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Violences à l’égard des femmes en Syrie, 5e partie, Témoignage de Kenda

Genève, 25.11.2014
A l’occasion de la journée internationale de l’ONU pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes une conférence spéciale sur la violence contre la femme en Syrie devait avoir lieu à l’ONU le 25 novembre à 10h00 du matin. Les intervenants prévus étaient Noura AL-AMEER, vice-présidente de la coalition nationale syrienne et responsable du dossier des droits humains, Tarek KURDI juriste syrien en droit international et trois anciennes détenues : Alaa, Kenda et Eman. La conférence devait dénoncer les violences que subit la femme syrienne de la part du régime Assad et de l’Etat Islamique (Daesh). Seule Noura Al-Ameer a pu se rendre à Genève, Alaa a elle été retenue à l’aéroport d’Istanbul et les trois autres intervenants n’ont pas pu obtenir de visa. Pour cette raison, la conférence à l’ONU a dû être annulée. FemmeS pour la Démocratie (FSD) a maintenu la conférence publique organisée le même soir, avec la présence de Noura Al-Ameer. Conférence soutenue par Amnesty International- Groupe Uni Genève, Mouvement pour le Socialisme (MPS), site alencontre.org, SolidaritéS Genève.
FSD publie ici les interventions de cette soirée en 5 parties:
1. Intervention de Noura Al-Ameer; 2. Intervention de Tarek Kurdi, par skype; 3. Témoignage de Alaa, lu ; 4. Témoignage de Eman, lu ; 5. Témoignage de Kenda, lu.

Partie 5/5

Kenda, ancienne détenue, de Damas, 28 ans,

Kenda est une activiste dans la société civile et le mouvement de la paix. Elle a été arrêtée durant 2 mois suite à l’événement « les mariées de la liberté ». Elle a été libérée dans le cadre de l’échange avec des détenus iraniens intervenu le 9 janvier 2013.

«C’est parce que nous chantions la paix que nous avons été conduites dans les cellules de l’obscurité.

Notre crime : nous avons mis des robes blanches de jeunes mariées et nous avons eu l’audace de porter, dans le souk de Damas, des banderoles demandant l’arrêt des violences, de la tuerie, et des interventions militaires. Notre mariage s’est terminé dans un centre de détention, dans une pièce simple de 2×3 mètres où l’on a regroupé 24 femmes de différentes régions de Syrie .

Les jeunes mariées de la liberté, Damas.

Les mariées de la liberté, Damas, novembre 2012.

Chacune de ces femmes a une histoire qui témoigne de sa patience et résume l’inhumanité de ce régime répressif et rancunier .

Je vous raconte mon expérience dans le centre de détention. Dans ce lieu, la dignité, l’humanité et toutes les valeurs morales de l’homme sont violées .

Je n’oublierai jamais les cris de Nawal de Homs, torturée pour qu’elle avoue un crime qu’elle n’a pas perpétré de ses mains. Je n’oublierai jamais les cris de Oum Ali et de Oum Ismail et de beaucoup d’autres femmes torturées.

J’ai passé dans ce centre de détention les jours les plus difficiles que j’ai pu vivre.

Dans ce lieu, ta patience et ta force sont mises à l’épreuve. J’aurai beaucoup à dire sur le comportement des geôliers et des interrogateurs, mais je vais vous le résumer : le traitement était très mauvais et sans aucune limite. L’unique mode de communication était la violence et la torture. J’ai vu de mes propres yeux beaucoup de femmes se faire torturer de différentes manières, telles que le câble électrique, le tuyau, la roue et bien d’autres méthodes, puisqu’ils en imaginaient continuellement de nouvelles; sans parler de leur langage fait d’insultes et de blasphèmes, utilisant les phrases les plus grossières.

Dans le centre de détention, tu oublies les fondements de ton humanité. Ce dont nous avons le plus souffert c’est d’entendre les voix des autres torturés, de voir le sang et des lambeaux de peau sur les murs, de sentir l’odeur du sang, de voir les restes des bâtons cassés (nommés par les geôliers “Al-Akhader BRAHIMI” parce que c’est un bâton en plastique de couleur verte et Akhdar signifie vert en arabe).

Souvent nous nous effondrions en pleurs, en entendant les cris de douleur derrière la porte de notre cellule. La pire des tortures c’est d’entendre les voix des autres torturés.

Nous avons passés des jours que je n’oublierai jamais. Nous avons souffert des poux sur la tête et sur le corps, qui se nichaient dans les habits, et nous avons souffert de différentes maladies telles que la grippe, la bronchite, l’empoisonnement, les infections urinaires , etc..

Nous étions affamées, nous attendions la nourritures avec impatience, jusqu’à recevoir un morceau de patate dur comme un caillou.

Nous avions besoin de serviettes hygiéniques pendant les menstruations, et les gardes ne nous les donnaient pas. Nous souffrions encore plus quand nous avions besoin de médicaments à cause des maladies contractées et ils nous privaient de médicaments comme punition supplémentaire.

Deux mois plus tard, nous avons appris que nous allions sortir à cause d’une amnistie ordonnée par Bachar al-Assad. Une fois sorties, nous avons été étonnées d’apprendre que nous avions été libérées suite a un échange de 48 détenus iraniens contre 2060 détenus ( hommes et femmes ) de toute la Syrie.

Je crois que ce régime a montré au monde entier tous ses crimes et ses oppressions.

Nous les femmes Syriennes nous méritons la paix et la liberté, et nous aspirons à ce que notre parole libre atteigne tout humain qui apprécie cette parole et sa signification.

Rendez justice à la femme syrienne qui subit les violences de ce régime, cette femme est le symbole de la patience et de la paix. »

FSD

Lire aussi les quatre premières partie de cet article:

Partie 1/5

Partie 2/5

Partie 3/5

Partie 4/5

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Violences à l’égard des femmes en Syrie, 4e partie, Témoignage d’Eman

Genève, 25.11.2014
A l’occasion de la journée internationale de l’ONU pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes une conférence spéciale sur la violence contre la femme en Syrie devait avoir lieu à l’ONU le 25 novembre à 10h00 du matin. Les intervenants prévus étaient Noura AL-AMEER, vice-présidente de la coalition nationale syrienne et responsable du dossier des droits humains, Tarek KURDI juriste syrien en droit international et trois anciennes détenues : Alaa, Kenda  et Eman. La conférence devait dénoncer les violences que subit la femme syrienne de la part du régime Assad et de l’Etat Islamique (Daesh). Seule Noura Al-Ameer a pu se rendre à Genève, Alaa a elle été retenue à l’aéroport d’Istanbul et les trois autres intervenants n’ont pas pu obtenir de visa. Pour cette raison, la conférence à l’ONU a dû être annulée. FemmeS pour la Démocratie (FSD) a maintenu la conférence publique organisée le même soir, avec la présence de Noura Al-Ameer. Conférence soutenue par Amnesty International- Groupe Uni Genève, Mouvement pour le Socialisme (MPS), site alencontre.org, SolidaritéS Genève.
FSD publie ici les interventions de cette soirée en 5 parties:
1. Intervention de Noura Al-Ameer; 2. Intervention de Tarek Kurdi, par skype; 3. Témoignage de Alaa, lu ; 4. Témoignage de Eman, lu ; 5. Témoignage de Kenda, lu.

Partie 4/5

Eman, ancienne détenue, de Homs, 30 ans,
“Je me suis impliquée dans la révolution syrienne depuis son début, dans l’action civile et dans les manifestations pacifiques qui ont eu lieu dans le quartier d’al-Khaldia à Homs.
J’ai travaillé dans le domaine des soins médicaux et j’ai participé aux efforts d’aide à la population. J’ai participé à la distribution d’habits, de nourriture et d’argent aux déplacés, aux familles pauvres et aux familles de détenus et de martyrs.
J’ai été arrêtée une première fois le 24 juin 2012 pour une période de 3mois par les Chabbiha (connus actuellement comme “armée de défense nationale”), qui sont en fait des groupes de mercenaires dont le rôle est de réprimer les manifestations civiles pacifiques.
On nous a emmenées vers des destinations et des maisons dédiées spécifiquement à l’emprisonnement des femmes, on ne nous a pas emprisonnées dans les prisons du régime ou dans les centres de détention des services secrets. Les buts de notre détention étaient, comme les gardiens nous l’ont dit, de nous échanger contre rançon, de nous échanger contre d’autres kidnappées, ou de nous violer.
Pendant notre détention nous avons été torturées physiquement et psychologiquement d’une manière inimaginable, que je n’avais jamais pensé pouvoir exister.
Les gardiens utilisaient l’électricité, le harcèlement sexuel, ils nous brulaient le corps avec des cigarettes et de l’eau bouillante. On nous frappait aussi avec des câbles électriques et des tuyaux. Ils ont coupé nos cheveux, ils nous ont violées collectivement et à répétition. Ils ont aussi tenté plusieurs fois de nous noyer dans l’eau. Par deux fois j’ai eu de forts saignements vaginaux. J’étais très effrayée par les voix et les cris des autres détenues qui étaient continuellement et violemment torturées.

Violences atroces dans les centres de détention pour les femmes enlevées par les Chabbiha.

Violences atroces dans les centres de détention pour les femmes enlevées par les Chabbiha.

Ils ont tué notre humanité, nous avons perdu la volonté de vivre, nous appelions la mort chaque jour. J’ai vu des femmes brutalement déshabillées et violées. Les gardiens les violaient devant nous et les battaient violemment, pour certaines jusqu’à la mort. On laissait alors leur corps dans la même cellule pendant un jour, avec pour conséquence que beaucoup d’entre nous ont tenté de se suicider.
Les gardiens étaient de vrais monstres assoiffés de sang, de revanche et de volonté de tuer. Ils nous donnaient juste assez de nourriture pour ne pas mourir dans la journée.
Des maladies sont apparues parmi les détenues à cause des infections et des blessures laissées sans soins, les poux et la saleté s’ajoutant à l’eau et aux aliments contaminés que consommions ont dégradé notre santé et provoqué de nombreuses entérites.
Lorsqu’on m’a relâchée on m’a mise dans un conteneur d’ordures.
J’ai été arrêtée pour la seconde fois le 3 février 2013 par des brigades armées sectaires non-syriennes, et détenue pendant 10 jours, au cours desquels on m’a volé toutes mes affaires, et l’on m’a battue et fouettée avec des câbles métalliques. »

FSD

Lire aussi les trois premières partie de cet article:

Partie 1/5

Partie 2/5

Partie 3/5

Violences à l’égard des femmes en Syrie, 3e partie, Témoignage d’Alaa

Genève, 25.11.2014
A l’occasion de la journée internationale de l’ONU pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes une conférence spéciale sur la violence contre la femme en Syrie devait avoir lieu à l’ONU le 25 novembre à 10h00 du matin. Les intervenants prévus étaient Noura AL-AMEER, vice-présidente de la coalition nationale syrienne et responsable du dossier des droits humains, Tarek KURDI juriste syrien en droit international et trois anciennes détenues : Alaa, Kinda  et Eman. La conférence devait dénoncer les violences que subit la femme syrienne de la part du régime Assad et de l’Etat Islamique (Daesh). Seule Noura Al-Ameer a pu se rendre à Genève, Alaa a elle été retenue à l’aéroport d’Istanbul et les trois autres intervenants n’ont pas pu obtenir de visa. Pour cette raison, la conférence à l’ONU a dû être annulée. FemmeS pour la Démocratie (FSD) a maintenu la conférence publique organisée le même soir, avec la présence de Noura Al-Ameer. Conférence soutenue par Amnesty International- Groupe Uni Genève, Mouvement pour le Socialisme (MPS), site alencontre.org, SolidaritéS Genève.
FSD publie ici les interventions de cette soirée en 5 parties:
1. Intervention de Noura Al-Ameer; 2. Intervention de Tarek Kurdi, par skype; 3. Témoignage de Alaa, lu ; 4. Témoignage de Eman, lu ; 5. Témoignage de Kinda, lu.

Partie 3/5

Alaa, ancienne détenue, de Homs, 22 ans
“Depuis le début de la révolution j’ai été active dans l’aide humanitaire, ça a été une raison suffisante pour me faire arrêter par le régime Assad.
Dès l’instant où les membres des services de renseignement m’ont arrêtée, ils ont commencé à me frapper. Ils m’ont arrêtée sur le pont du président à Damas et ils m’ont ensuite amenée à la branche de la sécurité militaire 215. Après plusieurs séances de coups et de torture, l’un d’eux m’a fait entrer dans une petite chambre et un homme y est entré après moi. J’ai su plus tard qu’il s’agissait du directeur du centre de détention. Il m’a demandé d’enlever mes vêtements sous prétexte de me fouiller. Lorsque j’ai refusé il m’a frappée et il a appelé cinq de ses hommes pour m’enlever mes vêtements par la force. Les coups et la fouille ne sont pas les seules exactions que subissent les femmes dans les centres de détention. J’y ai vu beaucoup d’autres manières de porter atteinte aux droits humains et perpétrer des crimes à l’encontre de la femme.
Dans ces centres de détention ils torturent les femmes sauvagement, en utilisant l’électricité, les coups sur toutes les parties du corps avec un câble électrifié, la roue (où le corps de la femme est plié en deux et maintenu dans cette position par un pneu), et la suspension du corps par les poignets sans que la plante des pieds ne touche le sol. Le pire est de voir une femme âgée qui se fait torturer à côté de soi, sans égard ni pour son âge ni pour son corps déjà épuisé.

La roue comme moyen de torture  (Photo du site www.vdc-sy.info)

La roue comme moyen de torture
(Photo du site http://www.vdc-sy.info)

Dans ces centres de détention, la torture a plusieurs facettes. En plus des coups, des humiliations et insultes verbales, les repas sont aussi utilisés pour nous torturer. Par exemple, ils nous donnaient les repas dans des sacs pleins de saletés et de poils. Nous étions aussi empêchées de nous laver sauf en acceptant que les gardiens nous lavent le corps. Les vêtements nous étions empêchées de les changer (lorsque nous avions de quoi nous changer) sauf s’ils étaient là pour nous regarder et nous prendre en photo. Alors personne ne voulait plus changer ses vêtements même lorsqu’ils étaient pleins de sang et de poux.
La période des règles était la période la plus dure et la plus difficile. Pendant cette période les femmes supplient les gardiens et se font humilier pour obtenir des serviettes hygiéniques, mais les gardes refusent de répondre à ces demandes. Lorsque les saignements deviennent très forts, le gardien amène un pull en coton ou en laine qu’il a pris de la cellule des hommes, un pull plein de poux et de sang pour contenir les saignements…

Je n’ai pas parlé ici en détail des cas de viol parce que tout ce qui précède est pour moi déjà une sorte de viol.

Moi j’en ai fini avec la détention, je suis actuellement libre, mais là-bas en Syrie il y a des milliers de détenues femmes qui vivent en ce moment même ce que j’ai décrit, et leur avenir reste inconnu.”

FSD

Lire aussi les deux premières partie de cet article:

Partie 1/5

Partie 2/5

Violences à l’égard des femmes en Syrie, 2e partie

Genève, 25.11.2014
A l’occasion de la journée internationale de l’ONU pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes une conférence spéciale sur la violence contre la femme en Syrie devait avoir lieu à l’ONU le 25 novembre à 10h00 du matin. Les intervenants prévus étaient Noura AL-AMEER, vice-présidente de la coalition nationale syrienne et responsable du dossier des droits humains, Tarek KURDI juriste syrien en droit international et trois anciennes détenues : Alaa, Kinda  et Eman. La conférence devait dénoncer les violences que subit la femme syrienne de la part du régime Assad et de l’Etat Islamique (Daesh). Seule Noura Al-Ameer a pu se rendre à Genève, Alaa a été retenue à l’aéroport d’Istanbul et les trois autres intervenants n’ont pas pu obtenir de visa. Pour cette raison, la conférence à l’ONU a dû être annulée. FemmeS pour la Démocratie (FSD) a maintenu la conférence publique organisée le même soir, avec la présence de Noura Al-Ameer. Conférence soutenue par Amnesty International- Groupe Uni Genève, Mouvement pour le Socialisme (MPS), site alencontre.org, SolidaritéS Genève.
FSD publie ici les interventions de cette soirée en 5 parties:
1. Intervention de Noura Al-Ameer; 2. Intervention de Tarek Kurdi, par skype; 3. Témoignage de Alaa, lu ; 4. Témoignage de Eman, lu ; 5. Témoignage de Kinda, lu.
 
 
Genève 25 novembre 2014 Intervention de Tarek Kurdi par skype.

Genève 25 novembre 2014
Intervention de Tarek Kurdi par skype.

Partie 2/5

Tarek Kurdi, directeur du bureau des affaires légales, ministère de la justice, gouvernement provisoire syrien

Les femmes dans la révolution syrienne :
Dès que la femme a pu rêver de la liberté en Syrie au printemps 2011, elle est sortie pour l’exprimer avec des slogans et des chants et elle a commencé à le payer au prix de sa vie et de la vie de sa famille. Ces slogans venant des femmes étaient insupportables au régime syrien, alors il les a réprimés en utilisant des balles réelles et elles sont tombées mortes ou blessées. Il pensait ainsi faire taire leur voix. Lorsque le régime a réalisé son échec, les membres des services secrets et les chabbiha (milices pro-régime) ont commencé les arrestations, les enlèvements et la terreur. Le monde tout entier a assisté alors à l’humiliation des femmes de Syrie et à leur agression dans les rues. Celles qui ont eu la vie sauve ont subi les bombardements par l’aviation et les barils explosifs qui tuaient les femmes avec leurs familles cette fois. Et finalement ce régime a dépassé toutes les lignes rouges en utilisant l’arme chimique et en commettant un massacre horrible à al-Ghouta à Damas.

Quelques statistiques :
Il s’agit des statistiques du ministère de la justice du gouvernement provisoire syrien qui sont relatives aux exactions contre les femmes en Syrie depuis le printemps 2011 jusqu’au 14 novembre 2014.

Permettez moi tout d’abord de présenter mes excuses à chaque victime et à chaque famille, car je vais utiliser la langue des chiffres tout en étant conscient que chaque chiffre représente ici une âme humaine.
Le tableau ci-dessous montre le nombre de victimes parmi les femmes et les filles et les raisons qui ont conduit à leurs décès :

Victimes Parmi les femmes et les fille du 15.03.2011 au 14.11.2014

Victimes Parmi les femmes et les fille
du 15.03.2011 au 14.11.2014

Toutes ces statistiques ne représentent pas le nombre réel des victimes, car le travail de documentation est très difficile en Syrie et comprend beaucoup de dangers, ceci sans oublier qu’il est difficile d’atteindre toutes les régions de Syrie. D’un autre côté documenter les exactions contre les femmes est encore plus difficile car beaucoup de victimes et beaucoup de familles ne souhaite pas en parler. C’est pourquoi nous estimons que les nombres réels sont bien plus élevés que ceux que nous avons pu documenter.

Conventions et lois internationales :
La communauté internationale est consciente des besoins propres de la femme, c’est pourquoi elle a édicté des lois spéciales pour elle, lui réservant ainsi une attention particulière par rapport aux autres civils. Elle a aussi édicté une loi internationale qui force toutes les parties dans un conflit à respecter ces lois concernant les femmes mais également des conventions spéciales pour elles.

Nous savons tous que les filles et les femmes subissent plus que les autres ces temps de guerre à cause de la place particulière qu’elles occupent dans la société mais aussi à cause de leur sexe. C’est la raison de l’établissement d’articles de loi pour leur assurer une protection supplémentaire concernant leurs besoins médicaux et psychologiques particuliers.
C’est ce qu’on constate dans la 4e convention de Genève qui a donné aux femmes enceintes et à celles qui allaitent des garanties en rapport avec leur état de santé. Quant à la loi relative aux droits humains, qui doit être appliquée en temps de paix comme en temps de guerre, elle oblige les Etats à ne pas relâcher leur engagement de garantir le droit à la vie, d’éliminer la torture et tout comportement inhumain ou qui porte atteinte à la dignité humaine. Aujourd’hui, la loi pour les droits humains s’est enrichie de plusieurs conventions internationales ou régionales qui couvrent un large domaine des affaires civiles ou politiques et qui insistent sur certains droits comme l’arrêt de la torture et qui mentionne spécialement des bénéficiaires particuliers comme les enfants et les femmes.

Exactions du régime syrien contre les femmes :
Depuis quatre ans, le régime syrien mène une guerre contre sa population, ne respecte aucune loi internationale, ni aucun de ses engagements envers la communauté internationale.
De plus, il est allé encore plus loin en utilisant les femmes comme arme de guerre. Femmes et enfants ont été utilisés comme boucliers humains. En plus des arrestations des femmes activistes pacifiques, il a arrêté les soeurs, les mères et les femmes des activistes recherchés, ceci afin de les contraindre à se rendre pour être amenés à la mort. Il a aussi inventé un nouveau crime, celui des « snipers » qui ciblent les foetus dans le ventre de leurs mères. Ceci sans oublier les exactions qui se passent dans les sous-sols des centres de détention contre les femmes détenues, allant de la privation de leurs droits les plus basiques, en passant par la torture corporelle et psychique, le viol, et finalement par des grossesses forcées.

Bien entendu le régime syrien empêche les organisations internationales et à sa tête le CICR de visiter les centres de détention et les prisons en Syrie. Je ne vais pas parler plus longtemps des femmes détenues, il suffit de vous dire que plusieurs cas de viols d’hommes en détention sont documentés et je vous laisse imaginer l’enfer que vivent les femmes en détention retenues par ce régime qui a une grande expérience dans le crime.

Mais tout ce qui précède n’a pas suffi à ce régime qui a pourchassé ses victimes jusqu’à dans leurs villages et maisons en utilisant les bombardements à l’aveugle. Il a même ciblé les abris qui abritaient surtout les civils, femmes et enfants. C’est ce qui s’est passé lors du massacre de al-Maljaa dans le village al-Hbeit à Idleb le 31 août 2014. Et ce massacre n’est qu’un exemple des massacres quotidiens et des dizaines de milliers de cas documentés qui attendent que le dépassement de considérations politiques permette enfin d’accéder au tribunal pénal international.

N’oublions pas aussi le siège appliqué par le régime syrien à plusieurs quartiers, villages ou régions, les privant de nourriture et de médication alors que les habitants des ces régions sont des civils et que la majorité se compose de femmes et d’enfants.

Conditions de vie lors de migration forcée :
Pour ce qui concerne les conditions de vie de la femme et de la fille syrienne en cas de migration forcée vers les pays voisins, elles endurent la difficulté de trouver les moyens de subvenir à leurs besoins et aux besoins de leurs familles, surtout avec la diminution croissante de l’aide humanitaire offerte par l’ UNHCR, qui a accentué leur détresse et les a poussées à quitter le chemin de l’apprentissage pour essayer soit de travailler, soit d’aller dans la rue pour tendre la main.

Qu’attendent aujourd’hui les femmes syriennes ?
J’aurais souhaité vous parler aujourd’hui des moyens à mettre en oeuvre pour aider la femme syrienne à trouver sa place sur la scène politique et accéder aux postes à responsabilité ou encore des moyens pour éliminer les inégalités touchant la femme dans notre société… Mais les criminels en Syrie ont un autre avis et ils nous ont amenés à devoir nous contenter de tenter de protéger son droit à la vie et de stopper les exactions contre elle.

Au nom du ministère de la justice dans le gouvernement provisoire syrien, au nom de tous les juristes syriens pour les droits de l’homme et au nom de tous les hommes et femmes libres dans le monde entier, nous promettons ici aux femmes syriennes que nous poursuivrons les criminels, tous les criminels qui ont commis ces crimes à l’encontre des femmes en Syrie pour les juger dans les tribunaux internationaux pour que ces crimes disparaissent à jamais et partout dans le monde et pour que justice soit faite.

Avant de terminer, il me reste un mot à l’intention des coeurs:
Les femmes syriennes continuent à espérer qu’une main leur soit tendue pour sortir de cette catastrophe considérée comme étant la pire de ce siècle… ceci malgré l’incapacité de la communauté internationale à leur venir en aide jusqu’ici.
Les femmes de la Syrie ont rêvé de liberté, leur rêve a tourné au cauchemar effrayant… si vous ne pouvez pas les aider à accomplir leur rêve, aidez les juste à sortir de ce cauchemar.

FSD

Lire aussi la première partie de cet article:

Partie 1/5

Violences à l’égard des femmes en Syrie, 1ère partie

Genève, 25.11.2014
A l’occasion de la journée internationale de l’ONU pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes une conférence spéciale sur la violence contre la femme en Syrie devait avoir lieu à l’ONU  le 25 novembre à 10h00 du matin. Les intervenants prévus étaient Noura AL-AMEER, vice-présidente de la coalition nationale syrienne et responsable du dossier des droits humains, Tarek KURDI juriste syrien en droit international et trois anciennes détenues : Alaa, Kinda et Eman. La conférence devait dénoncer les violences que subit la femme syrienne de la part du régime Assad et de l’Etat Islamique (Daesh). Seule Noura Al-Ameer a pu se rendre à Genève, Alaa a été retenue à l’aéroport d’Istanbul et les trois autres intervenants n’ont pas pu obtenir de visa. Pour cette raison, la conférence à l’ONU a dû être annulée. FemmeS pour la Démocratie (FSD) a maintenu la conférence publique organisée le même soir, avec la présence de Noura Al-Ameer. Conférence soutenue par Amnesty International- Groupe Uni Genève, Mouvement pour le Socialisme (MPS), site alencontre.org, SolidaritéS Genève.
FSD publie ici les interventions de cette soirée en 5 parties:
1. Intervention de Noura Al-Ameer; 2. Intervention de Tarek Kurdi, par skype; 3. Témoignage de Alaa, lu ; 4. Témoignage de Eman, lu ; 5. Témoignage de Kinda, lu.
Genève, 25 novembre 2014

Genève, 25 novembre 2014

 
Partie 1/5
Noura Al-Ameer:

Nour rêvait de briser le présent amer et de construire dans son pays un avenir meilleur pour le bébé qu’elle portait en elle. Nour s’est fait arrêter à un barrage de sécurité à Damas. Personne ne sait si son bébé a vu le jour ou bien s’il a été tué. Un an et demi après sa disparition forcée, on a demandé à sa mère de se rendre à la police pour récupérer la carte d’identité de sa fille, tuée en détention par les services secrets. Personne n’a jamais su le sort de son fœtus.

Salma avait elle aussi un rêve, celui de se révolter contre la répression, la criminalité et la dictature. Etudiante à l’université d’Alep, elle écrivait les slogans contre le régime Assad et elle photographiait les soldats qui occupaient le campus de l’université en ignorant toutes les lois internationales. Elle a été enlevée du campus universitaire et ensuite torturée et violée dans les centres de détention des services secrets. Lorsqu’elle a été libérée elle portait en elle l’enfant du viol. Les services secrets continuaient à la persécuter. Elle n’a trouvé ni aide médicale, ni psychologique, ni un lieu qui lui offre un peu de sécurité. Pour mettre fin à sa souffrance, elle s’est jetée du haut de l’immeuble où elle habitait et son âme blessée a quitté ce monde. Un monde où l’humanité, la morale, la paix et la justice ne semblent pas exister.

Beaucoup d’autres femmes ont eu le même courage et les mêmes rêves que Nour et Salma, mais aussi la même punition et la même souffrance. Assad mène sa guerre contre sa population en passant sur le corps des civils et surtout celui des femmes.

Avec le début de la révolution syrienne, des voix se sont élevées dans les rues pour demander le départ du dictateur. Aux côtés des hommes, les femmes étaient présentes et contribuaient à l’élargissement des protestations. Avec l’évolution de la situation et l’augmentation de la violence et de la répression, il fallait être actif sur plusieurs tableaux pour garantir la continuité de la révolution. Les femmes étaient toujours là à chaque pas aux côtés des hommes dans cette révolution.

Comme toutes les dictatures qui se montrent créatives pour trouver toujours de nouvelles méthodes pour réprimer les populations, le régime Assad a décidé de réprimer sa population en se servant de la femme comme moyen de dissuasion et comme punition collective. On a vu dès ce moment les services secrets et les milices pro-Assad perpétrer leurs crimes à l’encontre des femmes syriennes. Le premier cas d’enlèvement, de torture et de viol qui a été documenté a eu lieu le 13 mai 2011, moins de deux mois après le début de la révolution.

Ceci n’était pas nouveau pour ce régime qui ignore toute loi de protection des femmes contre les abus et la violence sexuelle. Il a même laissé les mains libres aux responsables de l’Etat et aux chefs des services secrets pour faire usage de chantage à caractère sexuel sur les femmes au nom du pouvoir et ceci en toute impunité. Ce genre de chantage n’est pas très différent de la vente des femmes par l’Etat Islamique (Daech). Les Syriens ont des milliers de raisons pour se révolter contre la Dictature d’Assad et les femmes syriennes en ont deux fois plus. Ce qui redouble leur volonté et leur force pour continuer la révolution malgré tous les dangers.

Il est important de mentionner ici que, des années avant la révolution, les femmes syriennes ont exigé la modification de certains articles de la constitution relatifs aux droits de la femme. Car la constitution ne prévoyait pas de punition dissuasive pour les crimes dits d’honneur. Aucune loi ne protège la femme ni de la violence verbale, ni du viol, ni d’ autres exactions à caractère sexuel. Sans parler de l’impunité des membres des services secrets qui sont au-dessus des lois quels que soient les crimes commis; ceci les a d’ailleurs encouragés, depuis le régime du père Hafez Assad, à ne pas se priver d’en commettre. Je souhaite aussi souligner ici que la femme syrienne n’a toujours pas le droit de donner sa nationalité à ses enfants.

La persécution des femmes depuis le début de la révolution syrienne prend différentes formes :

  1. Arrestation, torture, violence verbale, abus sexuel et viol barbare.
  2. Enlèvement, effectué le plus souvent par les milices pro-Assad, accompagné de viol barbare dans la majorité des cas.
  3. Viol collectif et massacres lors de l’entrée de l’armée du régime dans les zones de protestation qui échappent au contrôle d’ Les atrocités dans ces cas dépassent toute description verbale: viol collectif, viol des femmes devant leurs familles ou alors sur les places publiques devant les hommes de la région qui sont menottés et amenés de force pour assister au viol des femmes.
  4. Utilisation des femmes pour mettre la pression sur les révolutionnaires hommes. Plusieurs stratégies ont été appliquées:
  5. les retenir pour mettre la pression sur les révolutionnaires de leurs familles, les forçant ainsi à se rendre aux services de sécurité,
  6. les arrêter et ensuite les violer devant les membres de leurs familles qui sont en détention afin de mettre la pression sur ces détenus pendant les interrogatoires,
  7. certains cas ont aussi été documentés où la femme a été violée devant un détenu sans aucun lien de parenté ou bien d’amitié entre les deux.
  8. Faire du chantage sexuel à l’encontre des femmes aux barrages de sécurité qui assiègent certaines régions de la Syrie depuis 2012. Ces régions sont privées de tout arrivage de nourriture, de médicaments et de lait pour les enfants. Plusieurs cas ont été enregistrés, spécialement dans al-Ghouta de l’Est, où des femmes ont été obligées à se soumettre au chantage sexuel pour obtenir une boîte de lait ou une galette de pain pour leurs enfants.
  9. Torture des femmes enceintes jusqu’à la perte de leurs fœ

 Les rapports du Secrétaire général de l’ONU et ceux de l’envoyé spécial Kofi Annan ont dénoncé et condamné ces crimes du régime Assad et de ses milices. Plusieurs organisations indépendantes de défense des droits de l’homme ont également documenté et condamné ces crimes.

Cette violence contre la femme constitue un facteur important motivant la fuite de la population de la Syrie pour trouver refuge dans les pays voisins. Ce qui a eu comme conséquence l’augmentation du niveau de danger pour les femmes en général et particulièrement pour les activistes parmi elles.

Les territoires libérés du contrôle d’Assad ont été pénétrés par Daech et al-Qaïda qui ont également persécuté les femmes activistes. Plusieurs parmi elles ont été enlevées et on ignore toujours leur sort. Daech a aussi lapidé certaines femmes jusqu’à la mort. Le réseau syrien des droits de l’homme a documenté cinq cas de lapidation. Beaucoup de femmes dans ces régions ont arrêté de sortir de chez elles par peur des exactions de Daech. Une brigade de femmes a également été formée par Daech pour surveiller les femmes et les persécuter. Plusieurs cas de violence corporelle contre les femmes à cause de leur tenue vestimentaire ont été constatés. Daech oblige les femmes dans ces régions à respecter une tenue obligatoire. Beaucoup de femmes ont préféré fuir la Syrie pour échapper à Daech. Ainsi Assad tout comme Daech ont été à l’origine des vagues de déplacements de la population syrienne qui a dû ainsi quitter son territoire et son pays.

Les femmes qui ont quitté la Syrie pour échapper à ces violences, se retrouvent à nouveau dans la spirale de la violence dans les pays d’accueil. Des jeunes filles de moins de 18 ans ont ainsi été obligées de se marier pour pouvoir survivre. Les mariages des syriennes dans les pays d’accueil ne peuvent pas être inscrits dans les registres de ces pays, ceci à cause de l’absence de tout document légal syrien certifiant leur état civil. Ceci fait partie d’une nouvelle catastrophe humanitaire avec la privation pour les réfugiés syriens de légaliser leurs mariages, divorces, décès, et naissance de leurs enfants.

Beaucoup de femmes ont subi le chantage prostitution contre survie, d’autres sont poussées à vendre leurs organes. Sans oublier que l’absence de lois qui réglemente les droits de ces réfugiés syriens dans les pays voisins conduit à l’exploitation et à l’injustice.

Finalement, je souhaite vous inviter à unir nos voix pour faire entendre la voix de la femme syrienne qui fait face à toutes sortes de persécutions et d’injustices pour revendiquer ses droits. Ensemble, nous devons exiger la fin de la cause principale de leur souffrance, le régime Assad. Nous devons aussi initier une réflexion pour trouver les moyens adéquats qui pourraient diminuer les conséquences de ces crimes pour que ces femmes puissent soigner leurs blessures, se reconstruire et avoir un rôle actif dans le futur.

Leur revendication essentielle aujourd’hui est d’obtenir justice de tous ceux qui ont commis des crimes en Syrie. Je vous invite à vous joindre à nous pour exiger la punition de ces criminels pour que justice soit faite. Une justice qui est primordiale pour aboutir à la paix dans le futur.

FSD

Violence contre la femme en Syrie: la Suisse n’en a rien à faire

Communiqué de presse

A l’occasion de la journée internationale de l’ONU pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes une conférence spéciale intitulée « violence contre la femme en Syrie aujourd’hui » a été organisée à l’ONU pour le 25 novembre à 10h00 du matin. Les intervenants prévus sont Noura AL-AMEER, vice-présidente de la coalition nationale syrienne et responsable du dossier des droits humains, Tarek KURDI juriste syrien en droit international et trois anciennes détenues : Alaa AL-HOMSI, Kinda ZAOUR et Eman AL-KURDI. La conférence dénonce les violences que subit la femme syrienne de la part du régime Assad et de l’Etat Islamique (Daesh).

Les visas de 3 jours demandés par T. KURDI, K. ZAOUR et E. ALKURDI ont été refusés par la Suisse ce vendredi 21.11.2014, sans justification, et l’attribution de celui de A. AL-HOMSI a été laissée en suspens jusqu’au 24.11., rendant ainsi impossibles leurs témoignages mardi matin. La conférence à l’ONU a donc dû être annulée.

 Il nous semble difficile de justifier ou de comprendre ces refus étant donné le rôle que la Suisse prétend jouer en accueillant diverses organisations internationales de l’ONU, ce qui suppose la possibilité pour chacun d’y accéder.

Cela soulève aussi quelques questions. La Suisse aurait-t-elle décidé que la journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard de la femme n’est pas assez importante, ou bien juge-t-elle inutile de dénoncer les crimes d’Assad contre les femmes en Syrie? Et si la mission permanente de la Syrie d’Assad avait organisé une conférence à l’ONU, y aurait-il un refus de visa ?

Nous trouvons inadmissible et scandaleux d’entraver la dénonciation par des témoignages des crimes d’Assad contre les femmes en Syrie, en particulier en ce jour du 25 novembre qui leur est dédié. Des crimes ignobles et atroces auxquels les femmes syriennes font face tous les jours et qu’il est du devoir de l’opposition syrienne de dénoncer à chaque occasion devant la communauté internationale, ceci afin d’augmenter les chances d’y mettre fin. Où est la Suisse défenderesse des droits humains ? Où sont ses valeurs humanitaires ? Nous appelons aujourd’hui à déplacer les organisations internationales de l’ONU vers un pays plus digne d’assumer cet accueil et cette responsabilité.

Notre association “ FemmeS pour la Démocratie”, maintient quant à elle sa conférence-débat sur ce même sujet de la Violence à l’égard de la femme en Syrie, à Genève le 25 novembre 2014 à 19h30 à la maison des associations, rue des Savoises 15, avec Noura AL-AMEER et si possible Alaa AL-HOMSI. Une transmission par skype sera organisée pour les autres interventions.

FSD, 23.11.2014

Pour les détails sur la conférence