des droits de l’Homme! Ce qui veut dire que l’ONU devrait se sentir concernée et s’impliquer en premier chef… Mais nous tous qui partageons les valeurs humaines les plus élémentaires devrions nous sentir concernés aussi; et nous devrions nous indigner du silence assourdissant de la communauté internationale et de l’ONU devant ces exactions abominables. Mais les Syriens restent désespérément seuls dans leur lutte pour les droits de l’homme.

La cage portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

La cage portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

Les participants au rassemblement se sont encagés sur la place des Nations pour symboliser la détention en Syrie; ceci dans le cadre de la campagne organisée à l’initiative des « Survivants de la Détention en Syrie » intitulée « Les Détenus D’abord”, avec pour but de faire porter la voix des détenus au-delà des murs de leurs prisons et au-delà de la Syrie. On estime leur nombre à 325’000 détenus et le nombre de morts par jour à 50 personnes.

FemmeS pour la Démocratie et le Réseau des Femmes Syriennes, co-organisateurs du rassemblement, se sont joints à l’initiative des « Survivants de la Détention en Syrie » pour cette campagne. Ils s’y sont joints aussi et surtout pour dénoncer l’utilisation de la libération des détenus dans le chantage politique lors des pourparlers, et pour réaffirmer que la libération des détenus doit passer avant toute négociation, conformément à la résolution 2254 de l’ONU.

Les activistes syriens encagés portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

Les activistes syriens encagés portant de nombreux portraits de détenus dont on reste sans nouvelles.

Ibrahim Malki, avocat défenseur des détenus et activiste syrien réfugié en Suisse, qui a vécu lui-même la détention à quatre reprises pendant la révolution a parlé pour eux:
« … En Syrie il n’y a pas de prisons, il y a juste des centres de détention…
Le régime syrien est très créatif pour ses méthodes de répression et de torture…
Affamer les détenus en est une… dans l’un de ces centre de détention, le repas se limitait à un oeuf pour sept détenus…
Le régime Assad n’a rien à voir avec un régime politique, c’est un gang de criminels… ».

FSD

Rassemblement « Les Détenus D’abord »

Appel à un rassemblement de solidarité avec les détenus en Syrie
« Les détenus d’abord »
Mercredi 22.06.2016, 16:30 – 18:30, à la place des Nations, Genève

FSD se joint à la campagne été lancée à Paris le 11 juin 2016, et invite la diaspora syrienne et tous les amoureux de la liberté à se mobiliser en solidarité avec les détenus en Syrie, qui risquent leur vie dans l’obscurité. La question des détenus et de leurs conditions de détention est sans doute la question la plus douloureuse et la plus traumatisante pour le peuple syrien.

La documentation des cas des détenus reste un travail très difficile en Syrie à cause des craintes de représailles. Le nombre réel des détenus est estimé à 325’000 et le nombre de morts parmi les détenus est estimé à 50 par jour. Depuis 2011, plus de 11’000 détenus sont certifiés morts sous la torture, dont 157 enfants et 62 femmes.

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                          Les Détenus D’abord

Nous rappelons ici le texte de la campagne « Les détenus d’abord »:

« Les détenus sont la boussole de la révolution!
Les détenus d’abord

La politique internationale a négligé la cause de la libération des détenus d’opinion syriens et celle des otages innocents, ce qui amène à se poser des questions sur l’affaiblissement des droits fondamentaux. La cause des détenus a en effet été manipulée politiquement, en lien avec les accords politiques entre les parties au conflit (par la Russie, et les États-Unis d’Amérique).

La cause de la libération des détenus est soumise au chantage politique, ce qui est inacceptable pour les syriens, et pour tout être humain.

Nous condamnons l’incapacité du Conseil de sécurité d’appliquer l’article 12 de la résolution 2254 de l’ONU, qui exige, de manière explicite, la libération des détenus, surtout les femmes et les enfants.

Nous demandons à la communauté internationale de mettre en oeuvre ces dispositions sans délai.»

Nous commencerons notre rassemblement par une minute de silence pour les martyres de la révolution et en particulier pour les Syriens morts en détention. Nous lirons ensuite des témoignages d’anciens détenus.

Nous invitons les participants à prendre avec eux des photos de détenus syriens.

Syrie, Russie et justice transitionnelle – Forum L’Autre Genève

Forum L’Autre Genève

Dans le cadre de ce forum qui a eu lieu les 27 et 28 mai 2016, la parole a été donnée à des représentant.e.s de la société civile syrienne que le régime syrien s’efforce de rendre invisible. Nous publions ici certaines de ces contributions. Ibrahim Malki est intervenu dans l’atelier Syrie-Russie.

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Syrie, Russie et justice transitionnnelle

Par Ibrahim Malki, avocat

(Texte traduit de l’arabe)

MALKI Ibrahim est un avocat, membre de la Commission de défense des détenus d’opinion, notamment suite à la Déclaration de Damas (2005). Il a été arrêté en 1997, puis en 2011, en 2012 et nalement le 3 novembre 2013 avant de devoir s’exiler. Membre fondateur du collectif des avocats syriens. Il a participé à diverses commissions visant à établir les principes d’une justice transitionnelle.

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Atelier Syrie-Russie, le 28 mai 2016

La violence est un produit naturel de la culture des régimes tyranniques qui favorisent la voie de l’assassinat, de la criminalité, de l’esprit mafieux et de la théorie du complot: « celui qui n’est pas avec moi est forcément contre moi ». C’est ce que le régime syrien a pratiqué depuis plus de quarante ans, avec le soutien de régimes totalitaires et répressifs qui lui ressemblent, au moins structurellement et mentalement, comme l’Iran, la Russie et les milices chiites, s’immergeant ainsi dans un monde de sauvagerie.

La Révolution syrienne a commencé par un soulèvement de la société civile syrienne, et elle est soudain devenue la cause de tous. C’est pourtant la jeunesse syrienne libre, aimant sa patrie et assoiffée de liberté, de justice et d’égalité, qui a porté la révolution. La réaction du régime a été la violence et la criminalité, et ce mouvement révolutionnaire a dû affronter les tirs à balles réelles et les bombardements de toutes sortes. Nous pouvons donc affirmer que le terrorisme, la violence et la réponse à la répression ne faisaient pas partie du mouvement initial de la révolution syrienne, et qu’ils en constituent un élément imprévu.
Pour soutenir sa violence contre la population, le régime a eu recours à des forces obscurantistes, internes et externes au pays, à forte tendance chiite, familières de l’usage de représailles et de la vengeance. Il a ainsi ouvert les portes de la Syrie à l’extrémisme, piétinant toutes les lois. Il a également introduit les Russes et les Iraniens comme soutiens de son pouvoir, contrairement à toutes les lois et conventions relatives à la protection de l’Etat, utilisant le principe de la liberté de l’Etat dans la gestion des affaires intérieures et extérieures, oubliant que cette liberté est limitée par les règles du droit international, notamment en matière de respect des droits de l’homme, et ignorant le fait qu’il s’agissait là d’une révolte interne contre l’injustice et ses conséquences.

La position russe dans la Révolution syrienne

Les Russes sont entrés de plein pied dans le conflit syrien dés le premier jour, de par leur triple veto aux conseil de sécurité des Nations Unies, empêchant ainsi toute solution politique en Syrie. A cette époque, la révolution syrienne était dans sa phase pacifique, exigeant la liberté, la dignité et une réforme constitutionnelle globale. La position russe a évolué ensuite progressivement, jusqu’à l’intervention militaire directe de son aviation, l’apport d’armes au régime, et son intervention dans les négociations de Genève.
La Russie, après avoir re-équilibré les forces en présence en faveur du régime, semble aujourd’hui pressée de chercher une solution qui satisfasse le régime. Ceci pour plusieurs raisons: socio-économiques internes à la Russie d’abord, et internationales liées à l’occupation par la Russie de plusieurs territoires ensuite; d’où la pression énorme exercée sur l’opposition afin de la faire revenir à la table des négociations aux termes et aux conditions fixées par le régime et par la Russie. L’objectif immédiat est d’abaisser le plafond des aspirations au changement de l’opposition et d’obtenir une solution politique qui satisfasse aux intérêts russes sur la scène internationale, et qui par ailleurs ne diffèrent pas, sur le fond, de la solution voulue par le régime syrien, qui vise à rester au pouvoir. Mais il y a aussi d’autres motivations à cette hâte, dont :

  • Le fait que l’administration américaine ne va pas vers l’escalade, et se limite à une gestion laxiste de la question syrienne, de plus son mandat expire à la fin de l’année.
  • L’évidence que la Russie n’est pas sûre de pouvoir travailler et collaborer avec la prochaine administration américaine, y compris avec la démocrate Clinton.

L’échec des négociations de Genève, voulu par l’Iran et par le régime syrien, serait gênant pour les Russes qui œuvrent pour imposer rapidement et à eux seuls une solution favorable au régime. C’est dans ce but que la Russie frappe le pan militaire des forces de la révolution modérée (pour être tout à fait clair: la Russie n’a jamais frappé Daech comme elle le prétend, ce qui a poussé les américains, les français et les britanniques à contrecarrer les tentatives Russes à Alep, en soutenant l’opposition).

Les différences de vues entre Moscou et les Etats du Golfe, dirigés par l’Arabie saoudite, ont empêché le retour des négociations syriennes à Genève, ce qui montre qu’il y a un grand écart entre leurs positions respectives. De plus, le Haut Comité de Négociation de l’opposition a tenu à ce que la résolution 2254 soit mise en œuvre, résolution qui prévoit la formation d’un corps de gouvernement transitoire doté de tous les pouvoirs. De leur côté, les Russes, qui tiennent à maintenir Assad au pouvoir, disent que c’est « au peuple syrien de décider du sort de son pays », discours fallacieux et mensonge flagrant destiné à contrecarrer la volonté des Syriens et à les soumettre à la volonté des Russes. Ces derniers ont en effet pour but d’étendre leur influence sur la nouvelle Syrie, parce qu’ ils considèrent la révolution syrienne comme un règlement de comptes et un moyen de revenir sur la scène internationale en tant que superpuissance. Les Russes ne veulent pas d’une Syrie démocratique, civile, construite par ses propres citoyens, nous en sommes convaincus.

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Assad, noeud du désaccord entre les Américains et les Russes

Les Russes essaient d’imposer le maintien d’Assad à tout prix sous prétexte qu’à leurs yeux personne ne peut remplacer Assad. Ceci constitue un désaccord fondamental avec le peuple syrien, avec les Américains et avec tous les amis du peuple syrien. Les Russes ne sous-estiment pas pour autant la volonté d’Obama de faire “ce qu’il pense juste” à n’importe quel moment, ce qui constitue l’essence même de la position américaine affichée.
Les Américains sont conscients de la grande distance qui sépare les positions de Washington et de Moscou relatives à une solution politique en Syrie. Toutefois ils sont d’accord pour interdire de laisser l’une des parties s’emparer d’une victoire militaire, ceci en raison de la spécificité du cas syrien. Car si l’une des parties est vaincue sur le terrain, cela signifierait l’impossibilité d’une solution politique. D’accord avec la partie russe, la chute du régime n’est donc pas acceptable, ni sa victoire. De même une victoire militaire de l’opposition n’est pas permise, ni son effondrement, et chacun a ses arguments.
Les Russes disent ne pas vouloir d’une scène similaire à la Libye d’après la chute de Kadhafi, et les Américains partagent cette opinion. Les deux parties préfèrent donc gérer la crise, voire la prolonger. De plus il est évident que les Russes n’accepteront pas le départ d’Assad, ni sa chute.
La question qui subsiste dès lors est la suivante: les Russes et les Américains préfèrent-ils, au stade actuel, le chaos à une solution, pour différentes raisons, dont la présence de Daech, de Jabhat Al-Nosra et des innombrables milices chiites?
Pour être un peu plus clair: il faut réaliser que la défaite de la révolution serait une défaite de l’Amérique. Sans les Américains et les « amis » du peuple syrien, les Russes auraient écrasé la révolution syrienne. Le fait de multiplier les contradictions ajoute à la confusion et conduit à la prolongation du conflit et à la poursuite des combats. Cependant, aujourd’hui, ce sont bien les Russes qui perturbent les chances d’une solution politique et l’application de l’accord de Genève 1.

II est certain que, profitant de l’absence de résolution de l’ONU pour mettre fin à la souffrance des Syriens, le Kremlin considère son intervention en Syrie comme un excellent coup stratégique, qui lui a permis de d’établir de nouvelles bases dans la région. Cette nouvelle influence russe pourrait prendre la place de celle des Etats Unis, qui tendent à se désintéresser de cette région. Une telle volonté a par ailleurs été clairement exprimée lors de la rencontre de Lavrov avec les représentants des pays du Golfe.

La pierre d’achoppement majeure dans notre crise à nous, Syriens, semble donc être:

  • L’ inefficacité des forces de l’opposition politique à obtenir les soutiens nécessaires et leur incapacité à formuler des revendications en accord avec les aspirations du peuple qui s’est soulevé.
  • Cette lacune et la faiblesse structurelle des forces de l’opposition ont conduit à une mainmise des forces extérieures sur le trajectoire et les orientations de la révolution.

La Révolution syrienne doit insister sur l’application des décisions des Nations Unies (Genève 1 et la résolution 2254) pour obtenir la formation d’un organe de transition avec les pleins pouvoirs. Au nom de ses pouvoirs, cet organe devrait œuvrer ensuite à la mise en place d’une commission constitutive ou d’une conférence nationale pour formuler une constitution syrienne temporaire ou une vision constitutionnelle dont le but serait de défaire l’ « état sécuritaire » actuel qui ne produit qu’oppression et tyrannie.

Constitution et justice transitionnelle

Le Haut Comité de Négociation doit aujourd’hui s’en tenir aux règles du droit international, aux décisions de Genève 1 et à la résolution 2254, ceci afin d’embarrasser le régime syrien, qui a tout intérêt à la prolongation du conflit et à l’absence de toute possibilité d’un règlement qui produirait une solution dans laquelle il se trouverait perdant.

Les Syriens ont besoin d’une constitution temporaire opérationnelle qui permette de légiférer pendant la période transitoire, qui est l’une des étapes décisives de la transition de l’état de guerre à l’état de reconstruction. Cette constitution doit piloter, soutenir et protéger la transition. C’est un cadre juridique transitoire incontournable pour la phase de transition. Cette constitution provisoire doit inclure un nouveau contrat social pour les Syriens, car elle constitue une occasion historique pour que le changement se fasse de manière appropriée et en phase avec la justice syrienne à venir. De cette façon une nouvelle identité nationale qui rassemble les syriens de manière non coercitive pourrait naître. Cette nouvelle identité pourrait alors résoudre les problèmes liés à la justice transitionnelle. Les organisations de la société civile doivent y tenir un rôle important, afin de diffuser une culture de tolérance et de réconciliation, soutenue par la Constitution, après la période de jugement des responsables de crimes. Nous avons besoin premièrement du jugement, deuxièmement de la réconciliation, et troisièmement du pardon, suivant en cela l’exemple de l’Afrique du Sud , qui a profité du génie de Mandela en la matière.
C’est aux familles des victimes que revient le droit d’établir un chemin de réconciliation et de pardon, et c’est à la loi de juger ceux qui sont tenus responsables. Pour arriver à ce stade, nous avons besoin de nouveaux cadres politiques et d’organisations efficaces de la société civile, qui cherchent une réforme substantielle, à la mesure du challenge posé par la création d’un nouveau système politique, légal et législatif.