Le régime Assad c’est ça: 4

«Parce que mes chaussures ressemblaient à celles d’une autre, j’ai perdu ma virginité et ils m’ont violée en bande et à répétitions!»

Témoignage de l’ancienne détenue Aaïda al-Haj Youssuf*, Traduit par FSD d’un article paru sur Zaman al-Wasl le 27.11.2018, en arabe:  

Prison de Aadra, Damas

Dans les prisons d’Assad -où se passent les pires exactions criminelles- les moments sont tous pareils, les minutes peinent à passer, chaque jour ressemble à son précédent, les visages peuvent changer, mais la souffrance accumulée est la même et c’est elle qui prévaut, avec de légères différences dans les détails des histoires des détenues; des histoires qui restent pourtant similaires.

Certains des événements douloureux qui nous ont le plus affligées, moi et les autres détenues, sont profondément ancrés dans ma mémoire et ne la quittent jamais. Les plus marquants se passaient pendant cette heure du soir où des femmes détenues dans les branches du service de renseignement (Moukhabarat) sont amenées à la section des accusées de terrorisme de la prison d’Aadra. Pendant ces moments toutes les prisonnières de cette section s’affairaient  comme des abeilles pour essayer de soulager la souffrance des nouvelles arrivées. Elles s’activaient  pour chauffer de l’eau pour les douches, pour faire de la place dans la cellule collective, pour arranger les restes de nourriture et rechercher des vêtements usés ici et là, souvent sans succès.

Après un séjour sinistre dans les branches des Moukhabarat, il y a parmi ces femmes qui arrivent à la prison de Aadra, celles qui quittent la prison dès la première session du semblant de procès qui suit, et d’autres qui attendent encore aujourd’hui leur libération ou une décision à leur sujet.

Un soir, un mois environ après mon arrivée dans cette prison, les Moukhabarat ont transfèré à la section du « terrorisme » de Aadra des femmes dont la majeure partie avaient été préalablement détenues dans la branche des Moukhabarat de l’armée de l’air. Parmi ces femmes, il y avait une jeune femme de 23 ans, brune, maigre, grande, vêtue d’un manteau noir, d’un voile noir et de chaussures blanches. Elle pleurait le plus souvent, puis se calmait sans réelle raison. Sa fatigue et son épuisement étaient bien visibles. De nombreuses cicatrices couvraient tout son corps: des hématomes, des traces de brûlures, des traces d’électrocution et des tâches de couleur rose indiquant la cicatrisation d’autres blessures. Il était évident qu’elle avait subi une torture extrêmement dure. Cette jeune femme était très semblable à toutes les autres détenues, mais d’elle se dégageait un sentiment de bonté et d’infinie simplicité.

En parlant avec elle pour la réconforter j’appris qu’elle était détenue depuis quatre mois suite à son arrestation par les Moukhabarat près de la campagne est de Damas, que lors de son arrestation elle portait une burqa qui lui a été  confisquée immédiatement, et qu’elle n’avait reçu qu’une éducation primaire. Elle m’a demandé si le saignement vaginal dont elle souffrait affecterait sa santé. J’ai été choquée quand elle m’a confié ses craintes d’être enceinte parce qu’elle avait perdu sa virginité dans la branche des Moukhabarat de l’armée de l’air lors d’un viol qu’elle y avait subi. Elle m’a rapporté que son violeur disait: «C’est ça ce que vous vouliez, c’est de votre faute si on en est arrivé là. C’est vous les traîtres et les collaborateurs». Elle m’a dit, et son visage traduisait sa honte, que plusieurs membres de cette branche se sont succédés pour la violer à plusieurs reprises. Et elle a ajouté, “ces salauds ne m’ont même pas donné une pilule pour éviter une grossesse, et pendant ces quatre mois je n’ai pas pu me laver une seule fois ». Elle m’a demandé si elle devait informer sa famille des viols dont elle avait été victime. Ne sachant quoi lui conseiller j’ai évité de lui donner une réponse. En même temps, j’ai senti la colère monter en moi et une tension énorme m’envahir car j’aurais tellement voulu lui dire oui, il faut absolument en parler. Beaucoup de femmes détenues ont subi le même sort que cette jeune femme et la plupart d’entre elles ont gardé ce secret pour elles!

Elle avait besoin de comprendre les raisons de la torture qu’elle avait subi. Ils l’avaient torturée pour lui extorquer les « aveux » qu’ils voulaient entendre, à savoir une supposée aide apportée aux « groupes armés » et de prétendues visites aux quartiers généraux secrets de ces derniers près de Damas. Elle ne pouvait rien reconnaître de tout cela car elle n’y comprenait rien.

Une semaine plus tard, elle a comparu devant le tribunal « contre le terrorisme». Le juge a ordonné son arrestation pour avoir aidé et financé les groupes armés! Elle a donc été renvoyée à la prison d’Aadra. A son retour, elle était complètement effondrée et  criait « Dites-moi  ce que j’ai fait pour mériter l’emprisonnement? ». J’aurais voulu lui répondre: « Ma petite, personne ne peut te dire pourquoi… car aucune des femmes qui sont dans cette section de la prison ne sait  pourquoi elle a été arrêtée et la majorité des accusations contre ces femmes sont fausses. Certaines sont accusées de livraison de pain ou de médicaments dans les zones assiégées, d’autres d’avoir soigné des blessés, ou encore d’avoir passé des informations. Ma petite, ici, toute action qui montre un peu d’humanité conduit à est une accusation qui pourrait t’amener à une exécution sommaire ou  à une mort lente en détention». 

Le cas de cette jeune femme n’a pas attiré l’attention de « Miriana », la « Poule d’or »** du directeur de la prison de Aadra, dont nous avons parlé dans les témoignages précédents, parce qu’elle était issue d’une famille pauvre. Au cours de son emprisonnement à Aadra, elle aidait d’autres femmes détenues, plus aisées financièrement, dans le but de gagner une petite somme d’argent pour pouvoir obtenir des produits d’hygiène et pour couvrir les frais de communications téléphoniques avec ses proches.

Deux mois et demi plus tard, elle a été surprise de recevoir la décision de sa libération dans laquelle elle a pu lire « arrêtée par erreur, à cause d’une similitude de chaussures ». A ses parents on a expliqué son arrestation  par le fait qu’une jeune femme travaillant avec les groupes armés aurait été sous surveillance des Moukhabarat et aurait porté des chaussures similaires à celles de leur fille! 

En guise d’adieu, ses derniers mots me furent adressés avec une voix innocente et une expression désemparée: «A cause d’une ressemblance de chaussures, j’ai perdu ma virginité et j’ai subi des viols répétés!».

Pendant ses quatre mois de détention dans les sous-sols de la branche des Moukhabarat d’Assad, les géôliers n’ont pas pu extorquer des aveux à cette jeune femme, malgré la torture, et n’ont su, comme des monstres déchaînés , que la violer et lui enlever ce bien si important pour une femme orientale, sa virginité!

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* Aïda al-Haj Youssuf a passé 8 mois à la prison d’Aadra en 2017, suite à son arrestation en décembre 2016 et sa détention dans une branche des Moukhabarat. A sa libération elle a fui la Syrie vers la Turquie et depuis elle publie ses témoignages, qui lui ont valu d’être agressée physiquement

https://en.zamanalwsl.net/news/article/37723/ 

** Miriana est une détenue à la prison d’Aadra, qui intervient auprès des détenues fortunées  comme  bras du directeur de la prison, pour leur soustraire de l’argent. En contre-partie elle a les faveurs du directeur.

https://www.zamanalwsl.net/news/article/94860/

Le Régime Assad c’est ça: 3

Destruction de la tombe de l’activiste pacifiste Ghiyath Matar (l’homme qui distribuait des roses et de l’eau aux soldats de Bachar, son corps mutilé a été rendu à sa famille quatre jours après son arrestation.)

Article écrit par Maher Sharaf-el-Dine le 17.12.2018 et traduit de l’arabe par FSD.

« Marchons sur les pas de Ghiyath Matar… », Manifestation à Damas en août 2012. Source ici

Le régime Assad a détruit la tombe de Ghiyath Matar.

Le meurtre de la révolution est terminé, le moment est venu de mutiler son corps.

***

Ghiyath Matar n’étant pas un martyre comme les autres, sa tombe ne sera jamais une tombe comme les autres, surtout dans un pays gouverné à partir d’une tombe comme la Syrie (qui n’a pas entendu  Bachar Assad dire -au début de son règne- que son père gouvernait la Syrie depuis sa tombe? De plus, la famille Assad gouverne le pays  par biais du parti al-Baath dont le nom vient du vocabulaire des morts: Baath signifie résurrection).

Ghiyath Matar était bien plus qu’un martyre de la révolution et sa tombe était bien plus qu’ un peu de terre jetée sur son corps, dont par ailleurs plusieurs organes avaient été prélevés par ses assassins.

Quiconque n’a pas compris le caractère citoyen de la révolution syrienne, ne peut pas reconnaître l’importance du message de Ghiyath Matar.

Quiconque n’a pas compris que la nature citoyenne de la révolution syrienne terrifiait davantage les généraux du régime que la résistance armée ne peut pas comprendre l’assassinat de Ghiyath Matar.

Les roses et les bouteilles d’eau offertes par Ghiyath Matar et ses camarades aux soldats de Bachar étaient pour le régime comme des engins explosifs placés sous le trône de Bachar al-Assad. Une rose dans la main d’un soldat était une balle dans la poitrine du Président.

Personne n’a compris mieux qu’Assad le danger que représentaient les actions de Ghiyath Matar. C’est le locataire du palais présidentiel qui a le mieux saisi Ghiyath Matar, et il a été terrifié par son message . Aujourd’hui – au milieu de tous ces décombres et de ce chaos – il s’est souvenu de la tombe de ce jeune homme, et dès que son armée a atteint la région où il est enterré, il a ordonné la destruction de sa tombe.

***

Je ne sais pas comment la tombe de Ghiyath Matar a été détruite. Je ne sais pas non plus si les forces du régime ont d’abord fracassé et sali la pierre tombale. Mais ce dont je suis sûr c’est que pour finir ils ont soigneusement nettoyé la terre, le gravier et le marbre. Ce dont je suis certain c’est que le conducteur du bulldozer avait, à ce moment-là, le sentiment de démolir un monument imposant, et en aucun cas une simple tombe dépassant à peine du sol. Un monument où la révolution citoyenne a vécu, dans chaque recoin, un moment formidable de sa courte vie, un moment formidable de notre rêve éternel de vivre librement dans le pays dont nous portons le nom, la douleur et l’histoire, notre rêve éternel d’une Syrie citoyenne et moderne.

Un rêve qui a débuté par une rose et une bouteille d’eau ne pourra jamais être balayé, même par tous les bulldozers du monde.

………

Note de FSD: les camarades de Ghiyath Matar ont subi le même sort, l’annonce de leur mort

est récente (été 2018).

Le film documentaire (Little Ghandi) de Sam Kadi retrace la vie de Ghiyath Matar.

Le Régime Assad c’est ça: 2

Témoignage de l’enfer de Saidnaya pendant le 4e jour de l’Aid al-Adha (fête du sacrifice) de septembre 2015

Par Ayman Akad, un jeune syrien.

Traduit de l’arabe par FSD (Source: Save the Rest)

« Pour moi, la fête du sacrifice  n’est plus aujourd’hui une occasion de célébration et de joie ou même un rite sacré, comme elle l’a été dans le passé. Au contraire, elle est aujourd’hui un lien avec un passé douloureux, des geôliers haineux et des détenus sans défense. Les voix des détenus et leurs visages sont accrochés à notre esprit. Ce n’est pas mon sentiment seulement,  mais c’est le sentiment de chaque détenu qui a vécu les jours de la fête entre les murs rouges de Saidnaya. J’écrit ces lignes pour faire savoir au monde entier la quantité de haine que nous avons subi dans la prison de Saidnaya, dans le bâtiment rouge, le quatrième jour de l’Aïd al-Adha, le 28-09-2015. Ce jour, nous avons perdu de nombreux co-détenus. C’est comme si nous avions été nous les sacrifices offerts par les geôliers à leur Dieu diabolique, le régime de l’oppression et de la tyrannie. Le plus âgé des détenus dans notre cellule n’avait pas plus de 18 ans. 

Après le coucher du soleil, dont nous n’avons pas vu un rayon ce jour-là, nous attendions notre tour pour la séance de torture, ils appelaient ça « la fête de torture ».

A chaque période de fêtes en détention à Saidnaya, les géôliers consacrent une journée à la torture de tous les détenus dans la prison. Nous étions dans la neuvième cellule, l’avant-dernière, au deuxième étage, nous entendions les sons des tortures au rez-de-chaussée et nous attendions notre tour à chaque instant. Nous entendions pêle-mêle les geôliers qui se vantaient et les détenus qui hurlaient de souffrance. On entendait le bruit des pas qui se rapprochaient, des insultes et des rires sinistres. Tenez-vous prêts!

C’était notre tour. Nous nous sommes mis à plat ventre, tous, les mains sur les yeux et nos yeux implorant Dieu de nous soulager de ce tourment ou de reprendre nos âmes qui ne désiraient plus que la mort. Le geôlier a appelé l’officier: Monsieur, ils sont prêts à la garderie (le plus âgé de cette cellule n’ayant pas 18 ans). 6 ou 7 hommes sont entrés avec l’officier, nous ne savions pas leur nombre exact, mais nous connaissons la quantité de haine qu’ ils nourrissaient. La punition a commencé par des insultes et des passages à tabac avec les matraques, des chaînes de char et des sceaux en fer.

Lorsqu’ils en ont eu fini avec nous, ils nous ont ordonné d’entrer dans la salle de bain et d’y passer la nuit, avec l’interdiction de dormir et d’en sortir. Nous étions 36 personnes entassées dans une salle de bain longue de deux mètres. Lorsque le jour s’est levé, plusieurs parmi nous avaient rendu l’âme. Leur seule faute était d’avoir rêvé de vivre. Nous avons sorti les corps de nos martyrs et nous avons été privés de manger pour que le jeûne contribue à notre mort. 

Au nom de quel livre divin dois-je prier pour ceux qui sont toujours vivants et qui résistent dans ces cellules obscures?

Je ne sais plus quoi dire, pourquoi j’écris, ni à qui. Qui dois-je supplier? 

Ces organisations qui ne font que réclamer et dénoncer?

Où bien ces arrivistes qui ont profité de la révolution pour se remplir les poches?

Je sais parfaitement qu’il existe là-haut un Seigneur qui a promis la victoire aux opprimés, même si ce n’est que plus tard.

Je m’adresse au Dieu d’Adam, de Jésus-Christ, de Moïse et de Joseph. “Toi seul tu connais leur état et leurs désirs, alors aide-les, exauce leurs souhaits et libère les. « 

Le régime Assad c’est ça: 1

Témoignage: « Il y avait avec nous, dans notre cellule, à l’un des sièges des services de renseignements, un enfant qui s’appelait Mohamad Rifa’i, de Zabadani (dans la campagne ouest de Damas). Mohamad a été emmené à l’interrogatoire et à son retour dans la cellule il avait été violé. Un quart d’heure après, il a rendu l’âme. Nous avons alors frappé à la porte de la cellule pour demander au geôlier d’ouvrir pour sortir son corps. Il a répondu d’ un ton moqueur:  « Attendez un peu, il pourrait encore accoucher d’un enfant ». Cette histoire me hante depuis».

Récit de Bashar Wanli, ancien détenu du régime syrien (de 2013 à 2017), lors du rassemblement de solidarité avec les détenus de la révolution syrienne et leurs familles devant l’ONU à Genève le 08.12.2018.

Rassemblement à Genève le 08.12.2018

 

 

Manifestations de la population à Idleb contre l’attaque du régime et la Russie — emmerdeur-du-net’s Blog

Et la Révolution continue….

Manifestations de la population à Idleb et ses régions vendredi 7 septembre 2018 contre les menaces d’une attaque imminente du régime assassin et de la Russie contre la région…

via Manifestations de la population à Idleb contre l’attaque du régime et la Russie — emmerdeur-du-net’s Blog

La manipulation russe autour du retour des réfugiés syriens

En parallèle avec les déclarations répétitives de Poutine pour le retour des réfugiés syriens en Syrie, l’aviation Russe vient de recommencer une offensive militaire contre les civils de la région du nord syrien (Idlib, la campagne de Hama et d’Alep) en soutien à l’aviation d’Assad. Les civils du nord de la Syrie comprennent aujourd’hui, en plus de la population locale, tous ceux qui ont déjà subi un déplacement forcé en Syrie (de Homs, Darayya, al-Ghouta de Damas, Yarmouk, Alep, Deir-Ezzor, etc. et même une partie des réfugiés de la Bekka- Ersal au Liban) suite aux bombardements russo-assadiens, excepté pour ceux de la Bekka qui se sont fait prétendument rapatrier… les civils de cette région du nord comptent aujourd’hui plus de 5 millions dont au moins la moitié sont des déplacés forcés!

11.08.2018 L’hôpital de Mo’arat-Alno’man à Idlib sous les feux de l’aviation militaire
                             (Sources: Mo’arat Media Center)

 

Poutine en Syrie s’était déjà donné le rôle de l’homme de guerre, de garant de paix et de négociateur de paix, aujourd’hui il se présente en bienfaiteur soucieux des réfugiés syriens. Pour les Syriens Poutine n’est qu’un criminel de guerre, occupant de leur pays, soutien fidèle et correcteur d’image d’Assad, le dictateur mafieux et le plus grand criminel de guerre de notre temps. Poutine, tout comme Assad, est un menteur dont les actes sont à l’opposé de ses paroles… Ceux qui se ressemblent s’assemblent…

Dans un article en arabe, Anwar al-Bounni, ancien détenu d’opinion, avocat, activiste pour les droits de l’homme et directeur du centre syrien pour les études et la recherche légales, revient sur ces déclarations récentes de Poutine et analyse les buts recherchés et la faisabilité de ce prétendu retour. FSD a choisi de le traduire en français et de le publier ici.

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Poutine en Syrie

 

La manipulation russe autour du retour des réfugiés syriens

Anwar al-Bouni

10 août 2018

Article traduit de l’arabe https://www.alaraby.co.uk/opinion/2018/8/9/التلاعب-الروسي-وعودة-اللاجئين-السوريين-1

 

Quel est le but du petit jeu russe qui consiste à soulever maintenant la question du retour des réfugiés syriens  et en lui donnant la priorité? La Russie entend-elle vraiment que les réfugiés retournent en Syrie? 

– Le premier but est d’envoyer un message interne aux Russes, pour les rassurer  et leur dire que le temps de la guerre et des pertes est révolu, qu’il n’ya plus lieu de s’inquiéter de l’augmentation des pertes humaines et matérielles russes dorénavant et que le moment des récoltes est proche. 

– Le deuxième but, c’est de déclarer la victoire et la fin de la guerre, et d’annoncer que les choses ont commencé à se stabiliser, en posant le cadre politique pour la réhabilitation du régime Assad pour diriger la Syrie. 

– Le troisième,  c’est de profiter de la préoccupation des pays accueillant les réfugiés syriens, en particulier des pays voisins, concernant la situation des réfugiés et de la grande pression qu’ils exercent sur leurs sociétés et sur leurs économies respectives, ceci dans le but de les pousser à traiter directement avec le régime syrien. C’est donc un message direct à leur intention pour leur dire de renvoyer les réfugiés en Syrie, où la Russie, le régime Assad et l’Iran assureront leur extermination, résolvant ainsi leurs problèmes liés aux réfugiés pour de bon.

– Le quatrième, c’est de motiver l’Europe, qui se préoccupe fortement de la présence de ces réfugiés sur son territoire, à financer la reconstruction de la Syrie, permettant ainsi aux entreprises russes, qui ont déjà signé des contrats avec le régime syrien, d’en tirer profit et de commencer enfin à récupérer la fortune dépensée militairement en Syrie. 

– Et le but final est de faire en sorte que soit abandonné complètement tout processus qui touche aux négociations, aux règlements de crise ou de modification de la structure du régime. Ceci implique pratiquement l’oubli du processus de Genève et même son annulation totale, mais aussi l’abandon des résolutions internationales émises antérieurement; car la situation du conflit syrien, telle qu’elle est présentée par les Russes, aura été résolue et aura pris fin. Les pourparlers d’ASTANA n’ont eux déjà plus aucun sens, surtout que ce processus est une pure fabrication russe. Les résultats très maigres issus de la dernière réunion confirment d’ailleurs que ces pourparlers n’ont aucune signification ou valeur.

La manipulation russe peut-elle fonctionner? C’est impossible, seul un esprit malade pourrait croire en une telle illusion. Le petit jeu des russes ignore les lois internationales qui interdisent le retour forcé des réfugiés dans leurs pays. Bien que le système des lois internationales se soit effondré complètement et qu’on l’a ignoré entièrement dans le cas du dossier syrien, la négligence du droit international fera des pays qui prennent part à une telle manipulation un partenaire officiel du crime de génocide. Ces pays en porteraient alors le fardeau et pourraient être poursuivis en justice. Le jeu russe passe aussi sous silence la volonté du régime Assad de ne pas permettre  le retour des réfugiés dans les zones sous son contrôle, afin de ne pas être confronté à des problèmes sécuritaires ou économiques.

La position du régime est claire sur la question du retour des réfugiés du Liban, il a imposé l’établissement de listes pour approbation des réfugiés qui souhaitent rentrer et il a refusé le retour d’un grand nombre d’entre eux. D’ailleurs, la Russie n’a pas abordé la question du lieu d’accueil pour leur retour, car de larges régions de la Syrie restent hors du contrôle du régime Assad; Ce sont les zones qui ont eu de grandes vagues d’exode, comme Alep, Raqqa, Deir-Ezzor, Hasaka et d’autres. La Russie a aussi ignoré la destruction étendue des habitations de ces réfugiés, l’absence des services et d’alimentation en eau potable, en électricité et de tout système économique capable de les absorber, en particulier dans les zones lourdement dévastées, comme les faubourgs de Damas, Homs et Alep. Même les réfugiés qui sont dans les camps au Liban ou en Jordanie, pour la plupart d’entre eux, ne souhaitent pas retourner en Syrie pour vivre dans une tente sur les décombres de leurs maisons détruites et sous la menace permanente d’arrestation,  sans aucune assistance, alors qu’en Jordanie, au Liban ou en Turquie ils reçoivent au moins de l’aide humanitaire et profitent d’un peu de liberté, au moins pour exprimer leur opinion, ou essayer de se rendre dans d’autres pays pour demander l’asile; cette possibilité devient invraisemblable en cas de retour en Syrie.

Le jeu russe néglige aussi  la question fondamentale de la sécurité des réfugiés. Comment les réfugiés pourraient-ils accepter de retourner vivre, et vivre en sécurité en Syrie, alors que et le régime sécuritaire continue de contrôler tous les aspects de la vie en Syrie? Les lois protégeant les éléments des services de « sécurité », de l’armée et de la police contre les poursuites pour les crimes qu’ils commettent continuent de s’appliquer, leur permettant de commettre leurs crimes contre les Syriens sans aucun moyen de dissuasion. En même temps, des dizaines de milliers de détenus ont disparu  dans les geôles du régime et on ignore tout de leurs sorts. Récemment, le régime a finalement annoncé que beaucoup parmi eux sont morts en détention en émettant des documents certifiant leur décès ou bien en informant directement leurs parents.

Qui veillera sur la sécurité des Syriens et garantira qu’ils ne sont pas molestés en cas de retour en Syrie? On connaît  le triste sort de tous ceux qui   ont signé les accords de réconciliation avec le régime dans la campagne de Damas et la région de Deraa, et comment ils ont été ensuite maltraités, arrêtés et même tués, dans l’impunité totale, ceci malgré et avec la présence du « garant » russe sur le terrain.

La manipulation russe est complètement transparente. Malheureusement certains Syriens soi-disants opposants au régime, et également certains pays, se laisseront  prendre au jeu, alors que la Russie elle-même, comme tout le monde, sait bien que seule une transition politique complète permettrait un retour effectif et la réinstallation digne des réfugiés syriens dans leur pays. Une telle transition doit oeuvrer pour un changement du régime tyrannique et criminel, pour le jugement des responsables des crimes commis et pour le changement du mécanisme légal actuel qui fait du service de « sécurité » la seule institution qui détient le pouvoir réel assurant ainsi l’impunité des criminels. Aucun retour des réfugiés ne sera possible sans qu’ils ne puissent se sentir en sécurité. Ils ne pourront pas retourner vivre sous le règne de celui qui a tué leurs enfants dans les prisons, sous des barils d’explosifs, les bombardements de l’aviation ou les armes chimiques, et ils ne pourront pas cohabiter avec lui. Ils ne reviendront pas non plus avec pour “garant”un autre meurtrier, un criminel qui a contribué à la mort de leurs enfants et à la destruction de leurs maisons avec les bombardements de son aviation. Les réfugiés ne retourneront pas non plus  vivre sous l’influence de milices sectaires, qui imposent leur idéologie, sunnite ou chiite. Ils ne retourneront pas non plus sous le contrôle d’un projet idéologique chiite qui tente de contrôler la région et de relier l’Iran à la Méditerranée. 

Les réfugiés ne peuvent retourner que pour résister à ces projets et à cette occupation, s’ils en ont la possibilité et l’espace nécessaire. De cela  le régime criminel et ses partenaires les plus criminels, la Russie et l’Iran, en sont certains. Par conséquent, ils sont bien placés pour savoir que leur jeu ne fonctionnera pas et que le retour des réfugiés, dont ils parlent, déclencherait une nouvelle résistance contre eux pour les expulser et les tenir responsables de leurs actes.

Deraa: Le Vrai Visage du Régime Assad

Hamza al-Khateeb, c’est ce jeune garçon syrien de Deraa(1), né le 06.05.1998, qui à 13 ans, par la spontanéité de son engagement humanitaire, à Deraa en avril 2011, aura montré la voie juste. Supplicié et horriblement mutilé par les services du régime Assad il en a démontré la vraie nature dès le printemps 2011, en vain?

              Hamza AL-KHATEEB

En voyant passer les tanks du régime qui se dirigeaient vers le sud la population a cru d’abord à une reprise imminente du Golan. Mais non! L’objectif était le siège de Deraa, destiné à imposer aux habitants de la ville une punition collective, en les affamant , pour avoir osé braver le régime criminel.

Les habitants de al-Jiza (village natal de Hamza) ont alors organisé une marche vers Deraa,  le 29 avril 2011, pour casser le siège et apporter du pain à ses habitants. Hamza y a pris part, il a été arrêté par les forces du renseignement militaire d’Assad, avec Thamer et avec des dizaines d’autres, sur le chemin de Deraa.

Le 25 mai 2011, le corps mutilé et méconnaissable de Hamza al-Khateeb a été rendu à ses parents. Les photos du corps de Hamza sont parues parmi les photos de César (2) où il porte le numéro 23 (3).

Le corps de Thamer al-Char’i, 15 ans, a été rendu à ses parents, mutilé et méconnaissable, le 8 juin 2011. Les photos du corps de Thamer sont parues parmi les photos de César où il porte le numéro 12.

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Thamer AL-CHAR’I (Photo: vdc-sy.info)

Aujourd’hui, depuis l’écrasement de Deraa, le 12.07.2018, les appels se multiplient sur les pages des fidèles de Bachar Assad (4) pour inciter les soldats d’Assad à aller déféquer sur la tombe de Hamza al-Khateeb. Même mort, il reste l’image à abattre, parce que ce que Thamer et lui ont fait est noble. Des millions de syriens les ont suivis. Beaucoup ont payé de leur vie. Mais la révolution vit aujourd’hui dans le coeur de la grande majorité des syriens. Elle est en marche. Elle aurait pu aboutir dès 2013, avec un peu de protection aérienne. A terme elle vaincra.

Aux justes, il faut opposer la petitesse de ceux, gouvernements, institutions internationales ou individus, qui avaient le moyen d’agir ou au moins de ne pas collaborer, activement ou passivement, avec le régime barbare, de ceux qui auraient mieux fait de se taire, de ceux qui ont vu dans cette révolution l’occasion d’un profit, de ceux qui demandent aujourd’hui le maintien du boucher de Damas, qui se ressemble s’assemble (Putin, mais aussi Netanyahu: “Nous ne perdrons pas de mesure contre Assad” (5) ) ou croient devoir prôner un dialogue avec le “régime en place”, au mépris des droits humains.

Qu’il s’agisse d’implication directe, de prise de position, d’aide humanitaire où d’aide aux réfugiés la révolution syrienne n’aura fait et ne fait encore, quotidiennement, que démontrer une fois de plus la médiocrité quasi universelle des institutions et gouvernements de la communauté internationale qui, confrontés au respect des droits humains, s’écrasent au lieu de les glorifier.

Honte à la communauté internationale!

FSD

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1- Daraa c’est une ville du sud de la Syrie où l’étincelle de la révolution a été allumée avec l’arrestation des écoliers qui avaient écrit sur le mur de leur école un slogan hostile au dictateur Bachar Assad
2- http://www.liberation.fr/planete/2014/01/21/la-machine-a-torturer-syrienne-revelee_974443
3- https://www.zamanalwsl.net/news/article/59307
4- https://www.qasioun-news.com/ar/news/show/154301/إعلام_موال_للنظام_يحرض_على_قبر_الشهيد_حمزة_الخطيب_بدرعا_صور
5- https://fr.timesofisrael.com/netanyahu-epargnera-assad-mais-exhorte-poutine-a-sortir-les-iraniens-de-syrie/

La vérité sur la Syrie, à Deraa

La situation humanitaire dans le sud de la Syrie devient de plus en plus insupportable depuis le 19 juin 2018, début de la campagne militaire barbare menée par les forces d’Assad et de ses alliés et appuyée par l’aviation russe de Poutine. Le rapport du RSDH du 01 juillet mentionnait que le nombre de déplacés internes fuyant les bombardements et l’entrée des forces d’Assad et ses alliés dans la région de Daraa était d’environ 200’000. Aujourd’hui le porte parole de l’UNHCR a annoncé que le nombre des déplacés internes a déjà atteint 270’000 en raison de l’intensification des bombardements. Des familles entières se retrouvent livrées à elles-mêmes sans aucune structure d’aide ni abri, dans un contexte très hostile, la région est désertique et l’été est brûlant. Ils s’orientent vers les frontières de la Syrie avec la Jordanie et avec le Golan occupé, et ces frontières sont fermées devant eux!… 

Etrangement. les organisations internationales d’aide humanitaire avaient déjà annoncé il y a quelques jours que tout est prêt pour venir en aide à cette population, mais en attente de l’autorisation du régime syrien, qui attaque cette même population!

Il est difficile de comprendre cette logique… l’aide humanitaire a toujours servi d’arme au régime Assad,  qui affame et cible les civils dans toutes les régions assiégés de Syrie. Il semble évident qu’il est inutile d’attendre une autorisation humanitaire d’un tel régime et de répéter encore et encore des approches qui ont toujours  failli depuis 2011 à Homs, au camps Yarmouk, à Mo’addamyeh, à la Ghouta orientale, à Alep-Est et dans les autres régions de la Syrie. Aujourd’hui on recommence à Daraa! Pourtant les organisations d’aide impliquées ont des centres en Jordanie et pourraient facilement suppléer aux besoins de ces familles par la Jordanie!

C’est d’ailleurs ce que tentent de faire, et ils sont les seuls, les civils jordaniens. Seuls à  s’organiser pour acheminer de l’eau et du pain et  pour lancer une campagne «Ouvrir la frontière », la leur (rassurons l’Europe), alors que le reste du monde continue à regarder les crimes contre l’Humanité en Syrie dans un silence assourdissant, voire compatissant avec le régime Assad.

La seule solution possible en Syrie exige  de mettre une réelle pression sur Poutine pour que la Syrie puisse enfin se débarrasser du régime mafieux d’Assad et s’acheminer vers une Syrie nouvelle, démocratique et basée sur la citoyenneté pour tous. Pour y parvenir, nous appelons au boycott de la Russie.

Nous partageons, ci-après, le communiqué de presse du 02 juillet 2018 du collectif Pour une Syrie Libre et Démocratique à Paris.

FSD

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« Les forces de Bachar Al Assad, soutenues par l’aviation russe, ont lancé le 19 juin 2018 une offensive sur la région de Dera’a. Cinq hôpitaux ont déjà été mis hors d’usage, et près de 200 civils ont été tués dans ces attaques.

Cette région de Dera’a, où vivent quelque 750 000 civils, fait pourtant l’objet depuis 2017 d’un cessez-le-feu négocié par la Russie et les États-Unis. Le « lâchage américain » face à l’offensive meurtrière dans une zone de « désescalade », est un véritable coup de poignard dans le dos des rebelles modérés et une complicité de fait avec V. Poutine.

N’oublions pas que Dera’a est un symbole : la révolte pacifique du peuple syrien est partie de cette ville du sud dont les habitants étaient descendus dans la rue pour dénoncer les tortures infligées à des enfants ayant écrit sur des murs des appels à la liberté.

Tandis que le dernier Conseil Européen nous a donné l’image pitoyable de dirigeants tétanisés par une prétendue « submersion migratoire », à Dera’a, avec l’offensive des forces de Bachar Al Assad appuyée par les bombardements des avions de V. Poutine, plus de 120 000 syriens en 72 heures ont été jetés sur les chemins de l’exode.

Par leur inaction vis-à-vis du régime de Bachar Al Assad et de ses alliés, les dirigeants européens sont ainsi dans l’hypocrisie la plus totale ; ils devront, si la situation perdure, prendre en charge des centaines de milliers de réfugiés que la Jordanie et la Turquie ne sont plus en capacité d’accueillir. L’Europe prendra-t-elle en charge les nouveaux réfugiés syriens de Dera’a, vu ses manœuvres actuelles pour ne pas appliquer la Convention de Genève ? En outre, la reprise de la région par Assad risque d’empêcher un grand nombre de réfugiés de rentrer chez eux.

Après Alep, Douma, et maintenant Dera’a, les dirigeants des puissances occidentales par leur inaction et leur renoncement, ont-ils conscience qu’ils sont en train de désespérer des millions de Syriens qui croyaient à la démocratie et à la liberté après 48 années de dictature du clan Assad ?

Daech en Syrie va peut-être finir par être vaincu. Mais sans une ultime prise de conscience de la part des puissances occidentales, sans leur volonté que soit appliquée la Résolution 2254 du Conseil de Sécurité de l’ONU organisant une transition politique, tout est malheureusement en germe pour que l’intolérance, la vengeance aveugle aillent de pair avec la barbarie du régime Assad pour des années encore. »

Contact : collectif.psld@gmail.com

La coupe de football de la honte: Poutine côté face…

FemmeS pour la Démocratie a soutenu et participé au rassemblement, organisé par SolidaritéS-Vaud, contre la coupe du football de la honte qui a eu lieu à Lausanne le 14 juin, date d’ouverture des jeux de cette coupe. Lors de ce rassemblement, une activiste et membre de notre collectif a pris la parole. FSD publie, ci-après, cette intervention.

 

« Aujourd’hui nous sommes rassemblés ici pour dénoncer la politique de Poutine qui a fait de la Russie un Etat répressif, un Etat d’occupation militaire et un Etat qui soutient les régimes mafieux dans le monde et en tire grand profit.

Nous sommes spécialement concernés, en tant qu’activistes syrien.e.s, par l’intervention militaire de la Russie de Poutine en Syrie et par son soutien infaillible au boucher de Damas, Bachar Assad:

En organisant cette coupe du monde en Russie, Poutine veut faire oublier les crimes de guerre atroces commis en Syrie et redorer son image.

Pendant que la Russie de Poutine construisait les installations sportives nécessaires à cette coupe, l’aviation  militaire russe détruisait des régions entières en Syrie (Alep, Homs-campagne, la Ghouta de Damas, les quartiers suds de Damas, etc.) et imposait à la population civile à un déplacement forcé vers Idleb au nord de la Syrie.

Pendant que le monde entier se prépare à suivre la coupe du monde de football en Russie, l’aviation russe de Poutine bombarde les hôpitaux, les écoles, les marchés et les quartiers résidentiels à Idleb au nord de la Syrie. En un an, le Réseau Syrien des Droits de l’Homme (RSDH) a documenté 34 installations médicales  ciblées et détruites, plus 50 écoles et 16 marchés. 

Pendant que les enfants du monde entier se préparent à soutenir les équipes de la coupe en Russie, Les enfants syriens meurent ou sont mutilés à jamais sous les bombardements de l’aviation russe de Poutine à Idleb, au nord de la Syrie. Il y a juste quelques jours, le 10 juin, un hôpital pour enfants a été ciblé et détruit à Idleb.

Mais Poutine nous a déjà habitué aux mensonges et aux tentatives de changer de visage.

Suite aux bombardements barbares sur Alep-Est fin 2016, le monde entier exprimait son indignation… Alors Poutine a lancé les négociations de paix pour la Syrie à Astana pour devenir d’un coup, en apparence, l’homme de la paix en Syrie.

Et La Russie de Poutine est alors devenue un pays garant de la désescalade. Bien entendu, la désescalade n’a jamais cessé d’être violée par la Russie de Poutine. 

Il y a tout juste un an que la désescalade dans la région d’Idleb a été décidée par Poutine. Depuis un an et à Idleb seulement, le RSDH a documenté plus de 1’100 civils tués sous les bombardements des russo-assadiens, dont la moitié sont des enfants et des femmes. Dans le même temps le RSDH a aussi documenté le ciblage de 233 installations de services à la population civile.

Depuis l’intervention militaire russe en Syrie en septembre 2015 et à cause de cette intervention:

Plus de 6’000 civils ont trouvé la mort dont la moitié sont des enfants et des femmes.

Plus de 900 attaques contre des installations de services à la population civile dont 167 attaques contre des installations médicales ont été documentées.

Plus de 2,5 millions de déplacés internes sont comptés.

Poutine ,qui veut aujourd’hui se donner un visage civilisé, a testé plus de 200 nouvelles armes sur les civils en Syrie et il s’en vante. 

Poutine a également utilisé le droit de veto 12 fois pour protéger le boucher de Damas. 

Protection spéciale a été accordée à Assad par Poutine suite à l’utilisation, à large échelle et à 3 reprises, des armes chimiques pour tuer la population civile syrienne!

Nous appelons chacun à BOYCOTTER LA RUSSIE.

Nous appelons la SUISSE à se montrer à la hauteur  de ses prétentions en matière de droits humains et à se montrer plus ferme vis-à-vis de régimes qui violent ces droits au quotidien. »

20180614-CoupeDeLaHonte-2

Ghouta: « de la terreur des bombardements vers celle de l’inconnu »

Une trentaine de militant.e.s suisses et d’activistes syrien.ne.s, étaient réunis vendredi 30.3.18 au soir sur la place de la Riponne à Lausanne, sous une pluie battante, pour manifester leur solidarité avec les gens de la Ghouta de l’est de Damas, affamés, trahis, massacrés et finalement, forcés à se déplacer, en majorité vers Idleb.

Cette manifestation faisait écho à de nombreuses manifestations similaires organisées à travers le monde, Paris, Londres, Rome, Bruxelles, Berlin, Malmö, etc. (voir Page Facebook pour les rassemblements du 30 mars et  la carte des manifestations qui ont eu lieu depuis le 22.02.2018 ).

Lors du rassemblement à Lausanne, un message adressé au Conseillé fédéral Ignazio Cassis et à la presse a été signé par les participants. FSD publie ici ce message.

Rassemblement avec des bougies à Lausanne le 30.03.2018

                                                               

Message au Conseiller fédéral I. Cassis et à la presse

Aujourd’hui al-Ghouta, demain Idleb

Al-Ghouta est massacrée par les aviations russes et syriennes depuis le 19.02.2018.

Des bombes au phosphore blanc et des armes chimiques sont régulièrement utilisées contre la population civile, en violation des traités internationaux.

Les populations locales appellent au secours.

Le régime mafieux et sanguinaire de Damas a déjà annoncé que le même scénario se répétera par la suite dans la province d’Idleb. Les bombardements se sont déjà intensifiés sur la campagne-nord de Hama et sur la campagne-sud d’Idleb.

Que fait la communauté internationale? Elle ne fait rien!

Que font les parties prenantes au conflit? Elles se partagent déjà la Syrie.

Que fait la Suisse? Elle ouvre un bureau d’assistance à Damas, qui ne servira au final que les intérêts d’Assad.

NOUS APPELONS LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A INTERVENIR.

Aujourd’hui le monde occidental est unanime dans sa condamnation de la Russie pour sa tentative d’assassinat supposée en Grande-Bretagne. Ce même monde occidental reste silencieux devant le massacre de plus de 1900 civils à la Ghouta en seulement 35 jours, effectué en large mesure avec des armes prohibées.

La Russie, qui pleure 64 morts en Sibérie occidentale, assassine en même temps plus de 1900 civils syriens à la Ghouta.

La Suisse, elle, reçoit en grande pompe le président de la Douma russe à Berne le 18.02.2018, lui qui est pourtant interdit de voyage en Europe.

 

La Russie de Poutine se vante aujourd’hui d’avoir expérimenté 200 types d’armements en Syrie. Elle est, plus que tout autre, partie prenante au conflit syrien. Elle n’a de ce fait aucun droit à voter au conseil de sécurité. Ses vetos sont illégitimes (art. 27 de la charte de l’ONU).

NOUS APPELONS CHACUN A BOYCOTTER LA RUSSIE.

Lausanne, le 30.03.2018

NOUS APPELONS LA SUISSE A SE MONTRER A LA HAUTEUR DE SES PRETENTIONS EN MATIERE DE DROITS HUMAINS ET A SE MONTRER PLUS FERME A L’ENCONTRE DE REGIMES QUI VIOLENT CES DROITS AU QUOTIDIEN.

“SHAKING HANDS WITH ASSASSINS IS COMPLICITY, NOT DIPLOMACY”

Lausanne, le 30.03.2018

 

Témoignage d’Ahmad de la Ghouta orientale, en déportation :

« Visages sombres dans le bus… Nous ne nous adressons pas la parole… A côté de moi se tient vieillard aux traits marqués… Il pleure … Je n’essaie pas de le consoler. Il sait qu’il ne reverra plus cet endroit, lui qui n’était probablement jamais sorti d’al-Ghouta plus de quelques jours d’affilée. Peut-être avait-il prié Dieu qu’il y soit enterré. Ses prières n’auront pas été exaucées. Il me se tourne vers moi et me dit: «Tu te dis que je suis triste parce que je quitte al-Ghouta? Non, mon fils, je suis triste parce que je ne sais pas où je me dirige. Je sors de sous les bombardements pour aller sous une tente, de la faim du siège vers celle du besoin, de la terreur des bombardements vers celle de l’inconnu ».

Et moi, je m’appelle Ahmad, j’ai peur, je sors de la Ghouta et je ne sais pas ce qui m’attend. »

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FSD